Les ados consommant du cannabis s’exposent à un risque accru de schizophrénie à 30 ans

Par Gael Brulin,

Cannabis (photo d’illustration) Photographee.eu/Shutterstock

Fumer du cannabis à l’adolescence peut avoir de fâcheuses conséquences sur l’utilisateur et ce quinze ans plus tard. Une étude révèle ainsi un risque accru de schizophrénie à l’âge de 30 ans.

Des scientifiques finlandais viennent de rendre les résultats d’une étude dans laquelle est établi un lien de cause à effet entre la consommation de cannabis pendant l’adolescence et un risque plus important de schizophrénie à l’âge de 30 ans.

Pour parvenir à cette conclusion, parue le mois dernier dans la revue médicale British Journal of Psychiatry, les chercheurs ont suivi 6.500 adolescents, de 15-16 ans jusqu’à leurs 30 ans. Le lien évoqué plus haut a été mesuré en prenant en compte d’autres facteurs : consommation de tabac, d’alcool ou d’autres substance illicites, antécédents schizophréniques dans la famille ou encore symptômes précoces (prodromiques) à l’adolescence.

Cinq joints de cannabis suffisent à élever le risque de schizophrénie

Les scientifiques ont découvert qu’avec une consommation se limitant à cinq joints, les jeunes utilisateurs enregistraient un risque significativement plus élevé de développer une schizophrénie entre 15 et 30 ans (la maladie apparaît en règle générale entre 20 et 30 ans). Les adolescents présentant des symptômes prodromiques sont quant à eux encore plus concernés avec un risque quasiment multiplié par deux.

Nos confrères de Ouest-France rappellent notamment que de précédentes études conduites sur le sujet en 2015 et 2016 n’avaient pas intégré les symptômes prodromiques ni la consommation d’autres substances psychoactives en parallèle. Ces travaux révélaient de même davantage des symptômes psychotiques que des troubles mentaux, telles que des hallucinations auditives, sensorielles, olfactives ou visuelles ou encore des délires à thématique persécutive ou intuitive.

Évaluation attendue de l’importance du facteur

Il va maintenant s’agir de déterminer si la consommation de cannabis vient favoriser un risque déjà existant ou si ce facteur se suffit à lui-même. Dans tous les cas, les observations délivrées ici devraient plaider plus encore pour un encadrement de la consommation de cette drogue par la jeune population.

Un article de tripsavvy paru en janvier dernier rappelait que le cannabis n’était pas complètement interdit en Finlande, où son usage à des fins thérapeutiques est ainsi autorisé depuis 2008.

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