Harcèlement, agression physique, accidents : une étude liste les conséquences de l’alcool passif

  • Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.
Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.PeopleImages / IStock.com
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Une étude américaine a analysé les ravages d’une consommation excessive d’alcool sur l’entourage des personnes qui boivent. 

Menée par des chercheurs de l’Institut de santé publique d’Oakland en Californie et financée par l’Institut national sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme des Etats-Unis, l’étude a porté sur les données de 8 750 répondants âgés de 18 ans et plus. Elle a été publiée ce dimanche 30 juin sur le site du Journal of Studies on Alcohol and Drugs.

Selon l’enquête, un adulte sur cinq a subi un préjudice à cause de la consommation d’alcool d’une autre personne en l’espace d’un an. Ces atteintes désignent à la fois des menaces verbales et/ou physiques, des agressions, du harcèlement, des destructions de biens, des conduites dangereuses au volant ou encore des problèmes d’ordre financier et/ou familial. Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.

L’étude explique également que les conséquences de l’alcoolisme sur l’entourage différent selon le sexe. Les femmes étaient plus susceptibles de signaler des problèmes financiers et familiaux, tandis que les hommes ont davantage mentionné des actes de vandalisme et des agressions physiques. « Il y a un risque considérable pour les femmes au sein du ménage, souvent représenté par l’homme. Alors que pour les hommes, le danger se situe plutôt en dehors du cadre familial », notent les auteurs de l’étude.

Les chercheurs recommandent un prix minimum sur l’alcool

L’âge joue également un rôle important : les personnes de moins de 25 ans courent un risque plus élevé de subir les méfaits de la consommation d’alcool d’une autre personne, montre l’étude. Pour les chercheurs, l’une des solutions les plus efficaces pour réduire la consommation d’alcool consiste à instaurer un prix minimum pour la vente d’alcool.

« Les recherches récentes sont particulièrement pertinentes dans ce contexte. Des études menées au Canada révèlent des réductions de la violence après l’introduction de la tarification minimale », précise Madhabika B. Nayak, qui a dirigé l’étude. Recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour lutter contre l’alcoolisme, la mise en place d’un prix minimum sur l’alcool est également expérimentée en Ecosse depuis mai 2018.

En France, cette question a été abordée (sans pour autant être appliquée) à plusieurs reprises ces dernières années. D’abord en avril 2018 par un groupe de médecins qui préconisait un prix minimum par unité d’alcool autour de 50 centimes d’euros, puis en janvier dernier par le Conseil économique social et environnemental, qui avait proposé l’instauration d’un prix minimum pour la vente d’alcool dans « les lieux de fêtes ».

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