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La folie du CBD !

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La folie du CBD !

Mesdames et messieurs, le cannabis n’est pas une drogue douce !

Par Dr Imane Kendili
Psychiatre-addictologue

Le cannabis est la seule drogue scientifiquement prouvée ayant un lien avec la genèse de la maladie mentale.

Vous ne pouvez pas imaginer le nombre de bouffées délirantes chez des jeunes de 16 ou 17 ans post-toxiques et pour être plus précise sous cannabis.
Ma réflexion d’aujourd’hui s’érige sur des piliers purement bio-psycho-sociaux intimement liés à ma pratique quotidienne, et celles de nombreux collègues psychiatres ou psychologues à travers le monde. Pas besoin d’être addictologue principalement pour savoir que le Delta-9-THC a bien des répercussions délétères sur la santé mentale des jeunes et moins jeunes.


Reprenons quelques définitions de base. Si on parle de cannabis industriel, soit le chanvre, il est important de le préciser et d’informer principalement les jeunes de son utilité et des réalités. Le chanvre est un type de cannabis ayant une très faible teneur en THC et qui est utilisé pour ses fibres dans la production de corde, dans l’industrie automobile, dans le textile et la cosmétique. Ceci n’a aucun lien avec le cannabis sous forme de résine appelé encore haschisch qui est riche en THC.


Les joints ne sont pas récréatifs et en aucun cas l’effet est anodin. L’impact sur le cerveau est prouvé, plus le cerveau est jeune, plus les effets sont irréversibles. Les troubles cognitifs, l’impact sur les capacités intellectuelles, la concentration, la mémoire, la capacité de résolution de problèmes, et j’en passe, sont perceptibles, évidents et impactant sur les jeunes, les moins jeunes et la société.

L’image cinématographique du fumeur de joint est très évocatrice si mon discours n’est pas clair ; elle n’est pas liée à Wall Street mais à la négligence corporéo-vestimentaire, au chômage, aux jeunes, embués de fumée, adossés à un mur de quartier, attendant le temps qui passe… Le syndrome amotivationnel est la conséquence la plus fréquente quand ce n’est pas une schizophrénie ou un trouble bipolaire d’installation chronique.


Venez assister à une annonce diagnostique de maladie mentale chronique en réunion familiale. On y laisse, nous soignants, des plumes. On a mal. On pleure intrinsèquement nos jeunes fragiles, fragiles de leur intelligence, de leur sensibilité, de leurs angoisses, de leurs capacités sociales limitées pour lesquels le cannabis annonce une vie d’adulte en bonne santé mentale avortée.

Le cannabis est une drogue hallucinogène. Dans les années 1960-70, un “joint” contenait 10 mg de THC en moyenne. Il peut en contenir jusqu’à 150 mg aujourd’hui. Chez les personnes à risque, il induit des bouffées délirantes avec hallucinations, délire et paranoïa pouvant mener à des passages à l’acte auto ou hétéro-agressif graves. Allez faire un tour au centre psychiatrique universitaire précisément au service des urgences et régalez vous.
Bonjour la psychose ! Bonjour la violence ! Bonjour le suicide social !

Vous allez me dire pas pour tous. Je vous fais le calcul. Trois facteurs de risque combinés multiplient par 6 le risque de dépendance et par 4 le risque de maladie mentale chronique. Pour expliquer de façon simple, un adolescent dont le père est dépendant, avec des parents divorcés, vivant dans un quartier où il y a des dealers a plus de chance de devenir dépendant qu’un adolescent dont les parents ne sont pas consommateurs et qui vit dans un quartier où les drogues sont plus difficiles à obtenir.

D’où la nécessité de politiques de prévention suivant divers modes soit de terrain avec des acteurs sociaux mais aussi des acteurs de santé avérés formés pour une prévention en amont chez les personnes ayant des facteurs de risque (cumul de facteurs de risque) de développer une dépendance.


Par la suite, des antécédents de maladie mentale dans la famille, particulièrement de trouble bipolaire ou de schizophrénie, présagent d’une genèse possible de maladie mentale chronique multipliée par 55 par rapport à la possibilité de maladie mentale chez un fumeur sans antécédents familiaux. Vous vous demandez où je veux en venir.

Le vote du Maroc pour la légalisation du cannabis à l’ONU me choque et choque les travailleurs en santé mentale. Sauf si on précise qu’on veut la légalisation du chanvre pour l’industrie ou l’utilisation régulée en industrie pharmaceutique ou cosmétique. L’interprétation serait alors différente.
Mais alors de quel cannabis parle-t-on ?


Mes patients malades psychotiques ou addicts me demandent déjà si je vais leur permettre de consommer le fameux CBD ou des doses faibles de cannabis à sa légalisation.
Excusez ma hantise ! Excusez ma peur ! Excusez mes angoisses !
Une sensibilisation et une politique de prévention sont nécessaires et obligatoires car l’avenir de nos jeunes en dépend.

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Dangereux le cannabis ?

Une femme arrêtée en Floride pour avoir incorporé du cannabis dans son banquet de mariage

Une femme a été arrêtée en Floride pour avoir glissé à l’insu des convives de la marijuana dans la nourriture servie à son banquet de mariage, a révélé jeudi 21 avril la presse locale de cet État du sud-est. des États-Unis.

Battements du cœur qui s’accélèrent, paranoïa: les mets trafiqués avec la complicité du traiteur de la cérémonie ont rendu de nombreux invités malades, nécessitant l’intervention des secours et provoquant l’arrestation de la mariée et de la responsable de la restauration par les autorités du comté de Seminole, au centre de la Floride.

Les policiers s’étaient rendus le 19 février au mariage d’Andrew Svoboda et Danya Shea Svoboda. Douglas Postma, l’oncle du marié, a remarqué que son cœur battait de plus en plus vite et que des pensées «folles» se formaient dans son esprit après avoir consommé une salade, des pâtes et du pain, selon des documents judiciaires.

Son épouse qui était dans un état encore plus grave a dû se rendre aux urgences, les soignants découvrant du THC, principe psychoactif du cannabis, dans son sang.

Une amie de la mariée, Miranda Cady, qui avait aussi ingéré du pain avec de l’huile d’olive, a cru que son «cœur allait s’arrêter», selon la même source.

Miranda Cady avait alors demandé à la traiteure Joycelin Bryant si elle avait ajouté du cannabis dans la nourriture, et celle-ci avait acquiescé. Danya Shea Svoboda et Joycelin Bryant sont poursuivies pour avoir enfreint une loi de Floride liée à la manipulation de l’alimentation, pour négligence et pour avoir fourni de la marijuana. Elles doivent comparaître devant un juge en juin, selon CNN.

Source Le Figaro

GHB : effets, comment savoir en cas de piqûre ?

Le GHB est une drogue qui se présente sous forme de poudre blanche soluble ou de liquide transparent et inodore. Elle peut être prise délibérément ou versée dans une boisson à l’insu de la personne. Elle peut aussi être injectée par piqûre. Quels sont les effets du GHB ? Ses dangers ? Comment le détecter ? Par prise de sang ?

Le GHB est une drogue qui se présente sous forme de poudre blanche soluble ou de liquide transparent et inodore. Il est souvent présenté comme la « drogue du viol » suite à plusieurs affaires judiciaires dans lesquelles il était utilisé comme moyen de soumission chimique de la victime, même si son utilisation à des fins délictueuses reste marginale. Il peut être versé, à votre insu, dans une boisson, sans en changer l’aspect. Soyez donc prudent et attentif à votre boisson, en particulier en milieu festif. Il peut aussi être administré par voie injectable.

En France, des dizaines de jeunes racontent avoir été piqués lors de soirées en discothèques en mars et avril à différents endroits du corps (fesses, cuisses, bras…) et avoir après eu une sensation de malaise, nausée… voire pour certains un « trou noir« . Les faits se sont déroulés à Grenoble, Béziers, Nantes ou encore Rennes. Quels sont les effets du GHB ? Comment le détecter dans le sang ? Peut-on en être dépendant ? Comment s’en libérer ?

C’est quoi le GHB ?

Le GHB (acide GammaHydroxyButyrique) appelé aussi « liquid ecstasy« , « drogue du viol » ou du « violeur » se présente sous forme d’une poudre blanche soluble ou de liquide incolore, inodore et sans goût. Il est conditionné dans de petites fioles en verre ou en plastique. Il peut être versé, à l’insu d’une personne, dans une boisson, sans en changer l’aspect. Il se consomme en grande majorité par voie orale mais il peut aussi être injecté (mode de consommation plus marginal). Le GHB est une drogue classée comme stupéfiant, exception faite des préparations injectables réservées à un usage hospitalier.

Quels sont les effets du GHB ?

Les effets varient selon le consommateur, le contexte de consommation, la quantité et la qualité de GHB. Ils durent environ 1 heure, seulement 15 à 30 minutes après l’absorption. Le premier effet est souvent celui d’une sensation de chaleur et d’ivresse comparable à celle de l’alcool. Pour des doses faibles à modérées, le consommateur ressent un sentiment de quiétude, une légère euphorie et une désinhibition. À fortes doses, les effets du GHB sont ceux d’un somnifère puissant avec un risque de coma. Les effets secondaires du GHB peuvent apparaître dès les plus petites doses avec un risque de surdosage. Il s’agit principalement de symptômes physiques :

  • maux de tête,
  • vertiges,
  • sensation d’étourdissement,
  • hypersalivation,
  • nausées,
  • vomissements
  • somnolence.

Une confusion et une amnésie peuvent apparaître en cas d’association avec l’alcool en particulier. Ils doivent alerter et nécessitent une prise en charge médicale rapide. Certains sportifs utilisent aussi le GHB pour stimuler leur développement musculaire car il facilite la libération de l’hormone de croissance. Le GHB est le plus souvent consommé dans les milieux festifs mais son utilisation peut aussi être détournée à des fins illégales à cause de son effet amnésiant et inducteur de sommeil. Il est souvent consommé avec de l’alcool ou d’autres drogues, augmentant ainsi les risques pour la santé.

Comment repérer le GHB dans une prise de sang ?

Le GHB est dépistable dans le sang dans certains laboratoires d’analyses spécialisés. Il est présent pendant moins de 12 heures dans les urines et quelques heures dans le sang. Il est particulièrement difficile à détecter car il disparaît rapidement de l’organisme.

De quoi se compose le GHB ?

Le GHB est un produit de synthèse qui se compose de deux substances : la Gamma-butyrolactone (GBL) et le 1,4 butanediol (1,4-BD). Le GBL est utilisé comme solvant dans l’industrie des peintures. Quant au 1,4-BD, il se présente sous la forme d’un liquide visqueux incolore utilisé dans des industries chimiques pour produire des résines et du polyester. Lorsqu’elles sont ingérées, ces substances sont converties en GHB par l’organisme.

Quelle est la différence entre GHB et GBL ?

Le GBL (Gamma-butyrolactone) est un compostant du GHB. C’est un produit chimique utilisé comme solvant-décapant par l’industrie. Il se transforme dans le corps, après absorption, principalement en GHB. C’est pourquoi on dit que le GBL un précurseur du GHB, et qu’ils ont les mêmes effets.

Quels sont les signes de dépendance au GHB ?

La dépendance au GHB n’est pas établie scientifiquement et reste discutée. Les cas seraient rares car la substance ne serait pas très addictogène, c’est-à-dire qu’il n’y aurait pas ou peu d’accoutumance (besoin d’augmenter les doses pour avoir le même effet).

Même si les sensations de quiétude, d’euphorie et d’ivresse peuvent inciter à renouveler les prises régulièrement, la consommation quotidienne reste marginale. Après une utilisation régulière, il est possible de ressentir un syndrome de sevrage sévère avec une forte angoisse, une agitation, des tremblements, des nausées et des vomissements. 

Les symptômes peuvent aller jusqu’à une tachycardie, une insomnie et même des hallucinations et une psychose sévère nécessitant une prise en charge médicale en urgence.

Comment ne plus être accro au GHB ?

Comme pour toute dépendance à un stupéfiant, une prise en charge en addictologie est nécessaire, que ce soit par un addictologue en libéral, à l’hôpital ou dans un CSAPA (Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie).

Il n’existe pas de traitement substitutif au GHB mais un traitement anxiolytique peut être prescrit si nécessaire, toujours en complément d’une psychothérapie. Certaines thérapies comme la TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale) ont fait leur preuve dans ce type d’addition.

Quel est le prix du GHB ?

Son prix se situe entre 10 et 20 euros le demi-litre, ce qui en fait une drogue accessible, parfois moins chère que l’alcool.

En savoir plus sur : Drogues Info Service 0800 23 13 13 (tous les jours de 8h à 2h, appel anonyme et gratuit depuis un poste fixe).

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L’alcool, mauvais pour le cœur même à faible dose

  • Il existe une augmentation du risque cardiovasculaire même à des niveaux de consommation jugés « faibles ».Il existe une augmentation du risque cardiovasculaire même à des niveaux de consommation jugés « faibles ».

La montée des températures et le soleil qui pointe annoncent l’arrivée des beaux jours avec leurs barbecues arrosés et leurs verres en terrasse. Pourtant, une nouvelle étude américaine nous met à nouveau en garde contre l’alcool et ses prétendues vertus pour la santé.

Alors que l’adage populaire « Un verre de vin par jour éloigne le médecin pour toujours » continue d’être discuté par la communauté scientifique, les conclusions d’une équipe de scientifiques américaine semblent tirer un trait sur cette croyance.

Ainsi, les chercheurs ont entrepris une vaste étude portant sur les données de 371 463 adultes (à partir d’une base de données biomédicales à grande échelle) âgés en moyenne de 57 ans et consommant en moyenne 9,2 verres d’alcool par semaine.

Conformément à des études antérieures, les résultats des analyses ont, dans un premier temps, montré que les buveurs « légers » à « modérés » présentaient le risque de maladie cardiaque le plus faible, suivis par les personnes qui s’abstenaient de boire.

Cependant, les scientifiques ont cette fois randomisé leur recherche en appliquant une nouvelle méthode appelée « randomisation mendélienne non linéaire », ce qui a permis d’aller plus loin dans les recherches.

Les gènes ne trompent pas

En effet, cette méthodologie utilise les variantes génétiques des participants afin de déterminer si le lien observé entre une exposition (alcool) et un résultat (maladie cardiovasculaire) est cohérent. Or, à la lumière de l’analyse génétique des échantillons des participants, il semblerait qu’il existe une augmentation du risque cardiovasculaire même à des niveaux de consommation jugés « faibles » par les recommandations nationales américaines (c’est-à-dire inférieurs à 14 verres par semaine pour les hommes et à 7 verres par semaine pour les femmes).

Rappelons que sur notre territoire, Santé publique France recommande de ne pas dépasser les 10 verres par semaines, quel que soit le sexe.

Les chercheurs ont également voulu prendre en compte les facteurs liés au mode de vie renseigné dans les données étudiées. Ils ont alors constaté que les buveurs légers à modérés avaient tendance à pratiquer davantage d’activité physique, à consommer davantage de légumes et à fumer moins que les personnes ne consommant pas d’alcool.

Ces conclusions suggèrent ainsi que les bienfaits supposés de la consommation d’alcool pourraient être attribués au mode de vie des « petits buveurs » et non à l’alcool en lui-même.

Ainsi, une consommation légère d’alcool n’aurait aucun effet bénéfique sur la santé cardiaque. Alors, avec l’arrivée des beaux jours, on n’oublie pas le nouvel adage de Santé publique France : « Pour votre santé, l’alcool c’est maximum deux verres par jour et pas tous les jours ! »

Sources :

« Association of Habitual Alcohol Intake With Risk of Cardiovascular Disease », JAMA Network Open, mars 2022.

En aucun cas les informations et conseils proposés sur le site Alternative Santé ne sont susceptibles de se substituer à une consultation ou un diagnostic formulé par un médecin ou un professionnel de santé, seuls en mesure d’évaluer adéquatement votre état de santé

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Cannabis : impressions de campagne

La question de la drogue n’est pas toujours très visible dans le thème des campagnes pour accéder à la plus haute fonction de l’État… Cette année, comme en 2002 et en 2012, Swaps a sollicité les principaux candidats par écrit. Et dresse une revue de leurs positions sur le cannabis, avant et pendant cette campa

Alors que nous sommes entrés dans une énième période charnière de la «guerre au Covid» nous subissons un autre phénomène: celui des poupées russes d’invisibilité. Ou comment la guerre en Ukraine invisibilise la lutte contre le Covid, qui invisibilise la campagne électorale française et ses enjeux sanitaires (défense de l’hôpital public, déserts médicaux, droit à mourir dans la dignité, lutte contre les maladies rares, le sida, le cancer et toutes les politiques de réduction des risques).

C’est une «petite» candidate, qui est loin d’obtenir les parrainages, à l’heure où ces lignes sont écrites… Stéphanie Rivoal, ex-présidente d’Action contre la faim, puis ambassadrice de France en Ouganda, se présente comme la «candidate du troisième type». Dans son programme, figurent pêle-mêle: «rétablir le service militaire, légaliser le cannabis en permettant aux délinquants de devenir autoentrepreneurs, revoir le statut des fonctionnaires, remettre à plat l’Éducation nationale, supprimer le bac et les concours de la fonction publique, créer un lycée unique»… Des propositions iconoclastes qui ont toutes les chances de passer inaperçues. 

La gauche, de «oui» à «oui, si…»

François Hollande, ancien président mais pas candidat, a mis son grain de sel à plusieurs reprises, notamment lorsque la nouvelle coalition gouvernementale allemande s’est prononcée en faveur de la légalisation du cannabis. François Hollande, auparavant opposé à toute dépénalisation, a déclaré sur France bleu Isère le 29 novembre dernier: «Je suis ce sujet avec beaucoup d’attention. Si on veut casser les trafics, il faut mettre en place une politique qui permette de distribuer le cannabis sous contrôle, avoir une politique de santé publique et faire en sorte qu’il n’y ait plus ce qu’on voit aujourd’hui, avec des consommateurs qui favorisent des trafics et des organisateurs de ces trafics qui fournissent souvent du cannabis de très mauvaise qualité. Je pense qu’il faut aller vers la légalisation du cannabis.» 

Au menu des 70 propositions de la candidate du PS, Anne Hidalgo, figure l’idée d’une conférence de consensus, sur le territoire national, avec l’appui des maires: «Nous entrerons dans ce travail et cette discussion par les questions de santé publique et de prévention des addictions pour construire des solutions efficaces. […] Nous insisterons sur la prévention et la lutte contre les addictions, sur le combat offensif contre le commerce illégal du cannabis et nous examinerons sans tabou la question d’une légalisation menée sous le contrôle et l’encadrement strict de l’État pour les clients et consommateurs de plus de 18 ans. Si elle aboutissait, comme en Allemagne, l’État reprendrait le contrôle de la production et de la qualité de ce produit, ainsi que le contrôle de sa mise sur le marché», peut-on lire dans son programme.

L’idée séduit son camarade du PCF, Fabien Roussel, qui appelle également à «un débat démocratique, rigoureux et éclairé par le travail des professionnel·le·s en première ligne de la lutte contre les addictions, qui devra être conduit en concertation avec les communes»Son programme des «jours heureux» appelle à une nouvelle politique concernant l’usage des drogues, avec un volant investissement pour déployer des Csapa sur tout le territoire, recruter des personnels et soutenir les associations, tout en renforçant les moyens de la police, justice et douanes pour lutter contre les trafics.  

Traditionnellement pour, les Verts soutiennent la légalisation encadrée, à la fois pour contrôler la production et la vente, lutter contre les trafics et privilégier la santé publique. Visitant un laboratoire producteur de cannabis thérapeutique à Angers début janvier, Yannick Jadot a critiqué la position française, dogmatique sur le cannabis thérapeutique, et irrationnelle sur le cannabis thérapeutique: «Dans notre pays on peut produire des pesticides interdits en Europe pour les exporter en Afrique, mais on ne peut pas produire du cannabis thérapeutique»… Son programme le dit«Nous proposons de légaliser et d’encadrer la consommation, la production et la vente de cannabis à des fins récréatives, en affectant les recettes des taxes sur le cannabis à la lutte contre les addictions et à de l’accompagnement vers l’emploi et la normalisation économique.»

La France insoumise est depuis 2017 sur ce même créneau: «le reste a échoué», selon Jean-Luc Mélenchon. Reste donc à légaliser et à traiter le cannabis comme l’alcool ou le tabac, pour rediriger le travail des policiers et renforcer la santé publique. Si rien n’est écrit dans le programme de Philippe Poutou, le militant du NPA défend une vision libertaire; comme en témoigne ce Tweet de 2017: «Pour la légalisation du #cannabis , la dépénalisation des drogues, pour un accompagnement médical. Stop à la répression.»

À droite, non!

Si la droite s’est montrée pragmatique sur la question des drogues (cf. articles d’Alexandre Marchant et Fabrice Olivet du Swaps n°101), la cuvée 2022 s’affiche nettement plus dure. En avril dernier, Valérie Pécresse s’est dire opposée à la légalisation, pour «deux raisons»: il s’agit d’une substance «mauvaise pour la santé» et cela «fait sauter l’interdit sur la drogue»1. Elle défend «l’amende pénale», qui permet de «taper au portefeuille des consommateurs». Son lieutenant en charge des questions de santé, le Dr Philippe Juvin, s’est dit opposé aux salles de consommation à moindre risque, déclinant la ligne de Valérie Pécresse: «Il faut pouvoir avoir des injonctions de soins», plutôt en «centre de désintoxication»

Le sujet ne figure même pas au catalogue des idées de Marine Le Pen… Son parti n’a pas bougé d’un iota sur ces questions depuis 1972. Pire, elle affirmait sur l’antenne de France Inter en septembre 2020, que l’amende pénale serait «le début de la légalisation». Tolérance zéro également du côté de Nicolas Dupont-Aignan, député de l’Essonne et président de Debout la France, qui vitupérait en juin dernier à propos des usagers de crack parisiens«Qu’attend-on pour envoyer ces drogués en centre fermé ou pour les expulser quand ils sont étrangers?». 

De manière assez surprenante, Éric Zemmour s’est montré favorable à une légalisation, avant même la campagne… En mai dernier, le polémiste déclarait sur l’antenne de CNews avoir évolué sur la question: «Je me demande – oui j’en suis arrivé là – si on ne devrait pas organiser la légalisation ordonnée du cannabis. […] J’essaye de faire un raisonnement froid en dehors de mes réflexes et de mon tempérament. Moi, mon tempérament, c’est de réprimer et de taper encore plus fort. […] Mais vraiment, ça ne marche pas!» Aucune ligne à ce sujet dans son programme officiel, qui décline en matière de sécurité les objectifs de «créer une force nationale anti-drogue» et d’«expulser automatiquement les trafiquants». Et devant le syndicat policier Alliance, le 2 février, il a déploré les «enclaves étrangères» que sont les cités, où «règne un mélange d’islam et de violence des caïds de la drogue». Tout en promettant de redonner aux policiers les moyens d’une action musclée: «Je veux que vous redeveniez les chasseurs, pas les gibiers.» 

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Combien de verres d’alcool ont un effet sur le cerveau ?

Écrit par Marine Cestes

Combien de verres d’alcool ont un effet sur le cerveau ?

Il ne faut qu’une petite dizaine de minutes à l’alcool pour atteindre le cerveau et y distiller ses premiers effets. En soi, il ne faut donc qu’un seul verre pour que cette substance vienne altérer le fonctionnement des cellules cérébrales même si, bien entendu, l’intensité de ces effets va fluctuer en fonction en fonction de nombreux autres paramètres.

La consommation d’alcool, même minime, a un impact sur l’organisme. Dotées de propriétés anesthésiantes, les boissons alcoolisées se propagent dans le corps via la circulation sanguine jusqu’à atteindre la zone cérébrale et, plus précisément, les neurones. En altérant la communication entre ces cellules spécialisées, l’alcool va progressivement engendrer une perte de tissu cérébral. Un phénomène clairement documenté et observé chez les personnes ayant une consommation excessive qui dépasse les 6 verres d’alcool par jour. Chez les personnes alcooliques, le volume cérébral peut ainsi diminuer de 10 à 15 % en 10 à 15 ans de consommation excessive.

Vers une consommation raisonnée

Comme le rappelle Sante Publique France, les risques d’une consommation d’alcool sur la santé commencent à partir d’un verre par jour. Pour aider les Français à évaluer et à maîtriser leur propre consommation, l’organisme, en collaboration avec l’Institut National du Cancer, a fixé trois repères de consommation clairs pour une consommation la moins risquée possible : pas plus de 2 verres par jour, des jours dans la semaine sans consommation et pas plus de 10 verres par semaine. « Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours » … Voilà le message martelé par les autorités sanitaires qui cherchent à sensibiliser le grand public aux méfaits de l’alcool sur l’organisme.

Des excès aux lourds effets

Selon les résultats du Baromètre de Santé publique France (2017), publiés dans le BEH thématique alcool, près de 24 % des Français dépassent ces repères de consommation. Or, il est important de préciser que près de 41 000 décès par an sont attribuables à l’alcool. De ce fait, la consommation excessive d’alcool fait partie des principales causes de mortalité dites « évitables ». Plus la consommation de boissons alcoolisées débute précocement et plus les conséquences sur le cerveau peuvent être lourdes. L’organe cérébral se développant jusqu’à l’âge de 23 ans environ, une consommation excessive avant la pleine maturité cérébrale peut amoindrir les facultés mentales, mais également la mémoire, le comportement ou la capacité de raisonnement.

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Une application rémunère les alcooliques pour les aider à rester sobres

Fleur Brosseau·15 avril 2022

DynamiCare Health, une start-up basée à Boston, propose une application hors du commun pour lutter contre l’addiction à l’alcool. À mesure que les utilisateurs restent sobres, ils sont récompensés financièrement. L’application envoie régulièrement des rappels et des messages d’encouragement et permet également de parler à des conseillers par vidéoconférence.

Testée récemment en milieu clinique, cette approche surprenante semble efficace : les patients utilisant l’application étaient deux fois plus susceptibles de rester sobres que les autres.

La motivation est un élément clé dans le traitement des addictions. Les spécialistes savent depuis longtemps qu’offrir de petites récompenses, par exemple sous forme de cartes cadeaux, aux personnes souffrant d’une addiction, peut contribuer à briser le cycle de la dépendance. Cette approche, connue sous le nom de « gestion des contingences », favorise les changements de comportement profonds et durables en déclenchant dans le cerveau la même réponse de gratification — immédiate et intense – que la consommation de produits (drogue ou alcool).

Cette stratégie est toutefois peu souvent mise en pratique, notamment en raison des coûts qu’elle implique. Elle est également souvent critiquée, certains arguant que l’argent est dépensé de manière inappropriée. Richard Kostigen, ancien alcoolique et aujourd’hui employé à temps partiel chez DynamiCare Health, confie au Boston Globe que l’application, qu’il a pu tester alors qu’il se trouvait en maison de convalescence, lui a pourtant sauvé la vie. « Lorsque vous êtes au début de votre rétablissement, il n’y a pas beaucoup de gens qui vous donnent un renforcement positif. Au début, la simple récompense de 5 dollars était un élément sur lequel je pouvais m’appuyer », explique-t-il.

Au programme : coaching et autodiagnostics

DynamiCare est une idée de David Gastfriend et de son fils Eric. David Gastfriend est un psychiatre spécialisé dans la toxicomanie et ancien directeur de la recherche sur la toxicomanie au Massachusetts General Hospital. Son fils a travaillé dans une start-up de jeux vidéo. L’idée leur est venue lorsque l’un de leurs proches était aux prises avec une addiction.

Eric Gastfriend a immédiatement pensé qu’une application pour smartphone permettrait de s’affranchir des problèmes de coût et de responsabilité posés par la gestion des contingences.

DynamiCare verse directement les récompenses sur une carte de débit, dont l’usage est strictement suivi et restreint ; les utilisateurs ne peuvent par exemple pas l’utiliser dans des bars, des magasins d’alcool ou encore des casinos.

Selon l’entreprise, il est possible de gagner jusqu’à 100 $ par mois. Pour les utilisateurs, le coût est de 20 à 50 $ par semaine selon la formule choisie — la plus onéreuse incluant un coaching familial.

L’application surveille de près les comportements de ses utilisateurs, notamment leur assiduité aux réunions de soutien ou aux rendez-vous en centre de réadaptation. L’application permet également de réaliser un autodiagnostic (alcootest ou test de dépistage de drogues), à l’aide d’un dispositif qui se connecte à l’application par Bluetooth. En cas de manquement aux obligations (rendez-vous ou dépistage), un conseiller est immédiatement alerté et contacte l’utilisateur. En revanche, si la personne reste sur le droit chemin, elle perçoit régulièrement une petite somme d’argent (5 $).

À noter qu’une loi fédérale datant des années 1970, destinée à prévenir la fraude, interdit aux prestataires de soins de santé de payer ou de recevoir des pots-de-vin, des rabais ou d’autres formes de paiement pour encourager les traitements couverts par le gouvernement. L’approche de DynamiCare était donc compromise. Mais étant donné l’efficacité de l’application et les sommes engagées, le Bureau de l’inspecteur général du ministère américain de la Santé et des services sociaux a déclaré qu’elle n’enfreignait pas la loi.

Une approche efficace et moins stigmatisante

Cet outil de thérapie numérique a fait l’objet de plusieurs études publiées et a déjà intégré des dizaines de programmes pilotes. Les résultats étaient chaque fois positifs, quel que soit l’objet de l’addiction (opioïdes, stimulants, alcool ou tabac). Une étude publiée l’an dernier dans the Journal of Substance Abuse Treatment a examiné la faisabilité, l’engagement (soit la durée et la cohérence de l’utilisation de l’application) et l’impact sur la participation au traitement habituel de l’intégration de cette thérapie dans le cadre d’un programme communautaire de traitement.

Dans cette étude, la moitié d’un groupe de 61 patients souffrant de troubles liés à la consommation d’alcool a été invité à utiliser l’application DynamiCare en plus du traitement habituel, pendant une période de 90 jours.

Dans l’ensemble, deux tiers des patients assignés à l’application l’ont utilisée pendant au moins 57 jours et avec des taux élevés de conformité aux autodiagnostics. Les utilisateurs de l’application étaient en outre plus susceptibles que les autres (24% contre 3%) d’être maintenus dans le programme de soin habituel à l’issue des 90 jours, ce qui suggère que cet outil est potentiellement bénéfique en tant que complément aux programmes de soutien standards.

De par sa propre expérience, Richard Kostigen souligne par ailleurs que la possibilité d’effectuer des autotests est beaucoup plus agréable que de réaliser un dépistage en centre de soins. « C’est très différent, et vous commencez à vous sentir normal. Vous ne ressentez plus cette honte, cette stigmatisation », explique-t-il.

Alors que l’addiction aux opioïdes fait rage aux États-Unis — où ces médicaments sont largement utilisés pour traiter la douleur chronique —, ce type d’approche pourrait réellement sauver des vies.

 L’Organisation mondiale de la santé précise que plus de 70% des 500 000 décès attribuables à la consommation de drogues sont liés aux opioïdes. Et le nombre de décès consécutifs à la surdose d’opioïdes a malheureusement subi une augmentation importante au cours de la pandémie de COVID-19.

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Notre goût pour l’alcool viendrait des singes

selon l’hypothèse du “singe ivre” testée par des scientifiques américains 

Si nous consommons régulièrement de l’alcool, peut-être que la faute revient en réalité à nos ancêtres qui nous auraient légué leurs habitudes. 

Par Charlotte Chapuis

Une récente étude sur l’alcool menée par des chercheurs de l’université de Californie a testé la théorie du “singe ivre”, proposée par le biologiste Robert Dudley. Cette hypothèse avance que “la propension des humains à consommer de l’alcool découle d’une affinité profondément ancrée chez les primates frugivores pour l’éthanol naturellement présent dans les fruits mûrs”.

En effet, l’éthanol contenu dans les fruits est un indicateur de la présence de sucre et pourrait donc être associé à un gain calorique. Cette association serait effectuée par les singes encore aujourd’hui et les encourageraient à préférer les fruits alcoolisés, placés au coeur de leur régime alimentaire.

De même, “les modèles contemporains de consommation d’alcool, à leur tour, peuvent dériver de ces associations ancestrales entre l’éthanol et la récompense nutritionnelle”. 

Les scientifiques de l’université de Californie ont voulu vérifier la préférence des singes pour les fruits alcoolisés et se sont orientés vers les singes-araignées aux mains noires qui résident dans l’île Barro Colorado au Panama.

Ces singes sont de grands consommateurs des fruits du prunier mombin (Spondias mombin), également utilisés par les populations humaines d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud pour fabriquer une boisson alcoolisée fermentée. Les chercheurs ont observé l’alimentation des singes de l’île en les suivant toute la journée entre 6h et 18h. Ils ont remarqué qu’une grande partie des fruits qu’ils consommaient contenait une teneur en éthanol comprise entre 1% et 2%.

Ils ont pu en déduire que l’alcool n’était pas évité dans leur régime alimentaire, voire préféré. D’autres expériences ont confirmé que ces singes-araignées savent faire la différence entre un fruit moins alcoolisé et un fruit plus alcoolisé, et les résultats indiquent bien une préférence pour ces derniers. 

Ces expériences attestent le goût des singes pour l’éthanol, même s’ils ne recherchent pas des états d’ivresse. La présence d’éthanol leur indique plutôt la présence de sucre et leur insinue un potentiel gain de calories.

Les chercheurs estiment enfin que ce choix de placer des fruits alcoolisés au centre de leur régime alimentaire a peut-être été fait par nos ancêtres humains pour les mêmes raisons et que cette préférence pour l’alcool* est restée ancrée dans nos habitudes. 

*L’abus d’alcool est dangereux pour la santé. L’alcool est à consommer avec modération 

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Est-il dangereux de fumer un joint par jour ?

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Herbe, résine, huile… quelle que soit la manière dont il est consommé, le cannabis renferme une molécule active appelée delta 9 THC dont les effets sur le système nerveux sont clairement identifiés. Ces dernières décennies, une augmentation de la teneur en THC contenue dans le cannabis inquiète les autorités sanitaires.

Le cannabis représente le produit illicite le plus précocement consommé, puisque la première expérimentation se fait, en moyenne, vers l’âge de 15 ans. À 17 ans, 4 jeunes sur 10 déclarent avoir déjà fumé au moins un joint, avec une légère prévalence chez les garçons. Des statistiques suffisamment alarmantes pour que les autorités sanitaires françaises se mobilisent sur ce véritable sujet de santé publique et tentent de sensibiliser le jeune public, mais également les parents. Car le cannabis surfe sur l’image festive et désinhibante qu’il véhicule. Or, le cannabis possède une face beaucoup plus sombre et, souvent, méconnue.

Une consommation risquée même à faible dose

Difficile de déterminer une quantité journalière maximale de consommation pour ne pas nuire à sa santé… Car contrairement à l’alcool qui bénéficie de repères de consommation clairs, le cannabis ne fait l’objet d’aucun consensus net.

Bien que des études soient régulièrement menées sur le sujet, aucune recommandation officielle n’en émane véritablement.

Ce que l’on sait, en revanche, c’est que la consommation régulière de cannabis a des répercussions notables sur la santé.

C’est la raison pour laquelle, d’ailleurs, la substance est considérée comme illicite en France. Sur notre territoire, la possession de cannabis est considérée comme étant un délit passible d’une amende ou d’une peine d’emprisonnement.

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