Cigarette électronique : y aura-t-il aussi des morts en France ?

La Maison Blanche se dit inquiète des effets du vapotage après la mort d’une quarante septième personne liée à l’usage de cigarettes électroniques.

Atlantico : Comment expliquer ces décès ? Les Etats-Unis sont-ils les seuls à être touchés de la sorte ?

Gérard Dubois : L’épidémie d’atteintes pulmonaires (2290 cas) a commencé fin juillet et sa cause est connue depuis début septembre. C’est le détournement de l’usage de la cigarette électronique (vaporette) pour inhaler des produits achetés en dehors des circuits légaux contenant du THC (principe actif du cannabis) dilué dans de l’acétate de vitamine E. Ce mélange huileux est très mal supporté par les poumons et a tué 47 utilisateurs. Ce qui est curieux, c’est que les agences fédérales américaines de santé (Center for Disease Control and Prevention et la Food and Drug Administration) ont longtemps persisté à mettre en cause le vapotage en tant que tel et n’ont reconnu la vraie cause que mi-novembre, soit très tardivement. On peut ou non considérer comme fortuit que ce revirement soit concomitant avec le changement d’opinion du Président des Etats-Unis. D’abord bruyamment favorable à une interdiction des liquides aromatisés pour vaporette, il a ensuite changé d’avis.

Il faut signaler que si tous les médias du monde ont parlé de cette épidémie (qui est finissante), elle n’a concerné que les Etas-Unis. Un seul cas est survenu au Canada et un en Belgique, avec la même cause. Il est évident qu’interdire la vaporette pour un détournement d’usage comme en Inde, est aussi aberrant que d’interdire la fabrication des verres parce que quelqu’un est mort en buvant un verre de poison. C’est confondre le contenant non nocif avec le contenu toxique.

Qu’en est-il de la législation en France ? Y aura-t-il également des morts à cause du vapotage ?

Comme demandé par les experts et l’Académie de médecine dès 2015, la réglementation en France es très différente. La sûreté des produits est assurée et les substances dans les e-liquides font l’objet d’une déclaration. La limite autorisée en nicotine de ces liquides est le tiers de ce qui est autorisé aux Etats-Unis! La vente aux mineurs et la publicité sont interdites. Malgré une surveillance renforcée, aucun cas n’a été déclaré en France. Y aura-t-il des morts à cause du vapotage en France? Comme aux Etats-Unis, oui si des produits huileux sont mis sur le marché illégal. Non pour les utilisateurs de produits légaux.

Quelles peuvent être les solutions pour éviter ces morts ? La cigarette électronique est-elle aussi dangereuse que le tabac ?

Il y aura de nombreux morts chez les vapoteurs désinformés qui reviennent au tabac et les fumeurs prêts à vapoter qui y ont renoncé. Il faut retenir que le jour du premier décès dû au THC avec huile de vitamine E, 1500 fumeurs sont décédés le même jour aux Etats-Unis, 22000 dans le monde. Le pire inconvénient de cette crise, c’est d’avoir sciemment nui à la réputation de la vaporette alors que Santé Publique France indique qu’au moins 700 000 fumeurs ont décroché grâce à elle. La vérité est que les Etats-Unis paient leur manque de surveillance et de règlementation comme avec la crise des opioïdes. Alors que le tabac tue la moitié de ses consommateurs assidus, il ne faut pas se tromper d’ennemi. Les avantages de la vaporette sont certains, ses inconvénients hypothétiques.

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Victimes de l’alcool au volant, ces étudiants ont lancé une appli pour désigner le « Sam » de soirée

Par Maxime HUTEAU
Maxime Nivot et Julien Béliard, deux étudiants angevins, ont pour point commun d’avoir été victimes d’un accident de la route causé par l’alcool. Avec Lévy Naly à l’informatique, ils ont développé et lancé Sammy, une application mobile dont ils espèrent qu’elle sauvera des vies.

Sammy pourrait devenir un partenaire incontournable de soirée. Cette application a été pensée pour désigner, via une plateforme commune, un capitaine de soirée qui ramène ses amis sains et saufs de soirée.

À l’origine de cette application mobile, Maxime Nivot et Julien Béliard, deux étudiants angevins de 22 ans, potes dans la vie. Ils ont un point commun : celui d’avoir été victimes d’un accident de la route quand ils étaient plus jeunes. En rentrant de soirée, Maxime a loupé un virage et foncé dans un mur à 100 m de son domicile. Bilan : une épaule fracturée et un permis retiré. Son passager et ami s’en sortira indemne. Julien a lui perdu sa mère à 14 ans après qu’une voiture les a percutés sur la route. Dans les deux cas, l’alcool et la fatigue ont frappé.

Être Sam n’est plus une punition mais une récompense

Pour les deux jeunes, cette expérience a eu l’effet d’une prise de conscience. « Quand on est jeunes, on a tendance à toujours contourner les règles. Encore plus quand on vit en campagne. Entre rentrer soûl de soirée et payer un taxi qui coûte cher, le choix est souvent vite fait. »

Quand ils ont cherché quelles solutions existaient pour répondre à la problématique de la conduite sous l’emprise de l’alcool, ils n’ont rien trouvé de mieux que le classique éthylotest. « C’est à ce moment-là que l’on a commencé à réfléchir à une idée autour du concept de Sam. »

Sam, tout le monde le connaît. C’est l’abréviation de Sans accident mortel ou encore celui qui conduit, c’est celui qui ne boit, comme le dit l’adage. Porter ces trois lettres sur le dos lors d’une soirée est souvent vu comme une punition. Les créateurs de Sammy ont voulu inverser la tendance. Avec cette appli, le capitaine de soirée sera récompensé.

Au préalable, il faudra le désigner. Avant une soirée, l’un des participants créé un groupe sur l’application. Les membres peuvent le rejoindre via un code. Chacun a ensuite dix secondes pour dire s’il est volontaire ou pas pour être Sam.

Lorsqu’il a ramené tout le monde à bon port, ces passagers valident la course et chacun lui fait remporter 30 kaps (crédits). Il pourra les utiliser pour débloquer des offres commerciales des partenaires de l’application.

Près de 500 utilisateurs

Sammy, dans sa version bêta, existe depuis cinq mois. L’application est disponible gratuitement sur les plateformes Android et IOS et comptabilise 500 utilisateurs selon ses créateurs, confiants par ce démarrage. « En moyenne, il y a entre 30 et 70 groupes qui sont créés par week-end. »

Lévy Naly, étudiant de 21 ans, est le développeur de l’équipe. Il passe une grande partie de son temps à corriger les bugs et à faire les mises à jour. De nouvelles fonctionnalités doivent voir le jour. L’appli a été déjà été repérée : elle a reçu, en février 2019, le prix de l’innovation de la sécurité routière.

« Notre objectif, détaille Julien Béliard, c’est de banaliser la désignation d’un Sam et bien sûr de sauver des vies, même si on ne saura combien on en sauvera. »

Après son accident, Maxime Nivot a passé deux ou trois ans à faire Sam. « Et ce n’est pas si grave, j’ai appris que l’on s’amusait très bien même quand on ne boit pas. »

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Mois sans alcool : l’initiative annulée à la demande du lobby viticole ?

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Le mois sans alcool n’aura finalement pas lieu. Cette idée venue du Royaume-Uni était censée se dérouler en janvier. L’initiative était vue d’un mauvais œil par le lobby de l’alcool, qui semble avoir obtenu gain de cause au plus haut sommet de l’État.

Un mois sans alcool. La campagne de sensibilisation était prévue pour janvier. Sur Twitter, un compte déjà actif encourage les volontaires, mais le couperet est tombé : l’initiative n’est pas retenue par le gouvernement. Le récent déplacement d’Emmanuel Macron à Reims (Marne) a-t-il influencé une telle décision ? Lors de ce voyage officiel, le chef de l’État a déjeuné avec des acteurs de la filière viticole. « On a abordé beaucoup de sujets, y compris, en effet, le mois sans alcool, qui était prévu depuis quelques semaines », confirme Maxime Toubart, président du Syndicat général des vignerons de Champagne.

Déception des professionnels de l’addiction

Lancée en 2003 au Royaume-Uni, la campagne a pour ambition de faire une pause, de s’interroger sur sa propre consommation. « On se rend compte qu’il est difficile en France de ne pas boire (…) c’est blessant pour les professionnels de santé », regrette le professeur Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions.

A Saint-Denis, une centième chaîne humaine contre la drogue sur fond de menaces des dealers

Depuis l'intrusion de dealers dans une école de Seine-Saint-Denis, des parents forment une chaine humaine devant l'école de leurs enfants.

Depuis l’intrusion de dealers dans une école de Seine-Saint-Denis, des parents forment une chaine humaine devant l’école de leurs enfants. – BERTRAND GUAY / AFP
Les parents d’élèves de Saint-Denis forment depuis le printemps dernier des chaînes humaines devant les écoles de plusieurs quartiers de la ville en proie au trafic de drogue. Malgré plusieurs intimidations, les habitants n’entendent pas baisser les bras.

8h15 devant l’école élémentaire Honoré de Balzac. La pluie battante n’a pas découragé la cinquantaine de personnes qui a répondu à l’appel des parents d’élèves des écoles de Saint-Denis ce vendredi 15 novembre. C’est devenu un rituel, après avoir accompagné leurs enfants jusqu’aux grilles de l’école, les parents forment une chaîne humaine pour protéger symboliquement l’établissement, situé entre deux points de deals. “Malgré le mauvais temps, on est toujours là !”, lâche avec le sourire Soraya, mère de deux enfants.

« Les dealers avaient pris l’habitude de dormir dans les locaux et d’y cacher leur drogue »

A l’origine de la mobilisation, une intrusion de dealers dans le groupe scolaire le 13 mai dernier, entraînant le confinement des 600 élèves pendant près d’une heure. Un épisode loin d’être isolé, qui s’est reproduit huit fois depuis lors. “Deux nouvelles intrusions ont été constatées depuis la rentrée, dont une dans le centre de loisirs au mois d’octobre”, raconte Catherine Denis, représentante de parents d’élèves FCPE au sein de l’établissement. “Avant l’incident du mois de mai, les dealers avaient même pris l’habitude de dormir dans les locaux du centre de loisirs et d’y cacher leur drogue. L’école c’est un sanctuaire, on ne touche pas à l’école de nos enfants”.

MANQUE DE MOYENS HUMAINS

Malgré le sombre tableau dessiné par des parents désœuvrés, la bonne humeur et la solidarité sont de mise. Comme un message envoyé aux guetteurs. “On est optimistes, regardez, on est tous ensemble, solidaires les uns des autres et on ne lâchera pas. L’Etat ne nous écoute pas, nous abandonne, et on doit s’y substituer pour agir. C’est important qu’on se responsabilise pour nos enfants, pour notre quotidien”, dit Fabienne, habitante de Saint-Denis.

Ce renoncement des pouvoirs publics, ils sont nombreux à l’agiter ce vendredi. Florence Hay, maire adjointe de Saint-Denis, brandit le dernier rapport parlementaire sur l’action de l’Etat en Seine-Saint-Denis pour dénoncer les inégalités que connaît le département. “Nous demandons simplement d’avoir les mêmes moyens que les autres territoires. Aujourd’hui, ce n’est pas le cas. Cinq maires du département ont d’ailleurs attaqué l’Etat en justice pour rupture d’égalité”. La maire de quartier concède toutefois une petite victoire : 28 policiers issus du dispositif Quartiers de reconquête républicaine (QRR) ont été déployés depuis le mois d’octobre dans les quartiers nord, mais cela reste insuffisant selon l’élue pour endiguer les trafics.

DES MÈRES DE FAMILLE MENACÉES

Un rempart humain contre la drogue semble donc s’installer dans la durée, qui n’est évidemment pas du goût des trafiquants. Depuis le mois de mai, cinq mères de famille impliquées dans la mobilisation ont été la cible d’intimidations. Voitures vandalisées ou encore menaces de violence, trois d’entre elles envisagent de quitter les quartiers nord de Saint-Denis. “Nous avons reçu deux d’entre elles pour les accompagner dans leurs démarches de relogement. Mais ce n’est pas normal qu’elles aient à partir, c’est aux dealers de le faire”, signale Florence Hay.

« Je ne tremblerai pas face à des gamins de 14 ou 15 ans »

Sylvie, habitante de Villepinte, venue en soutien au collectif de Saint-Denis, a elle aussi été menacée par les dealers de son ancien quartier au printemps dernier. “Après avoir médiatisé les problèmes du trafic dans mon quartier, des dealers ont uriné sur mon palier et détérioré ma porte d’entrée. J’ai été victime de harcèlement de rue, jétais tous les jours menacée, c’était invivable”.

Malgré ces pressions constantes, la peur n’a pas envahi le collectif de parents du 93. Fabienne pointe même une déstabilisation des dealers, peu habitués à voir surgir un mouvement spontané de la sorte. “Ils ont rarement vu des parents se mobiliser comme ça. Je ne tremblerai pas face à des gamins de 14 ou 15 ans ». Les parents de Saint-Denis espèrent ainsi envoyer un signal fort aux autorités pour que celles-ci prennent vraiment le relais.

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Le recours au cannabis serait peu efficace pour réduire la consommation d’opioïdes chez les patients dépendants

(Relaxnews) – Une équipe de chercheurs canadiens a passé plusieurs études en revue afin de déterminer si le cannabis pouvait constituer une porte de sortie pour les patients dépendants aux opioïdes sevrés à la méthadone. Mais les résultats de l’enquête ne montrent pas de preuve solide quant au rôle salvateur du cannabis dans ce cas de figure précis. 

La crise des opiacés fait rage aux Etats-Unis avec, depuis le milieu des années 2010, plus de 50.000 décès par overdose. Le Canada, qui compte plus de 10.000 morts liées à la prise de ces drogues (héroïne, morphine, tramadol, codéine, oxycodone, fentanyl) utilisées illicitement pour soulager les douleurs chroniques est également concerné par ce fléau de santé publique.

La récente légalisation du cannabis à usage récréatif au Canada ainsi que dans plusieurs états américains laissait supposer une réduction de la consommation d’opiacés au profit du cannabis thérapeutique, reconnu lui aussi pour ses effets antidouleurs.

Mais une méta-analyse récemment publiée dans le Canadian Medical Association Journal et soutenue par The Canadian Institutes of Health Research (l’Institut de recherche en santé du Canada) met en lumière le manque de preuve évidente des bienfaits supposés du cannabis médical pour contrer la crise des opiacés.

Des chercheurs de l’université McMaster (Ontario, Canada) ont passé 23 recherches en revue, dont une méta-analyse comprenant six études avec un nombre total de 3.676 participants portant sur la consommation de cannabis pendant le traitement de sevrage à la méthadone.

L’équipe a constaté que les personnes qui consomment du cannabis pendant un traitement de sevrage ne consommaient pas moins d’opioïdes. De surcroît, cela ne les rendait pas plus susceptibles de prolonger le traitement jusqu’à la fin, notent les chercheurs.

« Nous n’avons trouvé aucun consensus parmi les études montrant que la consommation de cannabis est associée à une réduction de la consommation d’opioïdes ou à une plus longue rétention du traitement lorsqu’il est utilisé pendant le traitement de sevrage à la méthadone chez les patients atteints d’un trouble de consommation d’opioïdes », précisent les auteurs de l’étude.

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La légalisation du cannabis récréatif augmente la « consommation problématique »

Par Victor Garcia,
Les auteurs estiment que le grand public doit être mieux informé des avantages et des méfaits du cannabis.

Les auteurs estiment que le grand public doit être mieux informé des avantages et des méfaits du cannabis.

Les États américains qui ont légalisé l’usage récréatif de l’herbe psychotrope rencontrent une hausse des « consommations problématiques », selon une nouvelle étude.

L’étude en bref. La consommation de cannabis dans les États américains qui ont légalisé l’usage récréatif – c’est-à-dire non médical – a augmenté chez les adultes de plus de 26 ans et, en moindre partie, chez les adolescents. Les chercheurs se sont appuyés sur les réponses de plus de 500 000 sondées pendant 8 ans, selon une étude publiée dans la très sérieuse JAMA Psychiatry.

Qui l’a publiée ? Le principal auteur est l’épidémiologiste Magdalena Cerdá, directrice du NYU Center for Opiodie Epidemiology and Policy et professeur associée du Langone Medical Center, l’un des meilleurs centres médicaux universitaires des États-Unis. Mais l’étude est signée par un ensemble de chercheurs de la Grossman School of Medicine et de la Columbia University Mailman School of Public Health.

« Plus 26 à 37% chez les plus de 26 ans »

Dans le détail. Les auteurs de l’étude ont commencé par analyser les données de « L’enquête nationale sur la santé et l’usage de drogues » (NSDUH), qui compte 505 796 participants. Les chercheurs se sont intéressés aux données collectées entre 2008 et 2016 dans le Colorado, l’Etat de Washington, l’Alaska et l’Oregon, les quatre premiers États américains à avoir légalisé le cannabis pour l’usage récréatif (en 2014 pour les deux premiers, 2015 pour les deux autres). Le but était de disposer d’informations sur l’usage de cannabis avant et après la légalisation.

Ils ont ensuite comparé l’évolution de la consommation dans ces quatre États et dans ceux qui n’avaient pas légalisé le cannabis récréatif. Les chercheurs ont réparti l’usage en trois catégories : au moins une fois dans le mois, consommation fréquente (plus de 20 jours par mois) et consommation problématique, soit celle qui provoque des troubles comme une accoutumance accrue, de multiples tentatives (ratées) de contrôler ou d’arrêter ou encore l’abandon d’autres activités « sociales » au profit de la consommation. Enfin, ils ont séparé les consommateurs en trois catégories, les adolescents âgés de 12 à 17 ans, les jeunes adultes, de 18 à 26 ans, et les plus de 26 ans.

Résultats ? Ils ont constaté que, chez les adolescents, la « consommation problématique » était 25% plus élevée dans les États où l’utilisation récréative avait été légalisée et augmentait de 2,18 à 2,72%. Chez les jeunes adultes, aucune différence n’a été observée. En revanche, chez les plus de 26 ans, la consommation « une fois par mois » était 26% plus élevée par rapport aux autres États et passait de 5,65% à 7,10% ; l’utilisation était 23% plus élevée, progressant de 2,13 à 2,62%, et l’utilisation problématique 37% plus élevée, passant de 0,9% à 1,23%.

« Il existe des avantages à la légalisation »

Conclusions. Ces résultats peuvent surprendre puisque, jusqu’à maintenant, les arguments en faveur de la légalisation du cannabis consistaient à dire qu’elle pouvait aider à baisser la criminalité en coupant un vecteur de financement, de mieux contrôler la qualité des produits, et de faire baisser la consommation générale, voire de limiter l’accès aux drogues mortelles. « Bien que beaucoup de recherches ont été menées sur la légalisation de la marijuana à des fins médicales, très peu ont porté sur l’impact de la légalisation de l’usage récréatif, un phénomène récent aux États-Unis, analyse Magdalena Cerdá, interrogée par L’Express. Surtout, aucune étude n’avait encore examiné l’impact de la légalisation de la marijuana à des fins récréatives sur l’usage et le trouble de l’usage du cannabis dans différents groupes d’âge ».

LIRE AUSSI >> Le cannabis thérapeutique, nouvelle panacée ou enfumage?

Les auteurs appellent à augmenter les efforts concernant la prévention et le traitement contre l’addiction. « Les traitements comportementaux comme la thérapie cognitivo-comportementale, le management des contingences [qui consiste à soutenir la dynamique des personnes par des renforcements positifs, NDLR], ou encore la thérapie de renforcement de la motivation se sont révélés très prometteurs chez les personnes qui consomment beaucoup », détaille la chercheuse. Pour les adolescents, elle rappelle l’intérêt des programmes visant à limiter la consommation précoce de marijuana, mais aussi de l’alcool et d’autres drogues.

Réduire les inégalités ethniques

Plus globalement, les auteurs estiment que le grand public doit être mieux informé des avantages et des méfaits du cannabis et tiennent à rappeler qu’il existe des avantages sociaux liés à la légalisation. « Nous espérons que la légalisation de la marijuana puisse diminuer les inégalités raciales et ethniques, car les chiffres montrent que lorsque la consommation de marijuana est illégale, les Noirs et les Hispaniques sont plus susceptibles d’être arrêtés et incarcérés pour possession de drogue, ce qui contribue considérablement aux inégalités carcérales des minorités raciales et ethniques dans notre pays », note Magdalena Cerda.

La « Manip » du Cannabis thérapeutique

A la demande de nombreux lecteurs et en réponse au député LaReM, médecin et neurologue Olivier Véran, les 3 articles du Professeur Costentin sont réunis sous la rubrique ‘Manip’ du cannabis thérapeutique. Cliquez ci dessus dans le bandeau noir sur La « manip » du cannabis thérapeutique

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