Une action pour sensibiliser sur la consommation excessive d’alcool

Ce samedi soir, une action est menée dans l’Ouest de La Réunion pour sensibiliser la population contre la prise du volant sous l’influence de l’alcool. Quatre boîtes de nuits de Saint-Gilles participent à l’événement.

C’est dans le cadre de son engagement via le Contrat Local de Santé, la mairie de Saint-Paul se mobilise ce samedi 24 mars avec les professionnels de santé, les équipes de la sécurité routière et les boîtes de nuits de Saint-Gilles pour la 3e édition de la nuit « Santé Sobriété« .

Sensibiliser sur une consommation excessive d’alcool


Cette 3e édition s’axe autour de 2 points. Tout d’abord sensibiliser sur les habitudes de consommation excessive d’alcool, de tabagisme ainsi que l’information / prévention sur les rapports sexuels non protégés. Puis sensibiliser la population autour d’un comportement citoyen sur les routes.L’action sera menée ce samedi 24 mars 2018 de 22 heures à 1 heure du matin. Dans le cadre de cet événement, un village de prévention sera mis en place.

Les boîtes de nuits partenaires de l’événement


Le village va se situer dans l’avenue Bourbon, sur le parking proche des boîtes de nuit de Saint-Gilles. Les quatre boîtes de nuit qui participent à l’action sont le Loftle Moulin du Tangola Villa Club ainsi que le Beach Club.

Des équipes sillonneront également les rues adjacentes et passeront dans les quatre boîtes de nuits partenaires de l’opération.

À l’occasion, les équipes distribueront des éthylotests, des préservatifs mais également des bracelets brésiliens comprenant la mention « Santé Sobriété« .

Ces bracelets sont à l’intention des personnes qui s’engageront à ne pas consommer d’alcool avant de prendre le volant. Les bracelets sont également là pour délivrer des messages de prévention au public.

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Le désastre des toxicomanies en France par le Pr Costentin

Ce livre décrit successivement les principales drogues actuellement identifiées, les moyens actuels mis en œuvre pour les combattre et suggère des mesures simples qui pourraient les renforcer.
Livre de fond, il devrait intéresser nos lecteurs mais aussi tous ceux et celles  qui ont pris conscience de la gravité de la situation actuelle et qui veulent s’y opposer. 

 

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On peut s’habituer à tout, même au pire ; pour soi peut-être, mais pas pour les autres, surtout quand il s’agit de notre jeune génération, qu’on espère voir perpétuer ce que nous pensons avoir réussi et corriger ce que nous avons raté.
L’auteur de ce livre s’échine, depuis plus de vingt ans, dans un silence médiatique pesant, face à l’ignorance, à indifférence et même à la complaisance vis-à-vis des drogues, à informer le plus grand nombre possible de ses concitoyens sur les méfaits physiques, psychiques, sociaux
et sociétaux provoqués par l’intrusion des drogues dans notre Nation. Il le fait d’une façon bénévole, qui le rend insupportable à ceux qui sont appointés pour le faire et soit ne le font pas, ou le font mal, ou le contredisent, voire même l’empêchent de s’exprimer.
Ce livre s’applique d’abord à expliquer les mécanismes de l’addiction ; puis il relate, drogue par drogue, l’importance de leur diffusion et de leurs méfaits sanitaires ; il propose enfin diverses pistes visant à contenir le tsunami toxicomaniaque qui ravage notre Nation, puisqu’elle est en tête pour presque chaque drogue des consommations parmi les 28 États membres de l’Union Européenne.
L’auteur promeut ici la devise du Centre National de Prévention, d’Études et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT) qu’il préside :

« S’il est important de nous préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il l’est plus encore de nous préoccuper de l’état des enfants que nous léguerons à notre planète ».

Aux éditions Docis, info@editions-docis.com 396 pages, 20 euros + frais de port

La réponse de Trump à l’épidémie de drogue: un vaccin contre la dépendance

Donald Trump veut financer la recherche sur un vaccin contre la toxicomanie. Avec l’introduction de la peine de mort pour les trafiquants et la construction d’un mur à la frontière avec le Mexique, c’est sa méthode singulière pour lutter contre la pire épidémie de drogue que les États-Unis aient jamais connue.

Dans un discours au New Hampshire, Trump a rassuré les Américains: « Je vous dis que le fléau de la toxicomanie s’arrêtera en Amérique », a déclaré Trump dans la ville de Manchester.

Les États-Unis traversent actuellement la pire épidémie de drogue que le pays ait jamais connue. (Lire: Les États-Unis des toxicos: toutes les 8 minutes, un Américain meurt d’une overdose). Le président a été fort critiqué pour avoir réclamé un « état d’urgence pour la santé publique » il y a six mois sans avoir depuis établi de plan d’action concret ni d’avoir réuni de fonds pour financer cela. Au New Hampshire, un état où le problème de l’addiction est encore plus grand qu’ailleurs, Trump est enfin arrivé avec un plan (un peu) plus concret.

Des points importants de son approche avaient déjà été divulgués. Par exemple, Trump pense que les trafiquants d’analgésiques illégaux (tels que l’héroïne) devraient recevoir la peine de mort. Il a fait référence aux pays qui pratiquaient la « tolérance zéro » envers les trafiquants de drogue, sans nommer ces pays, et a déclaré qu’ils n’avaient plus de problème de drogue.

La peine de mort ne fonctionne pas

Ce qui est un non-sens total. Il n’y a aucune donnée qui appuient les déclarations de Trump. Singapour, l’un de ces pays auquel Trump fait parfois référence, ne publie pas de chiffres fiables, mais ses rapports de police montrent qu’ils n’ont pas confisqué moins de drogues ces dernières années. Au contraire, ils en ont confisqué plus.

Les États-Unis rejoindraient de la sorte la fameuse liste des pays où la peine de mort est encore appliquée pour des faits de drogue: l’Iran, l’Arabie saoudite, la Chine, Singapour et l’Indonésie.

Trump a reconnu que la peine de mort pour trafic de drogue n’était peut-être pas applicable: « Peut-être que notre pays n’est pas prêt pour cela. » Il veut également faire tout ce qu’il peut pour empêcher les drogues d’entrer aux États-Unis. Sa solution est de construire un mur à la frontière avec le Mexique. Il est convaincu qu’au final, même les Démocrates voudront de son mur le long de la frontière avec le Mexique,

On estime que 2,6 millions d’Américains sont dépendants des analgésiques lourds. Et comme les opiacés sont chers, de nombreux consommateurs lui préfèrent l’héroïne, moins chère mais illégale. Pour inverser cette tendance, Trump veut améliorer l’éducation et limiter le comportement prescripteur des médecins. Dans trois ans, le nombre de prescriptions doit avoir diminué d’un tiers, souhaite le président.

Vaccin

De nombreuses vies ont déjà été sauvées avec du Naloxone ou du Narcan, un remède qui contrecarre l’effet d’une overdose d’analgésiques. Du coup, Trump estime que ce remède devrait être disponible partout.

Il croit également que plus de recherche devrait être réalisée dans la création de nouveaux remèdes. En décembre, il a été annoncé que les scientifiques avaient mis au point un vaccin qui contrecarre la dépendance à l’héroïne chez les souris et les rats. Les anticorps dans le vaccin empêchent la production d’un effet euphorique.

Trump souhaite que le vaccin soit également mis à la disposition des gens, bien que, selon les experts, cela devrait prendre un certain temps. Combien d’argent le président veut investir dans l’enquête? On ne le sait pas encore.

Le vaccin auquel Trump fait référence a été présenté en décembre par des chercheurs du Walter Reed Army Institute of Research. La question est de savoir si cela fonctionne sur les gens. Le problème est qu’en principe, le vaccin ne fonctionne qu’à court terme et nécessite des doses répétées.

En passant, un tel vaccin serait volontaire de toute façon. Trump est fortement opposé à la vaccination obligatoire. (Lire: De pire en pire: Trump veut que Robert F. Kennedy Jr, un dangereux anti-vaccin, préside une commission sur la sûreté des vaccins)

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Un nouveau danger de l’alcool révélé

La consommation d’alcool augmente considérablement le rythme cardiaque, ce qui pourrait provoquer à la longue le développement d’une arythmie, estime une équipe de chercheurs allemands.

Les scientifiques de l’Université Louis-et-Maximilien de Munich ont analysé les ECG et le taux d’alcool dans l’air expiré de 3.012 personnes âgées d’environ 35 ans afin d’étudier les risques liés à la consommation d’alcool, relate le site de l’European Society of Cardiology (ESC).

Les scientifiques ont également pris en compte le sexe, les maladies cardio-vasculaires et les mauvaises habitudes des personnes concernées.

Au terme de leurs analyses, les scientifiques ont réussi à démontrer une corrélation linéaire entre la consommation d’alcool et un rythme cardiaque très élevé.«Plus vous buvez d’alcool, plus votre pouls est élevé», explique Dr Stefan Brunner, chargé des recherches.

D’après les cardiologues, cette corrélation pourrait relever d’un déséquilibre fonctionnel au niveau du système nerveux central.

«En outre, il n’est pas exclu que le pouls élevé qu’on observe suite à une consommation d’alcool puisse favoriser le développement d’une arythmie», conclut Dr Moritz Sinner.

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Le rôle clef des neurones dans la dépendance aux drogues

Selon le dernier rapport de l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT), le nombre de consommateurs de cocaïne en France à presque quadruplé depuis les années 2000 passant de 0,3 % de la population des 18-64 ans à 1,1 %. Pour faire face à cet enjeu de santé public des addictions aux substances, la prévention est indispensable tout comme la Recherche visant à identifier les mécanismes cellulaires et moléculaires impliqués dans la dépendance aux drogues. Récemment, une étude portant sur des souris montre que cette sensibilité à la cocaïne serait directement liée à la faculté de notre cerveau à produire de nouveaux neurones.

Addictions drogues

Moins de neurogenèse, plus de dépendance

On savait déjà qu’un défaut de neurogenèse (formation de nouveaux neurones) au niveau de l’hippocampe entrainait des troubles neuropsychiatriques et une prédisposition à devenir toxicomane.

Cette même équipe de chercheurs avait également montré que la prise de drogues diminuait la production et la survie des nouveaux neurones de l’hippocampe.

À savoir ! L’hippocampe est une structure présente dans chaque hémisphère cérébral et située en profondeur dans le cerveau. Il joue un rôle important dans la mémoire, l’inhibition du comportement et dans le repérage spatial. Il comprend le gyrus dentelé, qui présente la particularité de produire de nouveaux neurones chez l’adulte. Une neurogenèse anormale est corrélée à l’apparition des troubles de la mémoire ou de l’humeur.

Pour aller plus loin sur cette piste reliant neurogenèse et addiction aux substances, les chercheurs du Neurocentre Magendie de l’Université de Bordeaux, supervisés par Nora Abrous et le Professeur Pier-Vincenzo Piazza, ont comparé le comportement de deux groupes de souris adultes dépendantes à la cocaïne.

À savoir ! La cocaïne est extraite des feuilles de cocaïer, un arbuste cultivé en Amérique du Sud. Elle est d’abord transformée en pâte puis en poudre. Cette drogue illicite, la deuxième consommée en France après le cannabis, a une action fortement psychostimulante sur l’organisme en entraînant une euphorie et une exaltation de l’humeur, ou encore une impression de grande efficience physique et mentale. La cocaïne peut provoquer, seule ou avec d’autres produits, une mort violente par surdose.

Le premier groupe était composé de souris normales tandis que le deuxième rassemblait des souris génétiquement modifiés pour présenter une déficience dans leur neurogenèse hippocampique.

Progressivement, les deux groupes de souris ont été entraînées à s’auto-administrer de la cocaïne.  En introduisant leur nez dans un orifice, elles déclenchaient un système automatique de diffusion de cocaïne par voie intraveineuse.

Cependant, avant d’obtenir une certaine quantité de cocaïne, les souris devaient fournir un ensemble de mouvements de leur museau dans le trou. Au fil de l’expérience, les souris devaient fournir encore plus d’énergie pour pouvoir obtenir une quantité similaire de drogue. Cette « contrainte physique » permet notamment aux chercheurs d’évaluer le niveau de motivation- et de dépendance- des souris pour obtenir leur dose de cocaïne.

A l’issue de l’expérience, les chercheurs se sont rendu compte que les souris dont la neurogenèse hippocampique dysfonctionnait montraient une plus grande motivation pour avoir de la cocaïne comparativement aux souris normales.

Ensuite, en sevrant les souris pendant plusieurs semaines puis en les exposant de nouveau au dispositif d’auto administration de drogue, les chercheurs ont constaté que les souris transgéniques avaient une susceptibilité à la rechute plus grande que les autres souris.

Pour les chercheurs, ces observations, parues notamment dans la revue Molecular Psychiatry, sont très concluantes et montrent que la neurogenèse hippocampique est un facteur clé dans la vulnérabilité à l’addiction.

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Une émission de télé bien préparée !!

Quand, à partir d’un téléfilm ( « Prêtes à tout »), FR2 engage un « débat »  sur le thème  « Drogue : Un échec français ? ».

 Professeur Jean Costentin (Président du CNPERT)

 Peut-être avez-vous regardé (mercredi 14 mars, sur FR2, à 21h) le téléfilm « Prêtes à tout », remarquablement interprété par Anne Charrier et Alika del Sol, jouant le rôle de deux mères de famille, découvrant que leurs fils s’adonnaient au cannabis puis à la cocaïne, et étaient devenus dealers pour financer leurs consommations. Ils entraient alors en compétition avec un caïd de cité qui, avec ses sbires sans foi ni loi, après des contraintes et des menaces leur firent violence. Ces deux mamans désemparées, s’appliquaient à protéger leurs fils. Puis vint l’épilogue où ces mamans, visées avec un revolver par le caïd, le renversèrent avec leur voiture et le tuèrent. Ce film, traité avec beaucoup de subtilité, restitue bien le cheminement des deux ados, la psychologie des mamans, l’atmosphère glauque de la cité et le milieu du deal…

Le débat qui suivit  ( visible en cliquant ici jusqu’au 21/03/2018) fut, je ne dirais pas modéré, mais orienté par Julian Bugier (que je découvrais en la circonstance). Il avait constitué deux plateaux successifs comportant près d’une dizaine d’invités, dont deux seulement pour exprimer leur opposition à la légalisation du cannabis.

L’un d’eux était une mère de famille venue avec son grand fils qu’elle avait arraché à l’enfer du cannabis. Elle se réjouissait, on la comprend, que son gentil jeune homme, après avoir perdu beaucoup de temps dans son cursus dans l’enseignement secondaire, ait accédé enfin à la sixième année des études médicales.

L’autre invité donna à ce débat (hélas trop brièvement) la hauteur qui lui faisait défaut ; pourtant l’animateur s’appliqua, par ses petits coups de pattes, à tenter d’en relativiser la portée. Il s’agissait du docteur Philippe Juvin, chef de service des urgences de l’Hôpital européen Georges Pompidou et, de surcroît, maire de La Garenne-Colombes (92). A partir de son expérience de Maire, de sa culture et de sa pratique médicales, il justifia l’interdiction du cannabis, à partir de considérations sanitaires, enfin évoquées dans cette émission, soulignant la dangerosité du cannabis et les multiples dégâts qui lui sont imputables.

Dans la séquence précédente, le président de la Fédération française des addictions = FFA, (un psychologue, Couteron), n’avait fait qu’effleurer cet aspect, pour néanmoins décocher, en quittant le plateau, telle flèche du Parthe, « qu’il fallait bien sûre légaliser cette drogue »….

Le docteur Juvin aurait pu attirer l’attention (ce que par tact il n’a pas fait) sur le comportement bizarre d’un invité, présentant différentes manifestations de l’intoxication cannabique : yeux rouges (conjonctives injectées), chute des paupières (ptosis palpébral), regard dans le vague, gestuelle inappropriée, stéréotypies verbales…

Débattre d’un tel sujet est sûrement opportun, mais avec l’organisation honnête,  qu’on est en droit d’exiger d’une chaîne publique. Cela requiert : un nombre équivalent de défenseurs d’opinions contraires ; un équilibre de leurs temps de parole, corrigé au mieux en fonction de l’importance des éléments qu’ils ont à exposer ; une application à ne pas noyer les idées majeures dans des broutilles ou des anecdotes (ce qui signifie un nombre restreint d’intervenants). Enfin, et surtout, le modérateur ne doit donner l’impression d’appartenir à un camp et moins encore de s’ingénier à le faire gagner. Ce type de controverses requiert un arbitre, dont on aimerait qu’il connaisse bien le sujet ; bref tout ce qui manquait à ce débat, qui en l’occurrence ne mérite pas ce nom.

Ce débat s’intitulait : « Drogue – un échec français ? » ; titre en l’occurrence  inapproprié. Il y a échec quand, ayant déployé de grands efforts, ils n’aboutissent pas. Quels efforts d’informations sur les drogues et toxicomanies ont été effectués par les pouvoirs publics auprès des jeunes français? L’observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) vient de tancer la France pour ses carences majeures en cette matière ; aspect qui a, évidemment, été complètement éludé.

 

Cannabis, des familles témoignent

Lorsque le cannabis empoisonne la vie familiale, il est souvent nécessaire de se faire aider.

« Je souhaite que ma fille arrive à dire non »

Marie, 53 ans, mère d’une fille de 16 ans

« Je n’ignorais pas que le cannabis circulait dans un cercle de camarades de ma fille mais j’étais dans une forme de déni. Jusqu’au jour où une amie m’a prévenue qu’elle y touchait aussi. Je suis alors devenue beaucoup plus vigilante. Il y avait une perte de confiance entre nous. Au bout de trois mois, j’ai eu besoin de savoir. Je lui ai fait faire un test de détection du cannabis, lequel s’est révélé positif. Ce qui a déclenché chez moi une grosse colère, des reproches et des discours moralisateurs. Le cannabis est tout de même un produit illégal, répréhensible par la loi !

Ma fille se fermait. Je tournais en rond, en proie à un sentiment de culpabilité et de honte. J’étais une mauvaise mère de ne m’être aperçue de rien, de ne pas lui avoir donné les moyens de dire non. Je me posais plein de questions. Ma fille, évasive, noyait le poisson. Elle me disait qu’elle fumait en soirée pour se sentir bien, s’éclater à plusieurs, se dés­inhiber, cherchant à me rassurer.

Quand j’ai entendu dire qu’il lui arrivait d’être endormie en classe, je ne pouvais plus la laisser mettre sa vie en l’air. Une amie psychologue m’a parlé d’une consultation jeunes consommateurs. Après un premier rendez-vous ensemble, ma fille s’y rend seule depuis deux mois. Elle va mieux. De mon côté, j’ai appris à me taire, à attendre qu’elle puisse en parler. Ce que je souhaite, c’est qu’elle arrive à dire non, à repousser les tentations. Car elle y sera toujours confrontée. Je ne l’empêcherai pas de voir ses amis. C’est à elle de faire ses choix. »

« Ma première décision d’adulte »

Victor, 23 ans

« J’ai fumé mon premier joint à l’âge de 16 ans. J’ai accepté pour être un ado stylé. Cela ne me faisait pas peur, contrairement aux drogues dures que je n’ai jamais essayées. Le cannabis m’a procuré un grand plaisir. Je me suis mis à en consommer de plus en plus souvent. Je m’étais créé un personnage de fumeur au lycée.

Fumer du cannabis, c’était mon choix personnel, ma première décision d’adulte. Je savais que c’était illégal, mauvais pour la santé. Ma mère a découvert une barrette de shit que j’avais cachée à l’intérieur d’une lampe laser. Interdit de sortie pendant plusieurs mois, je faisais le mur pour aller fumer chez un copain.

Un jour, mes parents sont venus me chercher au commissariat pour détention de cannabis. Ils m’ont envoyé chez le psychologue. Ce qui n’avait aucun sens. Ils voulaient parler avec moi des dangers, de l’illégalité. Je savais tout cela, je n’avais pas envie d’en discuter. En voyant l’un de mes amis en plein bad trip, je me suis senti mal, moi aussi, après avoir fumé.

Après, je n’ai plus jamais éprouvé le plaisir des premiers temps. Je me suis alors renfermé sur moi-même, sur mes problèmes psychologiques. Je suis devenu une loque. J’ai commencé à ralentir ma consommation, à remonter la pente. J’enchaîne des emplois de caissier, d’hôte d’accueil… Je n’ai pas de but professionnel. Je vis au jour le jour. Avec le recul, je pense que mes parents ont été de bons parents. Même si leurs propos étaient maladroits, il était important que je les entende. Je leur avais menti, j’avais perdu leur confiance. Aujourd’hui, j’ai envie de les rendre fiers. »

« Cette drogue a mis à mal les liens familiaux »

Marianne, 60 ans, mère d’un jeune homme de 26 ans

« Mon fils, le dernier de trois enfants, a commencé à se droguer à l’âge de 13 ans. On s’en est rendu compte deux ans plus tard. Son attitude avait changé, ses résultats chutaient. L’initiation a eu lieu à l’école. Mais celle-ci fermait les yeux. Notre enfant a continué à consommer régulièrement, de l’herbe ou de la résine de cannabis, jusqu’en terminale, et même au-delà.

Malgré le fait que je trouvais des mégots dans sa chambre, dans le jardin, il niait les faits. C’était toujours les autres. Entre lui et moi, les discussions étaient sans fin. A la maison, il y avait un défilé permanent de copains. Certains objets ont été volés. L’ambiance était intenable.

Après avoir contacté l’association « Enfance sans drogue », j’ai donné le choix à mon fils : soit il restait à la maison et se désintoxiquait, soit il quittait le domicile familial. Quand il est parti, à 20 ans, cela a été un soulagement. Il était devenu violent avec son père et ses soeurs aînées. Tout cela a détruit la famille. La fratrie est désunie. Nos filles, toutes deux en couple, en souffrent encore aujourd’hui.

En tant que parents, on vit cette épreuve comme un échec. Un échec d’éducation. Je n’en ai pas parlé tout de suite à l’entourage familial. Ce n’est pas très glorieux. Plus tard, je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul parent, parmi les proches, à connaître ces problèmes. On n’a jamais coupé les ponts avec notre fils. Pour gagner sa vie, il effectue des livraisons en intérim. En attendant de reprendre, dit-il, une formation. Il me certifie avoir lâché le cannabis mais n’admet pas encore que le fait de se droguer ait pu l’empêcher d’étudier, de créer, de se projeter dans l’avenir. »

Recueilli par France Lebreton

Les désastres des toxicomanies en France – Jean Costentin

Eléments inspirés du livre « Le désastre des toxicomanies en France » Pr. Jean Costentin (Edition DOCIS, mars 2018), à propos du cannabis à prétentions médicales, réponse à l’interview de madame Michka Seelinger- Chatelain parue dans « l’écho des médias, de l’A.N.M., semaine 9.

La pharmacologie et sa fille aînée, la thérapeutique, se sont débarrassées depuis plus d’un demi siècle des cigarettes « thérapeutiques », aux prétentions anti- asthmatiques, (par leurs composants anticholinergiques muscariniques). En effet, leurs goudrons cancérigènes, leur oxyde de carbone et l’inflammation chronique de la muqueuse des voies aérophores, ont condamné cette pratique ; le drame tabagique, enfin bien perçu, n’invitant pas à un retour en arrière.

Depuis Claude Bernard la pharmacologie s’est affranchie des « soupes végétales » comportant des constituants multiples (en des proportions variables selon les cultivars, le terrain, le climat…), aux effets éventuellement contradictoires sur les affections auxquelles on les destine ; « végétal varie, bien fou qui s’y fie ». ç’en est fini des « panacées » et autres « thériaques ». On demande à un médicament une activité principale, voire exclusive, sur un trouble ou une affection.

En l’état des connaissances deux molécules dominent dans le cannabis indica /chanvre indien : le tétrahydrocannabinol = THC, bien connu ; et le cannabidiol =CBD, qui commence à l’être, et sur laquelle les médias s’enflamment, pour en faire le cache misère du THC (miracle de la phytothérapie, il réduirait ses méfaits et exalterait les effets recherchés)

Les revendications d’usages thérapeutique portent surtout sur ce THC, sous tendues par ses puissants effets addictifs, qui incitent ses utilisateurs à en magnifier les effets.

Le THC a une lipophilie exceptionnelle qui est à l’origine d’une véritable accumulation dans l’organisme, confinant à une sorte de thésaurismose; lors de son usage chronique il se stocke dans les lipides cérébraux et les panicules adipeux pour plusieurs semaines. Cette pharmacocinétique ingrate est perçue comme malencontreuse pour la thérapeutique, d’autant que le THC interagit avec différents médicaments via la glycoprotéine P.

Le THC exerce de multiples effets ; multitude qui, par essence, est en contradiction avec le statut de médicament, dont on attend un effet majeur, principal , tolérant au mieux quelques effets latéraux, non adverses, dont certains pourraient même participer à d’autres indications ; mais point trop n’en faut !

Le THC agit par la stimulation de 2 types de récepteurs ; CB1 surtout centraux et CB2 surtout périphériques. Ces premiers sont très nombreux dans le cerveau au point d’être les plus nombreux de tous les types de récepteurs présents ; ils sont de plus ubiquistes ; de ce fait ils influencent, quelquefois de façon intéressante, mais souvent pour le pire une multitude de fonctions psychiques, neurologiques, psychiatriques. Nous n’en citerons ici, pèle mêle que quelques dizaines : sédatif ; ébriant ; stupéfiant ; addictif ; inducteur de délire et d’hallucination ; désinhibiteur ; il trouble la coordination motrice, l’équilibre, l’évaluation des distances, l’évaluation du temps, la mémoire à court terme, la mémoire de travail ; il perturbe la conduite des véhicules à moteur et diverses activités professionnelles ; il est anxiolytique en aigu 3 avant de devenir anxiogène au long cours ; il est pseudo-antidépresseur en aigu avant d’induire au long cours des troubles dépressifs avec, en embuscade, des tentatives de suicide ; il est myorelaxant, analgésique, il stimule l’appétit ; ses effets désinhibiteurs peuvent conduire à des prises de risque et à des comportements auto- ou hétéro-agressifs ; il peut induire de novo des troubles schizophréniques, décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, ou aggraver une schizophrénie déclarée. Son effet addictif marqué se lit dans le nombre élevé de ses usagers réguliers (1.500.000 en France, en dépit des rigueurs de la loi auxquelles ils s’exposent) et dans la véhémence et l’ingéniosité de ses consommateurs pour obtenir sa légalisation. Au rythme où ses effets recherchés s’épuisent il incite au recours à d’autres drogues (escalade et poly toxicomanies) ; il potentialise les effets psycholeptiques de l’alcool, des benzodiazépines, des reliquats matinaux de divers hypnotiques…. C’est un grand perturbateur cognitif (par défocalisation de l’attention, par l’ivresse, par un syndrome amotivationnel, par une baisse de la perfusion de l’hippocampe, par baisse de la production d’ATP par les mitochondries de l’hippocampe, par une réduction intense de la libération de l’acétylcholine aux terminaisons des neurones cholinergiques septo-hippocampiques ; de là les pitoyables performances des potaches français qui, au tout premier rang européen des consommateurs de cannabis se retrouvent au 27ième rang du classement PISA des performances éducatives.

La toxicité somatique de la drogue concerne la sphère ORL et broncho-respiratoire ; au plan cardiovasculaire : responsable d’artérites chez des sujets jeunes ; troisième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux de sujets jeunes ; il exerce des effets perturbateurs endocriniens ; il perturbe le déroulement de la grossesse et le développement de l’enfant qui en naîtra, avec, à l’adolescence, une grande propension aux addictions, qui semble liée à des effets épigénétiques.

Il importe à ce stade de rappeler l’élément fondateur du concept de médicament ; le sacro-saint rapport bénéfice / risque. Les bénéfices dans chacune des indications revendiquées (analgésie, immunodépression, myorelaxation, anti glaucomateux, orexigène, sont d’intensité modeste et, pour chaque indication revendiquée, inférieure aux médicaments de référence disponibles, tandis que les effets adverses sont multiples et pour certains d’entre eux, graves et même très graves (conf. supra).

Cela fait plusieurs décennies que le bon sens et la science font barrage à la diffusion du cannabis pour tout et du cannabis pour tous. L’académie de médecine a conclu il y a quelques années : « Le cannabis – un faux  médicament, une vraie drogue » ; dans le même esprit, la commission de transparence de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui avait à juger du service médical rendu du Sativex®, (association du THC et du CBD), après qu’il eut obtenu l’autorisation de mise sur le marché (A.M.M.) dans l’indication spasmes douloureux de la sclérose en plaques, a jugé qu’il était « insignifiant ». C’est la raison pour laquelle 4 ans après l’octroi précipité de son A.M.M., ce produit que les médias enthousiastes avaient présenté comme irremplaçable, n’est toujours pas commercialisé en France.

A partir des données qui viennent d’être évoquées et sur les seules bases scientifiques qui doivent prévaloir, rien ne justifie l’assertion selon laquelle la légalisation du cannabis serait inéluctable !

Cannabis : un nouveau syndrome inquiète les médecins

Consommé quotidiennement, le cannabis provoque un désordre aigu et un nouveau syndrome qui demeure mystérieux pour la communauté médicale. Le « syndrome d’hyperémie cannabinoïde », ou CHS, devient surtout de plus en plus fréquent.

Cannabis : un nouveau syndrome inquiète les médecinsOPENRANGE/ISTOCK

 

De fortes nausées, des vomissements sévères et des douleurs abdominales épigastriques ou périombilicales, tels sont les symptômes du « syndrome d’hyperémie cannabinoïde » auquel des chercheurs américains se sont intéressé.

Les effets du cannabis sont paradoxaux : son usage médical vise à lutter contre les nausées et vomissements chez les cancéreux mais, consommé quotidiennement, il provoque un désordre aigu qui demeure mystérieux pour la communauté médicale.Une des problématiques réside dans le fait que les personnes ignorent totalement que ce syndrome peut survenir suite à une consommation quotidienne de cannabis.Il s’agit d’un syndrome aigu et récurrent qui semble de plus en plus fréquent. Les résultats de leur étude sont publiés dans la revue Basic and Clinical Pharmacology and Toxicology.

Le paradoxe de la marijuana

C’est en 2004 qu’on nomme pour la première fois ce syndrome aigu, dans le journal médical Gut, un journal officiel de la British Society of Gastroenterology. Les personnes qui en souffrent tentent de faire passer ces symptômes en prenant des douches ou des bains chauds.

Dans leur étude, les chercheurs ont observé 155 personnes qui se sont présentées aux urgences à New York et à qui on a diagnostiqué un CHS. Les résultats globaux de l’étude suggèrent qu’un tiers des personnes qui signale une forte consommation de marijuana souffre de symptômes du CHS. Cet état serait, par ailleurs, plus fréquent chez les 18-29 ans.

En extrapolant au nombre de consommateurs quotidiens de marijuana, les chercheurs estiment que 2 millions d’adultes américains pourraient être touchés par le syndrome : en 2014 aux Etats-Unis le nombre de personnes ayant souffert de symptômes du CHS serait estimé entre 2 130 000 et 3 380 000.

Quel traitement ?

En pratique, les chercheurs ont ensuite demandé aux malades d’évaluer onze méthodes permettant de soulager ces nausées / vomissements aigus, à l’aide de l’échelle de Likert (en 10 points : de « pas du tout utile » à « le plus utile ».  Ces méthodes comprenaient : douches chaudes, douches froides, air frais, médicaments antiémétiques, fumer de la marijuana, s’abstenir d’en fumer, augmenter la température ambiante, manger, boire de l’eau, fumer des cigarettes et dormir.

Cinquante et une personnes ont indiqué que les douches chaudes procuraient un soulagement efficace, soit 32,9%. La seule méthode réellement efficace à 100% est d’arrêter de fumer de la marijuana. Il n’y avait pas de différence selon le sexe, l’âge…

Une 2e étude est prévue

Les chercheurs précisent tout de même les nombreuses limites inhérentes à l’étude : on ne peut pas être sûr à 100% que les personnes interrogées au cours d’un questionnaire médical soient totalement honnêtes quant à leur consommation de cannabis.

Par ailleurs on ignore parfois leurs antécédents médicamenteux et toxicologiques, et donc les possibles médicaments auxquels pourraient être imputés les symptômes ou les possibles interaction avec l’alcool et d’autres toxiques.

Les chercheurs travaillent désormais sur une seconde étude visant à identifier des médicaments éventuellement responsables, car pour le moment seul l’arrêt ou la réduction de la consommation de cannabis parvient à faire disparaître les symptômes.

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Vulnérabilité à l’addiction : une mauvaise production des nouveaux neurones en cause

COMMUNIQUÉ | 07 MARS 2018 – PAR INSERM 

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Les comportements d’addiction aux drogues et la vulnérabilité aux rechutes seraient liés à l’aptitude de notre cerveau à produire de nouveaux neurones. C’est la conclusion de chercheurs de l’Inserm du Neurocentre Magendie de l’Université Bordeaux, obtenue après avoir observé le comportement de souris ayant appris à s’auto-administrer de la cocaïne. Leurs résultats, à paraître dans Molecular Psychiatry, mettent en évidence un lien entre production déficiente de nouveaux neurones dans l’hippocampe et dépendance aux drogues. 

Dans le cerveau, l’hippocampe est l’un des centres de la mémoire. Il comprend le gyrus dentelé, qui présente la particularité de produire de nouveaux neurones (neurogenèse) chez l’adulte. Une neurogenèse anormale est corrélée à de nombreux désordres neuropsychiatriques comme des troubles de la mémoire ou de l’humeur.

Bien qu’une relation entre neurogenèse erratique et addiction à la drogue ait déjà été soupçonnée, jusqu’à aujourd’hui aucune preuve scientifique concrète ne venait étayer cette hypothèse. Les équipes de recherche Inserm de Nora Abrous et de Pier-Vicenzo Piazza, du Neurocentre Magendie (Unité 1215) de l’Université de Bordeaux, se sont penchées sur le rôle de la neurogenèse dans la dépendance à la cocaïne.

Deux groupes de souris ont été comparés : un groupe sain et un groupe génétiquement modifié pour que la neurogenèse au niveau de l’hippocampe soit moindre. Les souris ont été entraînées à s’auto-administrer de la cocaïne en introduisant leur nez dans un trou, déclenchant ainsi la diffusion par voie intraveineuse de cocaïne dans leur sang. Le nombre d’actions à fournir pour obtenir une quantité similaire de drogue a ensuite été progressivement augmenté. Les chercheurs ont constaté que les souris transgéniques montraient une plus grande motivation (mesurée en nombre d’actions dans les trous) à « travailler » pour obtenir de la cocaïne.

Après plusieurs semaines de sevrage, les souris ont été de nouveau exposées à l’environnement dans lequel elles avaient appris à s’auto-administrer de la cocaïne. Les souris transgéniques ont alors montré une plus grande susceptibilité à la rechute en cherchant à nouveau à déclencher l’administration de la drogue.

La transition vers l’addiction est un processus associant l’exposition répétée à des stupéfiants et une vulnérabilité propre à chaque individu : en démontrant que la neurogenèse est un facteur clé dans la vulnérabilité à l’addiction, ces travaux offrent de nouvelles perspectives dans la compréhension de la fragilité individuelle face à la pharmacodépendance.

Ces recherches ouvrent également de nouvelles pistes pour la compréhension des conduites addictives chez les adolescents. « L’adolescence, période d’initiation à la consommation de drogues, est une étape de maturation du cerveau importante, caractérisée en particulier par une production de neurones extrêmement intense dans le gyrus dentelé »  précise Nora Abrous, chercheuse Inserm, qui avait déjà montré en 2002 l’impact négatif de la prise de drogues sur la production et la survie des nouveaux neurones de l’hippocampe. Elle ajoute que « la prise de drogue, en diminuant la production de ces neurones, rendraient les adolescents plus addicts et plus vulnérables à la rechute lors de tentatives de sevrage ».Dans ses prochains travaux, son équipe « cherchera à manipuler les nouveaux neurones à l’aide d’approches de pharmacogénétique, de façon à diminuer la motivation des souris pour la drogue et à bloquer les rechutes au cours du sevrage ».

Bachelot : « Réservez la consommation de vin, aux événements festifs

Bachelot : « Réservez la consommation d’alcool, et donc de vin, aux événements festifs sans jamais dépasser trois verres de vin » (LCI)

L’ORDONNANCE DE BACHELOT – Même si la consommation d’alcool a baissé dans notre pays, elle est à l’origine de problèmes graves chez 10% de la population française.

Louis Pasteur disait : « Le vin est la plus saine et la plus hygiénique des boissons ». Et selon le Dr Bertillon : « L’alcoolisme est tenu en échec par la consommation de vin ».

A 17 ans, 60 % des jeunes ont déjà été ivres alors que l’alcool est un facteur responsable ou aggravant de plus de 200 maladies. A noter que les ennuis de santé surgissent dès la consommation de treize grammes d’alcool, soit 1,3 verre de vin, par jour. Que faut-il donc faire pour préserver notre santé ?

Ce mardi 6 mars 2018, Roselyne Bachelot, dans sa chronique « L’ordonnance de Bachelot », nous parle de la consommation d’alcool.

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Le rapport annuel de l’OICS appelle les pays à traiter la toxicomanie comme une maladie

 HuffPost Maroc  |  Par Yasmine Bidar

Publication: 
DRUG ADDICT

DROGUES – À quelques semaines de la tenue de la session extraordinaire de l’Assemblée générale des Nations unies sur le problème mondial de la drogue, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) publie son rapport annuel qui examine la situation en matière de contrôle des drogues dans le monde. Cette année, l’OICS exhorte les États à davantage investir dans les services de traitement de la toxicomanie et de manière urgente.

Présenté ce jeudi 1er mars à Rabat par le professeur Jallal Toufiq, membre de l’OICS, le rapport attire l’attention sur le fait que les besoins de réadaptation dépassent largement la disponibilité des services correspondants. L’Organe, sous l’égide des Nations unies, dresse le constat suivant: dans le monde, seule une personne sur six nécessitant une prise en charge a accès à un programme de traitement de la toxicomanie. Et lorsque le traitement est disponible, il est souvent « de piètre qualité et ne peut-être dispensé conformément aux normes internationales », alerte l’OICS.

Lutter contre la discrimination des toxicomanes

Jallal Toufiq rappelle à cet égard, qu’il est primordial que le traitement de la toxicomanie soit considéré comme un droit à la santé, et souligne que la lutte contre l’abus de drogues ne sera efficace que par les deux approches suivantes: la prévention d’une part, et un investissement important dans les services de traitement de la toxicomanie et la réadaptation d’autre part.

Le professeur s’attarde également sur la stigmatisation et le rejet dont peuvent être victimes les personnes qui se droguent, partout dans le monde. Discriminer ces personnes compromet gravement leur chance d’accéder à des soins et traitements et influe sur leurs perspectives de réinsertion sociale. « Prenons l’exemple d’un jeune de Takkadoum à Rabat, qui se fait arrêter avec 2 grammes de cannabis dans la poche. Il va finir en prison, où il découvrira un univers nuisible, se radicalisera peut-être ou bien deviendra un délinquant à sa sortie et aura du mal à se réinsérer socialement », explique le professeur. « On va le punir au lieu de considérer son addiction comme une maladie et l’aider à s’en sortir en lui fournissant un accès à un traitement. On continue de croire que le problème de dépendance n’est pas une maladie mais un problème de déviance », poursuit-il avant d’ajouter qu’en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, l’absence de soins envers les personnes dépendantes présente une « situation très inquiétante ».

Une prise en charge à géographie variable

Des disparités se font en effet sentir entre pays à revenu faible et intermédiaire et pays développés, provoquant ainsi un déséquilibre mondial qu’il convient rééquilibrer en supprimant les obstacles juridiques et politiques qui empêchent d’accéder à des médicaments.

L’OICS rappelle ainsi aux États qu’ils ont l’obligation d’offrir des services de traitement aux personnes souffrant de troubles liés à l’usage de drogues et réaffirme que la légalisation du cannabis à usage non médical est incompatible avec les obligations incombant aux Etats, en vertu des traités internationaux relatifs au contrôle des drogues. Ainsi pour Werner Sipp, président de l’OICS, « il s’agit non pas d’obliger le monde à choisir entre une action antidrogue ‘militarisée’ et la légalisation de l’usage de drogues à des fins non thérapeutiques, mais plutôt de mettre la santé physique et morale au cœur d’une politique équilibrée en matière de drogues ».

L’Organe présente dans son rapport une série de recommandations pour aider les Etats à prendre des mesures efficaces face aux problématiques liées à la drogue, dans le plein respect des règles et des normes internationales relatives aux droits de l’Homme pour répondre aux objectifs de développement durable de l’ONU d’ici 2030.

D’autre part, on apprend dans le rapport que l’usage et la consommation de drogues ne cesse d’augmenter en Afrique, un continent qui demeure une région de transit essentielle pour le trafic mondial, notamment de cocaïne en provenance d’Amérique du Sud et à destination de l’Europe essentiellement.

Le Maroc, par ailleurs, conserve son statut de plus gros pays producteur de cannabis, drogue la plus consommée dans le pays et à l’échelle africaine.

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