Cannabis et sexualité, c’est pas le pied !

Un effet désinhibant, le cannabis ?

Pas seulement. L’addictologue Laurent Karila fait le point avec nous.

Cannabis et sexualité, c’est pas le pied !iStock
C’est en général un des attraits que lui trouvent des jeunes qui débutent dans leur sexualité : le cannabis, comme toutes les drogues en général, a au départ un effet désinhibant qui peut aider à lâcher prise… Mais attention, une consommation régulière n’est pas sans conséquence sur la vie sexuelle.

Un impact sur l’orgasme

« Le cannabis est de toute façon une substance qui, à terme, altère la libido et le désiraffirme Laurent Karila. Pour certains, les érections deviendront difficiles et pour d’autres, la lubrification sera moindre. D’où un réel malaise masculin, des douleurs chez la femme et un orgasme compliqué à atteindre pour les deux. »

Une prise de risques

« Perte de contrôle, absence de protection : les fumeurs de cannabis sont généralement dans un état euphorique ou sédaté et, dans le feu de l’action, oublient les règles élémentaires pour se préserver », insiste aussi Laurent Karila, soulignant le risque accru et avéré de grossesses non désirées et de contracter des infections sexuellement transmissibles (IST).

A découvrir également : Le cannabis à haute dose peut-il entraîner des problèmes sexuels ?

Une vie de couple plus difficile

Les consommateurs réguliers auraient aussi une vie de couple plus mouvementée, voire conflictuelle. « Un état de fait qui serait également lié à une consommation excessive d’alcool ou d’autres substances qui peuvent accompagner le cannabis », poursuit l’addictologue. Ce qu’une ancienne consommatrice comme Nathalie, 42 ans, infirme en partie : « Je n’ai jamais bu d’alcool, mais je me suis rendu compte que j’avais peur de faire l’amour sans avoir fumé, ce qui provoquait aussi de sacrées prises de tête et beaucoup de problèmes dans mon couple… »

Des conséquences sur la fertilité ?

« La recherche manque d’études probantes sur cette question, mais plusieurs études incriminent déjà le tabac comme facteur de risques pour la fertilité féminine et masculine », souligne Laurent Karila. A plus forte raison, le cannabis serait dans le collimateur, notamment en période de conception, car il pourrait modifier le profil génétique du sperme. Les hommes devraient donc s’éloigner du cannabis, au moins lorsqu’ils essaient d’avoir un enfant.

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Réduire l’obésité et la consommation d’alcool pour prévenir 30.000 cas de cancer du sein en 10 ans

« La consommation régulière d’alcool est le deuxième contributeur le plus important — 13% des cancers du sein de femmes pré-ménopausées et 6% des femmes post-ménopausées, ce qui représente 11.600 cas au cours des 10 prochaines années qui sont attribuables à la consommation régulière d’alcool. »

Des chercheurs australiens ont montré qu’en gardant un poids sain et en limitant sa consommation d’alcool à moins d’un verre par jour il était possible de prévenir des milliers de cancers du sein au cours des dix prochaines années.

Cette nouvelle étude, menée par des chercheurs de l’University of New South Wales, a pris en compte six études de cohortes australiennes comprenant 214.536 femmes au total. Elles visaient à voir si le changement de certaines habitudes quotidiennes pouvait permettre de prévenir des cas de cancer du sein chez les femmes avant et après la ménopause.

Leurs résultats, parus dans l’International Journal of Cancer, ont montré que chez les femmes en pré-ménopause, la consommation régulière d’alcool expliquerait 12,6% des cas de cancer du sein dans les dix prochaines années, et que le recours à un contraceptif oral pendant au moins cinq ans représentait 7,1% des cas. Ces facteurs combinés représenteraient 18,8% des futurs cas de cancer du sein. Chez les femmes en post-ménopause, le fait d’être en surpoids ou obèses expliquerait 12,8% des cancers du sein de la prochaine décennie, la consommation fréquente d’alcool 6,6% et la prise d’hormonothérapie (MHT) 6,9%. Ces trois facteurs combinés représenteraient 24,2% des futurs cas.

« Nous avons trouvé que les niveaux actuels de surpoids et d’obésité (définis par un indice de masse corporelle de 25 ou plus) sont responsables d’une plus vaste proportion de futurs cancers du sein évitables –plus précisément, 17.500 ou 13% des cancers du sein au cours de la prochaine décennie », a commenté l’auteur de l’étude le Dr. Maarit Laaksonen.

« La consommation régulière d’alcool est le deuxième contributeur le plus important — 13% des cancers du sein de femmes pré-ménopausées et 6% des femmes post-ménopausées, ce qui représente 11.600 cas au cours des 10 prochaines années qui sont attribuables à la consommation régulière d’alcool. »

Les chercheurs ont tenu à souligner le fait que cette étude était l’une des premières à montrer que la consommation fréquente d’alcool était une des principales causes modifiables de cancer du sein chez les femmes avant la ménopause. Bien que les recommandations australiennes actuelles préconisent de ne pas dépasser deux verres d’alcool par jour, l’étude a montré que le risque de cancer du sein augmentait en cas de consommation moyenne quotidienne d’un seul verre d’alcool.

Le Dr Laaksonen a aussi précisé que « nos résultats soutiennent les recommandations australiennes et internationales actuelles de ne recourir à l’hormonothérapie pendant la période la plus courte possible, et de n’y recourir que pour soulager les symptômes de ménopause et non pas pour prévenir les maladies chroniques. »

Elle a aussi ajouté que les femmes ne devaient pas interpréter ces résultats en pensant qu’il était nécessaire d’arrêter la prise de leur pilule contraceptive. « En ce qui concerne la contraception orale, il n’est pas recommandé que les femmes restreignent leur prise — le Cancer Council note qu’au cours de la vie d’une femme, l’effet de la prise d’un contraceptif oral est en fait protecteur contre le cancer, du fait qu’il offre une protection sur le long terme contre les cancers des ovaires et de l’endomètre, signifiant que les bienfaits potentiels, y compris les bienfaits reproductifs, viennent contrebalancer les méfaits. »

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Des scientifiques identifient des gènes liés à une consommation excessive d’alcool

  • Des scientifiques ont identifié 13 variantes génétiques indépendantes associées à la consommation d'alcool
Des scientifiques ont identifié 13 variantes génétiques indépendantes associées à la consommation d’alcooligorr1 / IStock.com
Publié le 
(Relaxnews) – Une vaste étude réalisée par des scientifiques de l’Université de Pennsylvanie aux Etats-Unis a identifié des variantes génétiques associées à une consommation excessive d’alcool ou à une dépendance à cette substance.

Menées auprès de 275.000 personnes, les recherches mettent en lumière 18 variantes génétiques qui pourraient être impliquées dans l’addiction à l’alcool. Les résultats, publiés cette semaine dans Nature Communications, suggèrent que, bien qu’une consommation excessive d’alcool soit une condition préalable à l’alcoolisme, la présence de ces variantes génétiques pourrait favoriser le développement de troubles liés à la consommation d’alcool.

« Le fait de se concentrer sur des variantes génétiques uniquement liées à l’alcoolisme peut aider à identifier les personnes à risque et à mettre au point des traitements ciblés. Il en va de même pour la consommation d’alcool, car ces variantes pourraient servir de base à des interventions visant à réduire la consommation chez les buveurs excessifs, qui sont confrontés à leurs propres effets indésirables », considère Henry R. Kranzler, professeur de psychiatrie à l’Université de Pennsylvanie et auteur principal de l’étude.

Pour réaliser ces recherches, l’équipe du Dr Kranzler a utilisé les données génétiques du Programme multiethnique du million d’anciens combattants (MVP), une recherche américaine qui comprend des participants blancs, afro-américains, latinos et asiatiques.

Des tests d’identification des troubles liés à la consommation d’alcool ont été réalisés chez les participants de l’étude. Les chercheurs ont également analysé d’autres données extraites des dossiers de santé des participants afin d’établir des corrélations entre les gènes et les maladies, ainsi que d’autres caractéristiques non liées à l’alcool.

Les chercheurs ont identifié 13 variantes génétiques indépendantes associées à la consommation d’alcool, dont huit qui n’avaient jamais été signalées auparavant. L’addiction à l’alcool a notamment été corrélée à une intelligence plus faible et une probabilité moins forte d’arrêter de fumer, ainsi qu’à un risque accru d’insomnie et de la plupart des troubles psychiatriques.

« Ces résultats soulignent la nécessité d’identifier à l’avenir les effets des variantes de risque, en particulier lorsqu’elles divergent par caractéristiques, afin de mieux les comprendre et les traiter », estiment les auteurs.

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Françoise Gaudel, présidente de France Patients Experts Addictions

L’association “France Patients Experts Addiction” vient de se choisir une nouvelle présidente, et c’est une personnalité bien connue du sevrage tabagique : Françoise Gaudel, créatrice du groupe “Je ne fume plus !” sur Facebook. Elle nous détaille les objectifs de cette association.

Patients experts, vers la reconnaissance

France Patients Experts Addictions est une association fondée début 2019. “Elle regroupe une grande partie des représentants d’associations de patients experts”explique Françoise Gaudel, qui en a été élue présidente mercredi soir.

“Le but est de regrouper les patients experts de toutes les addictions, tabac, alcool, drogues, jeu, nourriture… au sein d’une association qui vise à mettre en avant le rôle de patient expert. Ce sont des acteurs de santé publique qui ont de réelles compétences, et l’un de nos objectifs est de définir et de valider leurs missions.”

Certification “patient expert”: première journée de formation dans les locaux du Fonds Actions Addictions à Paris.

“Pour cela, nous mettons en place une certification de l’activité patient expert, qui va être déposée auprès de France Compétences.” explique Françoise.

Mais qu’est-ce que c’est qu’un patient expert “C’est quelqu’un qui a un parcours propre de sevrage d’une addiction et une expérience dans l’aide apportée aux autres. Cela peut aussi inclure de la formation”.

Une certification professionnelle

Tout ceci a pour objectif de permettre aux patients experts de déployer leur savoir-faire dans un cadre défini, apportant des garanties aux patients. “C’est une certification professionnelle” explique Françoise. “Il y a deux temps dans la certification, un temps formation et un autre destiné à la validation des acquis de l’expérience”.

Le tout est reconnu par un diplôme. “Avoir quitté son addiction ne suffit pas » précise Françoise « il faut pouvoir justifier d’un parcours personnel dans son addiction, puis d’un parcours d’aide aux autres et/ou de formation”. A la fin, le candidat passe devant un jury composé de professionnels et d’associatifs venus de tous les horizons de l’addictologie.

“Il y a un certain nombre de compétences à valider, si elles ne le sont pas toutes, il peut y avoir des préconisations de formation ou d’expérience complémentaire afin d’acquérir les connaissances manquantes”.

Cette certification professionnelle présente un nombre certains d’avantages. Permettre aux patients experts eux-mêmes de pouvoir en faire un métier, “avec une certification professionnelle reconnue” précise la présidente, et offrir aux personnes en sevrage la certitude que son interlocuteur est qualifié, et qu’il a un parcours qui lui a apporté les compétences nécessaires.

Accompagner et aider

Un deuxième grand projet, la création d’un espace d’aide et d’accompagnement autour de l’appui à la sortie de l’addiction.

“Il y a un forum” explique Françoise, “la plate-forme Addictaide, où les visiteurs pourront dialoguer avec des patients experts et se faire accompagner. Il y a des topics selon les addictions, alcool, cannabis, jeu, tabac, etc. où des patients experts dialoguent avec des usagers pour les conseiller et les soutenir.”

Le fait que le tabagisme rejoigne les autres addictions au sein de cette association, c’est un symbole fort ? “Oui, ça inscrit les fumeurs dans un cadre plus large. Nous allons pouvoir échanger avec des spécialistes d’autres addictions, et nous enrichir mutuellement. Le tabagisme est un maillon, pas à côté, mais en complément des autres. C’est une brique qui a du sens”.

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Au Colorado, les aliments au cannabis envoient du monde aux urgences

Les innombrables aliments qui contiennent du THC deviennent l’une des causes croissantes des visites à l’hôpital pour les consommateurs de cannabis.

NASTASIC VIA GETTY IMAGES
Les cookies au cannabis figurent parmi les premiers modes d’administration du cannabis comestible.

SANTÉ – Le nombre de visites aux urgences dues au cannabis dans un hôpital du premier État américain à avoir complètement légalisé cette drogue a triplé en quelques années, selon une étude qui avertit surtout des dangers des aliments infusés au cannabis.

L’expérience du Colorado avec le cannabis, autorisé pour usage récréatif en 2014, est la plus ancienne des États-Unis, ce qui rend l’étude publiée, ce lundi 26 mars, dans les Annales de Médecine interne particulièrement intéressante. Le cannabis thérapeutique est légal dans 34 des 50 États américains, et l’usage récréatif l’est dans 10 États.

Les chercheurs ont analysé un demi-million de passages aux urgences de l’hôpital de l’Université du Colorado à Aurora de 2012 à 2016, dont environ 2500 ont été au moins partiellement attribués à la consommation de cannabis.

Cookies et bonbons

Chaque année, le nombre de visites dues à la marijuana a augmenté, passant de moins de 250 en 2012 à plus de 750 en 2016. Plus de 90% de ces visites étaient dues à l’inhalation, le reste étant pour du cannabis comestible, dans des cookies, des bonbons ou l’un des innombrables aliments dans lesquels les fabricants infusent du THC (tétrahydrocannabinol), la principale substance psychotrope de la plante.

En soi, le triplement du nombre de visites n’étonne pas Andrew Monte, professeur de médecine urgentiste et auteur principal. « Dès qu’il y a un nouveau médicament dans une communauté, il y a plus de visites aux urgences liées à lui », dit le docteur à l’AFP, par exemple des médicaments contre la tension artérielle.

En revanche, s’alarme-t-il, la proportion de visites dues au cannabis ingéré était bien supérieure à sa « part de marché ». Dans le Colorado le cannabis comestible ne représente que 0,3% du poids de THC vendu, à comparer aux 10% des admissions aux urgences.

Des effets peu prévisibles

« Il existe une naïveté à l’égard du cannabis comestible, dit Andrew Monte. Le phénomène comestible est connu des médecins urgentistes depuis longtemps, mais aucune donnée n’existait jusqu’à notre étude ». « Malheureusement, les effets du cannabis comestible sont beaucoup moins prévisibles et plus longs », ajoute-t-il. « Les gens ne s’attendent pas à ce que cela déclenche anxiété ou psychose« .

Le cannabis inhalé agit en moins de dix minutes, atteint un pic de concentration dans le sang en 30 à 90 minutes et est évacué en quatre heures. Par ingestion, le pic prend trois heures, et le THC reste dans l’organisme jusqu’à 12 heures après ingestion. Cette lenteur peut conduire des consommateurs néophytes à manger trop, trop vite, provoquant intoxication et parfois des symptômes psychiatriques aigus.

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Alcool et santé : améliorer les connaissances et réduire les risques

« Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours », cette formule résume les nouveaux repères de consommation d’alcool élaborés dans le cadre des travaux d’expertise de Santé publique France et de l’INCa.

Aujourd’hui, les données du Bulletin épidémiologique hebdomadaire montrent que les Français sont loin de respecter ces repères. Du 26 mars au 14 avril 2019, le Ministère des solidarités et de la santé et Santé publique France lancent une campagne d’information pour rappeler à chacun que toute consommation d’alcool comporte des risques, et promouvoir les nouveaux repères.

Un nouvel outil est également mis à la disposition de tous sur le site alcool-info-service.fr pour évaluer sa consommation et faire le point sur les risques encourus.

La réduction des risques au CŒUR de la stratégie de Santé publique France

Contrairement aux idées reçues, les risques pour la santé d’une consommation d’alcool existent dès le premier verre quotidien. La consommation d’alcool est à l’origine de nombreuses maladies (hémorragie cérébrale, cancers, hypertension…) et constitue aujourd’hui une des principales causes de mortalité évitable avec 41 000 décès attribuables par an.
Santé publique France et l’Institut National du Cancer ont mené un travail d’expertise scientifique qui a permis de fixer de nouveaux repères de consommation à moindre risque si l’on consomme de l’alcool.

Les nouveaux repères de consommation d’alcool

  • maximum 10 verres par semaine,
  • maximum 2 verres par jour,
  • des jours dans la semaine sans consommation.

En résumé : 
« Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours ».

« Notre objectif est de permettre aux Français de faire le choix éclairé d’une consommation à moindre risque pour leur santé. Sans nier la dimension ‘‘plaisir’’ qui peut être associée à la consommation d’alcool, cela nécessite de faire connaître les risques associés à l’alcool, de diffuser auprès de tous les nouveaux repères de consommation et d’inviter les Français à réfléchir sur leur consommation. », souligne François Bourdillon, Directeur général.

24 % des Français dépassent les repères de consommation d’alcool

Les résultats du Baromètre de Santé publique France 20172, publiés dans le BEH thématique alcool d’aujourd’hui, montrent que :

  • Près d’un quart des Français de 18 à 75 ans dépasse au moins l’un des 3 repères,
  • les hommes sont davantage concernés par ce dépassement (33%) que les femmes (14%)
  • les plus jeunes consomment plus intensément que les plus âgés, dont la consommation est plus régulière.

Une nouvelle campagne sur les risques liés à l’alcool et les nouveaux repères

La nouvelle campagne de Santé publique France est construite autour des risques méconnus(hémorragie cérébrale, cancers, hypertension…) associés à la consommation d’alcool, et des repères de consommation à moindre risque.

Dans le spot destiné à la télévision « pas d’accident de voiture », « personne ne se réveille à côté d’un sombre inconnu », mais la voix off précise « qu’il n’est pas nécessaire d’en arriver là pour que l’alcool fasse des ravages : au-delà de 2 verres par jour vous augmentez vos risques d’hémorragie cérébrale, de cancers et d’hypertension ». Le spot s’achève sur le slogan de la campagne :

« Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour. Et pas tous les jours ».

Le spot est diffusé du 26 mars au 14 avril sur les chaines nationales et d’Outre-Mer, sur les plateformes de vidéo en ligne et sur les réseaux sociaux. Le dispositif est complété par des chroniques radio, des publi-rédactionnels, une campagne digitale et la diffusion de vidéos dans les salles d’attente des hôpitaux ou maisons de santé.

Un outil pour évaluer sa consommation et les risques encourus

Santé publique France a mis au point un nouvel alcoomètre qui permet, à partir de quelques questions, d’évaluer sa consommation hebdomadaire d’alcool au regard des nouveaux repères et d’estimer les risques liés à cette consommation. Il est disponible depuis la page d’accueil du site www.alcool-info-service.fr qui propose également des informations, des espaces d’échanges et des services d’aide à distance.

Pour en savoir plus :www.alcoometre.fr

www.alcool-info-service.fr

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Cannabis : combien de schizophrénies pourraient être évitées ?

Le lien entre consommation de cannabis et psychose est aujourd’hui bien établi. Un effet-dose a d’ailleurs été mis en évidence, le cannabis fortement concentré étant à l’origine d’un risque encore plus important (voir Cannabis et psychose : une question de dose). Cependant la responsabilité du cannabis dans l’incidence de la psychose est mal connue. Afin de déterminer la part des premiers épisodes psychotiques attribuables au cannabis, les auteurs d’une étude épidémiologique publiée dans le Lancet ont comparé 901 cas à 1 237 contrôles interrogés dans 17 centres répartis dans toute l’Europe (et au Brésil) entre 2010 et 2015.
Comparés aux contrôles, les sujets ayant présenté un premier épisode psychotique étaient plus souvent des hommes, ils étaient plus jeunes, généralement issus de minorités ethniques et avaient un niveau d’étude plus bas. La consommation quotidienne de cannabis entraînait une multiplication par 3,2 (intervalle de confiance à 95 % IC95 : 2,2-4,1) du risque de premier épisode psychotique, alors que la consommation quotidienne de cannabis fortement concentré (THC ≥ 10 %) entraînait une multiplication par 4,8 de ce risque comparé aux personnes n’en ayant jamais consommé. Ces résultats étaient ajustés sur l’âge, le genre, l’origine ethnique, le niveau d’éducation, le statut professionnel, et la consommation d’autres substances.

Environ 20 % de cas attribuables au cannabis

En posant comme postulat un lien causal entre consommation de cannabis et premier épisode psychotique, et en utilisant la prévalence de la consommation de cannabis, on peut ainsi estimer que 20,4 % des premiers épisodes psychotiques étaient attribuables à la consommation quotidienne de cannabis (IC95 : 17,6-22,0 %) sur l’ensemble des sites. L’utilisation de cannabis à forte teneur en THC expliquait quant à elle 12,2 % des cas.
Cet effet variait fortement en fonction des sites. A Amsterdam où 13,1 % des contrôles et 51 % des cas consommaient quotidiennement du cannabis et où le cannabis concentré est largement répandu (53 % des contrôles en ayant déjà consommé), 43,8 % des premiers épisodes psychotiques pouvaient être attribués à la consommation quotidienne de cannabis (IC95 : 34,0-64,1 %), et 50,3 % à l’utilisation de cannabis contenant plus de 10 % de THC (IC95 : 27,4-66,0). En revanche, dans le Puy-de-Dôme, où seuls 6 % des contrôles consomment du cannabis tous les jours, et où le cannabis fortement concentré est rare (3,7 % des contrôles en ont déjà fumé), seuls 1,2 % des nouveaux cas sont attribuables à une consommation quotidienne, et l’effet n’est pas significatif.
A Paris enfin, 20,8 % des nouveaux cas de troubles psychotiques sont attribuables à la consommation quotidienne de cannabis (IC95 13,5-36,1 %) et 18,9 % à la disponibilité du cannabis concentré (IC95 : 14,6-36,0).

Il y aurait deux fois moins d’entrées dans la psychose à Amsterdam sans cannabis concentré

Plus globalement, il semblait bien exister une corrélation significative entre la consommation quotidienne de cannabis ou l’utilisation de cannabis fortement concentré, et le taux d’incidence de premiers épisodes psychotiques (p = 0,0109 et p = 0,0286). Ainsi à Londres (où 11,7 % des contrôles consomment quotidiennement, et où 26 % des contrôles ont déjà fumé du cannabis à plus de 10 % de THC) l’incidence est de 45,7 cas pour 100 0000 habitants, contre 21 cas pour 100 000 habitants à Bologne (où seuls 4,6 % des contrôles sont consommateurs et 8,7 % de contrôles ont déjà consommé du cannabis fort).
Les auteurs insistent sur l’impact de la disponibilité du cannabis contenant plus de 10 % de THC. Ils estiment ainsi que sa disparition ferait passer l’incidence des premiers épisodes psychotiques de 37,9 à 18,8 cas pour 100 000 habitants dans la ville d’Amsterdam.

Quels messages retenir ?

Les messages de santé publique sur le cannabis sont très peu audibles. Les médecins et la population en connaissent mal les dangers, qui sont souvent sous-estimés ou mal compris. Cette étude souffre bien entendu des limites inhérentes aux évaluations rétrospectives, mais il s’agit néanmoins à ce jour de l’estimation la plus précise disponible de l’impact du cannabis sur la population eu égard au risque de schizophrénie.Elle devrait permettre de clarifier nos connaissances sur le sujet, et donner un caractère plus percutant aux efforts de communication en la matière.

Le cannabis, en particulier lorsqu’il est à plus de 10 % de THC et qu’il est consommé tous les jours a un impact majeur sur le nombre de premiers épisodes psychotiques. Il est très probable que la diminution de sa consommation permettrait de limiter l’incidence et la prévalence de la schizophrénie, en même temps qu’elle en réduirait la sévérité et la résistance thérapeutique. Un effort doit également être fait pour limiter l’accès aux formes de cannabis les plus fortes. Cependant, l’interdiction de la consommation et de la vente de cannabis rend aujourd’hui impossible la régulation de la teneur en THC, comme on le fait par exemple pour le degré d’alcool, qui est strictement contrôlé.

Dr Alexandre Haroche

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