Cirrhose: quand l’alcool détruit le foie

INFOGRAPHIE – Une consommation excessive et régulière d’alcool produit une inflammation chronique du foie qui conduit à la destruction de l’organe. D’autres facteurs peuvent aussi entrer en jeu.

«La mortalité liée aux maladies du foie est légèrement en baisse en France», indique le Pr Éric Nguyen-Khac, responsable du service d’hépato-gastro-entérologie du CHU d’Amiens. «La première cause de maladie du foie reste très majoritairement l’alcool, responsable de plus de 70 % des cas de cirrhose». Une consommation excessive et régulière d’alcool produit une inflammation chronique du foie qui conduit à la formation de tissu fibreux, c’est la cirrhose.

Environ 200.000 personnes en sont atteintes en France, dont un tiers à un stade avancé, responsable de 10.000 à 15.000 décès par an. Les cirrhoses et leurs complications suivent naturellement la courbe de consommation d’alcool, en baisse constante dans notre pays depuis la Seconde Guerre mondiale. Au Royaume-Uni, passé d’une consommation copieuse de bière peu alcoolisée à la consommation régulière d’alcool fort, les maladies du foie sont en hausse constante.

En parallèle, les progrès majeurs réalisés dans la prise en charge des hépatites virales ont permis, dans certains pays, d’en réduire largement le poids sur la mortalité hépatique.

Une importante étude publiée en septembre dernier par l’European Association for the Study of the Liver (EASL) dresse ainsi un portrait en évolution de la santé de nos foies, analyse l’influence des différents facteurs de risque de cirrhose et pose la question des interventions utiles pour leur prévention. Elle dessine également, en filigrane, l’influence potentielle d’un autre facteur de risque, en hausse sensible dans certaines régions d’Europe: l’obésité et le syndrome métabolique qui l’accompagne.

A quoi est due la cirrhose?

La cirrhose est la conséquence attendue du stress inflammatoire répété que divers agresseurs font subir au foie, principalement virus, alcool et syndrome métabolique. Alcool et syndrome métabolique conduisent à l’accumulation de graisses dans le foie, c’est la stéatose hépatique.

Ce «foie gras» s’accompagne d’un état inflammatoire qui agit principalement sur les vaisseaux sanguins du foie, qui s’obstruent puis se nécrosent, isolant des groupes de cellules hépatiques qui meurent et laissent à leur place un tissu fibreux non fonctionnel. De nouvelles cellules hépatiques peuvent se former autour de ce tissu cicatriciel, mais elles se regroupent en nodules répartis de manière anarchique dans l’organe, dont l’efficacité se trouve ainsi réduite. Les vaisseaux biliaires étant également affectés, c’est l’ensemble de la circulation hépatique qui est amoindrie, provoquant une accumulation de fluides dans le foie et parfois dans l’abdomen.

Des facteurs génétiques semblent par ailleurs jouer sur l’évolution de la maladie: 10 à 20 % des personnes atteintes d’un «foie gras» seront atteintes de cirrhose et, parmi celles-ci, environ 30 % seront finalement atteintes d’un cancer du foie.

La cirrhose est diagnostiquée autour de l’âge de 50 ans, soit parce qu’elle se révèle par l’une de ses complications (hémorragies digestives, ascite, cancer…) ou de manière fortuite

Ce processus se produit après quinze ou vingt ans d’exposition régulière à un virus hépatique (B et C), à une consommation excessive et régulière d’alcool ou à une obésité (notamment lorsqu’elle affecte le tour de taille).

La cirrhose est la maladie du «bon vivant» avec un effet synergique des facteurs de risque. L’étude de l’EASL montre ainsi que, pour un indice de masse corporelle supérieur à 35, deux verres d’alcool en valent quatre pour le foie. La cirrhose est donc diagnostiquée autour de l’âge de 50 ans, soit parce qu’elle se révèle par l’une de ses complications (hémorragies digestives, hypertension portale, ascite, encéphalopathie hépatique, cancer…), soit de manière fortuite lors d’un examen lié à ses facteurs de risque.

Revenir à une fonction «presque normale»

«Si la cirrhose est déjà présente, les cicatrices ne disparaissent pas, souligne le Pr Romain Moirand, hépato-gastro-entérologue et responsable de l’unité d’addictologie du CHU de Rennes. Lorsqu’elle est récente, le foie peut cependant récupérer une fonction presque normale.»

Dans tous les cas, il n’existe pas de traitement de la cirrhose et l’objectif de la prise en charge vise à stabiliser la dégradation pour donner une chance au foie de produire de nouvelles cellules hépatiques assez bien organisées pour être fonctionnelles. Plus la cirrhose est dépistée tôt, plus l’intervention est efficace. La question d’un dépistage systématique se pose donc aujourd’hui.

L’alcool reste alors la première cible, d’autant qu’une consommation excessive d’alcool n’est pas forcément synonyme d’alcoolisme qui modifierait le comportement. Deux demis de bière le soir et un verre de vin à midi s’accumulent vite pour constituer 21 unités d’alcool par semaine, une quantité très importante, largement plus que suffisante pour favoriser la cirrhose. Les patients trouvent d’ailleurs souvent plus facile d’agir sur leur ingestion d’alcool – dont ils n’avaient pas toujours conscience – que sur leur poids, bien difficile à perdre après 50 ans!


Protéger le foie du gras et du sucre

Le foie est un élément essentiel de la digestion, responsable de nombreuses fonctions vitales de transformation des aliments. Il transforme, stocke et répartit les nutriments issus de la digestion vers les diverses cellules de l’organisme, il produit la plupart des protéines du sang ainsi que la bile et dégrade de nombreuses substances toxiques. Il est ainsi au cœur du métabolisme de l’alcool, des lipides et des sucres qui tous, s’ils sont apportés en excès, modifient l’ensemble des processus métaboliques de l’organisme.

Si ces excès se prolongent, le foie stocke majoritairement des lipides qui «étouffent» les cellules hépatiques et devient véritablement un «foie gras»: la stéatose hépatique, pathologique chez l’humain. Dans le même temps, de nombreuses molécules inflammatoires sont produites dans le foie mais également dans d’autres organes, avec des effets délétères sur l’ensemble de l’organisme.

Si les cas de cirrhose sont encore largement liés à l’alcool en Europe ou aux hépatites virales pour la planète, elles semblent être de plus en plus liées au syndrome métabolique en Amérique du Nord

Ce syndrome métabolique est de plus en plus fréquent, largement lié à l’épidémie d’obésité qui sévit dans le monde entier. Lorsque le foie reste gras trop longtemps, il peut évoluer vers une cirrhose. Si les cas de cirrhose sont encore largement liés à l’alcool en Europe ou aux hépatites virales pour l’ensemble de la planète, elles semblent cependant trouver de plus en plus être liées au syndrome métabolique en Amérique du Nord.

L’étude HEPAHEALTH de l’EASL, publiée en 2018, donne une prévalence de 23,71 % de stéatose hépatique non alcoolique en Europe, qui ont représenté 12 % des causes de greffes de foie – seul traitement de la cirrhose – entre 1988 et 2016. S’il ne faut pas parler de maladie du soda en France – la consommation n’atteint pas celle des États-Unis où l’ajout de fructose modifié semble être particulièrement en cause -, l’alimentation inadaptée et le manque d’exercice physique sont bien au cœur d’une probable augmentation des cirrhoses non alcooliques et des cancers hépatiques. À l’image des oies et canards sauvages, faudra-t-il, prescrire de longues migrations aux humains pour qu’ils éliminent eux aussi leur foie gras?


Les cirrhoses liées aux virus hépatiques, bientôt une histoire ancienne?

«La proportion de cirrhoses liées à l’alcool reste élevée en France en partie parce que les cirrhoses virales leur laissent peu à peu la place», souligne le Pr Romain Moirand, hépato-gastro-entérologue et responsable de l’unité d’addictologie du CHU de Rennes. L’exposition de longue durée aux virus de l’hépatite B et C peut provoquer un stress hépatique responsable, au bout de quinze à vingt ans, d’une cirrhose semblable à celle que provoque l’alcool. Il existe désormais un vaccin et des traitements permettant de contrôler l’hépatite B, ainsi que de nouveaux médicaments permettant d’envisager une éradication de l’hépatite C à moyen terme, ce qui élimine le risque de cirrhose virale. Comme souvent, ces traitements sont essentiellement disponibles dans les pays où la couverture médicale est satisfaisante…

Source : Le Figaro

Publicités

Les Français et l’alcool

C’est sûr que les Français ont un problème avec l’alcool puisqu’on sait déjà qu’il y a 9 millions de Français qui boivent régulièrement, c’est-à-dire au moins 3 fois par semaine ». Le constat dressé par Eve Roger, cheffe du service « Société » d’Europe 1, est sans appel.

Dr Laurent Karila : « On ne fait pas assez de prévention sur les méfaits de la cocaïne »

Le Dr Laurent Karila.

Le Dr Laurent Karila. / SOS ADDICTION

La Croix : Quels sont les effets de la cocaïne sur l’organisme ?

L. K. : C’est une drogue stimulante qui entraîne un phénomène d’euphorie, de bien-être, de toute puissance. Vos pensées vont vite, très vite… C’est d’ailleurs ce qui fait que les consommateurs y reviennent. Voilà pour le premier effet. Vient ensuite la « descente » : une grosse demi-heure après la prise, le consommateur devient soudain très fatigué, triste, irritable. Il se met à fonctionner au ralenti. La tentation, du coup, c’est de reprendre un trait.

Certains disent pouvoir « gérer » leur consommation, sans être dépendant. Qu’en est-il ?

L. K. : Parmi les drogues les plus addictives, on trouve d’abord le tabac, l’héroïne, puis la cocaïne et enfin l’alcool. La cocaïne a donc, c’est indéniable, un potentiel psychoactif moins fort que le tabac ou l’héroïne en termes d’addiction, mais elle arrive quand même juste derrière ! On ne peut donc pas dire qu’elle ne rend pas dépendant. Après, cela n’a pas vraiment de sens de parler en soi du potentiel d’accroche d’un produit, il diffère tellement entre deux personnes.

Nous ne sommes donc pas égaux face au risque de dépendance…

L. K. : Non, l’impact de la cocaïne sur le cerveau n’a rien à voir d’un individu à l’autre. En fait, l’installation de l’addiction dépend de divers paramètres. Ils sont d’abord d’ordre psychologique : certains individus présentent une tendance plus marquée que d’autres à la dépression, aux troubles anxieux… Viennent ensuite les facteurs environnementaux : le stress au quotidien, le cadre dans lequel on a consommé la première, le fait d’être entouré ou non de consommateurs. Reste enfin, le terrain génétique, important lui aussi.

Croire qu’on saura « gérer » sa consommation de cocaïne au motif que d’autres y arrivent est donc infondé ?

L. K. : Absolument. Je ne crois pas à la consommation « contrôlée ». Le plus souvent, la dépendance s’installe sournoisement. Au bout d’un an ou deux de consommation, des troubles cognitifs apparaissent : troubles de la mémoire, de l’attention. Mais c’est surtout une drogue très cardiotoxique. Elle est vasoconstrictrice et le risque, au moment d’une prise, c’est qu’une artère se trouve serrée trop fort et qu’une partie de l’organisme ne soit plus irriguée.

Une étude a récemment montré que, après un trait, un cocaïnomane a un risque 24 fois plus élevé que la moyenne de faire un infarctus dans l’heure qui suit. Et ce, qu’il s’agisse du millième trait ou du tout premier, c’est totalement aléatoire.

À quelle condition un sevrage peut-il réussir ?

L. K. : Le sevrage, qui est la première étape du soin, dure environ trois semaines. Concernant la cocaïne, les symptômes de manque physiques s’atténuent rapidement. Ce qui fait rechuter, c’est l’envie psychologique de consommer. Et cette envie peut être stimulée par différents signaux : le fait d’en voir à la télé, de réentendre une musique qui évoque une période de consommation ou, tout simplement, le fait d’être confronté aux objets utilisés lors des prises. Je me souviens d’un patient qui pilait sa cocaïne avec son titre de transport en commun et le plus compliqué pour lui, c’était de l’utiliser au quotidien sans que cela déclenche l’envie de consommer.

Vos patients arrivent-ils à vraiment décrocher ?

L. K. : Il n’y a pas de règles. Pour que ça marche, il faut qu’ils soient motivés et qu’un bilan médical poussé – physique et psychologique – ait été mené pour savoir sur quels paramètres jouer. On couple ensuite les traitements médicamenteux avec une psychothérapie comportementale. Tout l’enjeu est d’aider les patients à réagir autrement à leurs envies, à éviter les situations à risques. Le plus dur, c’est de garder la volonté d’arrêter.

Alerte-t-on assez, selon vous, sur les méfaits de cette drogue ?

L. K. : Clairement pas ! Les autorités insistent avant tout sur ceux du tabac et de l’alcool et elles ont raison puisqu’ils font, à eux deux, 130 000 victimes par an. On parle de plus en plus du cannabis, mais on fait trop peu sur la cocaïne. À tort, car c’est vraiment en train de devenir une drogue problématique.

Recueilli par Marie Boëton

Paris Match Rubrique « votre Santé » « Le cannabis »

Paris Match (17 au  23 janvier 2019- page 102)

Une anthologie de la désinformation, de la rouerie, de la manipulation des faits et des esprits.

Professeur Jean Costentin

Sur seulement un sixième de page, se présentant comme une question « < LE CANNABIS – Contre la psychose ? », un hymne est entonné à la gloire du cannabidiol (CBD). Il s’agit de l’un des 200 constituants de la famille chimique des cannabinoïdes que recèle le chanvre indien, dont la concentration vient juste derrière celle du tétrahydrocannabinol (THC).

L’auteur de ce billet oublie de rappeler que le THC est rendu responsable de la schizophrénie (la folie au sens commun de ce terme). Il ne voudrait surtout pas dévaloriser le cannabis, en un temps où d’aucuns veulent le légaliser, après la large dépénalisation que sa consommation (infliction d’une simple amende de 200 euros ; en solde de tout compte,  sans trace pour ignorer les récidives).

Chimiquement très voisin, du CBD,  le THC se forme à partir de ce premier au contact de l’acidité extrême du liquide gastrique) ; ce THC  est  seulement qualifié ici  de « drogue douce addictive ».

Ce billet vise à restituer une publication (sans titre, sans nom de la revue, sans date, ni désignation d’au moins un de ses auteurs). Il n’est pas signé, forme de journalisme avec port de gants (pour ne pas laisser de traces) et de masque (pour n’être pas reconnu).

Alors qu’il s’agit d’une molécule précise, le CBD,  ce billet est illustré par une photographie de marijuana…

Il fait état d’essais sur des sujets à hauts risques de psychose. Sont ils ou deviendront-ils psychotiques ? Il vaudrait mieux qu’ils le soient pour constater une efficacité sur le trouble déclaré.  Sur les 19 sujets traités par le CBD  vs. 17 autres sous placebo, est rapportée une normalisation de l’IRM fonctionnelle dans 3 zones cérébrales affectées par le processus psychotique.  Ainsi présenté cela correspondrait à 100% d’efficacité. C’est si beau qu’il va falloir lire sans délai cet article scientifique, mais comment le  trouver?

Ce même Paris Match  avait, en novembre 2013, chanté sur 4 pleines pages, sous la plume de R. Zarzavatdjian, les effets thérapeutiques du cannabis.  Après que je lui eus, à sa demande, communiqué la longue liste des arguments contraires en citant les avis des académies nationales de Médecine et de Pharmacie, il n’en a retenu aucun.

Ce n’était pas le moment d’invoquer le principe de précaution, alors que des  producteurs étaient prêts à en faire un médicament pour tout et donc  pour tous. Mais ils ont été ensevelis par une avalanche de données scientifiques convergentes qui invalidaient complètement le THC.

Tout cet investissement pour rien ? Toutes ces serres  pour la culture du cannabis devenant inutiles ?  Toutes ces filières prêtes pour son négoce, stérilisées ? Pas question !  A capitalistes  géniaux rien d’impossible ; ils ont recyclé aussitôt leurs espoirs du THC en ceux du CBD, aidés par le développement de cultivars pauvres en THC et riches en CBD. Et d’emboucher alors les trompettes de cette nouvelle renommée du CBD ; trompettes (à mon avis) bien mal embouchées. Leurs échos ont été largement relayés  par des médias dont le discrédit ambiant devrait s’aggraver en raison de la perception de leurs roueries et manipulations des faits et des esprits.

Pour conclure, le pharmacologue, plus que quiconque sans doute, est ouvert à toutes recherches susceptibles  de déboucher sur des innovations thérapeutiques, surtout en des domaines où la pharmacopée est démunie de médicaments efficaces. Il est par contre fermé aux manipulations et anticipations hasardeuses, qui font naître des espoirs à des stades beaucoup trop préliminaires, qui jouent de la crédulité publique et qui sont émises de façon subliminale, mais souvent  sans pudeur, au service d’une légalisation du cannabis. Tout porte pourtant à croire qu’elle ne tarderait pas à dépasser les dramatiques conséquences que l’on attribue au tabac et à l’alcool (respectivement 49.000 et 79.000 décès annuels en France).

Une nouvelle mise en garde

cnpert ouest_france_angers_23_janv_2019Notre collègue, le professeur Jean-Pierre Pujol, membre du CNPERT, vient de publier un article précisant les  risques qu’entraîne la consommation de cannabis par les jeunes et alerte l’opinion sur la gravité de l’explosion des addictions qui peut en résulter

Paru dans le journal Ouest France, c’est avec son autorisation que nous portons son témoignage à la connaissance de nos lecteurs.

Il est clair et sans équivoque: il appelle à la mise en place d’un plan national d’envergure pour alerter ceux et celles qui ne le seraient pas sur les dangers encourus

Cliquez ici pour télécharger l’article                                                                                                                                    Jean Paul Tillement

 

Editorial : des décisions nouvelles

Le Président Nicolas Prisse et l’équipe de la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les Conduites Addictives (MILDECA) ont présenté récemment le Plan National de mobilisation contre les addictions. Sa gestation a été difficile, semé de controverse, il est maintenant officiel et opérationnel : c’est une base solide de réflexion et d’action

C’est un document dense, très étayé scientifiquement qui assigne à la lutte contre les drogues des objectifs précis, en expose les motifs et détaille un certain nombre d’observations et d’actions à mener dans cette lutte. Il propose   un agenda  sous forme d’un tableau de bord permettant de suivre les étapes de sa mise en œuvre. Son intérêt est incontestable et son succès devrait contribuer à une meilleure prise en charge des toxicomanies et des substances, toujours plus nombreuses,  qui les provoquent.

L’intégralité du rapport est disponible sur le site : il est volumineux (130 pages). Pour le lecteur pressé, nous publierons dans de prochains messages, son résumé et son analyse.

Jean-Paul Tillement

VOICI COMMENT RÉAGIT VOTRE CORPS QUAND VOUS STOPPEZ L’ALCOOL

Voici comment réagit votre corps quand vous stoppez l’alcool

Après 24 heures, 4 semaines et 1, 2 ou 3 mois ! 

« Consommer moins d’alcool » est l’une des bonnes résolutions les plus fréquentes et – hélas – les moins respectées. Si tout le monde aime boire un verre, les arguments en faveur d’une cure sans alcool (temporaire) ne manquent pas. Pour booster votre motivation, voici un aperçu de la réaction de l’organisme après 24 heures, 2 semaines et 1, 2 ou 3 mois d’abstinence.

1/4

ENTRE 24 ET 72 HEURES SANS ALCOOL

Voici comment réagit votre corps quand vous stoppez l’alcool - 1

  • En fonction de votre état d’ébriété, ces heures peuvent s’avérer difficiles à vivre. Votre corps se met en mode détox intensive et essaie d’évacuer tout l’alcool qu’il a absorbé. En plus des frissons et des nausées, vous ressentez une fatigue profonde et avez l’impression que plus jamais vous ne vous sentirez bien. Bienvenue au club de la gueule de bois !
  • De plus, l’alcool continue à « agir » : il exerce un effet diurétique, autrement dit il élimine un maximum d’eau de votre corps. C’est pourquoi vous transpirez autant et devez vous rendre si souvent aux toilettes quand vous avez bu. Résultat : vous êtes complètement déshydraté et souffrez d’un affreux mal de crâne. Le remède : boire de l’eau, beaucoup d’eau. Certains conseillent aussi les boissons pour les sportifs qui sont spécialement formulées pour réhydrater l’organisme.
  • Attention : « combattre le mal par le mal » n’est qu’un sursis. L’alcool crée une dépendance. À court terme, il gomme les symptômes inconfortables du manque mais ceux-ci ressurgissent avec une intensité redoublée quelques heures plus tard.
  • Environ 72 heures après votre dernière boisson alcoolisée, ces symptômes atteignent un pic avant de disparaître. Félicitations : vous n’êtes pas encore tout à fait clean mais votre corps est prêt à trouver un nouvel équilibre – dans lequel vous ne ressentez plus le besoin d’alcool – et à entamer le processus de guérison.
2/4

2 SEMAINES SANS ALCOOL

Voici comment réagit votre corps quand vous stoppez l’alcool - 3

  • Vous dormez mieux. Des études scientifiques ont démontré que l’alcool stimule l’activité des ondes alpha dans le cerveau, qui correspondent à un état d’éveil relaxé – comme par exemple lorsque vous regardez la télé ou que vous lisez un livre. Conséquence : l’état de sommeil est « faussé ». Vous avez beau dormir 10 heures, la qualité de votre sommeil en étant ivre est médiocre et ne peut pas rivaliser avec celle d’une nuit de 5 heures en état de sobriété. L’alcool vous expédie très rapidement au pays des rêves, mais ce sommeil en dents de scie vous laisse totalement épuisé. Une nuit de sommeil réparateur favorise une meilleure concentration, une humeur au beau fixe et des prestations intellectuelles optimales.
  • Vous avez plus d’énergie. En ralentissant la circulation de l’oxygène dans l’organisme, l’alcool induit une fatigue constante.
  • Votre estomac et votre digestion se portent mieux. Ne vous faites aucune illusion : l’alcool est et reste un poison très irritant pour votre estomac. Il constitue l’une des principales causes du reflux et d’autres problèmes liés à l’acidité gastrique. Arrêter de boire fait aussi le plus grand bien à votre estomac.
  • Last but not least : vous perdez du poids.Sachant qu’un gramme d’alcool équivaut à sept calories, un cocktail moyen apporte environ 300 calories rien qu’en alcool (sans parler de tous les sucres ajoutés). Boire de la bière toute une soirée revient à engloutir une vingtaine de tartines de choco. En outre, l’alcool provoque des fringales. Selon certaines études scientifiques, il amplifie la sensibilité olfactive, ce qui diminue notre capacité de résistance à la bonne odeur des hamburgers, frites, gaufres et autres gourmandises. Rien d’étonnant donc à ce que vous perdiez du poids lorsque vous supprimez ce facteur évident d’embonpoint sans rien changer à vos habitudes alimentaires et activités sportives.
3/4

1 MOIS SANS ALCOOL

Voici comment réagit votre corps quand vous stoppez l’alcool - 5

Hello teint éclatant ! La peau, le plus grand organe du corps humain, est la première cible et la victime la plus visible de l’alcool et de son action desséchante. Non content d’avoir un effet déshydratant, l’alcool bloque en outre la production des hormones censées assurer la réhydratation. Premier signal d’alarme : la peau qui tire, est sèche et/ou gonflée avec des rougeurs. Chez certaines personnes, la réaction cutanée est encore plus forte et peut prendre la forme d’un eczéma et de couperose. Il ne faut pas non plus perdre de vue les conséquences à long terme de l’alcool sur l’épiderme : celui-ci perd alors toute son élasticité, ce qui accélère son vieillissement. Gare aux rides ! Il suffit d’un mois sans alcool pour donner à votre peau le temps de fabriquer de nouvelles cellules et de rétablir son élasticité naturelle. Votre peau sera moins terne au bout de quelques jours et vous pourrez afficher un visage au teint uniforme et éclatant après un mois. Surtout n’oubliez pas de boire suffisamment d’eau.

Voici comment réagit votre corps quand vous stoppez l’alcool - 7

  • Vous allez perdre encore plus de kilos mais attention toutefois : vous avez éliminé de votre régime alimentaire une cause importante de prise de poids mais le risque de la remplacer par une alternative tout aussi mauvaise pour la santé est bien réel. À l’instar de l’alcool, le sucre libère de la dopamine connue comme l’hormone du plaisir car elle provoque une certaine euphorie et un sentiment d’ivresse. Le besoin de sucre augmente après un mois sans alcool. Restez donc sur vos gardes et tenez bon ! Puisez la motivation dans les kilos déjà perdus pour résister à la tentation.
  • Le sport agira plus et plus vite sur votre corps car l’alcool exerce un effet négatif sur la prise de muscle ! Une étude a démontré que cette boisson agit à l’encontre de la production d’hormones axées sur la croissance et la réparation musculaires qui jouent un rôle essentiel après un entraînement intensif car elle brûle des calories. Autre effet fâcheux de l’alcool : vous souffrez davantage de courbatures et de raideurs musculaires. En plus d’être moins bénéfique, votre entraînement est donc deux fois plus douloureux.
  • Est-ce que vous ne vous sentez pas plus en forme après un gros mois de sommeil réparateur ?
  • Votre niveau sanguin est remis à niveau, ce qui réduit le risque de maladies cardiovasculaires et renforce votre système immunitaire.
4/4

3 MOIS SANS ALCOOL 

Voici comment réagit votre corps quand vous stoppez l’alcool - 9

  • C’est à partir de ce délai que votre foie se remet enfin au repos. Le foie traite 90% de l’alcool qui circule dans le corps, mais cet organe a un pouvoir d’élimination limité. De plus, la décomposition de l’alcool libère des substances toxiques pour le foie. C’est pourquoi une consommation excessive peut engendrer une insuffisance hépatique et abîmer le foie. Boire trop d’alcool entraîne en premier lieu une accumulation de graisses dans les cellules hépatiques. Ce phénomène peut déjà se produire après quelques jours de consommation importante d’alcool. Cette infiltration graisseuse est le premier stade de l’hépatite alcoolique, qui peut à son tour déboucher sur une cirrhose du foie. Il s’agit là de deux maladies graves du foie qui causent de la fatigue, des douleurs abdominales, des nausées, une accumulation de liquide dans l’estomac et la jaunisse. Les femmes sont particulièrement sensibles à ces problèmes. La bonne nouvelle : après 6 semaines sans alcool, les dépôts graisseux disparaissent. C’est dire tout l’intérêt de programmer une cure plusieurs fois par an !
  • La conjonction de tous les avantages cités ci-dessus contribue aussi à un meilleur système immunitaire. Au bout de 3 mois, votre organisme a déjà pu renouveler toutes ses cellules sanguines avec à la clé une régulation de votre taux sanguin, ainsi que de la circulation du sang et de l’oxygène dans votre corps. Vous êtes ainsi armé·e contre des maladies comme le cancer et les troubles cardiovasculaires.
  • De plus, vous vous sentez bien plus en forme dans votre nouveau corps (et votre nouvelle silhouette !), sans compter que vous dormez comme un bébé depuis déjà 3 mois.
  • Dernier avantage pour les femmes : une cure sans alcool augmente votre fertilité !

Source