Prévention santé : S’informer sur la consommation de drogues chez les jeunes

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La drogue est partout et elle touche de plein fouet les populations les plus jeunes. En désir de découvertes et de festivités, les adolescents s’y adonnent avec l’innocence du manque de connaissances.

42% des jeunes de 17 ans déclarent ouvertement et presque fièrement avoir déjà expérimenté des drogues et notamment le cannabis. Un véritable fléau enfanté par une recherche de plaisir qui finit à la longue par créer de notables ravages.

La principale crainte nourrit par les familles est l’addiction. Afin de ne pas endurer ce passage éprouvant et déstabilisant que constitue le sevrage, l’information et la prévention restent encore les boucliers protecteurs les plus efficaces.

Visionner le reportage pour en apprendre davantage sur les symptômes et les risques.

 

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Pourquoi sommes-nous accros ? (Le Point)

Grâce aux progrès des neurosciences, on connaît mieux les mécanismes biologiques de l’addiction. Reste à pouvoir les combattre.

Pour que la recherche progresse dans le domaine de la lutte contre les addictions, la Fondation pour la recherche sur le cerveau consacre sa semaine de campagne 2012 (et sa quête de fonds) aux addictions et aux dépendances. Un problème de santé publique majeur, quand on sait que, en France, 9,7 millions de personnes âgées de 12 à 75 ans consomment régulièrement de l’alcool, que 14 % des 17-18 ans fument du cannabis seuls et/ou avant midi, que 250 000 personnes consomment de la cocaïne chaque année et que 15 % des 18-44 ans prennent de façon répétée et combinée de l’alcool, du tabac et du cannabis. Il faut y ajouter que notre pays est le plus gros consommateur européen de médicaments.

Contrairement aux idées reçues, l’addiction ne reflète pas une faiblesse ou un manque de volonté chez l’individu dépendant. Les substances psychoactives agissent sur le système cérébral, l’envahissent et modifient son fonctionnement. Le cerveau subit des perturbations complexes de ses mécanismes, entraînant une perte totale du comportement. Il s’agit donc d’une maladie neurologique qui doit être traitée comme telle.

Basculement

Le processus menant à l’addiction commence toujours par un usage dit « récréatif », c’est-à-dire par des consommations ponctuelles, parfois festives, pour goûter aux effets positifs d’une substance psychoactive ou d’un comportement donné. La prise d’alcool, par exemple, permet au timide de discuter avec les autres convives et de passer une bonne soirée. C’est pourquoi il aura envie de renouveler cette expérience agréable. D’où un risque d’abus, de recours fréquents à une substance qui le soulage, même s’il sait que c’est dangereux, puisque le risque de basculer vers la dépendance est réel, quelle que soit la volonté de s’en sortir.

Certaines personnes passent plus facilement que d’autres du stade de l’abus à celui de la dépendance. « La génétique peut l’expliquer », affirme le professeur Jean-Paul Tassin, neurobiologiste, directeur de recherche à l’Inserm et membre du conseil scientifique de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies. Les spécialistes savent aussi que l’histoire du patient et son développement psychoaffectif peuvent le rendre plus vulnérable à l’addiction. Ils estiment que 30 % des femmes toxicomanes auraient subi des abus sexuels familiaux dans leur jeune âge. Il existe également un lien entre addiction et stress.

Rechute

Grâce aux progrès des neurosciences, on connaît de mieux en mieux les mécanismes neurobiologiques de l’addiction. Ils sont étroitement liés au « système de récompense », un circuit cérébral responsable des sensations de plaisir ressenties après certaines actions. C’est grâce à lui que nous renouvelons les comportements indispensables à notre survie, comme manger, boire, procréer… Dans les troubles addictifs, ce mécanisme fondamental est perturbé. Les addictions comportementales, comme le jeu pathologique ou l’hypersexualité, font appel aux mêmes stimuli que la prise de substances psychoactives sur le cerveau de la personne dépendante : le plaisir et le soulagement. Dès que l’individu n’arrive pas à maîtriser la pratique de l’activité et souffre s’il fait autre chose, il est dans le cadre de la dépendance.

Pour éviter les pièges de l’addiction, le meilleur moyen est d’éviter de s’y exposer. Plus facile à dire qu’à faire pour certains… Même s’il existe des traitements potentiellement efficaces, le risque de rechute reste élevé. Toute personne qui a été « accro » à une substance ou à un comportement a donc tout intérêt à éviter de « retenter sa chance » pour limiter le risque de « plonger » de nouveau.

« Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis », par le professeur Jean Costentin

Le professeur Jean Costentin, pharmacologue, neurobiologiste, membre titulaire des Académies nationales de Médecine et de Pharmacie et président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies vient (23 février 2012) de publier un livre, « Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis », aux Editions Odile Jacob.

A l’heure où se développe une sorte de pandémie cannabique, des mouvements d’inspiration idéologique, s’abritant parfois derrière des considérations économiques, requièrent la dépénalisation de cette drogue, afin d’en obtenir la légalisation puis, un peu plus tard, celle de toutes les drogues.

Ce livre, sans aucune concession à ces errements, détaille les multiples méfaits physiques et psychiques du cannabis, et de son principe actif majeur, le tétrahydrocannabinol (THC). Il s’ouvre sur l’énumération de 101 raisons qui plaident contre cette dépénalisation, et, dans les chapitres qui suivent sont détaillées et justifiées ces expressions lapidaires.

Il évoque l’accroissement de la teneur en THC des produits en circulation, les nouveaux modes d’administration (pipe à eau) qui en décuplent la cession à l’organisme.
La toxicité physique est soulignée au travers,
– des effets cancérogènes très supérieurs à ceux du tabac (pour la gorge et l’appareil respiratoire) ;
– de la nocivité cardiaque (infarctus) et vasculaire (artérites et accidents vasculaires cérébraux) ;
– des perturbations de la grossesse et de ses conséquences pour l’enfant à naître ;
– des perturbations endocriniennes masculines ;
– de l’immunodépression…

L’auteur tord le cou au subterfuge du « cannabis-médicament », argument du type « cheval de Troie », visant à faire pénétrer cette drogue dans la cité. La toxicité psychique du THC est détaillée, au travers de la pharmacodépendance, de l’addiction, avec leurs substrats psychique et physique :
des perturbations de la cognition ;
– du syndrome amotivationnel ;
– du développement de troubles anxieux ;
– de l’exacerbation de troubles dépressifs ;
– des relations, désormais très bien établies, avec les troubles psychotiques, dont la schizophrénie ;
– de l’induction d’autres toxicomanies, aboutissant à ces polytoxicomanies qui, se généralisant, abondent le vivier de l’héroïnomanie qui ne cesse de grossir (250.000 malades de l’héroïne en France).

L’auteur rappelle qu’en dépit de son caractère illicite ce cannabis est consommé de façon régulière dans notre nation par 1.700.000 personnes (faisant des Français les premiers consommateurs des 27 états membres de l’Europe), avec un rajeunissement des premiers usages. Or « plus tôt l’essayer c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer ».

La légalisation du cannabis ne manquerait pas, selon l’auteur, d’accroître sa consommation, la faisant tendre alors vers les chiffres de l’alcoolisme (3 millions d’alcoolo-dépendants) et pire, du tabagisme (13 millions de nicotino-dépendants). « Ce n’est pas quand tout brûle qu’il faut se débarrasser des extincteurs (la loi), même s’ils s’avèrent insuffisants ». Et l’auteur de conclure que « pire qu’une fausse bonne idée, la dépénalisation de l’usage du cannabis, serait une vraie mauvaise idée », criminelle même, car il traite dans un chapitre spécifique des diverses façons dont le cannabis peut tuer. Pour acheter ce livre 

Des Français montrent comment le cannabis brouille les idées

Publié sur Le Quotidien du Medecin (http://www.lequotidiendumedecin.fr)

La mémoire de travail sert à réaliser les tâches cognitives courantes (réfléchir, lire, écrire, calculer…) en travaillant avec des informations stockées temporairement. On observe que l’intoxication aux cannabinoïdes altère cette mémoire particulière.

Les récepteurs aux cannabinoïdes sont exprimés sur les cellules gliales de l’hippocampe, une structure cérébrale qui coordonne les processus d’intégration des informations sonores, visuelles, spatiale, nécessaires à la mémoire de travail, expliquent Giovanni Marsicano (INSERM, Bordeaux) et coll., des chercheurs qui ont découvert un mécanisme d’action des cannabinoïdes.

La liaison des cannabinoïdes aux récepteurs réduit la force des connexions entre les neurones au niveau de l’hippocampe.

L’équipe de recherche s’est intéressée au récepteur CB1, présent à la fois sur la membrane des neurones et sur la membrane des cellules dites « astrogliales » de l’hippocampe.

Ils montrent que la liaison des cannabinoïdes aux récepteurs CB1 active l’envoi de signaux aux récepteurs à glutamate des terminaisons nerveuses, qui permettent la circulation de l’information de neurone en neurone. Le cannabinoïde induit une dépression du signal, de nature à perturber la mémoire de travail.

Les observations ont été réalisées en administrant des cannabinoïdes à deux groupes de souris, chez lesquelles les récepteurs de CB1 ont été supprimés, respectivement sur les cellules astrogliales ou les neurones. Le THC (tétrahydrocannabinol) donné aux souris où le CB1 manque uniquement sur les neurones, induit des déficits de mémoire de travail spatial. À l’inverse, lorsque seuls les récepteurs CB1 des cellules astrogliales sont supprimés, les performances de mémoire de travail spatial sont préservées.

« Ces résultats montrent de façon surprenante, in vitro et in vivo, l’importance de l’activation des récepteurs CB1 des cellules astrogliales, et non ceux des neurones, dans la médiation des effets des cannabinoïdes sur la mémoire de travail », expliquent Giovanni Marsicano et coll.

« La description des mécanismes d’action spécifiques des cannabinoïdes au niveau de l’hippocampe permettra d’optimiser leur potentiel d’utilisation thérapeutique, aujourd’hui limité par d’importants effets indésirables », estiment les chercheurs.

› Dr BÉATRICE VUAILLE  « Cell », 2 mars 2012.

 

 

Commentaires sur « Mon fils fugue, sèche les cours, fume du shit… » du 19/02/2012

L’ article « Mon fils fugue, sèche les cours, fume du shit… » a suscité des commentaires que nous pensons important de rappeler à ceux qui n’ont pas eu l’occasion de les lire :

Sylvie le 19/2/2012

En lisant votre commentaire, j’ai l’impression d’effectuer un bond quelques années en arrière. J’ai également été confronté à la toxicomanie de mon fils ainé. Je dirais même plus “polytoxicomanie”. A l’époque, il avait 20 ans, et rien n’était plus important pour lui que le cannabis, l’héroine, la cocaine, l’ecstasy et j’en passe ! Cette escalade vers une mort assurée, je ne l’avais pas vu venir, où peut-être n’avais-je pas envie de le voir ? Le jour où les gendarmes sont venus chercher mon fils à la maison, pour moi, mon monde s’écroulait. J’ai donc mis tout en oeuvre pour sortir mon fils de cet enfer ! Cela fût très dur, mais nous y sommes arrivés !! Cela fait désormais 10 ans que mon fils est pour moi en rémission, et depuis ce terrible jour, je prend mon bâton de pélérin, pour effectuer de l’information et de la prévention auprès de parents,et d’ adolescents. J’organise des conférences dans les écoles , mairies, etc… en collaboration avec le gendarme qui était venu chercher mon fils. J’apporte également mon aide aux familles qui se retrouvent dans la même situation que moi, il y a 10 ans. Et je terminerai mon témoignage, en vous signalant que mon métier (préparatrice en pharmacie, et enseignante en CFA) me met tous les jours face à de jeunes ou moins toxicomanes, auxquels je n’hésite jamais à distiller conseils et aide, afin qu’à leur tour, ils puissent un jour “décrocher”. Il faut savoir s’entourer des bonnes personnes, qui ne seront pas là pour juger, mais bien pour aider.

Sophie Daoût le 19/2/2012

Tout ce que raconte cette maman, je l’ai vécu!
Aujourd’hui, j’aide les parents en difficulté par le biais de notre association, “Pour une Jeunesse Sans Drogue”.
http://www.jeunessesansdrogue.net
Levons-nous et battons-nous, c’est ce que je tente de faire au quotidien.
Plus nous serons nombreux, plus nous serons efficaces!

Sophie Daoût le 29/2/2012

Ce message est pour Sylvie qui a vécu la même histoire que moi, et qui dans sa région, fait ce que je fais ici à Fréjus.

J’aimerais qu’elle entre en contact avec moi à mon adresse: sophiedaout@free.fr
ou qu’elle aille dans notre siye http://www.jeunessesansdrogue.net
Si toutes les mamans du monde pouvaient se donner la main!

Cannabis : production / offre

Observatoire français des drogues et des toxicomanies

Synthèse

Première substance en cause dans les saisies et les interpellations de trafiquants

… mais des saisies de cannabis en baisse depuis 2004

En 2009, les saisies de cannabis représentent 59 614 kg, volume en baisse par rapport à 2008 (- 20 %).  L’année 2004 reste l’année record des volumes de cannabis saisis avec 107 748 kg.

Les saisies de cannabis sont constituées à 94 % de résine de cannabis, 5,8 % d’herbe ; les quantités saisies de pieds, graines ou huile de cannabis sont comparativement très faibles [1].

Et des interpellations pour trafic en baisse

Globalement, en 2009, 70 % des interpellations pour trafic (usage-revente, trafic local ou trafic international) concernent du cannabis ; comme pour l’usage, il s’agit du produit le plus fréquent, sauf pour le trafic international, dominé par la cocaïne.

Avec 15 258 interpellations pour trafic de cannabis, l’année 2009 enregistre une baisse sensible par rapport à 2008 (- 22,5 %).

Modes d’approvisionnement en cannabis des jeunes : données déclaratives

Parmi les fumeurs de cannabis au cours de l’année, les garçons sont plus nombreux que les filles à déclarer « généralement » l’acheter (49,9 % vs 33,3 %) ou le cultiver (12,4 % vs4,5 %) ; ces dernières sont en revanche plus nombreuses à se le faire offrir (77,2 % vs60,4 %). Ces réponses ne sont pas exclusives : un consommateur peut en effet alterner ces modes d’approvisionnement suivant les opportunités. Néanmoins, les parts d’autoculture et d’achat croissent avec la fréquence d’usage, tandis que celle du don diminue. Ainsi, 85,9 % des fumeurs quotidiens déclarent ordinairement acheter leur cannabis et ce quel que soit le sexe, 31,4 % le cultiver eux-mêmes, mais 34,1 % disent encore se le procurer gracieusement, ce dernier mode d’approvisionnement concernant toujours principalement les jeunes filles (45,0 % vs 29,9 %) [2].

La hiérarchie de ces modes d’approvisionnement, de même que les niveaux, apparaissent proches de ceux observés en population adulte [3].

Observations locales

Le cannabis, qu’il se présente sous la forme d’herbe ou de résine, est un produit très disponible en France. On a assisté au cours des décennies précédentes à la banalisation de cette substance, laquelle touche désormais les milieux sociaux les plus divers. S’agissant de la disponibilité des différentes formes de cannabis, de nombreux observateurs rapportent une hausse de la disponibilité de l’herbe, qui s’expliquerait notamment par le développement de l’autoproduction qui consiste pour les usagers à assurer eux-mêmes la culture du chanvre. [4] Source

187000 € pour lutter contre la drogue et l’alcool

L’Etat a débloqué 187 000 € pour aider des associations et des collectivités à mener des projets de prévention contre la drogue et l’alcool. L’année passée, cette somme avait financé 42 actions.

C’est un appel à toutes les bonnes volontés. La préfecture et la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (Mildt) lancent un appel à projets afin de mener des actionssur les stupéfiants et les conduites addictives. Les volontaires ont jusqu’à vendredi pour se faire connaître*. Ceux qui seront retenus recevront des subventions de la Mildt.

Cette année, la Mission dispose, dans le département, d’un fonds de plus de 187000 €. L’année dernière, ce dispositif avait permis de donner un coup de pouce à 42 projets.

« Nous intervenons dans le domaine de la prévention de la consommation de drogue, d’alcool mais aussi dans le milieu professionnel et le milieu carcéral », détaille David Clavière, directeur de cabinet du préfet et représentant départemental de la Mildt. Ainsi, sur les 42 opérations menées en 2011, 20 ont porté sur la prévention de la drogue soit 48%, 16 sur l’alcool, 4 ont été réalisées au sein d’entreprises et 2 à la maison d’arrêt de Nanterre.

L’enveloppe de la Mildt est destinée à tous les acteurs de cette lutte : les associations, les collectivités, les villes et le conseil général, ainsi que l’Education nationale, à travers le comité d’éducation à la santé et à la citoyenneté (Cesc). Dans les établissements scolaires, la prévention passe par les interventions de 7 policiers référents. Dans le même temps, le conseil général a édité 70000 brochures d’information sur les addictions, qui sont distribuées dans les collèges. Tous les ans, la somme mise à la disposition pour ces initiatives oscille entre 180000 € et 200000 €.

L’enjeu est d’autant plus important que le département est très touché par les problèmes de stupéfiants. On y consomme plus de drogue qu’ailleurs. Près d’un jeune sur deux a fumé au moins un joint de cannabis alors qu’à l’échelle du pays ne chiffre n’est que de 40%. L’écart est encore plus flagrant avec la cocaïne et l’ecstasy : 14% des jeunes Français ont déjà essayé ces substances. Ils sont 23% dans les Hauts-de-Seine.

A côté de la prévention, la répression s’intensifie elle aussi. En 2011, 6 300 personnes ont été arrêtées pour des affaires de stup (usagers, vendeurs ou trafiquants), contre moins de 5 000 en 2010. « Nos publics prioritaires sont les jeunes, mais aussi les adultes, insiste David Clavière. On essaye de les inclure dans les actions. Nous allons nous appuyer sur des réseaux de parentalité mis en place par les mairies pour qu’ils deviennent des relais. »

* Dossier à renvoyer à la Direction départementale de la cohésion sociale des Hauts-de-Seine, 167-177 avenue Joliot-Curie, 92013 Nanterre Cedex. Source

HEROÏNE: Avancée du vaccin anti-addiction

Addictions

Le gouvernement mexicain, par la voix de son secrétaire à la Santé avait annoncé, il y a quelques semaines, le développement en cours d’un vaccin contre la dépendance à l’héroïne, ayant donné lieu début février 2012, à dépôt de brevet. Le vaccin, qui supprime l’effet de plaisir de la drogue, est aujourd’hui sur le point d’être testé sur l’Homme.

Le vaccin expérimental, développé par l’Institut mexicain de psychiatrie aurait déjà fait l’objet de tests de laboratoire sur des rats, la prochaine étape sera des tests cliniques sur l’Homme. Sur l’animal, le vaccin permet de bloquer la dépendance et entraîne une réduction des doses consommées. L’usage clinique serait envisageable sous 5 ans, a-t-il déclaré à la presse mexicaine.

L’ONUDC (United Nations Office) on Drugs and Crime estime entre 12 et 21 millions le nombre de consommateurs d’opiacés dans le monde entier en 2009. L’héroïne demeure l’opiacé le plus utilisé, avec 12-14 millions d’utilisateurs d’héroïne qui en 2009, ont consommé environ 375 tonnes d’héroïne. Le Mexique reste le second cultivateur de pavot dans le monde (voir tableau ci-contre). Cette recherche thérapeutique fait partie d’une politique volontaire du Mexique de lutte contre les drogues, avec, par exemple, en 2009, l’éradication de 15.000 Ha de cultures de pavot à opium. Néanmoins, le Mexique reste toujours l’un des plus gros producteurs (426 tonnes d’opium), qui donnent lieu, chaque année, à 40 tonnes d’héroïne (black tar), dont la moitié, environ, vont aux Etats-Unis.

C’est pourquoi, des chercheurs californiens du Skaggs Institute for Chemical Biology, du Worm Institute of Research and Medicine (WIRM) et du The Scripps Research Institute (Californie), travaillent aussi, dans le même temps, au développement d’un vaccin pour traiter la dépendance à  la méthamphétamine, la cocaïne et l’héroïne. Source

Autres articles : France Soir , Information hospitalière , L’Express

Un vaccin contre l’addiction à l’héroïne? (Le Figaro)

Des chercheurs mexicains de l’Institut National de Psychiatrie sont en train de développer un vaccin qui permettrait de diminuer la dépendance à l’héroïne, rapporte le Guardian. Le vaccin, breveté aux États-Unis, rendrait l’organisme insensible aux effets agréables de cette drogue. Déjà testée avec succès sur des souris, la formule doit désormais être essayée sur des êtres humains.

Plusieurs équipes dans le monde cherchent des solutions semblables à l’addiction aux drogues. Un laboratoire américain du US National Institute on Drug Abuse est notamment en train de développer un vaccin contre la dépendance à la cocaïne.

Selon le gouvernement mexicain, 450.000 personnes seraient dépendantes aux drogues dans le pays. Le pavot est cultivé dans les montagnes de la Sierra Madre puis transformé en Black Tar et en Mexican Mud, deux formes d’héroïne qui sont ensuite passées en contrebande par le Rio Grande. Depuis 2006, le cartel des drogues a assassiné plus de 47.000 personnes au Mexique.

Addictions et dépendances au coeur de la nouvelle campagne du neurodon

– La campagne nationale du neurodon, opération de de collecte de fonds pour financer des programmes de recherche sur le cerveau et les maladies neurologiques, ainsi que d’information, se déroulera du 5 au 10 mars prochains. Cette année, elle sera essentiellement axée sur les addictions et les dépendances. L’occasion de sensibiliser le grand public à l’accoutumance aux jeux vidéo, aux drogues, à l’alcool ou encore aux substituts nicotiniques.

Organisée par la Fédération pour la recherche sur le cerveau (FRC), cette campagne nationale 2012 visera principalement à informer le grand public sur le rôle du cerveau dans les addictions.
A cet effet, la FRC lancera un blog dédié, pour permettre aux internautes d’évoquer le problème des addictions et des dépendances avec des chercheurs spécialisés, des cliniciens, des neurologues et des psychiatres. Chaque jour, à partir du 5 mars, un thème spécifique sera abordé : les jeux vidéo, les nouvelles drogues, la toxicomanie, l’alcool, et le cannabis.
A l’occasion de cette campagne, la Fédération proposera également un nouveau guide et un mémo, entièrement consacrés aux addictions.
« Que peuvent apporter les neurosciences à la compréhension, la prévention et à la prise en charge des addictions ? Dans le droit fil de sa mission, la FRC a souhaité réunir autour de la même table neurobiologistes, neurologues, addictologues, psychiatres et psychologues, pour mieux informer le public sur ce problème de santé dont les répercussions sociales, économiques et financières sont encore mal évaluées en France« , indique Arnaud Brunel, président de la FRC.
Ultime étape de cette campagne, la collecte Carrefour / neurodon, qui se tiendra du 12 au 18 mars prochains dans les magasins Carrefour et Carrefour Market. Lors de leur passage en caisse, les particuliers auront ainsi la possibilité de faire un don de 2€ pour soutenir la recherche

Fumer ou conduire, il faut choisir

Source Jim.fr

Les études expérimentales ont montré que le cannabis altérait les performances cognitives et motrices lors de la conduite automobile. Les expérimentations ne sont toutefois pas le reflet exact de ce qui se passe dans la pratique et l’on peut se demander si conduire sous l’emprise du cannabis a de réelles conséquences sur le terrain. L’interrogation est d’autant plus justifiée que les résultats des études épidémiologiques consacrées à ce sujet ne sont pas toujours cohérents.

Une équipe canadienne a réalisé une revue de la littérature et sélectionné 9 études pour une méta-analyse. Les résultats sont sans appel : conduire sous l’influence du cannabis multiplie par près de deux le risque de collision se soldant par des blessures graves ou un décès (Odds ratio OR 1,92 ; Intervalle de confiance à 95 % : 1,35 à 2,73 ; p = 0,0003). Les résultats diffèrent un peu selon le type de l’étude, avec un effet supérieur dans les études de haute qualité méthodologique, les études cas-contrôle (2,73 ; 1,23 à 6,33) et les études concernant les accidents mortels (2,10 ; 1,31 à 3,36). Si l’effet est moins évident pour les accidents mineurs, il paraît en revanche aggravé par la prise concomitante d’alcool.

Ces résultats sont cohérents avec de récentes données alertant sur l’augmentation de la présence de substances autres que l’alcool (cannabis et antidépresseurs) chez les victimes d’accidents graves ou mortels. D’autres travaux montraient aussi récemment que dans certaines régions, la conduite sous l’emprise du cannabis tend à devenir plus fréquente que la conduite en état d’ivresse chez les jeunes conducteurs.

L’alcool reste toutefois encore la substance le plus souvent retrouvée chez les victimes d’accidents et les données sur la relation entre la consommation d’alcool et les collisions sont plus robustes que pour le cannabis.

Les législations concernant la conduite sous l’emprise de cannabis varient selon les pays. En France, une peine pouvant aller jusqu’à 2 ans de prison et 4 500 euros d’amende s’applique à tout conducteur chez qui l’analyse sanguine détecte la moindre trace de stupéfiant, peine assortie d’un retrait de 6 points du permis de conduire.

Dr Roseline Péluchon

Copyright © http://www.jim.fr

Asbridge M et coll .: Acute cannabis consumption and motor vehicle collision risk: systematic review of observational studies and meta-analysis. BMJ 2012; 344:e536 doi: 10.1136/bmj.e536

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Plaidoyer du rhumatologue pour l’arrêt du tabac

Source : JIM.fr

La prévalence du tabagisme en Europe va de 14 % en Suède à près de 38 % en Grèce. Aux Etats Unis, elle est en moyenne de 20 %, variable entre les états et en fonction des classes sociales et des ethnies. Elle diminue avec l’élévation du revenu familial et du niveau d’étude.

La consommation de tabac est connue pour ses nombreux effets néfastes, au premier rang desquels un risque accru de cancer du poumon et de maladies cardiovasculaires. La proportion d’hommes et de femmes tabagiques est variable mais le risque de maladies cardiovasculaires semble être plus élevé chez les femmes. Les fumeurs ont une cholestérolémie plus élevée et les femmes fumeuses utilisant des contraceptifs ont un risque augmenté de maladie cardiovasculaire.

Le tabagisme a de plus une influence défavorable sur de nombreuses maladies rhumatismales. Ainsi, une thérapie plus intensive est souvent nécessaire chez les malades atteints de polyarthrite rhumatoïdes fumeurs.

Des études ont également montré un risque accru de maladie plus grave chez les sujets fumeurs atteints de spondylarthrite ankylosante (SA) ou de rhumatisme psoriasique (RP).

Dans une étude récente menée chez 647 malades atteints de SA, le tabagisme était associé à une apparition plus précoce des rachialgies, une plus grande activité de la  maladie, un moins bon  état fonctionnel,  une moins bonne qualité de la vie, une inflammation sacro-iliaque et rachidienne plus fréquente en IRM et une plus grande prévalence de lésions structurales.

Plusieurs travaux ont également suggéré un effet aggravant du tabagisme sur le rhumatisme psoriasique. Dans une étude menée chez 94 874 sujets sur une durée de 14 ans (1 303 970 personnes-années de suivi), 157 cas incidents de RP ont été identifiés. Le tabagisme a été associé à un risque plus élevé de RP (risque relatif par rapport à ceux n’ayant jamais fumé : 1,5 pour les anciens fumeurs et 3,1 pour les fumeurs actuels). Le risque de RP, particulièrement de RP grave, augmentait avec la durée de l’exposition au tabac.

Les interactions entre facteurs environnementaux, apparition, évolution et pronostic des maladies rhumatismales sont complexes, mais l’influence néfaste du tabac est de plus en plus claire. Le rôle du rhumatologue est d’en informer les malades et de les encourager à arrêter de fumer.

Dr Juliette Lasoudris Laloux

Braun J et coll. : The risks of smoking in patients with spondyloarthritides. Ann Rheum Dis., 2012 ; publication avancée en ligne le 13 février.

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Alcoolisme et tabagisme : un seul mécanisme pour deux addictions

Des smartphone pour lutter contre l’addiction à la drogue ?

Selon le site Atelier.net, une étude menée par des chercheurs de la faculté de médecine du Massachusettsconclue que le smartphone pourrait aider à lutter contre les addictions. Pour les chercheurs, les traitements utilisés pour traiter des patients admis en cure de désintoxication deviennent vite inefficaces à l’extérieur, en raison notamment de l’incapacité d’un individu à reconnaître les changements biologiques qui indiquent un risque accru de rechute ou une incapacité à changer ses comportements pour réduire les risques pour la santé.

Les chercheurs se sont donc associés avec l’Institut de technologie du Massachusetts pour mettre en place un système qui aiderait les anciens toxicomanes à ne plus replonger: une bande de capteurs accrochée autour du poignet qui mesure les changements physiologiques (les mouvements du corps, la température de la peau et la fréquence cardiaque), indicateurs de stress, transmettent ces informations au smartphone, à l’aide d’un système sans fil. Les applications logicielles qui y sont présentes permettent ensuite de contrôler et traiter les données physiologiques du patient. Ces informations sont ensuite utilisées pour identifier, en temps réel, le risque de plonger à nouveau dans la drogue et transmises aux spécialistes.

Les chercheurs n’en sont encore qu’à la phase d’essai, mais celle-ci pourrait être concluante dans peu de temps Paris Normandie

« Mon fils fugue, sèche les cours, fume du shit… »

  • Selon cette mère rennaise, son fils fume tous les jours. Par consequent, « pas d'école, pas de travail ».

    Selon cette mère rennaise, son fils fume tous les jours. Par consequent, « pas d’école, pas de travail ».Fotolia.

Dossier. Une mère de famille de Rennes raconte son impuissance face à son fils, devenu un fumeur régulier de cannabis. Elle aimerait un lieu d’accueil pour les familles.
Témoignage Il y a eu d’abord une mauvaise rencontre pendant les grèves d’octobre 2008. Damien (1) entrait en seconde. Il commence à rater les cours. Puis, il fugue. Ses parents, issus de la couche moyenne, vont le chercher à Lyon. « On a mis une croix sur l’année, raconte sa mère. Il a bien débuté sa deuxième seconde mais en novembre, il a encore déraillé. »L’adolescent renonce au lycée. Il s’inscrit au cours d’enseignement à distance. Il est finalement accepté en 1re. Il part à Saint-Brieuc, dans les Côtes-d’Armor poursuivre ses études. Ça marche deux mois… pas plus. « Un an et demi plus tard, nous réalisons que notre fils fume du cannabis », poursuit la maman.« Tous savent où en trouver»

La famille se ressoude. Discussions, engueulades, répression, dialogue. Bref, elle passe par tous les stades. « Bien sûr, avant le shit, il y a un malaise, analyse la mère de famille.Mais, il ne veut pas entendre parler de psy, refuse toute discussion. » Damien aurait commencé à revendre du cannabis avant même d’en consommer. « Aujourd’hui, il fume tous les jours. Pas d’école, pas de travail. »

La famille cherche de l’aide auprès des services sociaux. « Nous, parents, avons eu le droit à une enquête sociale qui a duré six mois, confie la mère. Elle n’a rien donné. Le comble : nous n’avons reçu aucune assistance. » Même chose auprès de la police : « La brigade des mineurs n’avait aucune solution. J’ai pourtant dit qu’il dealait. Ça ne les intéressait pas. Pas assez important à leurs yeux. »

Les ennuis, pourtant s’accumulent. Un jour, des dealers, à qui il devait de l’argent, l’embarquent et l’emmènent à Vezin-le-Coquet sur un terrain vague. « Il a eu de la chance, c’était juste un avertissement », poursuit la maman.

Toute la famille en subit les conséquences. « Parfois, notre fils aîné prend du temps à chercher son frère dans le centre. Il savait des choses qu’il ne voulait pas dire. Ce n’est pas facile à vivre », expliquent les parents. « Je connais plusieurs familles dans cette situation. Le deal, parfois, se fait dans les salles de cours. Plus personne ne surveille. Tous les gamins savent où en trouver. Quand ils commencent à 15 ans, ils se foutent la tête à l’envers. »

Aujourd’hui, l’objectif de la famille consiste à ne pas perdre le contact, tolérer les appels répétés sans réponse, supporter les nuits à se faire un sang d’encre, se soulager du retour de l’enfant à la maison. « Il faudrait un lieu d’accueil pour les familles, conclut la mère. Je suis prête à créer une association. » Source Ouest-France