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Date

28 décembre 2011

Il ne faut pas compter sur une résistance génétique au cannabis (Dr Alain Cohen)

Une étude britannique explore l’incidence présumée de la variabilité du gène codant pour la catéchol-méthyl-transférase (COMT)[1] sur la sensibilité psychiatrique au cannabis.

Cette variabilité génétique relève du phénomène de polymorphisme d’un seul nucléotide (SNP, single-nucleotide polymorphism) avec la substitution d’une méthionine à une valine au niveau du codon 158 (rs4680 Val158Met)[2].

Portant sur 2630 sujets d’une même cohorte (naissance entre avril 1991 et décembre 1992), cette étude longitudinale recherche un lien possible entre l’existence et l’intensité d’une expérience psychotique à 16 ans et le génotype relatif à la COMT, en cas d’usage précoce du cannabis dès l’âge de 14 ans.

Mais, contrairement à une « croyance largement répandue » (widely held belief) attribuant à certains génotypes une meilleure résistance aux conséquences psychiatriques du cannabis, les auteurs n’observent « aucune preuve d’un lien » significatif entre un génotype particulier et le risque de développer ou non une expérience psychotique induite par le cannabis.

Leur conclusion est donc claire : le nécessaire « message de santé publique » (public health message) sur l’aggravation drastique du risque de troubles psychotiques liés à l’utilisation croissante du cannabis « ne doit pas être tempéré » par l’idée fallacieuse que ce préjudice puisse être éventuellement réservé à certains sujets, porteurs malchanceux d’un « mauvais génotype. »

Dans l’état actuel des connaissances, la vulnérabilité psychiatrique au cannabis semble donc indépendante des variabilités génétiques individuelles, a priori impuissantes à contenir la dangerosité collective de cette drogue.

[1] Enzyme intervenant dans le catabolisme de certains neurotransmetteurs (catécholamines) : cf. http://en.wikipedia.org/wiki/Catechol-O-methyl_transferase

[2] http://en.wikipedia.org/wiki/Val158Met

   Dr Alain Cohen

Stanley Zammit et al. : « Cannabis, COMT and psychotic experiences » Br J Psychiatry 2011; 199: 380–385.

Le préparateur d’un gâteau au cannabis jugé pour homicides involontaires

[Le Figaro.fr : Mise à jour, mardi 27 décembre] Dans cette dépêche, l’AFP signalait qu’il s’agissait d’un « space cake, un gâteau avec du cannabis ». Cette information a été rectifiée. Il s’agissait d’un gâteau au pavot, comme indiqué à l’origine par France Bleu Loire Océan et Ouest France.

« Un jeune homme de 26 ans va être jugé en février 2012 pour homicides involontaires pour avoir fait un « space cake », un gâteau à base de cannabis , à l’origine du décès d’un couple de sans-abri, fin août, à Fontenay-le-Comte (Vendée), a-t-on appris lundi de source judiciaire, confirmant une information de France Bleu Loire Océan.

Le 25 août dernier le couple, âgé de 28 et 30 ans, s’était retrouvé dans un appartement du centre ville de Fontenay-le-Comte avec leur ami qui avait confectionné un gâteau fortement chargé en stupéfiants, entraînant une overdose.

La jeune femme et son compagnon sont décédés par obstruction des voies respiratoires. Leur ami n’a pu appeler les secours que plusieurs heures après les faits, après être sorti d’un état second, selon la même source.

Le jeune homme qui est également poursuivi pour infraction aux stupéfiants, encourt une peine de 10 ans de réclusion. Son procès est programmé le 27 février au tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon. »

Alors, sans danger, le cannabis? Ce jeune homme l’a t-il gouté?

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