Interview du Pr. Jean Costentin*, par Mr. G. Balay, pour le magazine Terra Darwin

Après voir pris le temps et le soin de répondre aux questions posées par ce journaliste, celui-ci m’a soumis un texte de 4 pages, dans lequel ma contribution  se réduisait à quelques lignes, noyées dans des opinions contraires et bien mises en exergue. De là l’idée de restituer in extenso mon texte aux lecteurs du blog de notre  CNPERT 

G.B. : Êtes-vous opposé à la légalisation du cannabis sur un plan récréatif, sur un plan thérapeutique ou sur des deux ?

J.C. : Je suis opposé à ces deux  légalisations : le cannabis est fallacieusement qualifié de « thérapeutique » car, en l’état présent  des connaissances, cet adjectif  n’est pas justifié. Il est le faux nez, le cheval de Troie, du cannabis « récréatif » dont on sait très bien maintenant que «la récré» peut très mal se terminer.

Tous les Etats qui ont légalisé le cannabis récréatif l’ont, telle une figure obligée,  préalablement travesti en médicament.

G.B. : Quelles sont vos raisons à l’origine de cette double opposition ?

 J.C. : Permettez que je réponde successivement sur chacune d’elles.

S’agissant du cannabis dit « thérapeutique » je vous convie à prendre connaissance d’un récent communiqué de l’académie nationale de Pharmacie, académie qui réunit en matière d’expertise sur les médicaments, d’une part, et sur les toxicomanies, d’autre part,  les meilleurs experts nationaux, dont plusieurs ont une notoriété internationale. Que dit en substance ce communiqué : «  L’Académie nationale de Pharmacie met en garde contre une banalisation de préparations de cannabis qui trompe les attentes des patients en les faisant abusivement passer pour « thérapeutiques ».

Depuis des décennies l’accès d’une molécule à la dignité de médicament, repose sur son rapport bénéfices / risques ; les bénéfices qu’on espère que le patient retirera de son utilisation sont mis en balance avec les risques qu’on lui fait prendre en lui prescrivant ce médicament. Ce n’est jamais sans quelques risques qu’on introduit dans l’organisme une molécule qui lui est étrangère.

Si des  effets sur l’organisme de tel ou tel composant du chanvre indien  (en particulier le THC ou le CBD) sont avérés, ils ont une intensité modeste ; elle s’épuise au fil des utilisations (tolérance). Ces molécules, dans les indications alléguées, ne font pas mieux que les médicaments actuellement disponibles; elles persistent très longtemps dans l’organisme (en raison de leur très grande solubilité dans les graisses / lipides), ce qui est considéré comme un inconvénient ; elles agissent simultanément sur de très nombreuses fonctions, alors qu’on demande à un vrai médicament d’agir spécifiquement sur une seule…C’en est fini depuis longtemps des thériaques et autres panacées !

Dans un dessein thérapeutique on ne devrait pas parler de cannabis. Ce chanvre indien est un mélange, en proportions variables, de très nombreuses substances, parmi lesquelles on dénombre près d’une centaine de molécules réunies sous le vocable de « cannabinoïdes » ; elles ont entre elles une parentée chimique mais elles peuvent différer considérablement quant à la nature et à l’intensité de leurs effets. De plus, dans l’organisme, les unes peuvent se transformer en d’autres.

Il a ainsi été montré que le cannabidiol  (CBD) qui semblait exempt des méfaits  connus du tétrahydrocannabinol (THC) se transforme en ce dernier, au contact de l’acidité du liquide gastrique, mais aussi, à un niveau significatif, quand il est fumé. La pharmacologie, la thérapeutique, depuis des décennies, ne recourent plus qu’à des substances pures, éventuellement extraites du végétal ; elles ont abandonné les « soupes végétales » d’autrefois ; « végétal varie, bien fou qui s’y fie »…

S’agissant des risques encourus par leur usage, ils sont multiples, à la mesure du manque de spécificité de ces molécules ; de là de multiples effets latéraux, qui sont pour un certain nombre d’entre eux franchement adverses. Sans rechercher l’exhaustivité, et sans les détailler, j’en énumère quelques uns. Oublions l’usage du cannabis fumé. Cela fait presque un demi siècle que la pharmacopée a évacué les cigarettes thérapeutiques. La combustion de tout végétal produit en effet des goudrons irritants et cancérogènes pour la sphère O.R.L. et broncho-respiratoire.

Le tétrahydrocannabinol / THC, dont les utilisateurs ne tarissent pas d’éloge, est puissamment toxicomanogène, ce qui pollue considérablement leur appréciation de l’effet, et contraste notablement avec celui constaté objectivement par leurs médecins.

Tel patient qui voudrait apaiser une douleur par le THC n’a pas besoin que celui-ci accroisse son appétit ; qu’il engendre une ivresse incompatible avec la conduite d’engins à moteur ; qu’il induise une relaxation musculaire ; qu’il diminue sa vigilance ; qu’il perturbe sa mémoire à court terme, sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme, c’est à dire une culture ; qu’à doses élevées il déclenche un état délirant (pensée coupée du réel) et des hallucinations (des perceptions erronées, irréelles) ; que son utilisateur en devienne dépendant / « accro »,  ne pouvant plus arrêter sa consommation, alors que les troubles ayant motivé sa consommation ont disparu.

Le développement d’une tolérance, c’est à dire d’une diminution de l’effet le conduit à augmenter la dose et la fréquence de ses administrations ; il entre dans une course poursuite derrière l’effet recherché qui caracole en tête, au point de lui donner envie de recourir à une drogue plus puissante, en particulier un morphinique. C’est une telle trajectoire qui est à l’origine aux U.S.A. de la « crise des opioïdes » qui, l’an passé, a été à l’origine de 72.000 morts dans ce pays.

G.B. : Estimez-vous que la légalisation du cannabis aurait plus d’effets néfastes que positifs?

J.C. : Pour ce qui est de la légalisation du cannabis récréatif maintenant, mon opposition est encore plus vive que  celle que je viens d’exprimer sur le cannabis abusivement qualifié de « thérapeutique ».

Notons tout d’abord que notre pays est confronté à une véritable pandémie cannabique ; parmi les 28 Etats membres de l’Union Européenne nous sommes, et de loin, les plus grands consommateurs de cette drogue. Elle frappe de plus en plus précocement, dès le collège ; alors que la législation encore en vigueur devrait être dissuasive, le contrevenant s’exposant théoriquement à une année de prison et / ou 3.500 € d’amende, un million et demi de nos concitoyens bravent cet interdit, en consommant au moins dix « joints »  (résine de haschich égrenée dans du tabac) par mois, ou dix «pétards » (constitués de la plante elle même, surtout ses fleurs femelles les plus riches en THC).

Ce niveau de consommation assure une imprégnation permanente de l’organisme en THC. Il est évident que la levée de l’interdiction  associée a une encore plus grande disponibilité de cannabis (le produit « d’Etat » ajouté à celui des dealers qui joueront sur un prix plus bas et une teneur plus élevée en THC) fera exploser le nombre des consommateurs. Dans une enquête sommaire que j’avais effectuée auprès de lycéens et de collégiens qui se déclaraient non consommateurs de cannabis, je les interrogeais sur les raisons de leur abstention ; 40% d’entre eux étaient convaincus de sa toxicité et les 60% autres  s’en abstenaient en raison de son interdiction.

Cela doit nous inciter à redoubler les informations sur ses dangers que nous dispensons depuis bientôt 20 ans, et nous conforte dans la conviction que la loi devait être maintenue, en la faisant mieux connaître, en l’expliquant, en la justifiant et en l’appliquant, non pas au sommet de sa rigueur, mais avec les nuances dictées par les circonstances et non le « classement sans suite » bien trop systématiquement pratiqué. Une attention particulière doit être portée à l’injonction de soins, destinée à sevrer le toxicomane de sa drogue.

Le caractère licite du tabac a recruté en France treize millions de fumeurs, dont 75.000 d’entre eux en meurent chaque année ; la licité de l’alcool a recruté  quatre millions et demi de sujets « alcoolo-dépendants », parmi lesquels quelques centaines de milliers d’ «alcooliques», dont 49.000 d’entre eux en meurent chaque année. On est très au dessus des 3.500 morts annuels de la route, qui bénéficient eux d’une exceptionnelle attention des pouvoirs publics.

La toxicité physique du cannabis est supérieure à celle du tabac ; sa combustion produit 5 à 7 fois plus de goudrons qui sont cancérigènes pour la sphère O.R.L. et broncho pulmonaire ; il est la troisième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; il est à l’origine d’artérites et d’accidents vasculaires cérébraux chez des sujets jeunes. Trois femmes sur quatre qui fument du cannabis sont incapables d’arrêter leur consommation en cas de grossesse. C’est alors pour le fœtus la triple peine : de l’oxyde de carbone qui trouble l’apport d’oxygène au fœtus, du THC, et d’une prématurité  avec une taille et un poids plus petits que ne le ferait une simple prématurité.

Il connaîtra ensuite un retard de son développement psychomoteur, un risque accru de mort subite « inexpliquée » ; dans l’enfance un risque accru d’hyperactivité avec déficit de l’attention ; et à l’adolescence une très grande vulnérabilité aux drogues et toxicomanies. Le mécanisme de cette vulnérabilité est élucidé, il correspond à un effet épigénétique développé par le THC. Cela correspond à une modification de l’expression de certains gènes, qui codent des récepteurs impliqués dans la sensation de plaisir.

Sa perception étant diminuée, le malheureux héritier de cette vulnérabilité, est incité à recourir à des drogues, à n’importe quelle drogue, pour rehausser le niveau du plaisir défaillant. « Les parents ont fumé le cannabis vert et leurs enfants en ont eu les neurones agacés » pourrait-on dire, en détournant une formule du livre d’Ezéchiel.

La toxicité psychique du cannabis / THC est encore plus importante. Elle l’emporte de très loin sur celle du tabac, mais aussi d’assez loin sur celle de l’alcool.

Le THC induit une ivresse incompatible avec la conduite des engins à moteur, au même niveau que l’alcool. L’association, non exceptionnelle, de ces deux drogues  multiplie par 14 le risque d’accidents mortels.

Le THC induit une désinhibition avec prise de risques, une éventuelle auto- ou une hétéro-agressivité. Il incite à des relations sexuelles parfois non consenties, souvent non protégées au plan contraceptif, mais aussi infectieux ( SIDA…)

Il perturbe la mémoire à court terme, sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme, une culture. Cela se traduit par les piètres performances des élèves Français au classement international PISA ; ils sont relégués au 27ième rang, alors que la France compte parmi les Etats qui consacrent le plus de moyens à l’éducation de sa jeunesse. L’éradication du cannabis de toute la sphère éducative ferait gagner, mécaniquement, au moins une quinzaine de rangs.

Après avoir été souvent perçu dans ses usages initiaux comme anxiolytique, le cannabis induit des états anxieux, et souvent même anxio-dépressifs avec, en embuscade, des risques suicidaires.

Il est devenu irréfragable que le cannabis a des relations étroites avec la schizophrénie ; la folie au sens commun du terme, affection fréquente, puisqu’elle affecte 1% de la population, dont on ne guérit pas. Ce risque est d’autant plus marqué que la consommation est plus précoce, plus durable et plus importante. Sur les 650.000 cas attendus en France, plus de 85.000 auraient été évités si le cannabis ne s’en était mêlé.

Les effets du cannabis diminuent au fil des usages. Son consommateur va en accroître et les doses et la fréquence des usages, puis il va recourir à d’autres drogues, sans abandonner le cannabis. Pire qu’une escalade, où l’on abandonne une prise pour en saisir une autre, il s’agit alors d’une polytoxicomanie, ce qui est devenu très commun.

Je synthétise et condense mon propos. Le cannabis est une drogue ; il est toxique pour le corps comme le tabac et l’alcool ; il est très délétère pour la grossesse et pour l’enfant qui en naîtra ; c’est un grand perturbateur du psychisme, à un niveau qui se situe au delà de celui de l’alcool. Ayant désormais une bonne connaissance des méfaits du tabac et de l’alcool, et constatant notre incapacité à s’en affranchir, qui peut imaginer en conscience de leur adjoindre le cannabis, ce qui aggraverait considérablement les désastres qu’ils causent. Halte au feu !

G.B. : Vous avez vu dans les projets de légalisation que des gardes fou ont été prévus, tels l’interdiction de la vente aux mineurs, le développement de campagnes de prévention, des garanties également sur la qualité des produits vendus par l’Etat.. Vous ne croyez pas en leur efficacité ?

 J.C. : Comment pourrais-je y croire, ayant sous les yeux, grandeur nature, les drames du tabac et de l’alcool. L’interdiction de la vente du tabac aux mineurs n’est pas respectée par une majorité des buralistes ;  le tabac au collège démarre dès la sixième ; les premières ivresses sont de plus en plus précoces et fréquentes, avec les « bitures expresses »/ alcoolisations aigües, les comas éthyliques.

Comment imaginer que cette légalisation permettrait des campagnes de prévention ? Quand le coup est parti rien ne l’arrête. C’est avant d’imaginer une éventuelle légalisation qu’il faut les faire. Sinon c’est mettre la charrue au devant des bœufs. La « prévention » en matière de tabac et d’alcool constitue, passez-moi l’expression, « un  bide exceptionnel » aussi, s’en prévaloir est d’une parfaite indécence !

Quant à la qualité des produits vendus par une régie d’Etat, tout donne à penser qu’ils seront boudés par les consommateurs ; les dealers ont encore de beaux jours devant eux. Ces produits d’Etat seront peu dosés en THC, pour tenter de « limiter la casse » ; bien moins dosés en tous cas que ceux qui prévalent aujourd’hui.

Leur teneur en THC de ces derniers, sous la pression des consommateurs, en une trentaine d’années, a été  multipliée d’un facteur 6,5.  Qui peut croire que les consommateurs sont prêts à revenir aux tisanes qui prévalaient il y a une trentaine d’années ?  Le cannabis d’Etat sera boudé aussi en raison de son prix élevé, à des fins de dissuasion et de rentrées fiscales.

Abandonnons les espoirs d’un arrêt du trafic, avec des dealers reconvertis dans l’éducation, la prévention, la vente de sorbets en période de canicule et de muguet au premier Mai. Si leur vente de cannabis venait à diminuer ils accroîtraient leurs ventes de crack, de coke, d’héroïne…. Oublions aussi une police et une gendarmerie dégagées de la traque aux dealers.

G.B. : Comment en est-on arrivés à ce niveau exceptionnel de consommation ? Quelles solutions préconisez-vous ?

 J.C. : Répondre à votre question revient à dessiner les moyens de sortir par le haut de ce grave problème et non par le fond, c’est-à-dire en mettant en oeuvre la vraie mauvaise idée d’une légalisation de cette drogue. On notera au passage que certains y voient un préalable à celle de toutes les autres drogues.

Le cannabis a été constamment banalisé ; les informations scientifiques  accumulées depuis la loi de 1970 qui prohibe cette drogue, vont toutes dans le sens de sa justification, invitant à l’appliquer sans faiblir, afin de protéger l’Homme et particulièrement les jeunes, plus vulnérables, sur lesquels elle s’est abattue. Des preuves multiples et convergentes de nature scientifique, médicale, clinique, épidémiologique se sont accumulées ; mais elles dérangeaient les militants de la légalisation ; elles devaient être fausses ; aussi ont-elles été dissimulées, déformées, contredites avec la plus parfaite mauvaise foi, raillées.

Par contre les broutilles, les anecdotes, qui servaient la cause de la légalisation, qui satisfaisaient les appétits de lucre des uns et l’addiction des autres ont été exaltées.  Ont été mis en exergue les Etats qui ont franchi le pas de la légalisation, en prenant garde d’évoquer ni les bilans ni dles marches arrière discrètes.

L’éducation Nationale consacre au mieux deux heures d’enseignement sur les drogues et toxicomanies. Elles sont souvent dispensées par des représentants de la police nationale  ou de la gendarmerie ; leur action doit être saluée mais, se limitant  au rappel de la loi, cela est très insuffisant. L’Observatoire Européen des drogues et toxicomanies (OEDT) vient d’ailleurs de décerner un carton rouge à la France pour son insuffisance criante en matière de prévention.

La Suède consacre à ce sujet une quarantaine d’heures réparties de la maternelle à l’Université. Sa législation prohibitive est voisine de la nôtre, mais elle est rigoureusement respectée. Aujourd’hui la Suède peut s’enorgueillir de compter (en proportion bien sûr) dix fois moins de toxicomanes que la moyenne européenne.

Des « personnalités », que les média ont promu diapasons et métronomes pour structurer l’évolution de notre société, annoncent depuis 20 ans l’imminence de la légalisation du cannabis, ce qui familiarise avec l’inimaginable.

Des addictologues, à contre emploi, incapables de sortir de cette toxicomanie ceux qui s’y sont fait prendre, apportent leur voix au chœur de la légalisation. Mus par des idéologies libertaires, ils imaginent que la légalisation de toutes les drogues, qu’ils prônent, fera de leur spécialité la première de toutes les spécialités médicales.

Informons, expliquons, justifions, faisons entendre notre opposition par nos arguments à ceux qui ont subverti l’opinion publique. Pourrissons la vie des dealers afin qu’ils ne puissent approcher nos jeunes. Touchons au porte monnaie les consommateurs, non pas par une simple amende en solde de tout compte, mais par la mise en place d’un « cannabis à points », comportant l’inscription de la contravention sur un document informatique qui sera consulté extemporanément lors de l’établissement d’une nouvelle contravention, dont le montant croîtra avec les récidives.

Pour la quatrième infraction le contrevenant devra suivre un stage payant l’informant  des sanctions supérieures et surtout des risques physiques et psychiques auxquels il s’expose ce stage sera conclu par un contrôle des connaissances acquises. Pour prévenir les récidives ultérieures serait mis en place un suivi par un médecin assermenté, qui comporterait pendant quelques années une recherche régulière des cannabinoïdes dans les urines..

 G.B. : Hors ces aspects sanitaires, quel est votre regard sous l’angle social et plus largement sociétal  :

 J.C. :  Notre Nation est engagée dans la mondialisation. Les Nations qui seront en situation favorable pour monter sur le podium de ces jeux olympiques de l’esprit, de l’intelligence, de la technique, des performances, seront celles qui sauront empêcher leurs jeunes de chausser les semelles de plomb du cannabis, la drogue de la crétinisation par excellence ; « la fumette ça rend bête, le chichon ça rend con », « pétard du matin poil dans la main, pétard du soir trou de mémoire ».

Quant à l’argument misérable selon lequel la légalisation du cannabis serait une manne budgétaire pour le budget de la Nation, il est fallacieux. C’est une vision biaisée,  à très court terme. Elle a aussi prévalue pour le tabac et l’alcool, dont on sait désormais qu’ils coûtent beaucoup plus chers à la Nation qu’ils ne  lui rapportent.

« Il n’est de richesse que d’Homme », ni shooté, ni camé, ni paumé !

La devise du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies que je préside depuis 10 ans  s’exprime : « S’il est important de se préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il est encore plus important de nous préoccuper de l’état des enfants que nous léguerons à cette planète »

 

 

*Jean Costentin

Professeur émérite de l’université de Rouen

Docteur en médecine, pharmacien, docteur ès Sciences

Directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie expérimentale, CNRS (1984-2008) ;

Directeur de l’unité de Neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2011) ;
Membre titulaire de l’académie nationale de Pharmacie ;

Membre titulaire de l’académie nationale de Médecine ;

Président (2018-2019) de l’académie des Sciences, Belles Lettres et Arts de Rouen ;

Président (depuis 2008) du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT) ;

Président (1999-2000) de l’association française de Psychiatrie biologique ;

 

Auteur de :

« Halte au cannabis » Ed. Odile Jacob 2007 ;

« Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis » Ed. O. Jacob 2013 ;

« Le désastre des toxicomanies en France » Ed. Docis 2018 ;

« Le cannabis – ses risques à l’adolescence » H. Chabrol, M. Choquet, J. Costentin Ed. Ellipses 2013 ;

« Le cannabis – ce qu’il faut retenir et faire savoir », J.-P. Goullé, P. Mura, J. Costentin  Ed. Lavoisier 2019 ;

« Dictionnaire critique du cannabis » J. Costentin, Ed. Docis  (sous presse)

« Chroniques sur les drogues et toxicomanie » J. Costentin (en cours de relecture)

 

 

 

 

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Quand la consommation mondiale d’alcool s’affaiblit.

Photo : Vinexpo

Mais la bonne nouvelle pour les viticulteurs est que la premiumisation en est une conséquence directe.

Lorsque l’on interrogeait les producteurs de vins à Vinexpo Bordeaux 2019 en mai dernier, la réponse qui revenait systématiquement à la question : quels sont les challenges à relever aujourd’hui dans l’industrie des vins et spiritueux ? était celle de la consommation d’alcool qui chute. Préoccupant. Est-ce dû à un changement de mode vie des consommateurs, davantage axés sur une hygiène de vie dite healthy, où l’alcool n’a que peu de place ? Ou bien à un simple rejet de l’alcool par manque de connaissances sur les valeurs de cette industrie et sur la multiplicité de produits que peut offrir ce commerce ? Est-ce un changement sociétal et culturel à part entière ? Comment le mesure-t-on ?

La consommation mondiale de boissons alcoolisées s’amoindrit. Selon l’étude de l’institut IWSR (International Wine and Spirits Record), 27,8 milliards de caisses de boissons alcoolisées ont été consommées dans le monde en 2017. Au cours des cinq dernières années, la consommation a chuté à un taux annuel de 0,35% par an. Alors même que sur la même période la population mondiale a connu une croissance de 1,15 % par an. Ainsi, la consommation d’alcool par habitant a atteint un taux de 1,48 % par an, passant de 35,2 litres en 2013 à 33,2 litres en 2017.

Consommation mondiale par habitant de boissons alcoolisées

La santé et le bien-être modifient le paysage de la consommation mondiale d’alcool ….

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Pour en finir avec la guerre des drogues

Vidéo disponible jusqu’au 22 Août 2019

Comment combattre les cartels qui font chaque année des milliers de victimes ? Après l’échec patent de la « guerre contre la drogue », de plus en plus d’États se tournent vers des solutions nouvelles, qui pourraient passer par la légalisation.

Lancée par Nixon en 1971, la « war on drugs » contre les cartels d’Amérique latine n’a pas vraiment porté ses fruits. Bien au contraire : les drogues sont aujourd’hui plus accessibles et moins chères que jamais, et les profits des groupes criminels, véritables hydres à plusieurs têtes, sont exponentiels. Les États mobilisent l’armée contre les cartels, au prix de dizaines de milliers de morts et d’une véritable pagaille institutionnelle. Les pays d’origine et de transit – Colombie, Venezuela, Honduras ou Mexique – en ont pourtant assez de faire les frais d’un problème qui n’est pas seulement le leur. La violence, exponentielle elle aussi, épargne en effet les pays d’où provient la demande, principalement les États-Unis et les pays d’Europe.

Casse-tête mondial
Pour de plus en plus d’observateurs, c’est là que les politiques menées en matière de drogue doivent changer de cap. Vouloir éradiquer les stupéfiants en les maintenant dans l’illégalité ne mènerait qu’à l’échec et à la mise en danger des consommateurs. Leur répression doit laisser place à la prévention : d’aucuns militent pour la dépénalisation, voire une gestion nationalisée de la distribution. Ainsi, fin 2016, la Californie décidera par référendum de légaliser ou non le cannabis. La Suisse et le Portugal tournent eux aussi le dos au tout-répressif. La France n’est pas en reste, puisque, malgré les controverses qu’elles suscitent, les premières « salles de shoot » devraient être ouvertes à Paris, Strasbourg et Bordeaux au cours de l’année 2016. Et ce 19 avril, s’ouvre à l’ONU pour trois jours un sommet mondial sur les drogues, où seront débattues de nouvelles approches. De Bogotá à San Francisco en passant par la région parisienne, cette enquête fouillée explore toutes les facettes d’un casse-tête mondial aux implications économiques, sociales, culturelles et morales, et interroge l’opportunité d’un changement de paradigme.

À votre santé ? L’Europe et l’alcool (Arte)

vidéo disponible jusqu’au 22 Août 2019

Les Européens sont les champions de la consommation d’alcool dans le monde.

On compterait 23 millions de citoyens européens dépendants et l’alcoolisme fait 195 000 morts chaque année. Un état des lieux effarant.

En France, les plus de 16 ans boiraient 11,8 litres d’alcool pur par an, suivis par les Allemands avec 11 litres. Les dégâts sanitaires, sociaux et économiques se chiffrent en milliards d’euros chaque année – 120 en France, selon un rapport datant de 2015. Non seulement l’alcoolisme ruine le corps en détruisant en priorité le foie, mais il provoque des internements en psychiatrie, fait voler en éclats des familles et est à l’origine de nombreux accidents de la route. On compterait 23 millions d’Européens dépendants et l’alcoolisme fait 195 000 morts chaque année. Sans oublier les conséquences de l’alcoolisme fœtal qui handicape à vie les enfants à naître.

Les profits des lobbies
Des médecins et des chercheurs, des anciens alcooliques et leurs proches, le commissaire européen chargé de la Santé et de la Sécurité alimentaire, une militante de l’ONG Eurocare qui lutte contre l’alcoolisme en Europe ainsi que le président de la Fédération européenne des brasseurs livrent leurs analyses et leurs témoignages. Ce qui permet de lancer la discussion sur la puissance des lobbies des boissons alcoolisées qui font en permanence pression sur les autorités nationales et européennes pour qu’aucune disposition ne vienne limiter leurs considérables profits. Cela leur permet, entre autres, de multiplier les campagnes de publicité et de sponsoriser de nombreuses manifestations publiques.

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Vente d’alcool dans les stades: «cet article de loi scélérat doit être retiré!»

Vente d’alcool dans les stades: «cet article de loi scélérat doit être retiré!»

INTERVIEW – Le Pr Axel Kahn, président de la Ligue contre le cancer, est fermement opposé à la proposition de loi visant à autoriser la vente d’alcool dans les stades. Il explique pourquoi.

Médecin généticien, le Pr Axel Kahn est président de la Ligue contre le cancer

Le 24 juillet dernier, 70 députés LaREM déposaient une proposition de loi «visant à faire de la France une nation sportive», cinq ans avant les Jeux Olympiques de Paris. L’un des 18 articles qui figurent dans cette proposition a provoqué la colère et l’indignation de plusieurs associations de santé publique. Il s’agit d’une mesure visant à autoriser la vente d’alcool dans les stades.

Vendredi après-midi, la ministre de la Santé Agnès Buzyn a pris fermement position contre les parlementaires, rappelant sur Twitter que «l’alcool tue 41.000 personnes chaque année dans notre pays» et demandant à ne pas inciter davantage à la consommation. Une réaction aussitôt qualifiée d’hypocrite par l’Association nationale des supporters.
Le Pr Axel Kahn, médecin généticien aux multiples casquettes, actuellement président de la Ligue contre le cancer, explique en quoi cet article de loi n’est pas une bonne chose d’après lui.

LE FIGARO. – Qu’est-ce qui vous pose problème dans cet article?

Axel Kahn. – Depuis 1991, la loi Évin interdit la vente, la distribution et l’introduction d’alcool lors d’événements sportifs. Toutefois, les municipalités peuvent accorder 10 dérogations à des clubs amateurs par an. Cet article de loi vise à étendre ces dérogations aux clubs professionnels. L’argumentaire des auteurs de cette loi est le suivant: les grands clubs professionnels ont tous des clubs amateurs qu’ils utilisent pour contourner la loi et ainsi vendre des boissons alcoolisées, donc autant faire cesser l’hypocrisie.

Or il ne devrait pas être question d’adapter la loi à la réalité d’une situation, mais plutôt de tout faire pour empêcher que la consommation d’alcool ne s’aggrave en interdisant son introduction dans les grandes manifestations sportives. C’est dans ce contexte que la ligue dénonce totalement cette proposition. Cet article de loi scélérat doit être retiré, nous nous battrons pour cela.

L’alcool circule déjà dans les événements sportifs amateurs. Qu’est-ce que cela changerait?

Le problème, c’est que les événements sportifs organisés par des clubs professionnels sont de très grands événements. Vendre de l’alcool dans un stade où il va y avoir des dizaines de milliers de personnes, ce n’est pas la même chose qu’en vendre dans un petit événement sportif, ce que de toute façon je regrette. Les parlementaires devraient plutôt s’offusquer que dans le sport amateur, avant et après les matchs, l’alcool coule à flots, et essayer de faire mieux appliquer la loi Évin!

Quelles conséquences sanitaires pourraient avoir une telle loi?

En France, la lutte contre l’alcoolisme est largement un échec. Et ceci pour plusieurs raisons dont le développement de l’alcoolisation festive chez les jeunes, via le milieu estudiantin et les événements sportifs.

L’alcool est responsable de 45.000 décès par an dans notre pays, dont 15.000 par cancer qui sont pour près de la moitié d’entre eux évitables. Il est du devoir de la République de protéger les jeunes, de faire passer des messages de prévention. Cet article 18 fait exactement l’inverse, c’est totalement déplorable. Il banalise, relativise la gravité de la consommation d’alcool. Si des morts peuvent être évités au moyen d’une loi, il ne faut pas s’en priver. Il faut se battre d’arrache-pied sur ce point

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Audrey Bourolleau quitte Vin & Société pour l’Élysée

Lundi 22 mai 2017 par Alexandre Abellan

Ayant quitté ses fonctions entre les deux tours de la présidentielle, Audrey Bourolleau s’était mise en disponibilité durant la campagne présidentielle.
Ayant quitté ses fonctions entre les deux tours de la présidentielle, Audrey Bourolleau s’était mise en disponibilité durant la campagne présidentielle. – crédit photo : DR
À défaut d’un ministre de l’agriculture aguerri au vignoble, le président Emmanuel Macron pourra bénéficier des conseils de l’ex-déléguée générale du lobbying viticole.

Référente du programme agricole du candidat Emmanuel Macron, Audrey Bourolleau devient logiquement la conseillère agriculture, pêche, forêt et développement rural du président fraîchement élu. Une nomination effective aujourd’hui, et qu’elle avait anticipé en quittant la direction de Vin et Société il y a trois semaines. « Avoir l’oreille du président, c’est déjà ça. Quand on voit ce qui nous tombe aux ministères de l’environnement et de la santé… » souffle un élu du vignoble, non moins inquiet que fataliste face aux changements.

Déléguée générale de l’outil de lobbying pendant cinq ans, Audrey Bourolleau « a conçu et mis en œuvre le volet consommation responsable, éducation et œnotourisme de Vin & Société, lancé son portail de la prévention en ligne, piloté la première campagne d’information sur les repères de consommation et impulsé le programme 1 Minute 1 Vignoble »résume le vigneron Joël Forgeau, le président de Vin & Société, dans un communiqué.

De la candidature à l’investiture

L’an dernier, Audrey Bourolleau avait participé à la création de l’initiative La Transition. Se voulant une alternative aux partis politiques traditionnels, le mouvement a rejoint le parti d’Emmanuel Macron fin 2016. Ayant intégré son équipe de campagne, elle a assisté aussi bien à ses meetings qu’à son investiture, en passant par ses débats télévisés (elle pouvait ainsi être distinguée derrière son candidat lors de l’émission du 20 mars).

À noter que si le président est un ancien de la banque d’affaires Rothschild, sa conseillère a pour sa part participé au service marketing de Baron Philippe de Rothschild France Distribution.

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Les viticulteurs californiens en guerre contre les producteurs de cannabis

Les viticulteurs californiens en guerre contre les producteurs de cannabis

Les odeurs indésirables émises par les cultures de chanvre sont considérées comme étant néfastes dans cette région très touristique.

Vin californien et parfum de chanvre font mauvais ménage. Depuis que la Californie a autorisé la consommation récréative du cannabis en 2016, l’ambiance est à couteaux tirés entre les agriculteurs de la côte Est américaine et les producteurs de marijuana, rapporte l’AFP.

Les plants d’herbe ont fleuri depuis trois ans sur les coteaux viticoles des vallées de Santa Ynez et Santa Maria. Ces nouveaux voisins se voient reprocher le fait que leurs cultures émettent des odeurs indésirables et polluent visuellement le paysage, ce qui est jugé néfaste dans une région très touristique. Aux côtés des pieds de vigne se dressent désormais des enfilades d’arceaux recouverts de bâches blanches, dont chaque hectare peut rapporter des millions de dollar

Sans compter que la culture du cannabis contraint certains viticulteurs à abandonner l’usage de pesticides chimiques sous peine d’être poursuivis en justice. Il s’agit de «la plus importante menace pour le secteur depuis 25 ans», estime Stephen Janes, gérant des vignobles de Pence. «Je ne pense pas que ce soit juste qu’une autre industrie débarque et nous oblige à changer», plaide-t-il.

Graham Farrar, le président de l’Association des producteurs de cannabis responsables, juge pour sa part que tout est fait pour entretenir les relations de bon voisinage: dispositifs de contrôle d’odeurs, contribution nouvelle à l’économie locale… Les raisons de la discorde sont à chercher ailleurs. «Beaucoup ne nous aiment pas car ils pensent que le cannabis est immoral», soutient-il.

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NON, la cigarette électronique n’est pas le moyen idéal pour cesser de fumer

Lors de son introduction, il y une dizaine d’années, la cigarette électronique (e-cigarette) a été présentée comme un outil formidable pour obtenir des fumeurs de cigarettes combustibles qu’ils cessent progressivement de fumer. Depuis, son usage n’a cessé de se développer, encouragé par  les producteurs commerciaux qui se sont engouffrés dans ce nouveau marché.

Mais aucune preuve scientifique sérieuse n’était  venue attester que l’e-cigarette n’était pas nocive, ou beaucoup moins nocive que la cigarette combustible. Toutefois, cela n’empêchait pas certains psychiatres addictologues de vanter les mérites du produit et d’en faire un outil essentiel pour cesser de fumer, en prétendant qu’il n’y a pas dans la vapoteuse « ce qui tue », à savoir de l’oxyde de carbone et des goudrons. Mais, depuis quelque temps, une certaine méfiance ne cessait de s’accroître parmi la population et des doutes s’élevaient sur  les vertus de l’e-cigarette.

Or, de nouvelles études viennent d’être publiées qui établissent très nettement que les liquides produits par le vapotage se montrent très dommageables au niveau cellulaire. Ces travaux ont conduit l’OMS a déclarer, dans son rapport du 26 Juillet sur l’épidémie du tabac, que la cigarette électronique est incontestablement nocive pour l’organisme, et à recommander une régulation de ce produit. Dans le même temps, on apprend que San Francisco vient d’en interdire l’usage sur son territoire. La Chine envisagerait également de prendre des mesures dans ce sens.

Une première étude, menée par des chercheurs de Stanford (1), montre que des cultures de cellules-souches vasculo-endothéliales exposées aux liquides de l’e-cigarette (e-liquids) ou au sérum de vapoteurs réagissent par une viabilité réduite, une production accrue de formes  réactives d’oxygène, une activation du stress oxydatif, et une inhibition de la faculté de former des tubes vasculaires et de migrer, une spécificité de ce type cellulaire.

Ceci confirme un dysfonctionnement endothélial. De plus, le milieu conditionné de ces cultures ainsi traitées induit chez des macrophages un état pro-inflammatoire, caractérisé par la production d’interleukines-1ß et -6, deux cytokines qui induisent le stress oxydatif. L’exposition des cultures au sérum des vapoteurs induit également les mêmes phénomènes, perturbant le fonctionnement des cellules endothéliales, en particulier leur aptitude à former des vaisseaux (capacité pro-angiogénique). Les chercheurs ont également observé une production accrue des cytokines inflammatoires dans le sérum des fumeurs de e-cigarettes. Globalement ce tableau correspond aux troubles qui précèdent les maladies cardiovasculaires.

Certes, il s’agit là d’une étude « in vitro », technique qui comporte des limites bien connues. Mais ces résultats ont été confirmés par une autre recherche, menée cette fois chez des souris (2). Celles-ci ont été exposées pendant 3  jours ou 4 semaines à l’air ambiant (contrôles), ou à la vapeur de cigarette électronique contenant soit un mélange de propylène glycol et glycérol végétal, soit ce même mélange plus de la nicotine, soit le mélange avec nicotine et des parfums, ou à la fumée de cigarettes combustibles.

Le stress oxydatif, l’inflammation et la mécanique pulmonaire ont été évalués. Les résultats montrent que la vapeur de l’e-cigarette, spécialement celle contenant l’ensemble des composants accroît le nombre de cellules retrouvées dans le liquide de lavage bronchio-alvéolaire, ainsi que les marqueurs du stress oxydatif, ceci au moins de façon comparable, et dans beaucoup de cas même supérieure à la fumée de cigarette combustible. Le taux de protéine présent dans le liquide de lavage bronchio-alvéolaire était uniquement élevé chez le groupe exposé à la vapeur contenant l’ensemble des composants, pour tous les temps observés. Ces données montrent que l’exposition à la vapeur de cigarette électronique peut déclencher des réponses inflammatoires et affecter le système respiratoire de manière négative. De plus,, dans beaucoup de cas, les parfums ajoutés dans l’e-cigarette exacerbent ces effets néfastes.

Comme on le voit, il n’est plus possible de prétendre que la cigarette électronique peut constituer un moyen idéal de transition pour cesser de fumer. D’ailleurs, les statistiques montrent que 75% des vapoteurs continuent de fumer des cigarettes combustibles. De plus, on constate que bon nombre d’adolescents se mettent à vapoter, pensant que c’est moins risqué, mais comme l’e-cigarette contient toujours de la nicotine, ils deviennent vite accrocs et se mettent à fumer des cigarettes combustibles. Donc, le vapotage contribue également à accroître le tabagisme chez nos jeunes.

Tout ceci devrait inciter certains addictologues à se montrer plus circonspects à l’avenir et à prendre conscience de la responsabilité qu’ils prennent, par leurs déclarations publiques,  vis-à-vis de nos jeunes adolescents.

  1. Journal of the American College of Cardiology 2019, 73, issue 21
  2. American Journal of Physiology. Lung Cellular and Molecular Physiology 2018, 315, Issue 5, L667-L672

Jean-Pierre PUJOL Professeur de Biochimie 

Membre du CNPERT (Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies)