Après la fermeture du marché noir Silk Road en octobre 2013, «  il n’a fallu que quelques semaines avant que des imitateurs occupent la place vacante  » et il y aurait maintenant une cinquantaine de «  cryptomarchés  » et de boutiques permettant à des vendeurs et des acheteurs anonymes le commerce de drogues :

  • drogues illégales,
  • nouvelles substances psychoactives,
  • médicaments sur ordonnance
  • et autres (alcool et tabac clandestins entre autres).

C’est une des observations du think tank Rand, qui publie une étude [PDF] sur les ventes en ligne de drogue. Commanditée par le gouvernement néerlandais, elle évalue le trafic de drogue via la Toile et la place des différents pays. Cette étude a été effectuée en analysant les huit principales places de marché, en épluchant des articles et données, et en menant des interviews de spécialistes (notamment de policiers).

La plantation clandestine de cannabis du film

La plantation clandestine de cannabis du film « Savages » – Oliver Stone, 2012

Selon les données du European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction (EMCDDA), les Pays-Bas sont le principal producteur européen de MDMA (une amphétamine), d’ecstasy et de cannabis (herbe), et le pays pivot pour la résine de cannabis et la cocaïne, cite le rapport. D’où la commande du gouvernement néerlandais.

Le cabinet a étudié les huit plus gros marchés clandestins (il parle de cryptomarchés, mais note que «  marchés du Darknet  » est une expression plus fréquente) : des marchés noirs où on trouve de tout, et pas uniquement des objets ou services illégaux – accessibles par darknet, ces réseaux souvent fantasmés.

Un marché de gros plus qu’un « eBay de la drogue »

Il évalue leur revenu mensuel tiré de la drogue à 12,6 millions d’euros en janvier 2016, 10,5 millions si on ne compte pas les médicaments sur ordonnance, l’alcool et le tabac. Une extrapolation à l’ensemble des marchés clandestins donne un chiffre d’affaires mensuel total de 22,1 millions d’euros, ou avec les mêmes restrictions de 18,5 millions.

Le cannabis, les stimulants et l’ecstasy représentent 70% du chiffre d’affaires des marchés analysés. On y trouve des grosses transactions (de plus de 1 000 dollars), qui représentent près du quart du chiffre d’affaires en janvier 2016.

Un passage de la liste de drogues en vente sur le marché AlphaBay, le 27 juin 2016

Un passage de la liste de drogues en vente sur le marché AlphaBay, le 27 juin 2016

Les auteurs supposent en conséquence que beaucoup de clients sont en fait des dealers qui s’approvisionnent en ligne avant de revendre hors ligne. Et ils critiquent du coup l’analogie répandue selon laquelle ces marchés seraient «  un eBay de la drogue  » (on suggère au député Bernard Debré et à Valeurs actuelles de lire cette étude).

Les vendeurs semblent agir depuis les Etats-Unis d’abord (890), le Royaume-Uni (338) et l’Allemagne (225). Les dealers indiquant qu’ils expédient depuis les Etats-Unis ont produit 36% du revenu de toutes les drogues de l’échantillon étudié.

«  D’autres pays anglo-saxons (le Canada et le Royaume-uni) de même que des pays d’Europe de l’Ouest (les Pays-Bas, l’Allemagne, l’Espagne et la France) ont également contribué à des parts substantielles des revenus.  »

Les e-commerçants néerlandais ont les meilleurs chiffres d’affaires

Du vendeur au client, ce sont les circuits (relativement) courts qui marchent le plus  : les circuits les plus fréquents – lorsqu’ils sont identifiables, ce qui est le cas pour près de deux tiers de ces circuits – sont à l’intérieur des Etats-Unis (vendeur et acheteur), au sein de l’Europe et en Océanie.

En montants, les vendeurs basés aux Pays-Bas (qui ont reçu 8% de l’ensemble du chiffre d’affaires des drogues) sont en tête  : le revenu par vendeur est 2,4 fois supérieur à celui des vendeurs en Grande-Bretagne et 4,5 fois à celui des vendeurs aux Etats-Unis.

Pour combattre ces trafics, selon les auteurs, les méthodes traditionnelles d’enquête s’appliquent aussi au commerce en ligne  : infiltration d’agents, surveillance et interception postales, surveillance en ligne (big data, analyse des places de marchés, suivi des circuits financiers), perturbation (en fermant des cryptomarchés), plus une coopération et une coordination internationales améliorées.

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Publié par : cnpert | 31 juillet 2016

PRINCIPALES OBJECTIONS À LA LÉGALISATION DU CANNABIS

par JEAN COSTENTIN

700 000 français fument quotidiennement du cannabis

La revendication d’une légalisation du cannabis (chanvre indien) réapparait périodiquement ; les périodes électorales étant propices à son émergence. La loi sur les stupéfiants (1970) a déclaré le cannabis illicite ; malgré son ancienneté, elle n’a rien perdu de sa pertinence, de nombreuses données récentes confirmant sa nocivité. La France, au premier rang des états Européens pour sa consommation, compte 1 600 000 usagers réguliers et 700 000 usagers quotidiens.

Pourquoi le cannabis est-il mauvais ?

? Le cannabis, par son tétrahydrocannabinol (THC), induit une dépendance psychique, ainsi qu’une dépendance physique. C’est une drogue lente qui s’attarde des jours et même des semaines dans l’organisme, ce qui distille le syndrome d’abstinence attaché à sa privation.

? Le taux de THC des produits en circulation a été multiplié d’un facteur 3 à 8 au cours des dernières décennies. Les effets ébriants ne sont plus ceux d’une cannette de bière (5°) mais à ceux d’une flasque de whisky (40° alcoolique).

? Les premiers usages sont précoces : 300 000 collégiens l’ont expérimenté ; or, plus tôt l’essayer, c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer. Il s’abat ainsi sur des jeunes en pleine maturation cérébrale et en phase construction psychologique ; 20% des expérimentateurs l’adoptent (en deviennent dépendants) alors qu’on ne dispose d’aucun traitement pour les en détacher.

? L’usage de la pipe à eau, en vogue chez les adolescents, multiplie d’un facteur 100 la cession du THC à l’organisme.

? Le THC est la seule drogue qui se stocke durablement dans les lipides/graisses de l’organisme. Derrière son effet aigu (5 à 8 heures), associant sédation, ivresse, délire, hallucinations, d’autres effets, plus discrets, persistent plusieurs jours. Le cannabis n’est pas une drogue douce, c’est une drogue lente !

? Le cannabis est un passage vers d’autres drogues. Associé au tabac, il aide à la combustion de sa résine (haschich – shit) ; Il incite à la consommation d’alcool (avec lequel il fait mauvais ménage) ; Il incite au passage à la cocaïne, aux amphétamines et, pire encore, aux morphiniques.

? Ajouté au tabac il accroit sa toxicité chronique, responsable en France de 78 000 morts chaque année et de beaucoup d’estropiés.A l’heure où l’on voudrait éradiquer ce tabac, l’ajout du cannabis est criminel.

? La toxicité aigue du THC peut se manifester par :

Les « bad trips », faits d’anxiété, de sentiment de dépersonnalisation, d’impressions de devenir fou ou de sensation de mort imminente. L’ivresse, l’ébriété, sont à l’origine de comportements dangereux pour soi et pour autrui.

La désinhibition peut inciter à des prises de risque, à des relations sexuelles non consenties, ou sans prophylaxie contraceptive et sans prophylaxie des maladies sexuellement transmissibles (hépatites B ou C, SIDA..).

Des risques au volant, comme au travail (plus de 300 morts de la route lui sont imputables). Son association à l’alcool multiplie par 14 le risque d’un accident mortel. La lutte contre les accidents de la route et du travail passe par l’éradication du cannabis.

? Le cannabis diminue la sécrétion de l’hormone mâle, la testostérone ; réduisant la libido ; avec régression des caractères sexuels masculins ; diminution du nombre de spermatozoïdes et de leur capacité de féconder l’ovule. Il est responsable d’une variété de cancer du testicule (le « germinome non séminome »).

? 3/4 des femmes fumant tabac et cannabis sont incapables d’arrêter en cas de grossesse. Il s’ensuit : une prématurité ; une hypotrophie plus marquée que du fait de la seule prématurité ; un retard du développement psychomoteur dans l’enfance ; une incidence accrue de mort subite inexpliquée du nourrisson ; le développement fréquent du syndrome d’hyperactivité avec déficit de l’attention ; une vulnérabilité accrue à développer des toxicomanies à l’adolescence.

? Le THC diminue les défenses immunitaires (qui luttent contre les intrus microbiens). Ç’en est fini du cannabis chez les sidéens, où il peut tenir en échec les trithérapies coûteuse qu’on leur applique.

? La fumée du cannabis est plus agressive que celle du tabac pour les voies respiratoires. Elle comporte davantage d’oxyde de carbone, qui réduit la capacité de l’hémoglobine à transporter l’oxygène des poumons aux muscles («mauvaise pioche» pour les sportifs). Elle comporte 7 fois plus de goudrons cancérigènes (pour la gorge, les bronches et les poumons) que la fumée du tabac.

? Anesthésier nos jeunes au cannabis diminue leur résilience. Les évolutions de notre société les perturbent suffisamment pour ne pas ajouter à leurs troubles.

? Le cannabis est toxique pour le cœur et les vaisseaux (3ième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; il induit chez des sujets jeunes des artérites des membres inférieurs, ainsi que des accidents vasculaires cérébraux).

? Des études récentes éclairent les mécanismes par lesquels le cannabis peut induire des cancers, des anomalies génétiques et des monstruosités chez les fœtus de mamans exposées au cannabis, ainsi que des modifications génétiques chez des enfants issus de parents qui en ont consommé avant de procréer.

? Le « cannabis médicament » est un subterfuge (cheval de Troie, pour le faire accueillir dans notre société). L’Académie Nationale de Médecine a conclu : « le cannabis : un faux médicament, une vraie drogue ».

? Ce sont les mêmes qui prônent la légalisation du cannabis et l’ouverture de « salles de shoots » pour toxicomanes ; leur dernière gare pour accueillir ceux qui ont débuté ce voyage sans retour dans le wagon cannabis.

? L’anxieux, apaisé par le cannabis, en use et bientôt en abuse ; quand il devient inopérant l’anxiété réapparait, bien plus vive qu’elle était primitivement. Il en va de même avec les troubles dépressifs qui, après avoir pu être apaisés, cessent de l’être pour réapparaitre plus gravement alors, avec un risque suicidaire accru.

? Le cannabis perturbe les processus éducatifs : par l’ivresse ; par diminution de l’éveil ; par défocalisation de l’attention ; en perturbant l’analyse des concepts, la synthèse des données, la formation de la mémoire à court terme, sans laquelle ne peut se constituer une mémoire au long cours. Il induit un syndrome amotivationnel. La France, qui dépense tant de moyens pour l’éducation de ses jeunes ne devrait tolérer que ses efforts soient ruinés par cette drogue (27 ième place au classement

? La relation est bien établie entre la consommation du cannabis et le développement de la schizophrénie (la folie). L’éradication du cannabis réduirait de près de 80 000 le nombre de schizophrènes. Le drame que constitue cette affection, pour ses victimes, leur famille et la société, justifie les efforts que l’on devrait déployer pour y parvenir.

Une étude néo-zélandaise montre que sur 1000 gamins ayant débuté leur consommation de cannabis entre 12 et 15 ans, 10 % d’entre eux (100 gamins) étaient devenus schizophrènes à 18 ans. Une autre, en Suède (1983), établit qu’avoir fumé plus de 50 « joints » avant 18 ans multiplie par 6 le risque de devenir schizophrène dans les 10 années suivantes.

La Suède qui s’était égarée dans la permissivité a redressé la barre, après en avoir mesuré les méfaits. Elle peut s’enorgueillir aujourd’hui de compter dix fois moins de toxicomanes que la moyenne Européenne.

Pour affronter la compétition internationale, il faut stimuler et développer l’intelligence de nos jeunes et non leur faciliter l’accès à une drogue qui, outre sa toxicité physique, rend dangereux, apathique, indifférent, résigné, revenu de tout sans être allé nulle part, anxieux, dépressif, voire fou.

La consommation des drogues licites, à l’origine d’une alcoolo-dépendance concernant en France quatre millions d’individus, faisant 49 000 morts tout comme l’addiction au tabac affectant quatorze millions d’entre nous et responsable de 78 000 morts annuelles, montre, grandeur nature, vers quels niveaux se situerait le nombre des fumeurs de cannabis si cette drogue était aussi librement dispensée.

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Publié par : cnpert | 31 juillet 2016

Neurobiologie de l’addiction

Brain Illustration Reward

François Coudoré est professeur de toxicologie à l’Université Paris Sud, ainsi que spécialiste des questions de neuropharmacologie et de neurobiologie de la douleur. Ce texte revient en détail sur les mécanismes neurobiologiques communs aux diverses addictions, et notamment sur  la libération de dopamine induite par la stimulation artificielle de la zone dopaminergique mésocorticolimbique, voie finale commune de la récompense. L’addiction est ainsi à comprendre comme une neuroadaptation du cerveau.

La drogue est une substance à l’origine d’une addiction, appelée aussi comportement addictif, consistant en la recherche compulsive de la consommation de cette substance pour des raisons que nous détaillerons plus tard. L’augmentation de consommation est à l’origine de l’abus ou usage nocif, mais l’arrêt reste encore possible. L’abus est défini comme une consommation qui expose à des complications, soit secondaires à la consommation aiguë (accidents ou violence avec l’alcool, syndrome coronarien aigu avec la cocaïne, coma ou décès avec l’héroïne), soit secondaires à la consommation chronique, mais ces complications ne sont pas encore présentes.

Lors de l’usage nocif, les dommages physiques, psychoaffectifs et sociaux sont présents, ils sont associés à une répétition de la consommation, mais … LIRE LA SUITE

L’exposition à la fumée de cannabis serait plus dangereuse pour les artères que le tabagisme passif, selon une nouvelle étude.

En cas d’exposition chronique, les risques cardiovasculaires pourraient ainsi être augmentés.

cannabis fumée

Selon une étude américaine, la fumée secondaire de cannabis aurait un effet plus délétère sur nos artère que le tabagisme passif.

Avec les chercheurs, les rats ont du pot

Pour juger de l’effet sur notre système cardiovasculaire des effets de la fumée de cannabis, les chercheurs ont utilisé un modèle animal : le rat. « Les artères de rats et d’hommes réagissent de la même façon face à la fumée secondaire du tabac, donc la réponse des artères de rat à la fumée de marijuana est susceptible de refléter la façon dont nos artères pourraient réagir« , a déclaré Matthew Springer, Ph.D., professeur de médecine à l’Université de Californie (San Francisco).

Après avoir exposé les rongeurs à de la fumée de cannabis à des niveaux comparables avec une « exposition normale », les chercheurs ont évalué l’état de la fonction endothéliale au niveau de leur artère fémorale (femoral artery flow-mediated dilation). Plus simplement, ils ont jugé de la capacité des artères à permettre une bonne circulation sanguine. Une altération de la fonction endothéliale est l’une des premières étapes conduisant à l’obstruction des vaisseaux par des plaques graisseuses (athérosclérose) et donc à un risque d’accident cardiovasculaire.

 La fumée de cannabis montre un effet plus durable que la fumée de tabac

Résultat : les vaisseaux sanguins des rats ont mis trois fois plus de temps pour récupérer leur fonction initiale (90 minutes) après seulement une minute d’exposition à la fumée de marijuana, par rapport à la fumée du tabac (30 minutes).

« Bien que l’effet soit temporaire pour la fumée de cigarette et de marijuana, ces soucis temporaires peuvent se transformer en problèmes à long terme si les expositions sont chroniques et peuvent favoriser l’athérosclérose et une obstruction des artères« , a déclaré Matthew Springer.

Les chercheurs ont également découvert que la simple combustion de la matière végétale induit un effet délétère sur les vaisseaux sanguins, indépendamment de la présence de produits chimiques comme la nicotine et le tétrahydrocannabinol (THC), l’ingrédient psychoactif de la marijuana, ou de papier à rouler.

Eviter de respirer toutes les fumées

Le Pr Springer juge que, dans le contexte américain où de nombreux états légalisent la marijuana médicinale et récréative, il est important de comprendre les conséquences sanitaires de l’exposition à la fumée secondaire de marijuana. Il conclut que l’inhalation de la fumée doit être évitée, indépendamment du fait qu’elle vienne de tabac, de marijuana, ou d’autres sources.

David Bême

Créé le 29 juillet 2016

Sources :

One Minute of Marijuana Secondhand Smoke Exposure Substantially Impairs Vascular Endothelial Function. – Wang X, Derakhshandeh R, Liu J, Narayan S, Nabavizadeh P, Le S, Danforth OM, Pinnamaneni K, Rodriguez HJ, Luu E, Sievers RE, Schick SF, Glantz SA, Springer ML. – J Am Heart Assoc. 2016 Jul 27;5(8).(abstract accessible en ligne)

On fume moins, on boit moins, on se drogue moins dans les collectivités d’outre-mer qu’en métropole.

Ces affirmations, si elles vont à l’encontre des idées reçues, ne sont pas tout à fait nouvelles. Mais pour la première fois, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) dispose d’une photographie complète et détaillée des usages de « drogues » (tabac, alcool, cannabis et autres) en Guadeloupe, en Martinique, à la Réunion et en Guyane, et ce, pour les personnes âgées de 17 à 75 ans. Les résultats, recueillis en 2014 par l’OFDT et l’agence Santé publique France et comparés aux données de la métropole, ont été rendus publics jeudi 28 juillet.

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Publié par : cnpert | 27 juillet 2016

La marijuana synthétique, tout sauf inoffensive

Imitation chimique du THC, l’élément actif contenu dans la marijuana en feuilles, le cannabis synthétique a une appellation faussement innocente. Comme l’explique à Dominique Arnoldi le professeur à l’Université de Montréal Jean-Sébastien Fallu, ce stupéfiant attire les consommateurs américains par son bas prix, mais il contient des produits variés et très peu connus qui peuvent causer des effets très néfastes sur la santé.

En plus d’être potentiellement addictif, le cannabis synthétique a des effets plutôt désagréables, explique Jean-Sébastien Fallu : « Beaucoup d’utilisateurs se sont plaints de palpitations, de sensations qu’ils ne connaissaient pas, et c’est pour ça d’ailleurs que plusieurs se retrouvent à l’urgence. » La marijuana synthétique a entraîné plus de 30 surdoses en une seule journée à Brooklyn, aux États-Unis, au début de juillet.

Cela fait longtemps que le cannabis synthétique est arrivé à Montréal, mais il est bien moins répandu qu’aux États-Unis. Les hypothèses avancées pour expliquer cette différence sont que la marijuana naturelle est beaucoup plus accessible et moins dispendieuse ici, en plus d’engendrer de plus faibles conséquences légales que lorsqu’elle est consommée chez nos voisins du sud.

AUDIO : La marijuana synthétique et ses risques : Entrevue avec Jean-Sébastien Fallu

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Comme les Alcooliques anonymes, les narcodépendants se rendent à des réunions hebdomadaires pour soigner leur addiction. Nous avons suivi l’une d’entre elles.

Comme leurs grands frères des Alcooliques anonymes, ils sont installés en cercle autour d’une table. Comme eux, ils se présentent par un prénom suivi de la formule : « Bonjour, je suis dépendant », à laquelle les autres répondent en écho. Dans cette salle de l’hôpital européen Georges-Pompidou (Paris XVe), ces hommes et ces femmes (une vingtaine au total) sont membres des Narcotiques anonymes. Les NA, pour faire plus simple. Et ce qui frappe immédiatement lorsqu’ils se mettent à parler, c’est qu’à aucun moment le « produit », source de leur dépendance, n’est nommé. Héroïne, cocaïne, médicaments… on n’en saura rien.

Si l’association existe depuis 1953 aux Etats-Unis, elle n’a vu le jour en France qu’en 1984. Mais elle compte désormais 146 réunions hebdomadaires sur tout le territoire, dont 65 à Paris. Et c’est en France que se tient jusqu’à ce soir à Port-Marly (Yvelines) une convention européenne des NA, accueillant spécialistes des addictions et dépendants en rétablissement venant de toute l’Europe. La seconde chose qui marque chez les NA, c’est leur jeunesse. Beaucoup de trentenaires dans cette salle parisienne. En France, la moyenne d’âge des membres de cette fraternité est de 44 ans. L’âge de raison nécessaire sans doute pour reconnaître qu’on souffre d’« une maladie incurable mais dont on peut arrêter la progression ». C’est Sophie* qui vient de donner cette définition de la dépendance en lisant à haute voix l’une des douze étapes du programme de rétablissement.

Après cet autre rituel, inspiré aussi des Alcooliques anonymes, le modérateur de la réunion souhaite faire parler ses camarades « de l’envie de consommer ». Les mains se lèvent pour prendre la parole. Eric se dit « speed et angoissé ». Il va bientôt déménager à Barcelone, en Espagne, avec femme et enfants. Cela fait plus de vingt ans qu’il vient dans ces salles. « Je suis ravi mais j’ai peur. Barcelone est une ville pleine de tentations… et je bosse avec un mec qui consomme. Je ne dirai pas que j’ai eu une envie de consommer, mais plutôt une petite pensée pour un produit que je n’ai pas pris depuis très, très longtemps. »

38% de femmes

Un autre se lance. Lui a arrêté depuis huit ans. « Je me rends bien compte que j’ai déplacé ma dépendance vers mon travail. Je suis dans un tel état de fatigue que j’ai l’impression d’être défoncé, et je n’aime pas du tout cet état flottant. » Au tour de ce quadra, amateur de musiques électro. « J’ai fait mon premier concert clean, mais j’y suis allé avec ma femme car, comme je le redoutais, j’ai eu très envie de consommer. Quand je consommais, j’étais un vrai tyran domestique. J’ai toute une pile de tabourets cassés à la maison… mais j’en ai recollé deux ce week-end. »

Chez les NA, les femmes sont moins présentes (38 %). Laurence est l’une d’elles. Elle travaille dans un hôpital et raconte la minute de silence en hommage aux victimes de l’attentat de Nice. « Si j’avais consommé, soit je ne serais pas venue, soit je me serais effondrée en larmes pour que 300 personnes s’occupent de moi. » Fin de l’intervention, silence respectueux. Le modérateur enchaîne, bouleversant. « Je n’arrive pas à vivre avec ça à proximité. J’ai quitté un associé qui consommait, un pote en rechute et là, après quinze ans de mariage, c’est ma femme qui découvre la consommation. Elle trouve ça génial, tout lui réussit, mais moi, comment je gère ça, moi ? Un pote, un associé, on peut arrêter de les voir mais sa femme ? »

* Tous les prénoms ont été changés.

280 000 accros en France

280 000 personnes sont considérées comme des consommateurs problématiques de drogues, parce qu’ils se l’injectent par voie intraveineuse, qu’ils prennent régulièrement des opiacés (héroïne, anti-douleurs à base de codéine ou de morphine), de la cocaïne ou des amphétamines. Plus grande association mondiale d’entraide pour les dépendants aux drogues, Narcotiques anonymes (NA) organise 63 000 réunions par semaine dans 132 pays. Avant de venir, près de 90 % des gens ont tenté d’arrêter seuls et 66,7 % fait des cures de sevrage. Si l’alcool est un sérieux problème pour 88,5 % des membres, la plupart sont polyconsommateurs. Plus de 80 % fument du cannabis, 71,5 % prennent de la cocaïne, 62 % des opiacés, 59 % des anxiolytiques.

D’après une étude de 2014, 43 % des personnes ayant suivi un programme NA n’ont pas rechuté et reconstruisent leur vie. 89 % ont retrouvé des liens sociaux et 79,2 % voient une amélioration des relations familiales. 72,2 % admettent redécouvrir des centres d’intérêt.

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Publié par : cnpert | 21 juillet 2016

Les drogues et la race en Grande-Bretagne

La pénalisation de la consommation de stupéfiants au cours du XXe siècle en Grande-Bretagne s’est développé comme moyen de contrôler les classes « dangereuses », en particulier les populations racisées. Ce texte est une version adaptée, avec l’autorisation de l’auteure, du chap. 2 du livre Race and Drug Trials: The Social Construction of Guilt and Innocence (1999). Traduction et adaptation : A. C. Zielinska. Lire la suite

Publié par : cnpert | 19 juillet 2016

L’herbe synthétique, est-ce dangereux ?

Alors que l’expérience de la « fumette » se généralise chez les plus jeunes, les cannabis de synthèse ont pénétré le marché des drogues en France. Ces nouveaux produits de synthèse (NPS), perçus à tort comme anodins, peuvent avoir des conséquences dramatiques.

Dimanche, comme dans d’autres soirées, Arnold, 24 ans, a tiré sur un joint qui tournait. Depuis quelque temps, Arnold et ses amis fument sans se cacher : comme il aime le dire, le cannabis « s’est démocratisé ».

Quelques minutes plus tard, Arnold a senti une grande vague de panique l’envahir, de plus en plus pressante. La montée des effets de la drogue était extrêmement brutale. Pris d’angoisse, il a redemandé le nom de l’herbe. « Elle arrache hein ? C’est parce que c’est du synthétique », s’est-il entendu répondre. Et Arnold s’est aperçu qu’il n’avait aucune idée de ce qu’il avait absorbé.

K2, Spice… Les connaître pour les éviter

Arnold n’existe pas. Par pitié pour notre personnage, on dira qu’il en a été quitte pour un « bad trip » qui lui a passé l’envie de reprendre du cannabis synthétique. Mais entre problèmes cardiaques, démence, paranoïa, hallucinations, délires suicidaires, les effets secondaires de cette drogue font froid dans le dos. Même les blogs à destination des adeptes d’herbe les déconseillent fortement.

(Photo : Fred Dufour/AFP)

Ce qu’on appelle le cannabis synthétique est classé par les spécialistes parmi les Nouveaux Produits de Synthèse (NPS), des substances chimiques qui imitent les effets des drogues illicites. Dans le commerce, elles ressemblent à s’y méprendre aux produits naturels : un mélange de plantes séchées, sur lequel le produit de synthèse a été vaporisé. Ces drogues, d’abord apparues aux États-Unis, ont de quoi inquiéter les pouvoirs publics : elles sont difficiles à repérer (donc à interdire) au fur et à mesure de leur création. Surtout, la recherche sur leurs effets secondaires est encore à ses débuts, et ils sont encore très imprévisibles.

« Un peu comme le crack vis-à-vis de la cocaïne »

Ces produits imitant la « weed » sont déjà sous les radars de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (EMCDDA) depuis une dizaine d’années. En Europe, selon l’EMCDDA et sur la seule année 2015, 24 produits en contenant sont apparus. Les affaires liées à ces produits se multiplient, et la France n’est pas en reste. Ce week-end, c’est sur l’île de Mayotte que 16 personnes ont été arrêtées en lien avec une enquête de trafic international. Ils sont soupçonnés d’avoir écoulé 10 kg de ces drogues de synthèse sur l’île en 3 ans, pour une valeur marchande estimée à plus de 2 millions d’euros.

Pourtant, passé l’engouement de la nouveauté au début des années 2010, les entrées en France semblent subir une légère baisse. Elles s’illustrent par les chiffres de saisies des NPS aux frontières : 340 kg en 2015, pour 360 en 2014. « J’imagine que les consommateurs sont déçus des produits qu’ils ont achetés », commente une source de la Direction générale des Douanes.

(Infographie : Ouest-France)

Vendus sous les noms de Spice, K2, Skunk, Moon Rocks, Red Dawn, (etc.) leur popularité tient au fait qu’ils sont présentés comme « plus euphorisants » par ceux qui les commercialisent. Et en effet, ils ont été conçus pour être ce qu’on appelle, dans le jargon, des « agonistes purs ». « Grossièrement, ça veut dire que la molécule qui active le récepteur dans notre cerveau va le faire de façon plus directe » explique Jean Zwiller, chercheur en addictologie au CNRS.« Un peu sur le même principe que le crack vis-à-vis de la cocaïne », précise-t-il.

Mais l’absence de THC (principe actif du cannabis) n’empêche pas ce type de substances euphorisantes d’être terriblement dangereuses.« Ceux qui recherchent ces produits le font pour des effets euphorisants plus intenses, mais ils ne pensent pas que tous les effets dévastateurs du cannabis sur le cerveau sont, eux aussi, exacerbés », détaille le chercheur.

Une dépendance accrue ?

Inquiet, le scientifique prévoit : « Malheureusement, la recherche sur le cannabis de synthèse en est encore à ses débuts, mais on peut prévoir que la dépendance, elle aussi, sera plus forte. Quand je rencontre des jeunes pour parler de drogue, ils me disent souvent que le cannabis n’induit aucune dépendance. C’est faux. »

(Photo : AFP)

En effet, 7 à 9 % des usagers réguliers de joints sont dépendants. « Cela peut paraître peu, mais quand on sait que plus de la moitié des jeunes fument du cannabis en France, ça donne au bout du compte un grand nombre de dépendants. » Pour cet addictologue, ceux qui expérimentent ces nouvelles substances ne se rendent pas compte des risques, par manque de renseignements. Et il insiste :« L’effet recherché par les personnes qui consomment des drogues n’est jamais la dépendance ! »

Non, ces drogues ne sont pas licites

On entend souvent déclarer à tort que les drogues de synthèse sont « légales ». Une rumeur qui peut contribuer à la perception faussée de leur dangerosité. Mais en France, la plupart de ces drogues ont été interdites dès 2009. Ce qui est vrai, c’est qu’elles sont entrées sur le marché via des vides juridiques. « Elles ont pu être présentées comme légales, simplement parce que le législateur n’avait rien prévu », fait remarquer Jean Zwiller.

Souvent commercialisées sous des formes anodines, comme de l’encens, ces drogues ont mis du temps à être identifiées comme telles. Pour ne rien arranger, les fabricants ajoutent souvent des mentions comme « impropre à la consommation humaine » sur les produits, afin de tromper les services publics.

Le drame, c’est que ces produits n’ont effectivement pas été conçus pour une consommation humaine. « Au début, j’ai cru que c’étaient des vendeurs de drogue qui avaient inventé ces cannabinoïdes », explique Jean Zwiller. « Mais c’est un chercheur en chimie organique, John William Huffman, qui a synthétisé les premiers cannabinoïdes de synthèse à des fins de recherche sur le cannabis. » Et d’ajouter :« Il paraît qu’il s’en veut beaucoup. »

Source

Publié par : cnpert | 19 juillet 2016

Cannabis et Sécurité routière

Cliquez sur l’image pour voir la vidéo cannabis et securite routiere

ILE MAURICE

Un sachet de la drogue synthétique « strawberry » se vend à Rs 100 (3€), ce qui la rend accessible aux jeunes.

La « strawberry » est prisée par les jeunes en ce moment. Elle peut être sous forme de bonbons ou de chocolat. Une association lance une campagne de prévention.

Une association socioculturelle tire la sonnette d’alarme sur WhatsApp. Plusieurs parents ont reçu un message disant que la strawberry se vend aux alentours de plusieurs établissements scolaires. L’association lance un appel aux parents pour qu’ils dissuadent leurs enfants d’accepter des bonbons offerts par des étrangers et des amis. La situation devient encore plus préoccupante, dans la mesure, où, la semaine dernière, dix jeunes ont été admis à Brown-Séquard.

« Cette drogue est, en effet, disponible depuis quelque temps », indique Imran Dhannoo. Ce que redoute surtout le travailleur social est le fait qu’un sachet de cette drogue synthétique se vende à Rs 100, soit un produit qui est à la portée des jeunes.

« Seul le nom change… »

Imran Dhannoo explique qu’il y a plusieurs familles de drogue de synthèse, dont les cannabinoïdes. Ceux-ci contiennent une substance qui imite le tétrahydrocannabinol (THC), le principe actif du cannabis, qui procure une sensation d’euphorie ou de bien-être. « La drogue de synthèse est une imitation du THC, qui se trouve dans le cannabis naturel. À Maurice, elle est connue sous divers noms : fraise, C’est pas bien… En 2013, on connaissait le Black Mamba. Actuellement, la drogue la plus prisée est Bat dan latet. »

Ce que confirme le travailleur social Ally Lazer. « Auparavant, on avait Ben Laden, ensuite Black Mamba et maintenant Bat dan latet », confie-t-il. Concernant la strawberry, il affirme qu’elle est en effet disponible depuis quelque temps. « C’est seulement le nom qui change, car il faut écouler le produit. Il y a des collégiens qui ont déjà consommé cette drogue. »

Selon une étude menée par le ministère de la Jeunesse et des Sports en 2015, un élève sur cinq consomme du cannabis ou de l’héroïne. Le rapport Youth Determinants in Mauritius, financé par les Nations unies, décrit le comportement des jeunes âgés de 15 à 24 ans à Maurice. L’étude souligne que les garçons sont les plus touchés par les drogues. 16,2 % ont déclaré avoir fumé un joint dans l’enceinte de l’école. Ainsi, le rapport recommande de mettre l’accent sur des programmes de prévention au niveau des écoles ou encore dans des centres communautaires. De plus, l’étude estime qu’il faut développer de nouvelles campagnes antidrogue.

En 2013, il y a eu cinq arrestations, 19 en 2014, 103 en 2015 et 111 de janvier 2016 jusqu’au 10 juillet 2016.

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Publié par : cnpert | 6 juillet 2016

Le cocktail tabac-cannabis réduit les chances de sevrage

Mélanger tabac et cannabis : un cocktail explosif pour l’addiction. Les adeptes de la fumette pure ont plus de chance d’arrêter le tabac que ceux qui associent les deux drogues.

Le cocktail tabac-cannabis réduit les chances de sevrage
Du tabac à rouler, de l’herbe, une feuille de papier à cigarette : voilà comme de nombreux amateurs consomment du cannabis. Un cocktail qui réduit les dépenses mais qui n’est pas sans effet sur le cerveau. Selon une étude parue dans Frontiers in Psychiatry, associer les deux drogues nuit au sevrage. Pour parvenir à ces conclusions, les chercheurs s’appuient sur un sondage réalisé auprès de 33 600 consommateurs.

Un cocktail européen ?

Ces participants sont issus de presque tous les continents : Europe, Amérique du Nord, Amérique du Sud et Océanie ont été interrogés sur la façon dont le cannabis était pris. Le mode de consommation change selon les origines. Pétards, blunts, pipes… les Européens sont bien plus friands du mélange avec le tabac que les Néo-zélandais à l’autre bout de la planète. 77 à 90 % des habitants du Vieux continent associent les deux drogues.

Le recours aux vaporisateurs de cannabis, exclusivement sans tabac, est en revanche bien plus fréquent au Canada et aux Etats-Unis. Ce n’est pas le cas dans les autres pays interrogés.

Moins motivés

Mêler cannabis et tabac, voilà qui ne devrait pas ajouter plus de risques que ceux déjà apportés par les deux produits. Surtout que le cannabis est assez peu addictif. En réalité, les adeptes du cocktail réduisent leurs chances de s’arrêter un jour. « Nos résultats montrent que la consommation simultanée de tabac et de cannabis est associée à une moindre motivation à l’arrêt du tabac et à chercher de l’aide pour cela », résume Michael Lynskey, co-auteur de l’étude.

Les chiffres sont éloquents : les partisans de la fumette pure ont 80 % plus de chance de vouloir une aide pour réduire leur consommation de tabac et deux fois plus de chances de s’y préparer activement. Les mélangeurs, eux, se montrent moins attirés par l’idée d’abandonner leurs cigarettes. Il y aurait donc une dépendance psychologique supplémentaire.

« La dépendance au cannabis et au tabac se manifestent d’une manière similaire, à tel point qu’il est difficile de distinguer les personnes qui utilisent les deux », souligne toutefois Chandri Hindocha, qui signe également la publication. Au vu du nombre massif de consommateurs dans le monde, la tâche semble particulièrement ardue : 1 milliard de personnes fument du tabac et 182 millions inhalent du cannabis.

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Afin d’illustrer les dangers d’Internet, le député Bernard Debré, un journaliste de « Valeurs Actuelles » et l’Association des Parents contre la drogue se sont fait livrer toutes sortes de stupéfiants sur un site internet hollandais puis sur le « darknet », un espace du Web accessible par logiciel où l’on trouve toutes sortes de sites illégaux.

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Bernard Debré découvre les dangers du Web. Associé à un journaliste de Valeurs Actuelles et au président de l’Association des Parents contre la drogue Serge Lebigot, l’élu Les Républicains s’est fait livrer de la drogue par Internet afin de démontrer à quel point il est facile de se procurer des stupéfiants sur la toile. Choqué par les résultats de ses pérégrinations, il a réclamé la semaine dernière une commission d’enquête parlementaire sur ce sujet dont « on ne parle pas«  et « qu’on ose pas évoquer« .

Sur LCI, le député-médecin a raconté ce mardi sa plongée dans les tréfonds du Web. « On se connecte sur un site au pays bas, et on va commander de la drogue. On paye avec la carte bleue! Et on reçoit ça avec un timbre hollandais », s’indigne-t-il. « On l’a fait livrer chez Serge Lebigot. C’est très intéressant parce que l’on reçoit une enveloppe en papier kraft. Il y a deux enveloppes en plastique pour éviter l’odeur et les chiens renifleurs, et on reçoit ça tranquillement », poursuit-il.

Non-contents d’avoir exploré les sites les moins recommandables de l’Internet « classique », le frère de Jean-Louis Debré et ses complices se sont également rendus sur le « darknet », un espace du Web accessible par logiciel où l’on trouve toutes sortes de sites illégaux.  « Et là, vraiment, c’est incroyable (…) Là vous avez un super marché de tout! Vous avez des kalachnikovs, du TNT, des faux billets, des organes à greffer! Et vous avez par exemple, 30 à 36 000 sites de cocaïne. Et donc on a commandé de la cocaïne. Mais il faut payer par bitcoins », raconte l’élu, qui veut faire interdire cette monnaie virtuelle en France. « Est-ce que c’est la démocratie de pouvoir acheter une kalachnikov sans que personne ne le sache? Du TNT? On peut acheter des films pornographiques. On peut tout acheter, le pire de ce qui existe: même des faux billets », s’insurge-t-il. « On a commandé et on a été livré: un gramme de cocaïne pour environ 80 euros. Et on s’est dit: +c’est pas possible on va faire analyser ces drogues+! Et ces drogues sont quasiment pures! Il faut la couper par quatre ou par dix », précise le député, se souvenant de l’émoi de ses confrères à l’Assemblée nationale. « Tout le monde est venu faire des photos: sur mon bureau de l’Assemblée, il y avait de la cocaïne, des champignons hallucinogènes, de la marijuana et un autre produit du cannabis ».

Scandalisé, Bernard Debré a donc adressé une question au gouvernement sur les nouveaux modes de trafic et de distribution de drogue par Internet, réclamant au passage la création d’une mission parlementaire sur le sujet. « Si ça continue comme ça, il n’y aura plus de dealer physiques puisqu’on se fera livrer, peut-être est-ce un bien… C’est l’ubersiation », déplore-t-il. A fin de remédier à cela, « le gouvernement doit s’engager dans trois directions, et vite : imposer aux pays abritant des sites légaux de vente de drogue, en particulier les Pays-Bas, de proscrire tout commerce avec la France ; renforcer les contrôles douaniers sur les envois postaux issus de ces pays ; enfin, déclarer la guerre aux dangers du Darknet, qui outre de la drogue permet aussi, notamment, de se procurer des armes et des explosifs. Le fait de se rendre sur ces sites, même sans commander, devrait tomber sous le coup de la loi, comme cela existe déjà pour les sites pédophiles », explique-t-il sur le site de Valeurs Actuelles. Et de conclure: « si le gouvernement n’agit pas, c’est qu’il est prêt à sacrifier une partie de la jeunesse française”. 

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Professeur Jean Costentin
Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies
Le 18 avril 2016, (j’avais lu un peu vite le 1er avril, avant de découvrir, hélas, que ce n’était pas une farce) la Fédération Française d’Addictologie (FFA), soucieuse d’épauler les coups de boutoir concertés et convergents des mouvements qui militent pour la légalisation de toutes les drogues, à commencer par le cannabis, y est allée de son brûlot et s’est lâchée complètement. Elle veut offrir ainsi, aux toxicomanes, un panier garni qui comporte :
La rupture avec la recherche de l’abstinence ; elle n’affiche plus comme objectif qu’une réduction des doses des drogues. La FFA a oublié que c’est à partir d’un usage modéré initial que les victimes d’addiction ont sombré dans l ‘abus.
Elle anticipe qu’une légalisation des drogues ouvrirait la voie à des actions préventives enfin efficaces ; ce qui revient à mettre « la charrue avant les bœufs ». La FFA ne peut ignorer les précédents du tabac et de l’alcool, dont la licité génère en France 13 millions de fumeurs et 4,5 millions d’alcoolo-dépendants ; avec, annuellement, 78.000 morts imputables au tabac, 49.000 morts à l’alcool, sans compter leurs très nombreux estropiés.
Les membres de la FFA nous ont cruellement manqué dans les actions de prévention contre ces drogues licites ; de plus ils nous ont très sournoisement combattus dans nos actions contre les drogues illicites. Aussi, dans ce contexte, leur raisonnement confine à une impudeur manifeste.
La FFA ne se suffit déjà plus de la perspective de la mise en place des « salles de shoots », qu’ils ont obtenues de la ministre de la Santé (qui, d’ailleurs, les met en place d’une main tremblante), puisqu’elle propose dès maintenant de les généraliser aux CAARUD (centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues ; qui sont au nombre de 150) et aux CSAPA (Centre de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie ; qui sont au nombre de 260, mais deviendront 510 après leur fusion avec les CCAA = centres de cures ambulatoire en alcoologie). Si nous comptons bien, il s’agirait de faire de ces 660 structures des salles de shoots, en plus de celles qui se mettent en place ; les drogues partout !… Toutes ces structures, à l’acronyme délibérément complexe qui en dissimule l’objet, ont gravement failli dans la mission qui leur était confiée, puisqu’elles n’ont pas empêché l’instauration de ces sortes de salles de soins palliatifs pour toxicomanes que sont les « salles de shoots ».
-La FFA s’inscrit déjà (comme nous l’avions anticipé à l’heure du débat tronqué sur les « salles de shoots ») dans la mise à disposition aux héroïnomanes d’une « héroïne médicale » qui sera (il va sans dire, mais disons le tout de même) gratuite, comme la méthadone ou le trop fameux « Subu » (si scandaleusement détourné par près de 50% de ses bénéficiaires). Ainsi sera satisfait le vœux suprême de l’héroïnomane : « Ma drogue, de la meilleure qualité, gratuite, quand je veux, à la dose que je veux (la plus élevée possible puisque je bénéficie d’une assistance médicale), injectée au calme, au chaud, couché, avec le sourire de l’infirmière, une petite collation, voire une douche et du parfum… rien dans tout cela qui ne l’incite vraiment à rompre avec ses démons.

Parce que ces addictologues déviants, n’ont pas voulu, pas su, pas pu, traiter et guérir les malades qui leur étaient confiés, ils rêvent de recourir à cette méga-homéopathie, qui traite le mal par un libre usage de ce qui l’a provoqué. Ils espèrent de ce fait, pouvoir satisfaire enfin ces nouveaux critères de très bas niveau qu’ils se fixent. Paul Lechat, René Yafil, Georges Nahas, Léon Hovnanian, Pierre Deniker et tous nos autres mentors inspirez-nous pour les combattre ; ils sont devenus fous !

« Un Homme ça s’oblige » disait A. Camus ; la FFA, elle, ne s’oblige pas.
Toutes les dépenses somptuaires englouties, avec sans cesse la demande de moyens supplémentaires, pour en arriver là !

Cette situation doit interpeller le citoyen contribuable.
Les politiques doivent, de toute urgence, donner du pied dans ce nid de frelons.
Les pouvoirs publics, s’aidant d’une large diversité d’expertises et de regards extérieurs, doivent revisiter toutes ces structures et leurs fonctionnements, pour mettre en perspective les moyens consacrés et les résultats obtenus.
La pensée médicale doit réinvestir ces territoires sanitaires perdus, abandonnés à des addictologues-idéologues ; elle doit contraindre ces praticiens égarés à se ressaisir, à faire beaucoup plus dans le soin et beaucoup moins dans l’idéologie soixante-huit attardée, marquée par « l’interdiction d’interdire ». La réduction des risques, qui leur sert d’armure, doit faire réaliser enfin que leurs remèdes sont pires que le mal qu’ils ont mission de combattre, parce que leurs remèdes augmentent le nombre des victimes.

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Nombre de consommateurs de drogue dans le….. cliquez sur LIRE LA SUITE

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