Addictions. « 70% des jeunes ont déjà goûté à l’alcool à 12 ans » © Le Télégramme

Devant des parents souvent désemparés face aux addictions de leurs enfants, le professeur Daniel Bailly, pédopsychiatre à l’hôpital Sainte-Marguerite à Marseille, donnera des conseils lors d’une conférence ce vendredi soir, au Palais des arts, à Vannes. 

Comment arrive-t-on de plus en plus jeune à consommer de l’alcool et des drogues ? 
Le pic maximal de ces addictions se situe entre 15 et 19 ans, mais désormais 70% des jeunes ont déjà goûté à l’alcool à 12 ans et ils sont encore plus nombreux à avoir expérimenté le tabac et le cannabis. En fait, tout se passe dès la petite enfance, avec une initiation qui se fait souvent de plus en plus jeune de manière conviviale en famille, par exemple à l’occasion d’une fête, d’une communion ou d’un mariage. Parce qu’en France, on est dans une culture d’initiation à l’alcool comme un moyen pour mieux contrôler ultérieurement la consommation de ses enfants. Or, c’est faux. L’alcool est, en réalité, la première porte d’entrée à d’autres consommations.

Certaines classes sociales sont-elles plus touchées que d’autres ? 
Le milieu socioculturel n’a pas d’influence sur la consommation. Le phénomène touche tous les milieux et toutes les régions, même le monde rural. Ce n’est pas le produit qui crée des dépendances, mais les raisons et la manière pour lesquelles il est utilisé. Il faut alors travailler sur le comportement de l’adolescent, afin de mieux le comprendre et l’aider à s’en sortir. Or, on n’a toujours pas compris cela en France.

Pour autant, existe-t-il des profils de jeunes plus enclins à tomber dans ces addictions ? 

N’importe qui ne va pas devenir dépendant, mais les premières expériences sont importantes car elles sont structurantes. Un enfant qui s’est ainsi bien senti avec l’alcool ou la drogue va vouloir retrouver ce bien-être. Les facteurs principaux sont les risques familiaux, avec des pratiques éducatives trop laxistes ou, au contraire, trop coercitives. Il y a aussi des tempéraments à risques, notamment chez l’enfant hyperactif ou dépressif. Ce sont des signes qui doivent mettre les parents en alerte.

Comment alors prévenir ces risques bien en amont ? 
L’école est le maillon le plus important pour la prévention. C’est là qu’un enfant doit apprendre à développer ses compétences pour affronter la vie et ne pas sombrer dans ces dépendances. C’est là qu’il faut lui montrer les conséquences de ces addictions qui causent des troubles, des bagarres, des comportements sexuels à risques ou encore des accidents de la route.

Une forte utilisation du smartphone peut-elle être aussi un signe de troubles chez l’adolescent ? 
Comme pour l’alcool ou la drogue, ce ne sont pas les smartphones ou les jeux vidéo qui créent des dépendances. Cette forme d’addiction n’est là encore en effet que le résultat d’une forme de mal-être. Ce sont d’ailleurs bien souvent ceux qui sont addicts des premiers produits qui deviennent accros des seconds, avec, là encore, une initiation dès le plus jeune âge.

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Plongée dans l’enfer du fentanyl, la drogue qui ravage le Canada

Le Canada et les États-Unis font face à une crise sanitaire sans précédent : des milliers de personnes sont tombées dans la dépendance au fentanyl, un opioïde qui peut être jusqu’à 50 fois plus fort que l’héroïne.

Bilan : 20 000 personnes en sont mortes rien qu’en 2016 dans les deux pays. 

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L’inquiétante multiplication des overdoses aux opioïdes (LE MONDE)

Le nombre de patients traités par ordonnances d’antalgiques opioïdes forts, comme la morphine, l’oxycodone ou le fentanyl, a bondi de 74 % entre 2004 et 2015 : un demi-million de Français sont concernés.

LE MONDE SCIENCE ET TECHNO Par Pascale Santi

FILE - This July 19, 2001 file photo shows OxyContin tablets at a pharmacy in Montpelier, Vt. OxyContin, which like heroin and morphine before it, was meant to be a safer and more effective opioid. OxyContin and competitor drugs were designed to release the medication slowly over long periods of time, making them and supposedly safe and effective enough to use for months to treat chronic pain. But patients found themselves hooked and wanting more, and drug abusers found they could crush the tablets and snort or inject them, delivering the drug to the bloodstream much more quickly. (AP Photo/Toby Talbot)

Si l’épidémie de dépendance aux opioïdes qui ­sévit en Amérique du Nord (64 000 décès par overdose aux Etats-Unis en 2016) n’a pas atteint la France, les chiffres n’en demeurent pas moins préoccupants. ­Entre 2012 et 2015, 12 076 patients au total ont été hospitalisés plus de 24 heures pour overdose aux opioïdes (hors suicide), selon des données récentes du Programme de médicalisation des systèmes d’information, dévoile le professeur Nicolas Authier, chef du service de pharmacologie médicale du CHU de Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme). Le nombre de ­décès est passé de 1,3 par million d’habitants en 2000 à 3,4 par million en 2014. Et ces chiffres sont sous-estimés.

Qui sont ces patients ? « 40 % de ces hospitalisations sur cette ­période concernaient plutôt des femmes, d’âge médian de 62 ans, sans diagnostic de cancer, sans addiction identifiée ni traitée, ni chirurgie récente, et bénéficiant très souvent (70 % des cas) de délivrances d’antalgiques opioïdes dans les trois mois précédant l’overdose. Cela nous préoccupe, constate ­Nicolas Authier. Dans une situation possible de douleur non cancéreuse, cela évoque des problématiques de mauvais usage de ces traitements, soit en automédication (armoire à pharmacie familiale), soit sur prescription. La finalité est parfois différente de la douleur (anxiété, sommeil, moral…), avec un risque d’accoutumance, voire de véritable addiction », poursuit le spécialiste. On est loin du profil classique de l’usager de drogues.

Les prescriptions d’opioïdes forts ont explosé. En 2015, plus de 66 % de Français ont bénéficié d’au moins une ordonnance d’un médicament antalgique – les plus utilisés en France – et, pour 17,1 % de la population, d’un antalgique opioïde, soit plus que pour les benzodiazépines (13 %), selon les données de l’Observatoire français des médicaments antalgiques (OFMA).

Les antalgiques opioïdes sont répartis entre ceux dits « faibles » (comme la codéine,…

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La lettre du CNPERT de Novembre 2017

Au fil de nos différentes lettres vous apprenez, au travers des hommages que nous leur rendons, les noms des membres du C.N.P.E.R.T. qui nous ont quittés. « Ami quand tu tombes, un Ami sort de l’ombre à ta place » dit le chant des partisans de J. Kessel et M. Druon ».

Notre combat contre les drogues a besoin d’être épaulé par toutes celles et tous ceux, qui s’estiment, à des titres les plus divers, concernés par ce drame social, sociétal, sanitaire, éducatif, familial, national, des toxicomanies ; en particulier à ceux qui portent une attention privilégiée à nos jeunes (cf. notre formule fondatrice :

« S’il est important de se préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il l’est plus encore de se préoccuper de l’état des enfants que nous léguerons à notre terre »).

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La drogue « zombie » fait des ravages en Belgique: elle peut entraîner la mort

 La nouvelle drogue zombie, interdite, fait déjà des ravages

Sept personnes sont décédées cette année en Belgique après avoir consommé des drogues de synthèse. Les autorités mettent en garde contre la drogue zombie, interdite, mais qui fait des ravages. Un reportage de Mélanie Renda et François-Xavier Van Leeuw.

Depuis 2015, la drogue zombie fait des victimes à travers le monde. Des vidéos inquiétantes montrant ses effets circulent sur Internet. Ce cannabis synthétique s’est répandue dans plusieurs pays en trois ans. Après les Etats-Unis et le Royaume Uni, elle sévit en Belgique. La substance interdite dans notre pays a fait une première victime en mai 2017. La personne a été hospitalisée. Depuis, le nombre ne fait que s’accroître. Sept Belge ont perdu la vie après avoir consommé des drogues de synthèse.

« La différence par rapport au cannabis sous sa forme naturelle est qu’elle est beaucoup plus dosée et qu’on a surtout très peu de recul« , a expliqué Bruno Vakeneers, porte-parole de l’ASBL Transit (prévention contre les drogues) au micro de Mélanie Renda.

Le cannabis synthétique arrive par colis dans nos aéroports

En Belgique, elle se vend surtout sur Internet. Le produit de base vient très majoritairement de Chine et les ingrédients qui le composent peuvent être variés et dosés à l’infini pour avoir toujours un coup d’avance sur la loi et la réglementation. Le cannabis synthétique arrive par colis dans nos aéroports. Les drogues de synthèse n’ont pas d’odeur. Cela complique les contrôles.

« Il est très difficile à identifier par des chiens renifleurs. Le seul moyen qu’ont les douaniers pour identifier ce produit est de voir un colis suspect car il aurait des timbres chinois« , a ajouté le porte-parole de l’ASBL Transit.
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« Leur effet peut entraîner la mort »

Cette drogue peut ressembler à première vue à de la marijuana naturelle mais elle est parfois addictive et mortelle en raison de la forte concentration de produits destinés à imiter le tetrahydrocannabinol (THC), le principe actif qui fait planer. L’effet de ces produits chimiques sur les récepteurs cérébraux peut être « 100 fois plus puissants que le THC« , explique à l’AFP Marilyn Huestis, qui est chercheuse à l’Institut National américain sur l’abus des drogues. En Belgique, leur consommation reste toutefois marginale.

« Leur effet est beaucoup plus puissant que celui du cannabis classique et leur consommation, même en faibles quantités, peut entraîner des crises de panique, des troubles du rythme cardiaque et, parfois même, la mort. Les opiacés de synthèse en revanche (type fentanyl) ont déjà causé plusieurs décès cette année dans la région de Gand« , a révélé le commissaire Bruneau à La Libre Belgique au début du mois d’octobre.

« Il peut causer une anxiété extrême, de la paranoïa, des crises d’angoisse, des dissociations, un épisode psychotique et des hallucinations« , met également en garde le site internet k2zombiedc.com, qui est géré par Washington DC, une des villes les plus touchées par le phénomène, et à destination des jeunes. « Ces comportements ont été surnommés ‘l’effet zombie’« , souligne le site.

« 100 fois plus puissants que le THC »

Le cannabis synthétique peut ressembler à première vue à de la marijuana naturelle mais il est parfois addictif et mortel en raison de la forte concentration de produits destinés à imiter le tetrahydrocannabinol(THC), le principe actif qui fait planer. L’effet de ces produits chimiques sur les récepteurs cérébraux peut être « 100 fois plus puissants que le THC« , explique à l’AFP Marilyn Huestis, qui est chercheuse à l’Institut National américain sur l’abus des drogues.

« Les effets de manque étaient sévères… je n’étais tellement plus moi que j’étais juste couché en train de planer à regarder ma vie passer devant moi comme si j’étais au cinéma« , confie Taylor, un Américain.

Pour voir la vidéo, cliquez sur RTL Vidéos

CANNABIS THÉRAPEUTIQUE

L’ASSOCIATION MÉDICALE MONDIALE ESTIME QUE DES RECHERCHES SONT ENCORE NÉCESSAIRES – 03 novembre 2017

L’Association médicale mondiale (AMM) s’oppose fermement à l’autorisation du cannabis à usage récréatif, pour des motifs sanitaires. Mais dans une prise de position adoptée aujourd’hui, l’Association médicale mondiale indique que les lois relatives au cannabis réservé à la recherche devraient être modifiées pour permettre davantage d’études scientifiques sur l’utilisation du cannabis à des fins thérapeutiques.

Réunis lors de leur Assemblée générale annuelle à Chicago, les représentants de l’AMM de plus de cinquante pays ont déclaré que des recherches plus rigoureuses s’imposaient avant que les gouvernements ne puissent décider de légaliser ou non le cannabis à usage thérapeutique. Les données scientifiques à l’appui d’un usage thérapeutique du cannabis sont actuellement inconsistantes et de qualité faible à modérées. L’AMM considère que dans les pays ayant légalisé l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques, une réglementation est nécessaire.

L’AMM précise que les professionnels de la médecine se trouvent régulièrement confrontés à un dilemme médico-légal lorsqu’ils mettent en balance leur responsabilité éthique vis-à-vis de patients pour lesquels le cannabis pourrait être une thérapie efficace et leur obligation de respecter la législation de leur pays. Ce dilemme porte préjudice à la fois aux patients que le cannabis pourrait soulager et à ceux que le cannabis ne pourrait pas soulager, mais qui demandent aux médecins de leur en prescrire.

Les délégués réunis à Chicago pour l’Assemblée générale se sont fermement opposés à un usage récréatif du cannabis en raison de ses graves conséquences sanitaires, parmi lesquelles un risque accru de psychose, d’accident grave de la circulation, de dépendance, ainsi que de troubles de la mémoire, de l’attention et de l’apprentissage de la langue. L’usage de cannabis avant l’âge de 18 ans double le risque de développer un trouble psychotique.

La déclaration de l’AMM est rédigée comme suit : « L’inquiétante utilisation du cannabis dans des produits alimentaires tels que des sucreries et des « concentrés », qui attirent beaucoup les enfants et les adolescents, exige une vigilance et une règlementation plus stricte ».

Le Président de l’AMM, le Dr Yoshitake Yukokura, a indiqué : « Les associations médicales nationales devraient soutenir des stratégies de prévention et de réduction de l’usage du cannabis récréatif. Il est également important que des mesures de contrôle efficace soient mises en place pour empêcher une utilisation illicite du cannabis thérapeutique ».

L’alcoolorexie

L’alcoolorexie, le trouble du comportement alimentaire qui met en danger les jeunes femmes

Elles sont de plus en plus nombreuses à sauter des repas afin d’économiser des calories et pouvoir s’autoriser à boire de l’alcool. Si le phénomène n’est pas encore cliniquement reconnu, il est fondé sur les mêmes mécanismes que l’anorexie: la crainte excessive de prendre du poids, notamment. près de 60% des étudiantes américaines seraient concernées par cette pratique. «Les symptômes de l’alcoolorexie les plus courants chez les étudiantes sont le fait de sauter des repas (37,5%), la consommation de boissons alcoolisées sans sucres et à faible indice calorique (46,3%) et une la pratique d’un exercice physique à la suite d’une soirée alcoolisée pour éliminer (51,2%).»

L’alcoolorexie est, avant tout, le reflet des injonctions contradictoires que la société fait peser sur les femmes. D’un côté, la pression d’être mince, à l’heure où le fitness est plus que jamais populaire. De l’autre, la nécessité d’avoir une vie sociale bien remplie (qui se construit souvent autour d’un verre) et d’être perçue comme «fun» et libre, surtout en début de carrière.

Tous les régimes alimentaires érigent l’alcool comme l’ennemi n°1 de la ligne. Les magazines féminins expliquent à leurs lectrices que, si elles ne peuvent vraiment pas s’en passer, il leur faudra choisir les liqueurs les moins caloriques.

Ainsi, on apprend par exemple qu’il vaut mieux opter pour une vodka avec un soda light ou des shots, plutôt qu’une bière. Ou encore que le vin blanc contiendrait plus de calories qu’une glace.

Autant d’informations déprimantes pour toute femme qui aime boire (même occasionnellement) mais tient à garder la ligne. Et qui débouchent fréquemment sur l’effet yo-yo: cette alternance entre périodes de restriction alimentaire la semaine, et phases d’excès en tous genres le week-end.

Et pour cause: une fois ivre, il est bien plus difficile de résister à la tentation de la pizza post-soirée.

L’alcoolorexie peut s’avérer extrêmement dangereuse.

D’abord, car boire avec l’estomac vide est particulièrement nocif pour l’organisme. Ensuite, car cette dichotomie entre privation alimentaire et binge-drinking peut conduire à de graves complications physiques et mentales.

Faire cela régulièrement peut provoquer des maladies chroniques touchant le foi et le cœur, au long terme. Cela augmente également le risque de manquer de vitamines et minéraux. S’il est bon de savoir combien de calories contient votre boisson favorite, ne laissez pas cela devenir une obsession.

Tous les experts s’accordent en tout cas sur une chose: si les calories vous inquiètent, diminuez l’alcool, et non la nourriture.

Consommateurs de drogue : 25 formateurs outillés pour une meilleure prise en charge des victimes d’addiction

Le Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (Cepiad).
Le Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (Cepiad).

Pour venir à bout de la consommation de drogue et assurer une réinsertion des personnes atteintes d’addiction, 25 spécialistes formateurs d’agents chargés de la prise en charge des consommateurs de drogue injectable, ont reçu, le 13 octobre, leurs attestations de formation. Pendant cinq jours, ils ont été formés au Conseil national de lutte Sida (Cnls) par les spécialistes du Centre de prise en charge intégrée des addictions de Dakar (Cepiad).

Selon le Dr Idrissa Bâ dudit centre, cette démarche visant la décentralisation a permis la formation des acteurs qui vont à leur tour former d’autres agents intervenant sur le terrain.

Remettant les parchemins, Safiétou Thiam, Secrétaire exécutive du Conseil national de lutte contre le Sida (Cnls), a indiqué que cette « formation vise à sensibiliser les personnes qui vont aller dans les régions pour former les formateurs dans la prise en charge des consommateurs de drogue ». Elle a souligné qu’ils disposent « depuis 2013, d’une stratégie de prise en charge des consommateurs de drogue démarrée dans le cadre de la lutte contre le Vih ». Car « les consommateurs de drogue sont une population clef pour la lutte contre le Vih, mais on connaît aussi l’importance de ce phénomène dans la société et la nécessité de prendre en charge les personnes victimes d’addiction à la drogue», a-t-elle expliqué.

A son avis, avec cette formation, il y aura une décentralisation dans la répartition des spécialistes de cette matière. « Nous avions commencé la prise en charge, mais elle était juste limitée au Cepiad à l’hôpital de Fann et dans les centres psychiatriques. Cette formation vise un peu à décentraliser et démocratiser la prise en charge des consommateurs de drogue. Car les personnels qui sont dans les régions ou dans d’autres structures auront les outils pour prendre en charge les consommateurs de drogue », indique la secrétaire exécutive du Cnls.

Mme Thiam propose aux formateurs d’avoir une approche pluridisciplinaire. D’où l’élaboration des manuels de formation pour standardiser la prise en charge qui est une nécessité pour notre pays.

Faisant partie des 25 bénéficiaires, Dr Mamadou Lamine Diouf, psychiatre et pédopsychiatre, reconnaît qu’il y a une grande consommation de drogues dures et d’injection de drogue à l’intérieur du pays, alors que les centres spécialisés se trouvent à Dakar. Compte tenu de cela, il soutient que les spécialistes formés pourront, à travers le pays, outiller les intervenants. Il plaide aussi pour la prévention en demandant aux familles de ne pas écarter les jeunes qui ont une addiction à la drogue, mais de les aider à temps.

Le professeur Aïda Sylla, chef de la Division de la Santé mentale, a salué, à son tour, cette formation qui permet, à son avis, de mieux prendre en compte ces malades dans leurs localités. Elle souligne qu’avec ces formateurs, la santé mentale, souvent considérée comme « taboue », va s’ouvrir à d’autres disciplines.

Oumar KANDE

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Histoire non autorisée : Hitler version junkie par Thierry Ardisson

C8/21 HEURES – La chaîne lance Histoire non autorisée, une série documentaire présentée et racontée par Thierry Ardisson. L’Homme en noir propose deux films. L’un révélant l’addiction de Hitler à la drogue. L’autre démontrant l’usage à grande échelle d’amphétamines dans l’armée allemande.

Cette Histoire non autorisée est-elle destinée à devenir une collection documentaire?

Thierry Ardisson: Oui. Notre but est de faire découvrir des faits nouveaux, de faire des révélations, sur les sujets que nous traitons. Mais nous ne sommes soumis à aucune régularité.

Hitler était donc un junkie…

Le réalisateur Christian Huleu est parti d’un livre de l’historien allemand Norman Ohler. On a découvert les carnets du Dr Morell, médecin personnel de Hitler, qui notait tout ce qu’il administrait à son patient. Ça a commencé doucement, puis, comme pour tous les consommateurs de drogues, les doses ont augmenté. Hitler est devenu accro à l’héroïne, à la coke et au speedball, qui est un mélange des deux. Cela explique pourquoi il avait une telle énergie lors de ses meetings et comment, à un moment donné, il est devenu complètement fou. À partir de 1942, il a pris toutes ses décisions sous l’emprise de la drogue.

Le second film nous parle des soldats allemands, qui ont été drogués eux aussi…

À la Pervitine, une drogue vendue légalement en pharmacie à l’époque. C’est une amphétamine utilisée en doses massives, qui donnait aux soldats un sentiment d’invincibilité. Mais lors de la débâcle allemande, après la bataille de Stalingrad, en 1943, les combattants ne recevaient plus leurs doses. Lancés au milieu des steppes russes, extrêmement hostiles, sur la route de Moscou, ces gars appelaient leur famille au secours afin qu’elle leur envoie la drogue. C’est pathétique.

Hitler junkie, ce sujet sort tout de même de l’ordinaire…

Mais je suis un passionné d’histoire et le travail sur ces films a été remarquable, avec des documents sources passionnants. Et comme j’ai été consommateur d’héroïne – ce que je raconte dans Confessions d’un babyboomer -, ce premier sujet était vraiment fait pour moi! (Rires.) J’adore l’histoire. J’ai d’ailleurs écrit un livre sur Louis XX, en 1986, et, en 2016, un autre, Les Fantômes des Tuileries, sur l’histoire de cinq petits dauphins destinés à monter sur le trône, mais qui n’ont pas régné.

CRÉER UN SURHOMME

C’est en octobre 1937 que le département chimie des industries Daimler dépose le brevet de la Pervitine, une amphétamine qui ressemble à un produit fabriqué par le cerveau. Ces recherches font partie d’une étude qui vise à inventer un produit miracle permettant de créer un surhomme. Déjà, en 1936, les États-Unis avaient inventé la Benzédrine, utilisée par de nombreux artistes et intellectuels pour ses qualités dopantes.

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Légalisation du cannabis : des psychiatres s’inquiètent

istockphoto.com/sand86

Le cannabis serait souvent relié aux premiers épisodes de psychose (délires ou hallucinations) chez les jeunes en plus des troubles de mémoire et de l’humeur (dépression et anxiété).

Les psychiatres veulent minimiser les risques d’impacts négatifs en effectuant de la prévention.

Des cliniques de premiers épisodes de psychoses s’implantent actuellement sur le territoire, notamment à Drummondville et une autre s’ajoutera à Victoriaville.

Le Dr David Olivier, médecin-psychiatre, aborde l’aspect de l’âge permis pour consommer la marijuana

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De la fête à la dépendance, un consommateur d’ice raconte

 PAPEETE, le 16 octobre 2017 – A 48 ans, Roura tente de sortir de l’enfer de l’ice. Après en avoir consommé pendant plus de 10 ans et être passé par la case prison deux fois, il tente de s’accrocher à une vie saine, loin de toute addiction. 

 

Roura, 48 ans, a consommé de l'ice pendant près de 15 ans.

Roura, 48 ans, a consommé de l’ice pendant près de 15 ans.
D’une main fébrile, Roura attrape une cigarette. Il en allume le bout et tire une longue taffe dessus. Quelques secondes à peine suffisent, il souffle la fumée. Il jette un coup d’œil à ce bout de tabac roulé et lâche : « L’ice, c’est vraiment de la merde! » Sourire. Son visage s’adoucit. Roura ne veut pas ajouter au drame. Si le quadragénaire a accepté de sortir du silence, ce n’est pas pour le plaisir de revoir ses vieux démons. Il parle pour alerter sur ce phénomène qui l’inquiète. « Je vois de plus en plus de jeunes, des gamins de 14 ou 15 ans qui prennent de l’ice. C’est inquiétant ! Il faut arrêter ça tout de suite », s’insurge l’homme de 48 ans. Ce dernier maîtrise son sujet. Il est tombé dedans voilà près de 15 ans.Roura a perdu son père à 14 ans. Le gamin d’alors aime la fête, les sorties entre copains et surtout les découvertes. Un soir, un ami lui propose d’essayer le paka. Sans hésitation, il en fume. « Au début, on était des bleus, on ne savait pas ce qu’on faisait, on avait des feuilles, on fumait ça, on était tout content. » Mais très vite, les bleus deviennent des experts.

10 ans après la première taffe, le groupe de jeunes s’initie aux drogues dures. Première expérience : le LSD. « On était en bringue, un ami m’a proposé. J’ai accepté juste pour voir. Puis c’est devenu occasionnel, on se marrait bien, je trouvais ça relaxant », confesse-t-il, toujours dans un sourire. Quelques temps après, il goûte à la cocaïne. Là aussi, la dépendance devient rapide. « Je pouvais m’en fournir car je travaillais. » La vie continue doucement, entre le travail et la bringue. Mais en 2003, une nouvelle rencontre trouble cet ordre.

IMPOSSIBLE D’ARRÊTER

« Un copain m’a proposé de l’ice. J’appréhendais un peu car j’entendais plein de choses dessus. Mais comme toujours, j’ai voulu essayer. La première bouffée, je n’ai rien ressenti. Mais après, je me sentais lourd. » Comme avec le LSD et la cocaïne, au départ, Roura n’en prend que les week-ends pour s’amuser. Puis le fêtard se prend au jeu.

Ces semaines commencent à tourner autour de cette nouvelle substance. « Je me suis dit que je ne deviendrai jamais dépendant. Je pensais pouvoir arrêter à la fin de l’année où j’ai commencé et finalement… », souffle-t-il, en allumant une cigarette. Sa consommation est régulière. Les effets sur sa personne sont immédiats : il ne dort plus, ne mange plus, ne boit plus. « C’est le truc qui te booste pour travailler. Je me sentais plus en forme, moins fatigué. Je faisais tout le temps la fête, j’allais bosser et je recommençais. Je n’avais plus besoin de dormir », décrit l’ex accro.

Ces sensations ne sont qu’une impression. Le corps de Roura se détériore à une vitesse folle. Famille et amis tirent la sonnette d’alarme. En vain. Le consommateur perd près de 10 kilogrammes en l’espace d’un an. « Je faisais comme si tout allait bien », se souvient-il aujourd’hui.

DESTINATION PRISON

Au bout de plusieurs mois de consommation, le corps fatigue et ne suit plus. Une raison d’arrêter? Pas du tout. Roura s’enfonce un peu plus dans son quotidien de drogué. Il commence à dealer.

Un jour, il est embarqué par les forces de l’ordre. Un collègue de défonce l’a dénoncé. Il plonge pour trafic de stupéfiants. Une première fois libérée, il se refait prendre quelques mois plus tard. En tout, il aura passé plus de trois ans en prison pour une poignée de cristaux. « J’ai fait une petite dépression en sortant. Cela a été dur. Heureusement que ma famille était là. Mais ils m’ont dit que si je retombais dedans, ils ne voudraient plus me voir. C’est normal. Je ne peux pas les confronter à nouveau à tout ça… C’est la hantise de tous les parents que leur enfant tombe dedans… »

Roura l’a compris, la liberté n’a pas de prix : à l’intérieur comme à l’extérieur de la prison. Toutes ces années, son pire geôlier ne se trouvait pas à Nuutania mais dans un petit sachet. L’ice l’a enfermé dans un cercle vicieux duquel il a beaucoup de mal à sortir.

Assis dans son salon en cours d’aménagement, l’enfant du pays songe à tout ça. Il se rappelle cette fois où il a cru mourir. Un soir, après avoir fumé de l’ice mélangé à de l’alcool et d’autres drogues, son cœur s’est mis à tambouriner dans sa poitrine. Il a cru qu’il allait se décrocher. « Je me suis fait peur, lâche-t-il. J’avais quelque chose d’hyper chargé et j’ai cru que j’y passait. » Les séquelles de l’ice sont toujours visibles sur son visage. Roura désigne ses dents rongées par la drogue.

Quatre ans après sa sortie de prison, l’homme de 48 ans mène sa vie entre son travail d’artisan et l’aménagement de sa maison. Il espère dire adieu à l’ice dans les mois qui viennent. « Je vais mieux, assure Roura, comme pour se rassurer lui-même. Quand je vois ce qui se passe, je m’inquiète. Je ne sais pas où notre jeunesse va aller avec ça. L’ice est un problème de société aujourd’hui. Il s’est démocratisé au fil des années. Personne n’est épargné ! »

« Une drogue énormément addictive »

Depuis plusieurs années, les équipes du centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomanie ont constaté la montée en puissance de la consommation d’ice sur le territoire. Les accros à cette drogue sont de plus en plus jeunes.

Dans une enquête menée en 2016, 3 % des jeunes interrogés ont déclaré avoir consommé au moins une fois de l’ice. « Cela ne devrait pas exister. L’influence de l’ice est partout, reconnaît Marie-Françoise Brugiroux, interviewée en septembre à ce sujet. C’est devenu presque banal. Ce n’est plus tabu comme avant. »

Comment s’en sortir?

Le centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomaine ( CCSAT) a été créé en 1984 à la direction de la santé. C’est le seul service spécialisé en addictologie de la Polynésie française. Il assure un accompagnement et des soins spécialisés en ambulatoire gratuits et anonymes à toutes les personnes, adolescentes ou adultes et leur entourage.

Les consultations ont lieu dans les locaux du service à la Direction de la Santé, rue des Poilus Tahitiens.  Téléphone : 40 46 00 67

Le site Internet permet notamment aux visiteurs de tester leur consommation d’alcool ou de drogue et permet de situer le degré de son addiction.

L’académie de médecine rappelle l’importance de l’information sur le risque d’addiction en milieu professionnel.

Téléchargez le rapport complet 

L’Académie nationale de médecine recommande la réalisation en milieu professionnel « d’actions collectives d’information et de sensibilisation sur les dangers des drogues licites et illicites », dans un rapport adopté à la quasi-unanimité cette semaine.

Dans ce rapport produit par un groupe de travail dirigé par les Pr Jean-Pierre Goullé, et Françoise Morel, les académiciens estiment que « ces actions doivent s’appuyer sur les résultats d’enquêtes de prévalence à partir de dépistages anonymes et aléatoires des consommations dans l’entreprise. Les modalités de mise en œuvre de ces campagnes doivent être inscrites dans le règlement intérieur et la fiche d’entreprise ».

D’un point de vue pratique, le rapport préconise la réalisation d’un tableau de bord santé, protégé par l’anonymat, présenté en commission d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Ils ajoutent que des actions individuelles doivent être menées auprès des personnels occupant des postes mettant en jeu la sécurité individuelle ou collective. Le médecin du travail devant être chargé d’assurer un contrôle garantissant l’absence de consommation d’alcool ou de substance illicite par ces personnels.

Restauration, BTP et arts et spectacles

Les secteurs d’activité les plus touchés par la consommation de produits psychoactifs sont l’hébergement-restauration, (39,7 % des hommes qui y travaillent en consomment dans le mois écoulé). Il s’agit du deuxième secteur d’activité pour le tabagisme quotidien (42,8 %) ainsi que pour la consommation de cannabis dans l’année (17,6 %).

Dans le secteur du BTP, les hommes arrivaient en tête pour le tabagisme quotidien (45,3 %), en troisième position, pour l’ivresse dans l’année (35,7 %), ainsi que pour l’usage de cannabis dans l’année (13,9 %). Les personnels masculins des arts, spectacles et services récréatifs, occupaient la première place pour l’ivresse (44,8 %) et l’usage de cannabis dans l’année (24,6 %), la seconde place pour la consommation de cocaïne (12,4 %) et d’amphétamines au moins une fois dans la vie (7,9 %), la troisième place pour le tabagisme quotidien (40,4 %) et la quatrième place pour l’alcoolisation ponctuelle importante dans le mois (32,5 %).

Enfin, les hommes employés dans l’information et la communication occupaient la troisième place pour l’usage de cocaïne (8,2 %) et d’amphétamines au moins une fois dans la vie (6,6 %) et la quatrième place pour la consommation de cannabis dans l’année (12,8 %).

« Différentes enquêtes ont révélé que face aux difficultés rencontrées quotidiennement dans leur exercice professionnel, les actifs ont tendance à augmenter leur consommation de produits psychoactifs », constate les auteurs qui rappellent que « l’alcool serait à lui seul responsable de 10 à 20 % des accidents du travail, en cause dans 40 à 45 % des 545 accidents mortels du travail enregistrés au cours de l’année, chez les salariés du régime général, auxquels il faut ajouter les 269 décès intervenus sur le trajet entre le domicile et le travail, soit un total de 814 décès. »

Les demandeurs d’emploi plus fragiles

Selon l’enquête du « baromètre santé 2014 », les consommations des substances psychoactives chez les actifs occupés sont plus faibles que celles des demandeurs d’emploi tant pour les drogues licites (alcool et tabac), que pour les drogues illicites comme le cannabis.

Ainsi, 7,3 % des actifs occupés ont une consommation problématique d’alcool, contre 11,6 % des demandeurs d’emploi. Les demandeurs d’emploi sont en outre 48,2 % à consommer du tabac contre 30,4 % des actifs occupés. Le constat est le même pour la consommation de cannabis (16 % contre 9 %), de cocaïne (3,1 % contre 0,8 %) et d’ecstasy (1,9 contre 0,5 %).

Source : Le Quotidien du médecin

Poitiers : la recherche sur l’addiction à la drogue avance

Addiction aux drogues : la cocaïne produit des cicatrices durables dans le cerveau. C’est la conclusion à laquelle sont arrivés des chercheurs de Poitiers et Tours
Des traces durables dans le cerveau

Des traces durables dans le cerveau
(Photo Université de Poitiers)

L’addiction est une pathologie chronique caractérisée par une perte de contrôle sur la prise de substance et par une forte probabilité de rechute. 

La nature récidivante de l’addiction a amené les chercheurs de l’équipe INSERM-Université de Poitiers « Neurobiologie et Neuropharmacologie de l’Addition » (Laboratoire de neurosciences expérimentales et cliniques – LNEC) en collaboration avec une équipe de l’Université de Tours, à proposer l’hypothèse que la consommation de drogue laisse des « traces » dans le cerveau.
Ces « traces » rendraient les individus particulièrement sensibles aux situations de stress, ainsi qu’aux stimuli environnementaux rappelant la prise de drogue. Mais quelles sont ces traces ? Perdurent-elles même en situation d’abstinence ?
Ces scientifiques viennent de publier un article dans le journal « Neuropsychopharmacology » qui commence à répondre à ces questions.

En effet, en utilisant un modèle animal d’addiction couplé à de l’imagerie cérébrale, les chercheurs poitevins ont pu démontrer que l’addiction à la cocaïne est associée à la dérégulation d’un réseau cérébral complexe incluant des régions corticales et sous-corticales.
Si une partie des altérations induites par la drogue disparaissent avec le temps, certaines modifications de l’activité cérébrale perdurent après une période d’abstinence d’au moins un mois chez le rat, ce qui pourrait correspondre à une période de 3-4 ans chez l’Homme.

La combinaison des techniques comportementales telles que l’auto-administration intraveineuse de drogue et les techniques de micro-imagerie cérébrale sont donc un outil unique pour étudier les mécanismes de l’addiction dans les modèles animaux et ainsi accélérer la découverte de nouvelles stratégies thérapeutiques qui pourront être transposées chez l’Homme. Ce projet a reçu un financement de la Fondation de la Recherche Médicale (FRM).

Delphine NOYON