De la fête à la dépendance, un consommateur d’ice raconte

 PAPEETE, le 16 octobre 2017 – A 48 ans, Roura tente de sortir de l’enfer de l’ice. Après en avoir consommé pendant plus de 10 ans et être passé par la case prison deux fois, il tente de s’accrocher à une vie saine, loin de toute addiction. 

 

Roura, 48 ans, a consommé de l'ice pendant près de 15 ans.

Roura, 48 ans, a consommé de l’ice pendant près de 15 ans.
D’une main fébrile, Roura attrape une cigarette. Il en allume le bout et tire une longue taffe dessus. Quelques secondes à peine suffisent, il souffle la fumée. Il jette un coup d’œil à ce bout de tabac roulé et lâche : « L’ice, c’est vraiment de la merde! » Sourire. Son visage s’adoucit. Roura ne veut pas ajouter au drame. Si le quadragénaire a accepté de sortir du silence, ce n’est pas pour le plaisir de revoir ses vieux démons. Il parle pour alerter sur ce phénomène qui l’inquiète. « Je vois de plus en plus de jeunes, des gamins de 14 ou 15 ans qui prennent de l’ice. C’est inquiétant ! Il faut arrêter ça tout de suite », s’insurge l’homme de 48 ans. Ce dernier maîtrise son sujet. Il est tombé dedans voilà près de 15 ans.Roura a perdu son père à 14 ans. Le gamin d’alors aime la fête, les sorties entre copains et surtout les découvertes. Un soir, un ami lui propose d’essayer le paka. Sans hésitation, il en fume. « Au début, on était des bleus, on ne savait pas ce qu’on faisait, on avait des feuilles, on fumait ça, on était tout content. » Mais très vite, les bleus deviennent des experts.

10 ans après la première taffe, le groupe de jeunes s’initie aux drogues dures. Première expérience : le LSD. « On était en bringue, un ami m’a proposé. J’ai accepté juste pour voir. Puis c’est devenu occasionnel, on se marrait bien, je trouvais ça relaxant », confesse-t-il, toujours dans un sourire. Quelques temps après, il goûte à la cocaïne. Là aussi, la dépendance devient rapide. « Je pouvais m’en fournir car je travaillais. » La vie continue doucement, entre le travail et la bringue. Mais en 2003, une nouvelle rencontre trouble cet ordre.

IMPOSSIBLE D’ARRÊTER

« Un copain m’a proposé de l’ice. J’appréhendais un peu car j’entendais plein de choses dessus. Mais comme toujours, j’ai voulu essayer. La première bouffée, je n’ai rien ressenti. Mais après, je me sentais lourd. » Comme avec le LSD et la cocaïne, au départ, Roura n’en prend que les week-ends pour s’amuser. Puis le fêtard se prend au jeu.

Ces semaines commencent à tourner autour de cette nouvelle substance. « Je me suis dit que je ne deviendrai jamais dépendant. Je pensais pouvoir arrêter à la fin de l’année où j’ai commencé et finalement… », souffle-t-il, en allumant une cigarette. Sa consommation est régulière. Les effets sur sa personne sont immédiats : il ne dort plus, ne mange plus, ne boit plus. « C’est le truc qui te booste pour travailler. Je me sentais plus en forme, moins fatigué. Je faisais tout le temps la fête, j’allais bosser et je recommençais. Je n’avais plus besoin de dormir », décrit l’ex accro.

Ces sensations ne sont qu’une impression. Le corps de Roura se détériore à une vitesse folle. Famille et amis tirent la sonnette d’alarme. En vain. Le consommateur perd près de 10 kilogrammes en l’espace d’un an. « Je faisais comme si tout allait bien », se souvient-il aujourd’hui.

DESTINATION PRISON

Au bout de plusieurs mois de consommation, le corps fatigue et ne suit plus. Une raison d’arrêter? Pas du tout. Roura s’enfonce un peu plus dans son quotidien de drogué. Il commence à dealer.

Un jour, il est embarqué par les forces de l’ordre. Un collègue de défonce l’a dénoncé. Il plonge pour trafic de stupéfiants. Une première fois libérée, il se refait prendre quelques mois plus tard. En tout, il aura passé plus de trois ans en prison pour une poignée de cristaux. « J’ai fait une petite dépression en sortant. Cela a été dur. Heureusement que ma famille était là. Mais ils m’ont dit que si je retombais dedans, ils ne voudraient plus me voir. C’est normal. Je ne peux pas les confronter à nouveau à tout ça… C’est la hantise de tous les parents que leur enfant tombe dedans… »

Roura l’a compris, la liberté n’a pas de prix : à l’intérieur comme à l’extérieur de la prison. Toutes ces années, son pire geôlier ne se trouvait pas à Nuutania mais dans un petit sachet. L’ice l’a enfermé dans un cercle vicieux duquel il a beaucoup de mal à sortir.

Assis dans son salon en cours d’aménagement, l’enfant du pays songe à tout ça. Il se rappelle cette fois où il a cru mourir. Un soir, après avoir fumé de l’ice mélangé à de l’alcool et d’autres drogues, son cœur s’est mis à tambouriner dans sa poitrine. Il a cru qu’il allait se décrocher. « Je me suis fait peur, lâche-t-il. J’avais quelque chose d’hyper chargé et j’ai cru que j’y passait. » Les séquelles de l’ice sont toujours visibles sur son visage. Roura désigne ses dents rongées par la drogue.

Quatre ans après sa sortie de prison, l’homme de 48 ans mène sa vie entre son travail d’artisan et l’aménagement de sa maison. Il espère dire adieu à l’ice dans les mois qui viennent. « Je vais mieux, assure Roura, comme pour se rassurer lui-même. Quand je vois ce qui se passe, je m’inquiète. Je ne sais pas où notre jeunesse va aller avec ça. L’ice est un problème de société aujourd’hui. Il s’est démocratisé au fil des années. Personne n’est épargné ! »

« Une drogue énormément addictive »

Depuis plusieurs années, les équipes du centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomanie ont constaté la montée en puissance de la consommation d’ice sur le territoire. Les accros à cette drogue sont de plus en plus jeunes.

Dans une enquête menée en 2016, 3 % des jeunes interrogés ont déclaré avoir consommé au moins une fois de l’ice. « Cela ne devrait pas exister. L’influence de l’ice est partout, reconnaît Marie-Françoise Brugiroux, interviewée en septembre à ce sujet. C’est devenu presque banal. Ce n’est plus tabu comme avant. »

Comment s’en sortir?

Le centre de consultations spécialisées en alcoologie et toxicomaine ( CCSAT) a été créé en 1984 à la direction de la santé. C’est le seul service spécialisé en addictologie de la Polynésie française. Il assure un accompagnement et des soins spécialisés en ambulatoire gratuits et anonymes à toutes les personnes, adolescentes ou adultes et leur entourage.

Les consultations ont lieu dans les locaux du service à la Direction de la Santé, rue des Poilus Tahitiens.  Téléphone : 40 46 00 67

Le site Internet permet notamment aux visiteurs de tester leur consommation d’alcool ou de drogue et permet de situer le degré de son addiction.

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L’académie de médecine rappelle l’importance de l’information sur le risque d’addiction en milieu professionnel.

Téléchargez le rapport complet 

L’Académie nationale de médecine recommande la réalisation en milieu professionnel « d’actions collectives d’information et de sensibilisation sur les dangers des drogues licites et illicites », dans un rapport adopté à la quasi-unanimité cette semaine.

Dans ce rapport produit par un groupe de travail dirigé par les Pr Jean-Pierre Goullé, et Françoise Morel, les académiciens estiment que « ces actions doivent s’appuyer sur les résultats d’enquêtes de prévalence à partir de dépistages anonymes et aléatoires des consommations dans l’entreprise. Les modalités de mise en œuvre de ces campagnes doivent être inscrites dans le règlement intérieur et la fiche d’entreprise ».

D’un point de vue pratique, le rapport préconise la réalisation d’un tableau de bord santé, protégé par l’anonymat, présenté en commission d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail. Ils ajoutent que des actions individuelles doivent être menées auprès des personnels occupant des postes mettant en jeu la sécurité individuelle ou collective. Le médecin du travail devant être chargé d’assurer un contrôle garantissant l’absence de consommation d’alcool ou de substance illicite par ces personnels.

Restauration, BTP et arts et spectacles

Les secteurs d’activité les plus touchés par la consommation de produits psychoactifs sont l’hébergement-restauration, (39,7 % des hommes qui y travaillent en consomment dans le mois écoulé). Il s’agit du deuxième secteur d’activité pour le tabagisme quotidien (42,8 %) ainsi que pour la consommation de cannabis dans l’année (17,6 %).

Dans le secteur du BTP, les hommes arrivaient en tête pour le tabagisme quotidien (45,3 %), en troisième position, pour l’ivresse dans l’année (35,7 %), ainsi que pour l’usage de cannabis dans l’année (13,9 %). Les personnels masculins des arts, spectacles et services récréatifs, occupaient la première place pour l’ivresse (44,8 %) et l’usage de cannabis dans l’année (24,6 %), la seconde place pour la consommation de cocaïne (12,4 %) et d’amphétamines au moins une fois dans la vie (7,9 %), la troisième place pour le tabagisme quotidien (40,4 %) et la quatrième place pour l’alcoolisation ponctuelle importante dans le mois (32,5 %).

Enfin, les hommes employés dans l’information et la communication occupaient la troisième place pour l’usage de cocaïne (8,2 %) et d’amphétamines au moins une fois dans la vie (6,6 %) et la quatrième place pour la consommation de cannabis dans l’année (12,8 %).

« Différentes enquêtes ont révélé que face aux difficultés rencontrées quotidiennement dans leur exercice professionnel, les actifs ont tendance à augmenter leur consommation de produits psychoactifs », constate les auteurs qui rappellent que « l’alcool serait à lui seul responsable de 10 à 20 % des accidents du travail, en cause dans 40 à 45 % des 545 accidents mortels du travail enregistrés au cours de l’année, chez les salariés du régime général, auxquels il faut ajouter les 269 décès intervenus sur le trajet entre le domicile et le travail, soit un total de 814 décès. »

Les demandeurs d’emploi plus fragiles

Selon l’enquête du « baromètre santé 2014 », les consommations des substances psychoactives chez les actifs occupés sont plus faibles que celles des demandeurs d’emploi tant pour les drogues licites (alcool et tabac), que pour les drogues illicites comme le cannabis.

Ainsi, 7,3 % des actifs occupés ont une consommation problématique d’alcool, contre 11,6 % des demandeurs d’emploi. Les demandeurs d’emploi sont en outre 48,2 % à consommer du tabac contre 30,4 % des actifs occupés. Le constat est le même pour la consommation de cannabis (16 % contre 9 %), de cocaïne (3,1 % contre 0,8 %) et d’ecstasy (1,9 contre 0,5 %).

Source : Le Quotidien du médecin

Poitiers : la recherche sur l’addiction à la drogue avance

Addiction aux drogues : la cocaïne produit des cicatrices durables dans le cerveau. C’est la conclusion à laquelle sont arrivés des chercheurs de Poitiers et Tours
Des traces durables dans le cerveau

Des traces durables dans le cerveau
(Photo Université de Poitiers)

L’addiction est une pathologie chronique caractérisée par une perte de contrôle sur la prise de substance et par une forte probabilité de rechute. 

La nature récidivante de l’addiction a amené les chercheurs de l’équipe INSERM-Université de Poitiers « Neurobiologie et Neuropharmacologie de l’Addition » (Laboratoire de neurosciences expérimentales et cliniques – LNEC) en collaboration avec une équipe de l’Université de Tours, à proposer l’hypothèse que la consommation de drogue laisse des « traces » dans le cerveau.
Ces « traces » rendraient les individus particulièrement sensibles aux situations de stress, ainsi qu’aux stimuli environnementaux rappelant la prise de drogue. Mais quelles sont ces traces ? Perdurent-elles même en situation d’abstinence ?
Ces scientifiques viennent de publier un article dans le journal « Neuropsychopharmacology » qui commence à répondre à ces questions.

En effet, en utilisant un modèle animal d’addiction couplé à de l’imagerie cérébrale, les chercheurs poitevins ont pu démontrer que l’addiction à la cocaïne est associée à la dérégulation d’un réseau cérébral complexe incluant des régions corticales et sous-corticales.
Si une partie des altérations induites par la drogue disparaissent avec le temps, certaines modifications de l’activité cérébrale perdurent après une période d’abstinence d’au moins un mois chez le rat, ce qui pourrait correspondre à une période de 3-4 ans chez l’Homme.

La combinaison des techniques comportementales telles que l’auto-administration intraveineuse de drogue et les techniques de micro-imagerie cérébrale sont donc un outil unique pour étudier les mécanismes de l’addiction dans les modèles animaux et ainsi accélérer la découverte de nouvelles stratégies thérapeutiques qui pourront être transposées chez l’Homme. Ce projet a reçu un financement de la Fondation de la Recherche Médicale (FRM).

Delphine NOYON

Qu’est-ce que la « Cloud Nine » ? (Europe 1)

La drogue qui pourrait vous transformer en zombie cannibale ?

On l’appelle « Flakka », « Cloud Nine » ou « Magie bleue ». Cette nouvelle drogue a fait son apparition il y a quelques années, et se répand de plus en plus. Accusée de provoquer des accès de cannibalisme – aucun cas n’a été recensé à ce jour – elle provoque des bouffées délirantes, mais pas que. L’urgentiste d’Europe 1 Gérald Kierzek nous en dit plus.

De graves conséquences

« Ce sont des espèces de sels de bain, une drogue de synthèse sous forme de poudre. Elle fait partie des drogues psycho-stimulantes, et va entraîner une forte agressivité, une paranoïa, parfois des décompensations sous forme de psychoses, mais aussi des complications cardio-vasculaires importantes », précise-t-il. La consommation de « ces nouveaux produits de synthèse sont en augmentation », indique le médecin. « Avant, c’était le LSD ou l’ecstasy. Maintenant, les produits sont plus forts, probablement plus dangereux, car ils vont se fixer dans le cerveau à la place de la sérotonine, un neurotransmetteur. Les effets sont gravissimes », prévient Dr Kierzek.

Que faire si un proche est concerné ?

Dans l’urgence, appelez le 15 ou le 18, car les complications psychiques et cardio-vasculaires sont très importantes. « Pour nous urgentistes, c’est extrêmement compliqué car il n’y a pas de dosage toxicologique qui permet de rattacher ce comportement à cette drogue. Le risque d’addiction sur la chronicité est peu connu et peu documenté. « , explique Gérald Kierzek. Un conseil : « Il faut dialoguer sans culpabiliser et se tourner vers un professionnel de santé, le médecin traitant ou Drogue info service ». Cette consommation, même ponctuelle, peut être extrêmement dangereuse.

Source

Le cannabis, facteur de risque de l’AVC chez le jeune adulte

Le cannabis provoque des anomalies des vaisseaux intracérébraux qui pourraient souvent être à l’origine de l’accident vasculaire cérébral chez les moins de 55 ans.

Le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe

Le cannabis reste la drogue la plus consommée en Europe (51,4 millions d’hommes et 32,4 millions de femmes y ont goûté au moins une fois).

Bien qu’ils ne représentent qu’une faible partie (10%) des accidents vasculaires cérébraux totaux, en 20 ans, les AVC chez le sujet jeune – moins de 55 ans – ont augmenté de 25 %. Avec des conséquences dramatiques en terme de vie professionnelle ou sociale. Fait troublant : souvent, aucune cause n’est établie formellement. Le Dr Valérie Wolff, responsable de l’unité neurovasculaire des Hôpitaux Universitaires de Strasbourg, en a conclu que certains facteurs de risque ne devaient pas être suffisamment recherchés. Zoom sur ses travaux à l’occasion de la Journée Mondiale de l’AVC qui aura lieu le 29 octobre 2017, et pour laquelle Sciences et Avenir est associée à la Société Française Neurovasculaire dans le cadre de sa campagne de sensibilisation du grand public sur la prévention.

Un rétrécissement des vaisseaux réversible

Son équipe a donc décidé de réaliser une étude sur tous les sujets jeunes qui avaient eu un AVC et étaient pris en charge par l’unité neurovasculaire de Strasbourg. Les résultats, publiés en 2011 dans la revue Stroke, ont montré que, sur 48 jeunes, 13 étaient consommateurs de cannabis et 10 d’entre eux présentaient des anomalies des vaisseaux intracérébraux. Concrètement, il s’agissait d’un effet de vasoconstriction, c’est-à-dire un rétrécissement de la lumière des vaisseaux. Avec une particularité peu commune : cette vasoconstriction était réversible 3 à 6 mois après l’arrêt de la consommation. Par exemple, le tabac, facteur de risque avéré, entraîne la formation de plaques d’athérome sur les vaisseaux de gros calibre (dépôt de lipides et de fibrose dans la paroi de l’artère). Cela peut aboutir à une obstruction de l’artère puis à une défaillance de la circulation sanguine appelée AVC ischémique*. Le mécanisme est similaire mais cela n’est pas réversible. Les chercheurs s’interrogent encore sur l’effet spécifique joué par le cannabis sur la paroi.

*Il existe deux types d’AVC : les AVC ischémiques (80 %) liés à une occlusion d’une artère et les AVC hémorragiques (20 %) dus à la rupture d’une artère.

Pour le médecin, la prévention est fondamentale. En effet, le cannabis est la première drogue consommée dans le monde. En France, 1,2 millions de personnes en prennent régulièrement et 550 000 quotidiennement. « Le cannabis est à l’origine de complications cérébrales et cardiaques« , explique-t-elle. « Il devrait systématiquement être recherché à l’interrogatoire en cas d’AVC en particulier chez le sujet jeune« .

THC. En attendant, un protocole de recherche clinique, concernant l’inter-région de l’Est de la France, pour confirmer le lien entre la consommation de cette drogue et la survenue d’AVC chez les jeunes adultes a été validé. Et l’équipe strasbourgeoise va également évaluer des jeunes sains – qui n’ont pas fait d’AVC donc – consommateurs de cannabis afin de voir si les rétrécissements des vaisseaux intracérébraux sont également présents. A noter que les cannabinoïdes de synthèse, en vente libre aux Etats-Unis, auraient les mêmes effets que le cannabis naturel. « Commercialisés en 2011 aux Etats-Unis, les cannabinoïdes synthétiques sont la 2e drogue la plus utilisée par les jeunes. Il y a eu treize cas rapportés d’AVC« , alarme le Dr Wolff. Le médecin souligne également que les anomalies retrouvées concernaient les patients consommateurs de résine de cannabis dans l’étude, contrairement aux consommateurs d’herbe. Pourquoi cette différence ? Le taux de THC qui est beaucoup plus important dans la résine (20% vs 1 à 2 %) ? Les autres produits utilisés pour « couper » la résine ? « Nous travaillons actuellement sur un modèle animal pour savoir si c’est le THC ou d’autres produits annexes qui sont responsables des sténoses« , explique Valérie Wolff.

Source

Cannalex

Une analyse comparée des expériences de régulation du cannabis
(Colorado, État de Washington, Uruguay)
Rapport final synthétique / Octobre 2017
Une étude de l’INHESJ en partenariat avec l’OFDT
pour le compte du CSFRS 

Téléchargez le rapport

Le cannabis et les consommateurs ont changé

Il faut mettre l’accent sur la prévention des 15-24 ans.

Le cannabis en France, c’est 700 000 usagers quotidiens, 5 millions de Français qui en ont fumé au cours de l’année 2016 et 17 millions de personnes de 11 à 64 ans qui l’ont expérimenté au moins une fois dans leur vie. Selon l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), non seulement le niveau d’usage actuel du cannabis en France continue d’être très élevé, mais surtout, il est en hausse chez les adolescents: près d’un jeune de 17 ans sur deux a déjà consommé du cannabis (47,8 %), contre quatre sur dix (41,5 %) en 2011. Et pour près d’un jeune sur dix (9,2 %), cette consommation atteint des niveaux de fréquence plus élevés qu’autrefois: au moins dix prises dans le mois (ils n’étaient que 6,5 % dans ce cas en 2011).

Pour le Pr Amine Benyamina, chef du service d’addictologie de l’hôpital Paul-Brousse, à Villejuif, président de la Fédération française d’addictologie et co-auteur de Comment l’alcool détruit la jeunesse: la responsabilité des lobbys et des politiques(Éd. Albin Michel), «les statistiques de l’OFDT mettent également au jour une tendance encore plus inquiétante: la polyconsommation des adolescents, avec la présence quasi automatique de l’alcool, du cannabis, du tabac et parfois des psychostimulants. Même si tous les jeunes ne sont pas concernés par cette polyconsommation, elle n’a rien d’anecdotique».

Le gramme de résine vendu dans les années 1970 n’a plus rien à voir avec celui d’aujourd’hui. La teneur en THC est passée de 2 % à 3 % par gramme d’herbe à 10 % à 15 % en moyenne aujourd’hui

Dr Jean-François Delot, addictologue au sein de l’équipe de liaison et de soins en addictologie (ELSA territoriale Finistère sud)

Avis partagé par le Dr Jean-François Delot, addictologue au sein de l’équipe de liaison et de soins en addictologie (ELSA territoriale Finistère sud) et responsable de l’unité de tabacologie, appartenant au pôle de santé publique nouvellement créé au Centre hospitalier de Quimper-Concarneau: «Même le gramme de résine vendu dans les années 1970 n’a plus rien à voir avec celui d’aujourd’hui. En effet, la teneur en THC (tétrahydrocannabinol, NDLR), la molécule responsable des principaux effets psychoactifs du cannabis, est passée de 2 % à 3 % par gramme d’herbe à 10 % à 15 % en moyenne aujourd’hui (30 % pour le gramme de résine de cannabis et même davantage dans l’huile de chanvre). De quoi rendre beaucoup plus rapide l’addiction au cannabis.» À l’inverse, dans le cannabis qui se retrouve sur le marché, la part du cannabidiol (CBD) – une autre substance naturellement présente – n’a cessé de diminuer. Or, ce déséquilibre entre CBD et THC est cause de problèmes car le CBD diminue les conséquences psychologiques négatives du THC comme la dépendance, l’anxiété ou les psychoses. Moins il y en a, plus le produit consommé est potentiellement dangereux.

Enfin, les motivations de ceux qui expérimentent le cannabis ont changé elles aussi: «Dans les années 1970, c’était surtout la curiosité intellectuelle qui poussait à expérimenter cette drogue», estime le Pr Benyamina. «Aujourd’hui, outre l’effet de mode, le cannabis est consommé pour faire comme les autres, parfois dans un but festif, mais aussi souvent pour gérer le stress, trouver le sommeil, parce que c’est facile d’en avoir (le trafic est très organisé), parce qu’on se sent seul, parce que c’est interdit, etc. Or, ce cannabis utilisé comme “béquille” est celui dont il est le plus difficile à se passer», remarque le Dr Delot.

Pour toutes ces raisons, la consommation des 15-24 ans est la plus problématique. Elle intervient en pleine maturation du cerveau, à un âge où les acquisitions scolaires sont importantes. Selon une récente étude à laquelle l’Inserm a participé, comparativement aux non- consommateurs de cannabis, les consommateurs précoces ont une probabilité plus élevée de ne pas dépasser le niveau du baccalauréat. Non pas tellement à cause du risque de «bad trip»: la prise unique à l’origine d’hallucinations acoustico-verbales avec modification de la perception du monde extérieur pouvant aller jusqu’à la crise de paranoïa existe, mais elle est heureusement assez rare.

«Fumé, le cannabis est aussi dangereux que le tabac pour la gorge et pour les poumons» Dr Delot

Hormis le risque bien réel d’accident du fait de la perte d’attention en cas de consommation ponctuelle, c’est donc surtout la consommation chronique qui pose problème. «Fumé, le cannabis est aussi dangereux que le tabac pour la gorge et pour les poumons», rappelle le Dr Delot. Il joue également sur l’immunité, la fertilité, l’érection, sur le risque de survenue d’un cancer de la vessie à un jeune âge et, enfin, sur le plan cérébral, il provoque des troubles de la mémoire avec une perte de motivation. Quant au risque de psychose, il est très médiatisé mais pas si fréquent. «Cependant, plus le contact avec les drogues survient à un jeune âge et plus le risque de développer un ou plusieurs de ces problèmes, augmente», insiste le Pr Benyamina.

C’est aussi pourquoi, lorsque des parents surprennent leur ado en train de fumer un joint, il est essentiel d’amorcer le dialogue. Mais les parents peuvent se tourner vers un professionnel, dans les consultations jeunes consommateurs (CJC).

Source

Cannabis : la légalisation pourrait faire augmenter la consommation

Source France Info

D’après une étude menée dans les Etats du Colorado, de Washington et en Uruguay, la légalisation du cannabis entraînerait une augmentation de la consommation chez les adultes.

La légalisation du cannabis pourrait faire augmenter la consommation, selon une étude de l’Institut national des hautes études de la sécurité et de la justice (Inhesj) et de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) présentée ce 6 octobre. L’étude Cannalex porte sur les expériences de régulation du cannabis lancées en 2012 dans les Etats américains du Colorado et de Washington, ainsi qu’en Uruguay depuis cet été. Ces derniers ont mis en place des processus de légalisation du cannabis à titre récréatif et personnel, en autorisant, sous certaines conditions, la détention mais aussi la production et la diffusion du cannabis.

Hausse de la consommation chez les adultes

Dans les deux Etats nord-américains étudiés, « dans les plus jeunes générations, la légalisation du cannabis n’a pas stimulé la consommation de cannabis, qui se maintient cependant à un niveau élevé », souligne l’étude. ON notera que dans ces deux Etats, la consommation de cannabis reste interdite avant 21 ans. On relève, en revanche, une hausse de l’usage de cannabis parmi les adultes« , particulièrement marquée chez les consommateurs occasionnels et réguliers de plus de 25 ans.

« En Uruguay, la situation épidémiologique s’avère moins nuancée : tous les indicateurs de consommation sont orientés à la hausse (expérimentation, usage dans l’année, usage dans le dernier mois), y compris parmi les plus jeunes », révèle l’étude.

Ce phénomène entraîne de nouveaux problèmes sanitaires, selon l’étude qui souligne notamment « une hausse importante des cas d’hospitalisation liés à des intoxications cannabiques présumées dans les deux Etats nord-américains ». 

Baisse de la perception du risque du cannabis

Elle constate également une baisse de la perception du risque, avec une augmentation des cas de conduite après un usage de cannabis et un recul des demandes de traitement chez les plus jeunes.

Selon Ivana Obradovic, directrice adjointe de l’OFDT et coauteure de l’étude, cette étude « ne permet pas de préjuger des effets d’une éventuelle légalisation au sein de l’Union européenne, et donc en France, où les contextes d’usage du cannabis s’avèrent différents, mais elle apporte des éléments scientifiques utiles au débat public ».

En France, l’usage de cannabis est passible d’un an de prison et 3.750 euros d’amende. Le gouvernement a annoncé récemment un allègement de la répression d’ici la fin de l’année, prévoyant de punir l’usage du cannabis par une amende forfaitaire. Les Français sont parmi les plus gros consommateurs en Europe. En 2014, 17 millions de Français disaient avoir déjà pris du cannabis dans leur vie et 700.000 en consommeraient quotidiennement, selon l’OFDT.

Le problème de la drogue en Europe : une solution

Une habile utilisation de la sémantique avec des mots tels que “drogues douces” ou “drogues récréatives” abuse la jeunesse laissant transparaître que leur consommation peut être inoffensive voire même amusante. Mais la réalité est tout autre ainsi que le montre les rapports ci-dessus mentionnés. Une autre tendance poussée par certains politiques est de promouvoir comme solution la légalisation et la décriminalisation de leur utilisation, se basant sur l’idée qu’imposer une interdiction ou une limitation est contraire aux “droits de l’Homme” et va à l’encontre de la “liberté de choix” de l’individu. Cependant, l’histoire montre que ni la légalisation, ni la décriminalisation ne sont une solution. L’alcool et le cannabis en sont un bon exemple et continuent directement ou indirectement à détruire (voire tuer) les jeunes qui représentent la majorité des victimes.

Plusieurs études réalisées aux USA montrent que la consommation de cannabis qu’elle soit régulière ou occasionnelle augmente chez l’adulte le risque d’addiction (in Journal of Epidemiology and Community Health – BMJ). Dans l’Etat du Colorado la marijuana médicale était disponible en 2010 et la récréative dès 2014. L’hôpital pour enfants du Colorado rapporte une augmentation de consultations en urgence chez les 13-21 ans passant de 146 en 2005 à 639 en 2014 ; et de plus 66% présentaient déjà des symptômes de maladies mentales (in American Academy of Pediatrics, 2017). Ces observations sont confortées par une autre étude (5) montrant que cannabis et cannabinoïdes augmentent le risque de schizophrénie, psychoses, anxiété, pensées suicidaires ainsi que des symptômes de désordes bipolaires, d’attaques cardiaques, et de bronchites. De plus, leur utilisation affecte l’apprentissage, la mémoire et augmente le risque d’accidents de la route et pour les femmes enceintes cela est relié avec des problèmes de poids chez le nouveau-né.

Une analyse du problème de la drogue montre que l’attention générale des autorités est plus centrée sur les conséquences du problème que sur les causes possibles, faisant de la drogue un facteur économique avec le développement et la mise sur le marché de produits de substitution (par les mêmes organismes qui produisent les précurseurs de ces drogues), de substances de prévention d’overdoses, de salles de shoot avec l’équipement et le personnel nécessaires, d’organisations, etc.

Dans une interview en 2016 un docteur français déclarait à juste titre lors d’une conférence de l’ISPN à Paris : “La prévention, c’est moins intéressant pour tous ces acteurs économiques, mais ce serait plus intéressant pour la sécurité sociale et pour les patients. En général, quand la sécurité sociale perd de l’argent, c’est que quelqu’un en gagne. Il n’y a aujourd’hui aucune politique publique de prévention.”

Une cause qui pourrait être facilement abordée est l’ignorance par manque d’informations objectives de ce que sont les drogues et de leurs effets néfastes sur le corps, l’esprit et la personnalité. La prévention primaire a été négligée pendant trop longtemps. L’arme la plus efficace dans la lutte contre l’abus de drogues reste l’information. Dans cet état d’esprit, la Fondation pour une Europe Sans Drogue ainsi que toutes ses associations Dites Non à la Drogue sont activement présentes sur le terrain, informant les jeunes et le public sur les dangers de la drogue. Et forte de ses années d’expérience dans le domaine de la prévention de la toxicomanie, la Fondation a résolu le problème de comment transmettre efficacement la réalité du monde de la drogue aux adolescents et aux jeunes adultes grâce à son programme “La vérité sur la drogue” qui reste aujourd’hui un des plus grands programmes non gouvernementaux d’information et de prévention sur la drogue. La Fondation fournit ses supports pédagogiques gratuitement et accueille toutes personnes, groupes, institutions, associations et services gouvernementaux désireux de lutter contre ce fléau pour permettre aux jeunes de mener une vie saine, libre et sans drogue.

Informez vous et consultez :

Addiction: Sortir de l’enfer, mode d’emploi

Comme partout dans le monde la consommation d’alcool et de drogue représentent un fléau en Martinique. Le traitement de ces addictions, plus complexe que l’on ne l’imagine, fait appel à de nombreuses structures.

En 2014 en Martinique 36% des 15 à 65 ans avouent avoir déjà fumé. Ce chiffre du baromètre santé DOM de la même année n’indique pas la fréquence de consommation. Même s’il n’existe pas de chiffre officiel sur les quantités de drogue consommées en Martinique, l’augmentation de 135% des prises sur les petites quantités de substance illicites laisse penser que le nombre de consommateur croît lui aussi. L’inspecteur Varlin de la BAC, nous livre le profil de ceux qu’il contrôle, ou interpelle dans les rues de Fort de France. « Dans la rue il y a principalement des jeunes, ceux qui consomment du crack. Mais vous pouvez aussi rencontrer des gens comme vous et moi qui fument du cannabis. Ceux là sont plus difficiles à repérer car les effets ne se voient pas tout de suite ». 
Pour comprendre ce qui a fait basculer ces gens nous sommes partis à la rencontre de Murielle. Cette femme est aujourd’hui incapable de nous donner son âge exact, elle nous dit avoir environ 45 ans mais elle se souvient de ce qui l’a entrainée dans cette descente aux enfers. « Tout ça a commencé en 1998, j’étais enceinte et mon copain ne voulait pas que je garde l’enfant, j’ai avorté et il est parti quand même. J’ai été détruite, je venais de trouver du travail je ne suis pas allée travailler pendant deux semaines et j’ai perdu mon job, c’est là que tout à commencé. On m’a proposé un joint lors d’une soirée, du joint je suis passée à l’alcool, ensuite à la cocaïne et puis maintenant le crack. J’ai voulu m’en sortir, je veux mais c’est trop difficile. J’ai tellement besoin de ça pour me sentir bien et en même temps ça me donne des sueurs froides c’est chaud ce truc ».Les campagnes de prévention, en particulier dans les écoles sont catégoriques: « Ne jamais essayer, car l’accoutumance peut être rapide » et nous l’avons vu avec le témoignage de Murielle.
Les causes du basculement peuvent être de nature multiple, tout comme la prise en charge de ce fléau, qui s’organise à plusieurs échelles.

TABAC : ZÉRO POINTÉ POUR LES PROVISEURS, AVEC RETENUE (SUR LEURS ÉMOLUMENTS)

Par le Professeur Costentin

Qui s’étonnera que l’éducation aille à vau-l’eau quand, au sommet de la hiérarchie des lycées, des proviseurs (les « protos » de ma jeunesse) y vont de leurs coups de pioche pour contribuer à son anéantissement.

C’est ainsi que j’interprète leur proposition de laisser fumer leurs élèves dans les cours de récréation, sous le prétexte de soustraire leurs attroupements devant les lycées aux véhicules fous, aux tirs des kalachnikov ou aux coups de couteau des djihadistes ; et ils ajoutent : de les soustraire aux dealers de drogues.

N’auraient-ils pas mesuré que le dramatique bilan des victimes des fous d’Allah correspond, pour une année entière, à celui d’une seule journée des victimes du tabac (79.000 morts par an, soit 216 par jour) ; sans compter les multiples estropiés par artérite des membres inférieurs (amputations), angine de poitrine, infarctus du myocarde, insuffisance cardiaque, troubles du rythme, accidents vasculaires cérébraux avec leurs séquelles neurologiques, les bronchites chroniques, les bronchopneumopathies obstructives….

Ignoreraient-ils aussi que la dépendance au tabac ouvre la porte à celle du cannabis, et à d’autres drogues ?

N’auraient-ils pas compris qu’il faut casser ce premier barreau de l’échelle des toxicomanies pour rendre plus difficile l’accès aux barreaux supérieurs ?

À l’heure où les premiers usages du tabac sont de plus en plus précoces, ne sauraient-ils pas que plus tôt l’essayer, c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer ?

Ne devraient–ils pas considérer que leur mission ne peut se limiter à contrôler des emplois du temps, à présider des conseils de classe et à d’autres tâches administratives, quand notre société attend d’eux qu’ils contribuent aussi à former des jeunes ayant un esprit sain dans un corps sain (mens sana in corpore sano) ?

On était débarrassé des cigarettes vendues par quatre, les trop fumeuses Parisiennes ; débarrassé, aussi, des cigarettes de troupe offertes aux jeunes recrues pour tromper l’oisiveté du service national et les transformer en fumeurs au grand bénéfice de la SEITA d’alors. Et voilà nos protos qui feignent d’ignorer (comme beaucoup de buralistes) que la vente du tabac est interdite aux mineurs.

Nous leur demandons avec force d’accroître considérablement le temps consacré dans les enseignements aux méfaits des drogues et toxicomanies ; de faire que ces enseignements soient dispensés par des membres du corps médical.

Nous leur suggérons de garder toute la journée dans leurs établissements les élèves (comme ils le font parfois pour les pensionnaires) en faisant circuler dans les « cours de récré » des pions pour traquer les fumeurs et, le cas échéant, des dealers.

Huit heures de suite sans tabac, cinq jours par semaine, différeront chez les uns l’entrée dans l’addiction au tabac et ralentiront chez les autres l’installation de cette dépendance.

Éducation doit rimer avec prévention et surtout pas avec démission.

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Melania Trump s’implique dans la guerre contre l’addiction aux opiacés

Paris Match|

Jeudi, à la Maison Blanche, la First Lady Melania Trump a dirigé une table ronde sur l’addiction aux opiacés, qui concerne plusieurs centaines de milliers de personnes aux Etats-Unis.

La First Lady s’engage. Jeudi, à la Maison Blanche, Melania Trump a dirigé une table ronde pour débattre du problème d’addiction aux opiacés qui frappe les Etats-Unis. «Le bien-être de nos enfants est de la plus haute importance à mes yeux et j’entends utiliser ma tribune en tant que Première dame pour aider autant d’enfants que possible», a-t-elle déclaré, citée par CNN. Des mots similaires à ceux qu’elle avait prononcés la semaine dernière aux Nations unies, lors d’un déjeuner en marge de l’Assemblée générale : «Que cela soit l’addiction à la drogue, le harcèlement, la pauvreté, la maladie, le trafic, l’illétrisme ou la faim, ce sont les enfants qui sont touchés en premier et le plus dur dans tous les pays. Et comme nous le savons tous, le futur de chaque nation se niche dans l’espoir de sa jeunesse.»

Contre la drogue, la prévention reste le meilleur remède

Un appel de l’association Oum el-Nour : prémunir les jeunes contre ce fléau est une responsabilité partagée.

Suzanne BAAKLINI | OLJ 28/09/2017

Fady* a 25 ans. Ses dix mois au centre de réhabilitation d’Oum el- Nour, à Sehaïlé, l’ont transformé. « L’addiction à la drogue est une conséquence, ne croyez jamais que la simple curiosité puisse, à elle seule, plonger un individu dans de tels affres », assène-t-il à plusieurs reprises aux journalistes venus recueillir son témoignage.
Le jeune homme sait de quoi il parle, la circulation des substances interdites n’a pas de secrets pour lui. Le travail qu’il a fait sur sa personne depuis qu’il est au centre lui permet aujourd’hui de déterminer les origines du mal qui l’a rongé durant plusieurs années. « J’avais deux ans et demi quand mes parents ont divorcé », se souvient-il. Longtemps, il souffrira d’une mère absente, absorbée par sa personne, et d’un père éloigné par le travail à l’étranger, puis distrait par sa nouvelle vie de famille suite à un second mariage. « J’ai passé douze ans en pensionnat, loin de ma famille, avec le lot de vexations quotidiennes qu’on nous y inflige », raconte Fady, benjamin de cinq enfants.

Ce manque cruel d’affection devait accompagner Fady durant son adolescence tourmentée quand, rentré dans le nouveau foyer de son père, il devait cumuler les rancunes envers une famille dont il voulait « se venger », selon ses propres termes, en tombant au plus bas qu’il pouvait. La rue devient son recours et un job comme barman dans un pub ne devait pas arranger les choses. Les addictions se suivent et ne se ressemblent pas : d’abord l’alcool, puis le haschisch, puis la cocaïne. « Dès 18 ans, j’ai adopté une attitude qui menait droit à la délinquance, multipliant les mensonges, les ruses pour obtenir ce que je voulais, dit-il. Vers 20 ans, je me suis résolu à entrer dans le monde de la drogue, convaincu, comme tant d’autres, que je maîtrisais la situation. Au début, rien n’est plus facile que l’accès aux substances illicites, on vous les offre volontiers pourvu qu’on vous attire dans ce monde d’interdits. »

Dans les années qui suivent, Fady devait dévaler toute la pente bien connue : perte de l’emploi, petit trafic dans la rue (bien qu’il n’ait jamais été un trafiquant à proprement parler), dépendance de plus en plus forte aux drogues, petits vols… « Je suis arrivé au point où j’étais convaincu que j’allais droit à la mort ou derrière les barreaux, raconte-t-il. C’est une jeune fille droguée, qui faisait partie de mes connaissances, qui m’a parlé d’Oum el-Nour. » Après de nombreuses tergiversations, le jeune homme se résout à visiter le centre, « davantage mû par la peur que par la conviction, qui viendra bien plus tard », reconnaît-il.

Parents, écoles, société : vigilance !
Les dix mois passés dans le véritable havre de paix verdoyant qu’est le centre d’Oum el-Nour, à Sehaïlé, entre vergers, poules et gazelles, auront permis au jeune homme, comme à quelque 65 autres jeunes qui y sont hébergés actuellement (le centre compte 70 lits), de se ressourcer, d’apprendre à se connaître pour mieux conjurer ses démons une fois rentré chez lui. La proximité de la nature, mais aussi la compétence et la gentillesse de l’équipe du centre entourent les jeunes protégés d’une ambiance familiale et aimante qui leur a souvent fait défaut et qui leur sert de tremplin pour mieux faire face à la vie qui les attend.

Mais si Oum el-Nour pourvoit ce service de réhabilitation gratuit à tous ceux qui, comme Fady, sont tombés dans le piège de la drogue (à Sehaïlé pour les jeunes hommes, à Fatka pour les jeunes femmes), l’association œuvre surtout, de par sa vaste expérience, à la prévention, pour tenter d’éviter que de nouveaux Fady ne naissent à tous les coins de rue, dans un environnement où la circulation des drogues de toutes sortes se banalise dangereusement. Et à l’aube d’une nouvelle année scolaire et universitaire, il est bon de rappeler que la prévention tout comme la prise en charge des cas qui se présentent sont une responsabilité partagée.

Naji Mansour, responsable de la prévention à Oum el-Nour, et Ziad Khoury, responsable de la réhabilitation au centre, déplorent que l’accès à la drogue se soit considérablement facilité. Et cette prévention s’exerce à toute l’échelle de l’entourage. « Il est vrai que les jeunes sont exposés et qu’ils assument leur part de responsabilité, mais il est inutile de leur jeter tout le blâme, parce qu’une telle dépendance ne vient pas du néant, souligne Naji Mansour. Cette problématique est complexe et doit être traitée comme telle. Il y a une part de responsabilité assumée par l’environnement proche, mais aussi par les médias qui ne se rendent pas compte du danger de banaliser des substances dangereuses même si elles sont « légales », comme la cigarette ou l’alcool, ce qui peut aussi encourager à d’autres dépendances. »

Quels conseils les deux experts donnent-ils ? « Je dirais aux jeunes que leur liberté et leur bonheur sont primordiaux et qu’ils doivent éviter d’être exposés à ce qui peut leur faire du mal, souligne Naji Mansour. Les parents, eux, doivent rester vigilants. Ils doivent s’alarmer de tout changement substantiel dans l’attitude de leur enfant, comme une tendance à s’isoler, à devenir irascible, cachottier et menteur… Au moindre doute, ils devraient consulter des spécialistes sans tarder, car toute détection précoce d’une addiction est préférable pour une future réhabilitation. » Fady se souvient en effet que son père ne s’était pas alarmé de son train de vie anormal pour un adolescent…

Pour ce qui est de l’école, le milieu qui concentre le plus de jeunes au même endroit, les deux experts constatent une conscience de plus en plus aiguë du problème dans un grand nombre d’établissements. « Il est bon que les enseignants soulèvent ce sujet avec leurs élèves, disent-ils. Nous préconisons un juste milieu où le sujet n’est ni minimisé ni élevé au rang de panique, mais juste traité de manière scientifique. Consommer de la drogue n’est jamais banal, cela agit sur le cerveau, peut réveiller des maladies psychiques avec lesquelles il faudra vivre toute sa vie. »
Oum el-Nour a d’ailleurs des structures qui interviennent au niveau des écoles et des universités, pour la prévention. Ils se souviennent d’un cas où des jeunes avaient été formés par l’association afin de sensibiliser leurs camarades. Dans les formulaires remplis par les élèves cibles, beaucoup avaient assuré qu’après avoir été éclairés sur le sujet, ils réfléchiraient à mille fois avant d’être tentés « d’essayer » les drogues…

Le rôle des écoles peut s’avérer déterminant aussi quand des cas d’addiction sont révélés parmi les élèves de l’établissement. Les experts prônent une attitude qui n’irait pas simplement à l’éviction de ces individus, mais serait davantage de l’ordre d’une prise en charge plus globale.

« La peur ? Une motivation »
Si les experts insistent tellement sur la prévention, c’est qu’ils ne savent que trop bien l’état de dépendance dans lequel se trouvent les centaines de pensionnaires que le centre accueille chaque année (452 pour la seule année de 2016, ils n’étaient que 27 en 1993). Ziad Khoury précise que l’objectif du centre est de rendre ces jeunes à une vie décente, ce qui n’est jamais gagné d’avance, même si le taux de succès est globalement estimé à 60 % environ.

En effet, une fois sortis du milieu calme et affectueux du centre, les anciens drogués devront lutter contre les démons de la rechute. Cela, Fady le sait très bien. « Je reviendrai à mon ancien quartier, parce que j’ai appris qu’il faut affronter les problèmes, pas les fuir, affirme-t-il. Je prendrai avec moi mes résolutions et mes nouvelles habitudes, qui partent des petits gestes quotidiens les plus banals, comme faire son lit ou rester propre sur soi. Mes anciens compagnons d’infortune, je n’ai d’autre choix que de les garder éloignés, car je sais qu’ils oscilleront entre la tentation de m’imiter et celle de me pousser à replonger. La peur ? Je la ressens sans aucun doute. Mais je ferai en sorte que la peur de l’échec agisse comme une motivation. »
Fady est sur la voie de la guérison, comme tant d’autres secourus par ce centre qui leur vient en aide. Afin de continuer à soigner des toxicomanes gratuitement, Oum el-Nour organise des activités de collecte de fonds, comme son dîner de gala annuel ce lundi 2 octobre, au Sky Bar à Beyrouth.

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Le cannabis dangereux pour sa tension

Pour la première fois, des médecins américains ont observé un lien entre consommation à long terme du cannabis et risque accru de décès des suites d’une hypertension.

Plant de cannabis

Plant de cannabis

© LIBOR SOJKA/AP/SIPA

DROGUES. Les consommateurs réguliers de cannabis auraient trois fois plus de risques de décéder des suites d’une hypertension. C’est le résultat surprenant d’une étude américaine menée par des chercheurs de l’université de Géorgie. Surprenant car, contrairement au tabac, l’usage à long terme de cannabis ne semble pas augmenter le risque cardiovasculaire ou d’accident vasculaire cérébral (AVC), selon plusieurs enquêtes épidémiologiques récentes

Les médecins ont ici suivi sur 20 ans 1213 participants de toutes origines, qui fumaient du cannabis (exclusivement) depuis en moyenne 11 ans. Si le risque d’hypertension lié à l’utilisation régulière de cannabis se confirme, il pourrait remettre en question son éventuel intérêt thérapeutique dans quelques rares indications comme les raideurs musculaires persistante chez certains patients atteints de sclérose en plaques.

De nombreux effets délétères

En attendant, cette étude vient ajouter une ligne à la liste des effets délétères connus du cannabis. In utero et chez l’adolescent, on sait que cette drogue perturbe le développement du cerveau.

Chez l’adulte, le cannabis entraîne un ralentissement du métabolisme cérébral et des troubles de la mémoire – conséquence d’une perturbation du fonctionnement des mitochondries, les centrales énergétiques des cellules, comme a pu le montrer dès 2012 l’équipe de Giovanni Marsicano au NeuroCentre Magendie à Bordeaux.

Le rôle du cannabis dans le déclenchement de la schizophrénie chez des personnes à risque est également bien établi. Ses effets sur le système vasculaire restent en revanche mal connus car sa consommation est souvent associée, au moins en Europe, avec celle du tabac, cause majeure de mortalité cardiovasculaire et par AVC dans le monde.

Source : Sciences et Avenir

DÉSINTOXICATION : COMMENT ARRÊTER LE CANNABIS ?

Le cannabis est une drogue qui entraîne une très forte dépendance. La désintoxication du cannabis est donc un processus long et souvent difficile pour les gros consommateurs. Ainsi, il est parfois nécessaire de passer par des centres de désintoxication qui sont spécialisés et qui peuvent apporter une aide précieuse aux toxicomanes qui le souhaitent.

 

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Comment arrêter le cannabis seul ?

Il est possible d’arrêter de consommer du cannabis tout seul, mais cela est extrêmement difficile. Pour les gros consommateurs qui auront davantage besoin de se faire aider, passer par un centre de désintoxication est recommandé. Pour les autres, être aidé par un médecin spécialiste est tout de même préférable. En effet, il faut pouvoir supporter le sevrage et avoir une volonté de fer, car celui-ci est souvent très difficile à vivre. Les principaux symptômes ressentis sont : une anxiété, une dépression, des maux de tête, des nausées, des troubles du sommeil et du comportement, etc. Ces effets sont plus marqués chez les consommateurs les plus anciens.

Arrêter le cannabis avec un centre de désintoxication

Les centres de désintoxication sont le plus souvent réservés aux patients qui présentent des addictions à des drogues dures telles que l’héroïne ou la cocaïne. Néanmoins, pour les consommateurs de cannabis les plus accros, une prise en charge reste envisageable. L’avantage de ces centres qui peuvent garder le patient est de proposer un environnement propice au sevrage avec des spécialistes (médecins, psychologues, tabacologues, toxicologues, etc.), des groupes de parole et un accompagnement au quotidien. Il faut compter environ un mois et demi d’hospitalisation pour un sevrage, sachant que certaines étapes seront particulièrement éprouvantes avec d’importants retentissements physiques et psychologiques, d’où l’intérêt d’être aidé.

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