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On se fait un un petit apéro? Oui, mais sans alcool et Ivre de Plaisir!

Ivre de Plaisir, c’est l’histoire de Luca Santos, 28 ans, qui se lance dans la mise en place d’une plateforme en ligne de vente de boissons non alcoolisées.

ivre de plaisir

Luca Santos propose un grand choix de boissons sans alcool sur ivredeplaisir.ch.

C’est en pleine pandémie, alors qu’il enchaînait les apéros Zoom, que Luca Santos a fait face à une réalité: il buvait plus pour exister aux yeux des autres que pour son propre plaisir. Persuadé que nous avons toutes et tous de très bonnes raisons de réduire (si ce n’est de stopper…) notre consommation d’alcool, ce Neuchâtelois commence alors à mettre sur pied Ivre de plaisir, une plateforme de vente de boissons sans alcool en ligne, en alternative à des boissons alcoolisées. Le choix est vaste: de la bière au rosé, en passant par le fameux Suze Tonic ou du gin, tout le monde y trouvera de quoi satisfaire ses papilles! Et le tout d’origine européenne, alors que ce marché commence doucement à émerger en Suisse.

Des vidéos pour mieux comprendre les ravages du cannabis

Le cannabis aide-t-il vraiment à mieux dormir ? Peut-on devenir bipolaire ou schizophrène à force de fumer des joints ? Le cannabis, est-ce vraiment pire que la cigarette ? Santé Publique France répond à ces questions en vidéo.

Le cannabis reste, à l’heure actuelle, la substance illicite la plus consommée en France. Ainsi, selon le baromètre 2020 de Santé Publique France, 46 % des adultes ont déjà testé le cannabis et 3,2 % des adultes fument plus de 10 joints dans le mois.

La consommation de drogues des 18-24 ans ?

La consommation de drogues des 18-24 ans ? Métro, boulot, bédo …Enquête sur la place du cannabis dans la vie quotidienne des jeunes.

L’usage de drogue est aujourd’hui une réalité pour plusieurs millions de jeunes Français. C’est ce que confirme l’étude* confiée par High Society à l’Ifop, qui a interrogé mi-novembre, 1 205 jeunes âgés de 15 à 24 ans sur leur consommation et leurs habitudes.

Il ressort notamment une réelle banalisation du cannabis dans cette génération : 47% des personnes interrogées en ont déjà fumé au moins une fois, soit plus de 3,5 millions de jeunes concernés ces dernières années. Largement utilisé à titre festif, le cannabis accompagne également certains consommateurs dans divers moments de la vie quotidienne, au travail, en cours, au volant ou encore avant une relation sexuelle.

S’ils disent avant tout rechercher un effet décontractant, les jeunes subissent aussi les effets nocifs des drogues : plus de la moitié des consommateurs ont déjà déploré d’en avoir pris et plus d’une jeune femme sur trois a regretté d’avoir eu un rapport sexuel après avoir usé de stupéfiants.

Face à cette hausse de la consommation, les campagnes de prévention et de sensibilisation se succèdent. Si elles ne convainquent pas l’ensemble des consommateurs, elles obtiennent toutefois des résultats concrets pour une partie d’entre eux : 29% des jeunes interrogés indiquent avoir stoppé ou diminué leur consommation après avoir eu connaissance de campagnes de cette nature.

Enfin, et à rebours de récentes études montrant que près d’un Français sur deux serait favorable à la légalisation du cannabis (notamment celle menée par l’Observatoire des drogues et toxicomanies -OFDT – fin 2018), les 15-24 ans sont seulement 35% à souhaiter que le prochain président de la République s’engage dans cette voie, y compris parmi les sympathisants de partis politiques favorables à une telle légalisation.

Cannabis : presque deux fois plus de jeunes concernés en 20 ans

Le cannabis arrive très largement en tête des stupéfiants consommés régulièrement ou pas par les jeunes âgés de 15 à 24 ans. La proportion de celles et ceux qui en ont déjà consommé a considérablement augmenté en 20 ans.

  • 47% des jeunes interrogés par l’Ifop ont déjà consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie (ils étaient 25% en 2001)
  • Les jeunes femmes sont plus nombreuses (50%) à avoir déjà consommé du cannabis que les jeunes hommes (44%)
  • 5% des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont déjà pris quelques fois ou plusieurs fois de la cocaïne, du LSD, de l’héroïne ou de l’ecstasy.
  • Plus d’un jeune sur 10 (11%) a déjà inhalé du protoxyde d’azote, autrement appelé gaz hilarant

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Alcoolémie : comment calculer son taux ?

Sandrine Catalan-Massé en collaboration avec Christophe Ramond (porte-parole de l’association Prévention Routière )

calcul alcoolémie

La prise d’alcool est responsable chaque année de 30 % des accidents mortels. Christophe Ramond, directeur des études et recherches, porte-parole de l’association Prévention Routière nous explique tout l’intérêt de contrôler son alcoolémie.

L’alcoolémie, c’est quoi au juste ?

L’alcoolémie est le taux d’alcool contenu dans le sang ou dans l’air expiré. L’alcoolémie peut être vérifiée par les forces de l’ordre en cas de contrôle routier. Le contrôle du taux d’alcool peut aussi être réalisé au sein des entreprises si le règlement intérieur le prévoit. « Certains métiers à risques peuvent se voir imposer effectivement de ne pas être alcoolisés pendant le service, mentionne Christophe Ramond, directeur des études et recherches, porte-parole de l’association Prévention Routière. C’est le cas des conducteurs d’engins, couvreurs, électriciens, etc. La prise en charge de patients dans une structure hospitalière peut aussi nécessiter le contrôle du taux d’alcool« .

Connaitre son seuil d’alcoolémie

La notion d’alcoolémie est apparue en 1970 dans le code de la route. Des seuils d’alcoolémie ont alors été fixés pour indiquer une dangerosité. Il y a deux manières de mesurer son alcoolémie, soit par une prise de sang soit en soufflant dans un dispositif (éthylotest).

« Le seuil d’alcoolémie sera différent selon le dispositif employé mais aussi si l’on est jeune conducteur ou automobiliste expérimenté, précise Christophe Ramond. Pour les jeunes conducteurs en période probatoire ou en apprentissage, le taux d’alcool dans le sang doit être inférieur à 0,2 gramme d’alcool par litre de sang. Il est de 0,1 milligramme par litre d’air expiré. Pour les conducteurs confirmés les seuils sont de 0,5 gramme par litre de sang et de 0,25 milligramme par litre d’air expiré« .

L’éthylotest : un bon réflexe en prévention et en cas de doute

Disponibles dans les supermarchés, pharmacies, bureaux de tabac, les éthylotests existent en deux modèles. Le premier est un éthylotest chimique à usage unique (appelé ballon). L’air de vos poumons est insufflé dans un tube, directement ou par l’intermédiaire d’un ballon que vous gonflez au préalable. Ce tube contient des cristaux (avec ou sans chrome selon les modèles) qui changent de couleur au contact de molécules d’alcool. « Dès que les cristaux blancs deviennent roses, il ne faut plus conduire, recommande l’expert. Il y a aussi des cristaux jaunes qui deviennent verts au contact de l’alcool. Choisissez de préférence des tests certifiés norme NF apposée sur l’emballage« .

Il existe aussi des éthylotests électroniques qui ne sont pas à usage unique (seul l’embout est changé à chaque utilisation). Le principe consiste à souffler dans l’embout de l’appareil. Un message d’alerte apparait sur l’écran si vous êtes positif. Les éthylotests électroniques doivent aussi être certifiés NF ou EN (European Norm).

Attention au verre de trop

Il est facile de dépasser les seuils d’alcoolémie sans s’en rendre compte.

· Chez un homme de moyenne corpulence (70 kilos), un verre d’alcool (25 cl de bière / 12 de vin / Whisky de 4 cl) équivaut à 0,2 gramme par litre de sang. « Ce qui signifie qu’un jeune conducteur peut tutoyer la limite légale en buvant un seul verre d’alcool ! alerte Christophe Ramond. Pour les autres à partir de 2 ou 3 verres il y a une forte suspicion de seuil dépassé« .

Quant aux femmes, de corpulence plus petite, leur organisme serait plus sensible à l’alcoolémie. « A consommation égale une femme a un taux d’alcool qui monte plus haut que celui d’un homme. Dès deux verres consommés, il est préférable d’arrêter », conseille le porte-parole.

On patiente avant de reprendre le volant

Juste après une soirée arrosée entre amis, si vous souhaitez reprendre le volant, il est important de tester votre alcoolémie ou celui de vos invités à l’aide d’un éthylotest. « La montée d’alcoolémie prend entre 30 minutes et une heure, indique le spécialiste. Une fois l’alcool diffusé dans l’organisme, le corps (et notamment le foie) va travailler pour éliminer cet alcool. Cette élimination est assez constante puisqu’elle est en moyenne de l’ordre de 0,15 gramme d’alcool par litre de sang et par heure. Cela signifie qu’il vous faudra entre 1h et 1H30 pour l’éliminer un seul verre d’alcool !« .

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Shoot et crack, un remède existe

Obésité : faut-il indiquer les calories sur les bouteilles d’alcool ?

Par Jean-Guillaume Bayard

Indiquer le nombre de calories sur les bouteilles d’alcool pourrait être une stratégie efficace pour réduire sa consommation et ainsi faire baisser les taux d’obésité.

Obésité : faut-il indiquer les calories sur les bouteilles d’alcool ?

PANPETCH PETCHPHLOY/ISTOCK

L’ESSENTIEL

  • Au Royaume-Uni trois personnes sur quatre ignorent les niveaux de calories de l’alcool.
  • L’alcool est la deuxième source d’énergie la plus calorique, juste derrière la graisse.
  • Deux adultes britanniques sur trois soutiendraient la décision d’introduire l’étiquetage.

Les boissons alcoolisées contiennent beaucoup de calories. Un verre de vin serait aussi calorique qu’une part de gâteau et un seul cocktail peut même s’avérer aussi lourd qu’un repas complet ! Malgré cela, l’étiquetage nutritionnel des boissons alcoolisées n’est pas obligatoire, malgré la volonté européenne d’adopter une résolution en ce sens. La faute, notamment, à un fort lobbying de l’industrie qui s’oppose à ce que l’étiquetage nutritionnel des denrées s’applique à l’alcool.

Informer le public

Pourtant, cette stratégie serait efficace pour réduire la consommation et donc faire baisser le taux d’obésité à en croire une nouvelle étude parue en début d’année dans la revue Obesity Reviews. La première remarque des auteurs de l’étude, qui sont des chercheurs de l’université de Liverpool, est qu’au Royaume-Uni trois personnes sur quatre ignorent les niveaux de calories de l’alcool. Le premier bienfait d’une telle mesure serait donc d’informer la population sur les dangers caloriques de la consommation d’alcool.

Bien qu’on ne sache pas si les étiquettes de calories auront un impact significatif sur ce que les gens choisissent de boire, s’assurer que les boissons sont clairement étiquetées est un pas dans la bonne direction et peut également encourager l’industrie de l’alcool à réduire les calories dans les boissons”, assure le Dr. Eric Robinson, auteur principal de l’étude.

La deuxième source d’énergie la plus calorique

Pour la recherche, les scientifiques ont examiné les données de 18 études précédentes menées à travers le monde. Les résultats ont montré que, gramme par gramme, l’alcool est la deuxième source d’énergie la plus calorique, juste derrière la graisse. “Chez les buveurs réguliers, l’énergie dérivée de l’alcool peut apporter une contribution significative à l’apport énergétique quotidien”, estime Eric Robinson.

Par ailleurs, les auteurs assurent qu’environ deux adultes britanniques sur trois soutiendraient la décision d’introduire l’étiquetage. “L’étiquetage des calories des boissons alcoolisées est une mesure de santé publique qui pourrait être utilisée pour lutter à la fois contre la consommation d’alcool et l’obésité, ont écrit les chercheurs. Il existe un niveau de preuve révélant que les gens ont tendance à ignorer le contenu énergétique des boissons alcoolisées. Cela suggère qu’ils sont plus susceptibles de soutenir que de s’opposer à l’étiquetage énergétique des boissons alcoolisées.”

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Uber s’associe aux “coffee shops” canadiens pour livrer du cannabis

Selon Uber, l’entrée dans le secteur du cannabis apportera de la sécurité au consommateur

Depuis le 17 octobre 2019, le cannabis comestible, les extraits de cannabis et le cannabis pour usage local sont produits et vendus légalement au Canada. Cette vente devient aujourd’hui encore plus accessible grâce à l’uberisation de sa vente. Pour la première fois de son histoire, Uber Eats s’associe au magasin canadien Tokyo Smoke pour rendre possible les commandes de cannabis directement sur son application, dans la province d’Ontario.

Uber contre le marché noir du Cannabis

La chaîne de “coffee shop” Tokyo Smoke, qui détient 50 magasins, pourra ainsi livrer des commandes à tous ses clients de la province âgés de 18 ans ou plus. Il faudra simplement prouver son âge grâce à un justificatif d’identité au moment de récupérer la commande, qui est préparée dans l’heure. Selon Uber, l’entrée dans le secteur du cannabis apportera de la sécurité au consommateur, car cette livraison légale et encadrée permettra de lutter contre le marché illégal clandestin. Toujours selon l’application, malgré la légalisation de la vente, plus de 40 % des ventes non médicales [de cannabis] à l’échelle du pays se feraient toujours sur le marché noir.

Bientôt un service extensible à d’autres parties du monde ?

Les chauffeurs Uber-eats sont déjà sollicités aux États-Unis pour la livraison d’alcool, et l’entreprise, selon the Huffington Post, n’a jamais caché son intérêt par la livraison de cannabis. En avril dernier, son PDG, Dara Khosrowshawi, avait affirmé que son entreprise livrerait du cannabis aux États-Unis dès que la législation le permettrait.

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Drogues. Consommateurs, trafiquants : qui sont les 220 000 personnes mises en cause chaque année ?

Selon les chiffres publiés ce mardi 30 novembre par le ministère de l’Intérieur, plus de 220 000 personnes sont mises en cause dans des histoires de drogues chaque année depuis 2016. Mais la majorité sont des consommateurs.

Environ 208 000 personnes ont été mises en cause en moyenne chaque année depuis 2016 pour usage et/ou trafic de stupéfiants par les services de police et de gendarmerie, selon les chiffres publiés ce mardi 30 novembre 2021 par le ministère de l’Intérieur.

Sur les 220 000 mis en cause, 179 000 sont des consommateurs

En moyenne, 44 000 personnes ont été interpellées pour trafic, 179 000 pour consommation et 2 000 pour d’autres infractions. Dans ce total, 17 000 contrevenants ont été arrêtés pour trafic et usage, souligne dans un rapport le service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI).

Entre 2016 et 2020, la consommation et la vente de drogue concernent près d’une interpellation sur cinq (18 %) par les forces de l’ordre, soit le troisième motif derrière les atteintes aux personnes (35 %) et aux biens sans violence ni menace (27 %).

Plus d’arrestations pour trafic

Si le nombre de mis en cause pour usage de stupéfiants a légèrement baissé entre 2016 et 2019 (-3 %), les arrestations pour trafic ont bondi de 15 % sur la même période.

Les infractions constatées pour consommation et trafic ont logiquement baissé sur les neuf premiers mois de 2020, en raison du premier confinement dû à la pandémie de Covid-19, avant de rebondir au dernier trimestre (+22 % d’usagers mis en cause par rapport au dernier trimestre 2019) dans le contexte de l’expérimentation puis la généralisation des amendes forfaitaires délictuelles (AFD). Celles-ci permettent aux forces de l’ordre de sanctionner sur place sans passer par une procédure chronophage.

Des hommes de moins de 30 ans

Les données permettent également de dessiner le profil du consommateur et du trafiquant : à une écrasante majorité, il s’agit d’hommes (91 %), Français neuf fois sur dix, et âgés de moins de 30 ans (74 %). Selon que l’on détient de la drogue pour sa seule consommation personnelle ou pour en faire commerce, la réponse pénale diffère.

Plus de la moitié des personnes mises en cause pour usage (55 %) font l’objet d’une alternative aux poursuites ou d’une composition pénale – mesure qui permet d’éviter un procès lorsque des faits d’une faible gravité sont reconnus par l’auteur – avec une amende à payer sept fois sur 10. En revanche, près d’un mis en cause sur six pour trafic (59 %) passe par la case jugement et 80 % environ sont condamnés à la prison.

La France, grande consommatrice de stupéfiants

La France est le pays de l’Union européenne qui compte en proportion le plus de consommateurs de stupéfiants, avec 45 % des 15-64 ans qui ont déjà consommé du cannabis au cours de leur vie, contre 27 % dans l’ensemble de l’UE, selon les derniers chiffres de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

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Cannabis : la France pourra-t-elle longtemps continuer à ignorer la politique radicalement opposée de ses voisins européens ?

Alors que les Français sont les plus gros consommateurs de cannabis malgré une politique de répression, l’Allemagne est le dernier État européen en date à vouloir avancer sur la voie de sa légalisation. Jean Costentin et Edouard Hesse

Atlantico : La France a l’un des plus hauts taux de consommation de cannabis en Europe, malgré sa forte répression. Pouvons-nous continuer à ignorer la politique opposée que mène nos voisins européens ? Quels sont les enjeux de la légalisation en Europe ?

Pr. Jean Costentin : Les Français sont effectivement, parmi 27 Etats européens les premiers consommateurs de cannabis (avec 1.500.000 usagers réguliers dont 1.000.000 d’usagers quotidiens et souvent multi quotidiens). Cela survient, dites vous, malgré une politique de forte répression.

La loi de 1970 qui se voulait dissuasive, était sans doute excessive avec l’infliction possible d’un an de prison (or la prison ne saurait constituer un mode de traitement d’une telle addiction) ou de 3.500 € d’amende. Le monde judiciaire ne l’a jamais appliquée.  Elle aurait pourtant pu, au lieu d’un classement sans suite systématique, infliger une amende d’un niveau croissant, en fonction des récidives. Au lieu de cela on en est arrivé à une amende de 200 €, dont la perception est incertaine, qui plus est en solde de tout compte, puisqu’elle ne laisse aucune mémoire d’une infraction qui peut ainsi être répétée à l’infini.

D’aucuns déclarent que la guerre contre le cannabis, et même contre toutes les drogues, est perdue. Ce défaitisme est stratégique, en vue de leur légalisation. Pour qu’un combat soit perdu encore faut-il qu’il ait été livré.

Notre Education nationale est à cet égard, complètement défaillante en matière d’action éducative ; comme nous le reproche l’Office Européen des Drogues et Toxicomanies (OEDT). Elle en est encore à « expérimenter » des pédagogies adaptées. La Suède, qui y consacre une quarantaine d’heures tout au long du cursus éducatif et qui applique scrupuleusement sa législation, peut s’enorgueillir de compter (en proportion bien sûr) 10 fois moins de toxicomanes que la moyenne européenne.   

Les Français sont également champions de la consommation d’autres drogues, tabac, alcool et de psychotropes. C’est pourquoi cette vulnérabilité nationale requiert une prudence beaucoup plus importante que celle exercée par d’autres Nations moins exposées.

Edouard Hesse : A mesure que nos voisins actent l’échec de la prohibition et se mettent à légaliser, il deviendra de plus en plus difficile de défendre le dogme prohibitionniste. D’une part, les arguments prohibitionnistes perdront le peu de poids qu’il leur reste à mesure que les données s’accumulent qui montrent que la légalisation est une politique tout à fait raisonnable qui ne mène pas à la catastrophe. En outre, la pression pour légaliser le cannabis en France sera d’autant plus forte qu’il deviendra complètement illusoire de contrôler les trafics illicites d’un cannabis produit massivement chez un voisin avec qui nous partageons une longue frontière ouverte.

Mais une fois acté la nécessité de légaliser le cannabis, il reste encore un enjeu essentiel : comment légaliser ? Toutes les légalisations ne se valent pas. Dans notre rapport pour Génération Libre, nous étudions les différents modèles de légalisation en Amérique du Nord et du Sud. Pour résumer, il existe 2 grands modèles : un modèle de contrôle étatique fort, avec notamment un monopole sur la production et la distribution de cannabis, et un modèle de marché libre avec forte concurrence. C’est ce dernier modèle qui, après étude des données, nous semble le plus vertueux car il est le mieux à même de lutter efficacement contre le marché noir.

À LIRE AUSSILe cannabis quasiment aussi addictif que les opioïdes chez les adolescents

Le marché noir est au cœur des effets dramatiques de la prohibition : produits frelatés pour les consommateurs, ressources policières et judiciaires épuisées dans un combat stérile et insécurité pour le reste de la population. La lutte contre le marché noir doit être l’objectif premier d’une politique de légalisation, car il conditionne les bénéfices de la légalisation en termes de santé publique et de sécurité.

Dans le document de feuille de route de la nouvelle coalition allemande, il est fait mention d’une vente de cannabis exclusivement dans des magasins contrôlés par un système de licence. Comme nous l’expliquons dans notre rapport, il s’agit d’être très prudent concernant les conditions d’accès aux licences de distribution de cannabis.

Une licence trop contraignante risquerait de dissuader les entrepreneurs, ce qui réduirait l’accessibilité du cannabis légal et protègerait donc les parts de marché du crime organisé. Il est en outre important de légaliser les livraisons de cannabis à domicile, afin que le marché licite puisse offrir le même niveau de praticité que le marché noir.

Si le marché licite offre des produits plus chers, de moindre qualité ou diversité, ou encore s’ils sont moins accessibles que sur le marché noir, les consommateurs ne feront pas la transition et la légalisation risque d’échouer. C’est l’avertissement que nous donne l’expérience californienne, où les grandes contraintes et fortes taxes sur le marché légal l’ont rendu très peu compétitif, conduisant à un marché noir qui continue de prospérer. Inspirons-nous plutôt de juridictions comme le Colorado où l’offre légale de cannabis représenterait, seulement 5 ans après son existence, près de 70% du marché total

[1].À LIRE AUSSIDrogues et addictions : les leçons (déstabilisantes) du succès portugais

Le mois dernier, le Luxembourg est devenu le deuxième pays de l’UE à légaliser l’usage récréatif du cannabis. Y a-t-il des enjeux de santé publique et de diminution de la criminalité directement corrélés avec la légalisation du cannabis ?

Pr. Jean Costentin :De l’ordre de 250.000 individus, des « gros bonnets » aux dealers de quartiers, vivent, et pour certains très bien, de leurs trafics de drogues.

La légalisation, avec la commercialisation d’un cannabis d’Etat, plus couteux et plus faiblement dosé en THC que celui proposé par les dealers, pour tenter de diminuer sa consommation et ses méfaits, ne fera évidemment pas disparaître ce marché noir ; puisqu’il concerne même actuellement les cigarettes de tabac.

Cette légalisation déporterait le trafic vers des drogues encore plus détériorantes. Un certain nombre de nos adolescents s’adonnent au cannabis pour satisfaire un « besoin de transgression » ; sa légalisation transférerait leur transgression vers d’autres drogues illégales, encore plus agressives.

La guerre des gangs pour le contrôle de leurs territoires ne faiblirait pas. Arrêtons de grâce de nous émouvoir des quelques décès de ces malfrats dont le commerce tue ou anéanti des milliers de nos jeunes.

Edouard Hesse : Dans l’imaginaire prohibitionniste, la légalisation renforcerait la consommation du cannabis et la multiplication de personnes sous emprise de la drogue ferait augmenter la criminalité. C’est en fait l’inverse qui s’est produit dans plusieurs des États américains où le cannabis récréatif a été légalisé. En comparant l’État de Washington avec d’autres, des chercheurs ont montré que la légalisation de la consommation de cannabis récréatif avait causé une diminution importante des viols (-30%) et des vols (-20%)[2]. En outre, l’une des conséquences de la légalisation du cannabis médical dans plusieurs États américains a été de réduire de manière significative les crimes violents (-12,5%) dans les zones anciennement contrôlées par les cartels mexicains

[3].À LIRE AUSSILégalisation du cannabis : l’exemple du Colorado

Ces données sont cohérentes avec les attentes théoriques qu’on peut avoir vis-à-vis de la légalisation. En effet cette dernière permet d’assécher le marché noir sur lequel prospère le crime organisé et où les parts de marché sont gagnées à coup de Kalashnikov. En outre la fin de la prohibition permet de réallouer les moyens de police et de justice vers la lutte contre les agressions. Ceci a été démontré par exemple au niveau d’une localité anglaise qui a expérimenté avec la dépénalisation[4].

Concernant les enjeux de santé publiques, ils sont énormes et évidents : mettre fin à la prohibition permet tout d’abord la production et la distribution de cannabis dont la qualité et le dosage sont rigoureusement contrôlés, évitant ainsi les empoisonnements via des produits coupés, des alternatives synthétiques non contrôlées, ou les surdosages.

En outre, on peut beaucoup plus aisément sensibiliser les consommateurs avec des messages de santé publique et de réduction des risques quand ces derniers n’ont pas à se cacher. Enfin, alors que les dealers du marché noir n’ont que faire de l’âge de leurs consommateurs, on peut strictement interdire la vente de cannabis aux mineurs dans un marché légal. Une telle mesure est justifiée par les effets particulièrement nocifs démontrés du cannabis pour la santé des jeunes.

La future coalition allemande, sociaux-démocrates (SPD), Verts, libéraux-démocrates (FDP), a indiqué qu’elle envisageait sérieusement de légaliser la possession de cannabis

Pr. Jean Costentin : Le centre de gravité de l’éventail politique allemand s’est déplacé sur sa gauche. Les verts voient dans le cannabis un moyen d’obtenir la régression économique à laquelle ils aspirent. Le cannabis est la drogue de la crétinisation : « la fumette-ça rend bête, le chichon-ça rend con » ; « pétard du matin-poil dans la main, pétard du soir-trou de mémoire » ; de l’aboulie, de la démotivation ; c’est la drogue qui transforme des indignés en résignés, qui peut calmer ceux qui réprouvent l’afflux d’immigrés que cette nation aura des difficultés à intégrer culturellement. 

Quant aux méfaits cognitifs du cannabis, ne vous étonnez pas que la France qui dépense beaucoup pour l’éducation de ses jeunes ne soit payée en retour que par un 27ième rang dans le classement international PISA des performances éducatives. Eradiquer le cannabis de l’espace éducatif nous ferait mécaniquement progresser au moins d’une quinzaine de rangs.

Comment la France peut-elle se placer sur les questions de légalisation face à la décision de nos voisins allemands ? Est-ce réalisable ? 

Edouard Hesse : Cet engagement officiel de la future coalition gouvernementale allemande de légaliser le cannabis est une excellente nouvelle. C’est d’abord une excellente nouvelle pour les consommateurs adultes de cannabis en Allemagne qui pourront se fournir en produits sûrs et de qualité sans menace de répression policière et judiciaire. Cette mesure bénéficiera également à l’ensemble de la population, grâce à une réduction de la criminalité et un stimulus de l’économie.

Enfin, la légalisation du cannabis dans une économie développée majeure où résident 83 millions de personne est un signal extrêmement fort pour le reste du monde. On ne peut qu’espérer que l’impact sera particulièrement fort en Europe et permettra d’effriter la prohibition dans les pays comme la France où on persiste dans la fuite en avant du tout-répressif malgré les innombrables preuves de la nocivité de cette politique.

Si les expériences de légalisation de cannabis d’Amérique du Nord nous apprennent quelque chose, c’est qu’une telle politique génère les effets vertueux cités plus tôt tout en ne faisantpasexploser la consommation. L’expérience allemande devrait encore rajouter du poids à la cause de l’abolition de la prohibition en montrant qu’elle est parfaitement soluble y compris chez des peuples à la culture très proche de la nôtre. Il n’y a aucune raison que les immenses bénéfices de la légalisation soient réservés aux seuls pays anglo-saxons

Quelle est la position du médecin, du neurobiologiste, du pharmacologue, sur cette légalisation vue sous l’angle de ces disciplines ?

Pr. Jean Costentin : Dans ces débats philosophico-politiques sur la légalisation du cannabis, les médecins, les pharmaciens  avec  leurs académies nationales, les toxicologues, les épidémiologistes sont assez absents, n’étant pas conviés et, quand ils le sont, leurs propos sont occultés ; aussi je vous remercie, avec moi, de les interroger.

Nous affranchissant de postures idéologiques nous nous efforçons de mettre en garde contre les méfaits physiques ainsi que psychiques, nombreux et souvent graves, du cannabis.

Alors que l’on s’échine à tenter de réduire le tabagisme et ses 75.000 morts annuels, l’alcoolo-dépendance et ses 41.000 décès, ainsi que  les handicaps nombreux qu’ils recrutent, très coûteux pour la collectivité, d’aucuns voudraient ajouter le cannabis à ces fauteurs de troubles. Le cannabis est aussi toxique que le tabac pour le corps, mais il est de plus très toxique pour le cerveau.

Il faut introduire dans ce débat les méfaits physiques et psychiques du cannabis : sa toxicité cardio-vasculaire : 3ième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde, sa responsabilité dans des artérites des membres inférieurs (pouvant imposer leur amputation), dans des accidents vasculaires cérébraux chez des sujets jeunes. Le cannabis est cancérigène pour les sphères O.R.L. et broncho-pulmonaire ; il diminue les défenses immunitaires ; il perturbe la grossesse (qui s’en trouve abrégée) et plus encore l’enfant qui en naîtra.

La consommation de cannabis par de futurs parents, transmet à leur enfant des marques épigénétiques, qui peuvent être à l’origine de malformations (effet tératogène), d’une vulnérabilité à l’autisme, d’une vulnérabilité à la schizophrénie, aux toxicomanies, aux troubles dépressifs, à des perturbations de la faculté d’apprendre, ou encore d’une diminution de ses défenses immunitaires.

Au plan psychique la consommation de cannabis/THC par un adolescent crée une ivresse, avec l’accidentalité routière ou professionnelle  associée. En 2019, 730 personnes ont été tuées dans un accident routier impliquant un conducteur sous l’emprise d’un stupéfiant qui était dans 90% des cas le cannabis.

Il  induit un effet désinhibiteur pouvant conduire à des comportements agressifs et à la libération d’autres pulsions. Il installe une addiction chez près de 20% de ceux qui l’ont expérimenté ; ils en deviennent ainsi dépendants, alors qu’on ne dispose d’aucun moyen pour les en détacher. Il suscite une escalade vers d’autres drogues, aboutissant  à des polytoxicomanies.

Son THC induit, au long cours, une anxiété, des troubles dépressifs avec des risques suicidaires en embuscade. Il peut induire de novo, ou révéler en la décompensant, la schizophrénie (la folie au sens commun du terme, cette affection dont on ne guérit pas) dont l’évolution est aggravée par le cannabis, car il produit une résistance à ses traitements.

Face à ces multiples méfaits sociaux, sociétaux, physiques, psychiques, épigénétiques, les arguments économiques avancés, tels que l’abondement par des taxes du budget de l’Etat, le développement d’une filière cannabique nationale, sont misérables et même scandaleux. « Il n’est de richesse que d’Homme », ni shooté, ni camé, ni défoncé.

S’agissant de la perception de taxes, il a été calculé au Colorado que pour l’encaissement d’un dollar de taxes, l’Etat devait débourser 4$ de frais induits (médecine de ville, hôpitaux, hôpitaux psychiatriques, accidents de la voie publique, assurances, frais de justice…) quant à l’incurie de ses consommateurs elle ne se calcule pas !

La France, qui se veut encore porteuse de messages pouvant profiter à l’humanité, n’a pas à se mettre à la remorque d’Etats qui dissolvent l’humanisme dans le lucre, les royalties et autres taxes.

Les civilisations sont mortelles et les drogues accéléreront la destruction  de celles qui ne sauront s’en prémunir.

N’oublions pas enfin que si notre Nation veut conserver son système de solidarité, d’assistance aux malades de toutes affections, aux handicapés de tous types, elle doit s’appliquer à en restreindre le nombre en ne laissant pas se multiplier les victimes des addictions.

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