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Centre National de Prévention, d Etudes et de Recherches en Toxicomanies

Mois

septembre 2021

Comment débanaliser la consommation d’alcool ?

Comment débanaliser la consommation d’alcool ?
Billion Photos/shutterstock.com © Crédit photo : destinationsante.com

Trois verres ( 27 g d’alcool pur) par jour et par habitant.

La France est parmi les pays les plus gros consommateurs d’alcool au monde. Résultat, nous payons « un lourd tribut sanitaire et social lié à la popularité de la consommation de boissons alcoolisées », indique l’Inserm dans sa dernière expertise en la matière.

Dans le détail, « en 2015, on estimait que 41 000 décès, soit 11% des décès chez les hommes et 4 % chez les femmes de 15 ans et plus, étaient attribuables à l’alcool », poursuit l’expertise. « Le coût social était estimé à 118 milliards d’euros en 2010, soit une perte de 6 % du PIB. »

Comment expliquer ce phénomène ? « La consommation d’alcool est responsable directement ou indirectement d’une soixantaine de maladies : maladies alcooliques du foie mais aussi pathologies cardiovasculaires, pancréatites, certains cancers notamment digestifs et du sein, sans compter les troubles psychiques, la dépression, les suicides et les dommages occasionnés par des accidents ».

Et contrairement à une idée reçue, « les effets délétères de l’alcool concernent tout le monde, et pas seulement les personnes qui ont une dépendance ou un trouble lié à cette substance », martèle Mickael Naassila, directeur du Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances. « La consommation faible mais quotidienne présente des risques ».

C’est pourquoi l’expertise de l’Inserm n’évoque plus de « seuils de risque » mais des « repères de consommation à moindre risque ». Soit 2 verres par jour et 10 verres par semaine maximum, selon les recommandations revues à la baisse en 2017 par Santé publique France.

Pourquoi l’alcoolisme ne recule pas ?

« L’alcool, et surtout sa surconsommation, sont un enjeu de santé publique majeur, paradoxalement méconnu et sous-médiatisé », souligne l’Inserm. Et ce tabou « contraste avec une image plutôt valorisée, voire valorisante, de l’alcool notamment chez les jeunes, et en tout cas une perception banalisée de sa consommation ».

Résultat, 8 % des jeunes de 17 ans déclarent avoir une consommation régulière et 40 à 50 % ont connu une alcoolisation ponctuelle importante. Chez les seniors, la consommation d’alcool survient dans un contexte de comorbidités et de traitements médicamenteux fréquents.

Malgré les messages de sensibilisation, la consommation pendant la grossesse reste fréquente. « Nos préoccupations portent notamment sur les consommations occasionnelles importantes en tout début de grossesse, pour lesquelles nous avons très peu de données », précise Marie-Josèphe Saurel-Cubizolles, épidémiologiste spécialisée sur la santé périnatale.

Un plan Alcool ?

Pour combattre ce problème grave de santé publique, l’expertise de l’Inserm propose donc un plan d’action Alcool, à l’image du plan Tabac.

Les experts préconisent notamment de « mieux encadrer la vente d’alcool en augmentant le prix et les taxes et en limitant son accessibilité, notamment pour les mineurs ».

En parallèle, ils conseillent de s’appuyer sur « la communication, la prévention et l’éducation du public, au travers d’interventions ciblées (en milieu scolaire, au travail, auprès des parents…) ou de campagnes telles que le Dry January ».

Enfin, ils insistent sur la nécessité d’instaurer « un repérage, un suivi et une prise en charge des personnes à risque ». Par exemple par les pharmaciens.

Mais au fait, c’est quoi le crack, la drogue qui gangrène Paris ?

Mais au fait, c'est quoi le crack, la drogue qui gangrène Paris ?
© Robin Tutenges / Hans Lucas / AFP

Le crack est une drogue dure et extrêmement addictive. A Paris, les autorités sont confrontées depuis plusieurs années à ce fléau dérivé de la cocaïne. Mais c’est quoi exactement le crack ? France Live a interrogé une chercheuse spécialisée en neurobiologie de l’addiction aux drogues.

Paris, sa Tour Eiffel, les quais de Seine, ses boulevards haussmanniens et ses « crackers »… On est loin de l’image de carte postale, mais depuis plusieurs années maintenant la capitale est confrontée aux ravages du crack. Les toxicomanes accros à cette substance errent dans les rues de certains quartiers. La cohabitation avec les riverains est problèmatique, certaines situations deviennent explosives.

Récemment délogé de la rue Riquet, dans le 19e arrondissement, un groupe de toxicomanes a par exemple reconstitué un campement porte de La Villette.

La mairie de Paris a créé la polémique en érigeant dans l’urgence un mur.  Baptisé « Le mur de la honte » par ses opposants, il a été construit sous un pont qui permettait de passer de la rue du Chemin-de-Fer (19e arrondissement), à Pantin (Seine-Saint-Denis).

Depuis plusieurs années, la ville de Paris est confrontée à ces consommateurs dont la présence irrite les riverains. La « colline du crack », Porte de la Chapelle, a ainsi été évacuée plus d’une quinzaine de fois.

France Live a interrogé Stéphanie Caillé-Garnier, chercheuse en neurosciences au CNRS, spécialisée dans la recherche préclinique sur les comportements et la neurobiologie de l’addiction aux drogues, afin d’expliquer ce qu’est exactement cette drogue.

Qu’est ce que le crack ?

C’est la transformation de la pâte de coca, ou de la poudre de cocaïne par ajout de bicarbonate et d’eau. On fait évaporer l’eau par chauffage, ce qui donne un résidu huileux qui prend l’aspect d’un caillou, solide et cristallin, en refroidissant.

Comment se consomme-t-il ?

Le crack peut être fumé pur dans une pipe, ou mélangé à du tabac, ou à de la marijuana. La dose moyenne, lors d’une prise, est d’environ 85 mg.

Quels sont ses effets ?

Comme la cocaïne, le crack a un impact direct sur le cerveau, notamment au niveau de la voie mésocorticolimbique, l’un des systèmes qui agit sur la dopamine. A court terme, les effets sont donc plutôt agréables pour le consommateur, avec un flash et une sensation d’euphorie.

Et à long terme ?

Ces effets euphorisants ne durent pas longtemps, ce qui pousse le consommateur à rapidement reprendre de la drogue. Il en arrive très vite à une prise compulsive, c’est-à-dire avec une perte de contrôle.

Pourquoi est-il très addictif ?

Les effets physiologiques du crack sont plus puissants que ceux de la cocaïne. En étant fumé, le crack atteint directement les capillaires au niveau des poumons, ce qui permet une absorption quasiment instantanée du produit qui rejoint très vite la circulation artérielle. L’impact de la drogue au cerveau se fait en 6/8 secondes. Ce sont ces caractéristiques pharmacodynamiques qui accroissent le pouvoir addictif du crack : plus c’est rapide et intense, plus c’est addictif

Comment s’en sort-on ?

La prise en charge par psychothérapie est l’outil le plus efficace, souvent associé à un médicament anti-craving, c’est-à-dire qui diminue l’envie urgente de drogue. Il n’y a pas de médicament spécifique à l’addiction au crack. Ensuite, il peut y avoir des adaptations en fonction des troubles comorbides, s’il y a la présence d’autres troubles psychiatriques que l’addiction par exemple.

L’alcool serait lié à plus de 700 000 cas de cancer chaque année affirme cette étude

Des scientifiques ont dévoilé que l’alcool, même consommé avec modération, était à l’origine de diverses formes de cancer.

Merieme Bonazzi 27 septembre 2021

L'alcool serait lié à plus de 700 000 cas de cancer chaque année dans le monde affirme cette étude
 Le lien entre l’alcool et le cancer étudié dans une étude. Crédit photo : Shutterstock / Alla Aramyan

Les résultats sont tombés, et l’alcool, déjà dans le collimateur des scientifiques, a encore montré des risques plus que sérieux. La veisalgie, connu encore communément sous le terme « gueule de bois », est peut-être bien une preuve que le corps humain n’en veut pas.

Il s’avère que les avancés de la médecine, et de la science globalement, ne cessent de mettre à jour les retombés de l’état d’ébriété. Le cancer est actuellement une des plus grandes menaces mis en évidence, après les crises de foie. En effet, avec la stéatose du foie, on ne cesse de déconseiller l’alcool.

Dernièrement, une publication dans « Lancet Oncology » a démontré de manière assez évidente la relation entre alcool et le cancer, en plus de ce que l’on en sait déjà. Les chercheurs approfondissent de plus en plus leurs recherches sur ces breuvages. Ils ne cessent ainsi de mettre à jour des détails éclaircissant chaque effet sur le genre humain.

Les oncologues contre les œnologues

Pour arriver à cette conclusion, il a fallu des années d’études et plusieurs laboratoires de par le monde. Ainsi, ce sont des oncologues nord-américains, européens et africains qui ont compilé leur résultat pour davantage de crédibilité. Ils donnent ainsi de leur personne pour le bien être de l’humanité.BioNTech : un vaccin expérimental à ARN qui permettrait de guérir le cancer

Il est probable que leurs actes ne leur feront pas davantage de bien puisqu’ils tendent à diminuer le nombre de leur client. Cependant, l’idée est surtout de guérir et de faire en sorte que d’autres ne tombent pas malades. Dans les faits, ce sera toujours bénéfique puisque moins de cas à traiter permettent de mieux traiter les cas déjà malades.

L'alcool serait lié à plus de 700 000 cas de cancer chaque année dans le monde affirme cette étude
Le risque existe même même si la consommation d’alcool n’est que modérée, voire légère. Crédit photo : Shutterstock / Kzenon

Un peu, c’est déjà trop

Ça fait assez longtemps que le cancer du foie, de l’œsophage et des seins ont été dépisté à cause de l’alcoolisme. Mais qui dit alcoolisme dit une consommation considérable d’alcool. Cette recherche a établi que les risques, bien que moindres, existent bel et bien. Et cela même si l’absorption n’est que modérée, voire légère.

A raison de rien qu’un verre par jour, le taux a atteint les 100.000 cas l’année 2020. Pour ce qui est de l’ensemble des cas, c’est le chiffre astronomique de 741.300 cas qui est avancé. Juste énorme. C’est pratiquement 4,1 % des cas dépistés cette année-là. Il est alors vraiment grand temps de suivre les recommandations du “à consommer avec modération“. En effet, 1 ou 2 verres occasionnels peut être largement suffisant pour l’apéro time. Manger deux champignons chaque jour réduirait de moitié les risques de cancer affirme cette étude !

Les statistiques l’annoncent

On est bien face à une réalité inquiétante. Ce résultat est surtout issu d’une étude statistique de la concordance de ces nouveaux cas, et de leurs habitudes éthyliques. En vérité, l’alcool est biocide. Le foie, on ne cessera de le mentionner dans les histoires d’alcool. Son rôle est justement de casser les molécules de ce poison pour qu’il en résulte des composés plus supportables pour l’organisme. Cependant, s’il y en a trop, le foie est saturé, et c’est là que commencent les complications qui conduisent aux maladies les plus connues.

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Un simulateur pour expérimenter les dangers de l’alcool au volant

Afin de sensibiliser le public aux dangers de la conduite en état d’ébriété, un nouveau simulateur est mis à sa disposition ce week-end dans le cadre du festival La Belle Nuit.

Publié: 24.09.2021,

Le simulateur présenté par la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme s’adresse particulièrement aux jeunes fréquentant le monde de la nuit. (Photo d’illustration)
Le simulateur présenté par la Fondation vaudoise contre l’alcoolisme s’adresse particulièrement aux jeunes fréquentant le monde de la nuit. (Photo d’illustration)KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

La Fondation vaudoise contre l’alcoolisme (FVA) met à disposition ce week-end à Lausanne un nouveau simulateur destiné à sensibiliser le public aux dangers de la conduite en état d’ébriété. Cette nouvelle expérience est offerte dans le cadre de la deuxième édition du festival La Belle nuit.

«Par son effet désinhibant, l’alcool diminue la perception des risques et exerce une forte influence sur le style de conduite et le comportement», rappelle la FVA dans un communiqué. En Suisse, un accident grave de la route sur neuf est imputable à l’alcool. Cette proportion augmente à un sur deux pour les accidents ayant lieu durant la nuit et le week-end.

Le nouveau simulateur de conduite de la FVA doit sensibiliser la population – notamment les jeunes – aux conséquences d’une conduite en état d’ivresse. Le conducteur est plongé dans diverses situations à risques: obstacles à éviter ou freinages d’urgence. L’idée est de «vivre une expérience de conduite réaliste», qui «illustre de manière extrêmement parlante l’allongement du temps de réaction suite à une consommation d’alcool», poursuit le communiqué.

Depuis 2004, le programme de prévention «Be My Angel» se charge par ailleurs de promouvoir un comportement responsable en matière d’alcool et de conduite. Il encourage le public à choisir un «ange» qui restera sobre durant la soirée pour reconduire le reste du groupe.

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L’OMS recommande d’augmenter les taxes sur l’alcool en Europe

Par Sciences et Avenir

Selon l’OMS, « augmenter les taxes sur les boissons alcoolisées est l’une des meilleures mesures » en vu de réduire le nombre des morts du cancer.

L'OMS recommande d'augmenter les taxes sur l'alcool en Europe

L’OMS recommande d’augmenter les taxes sur l’alcool en EuropeAFP/ARCHIVES – PHILIPPE HUGUEN

Doubler les taxes sur l’alcool en Europe permettrait d’éviter que quelque 5.000 personnes ne meurent de cancers chaque année, selon une étude présentée le 20 septembre 2021 par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), qui appelle à un tour de vis fiscal.

Un effet dans tous les pays

Selon cette modélisation parue dans la revue scientifique The Lancet, « on estime que 10.700 nouveaux cas de cancer et 4.850 décès par cancer liés à l’alcool pourraient être évités chaque année dans la région européenne de l’OMS en doublant les taxes actuelles sur les boissons alcoolisées« , souligne dans un communiqué la branche Europe de l’OMS. Cela représente environ 6% des nouveaux cas et des morts de cancers liés à la consommation d’alcool, relève l’organisation sanitaire de l’ONU. Selon cette dernière, « augmenter les taxes sur les boissons alcoolisées est l’une des meilleures mesures » en vu de réduire le nombre des morts du cancer, avec « un impact potentiel élevé » et « des résultats positifs dans tous les pays« . Pour l’OMS, les niveaux actuels de taxation de l’alcool restent « faibles » dans de nombreux pays européens, y compris au sein de l’Union européenne, où leur augmentation devrait avoir l’un des plus forts impacts.

1,4 million de cas de cancers liés à l’alcool chaque année en Europe

La Russie, le Royaume-Uni et l’Allemagne sont les pays qui sauveraient le plus grand nombre de vies en prenant cette mesure fiscale, avec respectivement 725, 680 et 525 morts évitées, selon sa modélisation. D’après l’OMS, sur les 4,8 millions de nouveaux cas de cancer chaque année en Europe, 1,4 million, ainsi que 650.000 décès, sont « liés à » la consommation d’alcool. Parmi ceux-ci, l’organisation estime que 180.000 cas et 85.000 morts sont directement causés par l’alcool. Le nombre des vies sauvées par un doublement des taxes concernerait notamment les cancers du sein (1.000 morts par an) et les cancers colorectaux (1.700). L’alcool est lié à sept types de cancers différents : bouche, pharynx, œsophage, colorectaux, du foie, du larynx et du sein

Drogue “Spice” : Des symptômes de sevrage plus graves que le cannabis

Des recherches publiées par des psychologues de l’Université de Bath suggèrent que “Spice”, qui contient des drogues synthétiques conçues à l’origine pour imiter les effets du cannabis, est plus nocif que le cannabis et que les utilisateurs sont susceptibles de ressentir des symptômes de sevrage plus graves lorsqu’ils tentent d’arrêter.
Des recherches publiées par des psychologues de l'Université de Bath suggèrent que " Spice ", qui contient des drogues synthétiques conçues à l'origine pour imiter les effets du cannabis, est plus nocif que le cannabis et que les utilisateurs sont susceptibles de ressentir des symptômes de sevrage plus graves lorsqu'ils tentent d'arrêter.

Plus des deux tiers (67 %) des participants qu’ils ont observés, qui ont essayé d’abandonner Spice, ont déclaré avoir éprouvé au moins trois symptômes de sevrage après avoir tenté d’arrêter, notamment des problèmes de sommeil, de l’irritabilité et une mauvaise humeur. C’était nettement pire que pour les personnes essayant d’abandonner le cannabis.

La drogue Spice, populaire chez les SDF et les prisonniers

Spice est un nom familier donné à une classe de médicaments appelés “agonistes synthétiques des récepteurs cannabinoïdes”, souvent abrégés en “SCRA”. Ces drogues sont produites synthétiquement et sont généralement pulvérisées sur une matière végétale qui ressemble au cannabis et qui peut être fumée.

En raison de sa facilité d’accès et pour éviter la détection sur les tests de dépistage de drogue, Spice est parfois utilisé comme substitut du cannabis (ou d’autres drogues), notamment chez les personnes sans domicile fixe ou en prison. Bien qu’ils agissent sur les mêmes récepteurs cérébraux, Spice est beaucoup plus puissant que le cannabis, ce qui peut le rendre plus addictif et augmenter la gravité du sevrage.

Le sevrage est l’expérience de symptômes désagréables lors de l’arrêt ou de la diminution brutale de la prise d’un médicament qui a été utilisé en grande quantité pendant une longue période. Cela se produit lorsque le corps tente de s’adapter à l’absence d’effets médicamenteux, qui peuvent durer environ deux semaines et peuvent amener les gens à utiliser davantage de médicament pour soulager ces symptômes. Plus les symptômes de sevrage sont graves, plus il peut être difficile d’arrêter de prendre ce médicament.

Des symptômes de sevrage beaucoup plus brutaux

Dans cette étude, publiée dans Psychopharmacology, des chercheurs du groupe Addiction and Mental Health du département de psychologie de l’Université de Bath ont demandé à un échantillon de participants qui utilisent à la fois Spice et du cannabis de comparer leurs effets selon différentes mesures.

Leurs évaluations ont été conçues pour indiquer la probabilité qu’un médicament cause des dommages à long terme, comme la gravité des symptômes de sevrage, la durée des effets et la rapidité avec laquelle la tolérance se développe (ce qui signifie que de plus grandes quantités de médicament sont nécessaires pour produire le même effet que précédemment). Ils ont également demandé aux participants quels symptômes de sevrage ils ont éprouvés lorsqu’ils ont tenté d’arrêter.

Les participants ont systématiquement évalué les effets de Spice comme plus nocifs que le cannabis, notant que ces effets étaient plus rapides à apparaître mais duraient moins longtemps que le cannabis. Cependant, les participants ont signalé que la tolérance aux effets se développe plus rapidement pour Spice, ce qui signifie que les gens peuvent devoir utiliser des doses plus importantes plus régulièrement pour obtenir le même effet qu’avant.

Cannabis et Spice, même danger ?

Les participants ont également évalué les symptômes de sevrage comme étant plus graves que ceux du cannabis, ce qui signifie qu’il peut être plus difficile pour eux d’arrêter. Les symptômes que les participants ont signalés après avoir tenté d’arrêter d’utiliser des épices comprenaient des problèmes de sommeil, de l’irritabilité, une humeur maussade, des palpitations cardiaques et une envie irrépressible (un fort désir d’utiliser plus de médicament).

L’étude comprend 284 personnes participant à la Global Drug Survey qui ont déjà essayé d’arrêter d’utiliser Spice. Il s’agit de la plus grande étude jamais menée sur le sevrage de Spice et la première à comparer la gravité des symptômes avec ceux du cannabis.

Sam Craft, auteur principal et doctorant financé par le Medical Research Council, a expliqué : “Bien qu’à l’origine produit comme une alternative légale au cannabis, nos découvertes montrent que Spice est une drogue provoquant des symptômes de sevrage beaucoup plus sévères. Il est donc important que davantage d’efforts soient déployés pour s’assurer que Spice ne soit pas utilisé comme substitut du cannabis ou de toute autre drogue et les personnes ayant des problèmes avec Spice devraient être soutenues par un traitement.”

Le Dr Tom Freeman, auteur principal et directeur du groupe Addiction and Mental Health à l’Université de Bath a ajouté : “Ces résultats identifient les symptômes de sevrage sévères comme un problème clinique clé chez les personnes utilisant Spice, et soulignent le besoin urgent de développer des traitements pour lutter contre cette addiction.

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Lien entre usage du cannabis et crise cardiaque chez des jeunes

Une étude scientifique dirigée par des chercheurs de Toronto laisse croire qu’une consommation récente de cannabis est associée à un risque plus élevé de crise cardiaque chez les jeunes adultes, et que le risque augmente avec l’usage.

L’étude publiée mardi dans le journal de l’Association médicale canadienne précise que même si le risque de crise cardiaque chez les jeunes consommateurs de cannabis est généralement faible, les usagers âgés de moins de 45 ans courent un risque près de deux fois plus élevé d’être terrassés que ceux qui n’en consomment pas.

Les données ont été puisées auprès d’une population de 33 000 adultes âgés de 18 à 44 ans, dont 17% ont rapporté avoir pris du cannabis au cours des 30 derniers jours. Des incidents cardiaques ont été relevés chez 1,3% des consommateurs de cannabis et chez 0,8% des personnes qui n’en ont pas pris.

Le scientifique clinique torontois Karim Ladha croit utile que les médecins connaissent les conclusions de l’étude et en informent leurs patients car à son avis, prendre du cannabis peut poser un risque cardio-vasculaire.

Habitudes

De précédentes études avaient déjà établi un lien entre la forte consommation de la marijuana et le risque de crise cardiaque. L’étude dirigée par les chercheurs de Toronto s’est penchée sur le cas de personnes qui en ont pris quatre fois ou plus au cours d’une période de 30 jours.

L’étude a aussi constaté que les consommateurs de cannabis posaient plus de risques d’être des hommes, de fumer la cigarette ou de faire usage de cigarettes électroniques et de boire beaucoup d’alcool.

Or, il s’agit d’habitudes qui augmentent le risque de crise cardiaque, mais elles ont été prises en compte dans l’étude sur le cannabis.

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Santé. Elle cherche les secrets de l’addiction à l’alcool dans le cerveau

Qu’est ce qui se passe dans le cerveau des personnes alcooliques ? Quels sont les schémas neuronaux qui s’activent et quelles zones sont concernées ? Questions auxquelles le Dr Manon Auffret, du CHU de Rennes, cherche à répondre à travers une étude très innovante. Le but : mieux comprendre les mécanismes pour développer, à terme, des thérapies plus efficaces.

Le sujet est passionnant et répond aussi à un vrai problème de santé publique. En France, selon la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives, près de 3,4 millions de personnes ont une consommation à risque d’alcool. Et 45 000 en meurent par an par cause directe ou indirecte. Sans omettre les problèmes et les violences liées à l’alcool ou les accidents de la route.

Technologies de pointe

Mais qu’est ce qui se passe dans le cerveau des personnes alcooliques et quels sont les mécanismes de l’addiction ? Des questions auxquelles, Manon Auffret, docteure en pharmacie et en neurosciences au CHU de Rennes (Ille-et-Vilaine), a décidé de tenter de répondre. Un projet, baptisé Craving-Net, qu’elle qualifie elle-même « de très novateur » et qui fera appel à des technologies de pointe comme l’électro encéphalographie à haute résolution (EEG-HR). Le craving désignant une envie irrépressible de consommer une substance. De l’alcool, des stupéfiants…

« Un outil plus précis »

« Avec l’IRM, nous pouvions déjà voir ce qui se passait dans le cerveau. Mais avec l’EEG-HR, nous disposons d’un outil plus précis et plus performant qui nous permet d’observer à la milliseconde les réseaux cérébraux. » Une précision 1 000 fois supérieure à celui de l’IRM. Des travaux soutenus par l’institut des neurosciences cliniques de Rennes (INCR) et financés par le fonds Bretagne Atlantique ambition (BAA) qui œuvre efficacement pour la recherche dans les neurosciences.

« En résumé, nous voulons pouvoir observer et comprendre l’envie de boire chez les patients alcoolo dépendants. Quels sont les flux neuronaux qui interviennent et quelles sont les parties du cerveau qui sont mobilisées. » Par analogie, c’est comme chercher le déplacement de quelques voitures parmi des milliards d’autres sur des autoroutes à des milliers de voies ! « Nous cherchons les marqueurs de l’addiction et à voir les différents degrés d’addiction. »

« Recruter des volontaires »

La finalité : « Il y en a plusieurs. L’une étant ensuite de pouvoir étudier l’efficacité des traitements directement dans le cerveau des patients et non plus d’une façon subjective. »

Pour l’instant, l’étude n’en est qu’à son début. « Nous avons commencé, avec l’aide du professeur Romain Moiran, spécialiste en addictologie, à recruter des volontaires entre 30 et 60 ans. » Des personnes alcooliques mais aussi non alcooliques pour pouvoir étudier les différences. Si tout va bien, les études commenceront début 2022.

Outre le projet du Dr Auffret, deux autres seront présentés ce lundi 20 septembre 2021 à la soirée du 7e anniversaire de BAA, au siège de Samsic : Prédilepsy qui vise à prédire la survenue des crises d’épilepsie afin de bloquer leur survenue et Parkinson vise à prédire l’évolution de la maladie de Parkinson et à guider la thérapeutique grâce à la découverte de neuro-marqueurs en EEG-HR.

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La France, leader européenne de la consommation de cannabis

La France, leader européenne de la consommation de cannabis
Un million de Français fume quotidiennement du cannabis. © Crédit photo : Le Deodic David

Par Sudouest.fr
Publié le 20/09/2021

Malgré une répression importante et l’apparition de nouvelles amendes, la France est la première consommatrice européenne de cannabis.

Dans un article paru le 20 septembre dans Aujourd’hui en France, 44,8 % des Français de 15-64 ans, soit 18 millions, ont déjà consommé au moins une fois du cannabis dans leur vie selon un rapport de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies. Ce qui fait de la France le leader européen de la consommation de cannabis, loin devant le Danemark (38,4 %) et l’Espagne (37,5 %). Un million de Français fumerait quotidiennement. Plus inquiétant encore alors que le cannabis agit sur le développement du cerveau, 3,9 % des 15-34 ans disent en consommer chaque jour.

Une répression forte

Bien que première consommatrice, la France possède également l’une des répressions les plus fortes sur les drogues en Europe. Dernière mesure en date : la création le 1er septembre 2020 d’une amende forfaitaire délictuelle pour les consommateurs. De 200 euros, elle est ramenée à 150 euros si payée rapidement. Selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, en un an, près de 100 000 amendes ont été délivrées dont 60 000 en 2021.

Vers une légalisation ?

Les résultats semblent pourtant limités. Les Français fument et les règlements de compte sur fond de trafic de drogues comme à Marseille se multiplient. Certains demandent alors à l’État de changer de politique en privilégiant la prévention des risques voire la légalisation pour autant contrôler la production que la consommation.

En mai dernier, un rapport parlementaire préconisait sa légalisation pour protéger les mineurs. « On propose de reprendre le contrôle en légalisant, mais avec une légalisation encadrée, régulée, considérant que la légalisation est la meilleure façon de prévenir les risques associés au cannabis et de rétablir la sécurité, donc finalement de protéger les Français » a expliqué Caroline Janvier, la députée LREM qui a coordonné ce travail. Pourtant le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et le président Macron pourraient enterrer ce rapport, étant opposés à la légalisation. Un débat qui alimentera certainement la prochaine élection présidentielle.

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