Cocaïne, alcool, cannabis, le cocktail qui a tué trois personnes à Esquelbecq

De la cocaïne, de l’alcool, du cannabis, consommés en grande quantité… L’Esquelbecquois à l’origine de l’accident qui a coûté la vie dimanche matin à deux femmes, et qui s’est lui-même tué au volant, blessant très grièvement deux autres personnes, roulait sous l’effet d’un cocktail désastreux.


Les premiers résultats de l’enquête démontrent que ce drame ne relève pas de la fatalité. Le conducteur de la 306 était sous l’emprise d’alcool et de drogue.

Dimanche matin à la sortie du village d’Esquelbecq, deux véhicules sont entrés en collision, suite à un violent choc frontal.

L’enquête sur ce dramatique accident qui a coûté la vie Dorothée Lauerière, une Lederzeeloise de 45 ans mère de cinq enfants, à Viviane Vangrevelynghe, une Audomarroise de 58 ans, elle aussi mère de famille, et à Maxime Vandenberghe, un Esquelbecquois de 29 ans, faisant du surcroît deux blessés graves, a livré ses premiers résultats. Ils sont accablants et ne relèvent en rien de la fatalité.

Les analyses toxicologiques concernant Maxime Vandenberghe ont révélé qu’il avait pris le volant après avoir consommé de la cocaïne, du cannabis et de l’alcool (1,73 gramme par litre de sang au moment du décès), en quantité importante.

Pour reprendre le langage imagé utilisé par la jeunesse, il conduisait « défoncé ». Les mots sont parfois brutaux. La réalité l’est encore plus.

Peu avant 10 h, l’Esquelbecquois accompagné de son passager roulait sur la départementale 17, en direction d’Esquelbecq. Un groupe de copains les précédait dans une autre voiture. Ils revenaient d’une nuit bien arrosée (lire plus bas). Les premières investigations semblent confirmer qu’à l’entrée du village, sortant d’une légère courbe, alors que les deux voitures se suivaient, Maxime Vandenberghe, au volant de sa Peugeot 306, a mordu sur la voie de circulation opposée, percutant de plein fouet l’Opel Corsa qui arrivait en face.

Les trois femmes qui se trouvaient à bord se rendaient à la brocante de Wormhout. La conductrice et sa passagère arrière sont mortes sur le coup. La passagère avant, Odette Sourdeval, 58 ans, orginaire de Lederzeele, se trouvait toujours entre la vie et la mort, ce mercredi, au centre hospitalier régional de Lille.

L’expertise en accidentologie tend à démontrer que l’Opel Corsa qui venait de quitter le village roulait à 70 km/h, soit 20 km/h en-dessous le la vitesse autorisée.

En l’état de l’enquête, la vitesse de la Peugeot 306 au moment du choc n’a pu être déterminée avec précision. Mais la violence du choc tend à démontrer que le véhicule roulait à vive allure. Le passager avant de Maxime Vandenberghe, un Wormhoutois de 18 ans, a d’ailleurs été très grièvement touché. Ses jours ne sont plus en danger.

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Drogue: la Naltrexone, enfin un traitement à 100 % efficace ?

Elle permettrait de libérer totalement l’addiction d’une personne à la drogue, contrairement à la méthadone. Ce produit, la Naltrexone, est du reste celui qu’a préféré le ministère de la Santé dans le traitement aux drogués, au lieu de la méthadone depuis le mois d’août.
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«Avec la Natrexone en permanence dans le corps, le patient ne pense plus du tout à d’autres produits. Le récepteur est bloqué, et il peut se concentrer à refaire sa vie », explique Darmen Ellayah, le président de l’organisation non gouvernementale Association pour les personnes en larmes (APPEL). Il a offert son soutien au ministère de la Santé pour la mise sur pied du prochain programme de traitement des toxicomanes à la Natrexone. APPEL a du reste déjà expérimenté ce traitement avec 36 personnes de 2007 à 2009, en Australie. Et les essais ont été concluants.
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En fait, l’avantage de la Naltrexone est que, contrairement à la méthadone qui n’est qu’un produit de substitution, elle bloque les récepteurs du cerveau responsable des addictions et de ce fait, le patient a l’esprit totalement libéré de son addiction. Concernant la première expérience de l’Ong APPEL, il y a huit ans, les 36 personnes traitées avec cette molécule ont toutes été libérées de leur addiction. « On ne peut pas parler de reconstruction à quelqu’un dont l’esprit est occupé par savoir s’il aura sa dose de méthadone le lendemain » explique Darmen Ellayah.
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De plus, comme la méthadone n’est qu’un palliatif, la personne en traitement peut, à tout moment, rechuter. Ce problème ne se pose pas avec la Naltrexone, car la personne ne se sentira même pas être en manque manques.
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Darmen Ellayah a découvert l’utilisation de la Naltrexone lors d’un de ses voyages personnels en Australie. À l’époque, le Dr Georges O’Neil, gynécologue, faisait des recherches sur cette molécule car la méthadone outre de causer des problèmes cardiaques, avait des effets néfastes sur les fœtus.
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Après maints essais, il a fini par concevoir un implant qui se place sous la peau et qui traite le patient pendant un an. Plusieurs patients n’ont eu besoin que d’un seul implant pour se reprendre en main. L’opération se fait en vingt minutes en anesthésie locale. L’implant est placé dans le bas ventre et les effets sont quasi immédiats.
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En trois ans, 36 patients ont été pris en charge par APPEL mais malheureusement, cette première opération n’a pu avoir de suite car, d’une part, les coûts étaient trop élevés et d’autre part, les procédures de visas pour les toxicomanes relevaient souvent du parcours du combattant. APPEL n’avait aucune aide du gouvernement.
Darmen Ellayah évoque avec regrets ses nombreuses tentatives d’approcher le ministère de la Santé pour expliquer le succès qu’il a eu avec le traitement à la Naltrexone. Aujourd’hui l’annonce du ministre de la Santé de considérer le traitement à la Naltrexone, est une victoire indirecte pour lui.
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Toutefois, prévient Darmen Ellayah, il ne faut pas se réjouir trop tôt. Le traitement à la Naltrexone nécessite impérativement tout une structure de support psycho social pour les toxicomanes, support qui n’existe pas actuellement à Maurice.
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En sortant de son addiction à la drogue, le patient est souvent déboussolé. «Une structure devra être mise en place pour redonner confiance aux patients et les aider à se réinsérer. Aujourd’hui, mis à part le soin palliatif, il y a très peu de suivi qui est fait», déplore-t-il.
Ainsi malgré l’espoir suscité par le traitement à la Naltrexone, le chemin est encore long pour la réinsertion des ex-toxicomanes.  Source

National Geographic : Un Editeur en chef surement très occupé….

Suite à un long article de National Geographic consacré au cannabis, annoncé en première page :
« Marijuana- un super-médicament ? L’enquête scientifique inédite »

une lettre du 15 Juin 2015 du Pr Costentin, SANS RÉPONSE le 15 Septembre ….

à  Monsieur M. Trautmann  Editeur en chef de «  National Geographic »

Monsieur

Etant un des experts nationaux en matière de toxicomanies et, parmi celles-ci, un spécialiste du cannabis, votre revue du mois de juin 2015 devait inévitablement arriver sur mon bureau. J’y ai porté alors une grande attention et je viens vous restituer ici certains éléments de mon appréciation.

J’ai déploré que ce sujet soit traité au cœur de la campagne qui se poursuit, visant à dépénaliser l’usage du cannabis, préalable à sa légalisation, à des fins dites « récréatives » ; préalable elle-même à la revendication exprimée par certains d’une légalisation de toutes les drogues.

La stratégie du « cannabis thérapeutique » / « cannabis médicament », qui s’apparente à celle du cheval de Troie, vise à parer le cannabis/THC d’atours thérapeutiques, pour le faire entrer dans la cité, la tête haute, sous les acclamations de la foule reconnaissante. Ce subterfuge ne date pas d’hier, il renait régulièrement ; il le fait avec force ces derniers temps, épaulé par un faux pas du ministère de la santé, cédant à des lobbies très actifs. Ministère resté sourd aux mises en garde exprimées par l’académie nationale de Médecine, ainsi qu’à celle de Pharmacie, qui réunissent en leur sein les meilleurs spécialistes nationaux de ce sujet. L’académie de Médecine s’est exprimée récemment par un communiqué qui s’intitulait, sans équivoque : « Le cannabis, un faux médicament, une vraie drogue ».

L’exposé qu’a fait votre revue sur l’état des connaissances à cet égard, est très largement aux antipodes des analyses des spécialistes de ce sujet. Cela me parait de nature à égarer vos lecteurs, et à pouvoir être interprété comme une démarche militante sur un sujet trop important au regard de la santé publique, pour être abordé de la sorte.

Je me suis appliqué, dans le document ci-dessous, à rassembler, de façon synoptique, les principaux arguments contestant ces conclusions hâtives et très peu ou mal fondées. Il me parait très important que vos lecteurs, intellectuellement favorisés, attirés par les sujets importants que vous traitez et par une iconographie remarquable, puissent en bénéficier, afin d’alimenter leur réflexion, en contribuant à leur information.

En vous remerciant par avance de l’attention que vous voudrez bien porter à la présente, et à la suite que vous voudrez bien lui donner, je vous exprime, Monsieur, l’expression de mes meilleures salutations

Professeur Jean Costentin

Dr. Méd., Pharm., Dr. ès Sci.

Professeur émérite de la faculté de Médecine & Pharmacie de Rouen

Membre des Académies nationales de Médecine et de Pharmacie

Président du C.N.P.E.R.T. (Centre National de Prévention d’Etudes  et de Recherche sur les Toxicomanies)

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Pourquoi le cannabis, tout comme son principal constituant psychotrope, le tétrahydrocannabinol, ne peuvent prétendre, d’un point de vue pharmacologique, à la dignité de médicament

 

L’imprudente et hâtive décision ministérielle de légaliser par un arrêté le cannabis thérapeutique et, aussitôt ou presque, d’autoriser la mise sur le marché d’un mélange de THC et de cannabinol (Sativex®), sont en rupture complète avec la plupart des principes et critères qui fondent la dignité de médicament. On est troublé par l’éclatement de cette bulle au cœur d’une campagne menée par divers lobbies qui militent pour la dépénalisation et même la légalisation du cannabis à des fins récréatives, proposant même la légalisation de toutes les autres drogues.

Nous allons évoquer Poursuivre la lecture « National Geographic : Un Editeur en chef surement très occupé…. »

Les fumeurs de cannabis sont plus susceptibles de développer le diabète de type 2

Les fumeurs de cannabis seraient beaucoup plus exposés au risque de diabète de type 2 que les non-fumeurs, selon une nouvelle étude scientifique.

2015-09-14-diabète-cannabis

Fumer de la marijuana régulièrement augmenterait le risque d’hyperglycémie de 65%. Or, le prédiabète, caractérisé par une glycémie trop élevée, précède souvent le diabète de type 2. Le taux de sucre dans le sang des patients prédiabétiques augmente considérablement mais il demeure sous le niveau seuil pour un diagnostic de diabète. Selon les médecins, un prédiabétique sur 10 pourrait développer le diabète.

Pour parvenir à leurs conclusions, une équipe de chercheurs de l’université de Minnesota School of Public Health (Etats-Unis) ont analysé les données de plus de 3000 personnes. Ils ont constaté que celles qui ont fumé de la marijuana plus de 100 fois étaient environ 50% plus susceptibles de développer le prédiabète.

Cependant, les chercheurs n’ont pas identifié un lien direct entre le véritable diabète et le fait de fumer la marijuana.

Cette recherche va complètement à l’encontre des précédentes études qui ont montré que le cannabis pouvait réduire le risque de diabète. Par exemple, une étude américaine réalisée en 2013 a trouvé que les fumeurs de cannabis avaient un niveau plus bas d’insuline, ce qui indiquerait un meilleur contrôle glycémique.

« Ces résultats s’opposent à ceux rapportés auparavant sur l’usage de marijuana et la santé métabolique. Les études à venir devraient chercher à évaluer objectivement les manières et la quantité dont la marijuana est consommée et l’impact de ces critères sur la santé métabolique future », conclut un des auteurs principaux de l’étude, Mike Bancks.

Source

L’insupportable coût social de l’alcool et du tabac

Dans une récente allocution destinée à défendre son choix d’introduire le paquet de cigarette neutre en France dans le cadre de la lutte contre le tabagisme, Marisol Touraine avait estimé le cout social du tabac à 47,5 milliards d’euros. Elle était loin du compte.

En effet, le 11 septembre 2015, l’économiste Pierre Kopp, professeur à l’université Panthéon-Sorbonne (Paris-I), et Philippe Fenoglio, Maître de conférences à l’université de Nancy I, ont publié les conclusions de leur étude financée par la Direction générale de la santé et par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies : cette étude révèle que le tabac coûte chaque année à la communauté française 120 milliards d’euros, autant d’ailleurs que l’alcool. Par ailleurs les drogues illicites coutent elles 8,7 milliards d’euros. Ce sont donc 250 milliards d’euros qui sont gaspillés chaque année par la communauté afin de laisser à chacun la liberté de fumer et de boire à sa guise. Peut-on continuer ainsi? Les français souhaitent-ils continuer à financer impunément les firmes américaines et anglaise du tabac et les industriels de l’alcool?

Pour mener ses calculs, Pierre Kopp a tenu compte du coût des vies perdues (80 000 morts liés au tabac et 50 000 à l’alcool), des baisses de production et de productivité, de la réduction de la qualité de la vie des personnes souffrant des conséquences des intoxications actives ou passives (672 000 malades chroniques du tabac, 1,2 million de l’alcool), ainsi que du montant des dépenses de soins (26 milliards pour le tabac et 8,5 pour l’alcool -ne coût social des accidents liés à l’alcool serait à ajouter), et pour les drogues dures de la répression. Il y a soustrait le montant des recettes liées à l’achat légal de l’alcool et du tabac (14 milliard d’euros) et des économies représentées par les retraites non versées aux personnes décédées prématurément de pathologies liées à l’alcool et au tabac.

Plus personne ne pourra insinuer que le manque d’application de l’Etat français à réduire la consommation de tabac et d’alcool est uniquement lié à la volonté d’amasser les profits réalisés par leurs ventes ; selon Pierre Kopp, « La taxation sur les alcools ne représente que 37 % du coût des soins des maladies engendrées par l’alcool », écrit l’économiste. Il y a surement d’autres raisons à l’inaction de l’Etat et du ministère de la santé, mais ce n’est pas l’objet du rapport de Pierre Kopp.

Un groupe de députés avait présenté en octobre 2014 un amendement, depuis oublié, qui réclamait que le prix du tabac soit « fixé de manière à compenser le coût sanitaire et social, minoré des recettes liées au tabac ». Il est peut-être temps d’y revenir? Il faudrait alors multiplier par 10 les recettes fiscales du tabac et donc du paquet de cigarette ce qui rejoint une étude publiée par des scientifiques espagnols ils y a quelques années estimant que pour compenser le coût sanitaire, un paquet de cigarette devrait être vendu 100 euros (voir article Docbuzz). Ce vendredi pourrait marquer le 11 septembre du tabac.

Source

Le coût social des drogues licites (alcool et tabac) et illicites en France
Pierre Kopp et Philippe Fenoglio
Vendredi 11 septembre 2015

VIDEO. Violences en cuisine : cannabis et cocaïne sous la hotte (France 2)

Pour supporter la pression souvent infernale qui règne dans les cuisines des restaurants, les petites mains des grands plats ont parfois recours à la drogue. Témoignages dans cet extrait de « Complément d’enquête » du 3 septembre 2015.

Cliquez ICI pour voir la vidéo de « Complément d’enquête »

Le cannabis de synthèse met le feu aux poudres

ACTUALITÉ

Un grand nombre de drogues sont illicites dans le monde entier. Mais cette prohibition n’empêche pas l’apparition de nouvelles substances. L’une d’entre elles, le cannabinoïde synthétique, inquiète par ses effets secondaires dévastateurs sur ses consommateurs. Un psychotrope qui plane de plus en plus sur la France.

Le cannabinoïde synthétique gagne du terrain en France. En 2014, selon le Baromètre santé de l’Inpes (l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé), 1,7 % de la population française, âgée de 18 à 64 ans, aurait déjà expérimenté les cannabinoïdes de synthèse. Aux États-Unis, 11 % des adolescents avaient déjà testé au moins une fois cette substance en 2012, selon le National Institute on Drug Abuse.

C’est quoi le cannabinoïde synthétique ?

Appelé « K2 », « Spice », ou encore « Black Mama » par les initiés, le cannabinoïde de synthèse est une substance psychotrope qui reproduit les effets du cannabis naturel. « Ce produit se présente sous forme de feuilles broyées et ressemble beaucoup au cannabis standard, explique Laurent Karila, psychiatre addictologue et porte-parole de SOS Addictions. Le cannabinoïde de synthèse est euphorisant et sociabilisant. Il procure du bien-être et de l’empathie avec une action anxiolytique », précise le médecin.

Le JWH-018 est une molécule qui a les mêmes effets que le cannabis. (Photo : Wikimédia)

Apparue aux États-Unis dans les années 2000, la famille des cannabinoïdes de synthèse comprend une centaine de substances différentes, interdites en France depuis 2009. La plus connue, à l’origine de la variété dite « Spice », porte le nom de JWH-018. « Ce produit est essentiellement fabriqué en Asie, nous observons également des microphénomènes de fabrication en Pologne et aux Pays-Bas », indique Laurent Karila.

« Extrêmement nocif »

« Ce n’est pas un produit très présent en France pour le moment. Nous savons que les adolescents consomment beaucoup de cannabis, mais nous n’avons pas d’étude précise sur la consommation du cannabinoïde de synthèse », explique le spécialiste.

Une plantation légale de marijuana au Canada. (Photo : Blair Gable/Reuters)

Accidents cardiaques, problèmes de rein et de foie, confusions, malaises, tensions artérielles, états psychiatriques délirants et paranoïaques… Les effets négatifs de ces substances sont nombreux et imprévisibles. « Il y a également un risque d’overdose et personne ne sait exactement ce qu’il consomme », alerte l’addictologue. En mars 2015, à Annecy, une dizaine de jeunes lycéens avaient été fortement intoxiqués après avoir fumé du cannabis de synthèse.

Que ce soit au volant ou à l’hôpital, ce type de produit vendu sur internet n’est pas détectable par les moyens de dépistage habituels.« La plupart des consommateurs sont déjà initiés au cannabis naturel et recherchent juste une nouvelle expérience », analyse Laurent Karila, qui voit « un avenir un peu curieux se dessiner avec ces nouveaux produits de synthèse extrêmement nocifs pour la santé ».

Source

Effet du cannabis sur la structure du cerveau : deux nouvelles études

San Francisco, Etats-Unis — Publiées dans le JAMA Psychiatry, deux études suggèrent une répercussion de la consommation de cannabis sur la structure du cerveau chez les adolescents et les jeunes adultes. S’il est difficile d’établir un lien de causalité, il apparait plus évident chez les garçons à haut risque de schizophrénie.

Alors que les Etats-Unis se sont engagés dans une libéralisation de l’usage du cannabis à des fins thérapeutiques, mais aussi récréatives, les travaux se succèdent pour déterminer ses effets sur le long terme. Ces deux publications apportent de nouvelles données sur les répercussions du cannabis sur le développement du cerveau.

Une étude en imagerie dans des fratries

Dans la première, David Pagliaccio et ses collègues du National Institute of Mental Health (Bethesda, Etats-Unis) ont voulu explorer une éventuelle corrélation entre le volume des structures cérébrales et l’usage de marijuana. Pour cela, ils ont inclus 241 frères et sœurs, âgés de 22 à 35 ans, afin de prendre en compte les facteurs génétiques.

Parmi les participants à l’étude, 262 ont déclaré avoir consommé du cannabis au cours de leur vie. L’analyse s’est appuyée sur une imagerie cérébrale, ainsi que sur les données obtenues après un questionnaire et une évaluation des facultés cognitives.

En comparant le cerveau des consommateurs à celui de leur frère ou sœur jamais exposé au cannabis, les chercheurs ont observé que l’amygdale gauche (impliquée notamment dans la reconnaissance des stimuli sensoriels) et le striatum ventral (lié au mouvement volontaire et à la motivation), présentaient un volume significativement plus faible chez les consommateurs.

Ces deux structures cérébrales avaient ainsi une taille inférieure respectivement de 2,3% et 3,5%. Les auteurs précisent, toutefois, que les volumes observés restent dans les normes.

En croisant les données provenant des couples de fratrie n’ayant jamais touché au cannabis, il est apparu que la taille plus faible de l’amygdale était également associée à des facteurs génétiques. Pour ce qui est du striatum, la relation était moins évidente.

« Il n’y a aucune preuve de cause à effet d’une exposition au cannabis sur le volume de l’amygdale », dont le faible volume pourrait être attribué à d’autres facteurs, soulignent les auteurs. Pour ce qui est des autres structures, « d’autres travaux devront être conduits pour caractériser l’implication du cannabis ».

Cortex cérébral aminci entre 14 et 18 ans

Dans la seconde étude, l’équipe de Thomas Paus de l’Institut de recherche Rothman, à Toronto (Canada), a cherché à savoir si l’utilisation du cannabis influe sur la maturation du cortex cérébral chez les adolescents présentant une prédisposition génétique à la schizophrénie.

De précédentes études ont déjà souligné un risque accru de schizophrénie chez les individus de sexe masculin, en cas de consommation de cannabis pendant l’adolescence.

Au total, 1 574 participants, âgés de 15 à 21 ans, ont été inclus. L’étude a porté sur leur consommation de marijuana et s’est basée sur une imagerie cérébrale, ainsi qu’une analyse génétique pour établir le score polygénique de risque pour la schizophrénie.

Les résultats montrent une répercussion significative d’une consommation de cannabis sur l’épaisseur du cortex cérébral chez les garçons présentant un score polygénique élevé. Le cortex était sensiblement aminci entre 14 et 18 ans.

En revanche, aucun effet n’a été observé chez les filles, quel que soit leur niveau de risque, ou chez les garçons présentant un risque plus faible de schizophrénie.

Haut risque de schizophrénie: les garçons « plus sensibles »

Bien que le lien de causalité ne puisse pas être clairement établie, les différences apparaissant dans les zones à forte densité de récepteur aux cannabinoïdes 1 suggèrent une implication du cannabis —Thomas Paus

« Nos résultats suggèrent que la consommation de cannabis pourrait agir sur le développement du cortex cérébral chez les adolescents de sexe masculin à haut risque de schizophrénie », notent les auteurs.

« Bien que le lien de causalité ne puisse pas être clairement établie, les différences d’épaisseur du cortex apparaissant dans les zones à forte densité de récepteur aux cannabinoïdes 1, suggèrent une implication du cannabis », a affirmé, Thomas Paus, auprès de l’édition internationale de Medscape.

Selon lui, « les garçons à haut risque pourraient être plus sensibles aux effets indésirables d’une consommation de cannabis ».

Dans un éditorial accompagnant les publications, David Gold du National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism (Rockville, Etats-Unis) considère ces résultats comme préoccupants pour cette population à risque et appelle à la prudence.

Compte tenu des résultats de ces deux études, « il serait erroné de conclure que la consommation de cannabis est sure ou sans danger pour ceux qui ont le bon profil génétique, en particulier lorsqu’on est une femme ».

Source

Crystal Meth : la drogue qui menace La Réunion

Méthamphétamine

Des médecins s’alarment de la présence de crystal métamphétamine à La Réunion, une drogue extrêmement puissante et addictive qui pourrait provoquer des ravages sur l’île.
Crystal Meth : la drogue qui menace La Réunion
Michael Probst/AP/SIPA
L’île de La Réunion fait face à l’arrivée d’une nouvelle drogue sur son territoire. Depuis quelques mois, le « Crystal », de la métamphétamine sous forme de cristaux, circule sur l’île et attise l’inquiétude des addictologues. Ce week-end, un médecin a ainsi lancé l’alerte sur les réseaux sociaux.

Terrain propice

« C’est un phénomène nouveau et franchement alarmant, car La Réunion peut être un terrain très propice au développement de la consommation de crystal meth », explique David Mété, chef du service Addictologie au CHU Félix-Guyon, à Saint-Denis.

En effet, sur l’île, les psychostimulants sont rares. Si le cannabis se cultive sur ses terres, l’héroïne, l’ecstasy ou encore la cocaïne viennent en revanche de loin. Quand ces drogues ne sont pas interceptées avant leur entrée sur le territoire, elles s’y vendent à prix d’or. Du coup, les usagers, plus rares qu’en métropole, se tournent vers d’autres modes de consommation.

« Les jeunes Réunionnais avides de sensations fortes détournent plutôt des médicaments, tels que l’Artane, qui a des effets euphorisants et addictogènes peu puissants », précise David Mété. Or, c’est précisément cette population qui inquiète les médecins. « Ce nouveau trafic pourrait les intéresser eux en particulier, avec des conséquences sanitaires désastreuses ».

Des dizaines de consommateurs

Ainsi, depuis quelques mois, entre quatre et cinq patients ont été pris en charge dans les services d’addiction des hôpitaux de La Réunion, et les praticiens estiment que les consommateurs se comptent par dizaines sur l’île. Un chiffre relativement restreint, mais qui reflète une inquiétante réalité.

« Ce produit extrêmement puissant peut induire une dépendance dès les premières prises, ajoute ainsi David Mété. Les patients que nous recevons ont exprimé de vives peurs vis-à-vis des compulsions qu’engendre la consommation de crystal ».
Les effets secondaires de cette drogue de synthèse sont bien connus : paranoïa, agressivité, violences majeures envers les autres et soi-même… La drogue agit pendant une longue durée – douze heures après sa consommation, 50 % de la substance est décelable dans le sang – et met le système nerveux à rude épreuve, en stimulant violemment les récepteurs dopaminergiques

Sur l’île de La Réunion, le produit pourrait être importé de Thaïlande ou d’Afrique du Sud, deux pays où il provoque des ravages parmi la population. En Europe, sa présence est encore peu répandue. « Il faut absolument veiller à ce que le crystal meth ne se répande pas ici, insiste encore David Mété. L’impact pourrait être très grave, sur le plan sanitaire, sur l’équilibre social et sur la criminalité. Les autorités doivent agir vite. »

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