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Drogues et addictions : pour une politique de lutte à la mesure d’une consommation en mutation

Les addictions aux opiacés ont considérablement évolué en France. Les Français consomment beaucoup de cannabis, davantage de cocaïne et l’héroïne demeure une réalité. Les consommations évoluent, les produits aussi, mais la politique de lutte contre les drogues en France demeure la même, d’année en année, insistant largement et de manière légitime sur la prévention, mais délaissant tout aussi largement la question de la médicalisation du risque et du sevrage. Où en est la France en matière de consommation ? Quelles perspectives pour la lutte contre la toxicomanie dans un pays autrefois pionnier comme la France ? Les premiers ne sont-ils pas en train de devenir les derniers ?

Des consommations croissantes, des produits de plus en plus forts

Selon l’état des lieux de l’Observatoire des drogues et des toxicomanies (OFDT) « drogues et addictions, données essentielles », l’usage du cannabis s’est stabilisé à un niveau élevé en France avec environ 1,2 million de consommateurs réguliers et 3,8 millions d’usagers dans l’année. Cela fait de la France le pays de l’Union européenne où la consommation de cannabis dans l’année est la plus élevée.

Cultivé en Europe ou dans l’hexagone, connu sous le nom d’Amnésia, Sinsemilia ou Hase, et de plus en plus consommé, le cannabis est aussi de plus en plus fortement dosé. Les analyses des laboratoires en 2010 et 2011 ont conclu à des taux de THC (tétrahydrocanabinol) trois plus élevés que l’herbe traditionnelle. Ces surdoses en THC peuvent directement présenter des risques de psychoses cannabiques, notamment chez les jeunes usagers qui en sont les principaux consommateurs.

Le constat est tout aussi inquiétant pour l’usage de la cocaïne ou d’autres produits de synthèse. En raison d’une réorientation du trafic international et du développement du marché sur Internet, la France, auparavant peu consommatrice de cocaïne, occupe aujourd’hui une position médiane au sein de l’UE.

Les usages de l’héroïne, même s’ils demeurent faibles à l’échelle de la population globale (90 000 consommateurs dans l’année), concernent des personnes désocialisées dont les conditions de vie sont précaires (appelées pour certains les usagers « cachés, n’ayant aucun contact avec les structures sanitaires en lien avec leurs usages de produits psychoactifs ni avec les services de l’application de la loi) ou des jeunes insérés qui en consomment dans un cadre festif.

D’une consommation qualifiée souvent d’« underground » dans un premier temps, l’héroïne se diffuse peu mais progressivement dans la population générale : en effet, outre l’augmentation du nombre d’expérimentateurs d’héroïne en France [au moins une fois dans la vie] de 360 000 à 500 000 entre 2005 et 2010, l’usage au cours de l’année augmente, et ce de manière significative, chez les hommes. Ainsi l’usage dans l’année qui reste globalement très faible pour la population générale, est tout de même passé de 0.5 % en 2005 à 0.9 % en 2010 parmi les hommes de 18 à 34 ans.

Nouveaux usages, nouveaux produits, nouveaux dangers

Enfin il est à noter que de nombreux nouveaux usages apparaissent, au-delà de la classique injection, en matière de consommation d’héroïne. C’est notamment le cas de la pratique de la « chasse au dragon » ou inhalation des vapeurs produites par la substance chauffée au préalable sur une feuille d’aluminium. Cette pratique, tout comme la consommation en sniff, a connu un certain essor dans les milieux festifs, les usagers considérant l’image de cette pratique moins associée à la déchéance sociale et la mort. Ils l’estiment également porteuse d’un risque moindre que la consommation par injection, toujours très stigmatisée. Mais cette voie d’absorption extra veineuse n’exclut que partiellement les risques infectieux. L’inhalation par voie nasale, quand il y a échange de pailles, n’est pas sans danger. Elle est en outre loin d’être exempte du risque de dépendance et de surdose.

Des saisies massives en 2009 avaient conduit à une pénurie de MDMA, amphétamine stimulant le système nerveux central et comportant des caractéristiques psychotropes particulières. Mais l’année 2010 a vu revenir ces produits sur le marché dans des quantités « normales ». La disponibilité du produit s’est même accrue du fait de sa vente sous trois formes différentes : en comprimé, en poudre et en “cristal”. Cette dernière forme a connu augmentation significative de sa consommation sur certains sites français [Bordeaux, Metz, Marseille, Paris, Rennes]. Les usagers en plébiscitent les effets réputés plus forts que la poudre.

L’une des nouveautés majeures marquant les offres de drogues ces dernières années concerne les drogues de synthèse. Les usagers ont eu accès, notamment par le biais d’Internet, à de nouvelles substances de synthèse imitant les effets de drogues illicites telles que l’ecstasy, l’amphétamine, la cocaïne ou le cannabis. Moins chères que les substances traditionnelles, elles sont également vendues sous des formes très diverses [comprimés, poudre, pâte, pastilles], ce qui les rend plus attractives.

Une étude menée dans le cadre du dispositif TREND [Tendances récentes et nouvelles drogues] a recensé 63 de ces nouvelles substances sur environ 32 sites francophones de vente en ligne. Elles préoccupent particulièrement les autorités européennes, car elles ont peu de visibilité et de contrôle sur leur développement. Et, ce qui est plus inquiétant, les conséquences de la consommation de ces produits sont mal connues.

La France, hier première, demain dernière dans la lutte contre la toxicomanie ?

La France est en train de perdre l’avance qu’elle avait acquise en matière de lutte contre la toxicomanie. Depuis le 31 décembre 1970, date à laquelle est entrée en vigueur la loi réprimant l’usage et le trafic de stupéfiants, la situation a considérablement évolué, en particulier chez les jeunes. Les mesures de santé publique n’ont pas suivi le rythme de croissance de consommation de drogues. En 1987, la vente libre des seringues est pérennisée par la ministre de la Santé de l’époque, Mme Barzach. 8 ans plus tard, les associations sont autorisées à délivrer gratuitement des trousses de prévention contenant seringues, ampoules d’eau, tampon et préservatifs. La France est alors considérée comme la locomotive mondiale, exemplaire en matière de lutte contre la toxicomanie. Puis plus rien jusqu’en 2013.

«Il nous faut changer notre regard sur les consommateurs de produits stupéfiants, sans complaisance, mais avec compréhension. », a fait valoir Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la MILDT, qui a préparé le plan de lutte contre la drogue et les conduites addictives dévoilé jeudi 19 septembre par le Gouvernement.

De telles évolutions tant en terme de produits, que de consommation et d’usage doivent alerter les autorités françaises et les inciter à passer à l’action. Le statu quo ne saurait être une position pérenne en France. Les déclarations d’intentions ne suffisent plus. Il est nécessaire d’engager une politique efficiente de lutte contre les toxicomanies et surtout d’accompagnement des toxicomanes dans des parcours de soin médicalisés. C’est à cette seule condition que pourront être mises en place des solutions véritablement efficaces pour les consommations sécurisées, le sevrage et même l’arrêt définitif.

Plaisir et gourmandise ne font pas une addiction, un canular révélateur

L’histoire commence par la comparaison du pouvoir attractif de biscuits très populaires aux USA (Oréo) à de simples gâteaux de riz proposés au libre choix de rats. Ils préfèrent les premiers, crémeux et sucrés. Dans une autre expérience, on propose à d’autres rats le choix entre deux solutions, l’une de cocaïne, l’autre d’eau salée. Ils préfèrent la première.

Il n’en fallait pas plus avancer que ces malheureux biscuits étaient aussi addictifs, voire plus que la cocaïne.

Expérimentations probablement correctes, conclusions totalement fausses (les conclusions des auteurs sont nettement plus prudentes que l’utilisation faite de leur travail)

C’est le moment de rappeler la différence majeure entre gourmandise et addiction. Tout aliment qui procure un plaisir, qui suscite la gourmandise, n’est pas, on s’en serait douté, toxicomanogène, suspect d’être addictif. Il est même recommandé d’en profiter avec modération.

On voit bien le double danger de ce genre d’interprétation de résultats expérimentaux, extrapolés en « découvertes sensationnelles ».

Ou bien on banalise l’addiction car on mange tous les jours et de préférence ce que l’on aime et alors nous sommes tous des toxicomanes. Ou bien, on en fait une maladie et on exonère alors le malade de toute responsabilité en cas d’addiction.

Cet amalgame ne résiste pas à l’analyse. La dépendance qui caractérise la toxicomanie est une maladie grave, le syndrome de sevrage alcoolique est mortel sans traitement. Lorsque l’on ferme un tripot, le joueur invétéré est irascible, malheureux, etc…mais il n’en meurt pas.

Réservons donc le mot addiction  aux seules toxicomanies.

Je ne résiste pas au plaisir (sans addiction !) de proposer aux lecteurs les excellents articles de Aurélie Haroche et Michel Lejoyeux, ci-dessous.

 Jean-Paul Tillement

Addict aux titres chocs : attention danger !

Mise à jour le 25/10 à 18:28

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Paris, le samedi 26 octobre – L’information paraissait si appétissante qu’il semblait difficile de résister à la tentation de la reproduire à notre tour. Mais sous quelle forme ? En relevant son caractère insolite ? En proposant à nos lecteurs une question toute trouvée telle que : « Quel est le biscuit qui rend aussi accroc que la cocaïne ? » Derrière ce tâtonnement, notre réflexion était un peu troublée. Bien que nous soyons les premiers défenseurs de la nature ontologiquement provocatrice des titres, nous savions bien qu’il était plus que trompeur d’affirmer que les centenaires et très célèbres petits gâteaux baptisés Oreo sont aussi addictifs que la cocaïne comme l’a tonné une partie de la presse. Certes l’expérience menée par Jamie Honohan, jeune diplômée en neurosciences de l’université  du Connecticut démontre la force d’attraction de ceux que l’on appelle parfois les « whoopies » mais il est certain que l’étude aurait pu être menée avec n’importe quel petit biscuit à la crème et qu’il n’est rien dans les Oreo qui puissent les faire comparer à une véritable drogue.

Oreo et cocaïne : même combat ?

Ses travaux ont en effet Poursuivre la lecture « Plaisir et gourmandise ne font pas une addiction, un canular révélateur »

Communiqué du collectif d’associations pour la prévention des toxicomanies, réunies dans leur opposition aux « salles de shoots »

Le Conseil d’Etat a rendu un  avis négatif à la création de « lieux de consommation de drogue à moindre risque » décidée par le Premier Ministre et la Ministre de la Santé, la jugeant contraire à la loi.

Notre collectif s’était déjà exprimé en mars 2013 en dénonçant cette aberration et se réjouit de cette position qui souligne l’incohérence d’un tel dispositif.

Il réaffirme que ce projet, contrevient :

  • à la logique, puisqu’il organise l’administration des drogues les plus dures à ceux qui en sont les plus gravement intoxiqués ;
  • à l’éthique médicale, en impartissant à certains praticiens la mission de sortir du soin, pour assister la commission d’une intoxication, en la rendant plus confortable et de ce fait encore plus difficile à abandonner ;
  • à la sécurité, en créant un environnement propice au dépassement des doses que s’administre le toxicomane ;
  • à la responsabilité, n’assumant pas les overdoses, ni les forfaits auxquels pourraient se livrer les toxicomanes sous l’empire de la drogue qu’on vient de leur injecter dans ces salles ;
  • à la réduction des risques, car le plus grand d’entre tous est la banalisation des toxicomanies et, partant, l’accroissement du nombre de ses victimes ;
  • à l’économie de la Santé, en détournant à cette fin, dans cette période de restriction,  des moyens importants, alors que la prévention est quasi inexistante et que les services conçus pour éviter cette extrémité (CAARUD, CSAPA) déplorent un manque de moyens ;
  • à la sincérité, en présentant comme « expérimental »  le projet parisien, alors qu’est  annoncée déjà l’autorisation d’autres ouvertures ; en faisant croire que cela répond à la demande des riverains, alors qu’ils sont très majoritairement opposés à l’accueil de telles salles ; en indiquant que le toxicomane amènerait sa drogue et que le médecin assisterait à l’injection de produits non déterminés, éminemment adultérés, ni stériles, ni apyrogènes ; en faisant espérer le recul du SIDA, alors que la seringue n’est plus son vecteur.

Ce qui importe n’est pas de concevoir une nouvelle loi, mais de faire enfin une vraie prévention, de renforcer les dispositifs d’intervention sur la maladie grave provoquée par la drogue  et de rejeter définitivement ce projet.

Professeur Jean COSTENTIN     Président du collectif,

Au nom de :

ADELT 89 ; 

APT 85 ;

Centre National d’information sur les drogues,

CNID 28,

CNID 32 ;

Centre national de Prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT) ;  

COMENCA 76 ; Fédération Familles de France ;  

Fédération Nationale de Prévention des Toxicomanies (FNAPT) ;

Phare Enfant-Parents ;  

Le Phare 69, Familles face à la drogue ;  

Pour une jeunesse sans drogue. ;

Stop à la drogue ; 

Conduites addictives et aptitudes médico-professionnelles = CAAM

Collectif pour la Prévention des Toxicomanies

 51 Boulevard Carnot – 59800 LILLE

COPRETOX  –  Tél. 06 61 54 93 64 – contact@copretox.fr

COPRETOX  –  Tél. 06 61 54 93 64 – contact@copretox.fr

Addiction au cannabis : une substance naturelle pour lutter contre la dépendance ?

Une étude publiée récemment dans la revue Nature Neuroscience, propose un nouveau traitement de lutte contre la dépendance au cannabis qui permet de réduire la sensation de plaisir liée à sa consommation.

L’acide kynurénique (KYNA), composé chimique naturellement présent dans le cerveau, pourrait bien devenir la clé de nouveaux traitements pour lutter contre la dépendance au cannabis.

Plus précisément, contre l’addiction au THC, substance psychoactive du cannabis. Cette découverte a été réalisée par des chercheurs américains du National Institute on Drug Abuse.

« Toutes les dépendances à la drogue, quelles qu’elles soient, sont liées à la production de dopamine (l’hormone du bien-être) par le cerveau.

Or, nous savons depuis quelques années que l’acide kynurétique contrôle le niveau de dopamine », explique dans un communiqué Robert Schwarz, professeur de psychiatrie et directeur de l’équipe de recherche. « Pour travailler sur un nouveau traitement de la dépendance au cannabis, nous avons donc fait le lien entre les deux », ajoute t-il.

Une baisse significative de la consommation

Pour mettre en évidence le lien entre l’acide kynurénique et la baisse du niveau d’addiction, les scientifiques ont travaillé sur des rats et des singes rendus dépendants au cannabis.

L’étude a consisté à augmenter le niveau de KYNA dans le cerveau des animaux tout en leur proposant de s’auto-administrer du THC en activant un levier. 

Les résultats, publiés dans la revue Nature Neuroscience, indiquent une baisse significative et spontanée de l’administration de THC chez les rongeurs et les singes présentant un niveau élevé d’acide kynurénique. « Leur comportement a changé du tout au tout. Nous pensons que l’acide kynurénique fonctionne en bloquant les récepteurs du cerveau qui augmentent la sensation de bien-être proférée par la dopamine » indique Robert Schwarz.

Des recherches à poursuivre

Bien que ces résultats soient encourageants, ils n’ont pas encore été validés chez l’homme. De plus, les chercheurs soupçonnent que le traitement testé puisse avoir des effets secondaires en agissant sur d’autres zones du cerveau que celles ciblées. Il faudra donc encore attendre quelques années avant qu’un éventuel médicament ne sorte sur le marché.

Copyright © Gentside Découvertes

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Le dernier livre de Serge Lebigot ( Parents contre la drogue)

Lebigot Dossier noirRégulièrement, la question de la légalisation cannabis revient au devant de la scène, déclenchant des polémiques forcenées.

Mais la plupart du temps, on en vient toujours à nier ou minimiser les effets de cette drogue, qui ne sont pas anodins. Avec conviction et à l’aide de nombreux témoignages,

Serge Lebigot s’insurge contre cette illusion dangereuse.

Il explique avec pédagogie aux éducateurs et parents combien cette herbe peut nuire à la santé de nos jeunes…

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La carte des points chauds de la toxicomanie à Paris

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INTERVIEW – Pierre Leyrit, directeur du centre socio-médical Coordination Toxicomanies, à Paris, commente la cartographie de la toxicomanie parisienne. Il apparaît que le triangle Gare du Nord – Château-Rouge – Stalingrad demeure le «grand spot» de la consommation de produits opiacés.

Pierre Leyrit est le directeur du centre socio-médical Coordination Toxicomanies dans le XVIIIe arrondissement de Paris. À ce titre, il décrit les tentatives de réduction des risques liés à l’injection de stupéfiants, les spécificités du quartier de la gare du Nord et les risques autres que ceux liés aux drogues injectables.

Le Figaro. – Comment évolue la distribution de matériel d’injection stérile à Paris?

Pierre Leyrit. – On voit une augmentation constante, de 6 à 7 % par an, du nombre de kits distribués. Quant à dire si cette augmentation correspond à un meilleur comportement des usagers ou à une augmentation de la consommation de drogue, je dirais que c’est probablement les deux. L’accroissement de l’offre de kits – en 20 ans, on est passé d’une quinzaine de distributeurs à 33 aujourd’hui dans Paris – permet certainement que le matériel ne soit pas réutilisé, ce qui évite à la fois une surinfection quand un usager réutilise une seringue, ou une contamination quand il utilise une seringue déjà utilisée. De ce point de vue, on peut considérer que c’est une réussite: dans les années 1980, les consommateurs étaient la population la plus contaminée par le Sida. Aujourd’hui, sur les personnes qui ont contracté le VIH en 2013, le pourcentage est inférieur à celui de contamination de la population générale. Toutefois, les études montrent que l’injection reste un problème majeur: il y a un renouvellement de la population, une augmentation de la consommation…

Pourquoi les environs de la gare du Nord, où était prévue l’implantation d’une salle de consommation à moindre risque, sont l’épicentre parisien de la consommation de produits opiacés?

distributeurs de seringues

En effet, ce n’est pas un hasard si la salle de consommation était prévue là. C’est le grand «spot» du moment, dans un triangle Gare du Nord – Stalingrad – Château-rouge. D’abord, c’est un énorme nœud de transports, la gare est la troisième gare mondiale après Chicago et Tokyo. Il y a aussi une dimension urbaine: c’est là qu’on trouve de l’habitat insalubre ou délaissé, et des populations qui ont moins le réflexe de faire appel à l’autorité publique quand ils voient des consommateurs devant chez eux. Mais les choses évoluent: dans les années 1970, le «spot» de consommation d’héroïne était dans les environs du chantier de la tour Montparnasse. Puis la rénovation urbaine a repoussé les consommateurs vers les squats de la rue de Bagnolet, le bassin de la Villette… Ça évolue en partie au gré de la rénovation urbaine, mais aussi au gré de la politique d’accompagnement des toxicomanes. Depuis le milieu des années 2000, on n’est plus dans une logique de «chacun pour soi», qui consiste à repousser la question du centre vers les périphéries, mais dans une logique métropolitaine. La notion de «centre» est remise en cause: reléguer les consommateurs à la Plaine-Saint-Denis, par exemple, n’a plus de sens, car c’est devenu un centre en soi. La métropole devient multicentrique, ce qui impose d’engager une réflexion sur la prise en charge des usagers. Sur les substances injectables, mais aussi sur le crack, par exemple.

Qu’est-ce qui distingue ces phénomènes?

Les seringues sont très visibles et impressionnantes: une seringue vue par 1000 passants, c’est comme s’il y avait 1000 seringues dans la rue. Les gens évitent les rues où ils voient ces objets et la misère qui va avec cette consommation. Mais je pense qu’en dehors de cette visibilité, dans la problématique du nord-est parisien, le poids du crack est plus important que celui des opiacés. Avec le crack, il n’y a pas le symbole de la seringue abandonnée, mais c’est une réalité également très dérangeante, avec beaucoup de violence. Non pas à l’encontre des passants, mais sous leurs yeux, des violences entre des consommateurs, qui sont sans foi ni loi quand ils cherchent du crack. Heureusement, entre guillemets, ce sont des gens très affaiblis physiquement, ce qui limite les dégâts, mais c’est très impressionnant pour les gens qui voient ça. Ce sont par ailleurs des usagers dans une très grande précarisation, très agités en cas de manque, aux comportements étranges en raison de troubles neurologiques liés à cette drogue… Une situation d’autant plus inquiétante que les consommateurs de crack ne rentrent pas dans les dispositifs de parcours de soins, déjà surchargés ou peu adaptés.

« salle de shoot »: le Conseil d’Etat exige une loi indique Hidalgo

Il ne sera sans doute pas possible d’ouvrir une « salle de shoot » avant les municipales à Paris, a annoncé jeudi Anne Hidalgo, candidate PS à la mairie de la capitale, puisque le Conseil d’Etat exige au préalable une loi.

Sur France Info, la première adjointe de Bertrand Delanoë a déclaré: « Ce que dit le Conseil d’Etat c’est qu’il faut une loi pour pouvoir ouvrir ce type de lieu », qu’elle préfère appeler « salle médicalisée ». « Nous allons retravailler avec le ministère de la Santé ».

Cette « salle de consommation de drogue à moindre risque » devait ouvrir en novembre dans le quartier de la gare du Nord (Xe arrondissement). Le projet, adopté en juillet par délibération du Conseil de Paris, s’était heurté à une très vive opposition de la droite et d’associations.

L’une d’elles, « Parents contre la drogue », avait déposé un recours devant le Conseil d’Etat.

« Cette loi n’existe pas aujourd’hui », a relevé Mme Hidalgo, en réaffirmant « l’intérêt de ce type de lieu » pour « la santé publique ». « Nous allons regarder cette décision du Conseil d’Etat », « nous suivrons les avis des autorités du pays, bien évidemment ».

Une ouverture est-elle possible avant les municipales de mars ? « Je ne crois pas », a-t-elle répondu.

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Invitation à l’Académie Nationale de Médecine

Invitation à l’Académie Nationale de Médecine

le 21 octobre 2013 au colloque:

Vieillissement et démences

organisé conjointement par l’Académie et la Délégation Générale du Québec à Paris

16 rue Bonaparte, Paris,  à partir de 9 heures,

Entrée libre

Les lecteurs de DrogAddiction.com  sont invités

Renseignements au 01 42 34 57 70

Cannabis : un THC plus élevé mais « pas d’addiction plus forte »

Le cannabis, ou résine de cannabis, fait fureur chez les 18-25 ans, avec tous les risques que cela impliquent. D’autant que la teneur en THC a quasiment doublé en dix ans.

cannabis

En France, près de 10 % des jeunes de 18 à 25 ans seraient des consommateurs réguliers de cannabis.Photo : SINTESI/SIPA

Alors qu’on estime qu’environ 10 % des jeunes entre 18 et 25 ans consomment régulièrement du cannabis, une étude de l’Office français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée fin septembre alerte sur la présence sur le marché français de drogues non seulement plus chères, mais aussi et surtout plus pures. Comprendre par là que le taux de présence de THC, la substance psychoactive du cannabis, est beaucoup plus élevé qu’il y a dix ans : 16 % aujourd’hui contre 12 % auparavant, selon des chiffres de l’Institut national de la police scientifique (INPS) publiés par l’OFDT.

Avec les risques accrus que cela comporte : « plus le THC est élevé, plus il y a de risques », explique fort le docteur Laurent Karila, psychiatre addictologue à l’hôpital Paul Brousse de Villejuif. Et de citer les complications possibles : problèmes cérébraux, cardiovasculaires, infarctus et, sur le plan psychologique, risque de dépression, de décompression schizophrénique, etc. « Ces états délirants sont des états de pharmacopsychose cannabique, poursuit le docteur Karila. Bien sûr, ce sont des cas extrêmes, et personne n’est égale devant les drogues. Chacun peut réagir de manière très différente ».

« Le vrai problème c’est la santé publique »

Un discours alarmiste ? Pas forcément : l’auteur de « Accro ! », un ouvrage sur les comportements addictifs sorti en février 2013, nuance son propos : « Il n’y a pas automatiquement une addiction plus forte du fait de cette teneur élevée en THC. D’ailleurs le taux de consultation [ndlr : en addictologie] reste globalement stable ». L’addictologue précise qu’ « il ne faut pas non plus généraliser ni diaboliser, tout le monde ne va pas devenir dépendant ».

Il se positionne d’ailleurs pour un encadrement législatif de la consommation de cannabis (autrement dit pour une dépénalisation) et se dit « à mille pour cent pour le cannabis thérapeutique« , consommé pour soulager des pathologies incurables, mais qui ne fait pour l’instant pas consensus en France. Toujours est-il que, pour l’heure, « le vrai problème c’est la santé publique », conclut le docteur Karila. Et les jeunes sont bien sûr en première ligne.

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