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C.N.P.E.R.T.

Centre National de Prévention, d Etudes et de Recherches en Toxicomanies

Mois

février 2021

Or vert ou malédiction

OR VERT OU MALEDICTION – GREEN GOLD OR A CURSE by Sabine Mayor Minne from Sabine Minne on Vimeo.

Consultation sur le cannabis récréatif

Vous avez jusqu’au 28 Février pour donner votre avis en cliquant ici

Association « Non à la drogue, Oui à la vie »

Nous sommes heureux d’accueillir sur le blog cette vidéo de nos amis de « NON A LA DROGUE » qui militent comme nous pour qu’on  enseigne véritablement ce que sont les méfaits immédiats et à terme du cannabis, qu’on rétablisse ainsi la vérité et que l’on cesse ces pseudo-consultations de consommateurs de drogue.

Nous leur souhaitons tout le succès qu’ils méritent

Voici tout ce qu’il se passe dans notre corps lorsque l’on boit de l’alcool

De la première gorgée à la gueule de bois, l’alcool a de nombreux effets sur notre organisme. Mais que se passe-t-il véritablement ? Suivez le guide.

Quand on boit, seul.e ou entre amis, c’est généralement pour se détendre. Avec 10% de sa population qui boit quotidiennement, la France est l’un des plus gros consommateurs d’alcool au monde. Pourtant, si l’alcool est souvent synonyme de partage et de bonne humeur, ses effets sur notre métabolisme sont moins sympathiques. Comme l’explique nos confrères du Telegraph, l’alcool est traître et, alors que les bars sont encore fermés, c’est l’occasion de découvrir ce qu’il se passe dans notre corps, de la première goutte d’alcool au réveil compliqué du lendemain matin.1

La première gorgée : l’effet placebo

Dès la première gorgée d’alcool, notre corps se détend. Un sentiment de relaxation nous envahit immédiatement. Mais à ce stade, il n’y a pas encore d’effet physiologique réel, et ce que nous ressentons n’est ni plus ni moins qu’un effet placebo. S’il s’agit d’un simple reflexe conditionné, celui-ci est d’autant plus important lorsque cette consommation d’alcool fait partie d’une routine régulière.2

10 minutes : l’alcool est absorbé dans le sang

Après une dizaine de minutes, l’alcool se retrouve dans l’estomac. 20% de cet alcool traverse alors la paroi de l’estomac pour se retrouver dans le sang avant de se diffuser dans tous les organes du corps. C’est pourquoi on peut détecter la présence de l’alcool dans le sang en seulement quelques minutes. Et si tous les métabolismes sont différents, certains facteurs peuvent accélérer ce passage de l’alcool dans le sang par l’estomac et les intestins. C’est le cas des boissons chaudes, de celles contenant du gaz carbonique ou du sucre, mais aussi des consommations à jeun ou très rapides.3

20 minutes : le cerveau trinque

L’alcool est acheminé jusque dans notre cerveau par la circulation sanguine. Etant une substance dite « psychoactive », il peut alors modifier l’activité de l’organe et s’attaquer directement au système nerveux central. C’est à partir de ce moment que les premiers effets se font véritablement ressentir. On devient plus bavard, plus tactile. Mais ce n’est que le début…4

45 minutes : bouffées de chaleur et envies pressantes

Comme l’explique le professeur Paul Wallace au Telegraph : « L’alcool a un effet de vasodilatation. Il fait dilater les vaisseaux sanguins superficiels de votre peau, ce qui vous fait rougir et vous donne une sensation de chaleur. » À ce stade trois organes sont alors touchés : le cerveau, la peau et maintenant, les reins.

Très rapidement l’envie de prendre l’air pour se rafraichir est remplacée par une nouvelle, celle d’aller aux toilettes. Pourquoi ça ? C’est simple, l’alcool est une boisson diurétique, elle entraîne donc une augmentation des sécrétions, et notamment celles urinaires. Et si c’est déjà assez embêtant de devoir aller aux toilettes tous les deux ou trois verres, l’absorption de trop grandes quantités d’alcool provoque également une déshydratation, et nous finissons par manquer d’eau.5

1 heure : on commence à perdre pied…

Au bout d’une heure, le pic d’alcoolémie est atteint. À ce moment précis, nous avons atteint la concentration maximale d’alcool dans notre sang, et les choses peuvent commencer à déraper. Vision trouble, paroles de travers, difficultés à articuler ou marcher… Ces troubles s’expliquent par la suppression des fonctions cérébrales supérieures de notre cerveau et le déréglement de notre système cognitif. Bref, on perd le contrôle de nos mouvements et nos paroles. L’alcool peut également s’accompagner d’un autre effet : l’agressivité. Elle peut se manifester à tout instant, selon la personne.  Cela est en partie dû à la désinhibition qui se produit dans notre cerveau et au manque progressif de repères que cela implique.

2 heures : … avant de s’endormir en bout de table

Après avoir passé la nuit à profiter et être allé dix fois aux toilettes, une vague de fatigue commence à nous envahir. C’est tout simplement l’heure d’aller se coucher. Mais cet effet sédatif de l’alcool peut s’avérer dangereux puisque bien souvent, lorsque la fatigue apparaît, notre notre lit douillet est loin de nous. On finit donc en bout de table, les yeux à moitié fermés. Pour le professeur Paul Wallace, cet état est aussi celui où un quatrième organe entre en jeu : l’estomac. Douleurs, irritations et vomissements. Notre estomac se sent mal, et nous le fait bien comprendre.7

Le très sympathique « black-out alcoolique »

Nous aurions bien aimé vous donner une petite indication horaire pour cette nouvelle phase, mais la conséquence du « black-out alcoolique » c’est bien de ne plus se souvenir. Car dans notre cerveau, l’alcool perturbe directement l’efficacité de la transmission entre les neurones, et on se retrouve alors avec une perte de mémoire temporaire. 1 heure ? 2 heures ? Ou 5 heures ? Eh bien, on n’en sait rien. C’est le noir total. Notre cerveau n’a plus la capacité de former de nouveaux souvenirs : il nous a lâché.8

8 à 9 heures : la gueule de bois

Nous sommes tous passés par là. Le réveil pique. Mal de tête lancinant, bouche desséchée, mal de ventre, nausée, fatigue… Rien ne va plus. Mais pourquoi tant de souffrances pour de « simples » verres d’alcool ? Il y a d’abord la déshydratation, mais aussi notre tube digestif qui est mis à mal. Cette sensation s’explique aussi par une troisième raison : l’accumulation d’acétaldéhyde dans notre corps. À concentration élevée, cette molécule produite par le foie lors de la dégradation de l’éthanol, est particulièrement toxique pour notre organisme.9

Pour la vie : des effets pas fameux sur le foie

Tout au long de ce processus, notre foie en prend un bon coup car c’est lui qui se tape tout le boulot. Il s’occupe d’éliminer la majorité de l’alcool, le reste disparaît dans l’air, la sueur et les urines. En moyenne, notre corps se débarrasse de 0,1 à 0,15 g d’alcool par heure, et il n’existe aucune technique efficace pour l’éliminer plus vite. Si on boit trop, notre foie aura du mal à faire face et pourra s’enflammer. Cela conduit à la production de plus d’acétaldéhyde, qui est également cancérigène, et c’est tout de suite moins sympa. D’autant plus que la consommation chronique d’alcool demeure ainsi associée à de nombreuses atteintes hépatiques : stéatose, fibrose, cirrhose, hépatite alcoolique, cancers…  Pour éviter d’en arriver là, rien de mieux que de boire avec modération.

Source

Substances psychoactives, usagers et marchés


Le point sur la recherche en cours

Le dispositif Tendances récentes et nouvelles drogues (TREND) de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) assure, depuis 1999, une veille sur les phénomènes émergents et les évolutions dans le champ des drogues.
Il se focalise sur des populations particulièrement consommatrices de produits psychoactifs et s’appuie sur des données qualitatives collectées par le réseau des sites TREND implantés dans huit agglomérations métropolitaines (voir encadré p. 7).
La mise en perspective systématique, au plan local et national, des informations recueillies auprès de différentes sources garantit la fiabilité des phénomènes, décrits ici de manière synthétique. Les tendances
présentées portent sur l’année 2019 et les deux premiers mois de l’année 2020.

Pour connaître les conséquences de la crise sanitaire et du confinement mis en place entre mars et mai 2020 dans le champ des usages de drogues, des prises en charge et des marchés, deux bulletins du dispositif
TREND sont consultables sur le site de l’OFDT [1, 2].
Ce numéro de Tendances évoque d’abord la poursuite de l’aggravation des situations socio-sanitaires des usagers les plus précaires puis…. cliquez ici pour lire la suite

« Les drogues expliquées à mes enfants », un livre pour sensibiliser avec la pédagogie

Imane Kendili, psychiatre et addictologue, publie la deuxième édition de son ouvrage « Les drogues expliquées à mes enfants ». Un livre de prévention et de sensibilisation qui tombe à point nommé, alors que le contexte qui prévaut depuis près d’un an a largement contribué à renforcer certaines addictions, comportementales notamment.

Solène Paillard

C’est dans un contexte propice à l’aggravation des addictions que la psychiatre et addictologue Imane Kendili publie la deuxième édition de son livre, « Les drogues expliquées à mes enfants » (Orions Editions), disponible en français, en arabe et bientôt en anglais. La première était sortie en novembre 2019.

Près d’un an après l’apparition de la crise sanitaire, l’entrée en vigueur d’un confinement de trois mois et la mise en place du modèle d’enseignement hybride, Imane Kendili constate que ces trois facteurs ont été (pour le confinement), et sont toujours (pour l’enseignement hybride), des facteurs à risque pour les enfants et adolescents qui, avant cette période, présentaient déjà des fragilités psychologiques et des addictions naissantes, notamment aux écrans. Le chamboulement, voire la perte, des repères sociaux et spatiaux-temporaux a rompu le fragile équilibre des personnes sujettes à des addictions, aussi bien à des produits qu’à des comportements, nous avait-elle expliqué en avril 2020, alors en plein confinement.

Elle nous le redit encore aujourd’hui : « Le fait que les enfants et adolescents soient amenés à passer plus de temps chez eux en raison de l’enseignement à distance a largement contribué à renforcer les addictions et les troubles du comportement. Certains adolescents sont complètement désinsérés et les parents, dépassés, ne savent plus comment les cadrer. Les écrans, par exemple, offrent un plaisir immédiat sans aucun travail neuronal. » Autant dire que la publication de cette deuxième édition n’est donc pas fortuite.

Des facteurs propices aux risques de dépendance

« C’est un livre de prévention et de sensibilisation pour que les parents, les enseignants et les adolescents eux-mêmes puissent parler de consommation de drogue et n’entretiennent pas de fausses croyances. Le livre est très simplifié pour parler de sujets tabous comme il y en a beaucoup au Maroc. J’ai dédié ce livre à mes enfants : j’y parle de drogues comme je le ferais avec mes propres enfants », explique Imane Kendili.

Elle y explique ce que sont les drogues, notamment le sucre, les écrans, le cannabis, le tabac, l’alcool, la LSD, la cocaïne, l’ecstasy et même le Red Bull, qui contient de la taurine, ainsi que leurs effets sur le cerveau. Les dernières pages de l’ouvrage sont consacrées aux parents : elles expliquent ce qu’est un cerveau dépendant et soulignent l’importance de la valorisation et de l’estime de soi, mais aussi de l’autonomie chez les plus jeunes.

« Au Maroc, les enfants sont encore très assistés. Il est fréquent d’en rencontrer qui, à l’âge de sept ou huit ans, ne se douchent et ne s’habillent pas seuls. Cela pose la question de la dépendance et de la non dépendance. Il y a effectivement une corrélation entre la dépendance en termes d’autonomie, qui devient une dépendance cérébrale et peut se muer en une dépendance à des substances. Ce qu’il faut comprendre, c’est que la relation maternelle première, au sens psychanalytique, est avant tout une relation de dépendance ; une relation fusionnelle qui, si elle n’est pas régulée, peut constituer un terrain fertile aux addictions. Les parents qui répondent constamment et instantanément aux besoins de l’enfant en font un individu fragile et plus enclin à développer des addictions.

Ce sont aussi des enfants qui n’ont pas été habitués à développer des stratégies de résilience et de résolution des problèmes, et qui ne savent pas, ou peu, se fixer eux-mêmes des lignes rouges parce qu’ils ont toujours été entourés d’adultes qui assuraient, pour eux, à leur place, le filet de sécurité. Une fois adultes, ces enfants sont psychiquement immatures, moins résilients, moins aptes à se protéger, et surtout avides de plaisirs immédiats qui peuvent les conduire à développer des comportements addictifs. La drogue, c’est un peu comme un biberon : dès qu’un problème apparaît, le cerveau dépendant va faire taire la difficulté en la dépassant par des solutions faciles et instantanées », explique Imane Kendili.

A l’adolescence, ces mêmes parents sont parfois désarmés face à certaines croyances tenaces et erronées, auxquelles ils ne savent pas quoi répondre. « Le cannabis, c’est une drogue douce », entend-t-on souvent dire de la part de jeunes (et moins jeunes) qui en minimisent les effets. Or pour Imane Kendili, cette distinction entre « drogues douces » et « drogues dures » n’est absolument pas pertinente. « La consommation de cannabis, plus encore au Maroc où son contenu est un peu anarchique, peut provoquer des maladies mentales comme la bipolarité et la schizophrénie. Le cannabis s’est beaucoup démocratisé chez les jeunes ; c’est la raison pour laquelle nous faisons beaucoup de prévention et de sensibilisation, en particulier dans les établissements scolaires, afin qu’ils mettent en place leurs propres limites. »

Des changements timides mais encourageants

Parmi les facteurs de risque, Imane Kendili cite le terrain génétique, surtout lorsqu’il y a des problèmes d’addiction dans la famille, les comorbidités (l’anxiété ou les troubles de l’hyperactivité) et les facteurs environnementaux. « La stabilité familiale, le système de résilience, la socialisation positive sont autant d’outils à développer pour que l’enfant puisse lui-même disposer de ses propres outils de résilience », souligne la psychiatre. Et d’ajouter : « La prise en charge passe par un réajustement psychothérapeutique et un recadrage cognitif. L’adolescence est une période propice à la recherche de nouvelles familles de valorisation, de transition et d’appartenance. Or lorsqu’il n’y a rien qui vienne remplir le vide (la nature en ayant horreur), comme les activités sportives ou culturelles, et donc socialisantes, les adolescents se démarquent différemment, par la délinquance, la drogue ou l’agressivité. »

Depuis quelques années, Imane Kendili observe des changements timides mais encourageants en matière de perception des addictions : « Il y a six ou sept ans, parler d’addiction aux jeux vidéos au Maroc, c’était impensable. Parler d’enfants violents à 13, 14 ans, parce qu’ils passaient leur temps à jouer sur les écrans et devenaient parfois extrêmement violents lorsqu’ils en étaient privés, c’était impensable également. Les choses changent, donc, même si beaucoup reste encore à faire. »

Source

G. Darmanin et le cannabis

17 Février 2021 France 5 Emission « C à vous » : « Le cannabis c’est de la merde »

Cliquez ici pour voir la video ( à partir de 40’50 »)

Enquête citoyenne sur le cannabis « récréatif »

La députée donne ses réponses avant de poser ses questions

Professeur Jean Costentin

Dans cette période dominée par le coronavirus, la consultation des Français par une mission parlementaire sur leur perception du cannabis comme drogue « récréative » est indécente. L’expression « récréative » est jugée trompeuse par les spécialistes informés qui savent depuis longtemps que la « récré » cannabique engendre de nombreux drames.


Les initiateurs de cette consultation ne cachent pas leur souhait de légaliser cette drogue, mais leur main tremble, aussi cherchent-ils l’appui (assuré) de ses 1.500.000 consommateurs. Ils sont pressés car des données récentes sur ce cannabis (tels ses effets épigénétiques) s’ajoutant à d’autres méfaits, empêcheraient cette légalisation s’ils étaient connus.


Une enquête, opportune celle-là, serait d’évaluer les connaissances qu’ont nos concitoyens et nos « décideurs » des méfaits du cannabis. Cela guiderait le développement d’une indispensable pédagogie s’exerçant depuis l’Ecole jusqu’au troisième âge, palliant enfin les carences d’information que dénonce pour la France l’Observatoire Européen des toxicomanies.

C’est seulement après que l’on pourrait interroger les Français sur une éventuelle évolution du statut législatif du cannabis.
L’enquête devrait alors être diligentée par des juges impartiaux, et non par madame Janvier (députée LREM du Loiret), rapporteur sur le « cannabis récréatif » de la mission parlementaire. N’a t-elle pas exprimé dans le journal Ouest-France du 23 janvier 2021 la réponse qu’elle veut obtenir aux questions qu’elle pose ? Tenant ainsi la plume de ceux qu’elle interroge.


Réfutons les arguments qu’elle y développe –

« Le cannabis étant légalisé, les taxes perçues permettront de faire de la prévention ». C’est ainsi en autorisant cette drogue que l’on réduirait le nombre de ses consommateurs ?? Les taxes issues du tabac, n’ont pas empêché 13 millions de nos citoyens d’en abuser irrépressiblement, conduisant à 75.000 décès annuels et à de multiples handicaps ; ces taxes couvrent à peine la moitié des dépenses de santé qui lui sont imputables ! Au Colorado pour 1 $ de taxes encaissées sur le cannabis légalisé, l’Etat doit débourser 4,5 $ pour couvrir les dépenses qui en résultent.
-Alors que c’est l’objet d’une des questions de « l’enquête citoyenne », elle affirme que « la toxicité et les risques de dépendance de l’alcool et du tabac sont largement supérieurs à ceux du cannabis ». Cette affirmation fausse la disqualifie comme rapporteur de cette enquête.


-« C’est le sens de l’Histoire » que de légaliser le cannabis ; ce type d’argument a servi à toute les sauces, et même pour justifier le pire et de décocher ses flèches: « approches idéologiques ou morales »,
« confusion », « amalgames », « fantasmes».

Voilà pour ceux qui ne pensent pas comme elle. Il nous en faudrait plus pour renoncer à nous opposer à ses thèses, car nous disposons des solides connaissances biologiques, cliniques, épidémiologiques
qui manquent à Mme Janvier.
-« Pour que des territoires cessent d’être abimés par le trafic » ; elle assène que la légalisation supprimera les trafics. Que fait-elle des individus abimés par cette drogue, leur nombre déjà effarant, pour une drogue illicite, ne pourrait qu’être accru par sa légalisation.
La démocratie accorde le même poids à la voix de chacun ; pour ne pas pervertir ce grand principe chaque citoyen doit être rigoureusement informé et non pas trompé, comme madame C. Janvier s’y emploie.

Emmanuel Macron souhaite une génération sans tabac dès 2030

Paris, le jeudi 4 février 2021 – En cette journée internationale dédiée à la lutte contre le cancer, Emmanuel Macron a présenté les grandes lignes du futur plan français lors d’un discours vidéo retransmis dans le cadre des Rencontres annuelles de l’Institut National du cancer (INCa). Le chef de l’État a ensuite visité le centre Gustave Roussy dédié à la prise en charge des enfants atteints de tumeurs.

Priorité numéro 1 : éviter ce qui est évitable

Après plusieurs programmes quinquennaux, le nouveau plan s’inscrit dans une temporalité plus longue : décennale, afin de permettre une vision à plus long terme et de pouvoir inscrire certains projets dans la durée. L’objectif premier est une lutte décisive contre les facteurs de risque de cancer, au premier rang desquels le tabagisme.

Emmanuel Macron souhaite ainsi que « la génération qui aura 20 ans en 2030 soit la première génération sans tabac de l’histoire récente ». Pour ce faire, le Président a promis de nouvelles actions sur le prix, les lieux d’interdiction, ainsi qu’un important effort de communication, notamment auprès des plus jeunes. Autre cible : l’alcool, qui n’a pas été l’objet ces dernières années d’une lutte clairement dynamique, ce qui constitue un des manquements majeurs du précédent plan (2014-2019, prolongé en 2020). Bien sûr, pas question, a affirmé le Président de la République, dont on se souvient des déclarations ambivalentes sur le vin notamment, de viser un « zéro » alcool. Cependant, l’amélioration de la signalétique de mise en garde et un meilleur accompagnement des personnes présentant une consommation à risque sont au programme. Comme pour le tabac, des précisions plus concrètes sont attendues (en s’inspirant notamment d’une expertise collective de l’Inserm programmée au premier semestre 2021), afin que l’on n’en reste pas au stade des belles intentions. Il est par exemple à espérer qu’une véritable réflexion puisse s’engager sur la question du prix.

Grâce aux actions menées contre le tabac et l’alcool, mais aussi contre certains autres facteurs de risque (sédentarité et obésité en particulier), l’objectif est de diminuer de 60 000 par an le nombre de cancers dits évitables.

Dépistage : une dynamique à renforcer

Le second axe est de faire progresser les réflexes de dépistage. Cette orientation a déjà été engagée au cours des années précédentes avec une refonte du programme concernant le sein (pour une approche plus personnalisée) et l’adoption de nouveaux outils pour détecter le cancer de l’utérus. L’accent pourrait en particulier être mis sur le dépistage du cancer colorectal, a insisté le chef de l’État. Certains espèrent également que le nouveau plan permettra de repenser la question du dépistage du cancer du poumon. Globalement, l’objectif est de réaliser un million de dépistages supplémentaire par an à l’horizon 2025, pour atteindre 14 millions de participants. En tout état de cause, cette orientation apparaît d’autant plus essentielle alors que l’année 2020 a enregistré en raison du confinement une diminution très importante du nombre de diagnostics de cancer.

Déjouer les mauvais pronostics

Le plan cancer se donne également pour ambition d’améliorer le taux de survie des cancers de mauvais pronostic (dont le taux de survie à cinq ans est inférieur à 33 %). Des « réseaux d’excellence » sont ainsi promis par le chef de l’État, tandis que dans la continuité du plan précédent, l’accent sera de nouveau mis sur la recherche dédiée aux cancers de l’enfant.

Comme ses prédécesseurs, le programme se consacre aussi à la qualité de vie, pendant la phase aigüe, mais également après la maladie. Ici, deux axes majeurs. D’abord, ramener la proportion de patients présentant de séquelles cinq ans après leur diagnostic à un tiers (contre deux tiers aujourd’hui). Par ailleurs, des allègements divers des lourdeurs administratives sont prévues : diminution du reste à charge, simplification des différentes démarches et extension du droit à l’oubli (sans précision, tandis que la Ligue contre le cancer rappelle aujourd’hui que la promesse du Président de la République pendant sa campagne électorale prévoyait qu’il soit possible cinq ans après le diagnostic).

Des moyens à la hauteur

Si de nombreux éléments de précision manquent, la présentation du chef de l’État s’appuie néanmoins sur quelques objectifs chiffrés marquants. De la même manière, le budget global a lui aussi été dévoilé : les moyens consacrés à la lutte contre le cancer seront augmentés de 20 % et la moitié des ressources sera consacrée à la recherche. L’objectif en la matière est de favoriser une prise en charge de plus en plus personnalisée (45 000 décès par cancers par an sont liés au tabac).

Aurélie Haroche

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