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février 2021

Emmanuel Macron souhaite une génération sans tabac dès 2030

Paris, le jeudi 4 février 2021 – En cette journée internationale dédiée à la lutte contre le cancer, Emmanuel Macron a présenté les grandes lignes du futur plan français lors d’un discours vidéo retransmis dans le cadre des Rencontres annuelles de l’Institut National du cancer (INCa). Le chef de l’État a ensuite visité le centre Gustave Roussy dédié à la prise en charge des enfants atteints de tumeurs.

Priorité numéro 1 : éviter ce qui est évitable

Après plusieurs programmes quinquennaux, le nouveau plan s’inscrit dans une temporalité plus longue : décennale, afin de permettre une vision à plus long terme et de pouvoir inscrire certains projets dans la durée. L’objectif premier est une lutte décisive contre les facteurs de risque de cancer, au premier rang desquels le tabagisme.

Emmanuel Macron souhaite ainsi que « la génération qui aura 20 ans en 2030 soit la première génération sans tabac de l’histoire récente ». Pour ce faire, le Président a promis de nouvelles actions sur le prix, les lieux d’interdiction, ainsi qu’un important effort de communication, notamment auprès des plus jeunes. Autre cible : l’alcool, qui n’a pas été l’objet ces dernières années d’une lutte clairement dynamique, ce qui constitue un des manquements majeurs du précédent plan (2014-2019, prolongé en 2020). Bien sûr, pas question, a affirmé le Président de la République, dont on se souvient des déclarations ambivalentes sur le vin notamment, de viser un « zéro » alcool. Cependant, l’amélioration de la signalétique de mise en garde et un meilleur accompagnement des personnes présentant une consommation à risque sont au programme. Comme pour le tabac, des précisions plus concrètes sont attendues (en s’inspirant notamment d’une expertise collective de l’Inserm programmée au premier semestre 2021), afin que l’on n’en reste pas au stade des belles intentions. Il est par exemple à espérer qu’une véritable réflexion puisse s’engager sur la question du prix.

Grâce aux actions menées contre le tabac et l’alcool, mais aussi contre certains autres facteurs de risque (sédentarité et obésité en particulier), l’objectif est de diminuer de 60 000 par an le nombre de cancers dits évitables.

Dépistage : une dynamique à renforcer

Le second axe est de faire progresser les réflexes de dépistage. Cette orientation a déjà été engagée au cours des années précédentes avec une refonte du programme concernant le sein (pour une approche plus personnalisée) et l’adoption de nouveaux outils pour détecter le cancer de l’utérus. L’accent pourrait en particulier être mis sur le dépistage du cancer colorectal, a insisté le chef de l’État. Certains espèrent également que le nouveau plan permettra de repenser la question du dépistage du cancer du poumon. Globalement, l’objectif est de réaliser un million de dépistages supplémentaire par an à l’horizon 2025, pour atteindre 14 millions de participants. En tout état de cause, cette orientation apparaît d’autant plus essentielle alors que l’année 2020 a enregistré en raison du confinement une diminution très importante du nombre de diagnostics de cancer.

Déjouer les mauvais pronostics

Le plan cancer se donne également pour ambition d’améliorer le taux de survie des cancers de mauvais pronostic (dont le taux de survie à cinq ans est inférieur à 33 %). Des « réseaux d’excellence » sont ainsi promis par le chef de l’État, tandis que dans la continuité du plan précédent, l’accent sera de nouveau mis sur la recherche dédiée aux cancers de l’enfant.

Comme ses prédécesseurs, le programme se consacre aussi à la qualité de vie, pendant la phase aigüe, mais également après la maladie. Ici, deux axes majeurs. D’abord, ramener la proportion de patients présentant de séquelles cinq ans après leur diagnostic à un tiers (contre deux tiers aujourd’hui). Par ailleurs, des allègements divers des lourdeurs administratives sont prévues : diminution du reste à charge, simplification des différentes démarches et extension du droit à l’oubli (sans précision, tandis que la Ligue contre le cancer rappelle aujourd’hui que la promesse du Président de la République pendant sa campagne électorale prévoyait qu’il soit possible cinq ans après le diagnostic).

Des moyens à la hauteur

Si de nombreux éléments de précision manquent, la présentation du chef de l’État s’appuie néanmoins sur quelques objectifs chiffrés marquants. De la même manière, le budget global a lui aussi été dévoilé : les moyens consacrés à la lutte contre le cancer seront augmentés de 20 % et la moitié des ressources sera consacrée à la recherche. L’objectif en la matière est de favoriser une prise en charge de plus en plus personnalisée (45 000 décès par cancers par an sont liés au tabac).

Aurélie Haroche

Les dessous du trafic de stupéfiants en France

Dans « Les narcos français brisent l’omerta », Frédéric Ploquin, journaliste spécialisé dans le banditisme et la police, raconte le trafic et le blanchiment de l’argent de la drogue après avoir rencontré des narcotrafiquants français. 

Cliquez ici pour voir la vidéo (4′)

Frédéric Ploquin, est journaliste spécialisé dans les domaines de la police, du banditisme et du renseignement. Pour son livre d’enquête Les narcos français brisent l’omerta, il a rencontré des narcotrafiquants français. Il y raconte la réalité du trafic en France« Aujourd’hui, le marché du trafic de stupéfiants en France, c’est environ quatre milliards d’euros par an. Chaque mois, ce sont 40 tonnes de cannabis ou d’herbe qui rentrent sur le territoire, c’est-à-dire que chaque jour, les Français roulent à peu près 1,2 ou 1,3 tonnes de shit ou d’herbe », a-t-il constaté. 

Une économie à part entière

Selon lui, l’argent de la drogue doit faire vivre environ 240 000 personnes sur le territoire français. « C’est devenu une économie à part entière (…) une économie qui pèse très lourd. Et l’argent sale produit par le trafic de stupéfiants est absorbé par l’économie tôt ou tard », affirme-t-il. Le journaliste estime que certains pays ne peuvent plus se passer de l’argent de la drogue injectée dans leur économie. « J’ai rencontré des gens qui se baladent physiquement avec des centaines de milliers d’euros, qui vont en Chine ou à Hong-Kong, où là, c’est les yeux fermés, on va à la banque et on met ça sur le compte. Et avec la rapidité des systèmes électronique, l’argent peut se balader rapidement d’un endroit à un autre », raconte-t-il. Dans son livre, il détaille concrètement la façon dont ces bandits blanchissent l’argent de la drogue.

Source France Info

CANNABIS : LEGALISER SERAIT IRRESPONSABLE


Le débat sur la légalisation du cannabis fait son retour dans les medias. On peut comprendre que cette campagne soit menée par des lobbyistes, attirés par un marché prometteur (la côte de la firme Leviathan
Cannabis à la bourse de Toronto a augmenté de 13.900 % en un an).

Mais c’est moins compréhensible chez certains élus, qui devraient être soucieux de la santé des citoyens. Ils invoquent l’inefficacité de la répression et l’absence de prévention. Selon eux, la légalisation du cannabis permettrait de mieux contrôler son usage. Cette démarche entrainerait également le démantèlement du trafic et fournirait des recettes pour financer la prévention et les soins. Mais constater l’échec de la répression dans notre pays doit-il conduire à « baisser les bras » ? Si l’on ne peut empêcher la fraude fiscale, ou le trafic d’armes, doit-on aussi les légaliser ?


Par la présence de THC (Tétrahydrocannabinol), le cannabis est très dangereux et d’innombrables données montrent qu’il ne s’agit pas d’une drogue douce. La France compte 1,6 millions d’usagers réguliers et se
classe ainsi en tête des 28 Etats européens. 300 000 enfants de 12 à 15 ans ont déjà expérimenté cette drogue. 300 morts de la route par an sont dues au cannabis et le risque d’accident mortel est multiplié par 14 lorsque
l’alcool est associé.

Chez les moins de 25 ans, dont le cerveau est en cours de maturation, le cannabis provoque des troubles psychiques pouvant mener à la schizophrénie. Statistiquement, la genèse des maladies mentales graves comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire se fait entre 16 et 25 ans. Or, selon un rapport de l’OFDT (Office Français des Drogues et Toxicomanies), on note une augmentation de 50% des fumeurs de 15-16 ans entre 1995 et 2019. Sans compter les troubles du comportement, source de violence, de délits ou de suicides.

La situation ne cesse d’empirer avec l’augmentation de la teneur en THC (il y a 50 ans, le joint contenait 2 à 3% de THC alors qu’aujourd’hui le taux peut atteindre 40% et devient plus puissant qu’un rail de cocaïne). L’addiction conduit vers la recherche de drogues plus dures, comme la cocaïne. On estime que 10 à 20% des consommateurs de cannabis deviennent accros au crack.

De plus, nous savons maintenant que les mères fumeuses de cannabis transmettent à leurs enfants, par un mécanisme épigénétique (contrôle de l’expression des gènes), une appétence particulière pour cette drogue.
Malgré ce constat alarmant, nos concitoyens semblent abusés par une désinformation permanente et acceptent ceci comme une fatalité, une évolution inéluctable de notre société.

Pour simplifier : « cannabis=jeunesse=liberté pour beaucoup de nos élus qui craignent de
se couper de la jeunesse en s’attaquant à ce problème.

L’Uruguay, le Canada et 11 Etats américains sur 50 ont légalisé le cannabis à des fins « récréatives » après l’avoir autorisé à des fins médicales. Leur bilan néfaste devrait dissuader les tenants de la légalisation en France.

Une étude, menée dans 39 Etats américains, sur 118.500 sujets, a évalué l’impact de la légalisation du cannabis « médical » sur sa consommation illicite (« récréative »). Sur la période de 22 ans (1991-2013), l’usage illicite du cannabis a progressé dans tous les Etats, mais il a davantage augmenté dans les 15 Etats ayant autorisé son emploi médical (de 5,55% à 9,15%, soit +3,6%), alors que dans les 24 Etats où la drogue a conservé son statut illicite, sa consommation progresse moins (de 4,5% à 6,7%, soit +2,2%).

De plus, l’autorisation du cannabis à des fins médicales est responsable d’une augmentation des usagers illicites et présentant une addiction à cette drogue, estimés respectivement à 1,1 million et 500.000 individus. La légalisation au Colorado et dans l’Etat de Washington a entrainé une augmentation de la conduite sous l’influence du cannabis.

Dans l’état de Washington, en 2014, le nombre de conducteurs sous l’emprise du cannabis tués dans un accident a plus que doublé, pour atteindre 17%. Au Colorado, en 2015, 21% des conducteurs tués étaient
positifs au cannabis. Les décès liés à cette drogue ont augmenté de 48% sur 3 ans (2013-2015), comparativement à la période précédant la légalisation du cannabis à des fins récréatives (2010-2012), période où le nombre de morts sur la route a augmenté de 11%.


Il est vain d’espérer que légaliser le cannabis permettrait de contrôler sa puissance et sa qualité. L’usager régulier fumera deux fois plus pour ressentir les mêmes effets si la teneur est deux fois plus faible. Le contrôle de la teneur en THC était l’un des objectifs de la légalisation au Canada. Or, après 18 mois, la part du cannabis d’Etat n’est que de 40%, le marché noir ayant conservé 60% du marché.

La vente de cannabis par les pouvoirs publics ne permettrait pas plus de dégager des ressources suffisantes pour financer la prévention et les soins. Au Colorado, pour un dollar collecté l’Etat doit assumer 4,5 dollars de charges liées aux conséquences néfastes de sa consommation.


Le cannabis est associé au tabac, qui fait chaque année 70 000 morts en France, et produit 7 fois plus de goudrons cancérigènes que ce dernier. Devenu licite, il tuerait davantage car il est plus toxique. Il serait donc stupide de légaliser son usage alors que l’on essaie de réduire celui de la cigarette. Le THC induit une
désinhibition sexuelle qui peut conduire à la violence (viols, « tournantes ») et faire renoncer aux précautions contraceptives ou à la prophylaxie des MST.

Légaliser serait contradictoire avec les campagnes de prévention dans ce domaine. La légalisation, en facilitant l’usage du cannabis, serait une grave erreur des pouvoirs publics et constituerait un risque sanitaire majeur, en particulier pour la jeunesse.

Comment faire croire que le cannabis est dangereux si l’Etat, par nature protecteur, décidait qu’il n’est plus interdit d’en fumer ?

Certes, la répression du trafic dans notre pays n’est pas d’une grande efficacité, alors que nous avons un arsenal judiciaire parmi les plus répressifs d’Europe. Mais celui-ci n’est pas mis en oeuvre comme il devrait l’être, notamment à cause des aménagements de peines. Il n’est pas nécessaire de modifier la loi, il faut l’appliquer.

Le pays doit aussi se doter d’une vraie politique de prévention, inexistante aujourd’hui. En 2017, l’OEDT (Office Européen des Drogues et Toxicomanie) a décerné un carton rouge à notre pays en dénonçant un grave déficit d’information sur les drogues en milieu scolaire.
Il constate l’absence d’interventions fléchées dans les programmes scolaires (notation 1 sur 5), contrairement à ce qui est réalisé chez nos voisins (notation 3 sur 5). La mise en œuvre d’une politique ambitieuse
d’information et de prévention sur les drogues licites et illicites chez l’adolescent s’impose donc, avec l’appui d’enseignements fléchés dès l’école primaire, puis au collège, au lycée et à l’université.


Jean-Pierre PUJOL
Pr Honoraire de Biochimie (Université de Caen)
Membre du CNPERT (Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies)

L’enquête citoyenne de la mission parlementaire sur le cannabis « récréatif »

par le Professeur Costentin

En cette période dominée par la pandémie coronavirale, il parait décalé, sinon indécent, qu’à l’instigation d’une mission parlementaire, soit effectuée une « consultation citoyenne » des Français sur leur perception du cannabis, en tant que drogue « récréative ».

Le terme « récréatif » est un euphémisme trompeur car les spécialistes les mieux informés expriment de longue date, sans que ce soit repris par les médias, que cette récréation cannabique engendre de nombreux drames.

Les initiateurs de cette consultation ne cachent pas leur souhait d’aller vers la légalisation de cette drogue. Comme leur main tremble, ils cherchent l’appui (qui leur est garanti) de ses 1.500.000 consommateurs et d’un certain nombre de béotiens, soudain distraits d’une attention focalisée sur la Covid.  

« Béotiens » car dans leur grande majorité, ils ne sont pas informés et même souvent désinformés quant aux méfaits de cette drogue.

Des données récentes sur ce cannabis (tels ses effets épigénétiques) s’ajoutant à une longue liste d’autres méfaits, sont méconnues des concitoyens, faisant que cette enquête est biaisée.

Une autre enquête, opportune celle-là, serait d’évaluer la connaissance qu’ont nos concitoyens et nos « décideurs » des principaux méfaits du cannabis. Ses résultats orienteraient le développement d’une pédagogie s’étendant sur toutes les époques de la vie (Ecole, Collège, Lycée, Université, vie professionnelle, troisième âge), permettant enfin de pallier les carences d’information que dénonce pour la France l’Observatoire Européen des toxicomanies (OEDT).

Ce n’est qu’après avoir apprécié les effets de cette pédagogie que l’on pourrait interroger les Français sur une éventuelle évolution du statut législatif du cannabis.

Mme Janvier députée LREM

Cette enquête devrait alors être diligentée par des juges impartiaux, et non par madame C. Janvier, (députée LREM du Loiret), rapporteur thématique du volet « cannabis récréatif » de la mission parlementaire qui « planche » sur cette drogue

En effet, elle exprime dans les médias, a priori, pourquoi elle veut faire évoluer la loi. Interroger après avoir exprimé la réponse qu’elle veut obtenir, revient à tenir la plume de celui qui répond; ceci s’apparente à une malversation.
Dans sa déclaration au quotidien « Ouest France » du 23-I-2021) madame Janvier multiplie les affirmations fausses telles :
-Le cannabis étant libéré, les taxes perçues permettront de faire de la prévention ; exemple typique d’une pétition de principe ; C’est en autorisant la consommation de cette drogue que l’on va réduire le nombre de ses consommateurs ???

Les taxes issues du tabac, n’empêchent pas que 13 millions de nos citoyens en abusent irrépressiblement, conduisant annuellement à 75.000 décès et à de multiples handicaps ; d’autant que ces taxes couvrent à peine la moitié des dépenses de santé induites par le tabagisme !

Au Colorado pour 1 $ de taxes encaissées sur le cannabis légalisé, l’Etat doit débourser 4,5 $ pour couvrir les dépenses qu’il induit (accidents, justice, affections diverses, en particulier psychiatriques, incurie des consommateurs…)

 -« Comme la légalisation se fait partout dans le monde, ne soyons pas les derniers ». La France n’aurait-elle plus de prétentions à l’exemplarité ? Elle est, certes, en Europe, la première Nation consommatrice de cannabis.
-Bien que ce soit l’objet d’une des questions posées par l’enquête citoyenne, Mme Janvier affirme que « la toxicité et les risques de dépendance de l’alcool et du tabac sont largement supérieurs à ceux du cannabis » ; cette affirmation fausse la disqualifie pour la fonction qui lui est impartie.
-« C’est le sens de l’Histoire »  que de légaliser le cannabis (argument servi à toute les sauces, pour même justifier le pire (communisme, nazisme…).
– Puis ses flèches s’abattent ensuite, comme à Gravelotte : « approches idéologiques ou morales », « confusion », « amalgames », « fantasmes». Merci pour ceux qui ne pensent pas comme elle ; mais Il en faudrait davantage pour leur faire honte de s’opposer à ses thèses, étant dotés de solides connaissances biologiques, cliniques, épidémiologiques., qui font si manifestement défaut à Mme Janvier ..

-« Pour que des territoires cessent d’être abimés par le trafic » ; argument qu’elle assène comme si la légalisation allait supprimer les trafics. Et que fait-elle des individus abimés par cette drogue, leur nombre déjà effarant, s’agissant d’une drogue illicite, ne pourra qu’être accru par sa légalisation.
En démocratie la voix de chacun est prise en considération ; pour ne pas pervertir ce grand principe, il faut que chaque citoyen soit rigoureusement informé et non sciemment trompé.

PLAN CANCER DU GOUVERNEMENT: TABAC ET ALCOOL DANS LE VISEUR

publié le 5 février 2021

Emmanuel Macron a présenté hier la nouvelle stratégie décennale contre le cancer.

En pleine pandémie du covid, qui a déjà fait 77.000 morts, Emmanuel Macron a présenté hier une stratégie décennale contre le cancer axée sur la prévention contre le tabac et l’excès d’alcool, afin de ramener le nombre de morts de 150.000 à 100.000 par an.

Un budget d’1,7 milliard pour 2021–2025

Le budget des cinq premières années du plan décennal sera porté à 1,7 milliard d’euros pour 2021–2025. « Un plan de cette ampleur ne peut que susciter des espoirs dans l’accélération de la lutte contre le cancer », a estimé le Pr Thierry Philip, président du directoire de l’Institut Curie, en saluant cette hausse « conséquente » de 20%.

Dépistages: 10 millions par an en 2025

En matière de prévention, le gouvernement et l’INCa ambitionnent de réduire de 60.000 par an d’ici 2040 le nombre des « cancers évitables », sur un total de 153.000 – on estime que 40% des cas de cancers pourraient être évités, car attribuables à des facteurs de risques modifiables comme le tabac, l’alimentation, l’exposition aux UV ou encore la sédentarité.

Ils souhaitent aussi convaincre davantage de Français de participer aux dépistages organisés pour le cancer du sein, le cancer colorectal et le col de l’utérus. Objectif: « réaliser 1 million de dépistages en plus à l’horizon 2025 », contre neuf millions par an aujourd’hui.

La marge de progression existe principalement pour le dépistage du cancer colorectal, avec seulement 30% de participation, tandis que des « travaux de recherche » sont menés pour envisager des dépistages sur d’autres cancers, comme celui du poumon.

« Une génération sans tabac en 2030 »

« Je souhaite que la génération qui aura 20 ans en 2030 soit la première génération sans tabac de l’histoire récente », a dit Emmanuel Macron. Il a promis d’agir sur « le prix, l’extension des espaces sans tabac, les campagnes d’information sur sa toxicité », et un meilleur accompagnement de ceux qui arrêtent de fumer. Cette mobilisation doit commencer « dès l’école ».

Lutter contre l’alcoolisme

Pour l’alcool, à l’origine d’un cinquième des cancers évitables, « il ne s’agit pas d’aller vers le zéro alcool mais bien de prévenir les excès et de mieux aider ceux qui sont dans une forme de dépendance à en sortir », a souhaité Emmanuel Macron. Il a ainsi promis, sans précision, des repères « plus visibles et plus lisibles aux consommateurs » sur chaque produit. « Contre ces deux principales causes de cancers évitables, nos actions cibleront particulièrement les jeunes », a-t-il ajouté.

Limiter les séquelles

Le plan souhaite par ailleurs limiter à un tiers la proportion de patients souffrant de séquelles cinq ans après leur diagnostic (chirurgies mutilantes, effets secondaires des médicaments, retards de développement chez les enfants…), contre deux tiers à l’heure actuelle.

Améliorer le taux de survie

Le dernier objectif consiste à « améliorer significativement » le taux de survie des cancers à mauvais pronostic, dont le taux de survie à cinq ans est inférieur à 33%, tels que les cancers du pancréas ou du poumon, certains cancers du sein dits « triple négatif » ou encore un cancer rare, le glioblastome du tronc cérébral de l’enfant.

Source

À Besançon, une herbe de cannabis dopée chimiquement fait des ravages

Depuis quelques semaines, vendue comme de l’herbe de cannabis, une substance trafiquée circule à Besançon. Elle comporte une molécule chimique très puissante qui peut mener aux urgences.

Par Fred JIMENEZ 

Vendue comme une herbe classique, il s’agit en fait d’une drogue de synthèse mélangée à un produit inoffensif. Photo d’archives ER /Alexandre MARCHI

Certains se sont fait la frousse de leur vie, d’autres préfèrent relativiser et en rire, mettant cela sur le compte des aléas d’un marché, et pour cause, il est illégal, et donc pas du tout régulé. « Trop peu de revendeurs connaissent leurs produits » voire « n’ont jamais consommé de leur vie » se plaint un consommateur pourtant averti. Hé oui, dealer n’est encore pas tout à fait un métier référencé et le gain prime sur la qualité du produit comme on va le voir.A lire aussi

Drogue de synthèse : les conséquences d’un marché asséché en raison du confinement

Pinaca, un joli nom pour une substance douteuse

« Dès la première latte ! »

Depuis la période des fêtes de fin d’année, beaucoup de consommateurs d’herbe de cannabis se fournissant à Besançon ont eu une grosse surprise en tirant sur leur joint. « Dès la première latte, j’ai eu un coup de chaud, les mains vraiment très très moites et puis le cœur s’est emballé dans une belle crise de tachycardie, bien à 120 ou 150 battements par minute ! » analyse Achille*, un consommateur occasionnel qui participait à une soirée pétard et jeux vidéo.

« Je me suis concentré sur l’écran et c’est retombé mais je n’y ai plus retouché. Par contre, un copain qui fanfaronnait s’est trouvé vraiment mal. Il ne sentait plus ses jambes. Il a fallu l’aider à se coucher. Il était oppressé et manquait d’air », ajoute-t-il

« Je voyais mes meubles grandir et rapetisser »

Aldo, lui, est plus expérimenté : « J’avais fait une soirée où cette beuh avait mis la plupart de mes potes très défoncés alors qu’ils sont autant habitués que moi au THC. Prudent, j’ai décidé de ne pas en fumer de la soirée mais de l’essayer tout seul, chez moi. » Et de fait, « au bout de vingt minutes, j’ai commencé à avoir de grosses distorsions visuelles. Mon champ de vision a commencé à se déformer et je voyais mes meubles grandir et rapetisser au rythme de ma respiration. Étant consommateur de drogues psychédéliques, ces effets ne m’étaient pas du tout inconnus. J’ai pu avoir des effets similaires en consommant des champignons mais jamais avec de l’herbe. Pour en avoir discuté avec mes amis, nous sommes quasi sûrs que ça peut-être soit de la beuh de synthèse ou coupée avec d’autres produits stupéfiants mais c’est impossible qu’il s’agisse juste d’herbe. »

Syncope et agressivité incontrôlable

Parmi les « victimes » consentantes de cette herbe de cannabis, certaines, plus paniquées et mal en point que d’autres, ont achevé leur nuit aux urgences. D’autres ont dû foncer aux toilettes les boyaux tordus. On rapporte également des états de surexcitation et d’agressivité incontrôlables et même « de perte de connaissance momentanée avec chute de tension et palpitations », rapporte Samuel qui, depuis qu’il s’est fait avoir une fois, dose beaucoup moins ses pétards « par précaution. »

L’autre constante de cette herbe aux effets carabinés, dopée à la chimie (lire par ailleurs), est en effet qu’elle n’est pas vendue comme telle mais « comme une beuh classique ». Et même si le dosage en tétrahydrocannabinol (THC), le principe actif du cannabis, tend à croître en fonction de son mode de culture, la puissance des qualités les plus sélectives actuellement sur le marché demeure malgré tout très en deçà de ce produit de synthèse, bricolé par des dealers en mal d’approvisionnement mais toujours avides d’amplifier leur marge.

Car c’est peut-être là l’un des avantages principaux de la substance distribuée généreusement sur de nombreux points de deal bisontins, elle revient nettement moins cher que le produit qu’elle supplante. Doit-on dire frauduleusement ?

Source

Comment la consommation d’alcool a évolué en France pendant le confinement ?

Par Catherine Muller -02/02/2021

« L’alcool est la substance psychoactive la plus ancienne, la plus universelle et la plus massivement utilisée par l’homme », écrit  dans son ouvrage de référence, « Addictologie en 47 leçons », le psychiatreJean-Michel Delile, et ce « compagnonnage humain/alcool » a pu jouerun rôle important dans l’invention de l’agriculture par l’homo sapiens, et l’essor de la civilisation. Rien d’étonnant donc à ce qu’on considère que le consommation d’alcool est un indicateur significatif des bouleversements d’une société, et que, tout particulièrement pendant le confinement strict du printemps dernier, elle ait analysée avec une grande précision.

Drunken monkey : le singe ivre

Le docteur Robert Dudley,  de l’université de Californie,  fait l’hypothèse que nous aurions hérité de nos ancêtres primates une attirance  prononcée pour les fruits mûrs forts en goût, contenant de  l’éthanol, dont ils auraient fait une partie importante de leur alimentation. C’est même ce qui aurait poussé les premiers hominiens à descendre des arbres pour les ramasser sur le sol où ils étaient plus abondants ;  et puis, leurs besoins de consommation ne faisant que croître, ils ont cherché à en maîtriser l’approvisionnement, pour ne pas avoir à se passer d’une nourriture qui faisait leurs délices. Ainsi, si les hommes du néolithique ont développé des techniques de culture, ce serait plus pour fabriquer de la bière que du pain !

Comme l’alcool, riche en sucre, est énergisant et que, de plus, il a des propriété médicinales, il peut tout aussi bien  nourrir que  guérir. Ceux qui, le reconnaissant à son odeur très particulière, savaient où le trouver, ont ainsi eu un net avantage sur les autres dans la course à la sélection naturelle. Consommer de l’alcool est alors apparu comme le privilège des individus dominants, ceux qui avaient le pouvoir d’échapper au monde trivial du commun des mortels et et de parler avec les dieux. Ce rôle sacré de l’alcool est très présent dans l’Antiquité autour de grandes cérémonies religieuses, comme les fêtes de Bacchus, dieu du vin,  à Rome, mais qui tournèrent à la débauche totale et finirent par être interdites. C’est ainsi que l’alcool perdit son statut mystique de « nectar des dieux » pour devenir  l’objet d’une réprobation morale et religieuse.

Du magique au pathologique

C’est le médecin suédois Magnus Huss qui, au milieu du XIXème siècle, va parler de l’alcoolisme comme d’une maladie, et non plus comme d’une tare. Mais, à cette époque, l’accent est mis sur le produit lui-même, qui est diabolisé, et ceux qui le consomment sont culpabilisés. A l’heure actuelle, ce n’est plus l’alcool lui-même qui est au centre des préoccupations cliniques, mais plutôt l’usage qui en est fait, en essayant d’évaluer s’il y a ou non « trouble de l’usage », selon un modèle « biopsychosocial » qui intègre les facteurs, non seulement de quantité ingérée et de fréquence, mais aussi de difficultés familiales et professionnelles et de déni des risques encourus.

Dans la mesure où, selon Jean-Pierre Couteron, spécialiste des conduites addictives, le recours à l’alcool, au-delà de la recherche de sensations qu’il implique, est un comportement à dimension sociale dont la fonction est de nous adapter à notre environnement, il aurait été assez logique que la consommation d’alcool des Français ait nettement augmenté pendant le confinement, période où les bases notre vie quotidienne ont été modifiées du tout au tout. Selon ce clinicien, on aurait pu penser que la promiscuité provoquerait « une sorte de surchauffe mentale »,et que « les interactions familiales portées à incandescence  auraient pu déclencher une alcoolisation comme stratégie d’évitement, voire d’oubli, ou de prise de distance avec la réalité ».

Mais ce n’est pas ce que disent les statistiques résultant de l’étude très approfondie menée par l’Observatoire Français des drogues et des toxicomanies, et publié dans sa revue « Tendances » de septembre 2020.

L’heure de l’apéro

De fait, la consommation d’alcool n’a augmenté que de 11% pendant le confinement, et, majoritairement, pour 65% des sujets de l’étude, elle est restée stable ; la seule différence peut s’expliquer en partie par l’absence de frontière entre vie privée et vie professionnelle générée par le télétravail. Ainsi,  ceux qui n’ont pas consommé plus l’ont fait différemment, ils ont commencé plus tôt dans l’après-midi, fixant l’heure de l’apéro non à dix-huit heures, mais à… seize heures !

On peut y voir aussi une donnée socioculturelle : au cinéma comme  à la télévision, seuls les patrons d’entreprise et les hommes politiques ont un meuble bar dans leur bureau, car ils sont les seuls à avoir le droit de travailler  un verre à la main ou posé à côté d’eux. Les imiter c’était peut-être réaliser un fantasme de toute-puissance, en se donnant l’illusion qu’on était un « guerrier » et qu’on allait gagner !

Par ailleurs, les observations faites sur le terrain montrent que près d’un quart des sondés ont limité leur consommation pendant le confinement, comme s’ils avaient voulu faire de ce temps de pause obligatoire un temps de purification. Il faut toutefois tenir compte d’un possible déplacement de l’alcool vers les benzodiazépines et les anxiolytiques, auxquels les Français ont fait largement appel, en en prenant   presque deux fois plus que d’habitude.

Boire de l’alcool et socialiser étant en effet intimement liés, la fermeture des bars et des restaurants a surtout affecté les jeunes et les consommateurs « festifs », qui avaient l’habitude de s’y rencontrer surtout le week-end. Ils ont alors dû s’adapter, créant la mode des « apéros Zoom », et autres apéros virtuels ! Selon un sondage réalisé par l’Ifop du 12 au15 juin 2020, un Français sur trois a participé à un ou plusieurs de ces apéros pendant le confinement et parmi eux, un tiers a l’intention de poursuivre cette pratique. Il y a fort à parier que cette coutume restera comme la grande innovation du printemps du coronavirus !

« Dry January » : janvier, mois de la  sobriété

“Dry January” est une campagne de santé publique née en 2013 au Royaume-Uni à l’initiative de l’association « Alcohol Change UK», dont le but est de compenser les excès du Nouvel An par un mois complet de sobriété, où chacun pourra réfléchir à sa consommation, et, éventuellement, la réguler. Les résultats en sont prometteurs ; les trois-quarts des participants ont renoncé durablement aux usages nocifs de l’alcool. 

En 2020, une campagne similaire est lancée en France par la Fédération addiction, et, pour sa Déléguée générale, Nathalie Latour,  les résultats sont d’ores et déjà là, notamment à travers le succès de l’application « Try Dry », téléchargée plus de cent mille fois. Elle  permet à chacun d’évaluer son éventuelle dépendance à l’alcool, ce que 68% des Français, selon un sondage publié par l’Institut YouGov France ce 29 janvier, trouvent être « une bonne chose ».

De plus, cette application donne de nombreux conseils pour retrouver la forme, améliorer son sommeil et perdre du poids, ce que souhaitent aussi ses utilisateurs. Souvent, ils vont préférer relever le « défi de janvier » entre amis, optimisant ainsi leurs chances de le réussir, tout en continuant à éprouver le plaisir de partager, non une « bonne bouteille », mais de « bons moments » !

Dr Catherine Muller
Membre du comité scientifique de SOS Addictions
Docteur en psychologie
Member of the World Council of Psychotherapy
Member of the American Psychological Association

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