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Qu’est-ce que le « soberversary », la nouvelle tendance en ligne qui promeut le « sans alcool » ?

Par Eva LERAY

Boire de l’alcool n’est plus tendance, ou du moins c’est ce que tente de mettre en place, le « soberversary ». Sur les réseaux sociaux, anonymes ou pas, les gens n’hésitent plus à célébrer publiquement leur sobriété. Explications avec Catherine Simon, psychiatre addictologue.

Le « sans alcool » devient tendance et ce n’est pas pour déplaire aux professionnels de santé. Depuis plusieurs mois, sur les réseaux sociaux de nombreux internautes partagent et affichent publiquement leur sobriété vis-à-vis de l’alcool. Et cette nouvelle tendance à un nom : le « soberversary ». Venu des États-Unis, ce terme est la contraction de deux mots anglais : « sober » et « anniversary ». Soit un mot qu’on peut traduire en français par anniversaire de la sobriété. Anonymes ou célébrités, sur InstagramTikTok et Twitter, les témoignages de personnes sobres se multiplient pour exprimer leurs fiertés de ne plus boire d’alcool, rapporte le quotidien régional La Dépêche du Midi .

Chrissy Teigen, mannequin et présentatrice de télévision américaine a partagé sa première année de sobriété dans un post Instagram publié le 18 juillet 2022« Pas une goutte d’alcool en 365 jours ! Ça me manque parfois de me sentir légère et insouciante, mais pour être honnête vers la fin, je ne ressentais plus ces choses-là. Je buvais pour mettre fin à mon anxiété. »

« Sur le principe ce n’est pas nouveau »

Sur Twitter, une internaute a partagé le tatouage de son soberversary. Son post a reçu plus de 700 messages, pour la plupart encourageants et positifs. Une tendance plutôt bien accueillie par les professionnels de santé comme Catherine Simon, psychiatre addictologue., mais avant, fêter sa sobriété ça se faisait en petit comité souvent dans le cercle des Alcooliques anonymes, maintenant c’est rendu public et c’est important que ça le soit », souligne-t-elle pour l’édition du soir.

« Les gens qui arrêtent l’alcool sont fiers et ils ont raison de le revendiquer, ça participe à la dénormalisation de la consommation d’alcool », appuie Bernard Basset, médecin et président d’Addiction France, association nationale de prévention, d’accompagnement et de formation sur les addictions.

Si le soberversary revient mettre en avant un certain retrait de la consommation d’alcool, dès 2013, le « dry january » ou défi de janvier, en français, avait déjà remis en question la consommation d’alcool. Alcohol Change UK, organisme de bienfaisance britannique dont le but est de réduire les dommages causés par l’alcool avait lancé une campagne annuelle pour inciter des millions de personnes à ne pas boire d’alcool en janvier. Depuis, il est repris tous les ans à l’international. « Le défi de janvier peut convenir à tout le monde même à ceux qui n’ont pas de dépendance à l’alcool, assure à l’édition du soir, Bernard Basset. Et pour ces personnes-là on a aussi intérêt à réduire sa consommation. »

« La dénormalisation de l’alcool ne va pas assez vite »,

Si le soberversary et le défi de janvier permettent de prendre conscience des effets nocifs de l’alcool sur notre santé et de réguler notre consommation, « la dénormalisation de l’alcool ne va pas assez vite », regrette Catherine Simon.

Elle poursuit : « Le défi de janvier est soutenu par des collectifs et des associations mais pas par des instances gouvernementales qui soutiennent le mois sans tabac par exemple. » Pour rappel, cette opération de santé publique est menée chaque novembre en France pour encourager les fumeurs à s’arrêter.

En attendant, pour l’alcool, il faudra continuer de revendiquer sa sobriété assure la psychiatre addictologue : « Il faut oser dire qu’on a arrêté de boire, surtout quand on l’a bien vécu. »

Source

Pourquoi il faut interdire l’alcool à la chasse

Par Laurent Bègue-Shankland* pour The Conversation France – Il y a 7 h

Le Sénat vient de publier un rapport d’information proposant « d’interdire l’alcool et les stupéfiants lors de la chasse » et de prendre des mesures similaires à celles appliquées pour la conduite. Cette idée a été fustigée par le président de la Fédération nationale des chasseurs Willy Schraen, lequel n’a pas manqué de rétorquer qu’« un mec bourré sur un vélo, c’est dangereux aussi », oubliant que les règles qui s’appliquent aux automobilistes en matière d’ébriété valent aussi pour les cyclistes.

L’argument véhément du patron de la chasse française ne semble pas résister à la comparaison internationale, quand dans d’autres pays, les organisations de chasseurs recommandent l’abstention d’alcool. Prenons le site officiel d’une agence américaine d’éducation à la chasse : il y est rappelé que « consommer de l’alcool avant ou pendant la chasse augmente les risques d’accident en affectant la coordination, l’audition, la vision, la communication et le jugement ».

Cette préconisation de bon sens n’est pas superflue, puisque l’alcool semble faire encore partie du monde cynégétique, en France comme à l’étranger.

L’alcool fortement accidentogène

Ainsi, aux États-Unis (où la consommation d’alcool moyenne est de 20 % inférieure à la nôtre dans la population générale), une récente enquête menée sur un échantillon représentatif de 2 349 jeunes adultes indiquait que 23 % des chasseurs de sexe masculin avaient déjà pratiqué leur loisir en état d’ivresse.

Et en France ? Malgré l’absence de données chiffrées, le rapport sénatorial se hasarde à parler d’une « petite minorité » de personnes qui chasseraient en étant ivres. Concernant les décès et incidents graves, les sénateurs sont plus précis : 9 % d’entre eux sont imputables à l’ébriété d’un chasseur

Ce rapport très hexagonal ignore malheureusement la plupart des données internationales disponibles sur le sujet. Il omet de mentionner qu’aux États-Unis, l’ébriété est présente dans 15 % des accidents de chasse. Est également passée sous silence cette vaste étude danoise auprès de 1 800 chasseurs qui montre que le risque d’accident impliquant une arme à feu croît directement avec l’alcoolémie.

Le récent rapport du Sénat ne prend pas non plus la peine de clarifier en quoi l’alcool s’avère fortement accidentogène. On peut pourtant repérer trois conséquences de l’ébriété qui y contribuent.

Des mouvements moins assurés

Une étude menée en Suisse dans un service d’urgence hospitalière indiquait qu’un tiers des blessures occasionnées à la chasse résultaient de chutes, par exemple quand un tireur dégringole de son mirador. L’alcool favorise ce type d’incident notamment par son action perturbatrice sur l’oreille interne, qui régule l’équilibre, ainsi que sur le cervelet. L’anticipation et la coordination du mouvement sont touchées.

Par exemple, une recherche menée par Judith Hegeman dans un laboratoire de recherche d’Amsterdam montrait que lorsque des personnes évoluent sur un tapis roulant, même à de faibles concentrations d’alcool, leur temps de réaction pour l’évitement d’obstacles est fortement majoré.

Une moins bonne vision

L’alcool détériore aussi la vision périphérique, ce qui peut affecter l’appréciation et le respect des angles de tir. Il est responsable de la fameuse diplopie (vue dédoublée) et de la vision floue en perturbant l’action des muscles ciliaires qui commandent le focus visuel.

Il favorise également l’éblouissement, car les muscles sphincters qui exécutent l’ouverture et la fermeture de la pupille selon la luminosité ambiante sont ralentis.

À long terme, une alcoolisation élevée altère la perception des couleurs, provoque des pathologies chroniques comme la cataracte et favorise la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA) : affection se traduisant par une dégradation de la partie centrale de la rétine.

Ajoutons enfin que l’alcool brouille aussi l’audition. Dans une étude, un chercheur d’une université coréenne a alcoolisé plusieurs dizaines de participants (0,5 gramme, soit deux verres standards), puis les a soumis à une batterie de tests incluant des tâches de détections de tonalité, des exercices de reconnaissance de mots ou de compréhension de paroles dans le bruit. Par rapport aux résultats à jeun, les capacités auditives des participants étaient déficientes.

Erreurs de jugement

Lorsque l’on prend conscience de l’étendue des effets de l’alcool sur la vision et l’audition, on comprend mieux certains faits qui émaillent la presse régionale, comme l’incident de ce chasseur ivre, qui, visant un lièvre, criblait de plomb son acolyte.

Pourtant, accorder un grand poids explicatif à ces altérations perceptuelles serait faire fausse route. En effet, selon l’Office français de la biodiversité (OFB), les accidents de chasse résultent fréquemment de manques de prudence et d’erreurs de jugement, comme le fait de tirer sans identifier sa cible, le non-respect de l’angle de 30 degrés (interdiction de tirs dans les secteurs angulaires de 30 degrés à gauche et à droite) ou les tirs en direction d’habitations.

Comme le rappelle l’OFB, les projectiles utilisés peuvent parcourir une distance allant jusqu’à cinq kilomètres. Ivre ou sobre, quand une cible est éloignée, voire mouvante, comment garantir que les balles ne toucheront pas plutôt un VVTiste, une fillette de dix ans qui joue au bord d’une rivière ou une jeune randonneuse ?

L’alcool pousse souvent à choisir l’option la plus risquée

La décision d’appuyer sur la gâchette ou de s’abstenir de tirer implique une troisième dimension psychologique plus complexe : l’appréciation de la situation. Selon le rapport du sénat : « Plus des deux tiers des accidents résultent de fautes graves enfreignant les règles élémentaires de sécurité. S’y ajoute une centaine d’incidents par an, c’est-à-dire des tirs sur des véhicules ou des maisons, qui auraient pu avoir des conséquences dramatiques. »

L’évaluation du risque et la représentation des conséquences de son acte sont deux modalités qui sont notoirement affectées par l’ébriété.

Ceci a été montré de manière simplifiée durant une étude de 2015 menée dans un bar et durant laquelle on présentait à des hommes et femmes de 18 à 43 ans deux bocaux remplis de cartes. On les informait qu’ils pouvaient gagner un prix en choisissant l’une d’elles : dans le bocal de droite, il y avait 50 % de cartes gagnantes, tandis que la probabilité de gagner était inconnue pour celui de gauche. Les résultats ont montré que les hommes ivres (mais non les femmes) choisissaient davantage l’option la plus risquée. Tirer dans l’incertitude en espérant faire mouche relève probablement du même phénomène.

L’un des premiers facteurs d’agressivité humaine

En affectant directement le cortex préfrontal, l’alcool perturbe les fonctions cognitives exécutives qui sont impliquées dans la capacité à envisager ou adopter plusieurs options à un moment donné pour résoudre un problème (la flexibilité cognitive), l’attention, l’inhibition de l’action et les conduites d’agression. Il constitue même la substance psychoactive la plus constamment reliée à l’agression humaine dans le monde.

Certes, ce n’est pas l’alcool, mais des chasseurs qui ont tué par balle 400 personnes depuis 20 ans en France et blessé des milliers d’autres (l’alcool en a tué en réalité près d’un million au total, mais par d’autres moyens).

Cependant, puisqu’il est clairement identifié comme un facteur de risque évitable, il paraît judicieux d’interdire sa consommation à des personnes qui tirent avec des carabines et des fusils semi-automatiques dans les domaines forestiers fréquentés par des publics. Alcoolisés, les chasseurs présentent un risque létal pour tous, y compris pour eux-mêmes.

Quels sont les alcools qui augmentent le plus la glycémie ?

Le sucre n’est pas le seul nutriment qui influe sur le taux de glucose sanguin. Les boissons alcoolisées peuvent, elles aussi, provoquer des hyperglycémies, néfastes pour l’organisme. Pour autant, tous les alcools ne sont pas logés à la même enseigne. Raphaël Gruman, nutritionniste à Paris, nous aide à faire le point, et nous propose un top 4 des alcools à éviter pour conserver une glycémie stable.

Quels sont les alcools qui augmentent le plus la glycémie ?Adobe Stock

Publié par Lise Lafaurie,

Cet article est validé par Raphaël Gruman, ambassadeur de Medisite – Nutritionniste

L’importance de maintenir une glycémie stable tout au long de la journée – que ce soit pour la santé, le poids ou le bien-être – n’est plus à démontrer. Les pics de glycémie favorisent le stockage des graisses par le biais de l’insuline, et entretiennent les fringales de sucre en provoquant une hypoglycémie réactionnelle. À long terme, ces variations de glycémie sont susceptibles de fatiguer le pancréas et de favoriser l’apparition d’un diabète de type 2, lui-même à l’origine d’un surpoids et d’une augmentation des risques cardio-vasculaires.

Glycémie : attention à l’alcool

Le sucre n’est pas le seul nutriment à limiter pour garder une glycémie stable. L’alcool peut lui aussi faire grimper au plafond le taux de glucose sanguin.

« Lorsque l’on boit une boisson alcoolisée, l’alcool absorbé par l’organisme est rapidement métabolisé par le foie, et transformé en sucre au niveau du sang« , explique Raphaël Gruman. Plus une boisson est riche en alcool, plus elle élève rapidement et fortement la glycémie. « Autre valeur à prendre en compte : la teneur en sucre de ces boissons alcoolisées, qui vient s’ajouter à leur teneur en alcool pour potentialiser le pic de glycémie », ajoute le nutritionniste.

Enfin, la taille des portions consommées entre également en ligne de compte, puisqu’en toute logique, plus un verre est grand, plus il contient de sucre et d’alcool, et donc plus rapidement, il fait monter la glycémie. « Il faut donc comparer les alcools en fonction de la taille des portions usuelles consommées : à savoir un ballon de vin, une flûte de champagne, une tasse de cidre, un demi de bière ou un fond de whisky », détaille Raphaël Gruman.

En prenant en compte ces trois facteurs, voici donc les 4 boissons alcoolisées qui provoquent la plus forte et rapide élévation du taux de sucre dans le sang.

Les cocktails : de vraies bombes glycémiques

Préparés à base de soda, de jus de fruit et/ou de sirop de sucre, associés à un ou plusieurs alcools forts, les cocktails alcoolisés sont indiscutablement les pires boissons pour la glycémie. Parmi eux, la Pina Colada faite de crème de coco, de jus d’ananas et de rhum, se place en tête de liste. Elle est suivie de près par le Russe Blanc (white Russian) confectionné à base de vodka, de liqueur de café et de crème, lui-même talonné par le Long Island Iced tea qui cumule vodka, rhum, triple sec, tequila et gin, le tout rehaussé d’une rasade de cola.

Ces cocktails ont en outre l’inconvénient de se boire très facilement – le goût du sucre masquant celui de l’alcool – et le risque est donc de ne pas se limiter à un verre. De quoi faire littéralement exploser la glycémie… et l’alcoolémie au passage.

Les liqueurs ou « crèmes » : l’équivalent de 8 morceaux de sucre

Ces boissons spiritueuses sont élaborées par aromatisation d’une base alcoolique à l’aide de fruits, de plantes, de produits laitiers ou d’œufs. Elle peut être faite par différents procédés, dont la macération ou l’infusion et par addition de sucre ou de miel. Généralement dégustées en fin de repas, à la façon d’un digestif, ces liqueurs cumulent un taux d’alcool élevé (25 à 30 degrés) et une très forte teneur en glucides.

Chartreuse, Génépi, Limoncello, Baileys, Crème de cassis et autres Amaretto apportent ainsi en moyenne plus de 40 g de sucre aux 100 g, à savoir l’équivalent de 8 morceaux de sucre ! Ils sont à fuir pour quiconque souhaite éviter un excès de glucides.

La bière : une des boissons les plus nocives pour la glycémie

Sous ses airs innocents de boisson modérément alcoolisée, la bière fait pourtant partie des boissons les plus nocives pour la glycémie. « Certes, elle est moins titrée en alcool que beaucoup d’autres boissons, mais elle est faite à partir de céréales – le houblon – et est donc très glucidique« , révèle le nutritionniste.

Par ailleurs, les q uantités consommées sont plus importantes que toutes les autres boissons alcoolisées, puisque les portions standards sont le demi (250 ml) et la pinte (500 ml) soit deux à quatre fois plus que les autres : ballon de vin, coupe de champagne et verre de cocktail.

Mention spéciale pour certaines bières qui contiennent du sirop de glucose, du sucre ajouté ou du caramel en plus du houblon, ce qui augmente encore leur capacité à faire grimper le taux de sucre sanguin.

Hyperglycémie : méfiance avec les vins moelleux et liquoreux

Le Sauterne, le Monbazillac ou encore le Muscat font partie des vins dits moelleux, voire liquoreux. Bien que leur titrage en alcool soit modéré (12 à 14 degrés), ils contiennent 10 à 45 g de sucre par litre, soit bien plus qu’un vin sec qui en contient moins de 2 g.

Les vins moelleux et liquoreux sont obtenus à partir de raisins blancs et plus rarement de raisins noirs, et sont élaborés à partir de grains récoltés en sur-macération ou ayant atteint la pourriture noble. Au cours de ce processus, le raisin perd de l’eau et se concentre donc en sucre, d’où leur teneur élevée en glucides. On leur préfère un vin sec, tel qu’un chardonnay, un sauvignon ou encore un chablis, quasiment dépourvus de sucre, mais tout aussi savoureux.

Et les alcools qui augmentent le moins la glycémie ?

Sur la première marche du podium des alcools qui élèvent le moins la glycémie : le cidre de pomme. Avec ses 3 à 5 degrés d’alcool et sa faible teneur en sucre, il peut être dégusté sans culpabilité – mais toujours avec modération ! – par quiconque surveille sa ligne et se préoccupe de sa santé. « À plus forte raison lorsqu’il est brut, le cidre est de loin l’alcool le moins nocif pour la glycémie« , assure Raphaël Gruman.

Viennent ensuite tous les vins secs – qu’ils soient rouges, blancs ou rosés – et le champagne, qui sont des alcools modérément caloriques et presque exempts de sucre.

Pour un effet encore plus limité sur la glycémie, on veille à ne pas les déguster à jeun, mais au cours d’un repas, pour que les autres nutriments – protéines, lipides et glucides – ralentissent l’absorption du sucre et de l’alcool.

Attention à l’addiction !

Outre le fait que l’alcool fasse monter la glycémie, il est surtout très addictif et nocif lorsqu’il est consommé en excès. En France, l’alcool est responsable chaque année de quelque 49 mille décès prématurés.

Pour limiter ses méfaits, il est souhaitable de suivre quelques recommandations. « Pas plus de 2 verres par jour pour une femme et 3 pour un homme, en veillant à observer 2 jours au moins par semaine sans alcool », insiste Raphaël Gruman.

Au cours d’une soirée exceptionnelle, on pense toujours à alterner un verre d’alcool et un verre d’eau, et pour éviter les risques d’intoxication, on ne dépasse jamais 4 verres maximum dans la soirée.

Comment soigner la gueule de bois ?

Le matin après une grosse soirée très arrosée peut être un vrai cauchemar. Notre organisme a besoin de certains aliments, boissons et petits soins pour se remettre.

Boire de l’alcool dès le réveil, prendre un café ou des médicaments… faites le tri entre les bonnes astuces et celles qui risquent de rendre la situation encore plus difficile.  

remède gueule de bois

Sommaire

Chaque personne ayant vécu une gueule de bois le sait : la motivation n’est pas au plus haut au lendemain d’un excès d’alcool. Votre tête vous fait souffrir, votre estomac est retourné, et votre énergie est à zéro… Si vous cherchez des solutions efficaces, attention aux mauvais conseils. De quoi a-t-on réellement besoin un lendemain de fête ?

C’est quoi la gueule de bois (veisalgie) ? Pourquoi l’a-t-on ?

La gueule de bois est une expression populaire faisant référence à un ensemble de symptômes qui surviennent en conséquence d’une consommation excessive d’alcool. On la connaît aussi sous le nom de veisalgie.

La raison principale de nos soucis après avoir bu trop d’alcool est le manque d’hydratation. Les boissons alcoolisées diminuent voire suppriment la production d’une hormone antidiurétique qui s’appelle la vasopressine. Cette dernière envoie des signaux aux reins, leur indiquant de retenir le liquide, et nous finissons par éliminer plus de liquides que nous en consommons. « Par conséquent, l’alcool augmente la miction et la perte excessive de liquides. La déshydratation légère qui en résulte contribue probablement aux symptômes de la gueule de bois tels que la soif, la fatigue et les maux de tête » indique un document officiel du NIH (National Institute on Alcohol Abuse and Alcoholism) (Source 1).

Et les composés toxiques produits par l’organisme en réponse à l’absorption de l’alcool nous achèvent en provoquant des nausées, des vomissements, des maux de tête, un mauvais sommeil et une baisse du taux de sucre dans le sang. Le foie a besoin d’un certain temps pour éliminer tout l’alcool ingéré, et cela fatigue.

Quels sont les symptômes de la gueule de bois ?

La gueule de bois peut varier d’une personne à l’autre, mais globalement les symptômes communs sont :

  • Sensation de faiblesse ;
  • Soif ;
  • Maux de tête ;
  • Perte d’appétit ;
  • Douleurs musculaires ;
  • Nausée ;
  • Maux de ventre ;
  • Brûlures d’estomac ;
  • Diarrhée ;
  • Vertiges ;
  • Sensibilité à la lumière et au bruit ;
  • Anxiété ;
  • Irritabilité ;
  • Transpiration ;
  • Tremblements ;
  • Bouche pâteuse ;
  • Tachycardie (emballement du rythme cardiaque) ;
  • Confusion spatiale ;
  • Déficiences cognitives ;
  • Augmentation de la tension artérielle.

Un certain nombre de facteurs peuvent aussi contribuer à la gueule de bois : troubles du sommeil à cause de la prise d’alcool qui contribue à la fatigue, irritation gastro-intestinale due à l’augmentation de l’acide dans l’estomac, inflammation de l’organisme…

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L’ordre des boissons n’influe pas sur la gueule de bois

Bière, whisky, vodka, rhum, pastis, champagne, vin… toutes ces boissons contiennent la même molécule, appelée éthanol ou alcool pur. Ces boissons se différencient par leur goût et leur concentration en éthanol, mais toutes peuvent conduire à l’ivresse voire à la fameuse « gueule de bois ». S’il est connu qu’alterner boissons alcoolisées et boissons sans alcool est un réflexe conseillé pour limiter sa survenue, des chercheurs de l’université de Cambridge ont voulu savoir si l’ordre dans lequel ces boissons sont consommées importe ou non. Et la réponse est non : cela ne permet pas de se prémunir d’un lendemain difficile car c’est bel et bien la quantité d’alcool consommé qui compte.

« La gueule de bois serait susceptible d’être influencée par des facteurs autres que l’alcool pur de la boisson. On a suggéré que les colorants et les arômes peuvent l’aggraver, ce qui pourrait expliquer pourquoi, à concentration d’alcool identique, un bourbon provoquerait une gueule de bois plus grave que de la vodka », expliquent les chercheurs de l’étude publiée dans l’American Journal of Clinical Nutrition (Source 2).

« En utilisant du vin blanc et de la bière blonde, nous n’avons trouvé aucune vérité dans l’idée que boire de la bière avant le vin permet une gueule de bois moins difficile que l’inverse », soulignent les chercheurs. « La vérité est que boire trop est susceptible de provoquer une gueule de bois. Le seul moyen fiable de prédire à quel point vous vous sentirez mal le lendemain est de savoir à quel point vous vous sentez saoul et si vous êtes malade ». Avec ces conclusions, les chercheurs espèrent ainsi faire comprendre aux consommateurs d’alcool que le mieux est donc de faire attention aux unités d’alcool consommées car, autrement, il est inévitable d’en souffrir peu importe l’ordre de consommation.

Comment se remettre d’une cuite et éliminer l’alcool le lendemain ?

Lorsqu’on consomme un peu trop d’alcool, le niveau de potassium diminue dans l’organisme, ainsi que le sucre. Parmi les remèdes efficaces, vous pouvez commencer par manger une banane au petit déjeuner : les symptômes désagréables devraient commencer à s’apaiser. Le midi, optez pour des pâtes, un œuf, et une salade de tomates pour faire le plein de bons nutriments, dont les sels minéraux, et les acides aminés, qui aident le foie à se détoxifier.

La seule boisson dont le corps a réellement besoin est l’eau. Boire de l’eau est le meilleur moyen pour vous réhydrater. En effet, à cause de la déshydratation provoquée par l’alcool, elle est d’autant plus indispensable. Gardez une bouteille d’eau près de vous toute la journée, et faites le plein pour aller mieux. Consommez tous types de boissons avec de l’eau. Si vous aimez les tisanes, le thé et les soupes, vous pouvez également en profiter pour augmenter votre apport en liquides. Attention aux jus de fruits, qui peuvent être très acides pour l’estomac.

Il ne faut pas boire de l’alcool au réveil : ce mythe n’a aucun fondement scientifique et vous ne feriez qu’entretenir un cercle vicieux. Essayer de prévenir ou de remédier à une gueule de bois en buvant de l’alcool ne fait que repousser la réaction inévitable de l’organisme pendant quelques heures.

Rétablir l’équilibre électrolyte, une vraie astuce ?

« Pour aider à soulager les symptômes de la gueule de bois, certaines personnes se tournent vers des boissons énergisantes riches en électrolytes ou d’autres produits, ou même vers des traitements intraveineux (IV), dans le but de traiter le déséquilibre électrolytique provoqué par une augmentation de la miction et la perte de liquide résultant de la consommation d’alcool », indique le NIH. Toutefois, « la recherche n’a pas mis en évidence de corrélation entre l’étendue des perturbations électrolytiques et la gravité des épisodes de gueule de bois, ou de l’impact de la prise d’électrolytes sur la gravité de celle-ci. Chez la plupart des personnes, l’organisme rétablira rapidement l’équilibre électrolytique une fois que les effets de l’alcool s’estompent ».

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Quels sont les remèdes de grand-mère anti-gueule de bois ?

« Il n’y a pas de moyen d’accélérer la récupération cérébrale après la consommation d’alcool : boire du café, prendre une douche ou boire une boisson alcoolisée le lendemain matin ne soignera pas une gueule de bois », explique le NIH. Pourtant, certains remèdes naturels sont réputés pour soulager quelques symptômes de la gueule de bois.

Un remède de grand-mère souvent cité est celui des huiles essentielles, notamment l’huile essentielle de citron pour drainer le foie ou l’huile essentielle de menthe poivrée pour aider à soulager les troubles intestinaux. Vous pouvez déposer quelques gouttes d’huile essentielle sur vos tempes (le plus loin des yeux possible) et masser doucement. Attention à d’abord les tester sur votre poignet si c’est la première fois que vous les utilisez.

Le gingembre, un anti-nauséeux efficace, peut être intéressant en cas de nausées et de vomissements, à condition de ne pas le prendre le ventre vide.

Autre remède naturel si votre estomac est contrarié par un trop grand nombre de verres, vous pouvez boire un verre d’eau avec une cuillère à café de bicarbonate de soude : cela permettra normalement d’abaisser le taux d’acidité dans votre estomac.

L’homéopathie est parfois recommandée pour détoxifier l’organisme.

Quel médicament prendre après une cuite ?

Ne souffrez pas pendant des heures sans rien faire, vous pouvez agir. Prenez un médicament pour soulager le mal de tête et un anti-vomitif pour lutter contre les nausées et les vomissements. Suivez les conseils de votre pharmacien.ne et ne dépassez pas la dose conseillée, au risque de faire plus de mal que de bien.

Attention toutefois, met en garde le NIH : « certaines personnes prennent des analgésiques en vente libre (souvent du paracétamol) avant d’aller au lit pour minimiser les effets de la gueule de bois. Il est important de reconnaître que l’association d’alcool et de paracétamol peut être toxique pour le foie. Comme l’alcool, certains analgésiques en vente libre, y compris l’aspirine et l’ibuprofène, peuvent augmenter la libération d’acide et irriter la muqueuse de l’estomac. Faites preuve de prudence lorsque vous utilisez ces médicaments avant ou après la consommation d’alcool ».

Une pilule contre la gueule de bois

Une toute nouvelle pilule appelée Myrkl commercialisée depuis juillet 2022 promet de limiter les effets de la gueule de bois. Ce médicament décompose l’alcool dans l’intestin avant qu’il n’atteigne le foie. Mais une pilule contre la gueule de bois, est-ce vraiment possible ? Une étude a démontré que les personnes ayant pris deux pilules Myrkl avant de boire deux verres de vin avaient 70 % d’alcool en moins dans le sang dans l’heure suivante, contrairement à celles qui n’en avaient pas pris. Toutefois, il s’agit d’une seule étude basée sur un petit groupe de participants (et donc sur un ensemble limité de données). Un article publié dans The Conversation souligne d’ailleurs que la pilule n’agit qu’une fois que l’alcool est passé de l’estomac à l’intestin, et ne permet donc pas de diminuer les effets de l’alcool sur l’estomac… On attend de voir les résultats !

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Comment faire passer la gueule de bois… en dormant ?

Puisque l’alcool perturbe le rythme et la qualité du sommeil, les niveaux d’énergie d’un lendemain de soirée trop arrosée sont aussi élevés que ceux d’un ours en pleine hibernation. Mais la nausée et les allers-retours aux toilettes dès le réveil prolongent le cauchemar tout au long de la journée. N’essayez surtout pas de faire du sport pour effacer cette sensation, au risque de vous déshydrater encore davantage et de vous blesser. Accordez-vous plutôt quelques heures de repos, essayez de faire une sieste ou de dormir quelques heures.

« Bien que de nombreux remèdes pour soulager les gueules de bois soient mentionnés sur Internet et sur les réseaux sociaux, aucun n’a scientifiquement prouvé son efficacité. Il n’y a pas de potion magique en cas de gueule de bois, et seul le temps peut aider. Les personnes doivent attendre que l’organisme finisse d’éliminer les sous-produits toxiques du métabolisme de l’alcool, qu’il se réhydrate, que les tissus irrités guérissent et que l’immunité et l’activité cérébrale reviennent à la normale », conclue le NIH.

Pour éviter la gueule de bois, une seule solution : modérer sa consommation d’alcool et évidemment rester en bonne santé.

Source

Comment l’alcool peut-il avoir un effet désinhibant ?

Alors que certains se lancent dans le « Dry January » qui consiste à limiter voire supprimer sa consommation d’alcool pendant un mois, revenons sur les effets de l’alcool sur l’organisme. Sur le système nerveux, l’alcool agit de diverses manières, qui ne sont pas toutes comprises dans les détails. Voici pourquoi il provoque l’ivresse bien connue.

Il est encore difficile de dresser un schéma complet de ce mécanisme car l’alcool (éthanol) est une petite molécule qui, à la différence des autres drogues, n’agit pas sur une seule cible, mais sur de nombreux récepteurs neuronaux, ces capteurs par lesquels les neurones communiquent entre eux.

Dès lors, l’alcool modifie l’action de vastes réseaux neuronaux. D’un point de vue général, l’alcool altère les processus cognitifs et moteurs.

L’hypothèse la plus probable est que le fait de s’enivrer altère l’activité des régions corticales frontales, explique Mickaël Naassila, directeur du Groupe de recherche sur l’alcool et les pharmacodépendances à l’Inserm. Or, ces régions permettent l’analyse d’une situation et donc le contrôle de nos comportements.”

L’alcool neutralise l’action de deux neuromodulateurs essentiels

Une fois ce frein levé, l’individu laisse libre cours à ses émotions, à ses envies, sans tenir compte des conséquences et du contexte social. L’inhibition du contrôle frontal favorise ainsi l’empathie, mais incite également à la prise de risque, au passage à l’acte, et même à la violence.

Au niveau des neurones, l’effet désinhibiteur de l’alcool peut s’expliquer, du moins en partie, par le fait qu’il neutralise l’action de deux neuromodulateurs essentiels à la perception de l’environnement et au maintien de la vigilance : la noradrénaline et la sérotonine. “En se fixant sur les récepteurs du GABA [le principal neurotransmetteur du système nerveux encéphalique>, l’alcool exerce une activité inhibitrice sur la noradrénaline et la sérotonine, et en perturbe la sécrétion, explique le neurobiologiste Jean-Pol Tassin. Or, la noradrénaline permet justement d’être réactif face à un danger”. Quant à la sérotonine, elle joue un rôle important dans l’émotivité et l’humeur.

Et il favorise la sécrétion de « morphines endogènes »

De plus, l’alcool favorise la sécrétion de “morphines endogènes” qui se lient à d’autres récepteurs ayant eux aussi une action inhibitrice. Mais surtout, l’éthanol a pour effet de booster la libération de dopamine, impliquée dans le système de récompense et d’addiction, qui va provoquer un effet plaisant, parfois jusqu’à l’euphorie.

Les conséquences d’un effet désinhibant

Désinhibé, euphorisé, le consommateur peut ressentir une sensation de toute-puissance… alors que ses systèmes de vigilance sont affaiblis.

Et tel est bien le risque que constitue l’alcool, au volant ou ailleurs : on se sent sûr de soi alors que la vigilance est moindre !

Source Science et Vie

Alcool et Alzheimer : une étude révèle le nombre de verres à ne surtout pas dépasser

Vérifié le 08/09/2022 par PasseportSantéAlcool et Alzheimer : une étude revèle le nombre de verres à ne surtout pas dépasser

On sait que la consommation d’alcool (même modérée) peut avoir des impacts négatifs sur le cerveau.

Boire un verre d’alcool par jour pourrait même favoriser le déclin cognitif et participer au développement de maladies neurodégénératives comme la maladie d’Alzheimer.

C’est ce que révèlent des chercheurs dans une récente étude.

Un verre par jour peut augmenter les risques de maladie d’Alzheimer

Un verre par jour pourrait suffire à augmenter les risques de maladie d’Alzheimer. C’est ce que révèlent des chercheurs des universités britanniques d’Oxford et de Cambridge dans une étude publiée en juillet dernier dans le journal PLOS Medicine.

Pour mener à bien leurs recherches, les scientifiques ont fait appel à 20729 participants âgés en moyenne de 55 ans. Ils leur ont posé une série de questions au sujet de leur consommation d’alcool et leur ont demandé de se soumettre à une IRM afin d’évaluer les niveaux de fer dans le cerveau. Enfin, ils leur ont fait passer une série de tests pour évaluer leurs fonctions cognitives et motrices.

L’accumulation de fer dans le cerveau lié à l’alcool pourrait contribuer à un déclin cognitif

Selon les résultats de l’étude, une consommation d’alcool supérieure à sept unités par semaine (soit un verre d’alcool par jour) était associée à des niveaux de fer plus élevés dans des structures du cerveau appelées ganglions de la base. Autrement dit, un verre d’alcool par jour peut entraîner une accumulation de fer dans le cerveau.

Or, on sait que l’accumulation de fer dans le cerveau peut favoriser certaines maladies neurodégénératives, notamment la maladie d’Alzheimer et la maladie de Parkinson. Par ailleurs, les chercheurs ont révélé que l’augmentation du fer cérébral était associée à un déclin de la fonction cognitive des participants.

Source

TÉMOIGNAGE. Ex-addict à l’alcool, aux drogues et aux médicaments, Sandra Pinel est devenue patiente experte pour aider les autre

« Mon père était alcoolique, je suis devenue infirmière pour le soigner », Sandra Pinel est sortie de l’enfer des addictions. Devenue patiente-experte, c’est désormais elle qui aide les autres à s’en sortir.

Sandra Pinel habite en Loire-Atlantique. Elle est présidente de l’association France Patient Expert Addictologie. Elle est aussi infirmière à Saint-Nazaire. Dépendante à l’alcool, au cannabis et aux médicaments, elle s’en est aujourd’hui sortie et aide les autres à lutter.

Son histoire avec la dépendance remonte loin. « Mon père était alcoolique donc je suis devenue infirmière pour le soigner ». À son décès, c’est elle qui tombe dans les addictions : « J’ai commencé très tôt, par le tabac à 11 ans, à 16 ans c’était le cannabis et puis plus tard l’alcool. »

Entre l’âge de 30 et 40 ans, Sandra est seule, totalement coupée de la vie, la vraie. Les produits l’isolent de tout et de tout le monde. « Il fallait être parfaite au travail. Quand je finissais ma journée d’infirmière, je consommais les produits et chaque produit avait une fonction ».

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Une évolution !!

Quant aux soldats 10 paquets de cigarettes par semaine ….

« Pour être un homme »

Alcool et grossesse. « C’est une bombe à retardement pour le cerveau de l’enfant »

. La prévention, un enjeu vital

Selon une étude menée par l'association SAF France, 40 % des Bretons disent ne pas connaître les troubles causés par l'alcoolisation foetale
Selon une étude menée par l’association SAF France, 40 % des Bretons disent ne pas connaître les troubles causés par l’alcoolisation foetale • © PHOTOPQR/LE COURRIER DE L’OUEST/MAXPPP

En Bretagne, 621 bébés naissent, chaque année, avec un trouble causé par l’alcoolisation fœtale. L’association SAF France alerte, informe et sensibilise à cette problématique de santé publique. Ce 3 septembre, elle organise un un Safthon, à Brest, pour rappeler qu’un seul verre d’alcool pendant une grossesse peut avoir des conséquences graves sur le cerveau des bébés.

« Alcool et grossesse ne font pas bon ménage ». Hervé Gouedard ne lâche pas cette phrase au hasard. Cet ancien chef du service pédiatrique de l’hôpital de Morlaix a croisé, lors de ses consultations, des enfants atteints du syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF).

Il s’agit de la forme la plus sévère des conséquences de la consommation d’alcool pendant une grossesse. Elle peut provoquer un retard de croissance, un retard psychomoteur, des malformations du coeur, des yeux, des os, la surdité, des troubles de l’attention, de l’auto-contrôle, etc. « Pour établir le diagnostic, il faut remonter le fil de l’histoire de l’enfant, observe le médecin finistérien. Ce qui implique de demander clairement à la mère si elle a bu quand elle était enceinte. C’est délicat, compliqué, mais cette question doit être posée. Elle devrait même l’être pendant la grossesse et c’est rarement le cas ».

621 naissances en Bretagne

Il n’est pas seulement question ici de dépendance à l’alcool. Un verre de vin, de temps en temps, pendant la grossesse, suffit à créer des lésions permanentes au cerveau du bébé. « Pourquoi prendre ce risque pendant 9 mois alors que l’on a toute la vie avant et après pour le faire ? » interroge Hervé Gouedard. 

Il faut inciter le plus grand nombre à faire de la prévention Hervé Gouedard Délégué de SAF France en Bretagne

Chaque année, en Bretagne, 621 enfants naissent avec un trouble causé par l’alcoolisation fœtale (TCAF). En France, cela concerne 15.000 naissances. Prévenir, sensibiliser, informer, telle est la mission que l’association SAF France se donne depuis sa création en 2008.

Elle a même mis sur pied un Safthon il y a 6 ans, sorte de tour de France des régions qui intervient, chaque année, d’août à septembre. « On s’est aperçu que l’information n’existait pas ou peu sur cette problématique, relate l’ancien chef du service pédiatrique, également délégué breton de SAF France. Alors, on a décidé d’aller à la rencontre du public, des collectivités ». Un travail de terrain « pour inciter le plus grand nombre à faire de la prévention ».

« Tous responsables »

C’est à Brest, ce samedi 3 septembre, que le Safthon débutera en Bretagne. Dans cette ville qui, en 1984, lançait le défi brestois, à savoir trois jours sans boire une goutte d’alcool, et qui, depuis 2018, s’est dotée d’un plan alcool. SAF France est en discussion avec la mairie pour un partenariat sur le long terme. L’association a rencontré les élus locaux et leur a présenté sa charte sur la prévention des troubles liés à l’alcoolisation fœtale.

Le texte a déjà été signé par le Département des Côtes-d’Armor. Le paraphe du Conseil départemental du Finistère est en bonne voie. « Je suis ravi que la Bretagne adhère à la démarche, se réjouit le docteur Denis Lamblin, président de SAF France. Car nous sommes tous responsables. L’opinion répandue que ces troubles sont dus aux choix personnels de la femme est un obstacle majeur à l’efficacité de la prévention. Dire ‘c’est de sa faute’, ce n’est pas acceptable »

Ce pédiatre, qui exerce à la Réunion, déroule sur un sujet qu’il connaît bien et depuis longtemps. L’île, particulièrement touchée par l’alcoolisation fœtale, est un département pilote dans la prise en charge du SAF. « En matière de prévention, on a 15 ans d’avance sur les autres régions françaises. On a créé l’association pour que, justement, le problème soit mis sur la table ailleurs ».

La stigmatisation et la culpabilisation des femmes n’ont rien à faire dans le débat

Denis Lamblin Pédiatre et président de SAF France

La notion de co-responsabilité, Denis Lamblin la défend bec et ongles. « Les raisons sous-jacentes à la consommation d’alcool pendant une grossesse sont nombreuses, dit-il. Le manque d’information sur les risques en est une, mais il y aussi les incitations sociales à boire, le contexte de vie de chaque femme, je pense notamment à celles qui se réfugient dans l’alcool car victimes de violences conjugales. Voilà pourquoi la stigmatisation et la culpabilisation n’ont rien à faire dans le débat. La société entière est responsable de son incapacité à aider une femme enceinte à affronter la peur, l’angoisse, la violence par d’autres moyens que l’alcool ».

« Bombe à retardement »

Depuis 2007, grâce au combat mené par Denis Lamblin, un décret impose un pictogramme ‘zéro alcool pendant la grossesse’ sur chaque bouteille de vin, de bière et de spiritueux. A ce jour, seuls 12 pays dans le monde ont emboîté le pas de la France.

Le pictogramme interdisant la consommation d'alcool pendant la grossesse figure sur les bouteilles depuis 2007 en France
Le pictogramme interdisant la consommation d’alcool pendant la grossesse figure sur les bouteilles depuis 2007 en France • © C.C-A/France Télévisions

Pour faire bouger les lignes, SAF France s’est associée aux producteurs et distributeurs de boissons alcoolisées. Un paradoxe ? « Pas du tout, affirme le président de l’association. Ils nous aident à faire passer le message qu’il n’y a pas de consommation sans risque ».

Depuis trois ans, l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH) est, elle aussi, devenue une partenaire précieuse. Elle est d’ailleurs partie prenante du Safthon.

Les bars, les restaurants, les discothèques qui participent à l’événement distribuent, par exemple, des flyers à leur clientèle. « Il faut bien garder en tête que l’alcool prédispose le fœtus à 400 pathologies, prévient le docteur Lamblin. Le cerveau reste sensible tout au long de la grossesse et les lésions s’exprimeront comme une bombe à retardement dans la vie de l’enfant ».

« Un fléau évitable »

Mettre le paquet sur la prévention, « c’est la priorité des priorités, estime Hervé Gouedard. Osons en parler car c’est un fléau évitable ». Des interventions en milieu scolaire, notamment dans les classes de 4e et 3e au collège, sont au programme de SAF France dans les Côtes-d’Armor et le Finistère.

Ce 3 septembre, le syndrome d’alcoolisation fœtale s’invitera aussi en ouverture du match du Brest Bretagne Handball. Avant le coup d’envoi de cette première rencontre de la saison de Ligue féminine de handball, Denis Lamblin prendra le micro pour sensibiliser le public brestois. Chaque spectateur trouvera un dépliant d’information sur son siège, en plus du stand que l’association installera dans le hall de l’Arena.

La notion de dangerosité pour un seul verre n’est pas acquise Denis Lamblin

Pédiatre et président de SAF France

Nul doute que le pédiatre de l’Ile de la Réunion insistera sur l’idée qu’aucune femme n’est à l’abri du risque. « Un verre, c’est déjà de trop et la notion de dangerosité pour un seul verre n’est pas acquise, constate-t-il. Une femme prendrait-elle un médicament qui mettrait la vie de son bébé en danger ? Non ! Un verre de vin ou de bière, cela équivaut au quart d’un comprimé de ce médicament dangereux ».

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