Coronavirus : Le confinement va-t-il nous rendre tous alcooliques ?

BOISSON De nombreux internautes ont augmenté leur consommation d’alcool depuis le début de la crise du coronavirus

Illustration de l'alcoolisme.
Illustration de l’alcoolisme. — Jaromoluk/Pixabay
  • Le confinement a tendance à augmenter la consommation d’alcool des personnes qui ont déjà cette habitude.
  • Et les whatsapéro, skypéros ou apéro-Facetime n’arrangent rien à la situation.
  • De nombreux internautes ont répondu à notre appel à témoignage et ont raconté le lien entre confinement et alcool.

Les Français semblent un peu trop portés sur la bouteille ces derniers temps. A l’heure où les whatsapéro, skypéros ou apéro-Facetime (comprendre apéritifs en visioconférence) remplacent les regroupements dans les bars, désormais interdits, une question se pose : va-t-on tous tomber dans l’alcool à cause du confinement ?

Alors que de plus en plus de messages s’amusent de la consommation un peu problématique des confinés depuis le début de la crise du coronavirus, faut-il s’inquiéter du foie de nos concitoyens ?

D’autant que la période d’isolement de la population pour éviter la propagation du virus n’est pas près de prendre fin : le gouvernement, après avoir donné un tour de vis aux mesures de confinement, a demandé l’avis de son conseil scientifique sur la suite à donner à cette mesure drastique.

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Pour quelles raisons a-t-on une gueule de bois après l’ingestion excessive d’alcool ?

Que ce soit durant les fêtes, au cours de la vie étudiante ou pendant certaines soirées entre amis, nombreux ont déjà expérimenté l’effet désagréable de la gueule de bois (GDB) en se réveillant le matin. Maux de tête, nausées, vomissements, maux d’estomac, fatigue… Ces symptômes se présentent avec une sévérité variable lorsque l’organisme se remet de l’ingestion d’une grande quantité d’alcool ; un processus appelé intoxication à l’alcool. Mais quelles sont les raisons exactes de l’apparition de ces symptômes ?

Consommer des quantités excessives d’alcool n’épargne pas notre organisme. De nombreux processus physiologiques s’activent pour traiter et réguler le flux d’alcool sanguin, du foie aux reins en passant par le cerveau, tous ces organes participent à l’élimination de l’alcool. Cependant, cette élimination ne se fait pas sans effets désagréables.

Tout d’abord, certaines études ont suggéré que cela pourrait être dû à l’âge, mais d’autres recherches ont produit des résultats contradictoires. Certaines ont constaté que les adolescents pouvaient mieux tolérer la gueule de bois que les adultes, ce qui a été confirmé par de nombreuses études sur les animaux, mais une vaste étude danoise a également constaté le contraire : la GDB semble en fait diminuer avec l’âge. Il n’existe donc toujours pas de consensus sur ce point.

Déshydratation : elle est la responsable directe des maux de tête

Pendant de nombreuses années, la déshydratation a été considérée comme la principale cause de la gueule de bois. L’alcool est un diurétique, ce qui signifie qu’il entraîne une miction plus importante et fait donc perdre de l’eau. Il le fait en inhibant l’hormone antidiurétique, la vasopressine, qui empêche d’uriner excessivement en temps normal.

Les scientifiques ont constaté que, en général, les niveaux d’électrolytes ne sont pas significativement différents entre les personnes sobres et les personnes souffrant de gueule de bois, et même s’ils ont repéré des différences, elles ne semblent pas être en corrélation avec la sévérité de la GDB. De plus, d’autres études n’ont trouvé aucun lien entre les hormones associées à la déshydratation et la sévérité de la gueule de bois.

structure vasopressine

La vasopressine est une hormone antidiurétique, elle régule la quantité d’eau circulant dans l’organisme et la quantité d’urine excrétée. L’alcool étant un diurétique, il inhibe l’action de la vasopressine et provoque une miction excessive. Cette perte d’eau entraîne une déshydratation générale. Crédits : ChemPedia

Ainsi, la déshydratation n’est probablement pas responsable de la majorité des symptômes, mais elle donne des maux de tête sévères. Ils sont une conséquences de la tentative du corps de restaurer les niveaux de liquide. Les vaisseaux sanguins se rétrécissent, limitant le flux de sang et d’oxygène vers le cerveau, qui tente ensuite de compenser en dilatant ses vaisseaux sanguins, ce qui peut provoquer une inflammation. Bien que le cerveau lui-même ne puisse pas ressentir de douleur, les céphalées proviennent des récepteurs de la douleur présents dans les méninges.

Maux d’estomac et vomissements : l’inflammation de la muqueuse stomacale en cause

Concernant les maux d’estomac, il s’agit d’une autre affaire. L’alcool irrite réellement l’estomac et l’intestin, provoquant une inflammation de la muqueuse de l’estomac et retardant la vidange de son contenu. Cela amène également à produire plus d’acide gastrique et augmente les niveaux de sécrétions pancréatiques et intestinales. Ces deux facteurs peuvent entraîner des nausées, voire des vomissements.

Un facteur à l’origine de la GDB est un composé toxique appelé acétaldéhyde, qui s’accumule comme sous-produit lorsque notre corps traite l’alcool. On pense qu’il est jusqu’à 30 fois plus toxique que l’alcool lui-même, et plusieurs études ont montré qu’il provoque plusieurs des symptômes de la GDB.

Le potentiel rôle du système immunitaire dans la gueule de bois

Une dernière hypothèse est que la gueule de bois serait aussi le résultat de l’activité du système immunitaire. Une étude coréenne a révélé que les personnes souffrant de GDB avaient également des niveaux élevés de cytokines, qui sont des substances sécrétées par les cellules immunitaires impliquées dans l’inflammation et la communication cellulaire.

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action cytokines

Selon des chercheurs coréens, l’intoxication à l’alcool entraînerait un taux de cytokines élevé. Une telle concentration de cytokines provoquerait à son tour une action endocrine inflammatoire à l’origine de certains effets de la GDB. Crédits : K. Kerboua

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Normalement, celles-ci nous aident à combattre les infections, mais si elles sont présentes en fortes concentrations, elles provoquent des symptômes de gueule de bois comme des nausées, des maux de tête et de la fatigue. De plus, certains indices ont laissé entendre que des niveaux anormalement élevés de cytokines pourraient perturber la formation de la mémoire dans le cerveau, ce qui pourrait expliquer pourquoi certaines personnes expérimentent des troubles mémoriels (des oublis) en se réveillant.

Une gueule de bois liée à la quantité de congénères présents dans l’alcool

Un autre facteur contributif est le choix des alcools. Différentes boissons alcoolisées contiennent des quantités variables de composés appelés congénères, qui sont parfois produits au cours du processus de fermentation ou ajoutés par la suite. Ces congénères peuvent être du méthanol et d’autres alcools de Fusel (acétone, éthanal, esters, aldéhydes, etc.).

Certaines études ont montré que les boissons riches en congénères, comme le cognac et le vin rouge, sont beaucoup plus susceptibles d’entraîner une GDB que les boissons avec peu ou pas de congénères, comme le gin et la vodka. Cependant, une étude plus récente a révélé que le contenu du congénère n’avait en fait pas d’effets différents sur le sommeil, le temps de réaction ou la mémoire le lendemain, malgré le fait que les participants ont déclaré se sentir moins bien avec des boissons riches en congénères.

Consommation d’alcool en France : où en sont les Français ?

Santé publique France publie des données inédites avec une analyse régionale de la consommation d’alcool ainsi que des indicateurs régionaux et départementaux de morbi-mortalité associée à l’alcool.

Alcool Info Service propose aux consommateurs d’alcool et leur entourage de l’aide, des informations, du soutien, une orientation et des conseils par internet ou par téléphone…

Les Français et l’alcool

Bien que le volume global d’alcool pur consommé en France (11,7 litres par habitant de 15 ans et plus en 20171) soit en diminution depuis les années 1960, essentiellement en raison de la baisse de la consommation quotidienne de vin, la France reste parmi les pays les plus consommateurs d’alcool au monde, se situant au sixième rang parmi les 34 pays de l’OCDE2.

Chiffres clés sur la consommation d’alcool en France métropolitaine

  • 23,6% des personnes de 18-75 ans dépassaient les repères de consommation en 2017
  • 11,7 litres par an et par personne de 15 ans et plus
  • 41 000 décès attribuables à l’alcool par an, dont 30 000 chez les hommes et 11 000 chez les femmes
  • 16 000 décès par cancer et 9 900 décès par maladie cardiovasculaire chaque année
  • 87% des 18-75 ans consomment de l’alcool au moins une fois par an
  • 26% des 65-75 ans déclarent une consommation quotidienne d’alcool
  • 13,4% des 18-24 ans déclarent au moins 10 ivresses par an
  • 10% des 18-75 ans consomment à eux seuls 58% de l’alcool consommé

Cartographie de la consommation d’alcool par région

7,1% à 12,6% des adultes consomment quotidiennement de l’alcool selon les régions (moyenne nationale : 10,0%)

La consommation d’alcool est significativement moins fréquente en Ile-de-France (7,1 %), Normandie (7,9 %) et Pays de la Loire (8,1 %), ainsi que dans l’ensemble des DROM. La Guadeloupe (6,9 %), la Guyane (5,2 %), la Martinique (7,0 %) et La Réunion (5,8 %) affichent des prévalences comparables entre elles, et significativement moins élevées que la moyenne de la France métropolitaine (source : baromètre santé DOM 2014). Les régions Hauts-de-France (11,5 %), Nouvelle-Aquitaine (12,3 %) et Occitanie (12,6 %) se distinguent par une consommation quotidienne d’alcool plus fréquente.

Prévalences régionales standardisées* de la consommation quotidienne d’alcool chez les adultes de 18 à 75 ans en France métropolitaine en 2017 et dans les départements et régions d’outre-mer en 2014
Prévalences régionales standardisées* de la consommation quotidienne d’alcool chez les adultes de 18 à 75 ans en France métropolitaine en 2017 et dans les départements et régions d’outre-mer en 2014
* Prévalence standardisée sur le sexe croisé par l’âge pour 100 habitants, population de référence : Insee, enquête emploi 2016. ** Différence significative entre la prévalence observée dans une région comparée à celle de l’ensemble des autres régions. Le test utilisé est un chi deux de Pearson avec correction d’ordre deux de Rao-Scott, et le seuil de significativité est fixé à 5 %. Champ : France métropolitaine et DROM (hors Mayotte), population des 18-75 ans vivant en ménage ordinaire. Sources : Baromètre de Santé publique France 2017, Baromètre santé DOM 2014 (Santé publique France).

Les plus fortes baisses de consommation quotidienne d’alcool

Entre 2000 et 2017, les plus fortes baisses de la consommation quotidienne d’alcool ont été observées en Occitanie (-15,6 points, 13,4 % en 2017 contre 29,0 % en 2000), en Nouvelle Aquitaine (-14,6 points, 12,9 % contre 27,5 %), en Ile-de-France (-13,8 points, 6,1 % contre 19,9 %), Pays de la Loire (-13 points, 8,2 % contre 21,2 %).

La consommation hebdomadaire d’alcool chez les 18-30 ans

La consommation hebdomadaire d’alcool chez les 18-30 ans s’élève à 32,5 % pour la France métropolitaine et varie entre 23,2 % et 43,5 % suivant la région. Elle est significativement moindre dans les Hauts de France (23,2%) et plus élevée dans 4 régions : Bretagne (43,5 %), Pays de Loire (40,7 %), Martinique (47,7 %) et Guyane (43,4%).

Les alcoolisations ponctuelles importantes mensuelles (API)

Les API (6 verres ou plus en une seule occasion) mensuelles varient selon les régions de France métropolitaine de 13,9 % en Île-de-France à 20,5 % en Bretagne et la moyenne de la France métropolitaine était de 16,2 %. Seule l’Île-de-France (13,9 %) affichait une prévalence significativement plus faible par rapport à la moyenne des autres régions, tandis que la Bretagne présentait une prévalence significativement plus élevée (20,5 %). Les prévalences en Guadeloupe (10,5 %), à La Réunion (11,9 %) et en Guyane (13,0 %) étaient significativement plus faibles que la moyenne de France métropolitaine.

Les régions métropolitaines ayant connu les plus fortes augmentations concernant les API mensuelles sont la Bretagne (+3,4 points, passage de 16,9 % en 2005 à 20,3 % en 2017), Auvergne-Rhône-Alpes (+2,4 points, passage de 14,9% en 2005 à 17,3 % en 2017), la Normandie (+2,1 pts, passage de 13,9 % en 2005 à 16 % en 2017), l’Ile-de-France (+1,7 points, passage de 12,7 % en 2005 à 14,4 % en 2017) et PACA (+1 point, passage de 14,2 % en 2005 à 15,8 % en 2017).

Ces données confirment les tendances observées en Europe. Même si les pays européens conservent des caractéristiques culturelles spécifiques, en termes de préférences de consommation comme de pratiques d’alcoolisation (un modèle latin d’usage régulier d’alcool opposé à un modèle nordique et anglo-saxon de consommations moins fréquentes mais plus importantes), les comportements tendent à s’uniformiser depuis quelques décennies en population générale comme parmi les adolescents. Ainsi, en France, on note une consommation régulière plus faible et une augmentation des consommations ponctuelles importantes.

Vin, bière ou alcools forts : quelles sont les préférences régionales ?

La consommation hebdomadaire varie considérablement suivant les régions en fonction du type d’alcool (vin, bière, alcools forts, autres types d’alcool). Le nord et l’est de la métropole sont davantage concernés par la consommation de bière, le sud par la consommation de vin, l’ouest par les alcools forts et les autres types d’alcool.

Passages aux urgences directement liés à l’alcool : l’effet à court terme de l’alcool mesuré pour la première fois 

En moyenne quotidienne, et suivant les régions, le nombre de passages aux urgences en lien direct avec l’alcool sont :

  • pour les hommes : entre 1,2% et 3,1% (sauf Mayotte : 0,2% et La Réunion : 7,3%).
  • pour les femmes : entre 0,3% et 1,4% (à l’exception de Mayotte).

Tous sexes confondus, les personnes âgées de 45-60 ans sont davantage concernées par ces passages aux urgences liés à l’alcool. Il s’agit en majorité d’intoxications éthyliques aiguës.

Lutter contre les dommages de l’alcool : l’action de Santé publique France

La consommation d’alcool est un fort enjeu de santé publique et fait partie des trois premières causes de mortalité évitable avec 41 000 décès en 2015. L’alcool constitue donc l’un des axes forts de notre programme.

Santé publique France produit à la fois des données d’observation et de surveillance, et des actions nationales de prévention adaptées aux différents publics. Son programme Alcool répond à l’objectif de réduire la morbi-mortalité associée à la consommation d’alcool en France.

L’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours

En 2017, le travail d’expertise scientifique mené par Santé publique France et l’Institut National du Cancer a permis d’élaborer de nouveaux repères de consommation à moindre risque : si l’on consomme de l’alcool, maximum 10 verres par semaine, maximum 2 verres par jour, et des jours dans la semaine sans consommation.

Ces repères permettent désormais aux Français de faire le choix éclairé d’une consommation à moindre risque pour leur santé, sachant que les risques pour la santé d’une consommation d’alcool existent dès le premier verre.

Une importante campagne d’information a été diffusée en mars et en avril dernier pour faire connaître ces repères aux Français et expliquer leur raison : « Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours ». Cette campagne sera rediffusée en 2020.

Des actions spécifiques auprès de publics différents

Santé publique France mène par ailleurs des actions spécifiques auprès des femmes enceintes et des jeunes :

Depuis 2015, Santé publique France se mobilise chaque année en septembre autour de la consommation d’alcool pendant la grossesse afin de faire comprendre et intégrer par les femmes et leur entourage le message de santé publique « Par précaution : zéro alcool pendant la grossesse ».

Des campagnes de sensibilisation notamment sur les réseaux sociaux sont menées vers les jeunes, particulièrement touchés par le « phénomène du binge-drinking ». La dernière campagne « Amis aussi la nuit », menée en septembre 2019, visait à renforcer les comportements protecteurs entre pairs.

Pour tous, un dispositif d’aide à distance : alcool info service

Ce dispositif d’aide à distance offre aux personnes concernées comme à leur entourage un espace d’écoute confidentiel à travers une ligne téléphonique 0 980 980 930 et un chat animé par des professionnels qualifiés. Le site met à la disposition du public de nombreuses informations, des outils, comme l’alcoomètre permettant d’évaluer sa consommation d’alcool et un annuaire national des structures spécialisées en addictologie. Le site dispose également d’un espace réservé aux jeunes et un autre destiné aux professionnels de santé.

SOURCE

« Pour une offre plus responsable d’alcool » :

Une nouvelle signalétique pour rappeler l’interdit de vente aux mineurs

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La charte d’engagements « Pour une offre plus responsable d’alcool » a été signée à la MILDECA en 2019 par l’ensemble des acteurs de la distribution : la Fédération du Commerce et de la Distribution (FCD, fédérant 50 enseignes) ainsi que le Groupement Les Mousquetaires et le Mouvement E. Leclerc et Epiciers de France).

Avec cet engagement ce sont au total près de 20 000 points de vente accueillant environ 10 millions de clients par jour, qui se sont engagés aux côtés de la MILDECA pour mettre en œuvre l’une des priorités du Plan national de mobilisation contre les addictions 2018-2022 : « Mieux encadrer la vente des boissons alcooliques ».

Les travaux menés depuis plusieurs mois dans le cadre de la mise en œuvre de ces engagements prévoient notamment l’apposition en magasin et sur les supports commerciaux d’une signalétique visant à rappeler l’interdit de vente d’alcool aux mineurs ainsi qu’à mieux informer le grand public sur les nouveaux repères de consommation d’alcool à moindre risque.

Cette signalétique rénovée prend la forme d’une charte graphique (élaborée par Santé publique France et validée par l’ensemble des représentants des enseignes) associée à différents formats réunis au sein d’un kit complet de communication, jalonnant le parcours client tant en magasin que sur le web.

L’utilisation de ces éléments graphiques est le résultat d’un engagement volontaire des enseignes intégré dans leur démarche de responsabilité sociale d’entreprise (RSE) et ne revêt donc pas de caractère obligatoire ou réglementaire. Par ailleurs, afin d’assurer le suivi conjoint des engagements pris dans le cadre de la charte d’avril 2019, les pouvoirs publics ont demandé aux enseignes signataires d’organiser en interne une remontée d’information afin de pouvoir évaluer la diffusion effective de la signalétique.

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« Les politiques n’ont pas pris la mesure du Défi de janvier sans alcool »

TRIBUNE

A l’issue de la première édition française du Défi de janvier, portée par des associations, trois personnalités du monde de l’addictologie s’interrogent sur le décalage entre la prise de conscience générale sur le sujet de l’alcool et celle des politiques.

Tribune. Pendant des décennies, les acteurs de santé publique ont semblé prêcher dans le désert lorsqu’ils détaillaient les conséquences, pourtant spectaculaires, de la consommation d’alcool dans notre pays.

Ni les dizaines de milliers de morts, ni les malades (bien plus nombreux encore), ni les handicaps, ni les violences ne semblaient en mesure de contrebalancer un discours sur l’alcool qui serait l’unique déclencheur de la fête, ou sur les traditions et l’art de vivre, dont seul le lobby alcoolier serait le détenteur et le gardien.

La mobilisation exceptionnelle, et inattendue à ce niveau, qui s’est produite autour du Défi de Janvier (Dry January à la française), est à cet égard révélatrice d’une bascule progressive de l’opinion. La consommation d’alcool, jusqu’alors naturelle, sinon obligatoire lors des rencontres amicales, amoureuses professionnelles ou autres, est désormais soumise à interrogation.

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La prise de position du président de la République, dont l’opposition au Défi de janvier a été annoncée sur le site internet Vitisphere.com, a certainement attiré l’attention sur l’événement, mais ne saurait expliquer son retentissement.

Les médias, tous les médias, se sont d’ailleurs davantage intéressés à l’opération de mobilisation sociale qu’à sa péripétie politicienne. Les débats ont porté, à juste titre, sur l’intérêt pour chacun de faire le point sur sa consommation, sur la place que l’alcool prend dans sa vie, sur la capacité à maîtriser cette consommation et sur les bénéfices qu’on peut attendre d’une pause.

C’est d’ailleurs ici qu’est la révolution dans cette campagne de prévention : il s’agit d’expérimenter soi-même les bénéfices d’une pause et non simplement se voir rappeler les risques à consommer.

Source  Le Monde

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