LES FRANÇAIS BOIVENT EN MOYENNE 1170 VERRES D’ALCOOL PAR AN

Par Tanguy Hamon –

 La consommation d’alcool des Français est pointée du doigt.[CRAIG BARRITT / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP]

Dans son panorama de la santé 2019, publié ce jeudi, l’OCDE pointe du doigt la consommation de cigarettes et d’alcool des Français par rapport aux autres pays de la zone.

Concernant l’alcool, la France est parmi les pays au-dessus de la moyenne. Alors que celle-ci se situe à près de 9 litres d’alcool pur par an et par habitant dans l’OCDE (soit environ 100 litres de vin), les Hexagonaux affichent une consommation de 11,7 litres, ce qui représente près de 1170 verres d’alcool standard par an en moyenne (chaque verre contenant 10 grammes d’alcool pur, quel que soit le type d’alcool)… En dessous de la Lituanie et ses 12,3 litres, certes, mais cela place les Français à une peu reluisante troisième place en termes de quantité d’alcool absorbé chaque année.

Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (qui regroupe 36 pays, tel comme les Etats-Unis, l’Allemagne, l’Australie, la Corée du Sud, le Japon, mais aussi le Chili, l’Irlande ou la Slovaquie), les Français cumulent toujours des modes de vie malsains : un adulte sur quatre (25,4%) fume quotidiennement, soit le quatrième taux le plus élevé de l’OCDE, tandis que la consommation d’alcool en France est la troisième plus élevée de la zone.

«Plus de 75.000 personnes sont décédées en France en 2015 de causes de mortalité évitables grâce à la prévention, comme le cancer du poumon ou les causes imputables à l’alcool», souligne l’organisme, qui s’appuie sur les chiffres fournis par l’OMS.

Dans le détail, on apprend que le pourcentage de fumeurs en France (25,7%) est de sept points supérieur à la moyenne de l’OCDE. Le pays accompagne la Grèce, la Turquie et la Hongrie en haut du classement, tandis que le Mexique et l’Islande le clôturent, avec 10% de fumeurs.

UNE ESPÉRANCE DE VIE MALGRÉ TOUT AU-DESSUS DE LA MOYENNE

Les Français sont également montrés comme mauvais élèves concernant leur surpoids (attention, il ne s’agit pas de l’obésité), avec 64,3% de la population dans ce cas, contre une moyenne de 55,6% dans l’OCDE. Le Japon est le moins touché dans ce domaine (25,3%), tandis que les Etats-Unis sont les plus atteints (71%).

Avec cette énième alerte sur leur mode de vie, les Français pourront néanmoins se réjouir d’avoir malgré tout une espérance de vie de 82,6 ans, soit deux ans de plus que la moyenne. Les soins dispensés par les hôpitaux du pays sont décrits comme étant «de grande qualité»

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Les députés taxent les alcools qui favorisent l’alcoolisme chez les jeunes

Ces boissons qui visent les femmes et les jeunes consommateurs d’alcool peuvent ouvrir la voie à un alcoolisme chronique.

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Les députés taxent les boissons qui favorisent le binge drinking

ALCOOL – Boire excessivement en dépensant très peu. Ce type de consommation prisé chez les jeunes de moins de 25 ans est dans le collimateur des législateurs.

L’Assemblée nationale a voté ce jeudi 24 octobre l’instauration d’une taxe sur les “premix” (mélange de boisson alcoolisée et non alcoolisée) à base de vin pour dissuader la consommation des jeunes, cœurs de cible de ce produit.

L’amendement de la députée LREM Audrey Dufeu Schubert, adopté en séance, dans le cadre du projet de loi de financement de la Sécurité sociale, fixe une taxation intermédiaire de 3 euros par décilitre d’alcool pur pour ces produits souvent utilisés pour écouler des vins de moins bonne qualité en les mélangeant à des sirops.

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Drogues, tabac, alcool chez les ados… l’Académie de médecine alarmiste

Paris, le 18 juin 2011, Les gens fument un joint lors d'une manifestation.
Paris, le 18 juin 2011, Les gens fument un joint lors d’une manifestation. PhotoFred Dufour. AFP

L’institution publie un texte sur la consommation de drogues licites et illicites chez l’adolescent dans lequel elle souhaite une prévention précoce, dès les classes de primaire et recommande un repérage médical des médecins scolaires. Les acteurs de la réduction des risques restent sceptiques sur un certaine nombre de leurs recommandations.

Drogues illicites mais surtout substances licites font 130 000 morts par an en France. Face à ce constat, l’Académie de médecine exprime, dans un rapport réalisé début octobre et diffusé à la presse mardi, son souhait d’axer la prévention vers les adolescents. Pour les auteurs du rapport, il y a urgence à mettre en place une étude d’évaluation des troubles psychiatriques et des symptômes chez les jeunes consommateurs, car l’adolescence est une «période de vulnérabilité toute particulière aux addictions, du fait de l’absence de maturité neuropsychologique». L’urgence de la situation se manifeste également dans le coût sanitaire et social de la consommation de drogue. «Considérable», il engagerait une dépense directe des finances publiques à hauteur de 22,1 milliards d’euros. La situation a été jugée suffisamment préoccupante pour que l’Académie nationale de médecine décide de créer une sous-commission «addictions» au sein de celle en charge de proposer des recommandations sur le thème «drogues et adolescence».

Jean-Pierre Goullé, rapporteur et membre de l’Académie de médecine, rappelle que le chiffre de 130 000 morts est essentiellement lié à la consommation d’alcool et de tabac : «Ce sont les deux substances sur lesquelles nous devons majoritairement mener nos actions.

Aujourd’hui, quelque 75 000 décès par an sont liés au tabac et 41 000 pour l’alcool. Un élève sur deux en 6e a déjà essayé l’alcool.» Le rapport rappelle que parmi 35 pays, et au cours des trente derniers jours, la France arrive en tête en ce qui concerne la consommation de cannabis chez les jeunes de 16 ans, à la troisième place pour les autres drogues illicites. L’Hexagone occupe la onzième position pour la consommation de tabac et se place au quinzième rang pour l’alcool. Un classement qui motive les recommandations de l’Académie de médecine.

Le repérage médical, décrié par les associations

Parmi ces dernières figure la volonté d’augmenter significativement les enseignements consacrés aux sciences de la vie et de la terre, pour y intégrer dès l’école primaire une information régulière sur les dangers des drogues. Et ainsi, donner mission aux médecins scolaires d’assurer un repérage médical de consommation de produits addictifs chez l’adolescent. «C’est un vœu pieux, car le déficit de médecin scolaire est terrible, reconnaît Jean-Pierre Goullé. Il faut que leur nombre soit accru pour mettre en place un repérage médical chez les adolescents qui consomment, et les orienter vers des structures médicales telles que les consultations jeunes consommateurs. Même si elles ne sont pas présentes dans toutes les villes et encore moins dans les campagnes, c’est un excellent dispositif.»

Le repérage médical, loué par certains, est également décrié par des acteurs associatifs qui dénoncent un manque de clarté dans les recommandations et craignent la naissance de situation «délétère» au sein des établissements. «Le rôle des médecins et infirmières scolaires ne doit pas être celui du repérage mais de l’accompagnement. Est-ce que ça veut dire qu’on va faire passer aléatoirement des tests salivaires dans toutes les classes ou encore autoriser l’envoi des chiens de la brigade des stups pour fouiller les élèves ? s’interroge Béchir Saket Bouderbala, fondateur de l’association L630 en référence à un contrôle réalisé par la brigade canine dans plusieurs lycées de l’Oise. Lui souhaite promouvoir une réforme des politiques publiques des drogues dans le pays. C’est le contraire de ce qu’on attend en termes de réduction des risques. La première chose à faire est de réarmer les adolescents avec de l’information, pas d’armer la répression.»

«Cette prohibition du cannabis laisse les jeunes seuls face au marché noir»

Si l’urgence de la situation relevée par l’Académie de médecine est constatée par les professionnels de l’addiction, ces derniers reconnaissent que les réponses apportées ne sont pas suffisantes et dénoncent un amalgame de fait entre les produits licites et illicites, ainsi que le manque de dissociation entre les usages sociaux simples et des usages problématiques. «L’académie demande de communiquer davantage autour des dangers et des risques, mais dans le même temps, le texte met sous la table l’importance de l’éducation et de l’accompagnement des familles. Il reste enfermé dans une politique binaire, du soin ou de la sanction, qui échoue depuis 1970 et participe largement au retard de la France», explique Jean-Pierre Couteron, porte-parole de la Fédération addiction, psychologue clinicien et artisan des Consultations jeunes consommateurs ou encore des premières salles de shoot. Alors que l’Académie de médecine rappelle la nécessité de maintenir l’interdit du cannabis, l’actuelle politique judiciaire autour de cette consommation est décriée par le psychologue clinicien : «Cette prohibition du cannabis laisse les jeunes seuls face au marché noir. Elle aboutit au résultat inverse. L’interdiction de vente du tabac et de l’alcool existe pour les mineurs, mais les forces de l’ordre ne s’en préoccupent pas.»

Les addictions sont considérées comme des maladies chroniques, caractérisées par la fréquence des rechutes avec des spécificités particulières chez l’adolescent, en raison du processus de maturation cérébrale inachevé. «Il est nécessaire d’organiser la prévention au primaire. Plus elle est précoce, mieux c’est. Ce n’est pas en troisième, lorsque les jeunes ont déjà testé l’alcool et le tabac, qu’elle sera efficace» regrette William Lowenstein. Pour l’addictologue et président de SOS Addiction, «ce rapport a tout de même le mérite de parler de situation alarmante, mais que tout le monde fasse des recommandations montre bien l’absence de ligne directrice et qu’en France nous sommes incapables de faire des addictions une grande cause nationale prioritaire».

Charles Delouche

L’alcool est impliqué dans plus d‘un féminicide sur deux en 2018

L’alcool est impliqué dans plus d‘un féminicide sur deux en 2018

Dans 55% des féminicides recensés en 2018, l’auteur ou la victime étaient sous l’emprise de l’alcool ou de stupéfiants. Six addictologues et proches de malades alcooliques ont adressé deux lettres ouvertes à Agnès Buyzn, ministre de la santé et Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’égalité entre les femmes et les hommes, pour prendre en compte ce facteur dans le Grenelle des violences conjugales.

Sommaire

  1. Une intervention des pouvoirs publics souhaitée

121 femmes ont perdu la vie en 2018 sous les coups de leur conjoint ou ex-conjoint. Dans plus d’un cas sur deux, l’auteur ou la victime étaient sous l’emprise d’alcool ou de produits stupéfiants, selon six addictologues et des proches de malades alcooliques du collectif CoPMA. Une analyse qui les a poussés à écrire deux lettres ouvertes à deux ministres du gouvernement, Agnès Buyzn et Marlène Schiappa.

« Chez les femmes vivant en couple avec un consommateur dépendant, le risque de subir des violences est trois fois plus important que dans la population générale », explique l’un des signataires, le Pr Michel Reynaud, président du Fonds Actions Addictions sur la base d’une synthèse d’études portant sur 80.000 personnes. S’il n’est pas le seul facteur en cause impliqué dans ces souffrances et ces drames, c’est un élément très fréquent, « massif », et « surtout évitable ».

Une intervention des pouvoirs publics souhaitée

Via ces lettres, associations et spécialistes demandent aux pouvoirs publics d’intervenir au plus vite. Avec l’application d’une obligation de soins par la justice, un plan de soutien aux proches aidants de malades alcooliques ainsi qu’une campagne nationale d’information sur les répercussions de la maladie alcoolique sur l’entourage, les associations souhaitent que les pouvoirs publics protègent les femmes victimes de violences conjugales. Les spécialistes souhaitent également voir s’ouvrir un registre des violences liées à l’alcool et aux psychotropes qui permettrait à long terme d’analyser le rôle de ces drogues dans les féminicides.

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«Violences contre les femmes: n’oublions pas le rôle de l’alcool!»

«Violences contre les femmes: n’oublions pas le rôle de l’alcool!»
  • Addictologues* et proches de malades alcooliques** s’inquiètent de constater que le rôle de l’alcool et des psychotropes ne semble pas avoir été pris en compte par le Grenelle des violences conjugales. Le Figaro Santé publie leurs lettres ouvertes.

Alors que le gouvernement a décidé, à juste titre, une mobilisation contre les violences envers les femmes et contre les féminicides, il est plus que jamais nécessaire de rappeler le rôle fréquent de l’alcool dans ces phénomènes de violence. Il faut le rappeler et l’expliquer pour mettre en place des mesures efficaces de prévention et de soutien aux victimes. C’est, en lien avec la lettre des….. lire la suite

Morbihan. Ils sortent l’artillerie lourde contre l’alcool au volant

Le préfet du Morbihan Patrice Faure met en place de nouveaux types d’actions pour lutter contre l’insécurité routière dans le département. Dans la nuit de samedi à dimanche, il a été proposé comme alternative aux conducteurs en infraction de se rendre au centre Kerpape de Ploemeur avec le préfet du Morbihan.
Le préfet du Morbihan Patrice Faure met en place de nouveaux types d’actions pour lutter contre l’insécurité routière dans le département.

Dans la nuit de samedi à dimanche, il a été proposé comme alternative aux conducteurs en infraction de se rendre au centre Kerpape de Ploemeur avec le préfet du Morbihan. 

Le préfet du Morbihan Patrice Faure a profité d’un important contrôle routier nocturne, samedi 12 octobre, pour présenter son plan d’action face à l’insécurité routière. Il mise sur des opérations visibles, assumées et « originales » pour marquer les esprits.

On ne plaisante pas avec la sécurité routière. Le préfet du Morbihan Patrice Faure compte bien faire passer le message à tous les conducteurs. Il a profité d’un important contrôle routier des militaires du groupement de gendarmerie départementale dans le pays de Vannes, dans la nuit de samedi à dimanche, pour annoncer les premières mesures.

De la prévention et des contrôles sont d’ores et déjà programmés, mais aussi des opérations qui sortent des sentiers battus. « Nous allons assurer de plus en plus de contrôles visibles pour mettre en insécurité les conducteurs sous l’emprise de l’alcool et des stupéfiants, explique-t-il alors que les gendarmes enchaînent les contrôles au rond-point de Kermelin à Saint-Avé, en début de soirée. C’est un fléau contre lequel il faut lutter de façon assumée et visible. »

Des opérations spéciales

Démonstration, chiffres à l’appui : 439 accidents, 518 blessés dont 178 hospitalisés et 38 personnes tués. « Une personne est tuée tous les dix jours sur les routes du Morbihan depuis le début de l’année », constate le colonel Pascal Estève, commandant du groupement de gendarmerie du Morbihan.

Les pistes ne manquent pas pour s’y attaquer. Développement du dispositif Éthylotest antidémarrage (EAD), opérations de préventions dans les établissements scolaires, des réunions de concertation sont prévues, avec les taxis notamment, pour « trouver des systèmes de tarifs forfaitaires pour ceux qui font la fête ». Mais rien de tel qu’une opération spéciale pour marquer les esprits. La nuit passée sur les routes aura eu son lot d’infractions. Vingt-neuf ont été constatées dont 15 alternatives aux poursuites proposées.

Les conducteurs en infraction à Kerpape

Plutôt que de sortir directement la carte de la répression, il a été proposé aux contrevenants la possibilité de passer une demi-journée au centre de rééducation et de réadaptation de Kerpape avec le préfet. « C’est une main tendue de la justice », précise Patrice Faure. Le procureur de la République, François Touron, confirme. « La sécurité de tous dépend de la prudence et de la conscience de chacun. J’entends classer les procédures de petite contravention de cette nuit dès lors que les conducteurs accepteront d’aller à cette journée de sensibilisation. » Cette action ponctuelle est programmée le 23 octobre prochain.

Lors de cette session de sensibilisation au risque routier, ils rencontreront des personnes victimes d’un accident de la route. Celles-ci témoigneront de ce qu’elles vivent au quotidien. « Cette visite est un symbole de l’enjeu », assure le préfet.

C’est aussi l’occasion de répandre la bonne parole d’une manière différente. « Les personnes qui viendront à Kerpape en parleront à leur entourage. » Le représentant de l’État confirme que « d’autres actions, tout aussi originales », sont dans les tuyaux. Pour l’heure, pas question d’en dévoiler le contenu. Les conducteurs sont prévenus !

Eric est le tout premier automobiliste du Morbihan à avoir bénéficié du dispositif Éthylotest antidémarrage (EAD). Il en parle ici avec le préfet du Morbihan Patrice Faure.

« Je n’ai plus le droit à l’erreur »

Eric est le premier Morbihannais à avoir bénéficié de l’Éthylotest antidémarrage (EAD). C’était il y a un peu plus de six mois. Le dispositif a été retiré de son véhicule le 29 septembre.

Tout a commencé par un banal contrôle routier. Ce soir-là, il avait, selon ses propres mots, « abusé de l’alcool ». Son taux était de 0,62 mg par litre d’air expiré. C’est au-dessus de la limite fixée à 0,40 mg. Il écope alors d’une suspension administrative de son permis.

Un coup dur pour ce quinquagénaire qui travaille dans l’hôtellerie-restauration. « C’était la première fois que ça m’arrivait. Dès le lendemain, je me suis renseigné sur ce système. J’ai contacté la préfecture et le service des suspensions de permis m’a dit que ça tombait bien. Ils allaient justement le déployer dans le département. »

Éligible au dispositif, il fait installer l’appareil sur sa voiture la semaine suivante pour 450 €, désinstallation comprise. « Après, c’est 96 € par mois de location. » À raison de six mois, le coût total est de 1 026 € pour continuer de conduire. « L’intérêt de cette alternative à la suspension du permis est de permettre aux gens de continuer à conduire avec la garantie qu’ils ne le feront pas sous l’emprise d’un état alcoolique, indique le procureur de la République François Touron. Il y a également une vraie sanction car le coût de ce système est lourd. » 137 personnes en ont bénéficié depuis six mois dans le Morbihan.

Si l’EAD a permis à Eric de continuer à travailler, il a aussi eu un impact sur sa manière de consommer de l’alcool. « Cela change notre rapport et notre comportement face à l’alcool. À partir du moment où je suis véhiculé, je fais attention. Je n’ai plus le droit à l’erreur. »

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