Vu de l’étranger. La France dit non à un “janvier sans alcool”, et c’est bien dommage

Le président français Emmanuel Macron au salon de l’Agriculture, le 24 février 2018 à Paris.  REUTERS / Stephane Mahe
Le président français Emmanuel Macron au salon de l’Agriculture, le 24 février 2018 à Paris.  REUTERS / Stephane Mahe

Cet article est issu du Réveil Courrier. Chaque matin à 6h, notre sélection des meilleurs articles de la presse étrangère.

Venu du Royaume-Uni, le défi du “Dry january” consiste à cesser de boire de l’alcool au mois de janvier. Une idée qui peine à faire son chemin en France, torpillée par le président Macron en novembre, puis par plusieurs dizaines de personnalités issues de divers domaines. La presse étrangère a bien du mal à comprendre cette attitude.

L’attitude d’Emmanuel Macron à cet égard “n’a pas été bien accueillie par les responsables de la santé publique et les dizaines d’organisations qui luttent contre les addictions et alertent sur les dangers de l’alcool”, commente le journal espagnol. Pourtant, les autorités françaises auraient eu tout intérêt à encourager l’initiative, “au moment où vont tomber les

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Alcool : un nouvel outil pour vous aider à évaluer votre consommation

Santé publique France a mis au point un nouvel alcoomètre en ligne. Son objectif : permettre à chacun d’évaluer sa consommation d’alcool et de connaître les éventuels risques qu’elle induit sur la santé.

Alcool : un nouvel outil pour vous aider à évaluer votre consommation
Alcool : un nouvel outil pour vous aider à évaluer votre consommation (Crédits Photo : Pixabay / © Daria Nepriakhina)

Le test est simple et rapide : il ne comporte que quelques questions sur le sexe, l’âge, le poids, la consommation d’alcool sur la semaine écoulée, jour par jour et le budget consacré à l’alcool dans la semaine par le répondant. L’outil compare ensuite cette consommation avec les autres femmes ou les autres hommes du même âge en terme de quantité moyenne consommée par jour et de fréquence moyenne.

Trois cas de figure sont possibles, selon les réponses apportées :

  • « En ne consommant pas d’alcool, vous prenez soin de votre santé« , si votre consommation est nulle.
  • « Vous prenez soin de votre santé et votre consommation est à faible risque » pour une consommation raisonnée inférieure aux repères de consommation.
  • « Votre consommation d’alcool est au-dessus des repères de consommation » pour une consommation excessive.

A lire aussi : Janvier sans alcool : les Français s’y mettent !

« Pas plus de deux verres par jour, et pas tous les jours »

Mais qu’entend-on par « repères de consommation » ? « Pour votre santé, l’alcool c’est maximum deux verres par jour, et pas tous les jours » rappelle Alcool Info Service.

Dans le détail, les recommandations officielles sont de « ne pas consommer plus de 10 verres standards par semaine« , ne pas consommer « plus de deux verres standards par jour » et « avoir des jours dans la semaine sans consommation« .

Cancers, troubles cardiovasculaires, calories et… budget

Et dans le cas où la consommation dépasse les repères de consommation, chaque testeur voit s’afficher les risques pour sa santé : toxicité cellulaire, risque de cancer du sein pour les femmes, de cancer de la bouche, du pharynx, du larynx, de l’œsophage, du foie, de cancer colorectal, d’AVC hémorragique, d’hypertension artérielle ou encore de troubles du rythme cardiaque. L’outil détaille aussi le nombre de calories moyennes d’alcool absorbées par jour, et le budget annuel consacré à l’alcool.

Des conseils pour moins consommer

Des moyennes calculées sur une seule semaine de consommation et c’est pourquoi l’outil invite le répondant à « refaire ce test » si la semaine en question « n’était pas représentative« .

Mais si vos semaines dépassent souvent les repères de consommation, Alcool Info Service propose de « réduire la quantité totale d’alcool que vous buvez à chaque occasion » mais aussi de « boire lentement, en mangeant et en alternant avec de l’eau« , d’ « éviter les lieux et les activités à risque » et enfin de « s’assurer que vous avez des personnes que vous connaissez près de vous et que vous pouvez rentrer chez vous en toute sécurité« .

Selon les derniers chiffres de Santé publique France, l’alcool constitue la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac, représentant 7% des décès en France, soit 41.000 morts par an.

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Dry January : quels sont les bénéfices d’un mois sans alcool ?

Dry January : quels sont les bénéfices d'un mois sans alcool ?
© Belchonock – 123RF
Après les excès des fêtes de fin d’année, l’heure est aux bonnes résolutions ! Et outre-Manche, des millions de britanniques sont bien décidés à participer au « Dry January », un défi consistant à ne pas boire une goutte d’alcool durant tout le mois de janvier et ainsi, à mettre son corps au repos. Ce challenge, imaginé en 2013 par l’association britannique Alcohol Change UK, est vite devenu viral sur les réseaux sociaux et a fait l’objet de milliers de partages, y compris en France avec le lancement du Mois Sobre par Laurence Cottet

Quels sont les effets d’un mois sans alcool ?

Pendant les fêtes de fin d’année, on a tendance à manger plus gras que d’habitude, à consommer plus d’alcool et à être un peu plus inactif. Et ces trois facteurs augmentent les risques de surcharger son foie en graisses.

C’est ce qu’on appelle la stéatose, une lésion du foie qui correspond à un dépôt de graisses à l’intérieur des cellules hépatiques. « Il est vrai que sous l’effet d’une alimentation trop riche, d’une consommation d’alcool excessive et d’une sédentarité, le foie peut souffrir et atteindre le stade de stéatose après quelques jours d’excès seulement.

Mais rassurons-nous, cette stéatose est tout à fait réversible à condition de stopper sa consommation d’alcool (ou d’avoir une consommation d’alcool extrêmement faible) juste après une période d’excès« , explique le Pr Marcellin, hépatologue à l’hôpital Beaujon et président de l’APHC (Association pour l’amélioration de la prise en charge des patients atteints de maladies chroniques du foie).

Que l’on soit un consommateur occasionnel ou régulier, le « Dry January » est un excellent moyen de booster le processus d’élimination des toxines dans son organisme et particulièrement dans son foie, un organe qui assure de nombreuses fonctions essentielles de l’organisme.

« En quelques jours, nous pouvons avoir un foie plus sain. »

« En quelques jours, nous pouvons avoir un foie plus sain et retrouver une meilleure forme, un bon sommeil et une meilleure énergie. Par ailleurs, un foie sain et détoxifié permet de renforcer son système immunitaire juste avant le printemps et de lutter contre certains virus comme la grippe« , précise l’hépatologue.

Enfin, cela a également des effets psychologiques : en effet, cette période d’abstinence permet de prendre conscience de sa véritable consommation d’alcool (consommation souvent sous-estimée), et surtout, prouve que moins on boit d’alcool, moins on a envie de boire de l’alcool, car le cerveau se déshabitue relativement vite à l’alcool ! »

Pour Jean-Michel Delile, président de la Fédération Addiction et médecin psychiatre, ce challenge constitue « une initiative très positive, fédératrice et pas moralisatrice [qui] ne diabolise pas le produit, mais qui permet de s’en distancer sous forme de jeu, avec l’appui des réseaux sociaux« .
Pour le reste de l’année, il conseille dans un article du Parisien du 2 janvier 2019 « d’inventer son propre défi » comme le fait de ne pas boire d’alcool deux ou trois jours par semaine, ou de planifier des semaines sans consommer un seul verre. En somme, « prendre soin de son foie en bannissant pendant un laps de temps toute consommation d’alcool est essentiel pour la préservation de sa santé et retrouver le bon équilibre de son organisme« . conclut le Pr Marcellin.
Alcool : quels sont les repères de consommation ? 

S’il n’existe pas de seuil de consommation qui permettrait à coup sûr de limiter les risques pour la santé tout au long de la vie. un avis d’experts de Santé publique France et de l’Institut national du cancer a proposé en mai 2017 de définir une valeur-repère qui concerne aussi bien les hommes et les femmes.

Cette valeur-repère est de 10 verres d’alcool standard par semaine maximum, sans dépasser 2 verres standard par jour, indique le site de l’Assurance maladie. Toutefois, « de récentes études ont montré qu’à partir de 20 à 30 g d’alcool par jour (20 g pour les femmes et 30 g pour les hommes), il y avait des risques pour la santé », précise le Pr Marcellin.

On rappelle qu’un verre standard correspond à 10 g d’alcool pur (soit 10 cl de vin, 2.5 cl de pastis à 45°, 25 cl de bière à 5° ou 10 cl de champagne à 12° par exemple). Ces experts conseillent également d’avoir des jours dans la semaine sans consommer d’alcool.

En cas de doute sur une potentielle consommation d’alcool excessive, n’hésitez pas à demander conseil à votre médecin afin qu’il vous prescrive un bilan hépatique (dosage des transaminases). 

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Un livret pour aider les pré-adolescents à dire « non aux addictions »

En partenariat avec les éditions Bayard, le gouvernement publie un livret illustré pour aider les pré-adolescents à dire « non », à « l’âge des expérimentations et des premiers excès ».

75 % des élèves en 3e ont déjà expérimenté l’alcool. Pour aider les pré-adolescents à dire « non », le gouvernement publie un livret illustré, en partenariat avec les éditions Bayard (Photo d’illustration).
75 % des élèves en 3e ont déjà expérimenté l’alcool. Pour aider les pré-adolescents à dire « non », le gouvernement publie un livret illustré, en partenariat avec les éditions Bayard (Photo d’illustration). | ARCHIVES OUEST-FRANCE

Tabac, alcool, usage problématique des jeux vidéo… Pour aider les pré-adolescents à dire non, à l’âge des expérimentations et des premiers excès, le gouvernement publie un livret illustré, en partenariat avec les éditions Bayard.

Destiné aux 10-13 ans et à leurs parents, ce petit livret de 16 pages sera distribué à 1,5 million de lecteurs d’Images Doc et J’aime Lire, précisent la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca) et l’éditeur Bayard Jeunesse, dans un communiqué.

Des illustrations et des conseils

Pour chaque substance ou comportement addictif, une courte bande dessinée illustre une situation d’incitation à consommer à laquelle l’enfant peut se trouver confronté (par exemple, un membre de sa famille lui propose une petite coupe de champagne pour son anniversaire).

Puis le livret lui propose de réfléchir aux réactions possibles dans un tel cas (accepter le verre ? s’en débarrasser discrètement ? exprimer son refus ?) et lui propose des conseils s’ils se trouvent dans la même situation.

Ce livret propose également des conseils aux parents pour aborder le sujet avec leurs enfants et les aider à fixer des limites par exemple, ou à résister aux incitations présentes dans leur environnement, ajoutent Bayard et la Mildeca, qui anime et coordonne l’action du gouvernement en matière de lutte contre les drogues et la toxicomanie.

Le contenu du livret a été réalisé par des journalistes jeunesse, avec les conseils de psychologues et d’addictologues.

« Débanaliser des produits neurotoxiques »

Sans diaboliser ces usages, il s’agit de débanaliser des produits dont les effets neurotoxiques sont particulièrement délétères sur le cerveau en maturation des adolescents, de retarder les premières expérimentations et réduire les risques d’usages problématiques, résume Nicolas Prisse, président de la Mildeca.

Les messages de prévention les plus efficaces sont ceux qui permettent le renforcement des compétences psychosociales (cultiver l’estime de soi, apprendre à dire non, développer l’esprit critique…), souligne Nathalie Becht, directrice de Bayard Jeunesse.

44 % des élèves de 6e ont déjà expérimenté l’alcool (75 % en 3e), près de 10 % des collégiens déclarent avoir déjà connu un épisode d’ivresse et un quart (26,1 %) des élèves de 4e ont expérimenté la cigarette (contre seulement 14 % en 5e), selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT).

Et sur un panel de 2 000 élèves de la région parisienne, 1 sur 8 avait un usage problématique des jeux vidéo, selon une enquête OFDT publiée en 2014.

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Lendemain de veille: voici ce qui se passe dans votre cerveau

Je suis chercheur en neurosciences et je m’intéresse aux effets de l’alcool et de la nourriture sur le fonctionnement du cerveau. Voici comment la consommation d’alcool peut provoquer de l’anxiété après l’effet euphorisant.

De la téquila aux endorphines et la dopamine

Les boissons alcoolisées – vin, bière ou spiritueux – perturbent l’équilibre des neurotransmetteurs dans le cerveau. L’effet peut en être agréable sur le moment, mais beaucoup moins le lendemain.

Cet effet agréable est dû au fait que l’alcool stimule la production d’endorphines, ces opioïdes naturels fabriqués par le cerveau.

Il augmente aussi la production de dopamine, activant le système de récompense du cerveau – qu’on appelle aussi le système mésolimbique. La production de dopamine renforce les comportements qui ont mené à cette euphorie, si bien que ce petit coup de téquila nous donne envie d’en prendre un autre !

Mais l’alcool ne fait pas qu’activer notre système de récompense. Il perturbe aussi l’activité des neurotransmetteurs qui contrôlent le fonctionnement du cerveau. L’imagerie cérébrale prouve que l’alcool diminue l’activité du cortex préfrontal et du lobe temporal, des centres qui régissent la prise de décision, le contrôle de soi et la mémoire.

Anxiété, malaise et stress

L’alcool augmente l’activité inhibitrice des récepteurs GABA (acide gamma-aminobutyrique). Les récepteurs GABA réduisent les activités des neurones et l’alcool exagère cet effet. Un taux élevé de GABA favorise les sentiments de relaxation et de calme, qui nous rendent plus sociables et moins stressés.

Consommé en grande quantité, l’alcool bloque aussi le système glutamique. Le glutamate est le principal neurotransmetteur d’excitation du cerveau, et il joue un rôle important dans la constitution des souvenirs et des émotions.

L’équilibre entre le GABA et le glutamate est indispensable pour permettre à notre cerveau de fonctionner de façon optimale. L’alcool rompt cet équilibre. L’alcool est un agent dépressif pour le système nerveux central, car il augmente le caractère inhibitif du GABA tout en diminuant le caractère d’excitation du glutamate.

Quand notre cerveau perçoit un haut niveau d’acide gamma-aminobutyrique en conjonction avec un faible taux de glutamate, il réagit rapidement afin de compenser ce déséquilibre. C’est cette réaction compensatoire, menant à une baisse du taux de GABA et à une augmentation du taux de glutamate, qui provoque le sentiment d’anxiété, d’inconfort et de stress qui se produit le lendemain.

Oh non… J’ai pas fait ça ?

Après plusieurs boissons alcoolisées, la transmission de glutamate est ralentie dans le lobe temporal médian, la région du cerveau qui contrôle la mémoire.

Les trous de mémoire provoqués par l’alcool sont causés par l’augmentation rapide du taux d’alcool dans le sang, résultat fréquent d’une cuite, qui se définit par l’absorption de quatre boissons alcoolisées pour une femme, et cinq pour un homme, dans un délai de deux heures.

Lorsque l’on est sobre, les souvenirs se constituent dans le cerveau après que l’information ait été transmise de la mémoire à court terme à la mémoire à long terme. Ce processus s’intitule consolidation de la mémoire. C’est ainsi que les souvenirs sont récupérés et mémorisés.

L’alcool entrave cette fonction, ce qui mène à un état de confusion et de doute le lendemain d’une cuite. Le souvenir confus de la soirée précédente (C’est pas vrai, j’ai vraiment fait ça ?) peut provoquer une forte anxiété.

L’alcool a également un impact énorme sur la qualité du sommeil, car il réduit la phase de sommeil paradoxal, celle où se produisent les rêves. Cette phase est indispensable à l’inscription des souvenirs à long terme. Donc une mauvaise nuit de sommeil à la suite d’une beuverie risque de « fragmenter » les souvenirs.

Les timides souffrent davantage

Ce n’est pas tout le monde qui souffre de l’angoisse de la gueule de bois, mais certains en sont plus affectés que d’autres. Selon une récente étude, l’intensité de l’expérience varie en fonction des traits de personnalité. Les timides seraient plus anxieux après une cuite que les gens moins inhibés.

Comment éviter l’angoisse post-cuite

La seule façon de s’assurer de ne pas subir cette expérience est de ne pas consommer d’alcool.

Par contre, en limitant sa consommant d’alcool, on peut réduire les effets de l’angoisse post-cuite. Espacez le boissons en buvant de l’eau, et vous éviterez l’augmentation rapide du taux d’alcool dans le sang, qui affecte votre mémoire. De plus, vous resterez hydraté, ce qui vous évitera le mal de tête du lendemain.

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Surprenant !!

Épernay : la capitale du champagne s’oppose au « mois sans alcool »

Une trentaine d’associations propose un « mois sans alcool » en janvier sur le modèle d’une opération anglaise menée depuis 2013. Dans la capitale du champagne, Épernay, le conseil municipal a voté un vœu pour manifester son opposition à l’initiative.
Le 16 décembre, le conseil municipal d'Epernay a adopté un vœu pour marquer son opposition au "Défi de janvier"
Le 16 décembre, le conseil municipal d’Epernay a adopté un vœu pour marquer son opposition au « Défi de janvier » © Maxppp – Paul Zinken
 Épernay, France

Êtes-vous capable d’arrêter l’alcool, ou au moins de réduire votre consommation, pendant un mois ? C’est le « Dry january », le défi de janvier : un mois sans alcool que propose à partir de ce mercredi 1er janvier une trentaine d’associations. Cette année l’opération n’est pas soutenue par l’État.

Selon les associations organisatrices, cela devait être le cas mais elles accusent Emmanuel Macron d’avoir renoncé après sa venue à Épernay le 14 novembre dernier et une rencontre avec les professionnels du champagne. « C’est une excellente chose que le mois sans alcool ne soit pas soutenu par le gouvernement » réagit Franck Leroy, le maire d’Épernay qui poursuit : « Parce que la France est un grand pays de vin. C’est dans les terroirs de France que naissent les plus grands vins du monde et c’est un poids considérable dans l’économie nationale. Cela fait vivre des milliers de personnes sur notre territoire. »

« Nous sommes favorable à une politique d’éducation autour du vin plutôt qu’à une politique de prohibition » Franck Leroy, maire d’Epernay

Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération addiction, l’une des associations organisatrices, se défend de vouloir interdire l’alcool: « L’objectif n’est pas l’arrêt total : il s’agit de faire une pause, de regarder les moments où on ne consomme pas par plaisir mais par incitation. »

Il n’y a pas de culture de l’alcool en France mais une culture du vin ce qui n’a rien à voir » – Franck Leroy, maire d’Epernay

Mais pour Franck Leroy, le maire d’Epernay il n’y a pas de culture de l’alcool en France mais bien « une culture du vin, ce qui n’a rien à voir ». L’élu propose plutôt un mois contre la malbouffe : « Pourquoi ne pas créer un mois sans fast-food par exemple qui serait beaucoup plus sain pour des millions de personnes plutôt qu’un mois sans vin ! Encore une fois il n’a jamais été démontré qu’un verre de vin de temps à autre posait le moindre problème de santé. »

« Le lobby du champagne ne m’a rien demandé. »

Pour le maire d’Épernay, il ne faut pas faire « d’amalgame » et distinguer la consommation festive de l’alcoolisme. Le 16 décembre, le conseil municipal d’Épernay a même adopté un vœu pour marquer son opposition au « Défi de janvier ». « On est plutôt favorable chez nous à une politique d’éducation autour du vin plutôt qu’à une politique de prohibition, » précise le maire de la ville.

Le vœu du conseil municipal est pour lui une manière d’alerter le gouvernement. Selon lui, ce mois sans alcool aurait des conséquences désastreuses pour les région« Cela voudrait dire qu’un mois sur douze, les producteurs de vins ne vendent plus de vin, dans les restaurants on ne consommerait plus d’alcool et cela aurait évidemment des conséquences économiques considérables. Alors que l’on cherche à s’exporter, la France donnerait alors un très mauvais exemple en s’associant à une campagne comme celle-ci qui consisterait ni plus ni moins à culpabiliser les amoureux du vin que nous sommes. »

La consommation d’alcool est à l’origine de nombreuses maladies (cancers, maladies vasculaires, etc.) et est responsable de 41.000 morts par an, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac (75.000), selon l’agence sanitaire Santé publique France.

Source France Bleu

Une mutation liée au métabolisme de l’alcool pourrait contribuer à la maladie d’Alzheimer

Bien qu’étudiée depuis des années, la maladie d’Alzheimer demeure une pathologie complexe et n’est toujours pas entièrement comprise par les chercheurs. Au fil du temps, les biologistes ont mis en évidence de nombreux facteurs jouant un rôle dans l’évolution de la maladie. Récemment, un autre de ces facteurs a été découvert : une mutation d’une enzyme impliquée dans le métabolisme de l’alcool. La présence de cette mutation entraîne l’accumulation de produits toxiques augmentant le taux de dégénérescence cellulaire.

Une mutation courante dans une enzyme clé impliquée dans le métabolisme de l’alcool augmente les dommages aux cellules des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, selon une étude menée par des chercheurs de la Stanford University School of Medicine. Cette mutation de l’aldéhyde déshydrogénase 2, ou ALDH2, est associée à une rougeur du visage suite à la consommation d’alcool. Elle réduit considérablement l’activité de l’enzyme, ce qui entraîne l’accumulation d’acétaldéhyde, un produit toxique du métabolisme de l’alcool.

Le corps réagit à la présence de la toxine par des rougeurs cutanées et une inflammation. La mutation est surtout répandue dans la population de l’Asie de l’Est. Elle se produit chez environ 560 millions de personnes, soit 8% de la population mondiale, selon Daria Mochly-Rosen. Comprendre la relation entre l’alcool et les gènes liés à la maladie d’Alzheimer aura de vastes conséquences, car de nombreuses personnes peuvent, sans le savoir, nuire à leur santé en consommant régulièrement de l’alcool.

« Nos données suggèrent que l’alcool et les gènes prédisposés à la maladie d’Alzheimer peuvent exposer les humains à un risque accru d’apparition et de progression d’Alzheimer. Ceci est basé sur nos études cellulaires dérivées de patients et nos études animales, donc une étude épidémiologique chez l’Homme devrait être réalisée à l’avenir » explique Mochly-Rosen.

Mutation d’ALDH2 : elle provoque l’accumulation de radicaux libres

Des études épidémiologiques dans des populations d’Asie de l’Est ont précédemment suggéré une association entre la mutation dans ALDH2, qui provoque des bouffées vasomotrices, et la maladie d’Alzheimer. Cependant, il y a également eu d’autres études qui n’ont pas trouvé d’association. Pour explorer davantage un rôle possible d’ALDH2, les auteurs ont examiné des cultures cellulaires faites à partir de cellules de 20 patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Lors d’un test en laboratoire, une culture présentait la mutation ALDH2 (également connue sous le nom de ALDH2*2). Alors que la quantité de protéine ALDH2*2 dans cet échantillon correspondait au niveau de protéine ALDH2 dans les cellules normales, la protéine mutante n’avait qu’une fraction de la capacité à décomposer l’acétaldéhyde. Par rapport aux cellules normales, les cellules ALDH2*2 avaient plus de radicaux libres et plus de 4-HNE, un autre produit chimique toxique qui est normalement traité par ALDH2.

« Les radicaux libres se forment lorsque nous avons de la fièvre, lors de maladies chroniques, ou lorsque nous sommes stressés ; les radicaux libres se forment sous de nombreux types de stimuli pathologiques. Ces radicaux libres forment des aldéhydes toxiques, et le travail d’ALDH2 est d’éliminer ces produits chimiques toxiques. Une fois que ces aldéhydes s’accumulent, les premiers organites qu’ils endommagent sont les organites qui contiennent l’enzyme censée s’en débarrasser : les mitochondries ».

Sur le même sujet : Quel est le lien entre pollution et maladie d’Alzheimer ?

Restaurer l’activité de l’enzyme ALDH2 grâce à l’Alda-1

Ce cercle vicieux conduit finalement à une réduction de l’activité mitochondriale, une augmentation de la formation de radicaux libres par les mitochondries endommagées et, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, à la mort des neurones. Le niveau de radicaux libres a été restauré à la normale après l’ajout d’Alda-1, une petite molécule qui fixe ALDH2*2 en se liant au site catalytique et en restaurant l’enzyme à une structure fonctionnelle.

Mochly-Rosen et ses collègues ont découvert Alda-1 en tant qu’activateur d’ALDH2*2 en 2008. Alda-1 active également l’ALDH2 non mutant et pourrait donc bénéficier à plus de personnes. Des essais cliniques sont en cours pour tester l’utilité des molécules de type Alda-1 comme traitement.

ethanol alzheimer

L’éthanol augmente la formation de radicaux libres chez les personnes atteintes de la mutation ALDH2*2 et de la maladie d’Alzheimer (AD). Crédits : Amit U. Joshi et al.

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