Femmes : les 4 bonnes raisons d’arrêter l’alcool

  • Femmes : les 4 bonnes raisons d’arrêter l’alcool
En France, la consommation d’alcool des femmes n’a jamais été aussi proche de celles des hommes. Les 30-50 ans sont les plus concernées par les ivresses à répétition. Les usages modérés mais réguliers touchent davantage les femmes plus âgées. Or la vulnérabilité féminine face à ces abus, chroniques ou ponctuels, n’est pas anodine. Voilà les principaux risques dont vous vous protégez en arrêtant de boire.

Chez les femmes, l’arrêt de la consommation d’alcool protège contre le risque de :

Fragilité mentale. Pour le prouver, l’équipe japonaise du Dr. Michael Ni a suivi 10 386 volontaires non buveurs ou buveurs modérés (ne dépassant pas les 14 unités par semaine pour les hommes et 7 pour les femmes). Une étude menée entre 2009 et 2013. Résultats, 64% des  hommes et 88% des femmes ne buvaient pas. Le degré de bien-être en terme de santé mentale était bien plus élevé chez les abstinents. Et les femmes qui buvaient modérément et celles qui mettaient fin à leur consommation voyaient leur santé mentale s’améliorer ;

Démence. Selon une étude de l’Inserm menée entre 2008 et 2013 auprès de 57 000 cas de démence, plus de la moitié des épisodes précoces (survenant avant 65 ans) sont provoqués par l’alcool. Chez les personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative type Alzheimer, on répertorie 3 fois plus de patients alcooliques comparé à la population générale. Parmi les sujets déments en lien avec l’alcool, 4% sont des femmes. Ce phénomène peut s’expliquer par l’impact neurotoxique de l’alcool provoquant d’importantes lésions cérébrales ;

Cancer du sein. Aujourd’hui, tous sexes confondus, l’alcool constitue le 2e facteur de risque de cancer, après le tabac. Chez les femmes, 15% des cancers du sein sont déclenchés par l’alcool. Et l’incidence de cette tumeur a quasiment doublé entre 1990 et aujourd’hui. ;

Décès. Cette diminution de la consommation constitue une priorité de santé publique : l’alcool est en effet à l’origine de 60 maladies (cardiovasculaires, cancers, diabète, épilepsie, hémorragies…). Plus de la moitié des décès dont 11 000 femmes.

A noter : les repères de consommation d’alcool comportent 3 recommandations : pas plus de 10 verres par semaine, pas plus de 2 verres par jour et maintenir toutes les semaines des jours d’abstinence.

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Harcèlement, agression physique, accidents : une étude liste les conséquences de l’alcool passif

  • Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.
Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.PeopleImages / IStock.com
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Une étude américaine a analysé les ravages d’une consommation excessive d’alcool sur l’entourage des personnes qui boivent. 

Menée par des chercheurs de l’Institut de santé publique d’Oakland en Californie et financée par l’Institut national sur l’abus d’alcool et l’alcoolisme des Etats-Unis, l’étude a porté sur les données de 8 750 répondants âgés de 18 ans et plus. Elle a été publiée ce dimanche 30 juin sur le site du Journal of Studies on Alcohol and Drugs.

Selon l’enquête, un adulte sur cinq a subi un préjudice à cause de la consommation d’alcool d’une autre personne en l’espace d’un an. Ces atteintes désignent à la fois des menaces verbales et/ou physiques, des agressions, du harcèlement, des destructions de biens, des conduites dangereuses au volant ou encore des problèmes d’ordre financier et/ou familial. Les menaces ou le harcèlement étaient les préjudices les plus fréquents, signalés par 16% des personnes interrogées.

L’étude explique également que les conséquences de l’alcoolisme sur l’entourage différent selon le sexe. Les femmes étaient plus susceptibles de signaler des problèmes financiers et familiaux, tandis que les hommes ont davantage mentionné des actes de vandalisme et des agressions physiques. « Il y a un risque considérable pour les femmes au sein du ménage, souvent représenté par l’homme. Alors que pour les hommes, le danger se situe plutôt en dehors du cadre familial », notent les auteurs de l’étude.

Les chercheurs recommandent un prix minimum sur l’alcool

L’âge joue également un rôle important : les personnes de moins de 25 ans courent un risque plus élevé de subir les méfaits de la consommation d’alcool d’une autre personne, montre l’étude. Pour les chercheurs, l’une des solutions les plus efficaces pour réduire la consommation d’alcool consiste à instaurer un prix minimum pour la vente d’alcool.

« Les recherches récentes sont particulièrement pertinentes dans ce contexte. Des études menées au Canada révèlent des réductions de la violence après l’introduction de la tarification minimale », précise Madhabika B. Nayak, qui a dirigé l’étude. Recommandée par l’Organisation Mondiale de la Santé pour lutter contre l’alcoolisme, la mise en place d’un prix minimum sur l’alcool est également expérimentée en Ecosse depuis mai 2018.

En France, cette question a été abordée (sans pour autant être appliquée) à plusieurs reprises ces dernières années. D’abord en avril 2018 par un groupe de médecins qui préconisait un prix minimum par unité d’alcool autour de 50 centimes d’euros, puis en janvier dernier par le Conseil économique social et environnemental, qui avait proposé l’instauration d’un prix minimum pour la vente d’alcool dans « les lieux de fêtes ».

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Les ravages de l’alcool en France

En France, l’alcool envoie énormément de gens à l’hôpital. Entre 20 et 30% de toutes les admissions aux urgences sont liées à l’alcool. C’est la conclusion d’une enquête menée dans les urgences des hôpitaux de la région Auvergne-Rhône-Alpes. FRANCEINFO

« On a montré que sur environ 10 000 patients admis aux urgences, 20 à 30% d’entre eux avaient un problème lié à l’usage de l’alcool« , précise le Pr Georges Brousse du service addictologie du CHU de Clermont-Ferrand. (Puy-de-Dôme).

Ce chiffre impressionnant prend en compte les gens qui viennent aux urgences pour soigner des maladies liées à la consommation d’alcoolcomme des maladies cardiovasculaires. Il prend aussi en compte les violences et les agressions causées par des personnes alcoolisées.

Problème de santé publique

« Ces problématiques liées à l’usage d’alcool sont directement à l’origine de l’hospitalisation quand c’est une cirrhose par exemple, ça peut être une conséquence comme une chute ou un malaise ou des violences, des agressions ou des accidents de la route », poursuit le médecin.

L’alcool est ainsi l’une des toutes premières causes d’hospitalisation des Français, ce qui en fait un problème majeur de santé publique.

La légalisation du cannabis…..

…et l’Homme, et sa Santé, et la Société dans tout cela ?

La légalisation du cannabis est à nouveau bruyamment requise par une coalition hétéroclite :

  • de capitalistes impatients d’obtenir de juteux bénéfices à partir de cette drogue bientôt déclinée sous de multiples formes ;
  • de consommateurs impatients de s’adonner sans contrainte à leur drogue ;
  • de démagogues politiciens ;
  • d’un député faisant miroiter que cet or vert va transformer la Creuse en un Eldorado
  • d’économistes qui promettent des créations d’emplois nombreuses et la perception de taxes pour combler le déficit abyssal de notre Nation;
  • d’addictologues à contre emploi, incapables de sortir de cette addiction ses victimes, ils rêvent de faire de leur spécialité la première de toutes ;
  • des déconstructeurs / destructeurs de notre société ;
  • des « idiots utiles » et autres nuisibles…

Tous s’inspirent de la gestion des drogues licites dans notre pays ; serait-elle exemplaire ?

Le tabac a recruté 13 millions de fumeurs irréductibles, il fait de multiples estropiés, il tue 75.000 fumeurs chaque année.

« L’encadrement que permet sa légalisation » sic, n’empêche pas 70% des buralistes de ne pas respecter l’interdiction de sa vente aux mineurs ; désormais le début de
sa consommation se situe à l’entrée en 6 ième .

L’alcool a recruté 4 à 5 millions de sujets alcoolo-dépendants, parmi lesquels plusieurs
centaines de milliers d’alcooliques. Il tue 49.000 de nos concitoyens chaque année ; ses toxicités physique et psychique sont importantes.

Il blesse ou tue sur la route, au travail ; il est à l’origine de ruptures familiales, professionnelles, sociales, de violence, de clochardisation…

Les alcoolisations aiguës, les « bitures expresses », les comas alcooliques se multiplient chez nos jeunes.

Le cannabis, c’est tout cela en pire. Son pouvoir addictif est attesté par ses 1.300.000 usagers réguliers qui bravent l’interdit de la loi, pour consommer plus de 10 joints chaque mois ; et par ses usagers multi quotidiens (700.000).

Sa consommation débute désormais au collège. Or, plus tôt il est essayé, plus vite il est adopté, et le cerveau alors en maturation (entre 12 et 22 ans) s’en trouve intensément détérioré.

Est-il concevable, sous l’angle sanitaire, de commercialiser une drogue dont la toxicité
cardio-vasculaire est avérée : artérites (plus précoces que celles dues au tabac), accidents vasculaires cérébraux (chez des sujets jeunes), 3 ième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde…

Une drogue aux effets immuno dépresseurs ; cancérogènes pour la sphère ORL et broncho-pulmonaire, ainsi que pour le testicule.

Une drogue qui perturbe la grossesse et a des conséquences néfastes pour l’enfant qui en naîtra. Son THC, par un mécanisme épigénétique, à partir des gamètes parentaux, fera hériter leur progéniture d’une vulnérabilité aux drogues , qui se manifestera dès
l’adolescence (en raison d’une sous expression des récepteurs D 2 de la dopamine dans le noyau accumbens).

Au plan psychique, c’est une drogue enivrante, accidentogène sur la route et au travail , dont les effets désinhibiteur pourront s’exprimer par une auto ou une hétéro-agressivité.

Drogue de l’échec scolaire, du décrochage. Elle est génératrice d’anxiété, de dépression (avec en embuscade des risques suicidaires) ;

Ascenseur vers d’autres drogues ; elle peut soit induire de novo, soit décompenser une schizophrénie, soit l’aggraver quand elle est déclarée ;

Elle crée une résistance aux médicaments antipsychotiques ; elle est incriminée dans l’agressivité que peuvent manifester ces patients.

Très grand perturbateur de la cognition, il s’abat sur nos jeunes à l’heure des apprentissages.

Les français en sont les plus grands consommateurs Européens ; cela nous relègue au 26ième rang du classement PISA des performances éducatives de nos jeunes, alors que nous sommes parmi les Nations qui consacrent le plus de moyens à leur éducation.

Dans la mondialisation, c’est une aubaine pour nos compétiteurs d’être affrontés à une nation qui s’adonne à cette drogue abêtissante, démotivante, génératrice d’aboulie.

« Il n’est de richesse que d’Homme », « mens sana in corpore sano ».

Messieurs les prolégalisateurs de cette sale drogue, arrêtez de chichonner, reprenez vos esprits, refrénez vos appétits, pitié pour nos jeunes que déjà tant de maux assaillent, n’euthanasiez pas notre société avec le THC.

Pr. Jean Costentin
Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les toxicomanies.
« Le désastre des toxicomanies en France » Editions Docis 2018

Alcool au volant : un grand verre de vin suffirait à perturber nos réflexes

D’après une récente étude britannique, un seul grand verre de vin ou une pinte de bière suffiraient à perturber notre sens du contrôle, nous rendant potentiellement dangereux au volant.

Alcool au volant : un grand verre de vin suffirait à perturber nos réflexesESKAYLIM/ISTOCK

Voilà qui ne va pas plaire à ceux qui ont pour habitude de prendre la voiture pour rentrer chez eux après quelques verres. Selon une nouvelle étude britannique parue dans la revue Addiction Biology vendredi 21 juin, une pinte de bière ou seul grand verre de vin suffiraient à perturber notre sens du contrôle, compromettant ainsi notre conduite. Ces résultats soulèvent donc la question de la limite légale d’alcool au volant dans de nombreux pays.

Pour en arriver à ces conclusions, les chercheurs ont étudié l’impact de faibles doses d’alcool sur notre organisme, surtout celles consommées lors événements mondains, qui n’affectent que très légèrement le comportement social. Il s’agit de la première étude du genre. En effet, jusque-là, les recherches s’étaient surtout concentrées sur la perte d’inhibition chez quelqu’un de complètement saoul, caractérisée par de l’impulsivité et un comportement agressif et risqué.

« Mesurer le sens du contrôle chez une personne est compliqué. Quand on demande explicitement aux gens de dire à quel point ils sentent en contrôle, leurs réponses sont affectées par divers biais cognitifs, tels qu’une faible introspection, le désir de se conformer aux attentes des chercheurs ou même l’inhabilité à comprendre la question correctement », notent les chercheurs.

De faibles doses d’alcool suffiraient à exagérer le sens du contrôle du conducteur

C’est pourquoi, ces derniers ont préféré s’appuyer sur les mécanismes inconscients de la volonté. Quand un stimuli physique (du son ou des lumières) suit des actions volontaires (bouger un doigt ou une main), les gens pensent que les actions se produisent plus tard et le stimuli plus tôt que dans la réalité, reliant ainsi les deux. Les mécanismes neuronaux responsables de ce phénomène sont connus pour participer à créer le sens du contrôle.

Les chercheurs ont donc donné aux participants un cocktail contenant des doses d’alcool proportionnelles à leur IMC afin de produire des concentrations d’alcool équivalentes aux limites légales pour conduire en Angleterre et à Wales. Résultat : ces faibles doses ont produit un lien plus fort entre les actions volontaires et le stimuli sensoriel.

Ainsi donc, de faibles doses d’alcool suffiraient à exagérer le sens du contrôle, entraînant une confiance en soi excessive chez le conducteur et potentiellement un comportement dangereux.

« Il est important de noter que dans notre expérience, tous les participants étaient dans les limites d’alcool autorisées pour conduire en Angleterre, à Wales, aux Etats-Unis et au Canada. Et pourtant, nous avons quand même vu que leur impression d’être en contrôle était perturbée », explique le Professeur Aldo Badiani, Directeur du Centre de recherches et d’intervention sur l’Addiction au Sussex. « En Angleterre, à Wales et en Amérique du Nord, beaucoup militent pour abaisser la limite légale. Les résultats de notre étude soutiennent la mise en œuvre d’une telle modification de la loi », conclut-il.

En France, l’alcool présent dans 18% des causes d’accidents mortels en 2018

En Angleterre, la limite légale pour conduire est aujourd’hui de 0,8 grammes par litre de sang.  En France, elle est de 0,5g /L. Malgré tout, en 2018, l’alcool était toujours présent dans 18% des causes d’accidents mortels (3 503 décès) sur les routes de France, de métropole ou d’outre-mer, selon le dernier bilan provisoire de l’Observatoire national Interministériel de la sécurité routière.

C’est pourquoi, afin de lutter contre l’alcool au volant, le gouvernement français a récemment mis en place l’obligation d’installer un dispositif homologué d’anti-démarrage par éthylotest électronique par décision du préfet en cas d’infraction. « Si le test est positif, le dispositif empêche le démarrage du véhicule. Si le test est négatif, alors le dispositif permet le démarrage du véhicule », explique le site auto-école.net.

Puis, entre cinq et trente minutes après le démarrage, un deuxième souffle est nécessaire à l’arrêt complet de la voiture. « Ce deuxième souffle est nécessaire car l’assimilation de l’alcool dans le sang prend du temps, entre 30 minutes et 1 heure. Il se peut qu’au démarrage, vous n’étiez pas positif mais cela a peut-être changé depuis ! », note auto-école.net.

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«L’addiction à l’alcool est l’une des plus sévères»

INTERVIEW – Médecin addictologue et président de SOS addictions, le Dr Lowenstein rappelle pourquoi l’alcoolisme est une vraie maladie dont les risques ne doivent pas être sous-estimés.

LE FIGARO. – Plus de 3,5 millions d’alcooliques en France, tous âges et toutes catégories sociales confondus. Quel est le problème de la France vis-à-vis de l’alcool?

Dr William Lowenstein. – La France a, évidemment, du fait de sa production de vin, un lien historique et culturel avec l’alcool et ne peut pas le considérer comme une drogue. Résultat, les pouvoirs publics encouragent encore son usage et en tolèrent l’abus. Mais nous ne sommes pas une exception. Tous les pays producteurs ont le même problème: l’Allemagne ou l’Australie avec la bière, le Royaume-Uni avec le whisky, la Russie avec la vodka. D’où le résultat: une population qui ne prend pas suffisamment au sérieux les méfaits de l’alcool et des centaines de milliers de vies ruinées.

Pourtant, de nombreux Français sont confrontés à l’alcoolisme, chez un proche, un ami d’ami, ils savent que cela existe.

Entre 10 et 15 % des adultes présentent une consommation à risque ou un problème avec l’alcool. Mais dans l’imaginaire collectif, ces personnes sont faibles, n’ont pas su se contrôler, se sont laissées aller. Elles n’ont pas à embêter les 85 % qui veulent continuer à boire tranquillement, et qui n’ont pas à se priver en conséquence. Regardez, l’alcool est partout, tout le temps, dans chaque maison, pour les pots d’entreprise, les fêtes familiales, les déjeuners entre amis. Toute la société est addictogène: quand quelqu’un ne boit pas, on lui demande ce qui ne va pas.

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Il y a néanmoins ces messages de prévention en faveur d’une consommation modérée. Les gens ne peuvent pas dire qu’ils ne savent pas.

Quelle hypocrisie que ces messages! Allez, bonnes gens, consommez avec modération, mais consommez. Cela revient, de la part des autorités sanitaires, à se dédouaner des abus. A la place, il faudrait des slogans sur les ravages de l’alcool ; le nombre de cancers par an, de femmes dépendantes, de morts, de familles brisées, car c’est cela la réalité. Mais non, on préfère pacifier, sous-estimer les risques réels de cette vraie drogue. Les gens ne réalisent pas la gravité de la dépendance à l’alcool: ce chaos, cette survie douloureuse au quotidien. Je le dis, cette addiction est l’une des plus sévères qui soient avec les addictions aux amphétamines ou à la cocaïne.

Que voulez-vous dire?

Cette maladie entraîne une perte totale de contrôle vis-à-vis des autres. Aucune autre drogue, sauf la cocaïne, n’est aussi désinhibitrice, déstabilisatrice, entraînant paranoïa et violence, au point de terrifier sa propre famille. Et puis elle tue, par cancer, par maladie cardio-vasculaire ; par overdose, c’est le coma éthylique. En outre, la dépendance est terrible, plus forte que celle à l’héroïne. On se réveille la nuit pour boire, et un sevrage trop brutal entraîne des souffrances neuronales, des délires, des crises d’épilepsie qui peuvent être fatales. Enfin, la rémission est très difficile car le quotidien est envahi par l’alcool, contrairement aux autres drogues dures difficiles d’accès.

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L’alcoolisme est reconnu comme une vraie maladie. Cela n’a pas toujours été le cas…

En effet, pendant des années, le problème de l’alcool était celui des psychanalystes, on recherchait ce qui n’avait pas tourné rond dans l’enfance, on faisait le point sur des souvenirs douloureux. Il fallait à tout prix trouver une explication, et la seule solution était l’abstinence. C’était au patient de se guérir lui-même, une question de volonté. Heureusement, les progrès en neurosciences permettent de faire le ménage dans ces vieilles croyances. L’alcoolisme est bien une maladie fonctionnelle liée à des perturbations neuronales en raison d’une surexposition à l’alcool. Demander à une personne dépendante de faire preuve de volonté revient à demander à une malade d’Alzheimer de faire des efforts de mémoire!

Qu’est-ce qui peut faire changer le rapport à l’alcool: des lois?

Ah, si seulement les politiques luttaient contre l’abus d’alcool avec la même efficacité que contre l’insécurité routière… Ce n’est pas seulement 100 à 200 vies par an qu’on sauverait grâce à la limitation de vitesse à 80 km/h, mais des milliers. Je rappelle que l’alcool, c’est plus de 40 000 morts en 2015 en France, dont la moitié liée à la consommation de vin. Seulement voilà, il n’y a ni volonté ni intelligence politique. Par pression des lobbys, par clientélisme, par attachement à leurs origines et au territoire, les parlementaires sont en plein déni et se montrent même cyniques en la matière en défendant ardemment le vin. Quant aux lois votées, elles ne sont pas appliquées. N’importe quel jeune de moins de 18 ans peut se procurer de l’alcool sans avoir à montrer de pièce d’identité.

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C’est donc sans espoir!

Bien sûr que non, on ne peut pas rêver d’un grand chamboulement, mais on peut trouver des axes qui changeront progressivement la vision des choses. Celui de la femme enceinte est un bon exemple. A peu près tout le monde respecte la future mère qui écarte tout danger pour son enfant en refusant une goutte d’alcool. Avec cette sensibilisation accrue, j’espère que les personnes s’interrogent sur les effets de l’alcool sur elles-mêmes et comprennent qu’il faut s’en préserver. Il faut épargner nos enfants et retarder le plus possible l’âge du premier usage, et surtout des premiers abus. L’âge précoce d’initiation est directement associé au risque de dépendance. Enfin, une autre piste intéressante vise à apprendre aux individus à quantifier la consommation à risque. Quand un proche consomme plus de dix verres par semaine, qu’il ne peut s’empêcher de boire pendant un jour ou deux, et qu’il vit dans le déni, le risque de dérive est grand…

Au fond, faudrait-il interdire l’alcool, ou au moins le diaboliser pour en faire comprendre les risques?

Non, diaboliser l’alcool serait aussi peu intéressant et aussi ridicule que le fait de sous-estimer ses méfaits comme le font les politiques. L’alcool a une fonction initiale bénéfique. Mais sa consommation devrait rester occasionnelle, avec une prise de conscience massive du danger qu’il représente pour la santé et la liberté de chacun.

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En deux ans, 1,6 million de fumeurs en moins en France

INFOGRAPHIE – Il faudra encore attendre dix ou quinze ans pour observer une inversion de la courbe de mortalité.

1,6 million de fumeurs en moins, en à peine deux ans: le recul spectaculaire du tabagisme en France se confirme en 2018, selon le dernier Baromètre santé publié mardi 28 mai. Pour la deuxième année consécutive, l’enquête met en évidence une diminution du nombre de fumeurs quotidiens âgés de 18 à 75 ans. «L’ampleur de la baisse sur deux ans, de l’ordre de 12 %, est sans précédent: elle traduit non seulement un arrêt du tabac chez des fumeurs mais aussi une réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme», se réjouit François Bourdillon, le directeur général de Santé publique France qui voit dans ces résultats «un grand succès».

En 2018, 32% des Français adultes consommaient du tabac: 25,4 % quotidiennement (en chute de 1,5 points par rapport à 2017) et 6,6 % de manière occasionnelle. Ils ont aussi allumé moins de cigarettes – 15 par jour en moyenne. La cigarette électronique, de plus en plus utilisée pour arrêter de fumer, est devenue le premier outil d’aide au sevrage. 3,8 % des Français vapotent au quotidien en 2018, contre 2,7 % un an plus tôt. La moitié d’entre eux sont des anciens fumeurs.

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«L’instauration du paquet sans logo a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes»

Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT)

Cette baisse (moins importante qu’en 2017) est «la preuve qu’une politique cohérente et énergique a des effets sur la santé publique», salue Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT). Après des années d’attentisme, les autorités sanitaires ont pris le taureau par les cornes en 2016. La baisse actuelle est, selon les experts, la conséquence de l’arsenal de mesures antitabac mises en œuvre depuis lors: augmentation régulière des prix, mise en place du paquet neutre, remboursement des substituts nicotiniques (patchs, gommes) comme des médicaments ou encore, lancement d’une opération d’incitation à l’arrêt, le «Mois sans tabac». Sa dernière édition en novembre 2018 a connu un succès important, avec 250.000 inscrits. «Cet événement, ainsi que l’instauration du paquet sans logo, a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes», affirme Amélie Eschenbrenner. En 2017, l’enquête Escapad menée chez les mineurs de 17 ans avait déjà montré une baisse du tabagisme dans ce public.

Le dernier Baromètre santé, réalisé par téléphone auprès de 9000 personnes, comporte cependant plusieurs points noirs. Les chercheurs remarquent l’impact des inégalités sociales qui restent très marquées, même si elles ont tendance à s’atténuer. Ainsi 19,4 % des Français ayant au moins le bac fument quotidiennement, contre 28,2 % des non-diplômés.

De plus en plus de fumeuses

Par ailleurs la prévalence du tabagisme dans notre pays est toujours l’une des plus élevées en Europe, notamment chez les femmes. Avec 11,5 millions de fumeurs quotidiens en 2018, la France est encore loin des pays ayant imposé des politiques offensives de plus longue date, à l’instar des États-Unis et de l’Australie qui comptent aujourd’hui moins de 15 % de fumeurs.

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Selon François Bourdillon, «les effets de cette baisse de consommation sur la mortalité ne se feront de toute façon pas sentir avant dix ou quinze ans». On estime à 75.000 le nombre de morts attribuables en 2015 au tabagisme, à la suite de cancers, de maladies cardiovasculaires ou de pathologies respiratoires. Cela correspond à 13 % des décès survenus en France métropolitaine. Depuis quinze ans, ce décompte augmente de 5 % chez les femmes chaque année en moyenne. Conséquence visible avec retard de leur entrée dans le tabagisme dans les années 1960 et 1970.

La tendance à la baisse va-t-elle se poursuivre? Le CNCT se dit confiant : «L’objectif de la première génération sans tabac en 2032, c’est-à-dire moins de 5 % de fumeurs chez les jeunes majeurs nés en 2014, est accessible.» En 2020, le prix du paquet de cigarettes coûtera 10 euros.