Le cannabis à forte concentration lié à des dommages cérébraux

Psychomédia Publié le 28 novembre 2015

La consommation fréquente de cannabis à forte concentration de THC, tel que le « skunk », est liée à des dommages cérébraux, selon une étude publiée dans la revue Psychological Medicine. Le cannabis le plus couramment consommé contient des niveaux beaucoup plus élevés de THC qu’il y a dix ans, soulignent les chercheurs.

Paola Dazzan et ses collègues du King’s College London et de l’Université Sapienza de Rome ont utilisé deux technologies d’imagerie cérébrale pour examiner la matière blanche du cerveau de 56 personnes ayant rapporté un premier épisode de psychose ainsi que de 43 volontaires en bonne santé.

Ils ont examiné spécifiquement le corps calleux, la plus grande structure de substance blanche du cerveau, responsable de la communication entre les hémisphères droit et gauche. La matière blanche est constituée de fibres nerveuses (axones des neurones) qui relient les différentes régions du cerveau, permettant ainsi la communication entre elles.

Le corps calleux est particulièrement riche en récepteurs cannabinoïdes, sur lesquels le THC du cannabis agit.

« Cette atteinte de la substance blanche était significativement plus importante chez les grands utilisateurs de cannabis à forte puissance que chez les utilisateurs occasionnels ou utilisant du cannabis moins puissant, et était indépendante de la présence d’un trouble psychotique », indique la chercheuse.

Le type de cannabis, tout comme le type d’alcool (bière, vin, spiritueux…), doit être considéré dans l’évaluation des risques, souligne-t-elle.

Psychomédia avec sources : King’s College London, The Guardian

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Captagon la drogue des tueurs

 Cette substance désinhibe celui qui l’ingère et décuple sa bruta­lité. Elle aurait été utili­sée par les terro­ristes du 13 novembre.

Plusieurs survi­vants du Bata­clan évoquent le compor­te­ment « méca­nique, déshu­ma­nisé » des terro­ristes. Un témoin qui les a croi­sés juste avant leur attaque note leurs « têtes de morts-vivants ».

Leur -fana­tisme reli­gieux et leur passage dans des camps d’en­traî­ne­ment au djihad en vue de deve­nir de parfaits bour­reaux ou kami­kazes n’ex­plique­raient pas tout : des substances décu­ple­raient leur sauva­ge­rie.

Pour­tant pros­crite par le Coran – comme le suicide –, la drogue -faci-lite­rait le passage à l’acte des terro­ristes. En juin dernier, en -Tuni­sie, des resca­pés rapportent que le djiha­diste qui a -massa­cré trente-huit touristes à Sousse « -rigo­lait et prenait des photos des victimes ». Selon le Daily Mail, qui s’ap­puie sur les résul­tats de son -autop­sie, des « stimu­lants » ont été déce­lés dans son orga­nisme. D’autres médias -citent le Capta­gon, nom commer­cial de la -féné­thyl­line, de la famille des amphé­ta­mines (comme l’ecs­tasy).

Produites dans des labo­ra­toires clan­des­tins au Liban et en Syrie, les pilules sont vendues entre 5 et 20 dollars et consom­mées à des fins « récréa­tives » au Moyen-Orient, où l’al­cool est pros­crit. En 2010, en Arabie saou­dite, 7 tonnes ont été saisies. En Syrie, selon -Ramzi Haddad, un psychiatre liba­nais inter­viewé par Reuters en 2014, les combat­tants de Daech, du front al-Nosra et l’ar­mée de -Bachar el-Assad en consomment, notam­ment pour les « missions » longues ou nocturnes.

Des civils en avalent aussi pour lutter contre le stress -engen­dré par le conflit. Synthé­ti­sée en 1961, cette molé­cule a un temps été utili­sée en méde­cine pour trai­ter la dépres­sion, la -narco­lep­sie et l’hy­per­ac­ti­vité. Mais elle a vite été détour­née de son usage d’ori­gine, notam­ment par des toxi­co­manes et des -cyclistes. Dès 1986, le Capta­gon est classé par l’OMS comme stupé­fiant, en raison de l’ad­dic­tion qu’il -entraîne et de ses graves effets secon­daires, telles des -lésions cardiaques. Il est -inter­dit en France depuis 1993.

Le neuro­bio­lo­giste Jean-Pol Tassin -explique à VSD que cette drogue est « hélas idéale » pour des combat­tants : « L’am­phé­ta­mine augmente la force muscu­laire et dimi­nue l’an­goisse. Le sujet ne ressent plus la -fatigue et a l’im­pres­sion que rien ne peut l’ar­rê­ter. L’ef­fet dure une heure. Des otages du Bata­clan ont remarqué qu’au bout d’une heure le compor­te­ment des terro­ristes a -changé, ils sont deve­nus plus nerveux. »

Le Pr Tassin précise que les amphé­ta­mines -accroissent l’agres­si­vité : « Lors des premiers tests sur des animaux, les souris s’étaient -entre­tuées. Il n’y a aucun problème pour en trou­ver en Europe. Ce sont les mêmes clan­des­tins qui, notam­ment en Belgique et aux Pays-Bas, fabriquent l’ecs­tasy. »

Des seringues ont été retrou­vées dans les chambres d’hô­tel louées à Alfort­ville (Val-de-Marne) loué par Salah Abdes­lam, le chef présumé du commando (en fuite à l’heure où nous impri­mons). Jean-Pol Tassin s’en étonne : « Je doute qu’ils s’en soient injecté en intra­vei­neuse. L’ef­fet est quasi­ment immé­diat, il aurait été plus logique qu’ils -avalent des pilules un peu avant de -passer à l’ac­tion. Peut-être se sont-ils admi­nis­tré des opia­cés la veille pour -réduire leur angoisse ? » Les résul­tats des autop­sies -devraient éclair­cir ce point.

Le mot « assas­sin » vien­drait du mot « hachi­chin », une secte de tueurs de l’Orient médié­val qui -fumaient du canna­bis avant de sévir. Dans les tran­chées de 14–18, l’état-major distri­buait aux poilus de grandes quan­ti­tés de gnôle, surnom­mée le « monte-à-l’as­saut ». Et, pendant la Seconde Guerre mondiale, les soldats alle­mands étaient -dopés au Pervi­tin, une amphé­ta­mine qu’ils appe­laient « Panzer-scho­ko­lade ». –

Enrôlé dans la Wehr­macht, l’écri­vain Hein­rich Böll (1917–1985) parlait de « pilules miracle » qui rendaient « froid, sans réac­tion ». Ce sont d’ailleurs des méde­cins nazis qui ont inventé la métha­done, un substi­tut à l’hé­roïne. Cette -dernière fut -large­ment consom­mée par les GI au Viet­nam et par l’ar­mée Rouge en Afgha­nis­tan. Aujourd’­hui encore, en Afrique, les chefs de guerre en donnent souvent aux -enfants-soldats. -Droguer des soldats pour en faire des -robots n’a donc rien nouveau.

Source

New York part en guerre contre le cannabis de synthèse

New York – « 0% cannabis, 100% dangereux » : avec une campagne d’information publique, New York part en guerre contre le cannabis de synthèse, qui en quelques mois a fait deux morts dans la ville et menace les populations les plus défavorisées.

Outre ces deux décès, cette drogue bon marché connue sous le nom de K2 a été responsable depuis janvier de plus de 6.000 visites aux services d’urgence des hôpitaux new-yorkais.

Le K2, dans le radar des autorités sanitaires depuis l’an dernier, est vendu sous des appellations multiples : Spice, AK-47, Bizarro, Green Giant, Smacked… Parfois présentés comme « aromathérapie« , ou « pot pourri« , certains sachets sont décorés avec des personnages de bande dessinée. On en trouve sur internet, mais aussi parfois dans les débits de tabac.

Certains usagers peuvent ainsi penser que c’est légal, or ça ne l’est pas.

« Il est très important que les gens comprennent qu’il y a 0% de cannabis et 100% de danger« , explique à l’AFP le docteur Mary Travis Bassett, responsable des services de santé de New York.

La composition de ces cannabinoïdes de synthèse, vendus parfois seulement 5 dollars le sachet de quelques grammes, varie selon les lots, avec des effets imprévisibles.

Mme Bassett participait cette semaine à un sommet consacré à cette drogue de synthèse qui a réuni à New York quelque 200 professionnels de la santé, magistrats, mais aussi membres des forces de l’ordre, de la lutte antidrogue ou des services sociaux.

Une campagne d’affichage sur les abribus new-yorkais, les cabines téléphoniques, dans des foyers de sans-abri et d’autres centres sociaux des quartiers les plus touchés a été lancée simultanément pour mettre en garde contre le K2.

Sa composante de base, venue de Chine, est généralement mélangée à des solvants, le liquide étant ensuite pulvérisé sur des feuilles comme des feuilles de thé puis vendu sous forme de petits sachets d’herbe.

« Le K2 est une drogue terrifiante et imprévisible« , a déclaré Julie Menin, responsable de la défense des consommateurs à la mairie, en soulignant que l’usager, incité à penser que ces petits paquets d’herbe étaient légaux, ne pouvait jamais savoir quelle en était la composition chimique et quel serait leur effet.

– Sanctions renforcées –

Plus de 9.000 courriers vont aussi être envoyés aux débits de tabac, leur rappelant que la vente en est illégale et les sanctions sévères.

Le mois dernier, le maire de New York Bill de Blasio a annoncé un renforcement de ces sanctions, les vendeurs et distributeurs risquant désormais un an de prison, des amendes pouvant aller jusqu’à 100.000 dollars et la fermeture de leur magasin à la deuxième infraction.

Le 16 septembre, les autorités avaient fait part d’un vaste coup de filet à New York contre un réseau de distribution. Six personnes avaient été arrêtées et dix inculpées.

Les utilisateurs de cette drogue se trouvent surtout selon Mme Bassett « dans les quartiers pauvres« , avec une « sur-représentation des personnes atteintes de maladie mentale parmi ceux hospitalisés d’urgence« . Au total, 99% des personnes hospitalisées ont plus de 18 ans et 90% sont des hommes, âgés en moyenne de 37 ans.

Le problème a d’abord été identifié dans le quartier new-yorkais d’East Harlem, avant de s’étendre aux arrondissements voisins.

Le K2 peut provoquer hallucinations, angoisses, comportements agressifs, léthargie, vomissements, perte de connaissance, convulsions et même être mortel.

Deirdre Canaday, mère de quatre enfants, en a fait l’expérience il y a quatre ans, bien avant que les autorités ne s’en inquiètent.

Son fils de 26 ans, Aaron, avait voulu essayer le K2 avec des amis, « pour s’amuser un peu« , dit-elle à l’AFP. « C’était légal à l’époque. Il a essayé une demi-douzaine de fois. Et un matin, ils se sont tous réveillés, sauf Aaron. » Son fils était en pleine santé.

A l’époque « ce truc était bénin » par rapport à ce qu’on fait aujourd’hui, ajoute-t-elle.

Le K2 est « de plus en plus mortel, de plus en plus imprévisible, de plus en plus puissant« . Et selon elle, « il menace tout le monde« . 

Source L’Express

EDITORIAL : Des effets inattendus de la libéralisation/légalisation du cannabis

 

par le Professeur Jean-Pierre GoulléPhoto Goulle

De nombreuses voix s’élèvent pour réclamer la modification du statut d’une drogue illicite dite « douce », le cannabis. Il convient de rappeler à ce propos que ce n’est pas une drogue « douce » mais une drogue à cinétique lente, dont les effets délétères sur la santé se sont considérablement  accrus au cours des 20 dernières années, en raison de la multiplication par un facteur quatre de la teneur moyenne en principe actif dans la drogue, le tétrahydrocannabinol (THC), ce n’est plus la même drogue.

Historiquement, l’une des raisons de ce classement en drogue « douce » – et cela était même enseigné en faculté de médecine – est lié à l’absence de récepteurs du THC (récepteurs CB1) au niveau du centre respiratoire bulbaire, d’où l’absence de risque de décès par surdose, contrairement aux morphiniques, en particulier. De plus, avec le cannabis d’antan, beaucoup plus faiblement dosé en THC, le risque de dépendance était nettement moins important.

Les chiffres récents attestent de cette dépendance accrue, puisqu’en France, les consommateurs de cannabis représentent 44% de tous les patients pris en charge pour addiction parmi les usagers de drogues illicites. Ils représentent même 62,5% des patients admis en traitement pour la première fois (rapport de l’observatoire européen des drogues et toxicomanies : OEDT, juin 2015). Certes, par son nombre moindre d’utilisateurs, en relation avec son caractère illicite, les dégâts qu’il engendre sont moindres que ceux du tabac avec 79000 morts ou de l’alcool avec 49000 décès, mais face à cette hécatombe évitable, parmi les objectifs prioritaires de santé publique figurent le zéro tabac et une réduction drastique de la consommation d’alcool.

Il serait donc criminel et cela engagerait la responsabilité de nos gouvernants de mener une politique qui pourrait être le berceau du développement d’autres addictions, alors que le coût social des drogues licites et illicites est proche de 250 milliards d’euros (le coût social des drogues en France, septembre 2015, observatoire français des drogues et toxicomanies : OFDT, voir cette lettre).

Parmi ceux qui prônent la libéralisation / légalisation, les arguments avancés sont principalement de deux ordres.

  • Pour certains, la France fait fausse route, alors que le pays dispose d’une des législations les plus strictes en matière de drogues illicites, elle caracole en tête des pays consommateurs de cannabis au niveau de l’Union Européenne, ce qui constitue pour eux un aveu de l’échec total de la politique répressive. Il convient cependant de leur faire remarquer qu’en la matière, la loi n’est pas appliquée « car la société n’est pas prête et la justice n’est que le reflet de la société » pour reprendre les propos tenus par un procureur de la république normand.
  • Pour d’autres, la libéralisation / légalisation devrait permettre de « casser » voire de faire disparaître le trafic et de rétablir ainsi la paix dans les cités, pour le plus grand bonheur de ses habitants et de ses dirigeants. De plus, le contrôle de la vente du cannabis taxé par l’état, comme cela est pratiqué dans ces pays, constituerait une manne financière très importante; d’autant qu’elle viendrait en complément des taxes perçues sur le tabac puisque la drogue est mélangée à ce dernier.

Mais c’est sans compter sur le fait que les trafiquants ne sont pas du tout décidés à abandonner un commerce aussi lucratif et finalement aussi peu risqué. Ainsi, dans les pays où de telles mesures de libéralisation / légalisation sont prises, les narcotrafiquants se sont très vite reconvertis dans le trafic de drogues encore plus addictives que le cannabis.

Aux Etats-Unis par exemple, suite à la légalisation du cannabis dans certains états, les cartels de la drogue se sont reconvertis dans le commerce de l’héroïne et ont inondé le marché, doublant rapidement le nombre d’usagers dans le pays.

A un moment où la France cherche non seulement à réduire le coût social des drogues estimé à 120,4 milliards pour le tabac, 120,1 milliards pour l’alcool et 8,7 milliards pour les drogues illicites, mais aussi à protéger la santé de ses concitoyens et surtout à réduire la véritable hécatombe constituée par les 130000 décès annuels évitables liés à ces addictions; le développement du trafic d’autres drogues illicites par le biais de la libéralisation / légalisation du cannabis, constituerait un très mauvais signal et indéniablement une erreur grave de conséquences au plan de la santé publique.

 

 

LES EFFETS DU CAPTAGON, DROGUE UTILISÉE PAR LES COMBATTANTS DJIHADISTES

Au mois de juin dernier à Port El-Kantaoui en Tunisie, Seifeddine Rezgui faisait 39 morts et autant de blessés. Son autopsie révélera qu’il était sous l’emprise d’une drogue, le captagon. Un neurobiologiste explique quels sont les effets de cette substance.

Après les attaques terroristes qui ont frappé la Tunisie le 26 juin dernier, menées par Seifeddine Rezgui, 23 ans, les témoignages faisaient état d’un homme qui souriait et riait pendant la tuerie. Ces derniers jours, des témoignages qui font suite aux attaques ayant eu lieu ce vendredi 13 novembre parlent d’hommes au comportement également déshumanisé. Une hypothèse avance le fait qu’ils aient été sous l’emprise de captagon, la drogue utilisée par le responsable de l’attaque en Tunisie, et très prisée des combattants djihadistes.

Substance stimulante, le captagon est à placer dans la famille des amphétamines. Stimulant la concentration et la production de dopamine, il avait été prescrit en France dans le traitement contre la narcolepsie et l’hyperactivité, jusqu’à ce qu’il soit retiré du marché en 1993 car il provoquait de graves lésions cardiaques. Depuis 1986, il est placé sur la liste des substances stupéfiantes.

Interrogé par le magazine Sciences et Avenir, le Pr Jean-Pol Tassin, neurobiologiste de l’INSERM et spécialiste des addictions, explique les effets de cette drogue. « Comme toutes les autres amphétamines, cette drogue entraîne une résistance à la fatigue, une vigilance accrue et une perte de jugement. Elle donne l’impression à celui qui la consomme d’être tout puissant, d’être le “roi du monde” en quelque sorte ». L’acte de tuer devient alors dénué de sens humain, et la crainte n’existe plus.

« Plus précisément, au niveau moléculaire, la fénéthylline pénètre dans les neurones et chasse deux neurotransmetteurs, la noradrénaline et la dopamine, présente dans les vésicules. La libération de noradrénaline hors des neurones augmente la vigilance et réduit le sentiment de fatigue. La dopamine, elle, agit notamment sur le circuit de la récompense, responsable de la sensation de plaisir et, à haute dose, de l’addiction » poursuit le neurobiologiste.

Des effets qui ne concernent pas que le cerveau. « Le captagon augmente la libération du glucose stocké dans les cellules musculaires, ce qui permet de prendre du muscle sans fournir d’effort. De plus, la libération de noradrénaline accélère significativement le rythme cardiaque » explique le Pr Jean-Pol Tassin. Ensuite vient la fatigue et sans sommeil, place à la descente. « Les individus ressentent une fatigue intense, une psychose, des fonctions mentales altérées, l’alternance de phases d’euphorie et de dépression. C’est un peu comparable aux effets d’une nuit blanche sur le cerveau ». Mais malgré la fatigue, l’euphorie est telle que ni la peur ni la douleur ne se font ressentir. À Homs, en Syrie, un officier de la brigade des stupéfiants racontait à Reuters : « On les frappait et ils ne ressentaient pas la douleur. La plupart d’entre eux rigolaient alors qu’on les bourrait de coups ».

SOURCE

Drogue. Un mémo pour les parents des collégiens costarmoricains © Le Télégramme

Créé en 2008, à l’initiative du préfet des Côtes-d’Armor, le mémo des parents a pour objectif de sensibiliser les parents des adolescents du département aux risques liés à la consommation de produits psycho actifs. Ce document doit leur permettre de repérer les premiers signes d’alerte et d’identifier les structures ressources départementales. Ce dispositif, unique en Bretagne, a été présenté vendredi, par Pierre Lambert, préfet des Côtes-d’Armor et Annie Le Coz, médecin et conseillère technique.

Focus sur le cannabis


Ce mémo parents, format calendrier, a été conçu pour qu’il soit facilement consultable. Le recours à des dessins humoristiques a été plébiscité lors de l’évaluation et reconduit cette année. Sur le fond, il contient des renseignements personnalisables sur la scolarité de l’élève, les principaux signes d’alerte, les coordonnées des structures d’aide en matière d’accueil, d’information, de prise en charge, d’écoute téléphonique, ainsi que quelques données chiffrées sur la problématique départementale.

« Cette édition met le focus sur la thématique du cannabis, dont l’usage s’est banalisé d’année en année, avec un rappel de ses principaux effets, des signes pour repérer une consommation, des conséquences et quelques conseils pratiques à destination des parents », indique le docteur Le Coz.

Elle constate d’ailleurs que « les filles expérimentent autant le cannabis que les garçons. Cette expérimentation est en recrudescence pour les deux sexes. L’usage régulier du cannabis est en augmentation surtout chez les garçons. 64 % des Bretons de 17 ans, déclarent avoir consommé du cannabis. La consommation passe de 1,5 % en 6e à 25 % en classe de 3e ».

Le mémo sera distribué dès à présent dans tous les collèges. Le tirage à 35.000 exemplaires, d’un coût de 3.500 € a été financé en partie par une subvention de la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives.
Source

Nouvelle victoire contre le tabac aux Etats-Unis

cigarettes

La première cause de mortalité évitable, le tabagisme est de nouveau en recul aux Etats-Unis ont annoncé les autorités fédérales américaines de la santé; le taux de fumeurs s’abaisse d’un percent à 16,8% contre 17.8% en 2013.

En 1964, un américain sur deux fumait ; c’est à ce moment qu’à été publié la première révélant au grand public les effets destructeurs du tabac, ce que l’on appelle le surgeon general’s warning. Les efforts de la FDA  et de nombreuses municipalités qui ont déclaré la guerre au tabac a marqué des points contre les lobby du tabac et épargné des milliers de vie.

Les fumeurs sont aujourd’hui principalement des personnes peu éduquées ; parmi les moins éduqués aux Etats-Unis, 43 % fument contre 5% de ceux ayant un diplôme universitaire. Ce sont donc les plus pauvres, également les plus touchés par l’obésité, qui cumulent les facteurs de risque.

En comparaison, le taux de tabagisme en Australie atteint 12% et 20% en Angleterre. Comme le révélait le dernier rapport de l’OCDE, la France fait figure de mauvais élève avec un taux de fumeur non seulement en augmentation mais touchant largement plus de 24% de la population : il est presque deux fois plus élevé qu’en Suède et en Australie; “La France doit s’inspirer des mesures prises par ces pays pour réduire davantage la consommation de tabac” commentait ce rapport de l’OCDE. Cette situation s’explique vraisemblablement par la porosité de nos responsables politiques aux lobbies du tabac. Rappelons que les sénateurs français ont supprimé le projet de paquet neutre au cours de l’été (déjà présent en Australie) et que nos députés ont récemment refusé toute augmentation du prix de tabac, deux décisions qui sont des votes contre la santé publique et directement tournés contre le peuple français dont plus de 80 000 décèdent chaque années des effets du tabac.

Ce succès américain démontre qu’il est possible de mettre en place des mesures efficaces contre le tabac dès que les hommes politiques y consentent. Il est cependant nécessaire dorénavant pour les autorités fédérales américaines de mettre en place de nouvelles règles visant à réduire le tabagisme chez les plus pauvres. Dès jeudi une nouvelle proposition de loi interdira de fumer dans l’équivalent américain des appartements HLM et ceci dans l’ensemble du pays. Une mesure radicale mais qui sera certainement efficace.

Sources

U.S. Smoking Rate Declines, but Poor Remain at Higher Risk
Sabrina Tavernise
New York Times NOV. 12, 2015

Cannabis, tolérance zéro

Editorial  11 Novembre 2015    

(cliquez pour en savoir + sur les mots en couleur)            

Les relais sur le blog de lémission d’Arte «  Cannabis, l’état doit –il devenir dealer  » où notre Président, Jean Costentin, intervenait, face à deux partisans de la libéralisation de l’usage du cannabis et des autres drogues puis de la proposition de Madame Valérie Pécresse de dépister l’usage de drogues dans les établissements scolaires nous valent un important courrier. Les vraies questions sont enfin posées, le débat s’engage, nous allons proposer à nos lecteurs de larges extraits des commentaires que nous avons reçus

Deux informations complémentaires sont à apporter au dossier ; La première vient des USA après que quelques états aient légalisé l’usage du cannabis. La réaction des narcotrafiquants  ne s’est pas faite attendre, l’héroïne et la cocaïne ont remplacé le cannabis , semble t-il avec un succès commercial assorti d’une recrudescence d’accidents graves qui justifient une intervention fédérale. Ces deux drogues, plus puissantes sont aussi plus attractives mais plus toxiques , la situation des toxicomanes s’aggrave.

L’autre information est la prolifération actuelle des nouvelles drogues, beaucoup plus puissantes et aussi plus toxiques, parmi lesquelles les cannabinoïdes de synthèse (voir article du Figaro du 8 juin 2015). Introduire des dérivés du cannabis n’est pas innocent, on peut penser qu’ils s’avancent à l’ombre du cannabis pour profiter de l’allégement pénal annoncé en France, une simple contravention pour usage illicite. Or ils sont beaucoup plus puissants et génèrent des pathologies nouvelles. Les risques sont grands, la prévention et l’éducation plus que jamais nécessaires, ne suffiront pas.

Jean-Paul Tillement et Jean- Pierre Goullé

Valérie Pécresse : Éradication du cannabis de l’espace éducatif par J Costentin

Professeur Jean Costentin Président du centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)

« ELECTIONS REGIONALES – Partie depuis plusieurs mois en guerre contre la « banalisation de la drogue  » chez les jeunes, Valérie Pécresse promet de serrer la vis si elle élue à la présidence de la région Ile-de-France. En cas de victoire, elle mettra en place des tests de dépistage salivaire de consommation de cannabis dans les lycées franciliens.

  »La consommation de drogue a pour conséquence la démotivation, le décrochage et l’échec scolaire. Lutter contre l’usage de la drogue chez les mineurs c’est ma responsabilité de candidate « , explique-t-elle au quotidien régional tout en détaillant un dispositif.

La pratique de ces tests serait soumise à l’approbation des conseils d’administration des 470 lycées d’Ile-de-France (dont la région à la responsabilité). S’ils donnent leur accord, les élèves seraient contraints de se soumettre à ces tests sous peine d’être considérés d’emblée comme « positifs ». Les parents seraient prévenus et les lycées où les adeptes de la fumette sont les plus nombreux feraient l’objet de mesures spécifiques pour lutter contre le trafic. En avril dernier, madame Valérie Pécresse avait déjà dénoncé « une évolution sociologique et aussi une forme de banalisation de la consommation du cannabis dans la société « . Elle réclamait alors des « lycées sans addiction, comme on a fait les lycées sans tabac, avec des vrais contrôles à l’entrée des lycées ». 

La présentation de cet ambitieux et très important projet a évidemment suscité les critiques de tous les prolégalisateurs du cannabis, constamment à l’affut, qui ont tant contribué à la pandémie cannabique qui consume notre jeune génération («  ça contreviendrait à la loi, ce serait une agression pour les adolescents, ça ne respecterait pas la liberté, ce n’est pas possible…. » et j’en passe).  L’ancienne ministre des universités sait combien ce cannabis affecte les performances éducatives.

Sans le dire, elle constate la discordance entre les faibles performances éducatives des élèves français dans la compétition mondiale (27ième rang dans le classement PISA), et le fait que nous sommes parmi les nations dépensant le plus pour l’éducation de leurs enfants.  Plutôt que d’exprimer, le cas échéant, quelques nuances (comme peut en susciter l’expression de toute position), saluons bien bas et mieux applaudissons cette déclaration forte et cette initiative très importante de madame Pécresse, qui a pris la réelle mesure du drame cannabique qui consume notre jeunesse.

Outre la toxicité physique et psychique de cette drogue, que l’on ne développera pas ici, concentrons-nous sur ses aspects en relation avec l’éducation.

Le cannabis (par son THC), perturbe de multiples façons les activités éducatives, d’où mes raccourcis habituels destinés à marquer l’esprit de mes jeunes auditeurs : « le chichon ça rend con » ; « pétard du matin-poil dans la main ; pétard du soir-trous de mémoire ».

Plus doctement maintenant : Le THC suscite une ivresse, une somnolence, une défocalisation de l’attention, des troubles délirants (pensée coupée de la réalité, sorte de rêve éveillé), des manifestations hallucinatoires (perceptions erronées, fallacieuses), un syndrome amotivationnel, une aboulie, une énorme paresse, des individus tout puissants sur leur chaise, mais qui répugnent à s’en soulever ; qui réussiront tout quand ils le voudront, mais le moment n’est jamais venu ; qui critiquent l’effort d’autrui pour se dispenser de le partager ; des individus revenus de tout sans être jamais allés nulle part.

« Arrêtes, tu me prends la tête ! »,  en raison d’une discontinuité du cours de la pensée,  d’un passage du coq à l’âne, d’un oubli du mot ; à certains égards des troubles du type maladie d’Alzheimer. Le THC perturbe la mémoire de travail, la mémoire opérationnelle, la mémoire qui permet de terminer sa phrase dans la logique de son début ; mémoire qui permet d’exprimer une phrase dans la continuité de la précédente, et même (mais on ne peut plus parler de mémoire) d’anticiper la phrase suivante. On connait les bases neurobiologiques de ces troubles.

Ils sont liés à l’inhibition de la libération d’un neuromédiateur, l’acétylcholine, dans l’hippocampe, sous l’effet de très faibles concentrations de THC, de l’ordre de grandeur de celles qui persistent pendant plusieurs jours après la consommation d’un seul « joint ». « Un joint c’est pour une semaine dans la tête et plein de joints c’est pour plusieurs semaines ». Lors de l’arrêt d’une consommation au long cours de cannabis, il a été constaté une perte de près de 8 point de Q.I. (quotient intellectuel), irrécupérable.

Comment imaginer que dans ces conditions un élève tire parti des efforts déployés pour lui inculquer des connaissances. « C’est comme si on pissait dans un violon » exprimait un enseignant exerçant  dans une école des travaux publics, formant des conducteurs d’engins de chantier.

Le jour où, à 10h du matin, j’y effectuais une présentation sur les méfaits du cannabis,  je constatais que  près de 60 % de ces pauvres jeunes gens  étaient « shootés », « camés », paumés », la conjonctive injectée, la paupière lourde, les mouvements oculaires en décalage par rapport au déplacement de mes deux index dans leur champ visuel ; la tête lourde piquant en avant, l’air lointain, absent, quand ce n’était pas pour quelques-uns un sommeil profond ;  ces intoxiqués étaient, bien sûr, incapables de répondre aux questions que je leur posai, lesquelles visaient seulement à leur faite répéter ce que je venais d’exprimer.

Les enseignants qui m’avaient convié, confirmaient mes intuitions de résultats catastrophiques aux contrôles des connaissances, constatant une imperméabilité complète aux messages simplifiés à l’extrême que ces enseignants, dont la motivation était mise à rude épreuve, s’appliquaient encore à leur dispenser. ………

 

 

Lycées sans drogue en Ile de France: sortons enfin du déni de réalité (Martine Daoust et Mickaël Naassila)

Daoust et Naassila

Martine Daoust  a été rectrice de l’académie de Poitiers d’octobre 2010 en septembre 2012. Professeur des universités de 1ère classe, agrégée en sciences du médicament, option physiologie, Martine Daoust a enseigné à l’université de Picardie Jules Verne (UPJV), dans l’UFR des sciences pharmaceutiques.Elle est également chevalier de la légion d’Honneur, et lauréate du Prix de l’Académie de médecine

Mickaël Naassila Professeur de Physiologie UFR de Pharmacie – Directeur de l’unité INSERM ERi 24 – GRAP -UFR de Pharmacie – Groupe de Recherche sur l’Alcool et les Pharmacodépendances
Alors que la France est un des pays européens où la diffusion du cannabis est la plus importante, et que la majorité des consommations régulières concerne les jeunes, il est toujours très compliqué d’en parler sans tomber dans des discours passionnés. Le débat finit toujours par se résumer à des oppositions dogmatiques et il devient de plus en plus difficile de prendre des mesures de prévention sans déchainer des hordes de critiques qui tiennent plus de la posture que de l’objectivité scientifique. Au final, on laisse le problème sous le tapis et les chiffres, têtus, enquête après enquête, nous révèlent la fragilité des adolescents.

Dès 15-16 ans, près de 9% des adolescents présentent un risque élevé d’usage problématique du cannabis, c’est-à-dire un usage susceptible d’induire des dommages sanitaires, sociaux et scolaires importants. Plusieurs arguments plaident en faveur de cette vulnérabilité spécifique.

Avec la consommation d’alcool, celle de cannabis et leurs dommages sur la santé ont été l’objet de deux expertises collectives INSERM à plus de 10 ans d’intervalle. Constat un peu surréaliste : les experts réunis avancent de nouvelles connaissances, émettent des recommandations, et rien de bouge. On fait comme si les problèmes n’existaient pas. Régulièrement, des résultats d’enquêtes sont annoncés, à grands coups de communication. Et puis, plus rien. Les problèmes passent à la trappe sans l’ombre d’une solution pratique. Ce qui est d’autant plus surprenant alors qu’un consensus de connaissances est largement atteint et on sait parfaitement identifier les situations à risque. L’exposition des adolescents à l’alcool et/ou au cannabis en font partie.

On sait qu’entre 15 et 25 ans, le cerveau n’a pas fini sa maturation, il reste particulièrement plastique et donc sensible aux toxiques qui ont alors des effets à long terme sur les processus cognitifs et mnésiques. Des déficits cognitifs, des défauts d’attention ont largement été décrits dans la littérature et les supports cellulaires et moléculaires sont à présents identifiés. Si l’adolescence est une période de développement caractérisée par des modifications physiques, psychologiques et sociales, on sait que ces changements sont associés et sous tendus par un remodelage cérébral intense. C’est cette évolution cérébrale qui régule l’acquisition des habiletés cognitives et comportementales complexes se mettant en place. Elle implique entre autres le système endocannabinoïde (système de neurotransmission endogène). Ce système emprunte les mêmes messagers que les cannabinoïdes exogènes apportés par la consommation. Ces relations cellulaires entre les processus de développement et le système cannabinoïde indiquent sans conteste la sensibilité aux cannabinoïdes des événements de maturation cérébrale. Plus personne ne remet en cause ces données largement renforcées par les observations cliniques.

Sur le plan épidémiologique, des études récentes sur plusieurs milliers de jeunes, ont montré un lien robuste entre la consommation de cannabis à l’adolescence et les effets délétères rencontrés à l’âge adulte. Les atteintes sont cognitives – troubles de mémoire, de l’attention et de la concentration, manque de motivation – et ont été décrites depuis longtemps chez les consommateurs de cannabis au long cours. Elles sont depuis confortées par des études réalisées sur des cohortes suffisamment étoffées pour qu’il en soit tenu compte dans les stratégies éducatives, au-delà des postures dogmatiques. D »autant plus important de considérer ces données que les effets, dans certains cas, semblent irréversibles.

Alors voilà, maintenant, nous savons, nous ne pouvons plus ignorer que le cannabis risque pour bon nombre de lycéens, d’affecter leur scolarité par manque de motivation, désintérêt, ou troubles cognitifs. C’est aussi un facteur aggravant dans les processus de décrochage. Comment mettre autant d’énergie et de moyens pour lutter contre le décrochage scolaire si on ne s’attaque pas aux facteurs de risques ? La consommation de cannabis en est un.

Maintenant que nous savons, que faisons-nous ? Vouloir instaurer des lycées sans drogues, comme le projette Valérie Pécresse, c’est poser des mots sur la problématique et mettre en place une stratégie cohérente pour y parvenir. Stratégie qui allie rappel à la loi, identification du problème et stratégie de remédiation et de prévention, avec un véritable portage politique fort. Le projet pour les lycées de l’Ile de France de pourvoir chaque établissement d’un référent addiction est totalement en accord avec les recommandations de bonnes pratiques pour accompagner les jeunes consommateurs. Il s’agit de former des référents, dans chaque lycée, donc au plus proche des lieux de vie des lycéens, au repérage précoce des consommations le plus tôt possible afin de ne pas laisser s’installer les comportements à risques. Ces référents auront aussi la tâche de développer les liens avec les partenaires du champ sanitaire et avec les parents. En particulier, le projet sera renforcé par une stratégie de conventionnement avec les structures spécialisées dans la prise en charge des adolescents. ( CSAPAs et CJC ). Enfin, les réferents devront former des lycéens relais pour le développement de formations par les pairs, clairement reconnue pour son efficacité dans la transmission des messages.

Ces actions, inscrites dans chaque lycée, et accompagnées du nécessaire rappel à la loi, avec, comme pratiqué dans d’autres pays, un dépistage de consommation. Il s’agit d’une stratégie originale par son approche hautement intégrative, qui prend en compte chaque lycéen, mais aussi son environnement scolaire et familial. Cette stratégie se situe complètement dans un cadre sanitaire. On identifie précocement le problème grâce aux référents, on assure l’adressage par conventionnement avec les structures dédiées et surtout, on sort du déni par le dépistage.

C’est donc l’ensemble des bonnes pratiques issues des recommandations qui sera déployé dans les lycées de l’IdF.

A cet égard, la stratégie portée par Valérie Pécresse est audacieuse, originale et répond à un véritable problème de santé publique.

Enfin !

 

Abus mortels de stimulants

Les consommateurs de caféine et autres stimulants en proie à des problèmes cardiaques sont de plus en plus nombreux dans les urgences, et des coroners se retrouvent même avec des décès à élucider.

Carine Leblanc, décédée en janvier dernier, dont les résultats des prélèvements sanguins ont révélé la présence dans le sang de caféine, de méthamphétamine, de cannabis et d’ibuprofène.   À Beauceville, une jeune femme de 32 ans, Carine Leblanc, est morte en janvier 2015 après avoir ingurgité un cocktail qui incluait plusieurs stimulants.

 «La combinaison de plusieurs substances augmente inévitablement les risques de toxicité-fatalité chez le consommateur» – Pierre-André Dubé, pharmacien-toxicologue à l’INSPQ.

Les résultats des prélèvements ont révélé la présence dans le sang de caféine, de méthamphétamine, de cannabis et d’ibuprofène. Pourtant, les analyses toxicologiques ne démontrent aucune substance en concentration mortelle.

«L’effet combiné de la caféine et de la méthamphétamine est susceptible de déclencher une arythmie cardiaque, hypothèse la plus probable pour expliquer le décès», explique le coroner Pierre Brochu dans son rapport remis en juillet 2015.

Le pathologiste a conclu à une mort probablement due à une intoxication à la méthamphétamine combinée à la caféine. La victime a été retrouvée inerte au sous-sol de sa résidence, près du poêle à bois.

Boissons énergisantes

Les analyses toxicologiques ne précisent pas si la caféine a été ingurgitée au moyen de boissons énergisantes, mais le coroner Brochu affirme que selon d’autres preuves, la victime en consommait.

En 2010, le rapport d’un groupe d’experts de Santé Canada sur les boissons énergisantes caféinées plaçait l’arythmie cardiaque parmi les effets indésirables graves.

Pour sa part, le Dr Brochu pointe du doigt les comprimés vendus dans la rue.

«Dans la rue, on peut acheter la mort. Les gens ne le réalisent pas. Je trouve ça triste que quelqu’un ne se lève pas le lendemain matin.»

Mort subite

Pour le Dr Paul Poirier, de l’Institut de cardiologie de l’Université Laval, ce sont les mélanges dangereux qui causent beaucoup de dégâts.

«Méphamphétamine et caféine, c’est un cocktail associé à des décès par mort subite. On ne peut pas cacher ça.»

Le réputé cardiologue de Québec répète que les problèmes d’arythmie connaissent une croissante importante.

«On en voit beaucoup. Une arythmie foudroyante, ça prend six secondes. C’est assez pour tituber et chuter. Le message est assez clair.»

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