Cannabis: des tests de dépistage dans les tabacs

Vendredi 31 janvier 2014

100.000 tests de dépistage du cannabis vont être mis en vente ces jours-ci chez 3.000 buralistes français.

Fumer du cannabis est interdit en France. Pourtant, avec environ 4 millions de fumeurs plus ou moins réguliers, l’Hexagone en est l’un des plus gros consommateurs d’Europe. Une « addiction » qui a des conséquences sur les routes puisque la part des conducteurs positifs au haschisch impliqués dans un accident mortel s’élève à 13,4%. Aujourd’hui, conduire avec des traces de THC (la substance active du shit) dans le sang est passible de 4.500€ d’amende, d’un retrait de 6 points sur le permis et de 2 ans d’emprisonnement (dix en cas d’accident mortel). Et lors d’un contrôle, et contrairement à l’alcool (0,5g/l), aucune tolérance n’est permise.

Des traces dans le sang pendant plusieurs jours

Pire, les traces de stupéfiants restent plusieurs jours dans l’organisme des fumeurs. Combien de jours exactement? Difficile à évaluer. De 24 heures à 3 jours pour un fumeur occasionnel, beaucoup plus pour un fumeur régulier. La seule solution reste alors de ne pas prendre le volant ou de s’autodépister avant de conduire. Comment? En se procurant un test urinaire… chez le buraliste. Ces jours-ci, un fournisseur (Elicole) met en effet 100.000 tests en vente dans 3.000 bureaux de tabac français.

3,50€ l’unité

Baptisés « Cannabis Verdict », ceux-ci sont proposés au prix unitaire de 3,50€ et s’accompagnent d’un livret de sensibilisation de 24 pages. 5 à 15 minutes d’attente après la réalisation du test suffisent pour connaître la dose de THC présente dans le sang.

D’ici un mois environ, ces tests trouveront également place dans les centres auto Feu Vert et Norauto.

Retrouvez tous les détails de cette arrivée de tests de dépistage dans les bureaux de tabac dans lenuméro 1326 d’Auto Plus, en kiosque jusqu’au 6 février.

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France : Une proposition de loi visant à légaliser l’usage du cannabis déposée Mardi 28/01/14

BenbassaLa sénatrice (EELV) Esther Benbassa entend ainsi «ouvrir le débat» sur la consommation du cannabis en France…

Elle se doute bien que certains y verront une idée fumeuse. Sénatrice (EELV) du Val-de-Marne, Esther Benbassa a donc déjà prévu d’organiser le 6 février un colloque au Sénat pour expliquer l’enjeu de sa proposition de loi. Visant à dépénaliser et légaliser l’usage du cannabis, celle-ci doit être déposée ce mardi après-midi au bureau du Sénat, a appris 20 Minutes auprès d’Esther Benbassa elle-même.

«C’est un texte qui vise à ouvrir le débat, confie la sénatrice. L’idée étant de confier la culture, la vente et la distribution à l’Etat plutôt qu’aux réseaux souterrains et aux dealers.»

La teneur en THC fixée par le ministère de la Santé

Selon nos informations, le texte prévoit donc l’autorisation de «la vente au détail et à l’usage, à des fins non thérapeutiques, de plantes ou de produits du cannabis».

D’après le projet, la quantité autorisée pour la détention et la vente au détail devra être fixée par un décret du Conseil d’Etat. La teneur maximale en tétrahydrocannabinol (THC, molécule donnant au cannabis son caractère psychotrope) devra, de son côté, être fixée par le ministère de la Santé.

«L’idée n’est pas d’encourager la consommation mais bien de l’encadrer car elle existe déjà», poursuit Esther Benbassa.

35.000 emplois et un milliard de recettes pour l’Etat?

La sénatrice estime ainsi que la France compte deux millions de consommateurs réguliers de cannabis aujourd’hui. «Cette proposition, si elle venait à être votée, permettrait de mettre fin à l’activité des dealers, de créer 35.000 emplois et surtout à l’Etat de récupérer un milliard d’euros de taxes.»

Car la distribution, toujours selon le texte, serait organisée de la même manière que la vente de tabac. «Avec les mêmes restrictions, poursuit-elle. A savoir que la vente sera interdite aux mineurs et qu’il n’y aura pas de publicité.»

Militante engagée sur cette question depuis longtemps, Esther Benbassa a mené toute une série d’auditions durant l’année 2013 auprès de spécialistes afin d’aboutir à cette proposition de loi. «On voit bien ce qui se passe en Uruguay ou en Floride… Les mentalités évoluent.» Source

Une « salle de shoot » à Paris cette année, deux autres à venir (Mildt)

LE LUNDI 27 JANVIER 2014 À 15:28 Par Rédaction de France Info

Danièle Jourdain-Menninger, la présidente de la Mildt, confirme l’implantation d’une salle de shoot cette année à Paris  

A l’occasion de la présentation du plan gouvernemental de lutte contre la drogue et les addiction, le présidente de la MILDT, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, a confirmé qu’une salle de consommation verrait bien le jour à Paris, assez vite – cette année sans doute.

Deux autres salles pourraient suivre sur le territoire, en fonction des catégories qui seraient examinées par la Mildt.

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Le plan pour éloigner les jeunes du cannabis

Par Gaétan Supertino avec Eve Roger

Le gouvernement, par la voix de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies), va dévoiler lundi prochain son plan de lutte contre les addictions chez les jeunes.

Le gouvernement, par la voix de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies), va dévoiler lundi prochain son plan de lutte contre les addictions chez les jeunes. © REUTERS

INFO E1 – Le gouvernement a établi une stratégie, non répressive, pour endiguer l’essor du cannabis chez les plus jeunes.

Le plan de bataille. La statistique a de quoi faire tousser : les 15-16 ans français détiennent presque le record de consommation de cannabis en Europe, juste derrière ceux de la République tchèque. Doit-on donc durcir l’arsenal répressif ? Non, estime le gouvernement, qui va dévoiler lundi prochain son plan de lutte contre les addictions chez les jeunes. Selon les informations d’Europe1, la lutte passe davantage par la prévention que la répression. On vous présente ce plan en avant-première.

Les jeunes parlent aux jeunes. La ligne générale consiste à convaincre les lycéens des méfaits des produits stupéfiants sur leur santé. Et en particulier leur cerveau. Mais l’exécutif met un point d’honneur à ne pas confier cette mission aux adultes. Toutes les études scientifiques le prouvent : les ados ne sont sensibles qu’à une parole, celle des jeunes de leur âge. Le gouvernement, par la voix de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies), va donc demander à des étudiants d’aller prêcher la bonne parole. Dix universités, dont Bordeaux et Montpellier, on déjà signé des conventions.

Le soutien par téléphone. Ensuite, il s’agit de venir en soutien aux plus désespérés par ces situations : les parents. Une ligne téléphonique leur sera spécialement dédiée. Au bout du fil, on leur dira d’abord de ne pas se sentir coupable, que la situation n’est pas forcément désespérée… puis on les guidera, eux et leurs enfants, vers l’une des 400 Consultations Jeunes consommateurs (CJC) de France, des cellules de consultations anonymes et gratuites, rattachées à des structures médico-sociales (CSAPA) et composées de professionnels de santé.

Les professionnels davantage formés. Enfin, un vaste plan de formation des adultes travaillant en contact avec les jeunes a déjà été lancé. Les médecins, les animateurs des centres de loisirs mais aussi les profs sont concernés et ont pour mission de repérer les élèves à risques. « Ne reste pas seul », « ne t’enferme pas », « on peut t’aider »… Depuis la rentrée, on leur apprend à savoir quoi faire, et quoi dire, à un ado qui fume.

Santé : le cannabis se banalise (Midi Libre 19/01/2014)

L’addiction aux drogues, alcool et tabac est à l’origine de la moitié des cancers.

L’addiction aux drogues, alcool et tabac est à l’origine de la moitié des cancers. (MAX BERULLIER)

Plus de 40 % des élèves de seconde en ont déjà fumé.

Certains avouent dépenser jusqu’à 3 000 € en quelques mois !

Un faux médicament, mais une vraie drogue. » Le Figaro d’hier, présente à la “Une” un dossier sur « l’inquiétante banalisation du cannabis chez les jeunes ». Le Pr Jean Costentin, professeur de pharmacologie, est catégorique : le tétrahydrocannabinol (THC), principale molécule active du cannabis, est mauvais pour la santé.

Les arguments développés par le praticien sur « les effets négatifs » du produit font froid dans le dos. Par exemple, « le risque d’infarctus du myocarde est multiplié par cinq dans l’heure qui suit la prise et des accidents vasculaires cérébraux peuvent survenir chez des personnes jeunes »…

« A l’origine de 30 % des hospitalisations, de la moitié des cancers » Pr Michel Lejoyeux

Le cannabis reste toutefois un sujet de polémique dans la mesure où certains sont favorables à sa dépénalisation, d’autres y sont totalement opposés. Et tous avancent des arguments qu’ils disent, et croient sincèrement, irréfutables. Comment s’y retrouver ? Dans Le Figaro d’hier, on apprend que « 41 % des élèves de seconde ont déjà fumé du cannabis, selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies ».

Jusqu’à 3 000 € en quelques mois » pour se fournir en cannabis

Mais le principal problème, ainsi que le précise le Pr Michel Lejoyeux, chef de service à l’hôpital Bichat, est celui de l’addiction à quelque drogue que ce soit – il cite aussi l’alcool et le tabac -, « phénomène majeur de santé public », assène-t-il. « Elle est à l’origine de 30 % des hospitalisations, de la moitié des cancers. L’addiction, c’est dix années d’espérance de vie perdues », ajoute-t-il. Inquiétant en effet.

Le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti (UMP), propose de « rendre obligatoire le dépistage au lycée », en amendant notamment un article du Code de l’éducation. Le Pr Lejoyeux considère, lui, que « face à l’addiction, une pédagogie vaut mieux qu’une stigmatisation ».

« L’addiction, c’est dix années d’espérance de vie perdues »

Hormis les divergences de vue sur le degré de sa dangerosité, le cannabis possède une autre caractéristique : sa valeur marchande. Le journal met l’accent sur la lutte contre les trafiquants et les consommateurs. Les premiers réalisent un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards d’euros.

Ce sont les « années lycée » qui favorisent la consommation. « Des élèves interpellés dans une opération de démantèlement à Orléans ont reconnu avoir dépensé jusqu’à 3 000 € en quelques mois » pour se fournir en cannabis, informe le journal. La chute des prix du “produit” est un élément fort de l’augmentation de la consommation.

Il y a donc d’un côté un marché énorme, de l’autre des consommateurs qui estiment qu’un joint de temps en temps ne fait pas de mal. Le marché a donc de beaux jours devant lui… tant que les acheteurs n’auront pas pris la mesure de la dangerosité du cannabis.

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Dépénalisation du cannabis : pourquoi Madrid est revenu en arrière

depenalisation espagne

La foire du cannabis de Pampelune, en avril 2008.

DÉCRYPTAGE – Les Espagnols peuvent toujours fumer chez eux et même y faire pousser des graines pour leur consommation personnelle, mais plus dans les espaces publics.

Dépénaliser le cannabis ou, à tout le moins, en tolérer l’usage? Ce serpent de mer ressurgit à chaque fois que le gauche revient aux affaires. Avec, chez les tenants des solutions les plus libérales, une étrange amnésie qui, pour parodier la garde des Sceaux, «confinerait à la lâcheté». C’est que l’Espagne, toute proche, a déjà donné en matière de légalisation des «drogues douces». L’Espagne socialiste des années quatre-vingt, emmenée alors par le premier ministre Felipe Gonzalez. Avec des conséquences tellement désastreuses que les mêmes socialistes espagnols ont été contraints de faire machine arrière toute, dix ans plus tard.

Que s’est-il passé? Le 23 juin 1983, le gouvernement Gonzalez dépénalise la consommation de drogue à titre individuel. Une décision qui s’inscrit dans un mouvement général d’affirmation des libertés. Cette politique repose sur un pari audacieux: la libéralisation de la consommation doit en principe casser le trafic, mettre fin à la mainmise des mafias, et rationaliser les comportements des fumeurs du fait même de la disparition de l’interdit.

L’explosion de la consommation est immédiate et finit par prendre de telles proportions que Madrid et Barcelone sont sur le point de détrôner Amsterdam comme capitales du «joint». Le constat est amer pour les idéalistes: plus on inonde la jeunesse de drogue, plus elle en consomme. Une loi invariable qui fait le jeu d’organisations criminelles devenues si puissantes en Espagne que plusieurs membres de la Guardia Civil ont dû être poursuivis et condamnées pour complicité. Un ancien préfet fut même arrêté en raison de ses liens présumés avec des narcotrafiquants.

Plus grave encore: ce climat délétère a contribué à la banalisation des stupéfiants, favorisant le passage des «drogues douces» aux «drogues dures». En dix ans, les morts par surdose en Espagne ont quasiment décuplé, passant de 93 décès en 1983 à plus de 800 en 1992. Sans parler des contaminations par le VIH.

Le 21 février 1992, l’Espagne arrête les frais et adopte la loi Corcuera. Elle ne pénalise pas formellement l’usage de cannabis, mais sanctionne comme «infraction grave» tant la consommation de drogue dans les lieux publics que le simple fait d’en détenir «même si elle n’est pas destinée au trafic». En Espagne, on peut donc fumer chez soi et même y faire pousser des graines pour sa consommation, mais pas dans la rue. Les sanctions prévoient des amendes, voire la suppression temporaire du permis de conduire pour le contrevenant.

Le combat contre la drogue ne peut se nourrir d’idéologie. L’Espagne des années 1980 s’était ainsi rendu compte qu’en supprimant toute menace de sanction à la consommation, elle s’était privée d’un moyen efficace pour obliger le toxicomane à suivre un traitement. Paris devrait s’en souvenir.

Jean-Marc Leclerc

Cannabis : les lycées gangrenés par les réseaux de trafiquants (Figaro 18/01/2014)

Face à l’ampleur du phénomène,  les policiers interviennent jusque dans les classes pour démanteler les trafics omniprésents dans la vie des élèves.

 L’angélisme de la prévention cède le pas à l’action. Face à l’ampleur de la banalisation du cannabis, collèges et lycées mettent désormais en œuvre une véritable veille et de vrais moyens opérationnels, fondés sur une coopération étroite avec les autorités policières. À la parole pédagogique des gentillettes semaines de sensibilisation contre la drogue, les établissements scolaires joignent le geste.

Depuis quelques mois, les démantèlements de réseaux se multiplient au sein des établissements ou à leurs abords. À Narbonne, au sein des lycées Diderot et Eiffel, à Castres, au lycée de la Borde ­Basse, à Brest dans plusieurs établissements, au lycée Jean-Zay à Orléans, et tout récemment à Rochefort, au lycée Merleau-Ponty, où des élèves de 16 à 17 ans ont même été interpellés dans leur classe… Après la surveillance de policiers en faction pendant plusieurs semaines parfois, alertés par les proviseurs, des centaines de trafiquants et de consommateurs ont été interpellés au cours des 18 derniers mois. Une dizaine par-ci, une vingtaine par-là. Garde à vue, convocation devant le juge des enfants, prison ferme pour les uns, mesures éducatives pour les autres. Dans leurs auditions, certains revendeurs d’herbe ou de cannabis reconnaissent jusqu’à 80 clients réguliers dans un même établissement, lesquels affirment fumer jusqu’à une trentaine de joints par semaine. Des élèves interpellés dans une opération de démantèlement à Orléans ont reconnu avoir dépensé jusqu’à 3000 € en quelques mois pour se fournir en cannabis. Si les collégiens sont touchés, les lycéens sont encore plus exposés, comme l’a observé l’enquête européenne sur l’alcool et les autres drogues en milieu scolaire (Espad) avec l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), publiée en décembre.

Tous milieux sociaux confondus, la consommation s’intensifie fortement au cours des «années lycée». La moitié des lycéens a déjà fumé du cannabis au cours de sa vie. Si les premières expérimentations sont observées dès la quatrième, on constate un doublement en troisième (24 %) et encore en seconde (41 %), dit l’étude. Capitaine de police à Synergie-Officiers, Benjamin Iséli a servi dix années dans un commissariat du Val-de-Marne, principalement sur les affaires de stupéfiants. «Le deal aux abords des lycées ne faiblit pas, au contraire» et «les consommateurs sont de plus en plus jeunes», constate le policier qui a travaillé récemment sur «une procédure pour trafic impliquant pour la seconde fois un gamin de Champigny-sur-Marne qui n’avait pas douze ans».

Cette banalisation est en grande partie due à la chute du coût des drogues. «Entre 1996 et 2008, la résine a perdu un quart de sa valeur et le prix du gramme d’herbe a été pratiquement divisé par deux», relève la proposition de loi du député (UMP) Éric Ciotti. Des prix à ­peine plus chers qu’un hamburger au MacDo ou un Coca en terrasse: 5 euros en moyenne le gramme de résine de cannabis, 6 euros le comprimé d’ecstasy et 7 euros le gramme d’herbe. Une baisse qui concerne aussi l’héroïne, à 40 euros le gramme, et la cocaïne, à 60 euros. La facilité d’accès, «sur le trottoir d’en face», indiquent de nombreux élèves parisiens ou provinciaux interrogés, galvanise aussi la consommation. On sait toujours où est le guichet. «Les dealers sont parfaitement identifiés au sein des ­lycées, témoigne Alice, élève de Victor-Duruy, lycée chic du VIIe arrondissement de Paris. On sait toujours qui vend quoi». La transaction s’opère à l’extérieur, à quelques mètres du portail, en quelques secondes. Si le dealer est extérieur au ­lycée, on procède par SMS. Certains proposent même d’effectuer une «livraison minute». «Ça circule partout, à l’intérieur comme à l’extérieur, confirme ­Mathieu, enpremière dans le public à Tours. Le «bif», le «pilon», comme on sur­nomme parfois le cannabis, fait désormais partie du quotidien, que les élèves en consomment ou non. Mathilde, elle, 17 ans, se dirait «plus choquée de voir un jeune avec une bouteille d’alcool devant le lycée qu’avec un joint».

Face à l’ampleur du phénomène, qui entraîne aussi d’autres délinquances dans les écoles ou à leurs portes, les directeurs d’établissement et les CPE (conseillers principaux d’éducation) n’hésitent plus à saisir les services de ­police. Si un correspondant police est affecté à chaque établissement depuis un certain temps, la collaboration avec les équipes pédagogiques devient plus étroite ces derniers mois. D’autant mieux que police et gendarmerie ont su se faire accepter par le milieu éducatif en intervenant aujourd’hui de manière discrète et «avec plus de doigté», explique-t-on au Syndicat des commissaires de la police nationale.

Aujourd’hui aussi, certaines académies signent des conventions de partenariat avec les centres scolaires et le procureur de la République pour renforcer vigi­lance, information et action. Ce qu’a fait l’académie de Lille en juin dernier et dont se félicite Jean-Marie Peltier, proviseur de la cité scolaire Fénelon, à Cambrai. Son établissement fait figure d’exemple pour ces nouvelles collaborations justice-police-Éducation nationale qui, en juin, ont permis de démanteler chez lui un trafic de cannabis impliquant une quarantaine d’élèves et de dealers venus de l’extérieur. Tout se passait devant les portes du lycée, en plein centre-ville. «J’ai pris attache avec le correspondant police car j’avais remarqué ces échanges suspects, raconte Jean-Marie Peltier. La brigade des stups a surveillé pendant trois semaines, fait des enregistrements vidéo pour procéder à des identifications et des recoupements avec nous, on a beaucoup échangé. Tout a été démantelé, et depuis septembre on a une paix royale!»

Lire un article complémentaire : 

Dépénalisation du cannabis : pourquoi Madrid est revenu en arrière

 

Une journaliste « un peu embrumée » pendant un reportage sur le cannabis

Une reporter américaine de la chaîne CNN a confié avoir ressenti les effets de la marijuana, au cours de son enquête dans le Colorado, où la consommation de cette drogue est désormais légale.

Par Francetv infopublié le 15/01/2014 | 20:09

Ce sont les risques du métiers. Randi Kaye, une correspondante de la chaîne américaine CNN, a, bien malgré elle, testé les effets du cannabis sur son organisme. La journaliste a vécu cette expérience au cours de son reportage dans le Colorado, un Etat de l’ouest des Etats-Unis où, depuis le 1er janvier, les adeptes de marijuana peuvent en consommer légalement à des fins récréatives. Elle a raconté en détail au célèbre présentateur Anderson Cooper, qui l’interrogeait après la diffusion de son sujet, les sensations qu’elle a éprouvées.

Pour les besoins de son enquête, elle a fait, a-t-elle dit, « des recherches très approfondies ». Notamment au cours d’une séquence tournée dans une limousine avec des consommateurs de cannabis, habitués à en fumer depuis des dizaines d’années. « Ils ont passé un très bon moment », a-t-elle expliqué. « Personne n’avait jamais vu d’aussi gros joints. » Dans la voiture, »il y avait beaucoup de fumée », a-t-elle précisé.

« Je crois que j’ai besoin de rentrer à la maison »

Le résultat ne s’est pas fait attendre. « Mon cerveau étais un peu embrumé. Je n’arrivais pas à penser correctement. Je n’arrivais plus à me rappeler certaines des questions que je voulais poser. Cela ne m’était jamais arrivé sur le terrain. Je commençais à trouver les choses très drôles, bien plus que d’habitude », a décrit la journaliste.

« Je crois que j’ai besoin de rentrer à la maison », a-t-elle conclu, avant de partir dans un grand éclat de rire. Et le présentateur de lui donner un conseil : « Lavez vos vêtements, avant de passer les portiques de sécurité à l’aéroport. On ne sait jamais avec toute cette fumée. »

Le médicament à base de cannabis dangereux selon l’Académie de Médecine

L’Académie de médecine a mis en garde les patients et les médecins ce mardi contre les risques associés à ce spray buccal destiné à soulager les malades atteints de sclérose en plaques

Lire le Communiqué officiel de l’Académie de Médecine

Seulement cinq jours après avoir été autorisé sur le marché français, le Sativex, premier médicament à base de cannabis commercialisable en France, suscite des critiques. L’Académie de médecine a mis en garde les patients et les médecins ce mardi contre les risques associés à ce spray buccal destiné à soulager les malades atteints de sclérose en plaques.

Ipsen distribuera le Sativex, un dérivé du cannabis, en Amérique latineIpsen distribuera le Sativex, un dérivé du cannabis, en Amérique latine Ne pouvant «rester insensible aux espoirs suscités chez les patients», elle pointe les méfaits des deux principes actifs du Sativex que sont sont le delta-9-tétrahydrocannabinnol (le THC, principal constituant psychoactif du cannabis) et le cannabidiol (le CBD, composé non psychoactif mais sédatif du cannabis).

«Les risques que fait courir le THC sont très nombreux, souvent graves et incompatibles avec un usage thérapeutique», relève l’Académie dans un communiqué, s’étonnant de «voir associer le THC, dans une proportion mal justifiée, et le CBD, au mécanisme d’action incertain, afin d’amoindrir les méfaits du THC». L’an dernier, l’Académie s’était d’ailleurs prononcée contre le décret du gouvernement autorisant l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) à examiner les demandes de mises sur le marché de médicaments contenant du cannabis, publié en juin.

Dépendance psychique, problèmes cardio-vasculaires, cancer testiculaire…

Parmi les effets indésirables liés au THC, l’Académie cite des risques de «dépendance psychique et physique», rappelant qu’après l’arrêt total d’une consommation de cannabis/THC, il faut environ huit semaines pour éliminer toute trace de ces substances dans les urines du consommateur, «ce qui est une situation exceptionnelle pour un médicament». Parmi les autres risques potentiels des médicaments à base de THC, l’Académie cite notamment «des interactions médicamenteuses nombreuses et gênantes». Elle les juge incompatibles avec les benzodiazépines, des médicaments utilisés contre l’anxiété et l’insomnie, ainsi qu’avec l’alcool.

Autres effets indésirables potentiels : la diminution des capacités intellectuelles du patient, une augmentation des troubles cognitifs, et des problèmes cardio-vasculaires. Les hommes doivent aussi tenir compte d’un risque de cancer testiculaire «agressif». Et les femmes enceintes de risques d’anomalies chez l’enfant à naître.

Le Sativex, créé par laboratoires britanniques GW Pharmaceuticals et dont la commercialisation dans l’Hexagone a été confiée à l’Espagnol Almirall, n’a pour l’instant reçu qu’une autorisation de mise sur le marché (AMM) de la part de la Commission européenne, après avoir été évalué par l’Agence européenne d’évaluation des médicaments (EMA). Il ne devrait pas arrivé dans les pharmacies françaises avant 2015. Il a déjà été approuvé dans 22 pays, dont 17 pays européens. Certains, comme au Canada, l’ont autorisé non seulement pour les malades de sclérose en plaques, mais aussi pour soulager les personnes souffrant de «cancers avancés».

L’Académie de médecine s’inquiète par avance d’une telle évolution en France. «On peut craindre la multiplication des prescriptions hors autorisation de mise sur le marché (AMM) à divers usages comme sevrer les toxicomanes, atténuer les nausées des malades traités par chimiothérapie», ou «rendre l’appétit aux malades atteints de sida». Des «indications largement plébiscitées dans l’opinion mais dont il convient de rappeler qu’elles ne sont pas étayées par des études cliniques indiscutables», souligne l’Académie, qui réclame «un suivi rigoureux en matière de pharmacovigilance et d’addicto-vigilance».

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Appétence pour le cannabis et schizophrénie, un cercle vicieux

fumeur cannabisLe terme anglais « craving » désigne l’attirance compulsive des toxicomanes pour rechercher et pour consommer leur drogue. Malgré l’effet délétère du cannabis sur le cours de la schizophrénie, on sait que de nombreux patients schizophrènes consomment pourtant cette substance (qu’elle soit ou non liée au déterminisme de leur psychose) en lui prêtant plus ou moins une valeur « d’automédication. »

Or dans cette situation en forme de cercle vicieux (puisqu’un facteur causal ou d’aggravation est recherché dans une finalité factice d’apaisement), ce désir intense de consommer du cannabis constitue un « élément prédictif important de rechute chez ces patients » expliquent les auteurs d’une étude allemande sur 51 sujets avec schizophrénie et troubles liés à l’utilisation de cannabis (TUC), et 51 sujets contrôles avec TUC mais non schizophrènes.

Les auteurs ont observé « une intensité plus forte du craving et un soulagement plus marqué chez les patients schizophrènes avec TUC » et une « association entre le besoin de soulagement (du manque) et les symptômes de la schizophrénie » chez ces mêmes sujets. Ils notent que leurs résultats valident certains arguments « pouvant justifier, du moins en partie l’utilisation (contrôlée) de cannabis chez ces patients » ou plaident, du moins, pour une connaissance plus approfondie des mécanismes relatifs au craving, dans la mesure où ce phénomène de désir intense conditionne l’évolution des troubles et où « sa meilleure compréhension pourrait contribuer à améliorer les interventions thérapeutiques visant à réduire la consommation de drogues chez ce groupe de patients difficiles à traiter. »

À l’heure où la polémique sur les « salles de shoot » concerne plusieurs pays dans le monde, gageons que –bien que très prudente– cette proposition sur le recours possible à un usage « thérapeutique » du cannabis dans l’aide au sevrage ne va pas manquer de rouvrir le débat sur la conduite à tenir (prohibitionniste ou plus libérale) face aux drogues qui ne sont pas toujours considérées comme « dures », malgré leur impact incontestable en matière de psychopathologie.

Dr Alain Cohen

Références

Schnell T et coll. : Craving in patients with schizophrenia and cannabis use disorders. Can J Psychiatry, 2013; 58: 646–649.