Cannabis: des tests de dépistage dans les tabacs

Vendredi 31 janvier 2014

100.000 tests de dépistage du cannabis vont être mis en vente ces jours-ci chez 3.000 buralistes français.

Fumer du cannabis est interdit en France. Pourtant, avec environ 4 millions de fumeurs plus ou moins réguliers, l’Hexagone en est l’un des plus gros consommateurs d’Europe. Une « addiction » qui a des conséquences sur les routes puisque la part des conducteurs positifs au haschisch impliqués dans un accident mortel s’élève à 13,4%. Aujourd’hui, conduire avec des traces de THC (la substance active du shit) dans le sang est passible de 4.500€ d’amende, d’un retrait de 6 points sur le permis et de 2 ans d’emprisonnement (dix en cas d’accident mortel). Et lors d’un contrôle, et contrairement à l’alcool (0,5g/l), aucune tolérance n’est permise.

Des traces dans le sang pendant plusieurs jours

Pire, les traces de stupéfiants restent plusieurs jours dans l’organisme des fumeurs. Combien de jours exactement? Difficile à évaluer. De 24 heures à 3 jours pour un fumeur occasionnel, beaucoup plus pour un fumeur régulier. La seule solution reste alors de ne pas prendre le volant ou de s’autodépister avant de conduire. Comment? En se procurant un test urinaire… chez le buraliste. Ces jours-ci, un fournisseur (Elicole) met en effet 100.000 tests en vente dans 3.000 bureaux de tabac français.

3,50€ l’unité

Baptisés « Cannabis Verdict », ceux-ci sont proposés au prix unitaire de 3,50€ et s’accompagnent d’un livret de sensibilisation de 24 pages. 5 à 15 minutes d’attente après la réalisation du test suffisent pour connaître la dose de THC présente dans le sang.

D’ici un mois environ, ces tests trouveront également place dans les centres auto Feu Vert et Norauto.

Retrouvez tous les détails de cette arrivée de tests de dépistage dans les bureaux de tabac dans lenuméro 1326 d’Auto Plus, en kiosque jusqu’au 6 février.

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France : Une proposition de loi visant à légaliser l’usage du cannabis déposée Mardi 28/01/14

BenbassaLa sénatrice (EELV) Esther Benbassa entend ainsi «ouvrir le débat» sur la consommation du cannabis en France…

Elle se doute bien que certains y verront une idée fumeuse. Sénatrice (EELV) du Val-de-Marne, Esther Benbassa a donc déjà prévu d’organiser le 6 février un colloque au Sénat pour expliquer l’enjeu de sa proposition de loi. Visant à dépénaliser et légaliser l’usage du cannabis, celle-ci doit être déposée ce mardi après-midi au bureau du Sénat, a appris 20 Minutes auprès d’Esther Benbassa elle-même.

«C’est un texte qui vise à ouvrir le débat, confie la sénatrice. L’idée étant de confier la culture, la vente et la distribution à l’Etat plutôt qu’aux réseaux souterrains et aux dealers.»

La teneur en THC fixée par le ministère de la Santé

Selon nos informations, le texte prévoit donc l’autorisation de «la vente au détail et à l’usage, à des fins non thérapeutiques, de plantes ou de produits du cannabis».

D’après le projet, la quantité autorisée pour la détention et la vente au détail devra être fixée par un décret du Conseil d’Etat. La teneur maximale en tétrahydrocannabinol (THC, molécule donnant au cannabis son caractère psychotrope) devra, de son côté, être fixée par le ministère de la Santé.

«L’idée n’est pas d’encourager la consommation mais bien de l’encadrer car elle existe déjà», poursuit Esther Benbassa.

35.000 emplois et un milliard de recettes pour l’Etat?

La sénatrice estime ainsi que la France compte deux millions de consommateurs réguliers de cannabis aujourd’hui. «Cette proposition, si elle venait à être votée, permettrait de mettre fin à l’activité des dealers, de créer 35.000 emplois et surtout à l’Etat de récupérer un milliard d’euros de taxes.»

Car la distribution, toujours selon le texte, serait organisée de la même manière que la vente de tabac. «Avec les mêmes restrictions, poursuit-elle. A savoir que la vente sera interdite aux mineurs et qu’il n’y aura pas de publicité.»

Militante engagée sur cette question depuis longtemps, Esther Benbassa a mené toute une série d’auditions durant l’année 2013 auprès de spécialistes afin d’aboutir à cette proposition de loi. «On voit bien ce qui se passe en Uruguay ou en Floride… Les mentalités évoluent.» Source

Une « salle de shoot » à Paris cette année, deux autres à venir (Mildt)

LE LUNDI 27 JANVIER 2014 À 15:28 Par Rédaction de France Info

Danièle Jourdain-Menninger, la présidente de la Mildt, confirme l’implantation d’une salle de shoot cette année à Paris  

A l’occasion de la présentation du plan gouvernemental de lutte contre la drogue et les addiction, le présidente de la MILDT, la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie, a confirmé qu’une salle de consommation verrait bien le jour à Paris, assez vite – cette année sans doute.

Deux autres salles pourraient suivre sur le territoire, en fonction des catégories qui seraient examinées par la Mildt.

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Le plan pour éloigner les jeunes du cannabis

Par Gaétan Supertino avec Eve Roger

Le gouvernement, par la voix de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies), va dévoiler lundi prochain son plan de lutte contre les addictions chez les jeunes.

Le gouvernement, par la voix de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies), va dévoiler lundi prochain son plan de lutte contre les addictions chez les jeunes. © REUTERS

INFO E1 – Le gouvernement a établi une stratégie, non répressive, pour endiguer l’essor du cannabis chez les plus jeunes.

Le plan de bataille. La statistique a de quoi faire tousser : les 15-16 ans français détiennent presque le record de consommation de cannabis en Europe, juste derrière ceux de la République tchèque. Doit-on donc durcir l’arsenal répressif ? Non, estime le gouvernement, qui va dévoiler lundi prochain son plan de lutte contre les addictions chez les jeunes. Selon les informations d’Europe1, la lutte passe davantage par la prévention que la répression. On vous présente ce plan en avant-première.

Les jeunes parlent aux jeunes. La ligne générale consiste à convaincre les lycéens des méfaits des produits stupéfiants sur leur santé. Et en particulier leur cerveau. Mais l’exécutif met un point d’honneur à ne pas confier cette mission aux adultes. Toutes les études scientifiques le prouvent : les ados ne sont sensibles qu’à une parole, celle des jeunes de leur âge. Le gouvernement, par la voix de la Mildt (Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les toxicomanies), va donc demander à des étudiants d’aller prêcher la bonne parole. Dix universités, dont Bordeaux et Montpellier, on déjà signé des conventions.

Le soutien par téléphone. Ensuite, il s’agit de venir en soutien aux plus désespérés par ces situations : les parents. Une ligne téléphonique leur sera spécialement dédiée. Au bout du fil, on leur dira d’abord de ne pas se sentir coupable, que la situation n’est pas forcément désespérée… puis on les guidera, eux et leurs enfants, vers l’une des 400 Consultations Jeunes consommateurs (CJC) de France, des cellules de consultations anonymes et gratuites, rattachées à des structures médico-sociales (CSAPA) et composées de professionnels de santé.

Les professionnels davantage formés. Enfin, un vaste plan de formation des adultes travaillant en contact avec les jeunes a déjà été lancé. Les médecins, les animateurs des centres de loisirs mais aussi les profs sont concernés et ont pour mission de repérer les élèves à risques. « Ne reste pas seul », « ne t’enferme pas », « on peut t’aider »… Depuis la rentrée, on leur apprend à savoir quoi faire, et quoi dire, à un ado qui fume.

Santé : le cannabis se banalise (Midi Libre 19/01/2014)

L’addiction aux drogues, alcool et tabac est à l’origine de la moitié des cancers.

L’addiction aux drogues, alcool et tabac est à l’origine de la moitié des cancers. (MAX BERULLIER)

Plus de 40 % des élèves de seconde en ont déjà fumé.

Certains avouent dépenser jusqu’à 3 000 € en quelques mois !

Un faux médicament, mais une vraie drogue. » Le Figaro d’hier, présente à la “Une” un dossier sur « l’inquiétante banalisation du cannabis chez les jeunes ». Le Pr Jean Costentin, professeur de pharmacologie, est catégorique : le tétrahydrocannabinol (THC), principale molécule active du cannabis, est mauvais pour la santé.

Les arguments développés par le praticien sur « les effets négatifs » du produit font froid dans le dos. Par exemple, « le risque d’infarctus du myocarde est multiplié par cinq dans l’heure qui suit la prise et des accidents vasculaires cérébraux peuvent survenir chez des personnes jeunes »…

« A l’origine de 30 % des hospitalisations, de la moitié des cancers » Pr Michel Lejoyeux

Le cannabis reste toutefois un sujet de polémique dans la mesure où certains sont favorables à sa dépénalisation, d’autres y sont totalement opposés. Et tous avancent des arguments qu’ils disent, et croient sincèrement, irréfutables. Comment s’y retrouver ? Dans Le Figaro d’hier, on apprend que « 41 % des élèves de seconde ont déjà fumé du cannabis, selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies ».

Jusqu’à 3 000 € en quelques mois » pour se fournir en cannabis

Mais le principal problème, ainsi que le précise le Pr Michel Lejoyeux, chef de service à l’hôpital Bichat, est celui de l’addiction à quelque drogue que ce soit – il cite aussi l’alcool et le tabac -, « phénomène majeur de santé public », assène-t-il. « Elle est à l’origine de 30 % des hospitalisations, de la moitié des cancers. L’addiction, c’est dix années d’espérance de vie perdues », ajoute-t-il. Inquiétant en effet.

Le député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti (UMP), propose de « rendre obligatoire le dépistage au lycée », en amendant notamment un article du Code de l’éducation. Le Pr Lejoyeux considère, lui, que « face à l’addiction, une pédagogie vaut mieux qu’une stigmatisation ».

« L’addiction, c’est dix années d’espérance de vie perdues »

Hormis les divergences de vue sur le degré de sa dangerosité, le cannabis possède une autre caractéristique : sa valeur marchande. Le journal met l’accent sur la lutte contre les trafiquants et les consommateurs. Les premiers réalisent un chiffre d’affaires annuel de 2 milliards d’euros.

Ce sont les « années lycée » qui favorisent la consommation. « Des élèves interpellés dans une opération de démantèlement à Orléans ont reconnu avoir dépensé jusqu’à 3 000 € en quelques mois » pour se fournir en cannabis, informe le journal. La chute des prix du “produit” est un élément fort de l’augmentation de la consommation.

Il y a donc d’un côté un marché énorme, de l’autre des consommateurs qui estiment qu’un joint de temps en temps ne fait pas de mal. Le marché a donc de beaux jours devant lui… tant que les acheteurs n’auront pas pris la mesure de la dangerosité du cannabis.

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Dépénalisation du cannabis : pourquoi Madrid est revenu en arrière

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La foire du cannabis de Pampelune, en avril 2008.

DÉCRYPTAGE – Les Espagnols peuvent toujours fumer chez eux et même y faire pousser des graines pour leur consommation personnelle, mais plus dans les espaces publics.

Dépénaliser le cannabis ou, à tout le moins, en tolérer l’usage? Ce serpent de mer ressurgit à chaque fois que le gauche revient aux affaires. Avec, chez les tenants des solutions les plus libérales, une étrange amnésie qui, pour parodier la garde des Sceaux, «confinerait à la lâcheté». C’est que l’Espagne, toute proche, a déjà donné en matière de légalisation des «drogues douces». L’Espagne socialiste des années quatre-vingt, emmenée alors par le premier ministre Felipe Gonzalez. Avec des conséquences tellement désastreuses que les mêmes socialistes espagnols ont été contraints de faire machine arrière toute, dix ans plus tard.

Que s’est-il passé? Le 23 juin 1983, le gouvernement Gonzalez dépénalise la consommation de drogue à titre individuel. Une décision qui s’inscrit dans un mouvement général d’affirmation des libertés. Cette politique repose sur un pari audacieux: la libéralisation de la consommation doit en principe casser le trafic, mettre fin à la mainmise des mafias, et rationaliser les comportements des fumeurs du fait même de la disparition de l’interdit.

L’explosion de la consommation est immédiate et finit par prendre de telles proportions que Madrid et Barcelone sont sur le point de détrôner Amsterdam comme capitales du «joint». Le constat est amer pour les idéalistes: plus on inonde la jeunesse de drogue, plus elle en consomme. Une loi invariable qui fait le jeu d’organisations criminelles devenues si puissantes en Espagne que plusieurs membres de la Guardia Civil ont dû être poursuivis et condamnées pour complicité. Un ancien préfet fut même arrêté en raison de ses liens présumés avec des narcotrafiquants.

Plus grave encore: ce climat délétère a contribué à la banalisation des stupéfiants, favorisant le passage des «drogues douces» aux «drogues dures». En dix ans, les morts par surdose en Espagne ont quasiment décuplé, passant de 93 décès en 1983 à plus de 800 en 1992. Sans parler des contaminations par le VIH.

Le 21 février 1992, l’Espagne arrête les frais et adopte la loi Corcuera. Elle ne pénalise pas formellement l’usage de cannabis, mais sanctionne comme «infraction grave» tant la consommation de drogue dans les lieux publics que le simple fait d’en détenir «même si elle n’est pas destinée au trafic». En Espagne, on peut donc fumer chez soi et même y faire pousser des graines pour sa consommation, mais pas dans la rue. Les sanctions prévoient des amendes, voire la suppression temporaire du permis de conduire pour le contrevenant.

Le combat contre la drogue ne peut se nourrir d’idéologie. L’Espagne des années 1980 s’était ainsi rendu compte qu’en supprimant toute menace de sanction à la consommation, elle s’était privée d’un moyen efficace pour obliger le toxicomane à suivre un traitement. Paris devrait s’en souvenir.

Jean-Marc Leclerc