Le cannabis avant 25 ans, des risques psychiatriques mal appréciés

JOURNAL INTERNATIONAL DE MÉDECINE – Publié le 28/07/2019

Alors que certains pays ont déjà légalisé l’usage du cannabis et que d’autres proposent de le faire, une revue systématique d’articles de la littérature médicale sur la psychopathologie induite (ou du moins favorisée) par cette drogue dite (à tort) « douce » rappelle opportunément que « les décideurs devraient tenir compte des effets indésirables de l’utilisation du cannabis chez les jeunes. »

Antérieures à mars 2018, les publications retenues sont des études comparatives (cohorte, cas-témoin, transversale) portant, chez des personnes de moins de 25 ans, sur l’incidence de l’exposition au cannabis sur une symptomatologie psychiatrique : troubles psychotiques, troubles dépressifs, ou/et troubles anxieux. Parmi les 23 études analysées, toutes sauf une « constatent que l’utilisation précoce de cannabis est généralement associée à des risques plus élevés de psychose. »

Majoration du risque de psychose mais aussi de dépression et de troubles anxieux

Cette majoration des risques psychiatriques est vérifiée aussi, mais à un degré moins important, pour les problématiques anxieuses ou/et dépressives, puisque 11 études (sur 23, soit près de la moitié) présentent des résultats indiquant « une majoration des symptômes lors d’un contact précoce » avec cette substance. Les auteurs de cette recherche estiment ainsi que, chez les sujets de moins de 25 ans, « l’utilisation plus importante du cannabis est associée avec un plus grand nombre de symptômes psychiatriques, particulièrement chez les personnes ayant une prédisposition ou une vulnérabilité préalable. »

Les conclusions d’une telle étude incitent donc à une grande prudence dans l’actuel débat sur la légalisation du cannabis, d’autant plus qu’il existe d’autres aspects inquiétants, rappelés par le Pr J. Costentin dans son commentaire sur un article récent du JIM (Légalisation du cannabis : la grande offensive) : « Ascenseur vers d’autres drogues », le cannabis peut « soit induire de novo, soit décompenser une schizophrénie, soit l’aggraver quand elle est déclarée ; il crée une résistance aux médicaments antipsychotiques… Très grand perturbateur de la cognition, il s’abat sur nos jeunes à l’heure des apprentissages. » À l’image du Dr Folamour jouant allègrement avec le risque nucléaire, le pro-légalisateur apprécie mal les risques sanitaires et sociologiques qu’il prend…

Dr Alain Cohen

RÉFÉRENCE

Hosseini S et coll.: The effect of age of initiation of cannabis use on psychosis, depression, and anxiety among youth under 25 Years. Canadian J Psy; 2019; 64(5): 304–312.

 

Apéros en été : quand l’alcool fait payer une lourde addition à la santé

L’été est une période favorable à la consommation et surtout à la surconsommation d’alcool. Les apéros entre amis, les soirées qui durent, la bière en cas de forte chaleur pour se désaltérer (ce qui ne marche pas !), les occasions sont nombreuses de se relâcher sur sa consommation d’alcool. Mais évidement, une fois la fête fini, il faut payer l’addition. Et l’abus d’alcool se paye très cher question santé.

Sans surprise, d’innombrables études ont permis d’identifier l’alcool comme un facteur de risque important de plusieurs types de cancers, notamment ceux de la cavité buccale, du larynx, de l’œsophage, du côlon, du foie et du sein.  Par exemple, la consommation régulière de 80 grammes d’alcool, ce qui correspond à un peu plus de la moitié d’une bouteille de vin, augmente de 18 fois le risque de cancer de l’œsophage comparativement aux personnes qui ne consomment pas d’alcool.

L’excès d’alcool se transforme en cancer

Cette hausse de risque devient encore plus importante pour les personnes qui fument  elles ont alors 44 fois plus de risques d’être touchées par ce cancer redoutable.

Bien que l’exposition prolongée des cellules à l’éthanol (le type d’alcool qu’on retrouve dans les boissons alcoolisées) puisse provoquer un cancer, il semble que les effets cancérigènes de l’alcool sont surtout causés par sa transformation en acétaldéhyde, une molécule très réactive qui peut provoquer des mutations dans le matériel génétique des cellules (ADN).  Les nombreuses bactéries présentes dans la bouche ainsi que dans le côlon peuvent également oxyder l’éthanol en acétaldéhyde, générant de grandes quantités de cette molécule cancérigène dans la salive ainsi que dans le tube digestif des personnes qui consomment de grandes quantités d’alcool.  Des études ont montré qu’à de telles concentrations, l’acétaldéhyde peut entraîner une trop forte croissance des cellules de la muqueuse tapissant le tube digestif et ainsi provoquer des effets toxiques qui favorisent le processus de carcinogenèse.

Quitte à boire mieux vaut que ce soit du vin rouge

En dépit des effets néfastes associés à la consommation excessive d’alcool, plusieurs études ont clairement démontré que la consommation modérée de boissons alcoolisées peut au contraire être bénéfique pour la santé.  Par exemple, il est maintenant bien connu que les personnes qui boivent modérément (1-2 verres pour les hommes et 1 verre pour les femmes) connaissent une incidence réduite de maladies cardiovasculaires, une des principales causes de mortalité en Occident.

Cet effet protecteur est particulièrement prononcé si cette consommation modérée fait partie d’un mode de vie sain, c’est-à-dire qu’elle est associée à une alimentation riche en fruits et légumes, à une activité physique régulière et à l’absence de tabagisme. Cependant, pour éviter que ces bienfaits soient contrecarrés par une augmentation du risque de cancer, cette consommation d’alcool doit demeurer modérée.

Vin rouge : de la modération ou la catastrophe

Le vin rouge est sans contredit l’alcool qui a le plus d’effets positifs sur la santé. En effet, cette boisson très complexe contient plusieurs milliers de composés chimiques, en particulier une molécule nommée resvératrol, qui exercent de multiples actions positives sur le système cardiovasculaire, entre autres celle de réduire la formation de caillots qui peuvent bloquer les vaisseaux sanguins et ainsi provoquer de graves problèmes cardiaques.

Le resvératrol contenu dans le vin rouge est l’une des seules molécules d’origine nutritionnelle à pouvoir agir simultanément sur plusieurs étapes essentielles à la croissance des cancers, autant en prévenant l’apparition de cellules cancéreuses qu’en empêchant celles déjà présentes d’atteindre un stade mature.  Par exemple, certaines études indiquent que la consommation modérée de vin (de 1 à 7 verres par semaine) réduit significativement les risques de développer certains types de cancers, notamment ceux du poumon, de la prostate et de l’œsophage.

Au-delà de cette quantité, cependant, le risque de ces cancers augmente considérablement, ce qui illustre encore une fois à quel point l’alcool, même dans le cas du vin rouge, est une arme à double tranchant qu’il faut savoir utiliser intelligemment.

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Islande : les chevaux avaient abusé du cannabis

Les vétérinaires pensaient que les équidés étaient atteints d’une maladie neurologique rare. Le problème venait de leur alimentation, selon la presse locale.

Les animaux pouvaient souffrir d'un manque de coordinaion musculaire, de tremblements ou d'un appetit accru. Photo d'illustration.
Les animaux pouvaient souffrir d’un manque de coordinaion musculaire, de tremblements ou d’un appétit accru. Photo d’illustration.

© John Fredricks / NurPhoto

La consommation de cannabis aurait des effets similaires aux troubles d’alcoolisation fœtale

Plusieurs études montrent que les méfaits sur le développement du fœtus de la consommation de cannabis pendant la grossesse sont comparables à ceux provoqués par la consommation d’alcool. 

Alors qu’une étude vient de paraître s’inquiétant de l’augmentation de la consommation quotidienne de cannabis chez les femmes enceintes aux Etats-Unis ces neuf dernières années, de nouvelles recherches mettent en avant les méfaits de la drogue sur le foetus. En effet, au cours de la grossesse, la marijuana, consommée seule ou avec de l’alcool, peut entraîner des handicaps morphologiques et comportementaux similaires à ceux observés chez les enfants souffrant de troubles causés par l’alcoolisation foetale (ETCAF), est-il révélé dans un numéro spécial sur La recherche sur les anomalies congénitales publié mardi 23 juillet par la Société américaine de Tétralogie.  

Des chercheurs de l’Université de Caroline du Nord (Etats-Unis) ont travaillé sur un poisson zèbre sur lesquel ils ont testé les effets d’un composé similaire aux cannabinoïdes. Ils ont ainsi pu montrer que « les phénotypes pathologiques et comportementaux associés à l’ETCAF sont induits par l’exposition à des agonistes de CB1R ». « Cette étude, en plus de recherches antérieures sur des souris, suggère que l’exposition au cannabis prénatal (combiné à de faibles niveaux d’alcool ou pas) pourrait entraîner des handicaps similaires à l’ETCAF », explique Scott E. Parnell qui travaille à l’Ecole de Médecine de Caroline du Nord et a co-édité ce numéro spécial sur les anomalies congénitales. 

Par ailleurs, des recherches également menées sur un poisson zèbre par Desire M.Buckley de l’Université du Texas à Austin et ses collègues montrent pour la première fois un lien entre exposition précoce à l’alcool et hétérotopies dans le cerveau postérieur, soit du tissu cérébral situé dans la mauvaise partie du cerveau. Les effets de l’exposition dépendent bien sûr du temps qu’elle a duré et de la dose ingérée. 

L’ETCAF, un « défi mondial de santé publique »

Les effets à long terme de l’exposition alcoolique prénatale ont également été abordés dans ce numéro spécial. La chercheuse Mary J. O’Connor de l’Université de Californie et ses collègues ont ainsi apporté de nouvelles preuves selon lesquelles les adolescents atteints du Syndrome d’Alcoolisation Foetale (forme grave de l’ETCAF) et en particulier les garçons, sont 29% plus susceptibles de faire une tentative de suicide sérieuse. « Cette étude montre que les professionnels de santé devraient faire attention à la vulnérabilité spécifique des adolescents atteints de SAF, surtout les garçons », explique Christina Chambers, professeur de pédiatrie et l’Université de Californie à San Diego et coéditrice de ce numéro. 

« Ce numéro spécial est consacré à l’exposition prénatale à l’alcool et à ses conséquences, aux mécanismes et aux stratégies de prévention et de traitement. L’alcool est probablement l’exposition tératogène la plus courante survenue pendant la grossesse dans le monde. Par conséquent, le syndrome de troubles causés par l’alcoolisation foetale constitue probablement l’incapacité développementale la plus courante entraînant des effets coûteux et durables. Ce numéro présente une série d’articles qui couvrent un large éventail de sujets de recherche pertinents au défi mondial de santé publique qu’est l’ETCAF », expliquent Chambers et E. Parnell dans l’éditorial. 

« Il est extrêmement opportun et pertinent de traiter le sujet de l’exposition prénatale à l’alcool », poursuit Chambers. La chercheuse a récemment attiré l’attention des médias en prouvant que l’ETCAF pourrait toucher jusqu’à 5% des enfants aux Etats-Unis, soit plus que ce qui était connu jusque-là.

21% des Français pensent qu’il faut boire un petit verre de vin de temps à autres pendant la grossesse  

En France, environ 1 enfant sur 1 000, soient 8 000 enfants, naissent chaque année avec des troubles causés par l’alcoolisation fœtale. Sur ces 8 000 enfants, 800 souffrent du SAF, explique l’Association France Assos Santé. « Le syndrome d’alcoolisation fœtale est la première cause de handicap mental non génétique et d’inadaptation sociale de l’enfant en France, car l’alcool traverse le placenta et est toxique pour le bébé », commente François Bourdillon, le directeur de Santé publique France. 

Parmi les troubles causés par l’alcoolisation foetale chez l’enfant, on liste notamment un retard de croissance, un petit périmètre crânien, des malformations diverses, des troubles de l’attention, de la mémoire, de l’apprentissage, du langage, une hyperactivité, de l’impulsivité et de la colère ou encore des difficultés d’adaptation sociale. 

Et malgré toutes ces données relativement bien connues du grand public, selon un sondage réalisé en 2017, seuls 44% des Français déclarent spontanément qu’il n’y a pas de consommation sans risque pour l’enfant pendant la grossesse. Par ailleurs, 21% des personnes interrogées pensent qu’il est recommandé pour les femmes enceintes de boire un petit verre de vin de temps à autres. 

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Le cannabis rendrait-il les hommes stériles ?

Journal International de Médecine – Publié le 20/07/2019

La consommation de cannabis et de ses dérivés augmente au niveau mondial, et elle touche notamment des hommes en âge de se reproduire. Comme par ailleurs des inquiétudes se sont faites jour sur le plan de leur fertilité qui diminuerait globalement au moins dans le monde occidental, la relation éventuelle entre les deux phénomènes mérite d’être explorée – ce qu’a fait tout récemment une équipe de chercheurs américains sur base de la littérature disponible.

Leur recherche a porté sur les articles identifiables via Pulmed/Medline. En ce qui concerne l’altération de la fertilité masculine par le cannabis, les éléments de preuve les plus importants ont été trouvés dans le domaine des caractéristiques du sperme. Ainsi, les données actuellement disponibles plaident pour un effet réducteur du cannabis sur le nombre de spermatozoïdes et leur concentration, une induction d’anomalies de leur morphologie, ainsi qu’une diminution de leur mobilité, de leur durée de vie et de leur capacité à féconder un ovule.

Des modèles animaux ont démontré un effet du cannabis sous la forme d’une atrophie testiculaire ainsi qu’une diminution de la libido et de la fonction sexuelle. Cependant, ces résultats n’ont pas (encore) été reproduits dans des études humaines.

A prendre en compte sur le plan thérapeutique

D’autres études portaient sur les éventuelles modifications hormonales. Leurs résultats pointaient en direction d’une diminution des taux de testostérone et de LH ainsi que d’une absence d’effet sur le taux de FSH, mais sans aboutir à des conclusions définitives.

Pour les auteurs de cette revue, cette dernière suggère un impact négatif du cannabis sur la fertilité masculine. Cependant, des études complémentaires chez l’homme doivent encore valider les résultats certains qui ont été obtenus dans des modèles animaux. En attendant, concluent-ils, les médecins doivent garder à l’esprit cette possible nocivité du cannabis (y compris de ses dérivés thérapeutiques) sur la fertilité masculine, parmi d’autres facteurs possibles.

Pas d’effet réellement démontré sur la libido

Rappelons que le système endocannabinoïde est réactif aux composés contenus dans le cannabis, les plus connus étant le THC et le cannabidiol. Le système se trouve non seulement dans le cerveau mais également à différents endroits de l’organisme. Il intervient dans la régulation de nombreux comportements et fonctions physiologiques. La fonction sexuelle, notamment via le cerveau (y compris l’axe hypothalamo-hypophysaire), les organes et les hormones sexuelles peuvent également influencer ce système. Enfin, en ce qui concerne la libido, d’autres études antérieures ont abouti à des résultats divergents. Il est d’ailleurs possible que le cannabis ait un effet favorable sur la libido et sur la fréquence des rapports sexuels, par la désinhibition et la diminution de l’anxiété qu’il peut induire, mais rien n’est clairement prouvé, tant le risque de biais par des facteurs confondants est élevé.
Dr Claude Leroy

RÉFÉRENCE

Payne KS et coll.: Cannabis and Male Fertility: A Systematic Review. J Urol. 2019. Publication le 27 mars 2019.

Près d’un quart des accidents mortels est dû à l’alcool, la drogue ou les médicaments

Sur autoroute, le plus grand danger n’est pas la vitesse : alcool, drogues et médicaments, ainsi que la somnolence et la fatigue, ont été parmi les principales causes d’accidents mortels en 2018, selon un bilan de l’Association française des sociétés d’autoroutes (ASFA) publié vendredi.

Somnolence et fatigue, restent également des facteurs majeurs, relevés dans près d’un accident mortel sur cinq (18,6
%), même s’ils reculent par rapport à 2017 (25,3
%).

Somnolence et fatigue, restent également des facteurs majeurs, relevés dans près d’un accident mortel sur cinq (18,6 %), même s’ils reculent par rapport à 2017 (25,3 %).

L’an dernier, 157 personnes ont perdu la vie dans 140 accidents, soit neuf tués de moins qu’en 2017, a recensé l’ASFA, qui regroupes les concessionnaires privés gestionnaires de 9.180 des 12.000 kilomètres d’autoroutes françaises.

Depuis près de vingt ans, le nombre de morts ne cesse de reculer sur les autoroutes, qui sont de loin le réseau routier le plus sûr (1,4 accident pour un milliard de kilomètres parcourus en 2018).

Mais l’alcool, les drogues et les médicaments, impliqués dans près d’un quart (22,9 %) des accidents mortels en 2018, y font un retour « préoccupant » ces dernières années.

« C’est un phénomène qu’on constate depuis deux ans : alors qu’il y avait une tendance à la diminution de ces accidents depuis longtemps, on assiste à une remontée très claire, très nette et préoccupante », souligne le directeur général de l’ASFA, Christophe Boutin.

Ces infractions se font parfois dans des proportions inquiétantes : sur la période 2014-2018, trois conducteurs alcoolisés sur cinq présentaient une alcoolémie deux fois supérieure à la limite autorisée.

Somnolence et fatigue, restent également des facteurs majeurs, relevés dans près d’un accident mortel sur cinq (18,6 %), même s’ils reculent par rapport à 2017 (25,3 %).

Le sujet est d’autant plus sensible durant les vacances d’été, où le trafic sur autoroutes augmente d’environ 25 % et où certains automobilistes privilégient les départs nocturnes pour éviter la chaleur et les bouchons.

« Une grande part des accidents liés à la somnolence se produit dans le créneau horaire 6h-8h pour une raison simple : si vous êtes en train de conduire à une heure où vous êtes habituellement en train de dormir, il y a de fortes chances que le naturel reprenne le dessus », rappelle Christophe Boutin. Pour lui, « décaler son horaire de départ, c’est souvent un calcul dangereux ».

La vitesse excessive n’était impliquée que dans 12,1 % des accidents mortels en 2018, moins que les « distracteurs d’attention » que sont les smartphones, GPS et autres tablettes, dont l’omniprésence dans les voitures alarme.

Les accidents mortels dus à l’inattention augmentent d’année en année (13,6 % en 2018, contre 11,3 % en 2017) « et il y a certainement une sous-comptabilisation de ces accidents », estime M. Boutin.

« C’est une cause qui n’est pas facile à détecter. Autant avec l’alcool, les drogues ou la vitesse, on a des preuves physiques de la cause, autant sur l’inattention, un conducteur préférera souvent dire “j’étais perdu dans mes pensées” plutôt que “j’étais en train de taper un SMS”, explique-t-il.

« C’est un problème générationnel », ajoute-t-il, redoutant « un risque qui va aller croissant ».

Ces « distracteurs » viennent aggraver le lourd tribut payé par les jeunes, adeptes des comportements à risques : les conducteurs âgés entre 18 et 34 ans représentent 18 % du trafic autoroutier mais sont impliqués dans 30 % des accidents mortels.

Les jeunes sont notamment présents dans la moitié des accidents mortels liés à la vitesse, dans la moitié de ceux avec manœuvres dangereuses (dépassement par la droite, non-respect des distances de sécurité…), ainsi que dans deux accidents sur cinq liés à l’alcool, drogue et médicaments.

Enfin, 2018 a marqué une légère accalmie pour les patrouilleurs autoroutiers, qui comptent 11 blessés dans 132 accidents. L’année 2017, marquée par la mort d’un agent et 14 autres blessés dans un total de 187 accidents, avait été noire pour les hommes en jaune.

60 milliards par an: l’Asie du Sud-Est, épicentre mondial de la « méth »

Drogue Thailande methamphetamine

Les gangs de la drogue en Asie du Sud-Est gagnent plus de 60 milliards de dollars par an en distribuant des quantités record de méthamphétamine, puis en blanchissant les profits grâce aux innombrables casinos qui prolifèrent dans la région, a révélé jeudi une étude des Nations Unies.

Les organisations criminelles tirent également parti de l’amélioration des infrastructures permettant de d’essaimer la méthamphétamine fabriquée en Birmanie vers les marchés voisins, et jusqu’en Australie et au Japon, indique le rapport.

L’étude réalisée par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) met en garde sur la baisse conséquente des prix à la revente au détail qui risque de développer le phénomène d’addiction.

« Selon une estimation prudente, de plus de 60 milliards de dollars par an » sont actuellement aspirés par les seuls barons de la méthamphétamine d’Asie du sud-est, a déclaré Jeremy Douglas, représentant régional de l’UNODC, à la presse à Bangkok, lors de la publication du rapport.

L’épicentre mondial des drogues synthétiques

Selon le rapport, les saisies de méthamphétamine – les comprimés «yaba» coupés à la caféine et la version beaucoup plus addictive et plus puissante, la «ice» ou méthamphétamine en cristaux – ont triplé au cours des cinq dernières années.

L’année dernière, 120 tonnes de méthamphétamine ont été saisies en Asie de l’Est et du Sud-Est, contre 40 tonnes environ en 2013, selon le rapport. Les chiffres étaient basés sur les chiffres des saisies de drogue et les renseignements de la police régionale.

Une grande partie de la méthamphétamine provient des laboratoires situés dans l’Etat Shan du Nord, en Birmanie, isolé et sans Etat de droit, qui a relancé le commerce de la drogue du «Triangle d’or».

« Cette région est l’épicentre du commerce mondial des drogues synthétiques », a déclaré Jeremy Douglas.

L’héroïne du Triangle d’or continuerait de générer environ 10 milliards de dollars par an, la Chine constituant le plus grand marché du monde, selon le rapport.

Mais la méthamphétamine est la nouvelle poule aux œufs d’or.

Des motards convoyeurs de mort à la rescousse

L’étude évoque des bandes de trafiquants de plus en plus sophistiquées et diversifiées qui transportent la drogue à travers l’Asie, préparée par des chimistes taïwanais, le tout orchestré par des financiers obscurs de Thaïlande, de Macao et de Chine, et dirigé par des producteurs birmans qui mettent leur « ice » en paquets de thé.

Des bandes de motards hors-la-loi venus d’Australie et de Nouvelle-Zélande apportent leur contribution pour transférer des livraisons massives d’Asie du Sud-Est vers les marchés d’où ils sont issus. Des marchés où les prix explosent, selon l’étude intitulée « Transnational Organized Crime in Southeast Asia: Evolution, Growth and Impact » selon laquelle les revenus illicites colossaux sont ensuite blanchis dans les dizaines de casinos qui poussent comme des champignons dans la région du Mékong – de la Birmanie jusqu’au Cambodge en passant par le Laos.

« Les producteurs et les trafiquants dominants blanchissent l’argent sale en utilisant des activités basées sur d’importants flux d’argent liquide telles que les casinos, les hôtels et l’immobilier« , a ajouté Douglas.

Le rapport indique également que des dizaines de milliards de dollars proviendraient de médicaments, de vêtements et de cigarettes de contrefaçon, ainsi que du commerce illégal d’espèces sauvages et de bois et de la traite des êtres humains.

La Thaïlande se trouve au cœur de la région du Mékong, avec des frontières difficiles à contrôler par la terre et la mer, ce qui en fait un passage idéal pour la drogue, les espèces protégées et les contrefaçons.

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« La science ne saurait avoir de parti-pris ».

L’appel de 250 scientifiques aux journalistes L’opinion — 15/07/19

« L’état de nos connaissances ne saurait être un supermarché dans lequel on pourrait ne choisir que ce qui nous convient et laisser en rayon ce qui contredit nos opinions »

Le collectif NoFakeScience, qui regroupe une vingtaine de scientifiques et de spécialistes de la vulgarisation, s’alarme du traitement réservé à l’information scientifique dans les médias, souvent dévoyé. Il appelle à un sursaut et souligne l’existence de consensus scientifiques parfaitement établis sur certains sujets. Il est soutenu en cela par près de 230 autres grands noms de la recherche mondiale, qui ont signé cet appel. Ce texte est publié en France en exclusivité par l’Opinion.

Il est simultanément publié au Canada par Le Soleil, en Suisse par Heidi.news et en Belgique par La Libre. Nous, scientifiques, journalistes et citoyens préoccupés, lançons un cri d’alerte sur le traitement de l’information scientifique dans les médias, ainsi que sur la place qui lui est réservée dans les débats de société. À l’heure où la défiance envers les médias et les institutions atteint des sommets, nous appelons à une profonde remise en question de toute la chaîne de l’information, afin que les sujets à caractère scientifique puissent être restitués à tous et à toutes sans déformation sensationnaliste ni idéologique et que la confiance puisse être restaurée sur le long terme entre scientifiques, médias et citoyens.

Dans une démocratie, les journalistes portent une lourde responsabilité puisque, de la liberté dont ils disposent ainsi que de la qualité de l’information livrée, dépend la qualité du débat public et des choix qui en découlent.

La méthode scientifique, de son côté, permet de produire des connaissances fiables pouvant servir de base de réflexion pour les politiques publiques portant sur des questions complexes telles que l’alimentation, la santé publique ou l’écologie (1). Il apparaît alors évident que la communauté scientifique et les journalistes doivent travailler main dans la main, la première ne devant pas s’isoler médiatiquement par crainte de voir ses travaux déformés, les seconds ne pouvant se permettre de travestir ni le travail de la première, ni les faits.

C’est sur ce dernier point que nous alertons les acteurs et actrices des médias. Nous assistons aujourd’hui à un dévoiement grandissant du travail des scientifiques. Leurs résultats ne sont bien souvent mis en avant que s’ils confortent des opinions préexistantes. Dans le cas contraire, certains iront sous-entendre leur rémunération par un lobby malveillant.

Soyons clairs : l’état de nos connaissances ne saurait être un supermarché dans lequel on pourrait ne choisir que ce qui nous convient et laisser en rayon ce qui contredit nos opinions. Il existe en effet des consensus scientifiques sur des sujets aussi divers que :

La santé

– La balance bénéfice/risque des principaux vaccins est sans appel en faveur de la vaccination (2,3).

– Il n’existe aucune preuve de l’efficacité propre des produits homéopathiques (4)

L’agriculture

– Aux expositions professionnelles et alimentaires courantes, les différentes instances chargées d’évaluer le risque lié à l’usage de glyphosate considèrent comme improbable qu’il présente un risque cancérigène pour l’homme (5,6,7).

– Le fait qu’un organisme soit génétiquement modifié (OGM) ne présente pas en soi de risque pour la santé (8).

Le changement climatique

– Le changement climatique est réel et d’origine principalement humaine (9).

– L’énergie nucléaire est une technologie à faible émission de CO2 et peut contribuer à la lutte contre le changement climatique (10).

Ces points ne sont pas de simples opinions. Ce sont les conclusions issues de la littérature scientifique et soutenues par des institutions scientifiques fiables, comme l’OMS, l’Académie européenne des sciences, l’Académie nationale de médecine, l’Académie d’agriculture ou encore le Groupe d’experts intergouvernemental sur le climat (Giec).

« Nous comprenons que des “marchands de doute”, y compris certains scientifiques, aient tenté et tentent encore de détourner le public du consensus. Cependant, les journalistes se trompent de cible s’ils croient que la communauté scientifique est leur ennemie »

Bien entendu, la science n’a pas réponse à tout. Il existe des questions qui n’ont pas conduit à un consensus clair, voire qui restent sans réponse. Il est alors tout à fait légitime pour un média de présenter et d’expliquer le débat qui a lieu. Mais si un consensus existe, le journaliste doit être capable de l’identifier, de chercher à le comprendre et à en rendre compte. Il n’est pas souhaitable de donner autant de poids à un fait scientifique dûment établi qu’à sa négation. Il serait par exemple impensable qu’après quinze minutes d’un sujet sur la station spatiale internationale, l’on donne quinze minutes d’antenne aux adeptes de la Terre plate.

Nous comprenons que des « marchands de doute », y compris certains scientifiques, aient tenté et tentent encore de détourner le public du consensus. Cependant, les journalistes se trompent de cible s’ils croient que la communauté scientifique est leur ennemie. Cette dernière risquerait de s’éloigner plus encore des journalistes. Enfin, nous soulignons la différence entre les échelles de temps scientifique et médiatique. La surinterprétation de résultats préliminaires et de petites avancées, sitôt contredits ou nuancés, brouille le message adressé au public.

S’il est légitime de chercher à informer dans les délais les plus brefs, cette réactivité peut s’avérer contre-productive, en particulier sans les clés de compréhension de l’actualité scientifique. Il est urgent que la place de l’information scientifique dans nos médias et dans le débat public soit revue, pour éviter de creuser le fossé entre scientifiques et journalistes.

Réfléchissons ensemble à la façon de rendre à la science la place qu’elle mérite. Pour un débat public apaisé et rationnel, pour le bien de notre vie politique, pour nos concitoyens. « La science n’a pas de patrie », nous dit Louis Pasteur. Nous ajoutons qu’elle ne saurait avoir de parti-pris idéologique

[1] Assemblée Nationale. Résolution sur les sciences et le progrès dans la République. Session ordinaire de l’Assemblée
Nationale du 21 février 2017.
[2] Académie nationale de Médecine, Académie des Sciences. Les difficultés de l’information du public sur les vaccinations. Académie nationale de médecine –
Académie des Sciences. Novembre 2011.
[3] OMS. 10 menaces pour la santé mondiale en 2019. OMS. Consulté le 20 février 2019.
[4] EASAC. L’homéopathie : nuisible ou utile ? Les scientifiques européens recommandent une approche fondée sur la preuve scientifique. Académie des Sciences. Communiqué de presse du vendredi 29 septembre 2017.
[5] EFSA Journal. Conclusion on the peer review of the pesticide risk assessment of the active substance glyphosate. Autorité Européenne de Sécurité des Aliments (EFSA). EFSA Journal, 12 novembre 2015.
[6] FAO. FAO specifications and evaluations for agricultural pesticides – Glyphosate. Consulté le 20 février 2019.
[7] ANSES.Avis de l’Anses sur le caractère cancérogène pour l’homme du glyphosate. 12 février 2016.
[8] OMS. Sécurité sanitaire des aliments – questions fréquentes sur les aliments génétiquement modifiés. OMS. Mai 2014.
[9] GIEC. Climate Change 2013: The Physical Science Basis. Contribution du 1er groupe de travail au 5e rapport du GIEC, 2013.
[10] GIEC. Réchauffement climatique de 1,5°C – Rapport spécial du GIEC. Chapitre 2 : voies d’atténuation compatibles avec 1,5°C dans le contexte du développement durable. GIEC. Consulté le 20 février 2019.

Bientôt davantage de salles ouvertes aux fumeurs de crack

Journal International de Médecine – Publié le 19/07/2019

Paris, le vendredi 19 juillet 2019 – Le gouvernement a pris ce jeudi un arrêté visant à favoriser la création de nouvelles salles de consommation à moindre risque (SCMR), plus connus sous le nom de salles de shoot. Ces locaux seront également désormais ouverts aux fumeurs de crack.

Le 17 octobre 2016 ouvrait, à l’hôpital Lariboisière à Paris, la première salle de shoot de France, un local où les toxicomanes peuvent consommer de l’héroïne dans les meilleures conditions sanitaires possibles, grâce à un matériel stérile et une assistance médicale.

Depuis, une seule autre SCMR a ouvert en France, à Strasbourg, au nouvel Hôpital civil. Le gouvernement a cependant ouvert la porte à la création de nouvelles salles de shoot ce jeudi. Le ministère de la Santé a en effet pris un arrêté qui fait passer la durée minimum d’ouverture d’un SCMR de trois à un an. Les municipalités pourront donc ouvrir de tel locaux sans craindre de dépasser la fin de la période d’expérimentation de ce dispositif, prévu pour 2022. Une réforme particulièrement pertinente alors que les administrations locales sont actuellement très réticentes à ouvrir de tels lieux à l’approche des élections municipales de mars 2020. Les projets de salles de shoot de Bordeaux et de Saint-Denis sont en de fait au point mort et, à Marseille, le conseil municipal a, le mois dernier, repoussé l’ouverture de sa SCMR sine die.

Il faut dire que les salles de shoot de Strasbourg et surtout de Paris sont très peu appréciées par les riverains, beaucoup se plaignant de l’augmentation de l’insécurité et de la consommation de drogue aux abords de la salle. À ces critiques, l’association Gaia, qui gère la salle de shoot parisienne, répond que la création de la salle a grandement amélioré la qualité de vie des toxicomanes.

En outre, l’arrêté prévoit que les salles de shoot ne seront plus réservées aux consommateurs de drogues injectables, mais également aux usagers de drogue par inhalation, c’est-à-dire aux fumeurs de crack. Cependant, l’association Gaia, qui accueille déjà 200 héroïnomanes par jour dans ses locaux, a d’ores et déjà annoncé qu’elle n’était pas en capacité d’accueillir les fumeurs de crack, bien trop nombreux dans la capitale.

Elisabeth Avril, directrice de l’association, demande donc l’ouverture de nouvelles salles à Paris. « Tant qu’il n’y aura pas de nouvelle salle à Paris, on continuera à n’accueillir que les injecteurs. Il y a 5 000 fumeurs de crack dans le nord-est parisien et on ne peut pas se permettre de les attirer tous dans le quartier », a-t-elle expliqué à l’AFP. À l’inverse, à Strasbourg, l’association Ithaque, en charge de la SCMR, accueillera « immédiatement tous les usagers, quel que soit leur mode de consommation ».

Q.H.

 

Femmes : les 4 bonnes raisons d’arrêter l’alcool

  • Femmes : les 4 bonnes raisons d’arrêter l’alcool
En France, la consommation d’alcool des femmes n’a jamais été aussi proche de celles des hommes. Les 30-50 ans sont les plus concernées par les ivresses à répétition. Les usages modérés mais réguliers touchent davantage les femmes plus âgées. Or la vulnérabilité féminine face à ces abus, chroniques ou ponctuels, n’est pas anodine. Voilà les principaux risques dont vous vous protégez en arrêtant de boire.

Chez les femmes, l’arrêt de la consommation d’alcool protège contre le risque de :

Fragilité mentale. Pour le prouver, l’équipe japonaise du Dr. Michael Ni a suivi 10 386 volontaires non buveurs ou buveurs modérés (ne dépassant pas les 14 unités par semaine pour les hommes et 7 pour les femmes). Une étude menée entre 2009 et 2013. Résultats, 64% des  hommes et 88% des femmes ne buvaient pas. Le degré de bien-être en terme de santé mentale était bien plus élevé chez les abstinents. Et les femmes qui buvaient modérément et celles qui mettaient fin à leur consommation voyaient leur santé mentale s’améliorer ;

Démence. Selon une étude de l’Inserm menée entre 2008 et 2013 auprès de 57 000 cas de démence, plus de la moitié des épisodes précoces (survenant avant 65 ans) sont provoqués par l’alcool. Chez les personnes atteintes d’une maladie neurodégénérative type Alzheimer, on répertorie 3 fois plus de patients alcooliques comparé à la population générale. Parmi les sujets déments en lien avec l’alcool, 4% sont des femmes. Ce phénomène peut s’expliquer par l’impact neurotoxique de l’alcool provoquant d’importantes lésions cérébrales ;

Cancer du sein. Aujourd’hui, tous sexes confondus, l’alcool constitue le 2e facteur de risque de cancer, après le tabac. Chez les femmes, 15% des cancers du sein sont déclenchés par l’alcool. Et l’incidence de cette tumeur a quasiment doublé entre 1990 et aujourd’hui. ;

Décès. Cette diminution de la consommation constitue une priorité de santé publique : l’alcool est en effet à l’origine de 60 maladies (cardiovasculaires, cancers, diabète, épilepsie, hémorragies…). Plus de la moitié des décès dont 11 000 femmes.

A noter : les repères de consommation d’alcool comportent 3 recommandations : pas plus de 10 verres par semaine, pas plus de 2 verres par jour et maintenir toutes les semaines des jours d’abstinence.

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