Apéros en été : quand l’alcool fait payer une lourde addition à la santé

L’été est une période favorable à la consommation et surtout à la surconsommation d’alcool. Les apéros entre amis, les soirées qui durent, la bière en cas de forte chaleur pour se désaltérer (ce qui ne marche pas !), les occasions sont nombreuses de se relâcher sur sa consommation d’alcool. Mais évidement, une fois la fête fini, il faut payer l’addition. Et l’abus d’alcool se paye très cher question santé.

Sans surprise, d’innombrables études ont permis d’identifier l’alcool comme un facteur de risque important de plusieurs types de cancers, notamment ceux de la cavité buccale, du larynx, de l’œsophage, du côlon, du foie et du sein.  Par exemple, la consommation régulière de 80 grammes d’alcool, ce qui correspond à un peu plus de la moitié d’une bouteille de vin, augmente de 18 fois le risque de cancer de l’œsophage comparativement aux personnes qui ne consomment pas d’alcool.

L’excès d’alcool se transforme en cancer

Cette hausse de risque devient encore plus importante pour les personnes qui fument  elles ont alors 44 fois plus de risques d’être touchées par ce cancer redoutable.

Bien que l’exposition prolongée des cellules à l’éthanol (le type d’alcool qu’on retrouve dans les boissons alcoolisées) puisse provoquer un cancer, il semble que les effets cancérigènes de l’alcool sont surtout causés par sa transformation en acétaldéhyde, une molécule très réactive qui peut provoquer des mutations dans le matériel génétique des cellules (ADN).  Les nombreuses bactéries présentes dans la bouche ainsi que dans le côlon peuvent également oxyder l’éthanol en acétaldéhyde, générant de grandes quantités de cette molécule cancérigène dans la salive ainsi que dans le tube digestif des personnes qui consomment de grandes quantités d’alcool.  Des études ont montré qu’à de telles concentrations, l’acétaldéhyde peut entraîner une trop forte croissance des cellules de la muqueuse tapissant le tube digestif et ainsi provoquer des effets toxiques qui favorisent le processus de carcinogenèse.

Quitte à boire mieux vaut que ce soit du vin rouge

En dépit des effets néfastes associés à la consommation excessive d’alcool, plusieurs études ont clairement démontré que la consommation modérée de boissons alcoolisées peut au contraire être bénéfique pour la santé.  Par exemple, il est maintenant bien connu que les personnes qui boivent modérément (1-2 verres pour les hommes et 1 verre pour les femmes) connaissent une incidence réduite de maladies cardiovasculaires, une des principales causes de mortalité en Occident.

Cet effet protecteur est particulièrement prononcé si cette consommation modérée fait partie d’un mode de vie sain, c’est-à-dire qu’elle est associée à une alimentation riche en fruits et légumes, à une activité physique régulière et à l’absence de tabagisme. Cependant, pour éviter que ces bienfaits soient contrecarrés par une augmentation du risque de cancer, cette consommation d’alcool doit demeurer modérée.

Vin rouge : de la modération ou la catastrophe

Le vin rouge est sans contredit l’alcool qui a le plus d’effets positifs sur la santé. En effet, cette boisson très complexe contient plusieurs milliers de composés chimiques, en particulier une molécule nommée resvératrol, qui exercent de multiples actions positives sur le système cardiovasculaire, entre autres celle de réduire la formation de caillots qui peuvent bloquer les vaisseaux sanguins et ainsi provoquer de graves problèmes cardiaques.

Le resvératrol contenu dans le vin rouge est l’une des seules molécules d’origine nutritionnelle à pouvoir agir simultanément sur plusieurs étapes essentielles à la croissance des cancers, autant en prévenant l’apparition de cellules cancéreuses qu’en empêchant celles déjà présentes d’atteindre un stade mature.  Par exemple, certaines études indiquent que la consommation modérée de vin (de 1 à 7 verres par semaine) réduit significativement les risques de développer certains types de cancers, notamment ceux du poumon, de la prostate et de l’œsophage.

Au-delà de cette quantité, cependant, le risque de ces cancers augmente considérablement, ce qui illustre encore une fois à quel point l’alcool, même dans le cas du vin rouge, est une arme à double tranchant qu’il faut savoir utiliser intelligemment.

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