Belgique : 1/4 des jeunes scolarisés ont consommé du cannabis

Un quart des jeunes scolarisés âgés de 12 à 20 ans en Fédération Wallonie Bruxelles (FWB) ont déjà consommé au moins une fois du cannabis, indique le rapport Eurotox 2011-2012 de la FWB. Ce chiffre est «relativement stable» depuis 1998.

Selon le rapport, 5% des jeunes francophones de 12 à 20 ans de l’enseignement secondaire consomment du cannabis de manière hebdomadaire, tandis que 1,7% déclare en consommer quotidiennement.

Le cannabis est la drogue la plus consommée en Belgique. Selon le rapport, qui se fonde sur 7.000 questionnaires auto-administrés dans les trois régions, 14% de la population totale a déjà fumé du cannabis au moins une fois. Les autres drogues (cocaïne, héroïne, ecstasy, etc.) n’ont été consommées à au moins une reprise que par moins de 4% de la population.

La consommation de drogue varie cependant fortement selon l’âge. Ainsi, 30% des 25-34 ans ont déjà expérimenté le cannabis. Près de 9% de cette catégorie d’âge ont absorbé un autre type de drogue à au moins une reprise.

Les auteurs du rapport indiquent que ces chiffres sont probablement sous-estimés étant donné qu’ils concernent les ménages et que l’enquête ne s’intéresse pas aux personnes marginalisées «qui sont pourtant probablement les plus grands consommateurs de drogues».

Le rapport dresse également un bilan de 21.000 demandes de traitement pour un problème d’assuétude enregistrées entre 2006 et 2011 dans un centre de la FWB. En moyenne, le patient admis est âgé de 34 ans. Il est majoritairement masculin (80%), peu ou pas scolarisé et bénéficie de faibles revenus. Son addiction concerne d’abord les opiacés (50% des cas), l’alcool (22%) la cocaïne ou le crac (12%) et le cannabis (11%). Source

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Béziers : Les étudiants de l’IUT avouent leur addiction

Un groupe de cinq jeunes Biterrois a enquêté sur les habitudes des étudiants. Résultats.

Mieux vaut prévenir que guérir. Nul doute que les cinq étudiants de l’IUT de Béziers, auteurs de l’opération “Ta conso, t’en est où ?”, partagent cette morale. Ce projet, mené de décembre 2012 à janvier 2013, a consisté en une enquête élaborée par ces cinq étudiants sur les addictions des jeunes. L’étude s’est portée sur trois types de drogues : le tabac, les drogues et l’alcool. Le but de l’opération est de sensibiliser les étudiants de l’IUT aux effets des addictions. Les initiateurs du projet ont distribué un questionnaire de 31 questions à 288 étudiants de l’IUT, âgés de 17 à 24 ans.

20% se considérant dépendants

À la question « À quelles addictions pensez-vous en priorité ? », 67 % des jeunes Biterrois interrogés ont répondu le tabac, 59 % l’alcool, et 44 % le cannabis. Et sur l’ensemble de ces étudiants, 20 % se considèrent comme dépendants à un produit addictif, dont plus de la moitié d’entre eux au tabac.

90% ont déjà bu de l’alcool

Près de 90 % déclarent avoir déjà bu de l’alcool. « Ce résultat m’a surpris, je ne pensais pas qu’autant de jeunes avaient déjà consommé de l’alcool », témoigne Adil Oumadi, l’un des étudiants à l’origine du projet. Plus de la moitié des jeunes interrogés ont déjà consommé une drogue illicite, du cannabis pour la majorité d’entre eux. Sur les 288 qui ont répondu, ils sont presque la moitié à prendre régulièrement une drogue illicite (cannabis, cocaïne, ecstasy, LSD, produits dopants, champignons). Enfin, 72 % ont déjà fumé du tabac, et la moitié des interrogés sont des fumeurs réguliers.

Un partenariat

Ce projet s’inscrit dans le cadre d’un partenariat existant entre l’établissement et le centre hospitalier. L’enquête s’est déroulée en deux phases. Les auteurs du projet ont d’abord distribué aux étudiants les questionnaires, avant de mener une dizaine d’entretiens d’une durée.Cette étude est l’occasion de se rappeler que, selon l’enquête menée par l’European School Survey Project on Alcohol and other Drugs (ESPAD) en 2011, les jeunes Français sont les plus gros consommateurs de cannabis en Europe. Une campagne de prévention est donc toujours la bienvenue.

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Cannabinoïdes synthétiques : 16 cas d’insuffisance rénale aiguë

Aux États-Unis, entre mars et décembre 2012, on a dénombré 16 cas d’insuffisance rénale aiguë chez des sujets jeunes ayant consommé un cannabinoïde synthétique. Chez certains de ces patients, le produit consommé était du XLR-11, apparu sur le marché au premier semestre 2012.

Mars 2012 : les autorités de santé du Wyoming reçoivent la notification de trois cas d’insuffisance rénale aiguë inexpliquée chez des sujets ayant consommé un cannabinoïde synthétique (CS) (parfois appelé marijuana synthétique). Or on n’avait encore jamais décrit d’insuffisance rénale aiguë (IRA) chez les consommateurs de CS. Dès lors, il y avait trois possibilités : 1) une toxicité encore jamais reconnue ; 2) la contamination par une substance néphrotoxique dans un paquet de CS ; 3) l’arrivée sur le marché d’un nouveau CS.

Wyoming, Oregon, New York, Oklahoma, Rhode Island, Kansas

Ces 3 patients ont indiqué avoir fumé du CS dans les jours ou les heures précédant le début des symptômes. Un avait fumé un CS parfumé à la myrtille ; les deux autres un CS non spécifié. Tous les trois avaient présenté nausées, vomissement, douleurs abdominales ou douleurs des flancs et s’étaient présentés aux urgences hospitalières entre le 26 et le 29 février 2012 dans un tableau d’insuffisance rénale aiguë. Le Département de la Santé du Wyoming a déclenché une enquête pour identifier d’autres cas et trouver la cause de la maladie. Le 24 mars, un quatrième patient ayant fumé un CS parfumé à la myrtille ou au chewing-gum s’est présenté aux urgences dans le même tableau clinique. Par la suite, 12 autres cas d’IRA associés à la prise de CS ont été identifiés dans d’autres États : Oregon (6), New York (2), Oklahoma (2), Rhode Island (1) et Kansas (1).

Lésions tubulaires aiguës

Au total, parmi ces 16 patients, il y avait 15 hommes de 15 à 33 ans et 1 jeune femme de 15 ans. Aucun n’avait de maladie rénale antérieure et aucun ne prenait de médicament néphrotoxique. Huit patients ont eu une biopsie rénale : on a découvert des lésions tubulaires aiguës chez 6 d’entre eux et une néphropathie interstitielle aiguë chez 3.

Cinq des 16 patients ont dû être dialysés ; 4 ont été traités par corticothérapie. La régression a été observée dans les trois jours qui ont suivi le pic de créatininémie chez la plupart des patients.

Chez 7 patients, on a pu procéder à des analyses toxicologiques du CS consommé et des échantillons biologiques (urines, sang, plasma).

Du XLR-11 chez plusieurs patients

Dans les cas 1 à 3, on a identifié 2 CS contenant du 3-(1-naphthoyl)indole, précurseur de nombreux CS aminoalkylindole ; un des deux produits contenait aussi le puissant CS AM2201.

Le produit consommé par le patient 4 contenait du 3-(1-naphthoyl)indole ainsi que du XLR-11, un dérivé jusque-là inconnu du CS UR-144 en circulation. Les urines de ce patient contenaient le métabolite N-pentanoic acid du XLR-11.

Le sang du patient 6 contenait le même métabolite de XMR-11.

Pour le patient 11, on a trouvé dans le produit consommé et dans le sérum du XMR-11 et du CS UR-144 ; et, dans ses urines, le même métabolite du XLR-11 que le patient 4. Le produit consommé par le patient 12 contenait aussi du XLR-11. Chez les patients 13 et 14, l’analyse du produit consommé et des échantillons biologiques ont retrouvé du XLR-11 et le même métabolite. Chez le patient 15, on n’a pas trouvé de XLR-11 dans le produit consommé.

« Dans ce rapport, le produit utilisé par 5 des 16 patients contenait un nouveau CS fluoriné, le XLR-11. De plus, le XLR-11 ou son métabolite a été trouvé dans les liquides biologiques de 5 des 7 patients pour lesquels on disposait d’échantillons », conclut un communiqué des CDC.

Dr Emmanuel De Viel

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Les addictions expliquées aux collégiens

Une bonne initiative pour ces jeunes./Photo DDM ()Une bonne initiative pour ces jeunes 

Les jeunes sont dépendants parce que victimes des publicités télévisées.

Aussi, le collège Célestin-Sourèzes a organisé, le 14 février, à la salle des fêtes, un spectacle présenté par l’association école citoyenne pour les élèves de 3e et 4e afin de les sensibiliser aux problèmes de dépendance que l’on peut trouver dans bien des cas : tabac, alcool, drogue, médicaments, nourriture, sans parler de la télévision, Internet, jeux, sport, etc.

L’addiction ou dépendance est au sens phénoménologique une conduite qui repose sur une envie répétée et irrépressible, en dépit de la motivation et des efforts du sujet pour s’y soustraire. Par le biais d’une pièce jouée en théâtre-forum, les collégiens purent mieux prendre conscience du problème.

Ils eurent à commenter la pièce, trouver les différentes addictions qu’avaient les acteurs dans leur rôle, analyser les motifs invoqués. Ensuite, ils purent rétablir la réalité de la situation, mettre à jour les ruses et trouver la bonne raison pour ne pas tomber dans les pièges couramment utilisés pour les tenter d’essayer «une fois».

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Les collégiens bergeracois face au cannabis

Policière, Florence Masurelle intervient dans les établissements scolaires pour évoquer les dangers de la drogue. Exemple à l’institution Sainte-Marthe/Saint-Front.

Florence Masurelle intervient dans tous les établissements scolaires bergeracois

Florence Masurelle intervient dans tous les établissements scolaires bergeracois (A. T.)

Selon le dernier rapport du conseil intercommunal de sécurité et de prévention de la délinquance (CISPD),la consommation de cannabis est en forte hausse au sein de la population des 13-15 ans. Ce même rapport plaçait parmi ses chantiers prioritaires pour 2013 la lutte contre les phénomènes d’addiction.

La semaine dernière, Florence Masurelle, uniforme de la police nationale sur le dos, a rencontré les élèves de l’institution Sainte-Marthe Saint-Front. Référente scolaire, formatrice anti-drogue, elle intervient dans les établissements scolaires de Bergerac à la demande des responsables.

Vendredi, « Sud Ouest » a assisté à une séance, en compagnie d’une classe de troisième.

Une heure et demie, forcément trop courte, de prévention et surtout d’échange avec ces jeunes, « pour éviter la première consommation ». Même si, pour plusieurs d’entre eux, c’est déjà trop tard : le premier joint a déjà été fumé.

Le courage d’avouer

La séance se déroule sous la forme de questions-réponses. Avec, parfois, des interrogations qui laissent dubitatif. Comme celle-ci : « Le tabac et l’alcool sont des drogues comme le cannabis et l’héroïne. Vrai ou faux ? » Les avis divergent. « L’alcool et le tabac, c’est légal. La drogue non », ose un jeune homme. « Oui, mais pour vous, qu’est-ce que la drogue ? », enchaîne Florence Masurelle. «C’est quelque chose qui nous soulage », tente une jeune fille. « C’est un truc où après on n’est plus très net », corrige un élève.

Autre question : « Qu’est-ce qui peut pousser à consommer ? » Là encore, les réponses fusent : « Pour faire comme les autres », selon un ado. « Pour se rendre intéressant », complète son voisin. Une voix s’élève au dernier rang : « Pour être dans un autre état ». Florence Masurelle interroge la classe : « Vous en avez besoin pour faire la fête ? » « Non, répond un jeune homme. On peut aussi regarder un bon film entre amis. » Quelques gloussements moqueurs montent dans les rangs. Un avis qui visiblement n’est pas partagé.

Puis vient la question : « Dans la salle, qui a consommé du cannabis ? ». Une main se lève, timidement, suivie par d’autres. La policière commence alors par les féliciter. Non pas de consommer, mais de l’avouer. Pas évident, surtout quand deux enseignants se trouvent dans la salle. « Bravo, je vous félicite pour votre courage », dit-elle. Avant d’enchaîner : « Dites-moi, quels effets ça vous fait ? » Une élève : « Je rigole tout le temps » Une autre : « La première fois, ça ne m’a rien fait. Après, je rigolais pour rien » Un de ses camarades ajoute : « On se sent bien, joyeux. » « Et vous continuez à consommer ? », s’enquiert la policière. « Ça dépend, lâche une jeune fille. Juste en soirée. Pour s’amuser. »

Pour appuyer son argumentaire sur les dangers du cannabis – « car il n’y a pas de drogue douce ou de drogue dure. Il y a la drogue, c’est tout » -, Florence Masurelle évoque son expérience, en région parisienne. Et ces deux jeunes de 18 ans retrouvés morts sous un pont. Des murmures parcourent l’assistance. Comme quand elle égrène les principaux dangers de la consommation de « shit » en une litanie parfois effrayante : « Dépendance, psychose, violence, démotivation, altération de la mémoire… » Même réaction à l’énoncé des peines encourues en cas de cession, même gratuite, de stupéfiants. « Il faut toujours leur expliquer la loi, assure Florence Masurelle. S’il n’y a pas de sanction… » Reste maintenant à savoir quelle attitude ces élèves adopteront. Si les paroles de l’officier de police résonneront. Ou partiront en fumée. Source

Nouvelles drogues illicites sur le marché : Une inflation « galopante » ! par le Pr Jean-Pierre Goullé

Le 31 janvier dernier à Bruxelles l’European Monitoring Centre for Drugs and Drug Addiction (EMCDDA) et Europol ont révélé dans leur rapport que 73 nouvelles drogues de synthèse ont été identifiées en 2012.

Après 41, puis 49 nouvelles drogues répertoriées en 2010 et 2011, ce sont donc au total plus de DEUX CENTS substances illicites qui sont apparues sur le marché depuis 2005 !

Décidément l’imagination de chimistes empoisonneurs n’a pas de limite.

Il s’agit d’un marché en pleine expansion, dont le chiffre d’affaires est tout à fait considérable, facilité par les possibilités qu’offre Internet à ce vaste trafic international. L’EMCDDA a identifié en janvier 2012 près de 700 boutiques sur la toile.

Provenant de marchés de gros situés en Chine et en Inde, puis importés en Europe où ils sont transformés, ces produits sont souvent proposés sur le marché comme des euphorisants légaux. Il est vrai que bon nombre d’entre eux échappent aux lois internationales en vigueur. Ils sont ensuite revendus en lieu et place des « drogues interdites » grâce à des stratégies de marketing sophistiquées et agressives,  n’hésitant pas à infiltrer des réseaux sociaux et à s’attaquer aux plus jeunes. Parmi ces nouvelles drogues psychoactives, certaines sont proposées sur le Net comme de simples médicaments, voire sous les appellations les plus fantaisistes de « sels de bains », « d’encens », de « plantes médicinales », « d’engrais », « d’ecstasy », « d’amphétamines », de « cocaïne ».

Contrairement aux surdoses survenant avec de l’héroïne, de la cocaïne  ou de l’ecstasy pour lesquelles les médecins sont parfaitement formés, la prise en charge médicale des sujets présentant une intoxication avec ces substances aux structures chimiques très variées et aux effets inconnus et peu prévisibles pose de réelles difficultés quant au diagnostic et à leur prise en charge. Si aucune étude n’est disponible pour évaluer leurs effets sur la santé, 21 décès dus à la consommation de la seule 4-méthylamphétamine ont été recensés depuis octobre 2011 en Europe.

Ce vaste trafic et la facilité d’accès à ces nouvelles drogues illicites est une source d’inquiétude, il constitue un réel problème et une menace pour la santé publique face au grand nombre et à l’extrême variété de ces substances (plus de 200 depuis 2005) pouvant être à l’origine d’intoxications pour lesquelles les médecins sont démunis.

illustration article JP Goullé

Les enfants afghans drogués, victimes innocentes de la culture de l’opium

« Ma maman était malade, alors elle me faisait prendre des pilules » pour être tranquille.

Le plus jeune drogué doit avoir 3 ans à peine, le plus âgé peut-être 12: dans le centre de traitement Wadan, une marmaille gesticulante reprend goût à la vie, après des années d’addiction, problème croissant en Afghanistan.

Deux fillettes vêtues d’un uniforme bleu, dont l’une a les cheveux recouverts d’un foulard, s’essaient au badminton. Des garçons se disputent un ballon jaune. D’autres sont captivés par un jeu électronique rudimentaire. Tous ont l’air actifs, sains. Aux antipodes de leur état à leur arrivée dans ce centre de Jalalabad (est).

« Quand je les vois pour la première fois, ces enfants sont déprimés, malheureux. Ils ne jouent pas, ne se préoccupent pas de leur hygiène », observe Massouma Khatima, une aide soignante. « Ils sont comme des fantômes », acquiesce l’une de ses collègues

Après 45 jours passés au centre de l’ONG Wadan, qui accueille 25 bambins et 35 femmes, souvent leurs mères, ils sont comme transfigurés. Normaux. Un traitement médicamenteux léger, pour les moins atteints, exceptionnellement une hydrothérapie (douches froides en cas de manque) pour les cas les plus lourds, est passé par là.

La petite Marwa, un joli minois de 10 ans, en est ressortie transformée. « Je prends des pilules pour dormir depuis que je suis bébé. Avant j’étais fatiguée. Je somnolais. J’avais mal à la tête. Mes copains se moquaient de moi. Ils m’appelaient +l’endormie+ », raconte-t-elle doucement.

« Maintenant, je me sens mieux, même si je ne suis pas complètement en forme. Je sens que je peux apprendre à jouer », poursuit celle qui se rêve « ingénieure ». Brikna, 7 ans, a elle aussi ingéré pendant des années des « pilules pour dormir », soit des somnifères mélangés à du lait ou, plus généralement, un bouillon à base d’opium, très consommé dans sa province du Nangarhar, dont Jalalabad est la capitale, selon Fazalwahid Tahiri, l’administrateur du centre.

« Ma maman était malade, alors elle me faisait prendre des pilules » pour être tranquille, explique-t-elle ingénument à l’AFP.

« Ici, dans les zones rurales, on donne de la drogue aux enfants pour des maux d’estomac, des grippes…. Comme l’opium est facilement disponible, les gens ne considèrent pas cela comme une drogue qui peut conduire à la dépendance », regrette M. Tahiri.

En Afghanistan, qui produit plus de 90% de l’opium mondial, les parents sont directement responsables de la toxicomanie de leurs enfants.

Dans la plus grande partie du pays, ceux-ci deviennent en effet accros en tant que « fumeurs passifs » de l’opium que leur père consomme à la maison, explique Zarbadshah Jabarkhail, médecin travaillant pour le Bureau des Nations unies contre les drogues et la criminalité (UNODC).

Trois des cinq enfants de Baspari, une jeune femme de 28 ans, sont désormais accros. Les deux autres, un nourrisson de 10 mois et un bébé de moins de 2 ans, sont consommateurs passifs.  »

Je sais que c’est mal. Les médecins m’ont dit de ne pas le faire. Je ne recommencerai pas », déclare-t-elle, visiblement peu convaincue, devant des employés du centre.

Et cette fermière peu éduquée, qui cultive de l’opium avec son mari, de décrire en souriant les effets de la drogue sur sa progéniture: « Parfois ils dansent, parfois ils peuvent dormir trois jours d’affilée. »

« On m’a donné la même chose quand j’étais petite, reprend-elle. De toute façon, quand on n’a pas d’argent pour leur acheter des médicaments, on n’a pas le choix. »

Mais dans certaines provinces, des mères donnent sciemment de la drogue à leurs petits pour qu’ils se tiennent tranquilles. Une technique en vogue dans le nord, qui leur permet de récolter de l’opium ou tisser des tapis sans être importunées par leur progéniture, raconte le Dr Jabarkhail.

« Les familles pauvres ont beaucoup d’enfants mais ne peuvent pas s’occuper d’eux si elles ne gagnent pas d’argent. Mais elles ne comprennent pas qu’en leur donnant de la drogue, elles les tuent », déplore-t-il.

Quelque 1,6 million d’Afghans, sur une population d’environ 30 millions, sont drogués, dont 300.000 enfants, selon une estimation américaine.

Entre 2005 et 2009, le nombre d’héroïnomanes a triplé, pour atteindre 150.000, et 230.000 personnes prenaient de l’opium, selon l’UNODC.

Et toujours plus de toxicomanes signifie toujours plus d’enfants frappés par ce fléau, note le Dr Jabarkhail. La menace est de taille pour un pays très jeune (plus de la moitié des habitants ont moins de 18 ans), et dont les enfants incarnent un avenir… incertain.

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Lecteurs, avez vous la réponse ?

Un fidèle lecteur nous interroge :

« Alors que la vente des drogues en Europe et en France en particulier, augmente et finance les actions des terroristes en Afghanistan et maintenant ouvertement au Mali, est-il « normal » que nous lui ouvrions les vannes des salles de « shoot »? « 

La question mérite une réponse rapide, qui peut la donner ?

Quel est l’intérêt sanitaire des salles de shoot ? (Le Figaro)

AVIS D’EXPERT

La réponse du professeur Jean-Pierre Olié, psychiatre à l’hôpital parisien Sainte-Anne et membre de l’Académie nationale de médecine.

Extrait :

Les résultats des expériences de salles d’auto-injection dans d’autres pays que le nôtre ne permettent pas de porter des conclusions médicales positives. S’il est vrai qu’en France, des salles d’injection contrôlée devraient accueillir des toxicomanes depuis longtemps pris dans le piège de la toxicomanie, il faut savoir que ces salles ne réduiront ni la contamination du sida, ni la contamination du virus de l’hépatite C.

De surcroît, comment croire qu’elles apporteront ici ce qu’elles n’apportent pas ailleurs: la possibilité d’inscription du toxicomane dans un programme de soin?

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SALLES D’INJECTION : L’ORDRE DES MÉDECINS PLUS HOSTILE QUE PERPLEXE

L’annonce de Marisol Touraine, ministre de la Santé, de la mise en place en 2013 d’une expérimentation de salle d’injections à moindre risque en France a conduit le Conseil national de l’ordre des médecins (CNOM) a planché sur ce sujet ; ce qu’il a fait en décembre 2012. Il en ressort des interrogations qui montrent une hostilité manifeste du Conseil à cette initiative. Passage en revue.

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Salle d’injection, l’Académie de médecine rejette l’expérimentation

Alors que la mise en place expérimentale d’une salle d’injection contrôlée vient d’être autorisée par le Premier ministre, l’Académie nationale de médecine rejette l’initiative déjà exprimée dans un avis de janvier 2011.

Arguments avancés, il convient de traiter les addictions et non de les entretenir. De plus, la France s’est dotée de nombreuses structures d’accueil pour les toxicomanes où sont délivrés des produits de substitution.

Résultat, l’Hexagone serait au premier rang quant au nombre de patients (140 000) bénéficiant de cette prise en charge.

Enfin, l’institution énonce les nombreux obstacles qui s’opposent à ce projet.

Bertrand Delanoé et le député de Paris Jean-Marie Le Guen pour leur part se félicitent de l’accord donné et rappellent l’accord de la ville à une expérimentation dès octobre 2010.

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« salles d’injection » de drogue : l’Académie de médecine réitère son opposition au projet d’expérimentation

En janvier 2011, l’Académie Nationale de Médecine [1] , après plusieurs réunions, auditions d’experts et analyse des résultats des expériences à l’étranger, a indiqué son opposition à la création de salles de consommation contrôlée de drogues telles qu’elles sont actuellement définies. Cet avis s’est appuyé sur plusieurs arguments au premier rang desquels :

les addictions aux substances psycho-actives créent un état de maladie qu’il convient de traiter et non d’entretenir : priorité doit donc être donnée aux actions visant à aider le sujet dépendant à retrouver la liberté que la drogue lui a ôtée ;

notre pays est doté de structures de soins aux toxicomanes facilement accessibles et en outre susceptibles de délivrer des produits de substitution à l’héroïne : l’efficacité de la politique de réduction des risques mise en œuvre en France (distribution de seringues, traitements de substitution) est attestée par une réduction massive de la contamination des usagers de drogues par le virus HIV (moins de 2% des nouvelles contaminations concernent des toxicomanes).

En France 140 000 personnes reçoivent un traitement de substitution par voie orale : notre pays est au premier rang concernant cette offre [2].

Selon le rapport INSERM [3] de 2010 ayant trait aux modalités de réduction des risques, 8 pays se sont dotés de salles d’injection contrôlée dans des contextes sanitaires et de politique de réduction des risques très différents des nôtres. Il n’est pas établi que les salles d’injection contrôlée aient un impact sur la consommation de drogues des usagers ou de la communauté.

L’Académie Nationale de Médecine souligne que la mise en place expérimentale de salles d’injection contrôlée serait d’un coût élevé : un tel projet ne devrait pas se faire au détriment des actions déjà entreprises et du soutien aux associations de bénévoles œuvrant contre les toxicomanies. Regrettant que son avis de janvier 2011 n’ait pas été entendu puisque les pouvoirs publics affirment vouloir persister dans leur projet d’expérimenter la mise en place de salles d’injection contrôlée des drogues, l’Académie nationale de médecine redit avec netteté les obstacles à la mise en place d’un tel projet.

1) L’organisation de salles d’injection contrôlée de drogues ne saurait se concevoir sans les conditions de sécurité sanitaire nécessaires à tout acte d’injection :

a. identification du produit injecté ;

b. garantie d’asepsie ;

c. disponibilité des moyens de réponse aux urgences vitales consécutives à l’injection.

2) Une telle expérimentation imposerait de satisfaire à certaines exigences éthiques et juridiques :

a. Toute expérimentation suppose une méthodologie, des critères d’évaluation et un calendrier définis à l’avance ;

b. la personne admise dans un protocole expérimental devrait bénéficier d’une information éclairée sur les risques encourus et il faudrait recueillir l’expression de son consentement ;

c. les responsabilités des pouvoirs publics et des professionnels en cas de complication médicale voire d’acte délictueux commis sous l’emprise de la drogue devraient être définies ;

d. le risque de recours consécutif à l’injection de substances non inscrites à la pharmacopée ou à des posologies non répertoriées voire illégales devrait être pris en compte.

L’Académie de médecine réitère donc son opposition au projet d’expérimentation de salles de consommation contrôlée des drogues.

— –

Groupe de travail : J.F. Allilaire, J. Costentin, J.P. Goullé, M. Hamon, X. Laqueille, M. Lejoyeux, M.C. Mouren, J.P. Olié (rapporteur), R. Nordmann, J.P. Tillement (Commissions 2, 5 et 6)

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Salles de shoot : riverains et élus d’opposition en colère

Le gouvernement a donné son accord pour la création d’un premier site expérimental. Le maire du Xe arrondissement de Paris s’est porté volontaire pour accueillir cette salle de consommation de drogue.

«Génial, superbe idée, ce sont les commerçants et les habitants qui vont être contents de voir toute une “faune” envahir le quartier et de croiser le matin ces personnes en mal de leur poudre quotidienne», ironise Jean, un habitant du Xe arrondissement.

Au lendemain du feu vert de Matignon pour ouvrir une salle de consommation de drogue à Paris, beaucoup de riverains du Xe arrondissement s’inquiètent. Leur maire, Rémi Féraud (PS), s’est porté volontaire depuis plusieurs mois pour accueillir cette salle expérimentale. Si la pointe Gare du Nord-Barbès-Stalingrad est évoquée, personne à la mairie ou dans les associations ne sait encore situer le lieu exact.

«On pose des questions qui restent sans réponse»

«Pour un projet porté soi-disant haut et fort par la municipalité, les agissements se font dans le secret et l’opacité, on pose des questions qui restent sans réponse, tout se fait dans le dos de tout le monde, s’indigne Serge Federbusch, conseiller (UMPPA) du Xe arrondissement de Paris et président du Parti des libertés. Il n’y a eu ni réflexion ni pédagogie, encore moins de débat.» Comme celle des riverains, la crainte de l’élu est que ce projet «ajoute des difficultés à la difficulté».

Avec ses gares du Nord et de l’Est, le Xe arrondissement «draine déjà des populations marginales et doit faire face aux nombreux trafics et délinquances en tout genre», concède Céline Debaulieu, coordinatrice de l’association Gaïa-Paris, qui milite pour l’ouverture de salles d’injection. «Les habitants ont peur que cela rajoute une nuisance, explique-t-elle, mais c’est là tout le travail de pédagogie et de dédramatisation que nous devons faire main dans la main avec les riverains.»

Subventions du Conseil de Paris

L’association, qui travaille depuis 2005 avec des équipes mobiles d’éducateurs, de médecins et d’assistants sociaux pour prendre en charge les toxicomanes, s’est vu accorder 38.000 euros de subvention en décembre dernier par le Conseil de Paris pour mettre en place la phase de préfiguration du projet. Pour Céline Debaulieu, ces salles sont «une vraie plus-value», car «travailler avec les usagers sur leurs pratiques est un point d’entrée vers le soin, la prise en charge et le sevrage», pense-t-elle.

La «salle de shoot» de Vancouver, qui fait référence dans le domaine avec ses 1.000 passages par jour, aurait eu 30 % de demandes de sevrage dès la première année de fonctionnement, font valoir les associations militantes. À ce stade expérimental, la salle parisienne serait capable de traiter 200 passages par jour.


Comment ça fonctionne? L’exemple de Genève

Quai 9, la salle de shoot  de l’Association genevoise  de réduction des risques liés aux drogues, baptisée Première ligne, est souvent citée en exemple  par les défenseurs des salles  de consommation de drogues. Le local de 50 m² situé près de la gare de Cornavin à Genève  a des airs d’appartement Ikea. Dans la salle, chaque place  est composée d’une chaise, d’un lavabo et d’une petite poubelle. L’association ne fournit pas la drogue mais distribue du matériel stérile pour les injections. Elle dénombre environ 140 passages quotidiens, sachant que certains usagers peuvent revenir jusqu’à six fois dans la même journée.  Les responsables de Quai 9 estiment qu’entre 50 à 70 toxicomanes viennent  tous les jours. Entre 11 heures  et 19 heures, l’accueil est fait  par des travailleurs sociaux  et des infirmiers (un médecin vient quelques heures par semaine). Ici, tout est anonyme et confidentiel. Les noms des toxicomanes ne sont pas transmis à la police.

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VIDEO. Les salles de shoot sont « une incitation à violer la loi », pour Guaino

« Une incitation à violer la loi. » C’est ce que pense le député UMP des Yvelines, Henri Guaino, du feu vert donné par Matignon à une salle de shoot, à Paris. Il l’a déclaré mercredi 6 février sur France 2. Actuellement illégales en France, ces salles de consommation sont destinées aux toxicomanes de rue, précarisés et en rupture. Elles doivent leur permettre de consommer leurs propres produits dans de bonnes conditions d’hygiène et sous supervision de personnels de santé, et de réduire les troubles à l’ordre public.

L’ancienne plume de Nicolas Sarkozy a estimé que la décision de Matignon était« une défaite morale de plus » après le projet de loi sur le mariage pour tous. Pour l’élu, « on ouvre une faille dans la loi, dans l’interdit, et c’est le gouvernement qui le fait »« Est-ce qu’on veut une société dans laquelle la drogue est légalisée ou pas ? s’est-il demandé.  Le gouvernement n’a qu’à le dire, c’est un pas en avant. » Cliquez ici pour voir la video

Salles de consommation de drogues : le silence du gouvernement inquiète les associations

Alors que la ministre de la Santé a initialement promis pour la fin de l’année dernière le lancement des salles de consommation de drogues, les associations impliquées dans la politique de réduction des risques s’inquiètent du silence gouvernemental. « À l’heure actuelle, les acteurs de terrain n’ont toujours pas eu connaissance des conclusions du rapport de faisabilité demandé en octobre 2012 par Marisol Touraine à la MILDT sur ce sujet », soulignent les 21 signataires d’un communiqué.

Dans le cadre de cette étude, la mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie a rencontré les acteurs intéressés par la mise en place de salle de consommation à moindre risque à Paris et en région.« C’est au décours de cette étude de faisabilité désormais attendue dans le courant du premier trimestre 2013 que le Premier ministre doit donner son feu vert pour le démarrage d’une action expérimentale », explique leDr Jean-François Corty, directeur de mission France à Médecins du monde. « Par rapport à des calendriers officieux qui avaient été évoqués, on risque de prendre du retard. Je pense que c’est très difficile d’y voir clair », confie le psychologue Jean-Pierre Couteron (Réseau Français de réduction des risques/Fédération addiction).

Trois villes en première ligne

À ce jour, trois grandes villes – Paris, Marseille, Bordeaux – ont clairement fait avancer leur projet d’expérimentation de salle de consommation de drogues à moindre risque, avec à chaque fois un net soutien des maires de droite comme de gauche. Reste qu’un feu vert gouvernemental permettrait d’accélérer la mise en œuvre opérationnelle de ces expérimentations. À Paris, le projet de salle de consommation portée par l’association GAIA et Médecins du monde bloque encore sur deux points essentiels : le financement et l’attribution d’un local dans le 10e arrondissement de la capitale. « Démarcher pour trouver un local, quand on n’a pas encore l’autorisation, ça rajoute un peu plus de complexité à l’histoire. On attend aujourd’hui un feu vert du gouvernement pour avancer sur le financement », indique le Dr Élisabeth Avril, en charge du projet de salle de consommation parisienne pour l’association GAIA.

Démarrer avant les municipales

« À Paris, on travaille depuis l’été dernier à la mise en place de ce projet. On est en lien avec l’agence régionale de santé, la DGS, la mairie de Paris, la mairie du 10e. On a commencé à former des équipes, on se met en place pour pouvoir proposer une salle qui serait ouverte sept jours sur sept, 8 heures par jour », précise le Dr Corty. « La salle de consommation, il ne faut pas la voir uniquement comme le lieu où les gens s’injectent car, dans un réseau de soins, c’est un maillon qui permet de rejoindre les plus précaires. On est là pour amener les gens aux soins, pas pour les laisser dans la drogue comme certains le disent haut et fort », résume le Dr Avril.« On souhaite tous que cette expérimentation qui devra être documentée puisse démarrer avant le lancement de la campagne pour les municipales », indique-t-il.

L’injection en équipe mobile
Parallèlement au projet de salle de consommation de drogues à moindre risque sur Paris, Médecins du monde soutient un programme de recherche sur l’éducation aux risques liés à l’injection (ERLI) réalisé en équipe mobile aux alentours de la gare du Nord. Ce projet mené avecl’ANRS et l’INSERM au sein d’un protocole assez contraignant englobe pendant deux ans une soixantaine d’usagers.
En pratique, une structure mobile médico-sociale va à la rencontre de ces personnes qui se retrouvent alors accompagnées dans leur pratique d’injection de drogues. « On travaille sur une approchecomportementale pour aider les usagers de drogues à limiter leurs risques au moment de l’injection (transmission d’hépatite, contamination VIH, septicémie…) », explique le Dr Jean-François Corty.
« A terme, la salle de consommation à moindre risque va intégrer le dispositif ERLI qui n’aura plus lieu d’exister sur son espace actuel (autour de la gare du Nord) dès lors que la salle sera constituée. Ce programme ERLY continuera probablement dans des lieux excentrés de la capitale où il faudra aller au plus proche des usagers », ajoute leDr Corty.

› DAVID BILHAUT  Le Quotidien du Médecin