Nocivité du cannabis : Touraine en plein déni

Depuis 2013, les médecins savent qu’il existe une relation entre les AVC (accidents vasculaires cérébraux) et l’usage récréatif du cannabis. Oui, la « fumette » détruit les artères du cerveau ! Or plusieurs études récentes montrent que les AVC sont devenus très nombreux chez les jeunes ; il faut impliquer principalement la consommation de tabac et surtout du cannabis. Beaucoup de facteurs sont impliqués, notamment la chute du taux d’oxygène dans le sang et des poussées d’hypertension.

Autre nouvelle intéressante. Pour la première fois, une équipe de l’université d’Édimbourg (Royaume-Uni) met en évidence un impact sur la santé osseuse. Les consommateurs réguliers ont un risque de fractures sur le long terme. Voilà ce que démontre une étude parue dans l’American Journal of Medicine de juillet dernier. La densité osseuse de ceux qui pratiquent la « fumette » est diminuée au niveau des lombaires, des hanches et du col du fémur. Bien sûr il y a un effet consommation-dose. Plus la consommation est forte plus les risques sont grands de voir apparaître une ostéoporose.

Le 11/10/2016, le professeur Patrice Tran Ba Huy, membre de l’Académie nationale de Médecine, est professeur de Médecine à la Faculté Saint-Louis-Lariboisière et président de la Société française d’ORL. Il dénonce « l’irresponsabilité politique » face au cannabis. Certes, cette irresponsabilité ne s’exerce pas que dans ce domaine… Pour lui « le cannabis, qui constitue la première marche vers les drogues dures, dégrade, avilit et tue ». Il explique ce qu’il nomme « cette descente aux enfers ».  Il détaille les effets sur les fonctions cognitives et motrices, responsable de centaines d’accidents mortels par an sur les routes de France ; mais aussi de comportements agressifs, d’agressions sexuelles, de l’accroissement du taux de suicide chez les adolescents. C’est « un voyage sans retour ». Le cannabis se fixe en effet de manière définitive sur les graisses notamment celles du cerveau. Ce qui entraîne une dépendance tendant à s’accroître et menant à la déchéance mentale et physique, un esclavage, puis la mort.

L’addiction au cannabis entraîne le décrochage scolaire en raison principalement des troubles de l’attention et de la mémoire ; des troubles psychiatriques qui apparaissent tôt ou tard si un jeune de moins de 18 ans a déjà fumé 50 joints. Le risque de cancer du poumon est beaucoup plus important qu’avec le tabac, car la concentration des goudrons du cannabis est de six à huit fois supérieure à celle du tabac. Bref, l’usage de cette drogue est « la peine de mort différée ».

Le professeur va plus loin encore : même pour des raisons médicales de suppression de la douleur, l’usage du cannabis ne se justifie pas. Il est intéressant de voir la question posée par deux pages entières du Quotidien du Médecin (27/10/2016). Trois pays (Etats-Unis, Canada, Allemagne) ont à ce jour autorisé le « cannabis thérapeutique » de manière temporaire ad expérimentum et pour un seul cannabinoïde de synthèse : il ne s’agit donc pas d’un dérivé de la feuille de cannabis. En effet, rien ne prouve qu’un tel produit soit plus utile que les antalgiques connus. C’est du moins la position de l’Organisation mondiale de la santé.

Quant à nos (certes rarissimes !) lecteurs qui continuent d’user du cannabis, le « pétard » va leurs « péter » tôt ou tard en pleine figure. S’ils ont encore de la mémoire, ils penseront aux articles que ce site a publiés sur la question.

Jean-Pierre Dickès

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La dopamine dans tous ses états, un livre de Jean Costentin

Par Jean Paul Tillement 

aux éditions Docis, 2015, 179 pages

Nos collègues connaissent bien Jean-Henri Costentin, grand pourfendeur des trafiquants de drogues et de ceux qui les soutiennent, Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Drogues et les Toxicomanies (CNPERT) où il a succédé au regretté Roger Boulu. Professeur émérite de pharmacologie à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Rouen, chercheur spécialisé en neuropsychopharmacologie, c’est au double titre de sa spécialité et de la lutte contre les addictions qu’il s’intéresse à la dopamine. Pourquoi ce neuro médiateur en particulier? C’est parce qu’il intervient de façon prépondérante dans le fonctionnement cérébral et que ses dysfonctionnements sont une cause principale de différentes pathologies neuropsychiatriques.

L’originalité et l’intérêt de cet ouvrage résident dans sa mise en relation des mécanismes physiopathologiques et des observations cliniques, expliquant les secondes par les premières, attribuant aux dérèglements dopaminergiques les principaux signes des maladies concernées. Cette juxtaposition clinico-biologique permet de mieux comprendre et de proposer des interventions pharmacologiques adaptées.

Les premiers chapitres retracent l’histoire de la dopamine. L’auteur la raconte de façon originale dans le cadre de la jeune et nouvelle discipline qu’était, il y a 60 ans, la neuropsychopharmacologie. Il évoque successivement Poursuivre la lecture « La dopamine dans tous ses états, un livre de Jean Costentin »

Les fumeurs de cannabis ont 5 fois plus de risques d’être atteints de schizophrénie

Des chercheurs danois affirment que le risque d’être atteint de schizophrénie augmente avec la consommation de drogue et d’alcool.

Le Dr Stine Mai Nielsen et le Pr Merete Nordentoft, de l’Hôpital universitaire de Copenhague (Danemark), ont étudié les dossiers médicaux de plus de 3 millions de patients nés entre 1955 et 1999, afin de vérifier s’il y avait un lien entre l’abus de drogue et la possibilité de développer la schizophrénie ou un autre trouble psychiatrique.

Leurs recherches, présentées à Milan dans le cadre du Congrès de l’International Early Psychosis Association montrent que l’abus de drogue ou d’alcool augmente plus ou moins fort le risque d’être schizophrène.

Les risques augmentent de la manière suivante :

Cannabis : 5,2 fois

Alcool : 3,4 fois

Drogues hallucinogènes : 1,9 fois

Sédatifs : 1,7 fois

Amphétamines : 1,24 fois

« Nos résultats montrent une association forte entre presque tous les types d’abus de substances et un risque accru de développer la schizophrénie plus tard dans la vie » affirment les chercheurs danois qui s’interrogent malgré tout sur l’origine de ce lien.

Il est pour l’instant impossible de prouver si c’est l’abus de drogue qui provoque la schizophrénie ou si c’est une prédisposition à la schizophrénie qui pousse aussi à l’addiction.

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De plus en plus de consommateurs de crack, une drogue particulièrement dangereuse (BFMTV)

La consommation de crack se répand et ne touche plus uniquement certaines personnes marginalisées. Cette drogue, qui s’inhale, est extrêmement dangereuse et provoque l’addiction dès la première prise. BFMTV a enquêté à Compiègne, dans l’Oise.

Première « salle de shoot » en France : une majorité de Français défavorable (Europe 1)

Majoritairement opposés à la légalisation ou à la dépénalisation du cannabis, les Français sont également opposés aux « salles de shoot » dans lesquelles les toxicomanes peuvent se droguer.

Une majorité de Français (53%) se déclare opposée à l’ouverture de « salles de shoot » comme celle qui accueillera à partir de lundi à Paris ses premiers consommateurs de drogue, selon un sondage Odoxa pour Le Parisien dimanche.

Seules 46% des personnes interrogées sont favorables à l’ouverture de « salles de consommation de drogue à moindre risque » (SCMR), selon l’appellation exacte. Ce type de salle est réservé aux toxicomanes majeurs qui s’injectent des produits qu’ils apportent eux-mêmes, sous la supervision de personnes qualifiées, avec du matériel stérile. Première à ouvrir en France, la salle parisienne sera installée à l’hôpital Lariboisière (Xe arrondissement).

 Contre la dépénalisation du cannabis. Selon le sondage, une nette majorité se prononce également contre la légalisation de la consommation de cannabis (61% contre 38%) ou sa dépénalisation (54% contre 45%).
Les personnes interrogées sont 73% à ne pas être satisfaites (46% « plutôt pas » et 27% « pas du tout » satisfaites) de la politique de lutte contre la drogue en France. Seules 26% y sont favorables.

Cette politique est jugée laxiste (58%), passéiste (50%), inexistante (43%), répressive (34%). Seuls 41% la trouvent préventive et 17% efficace (plusieurs qualificatifs étaient possibles).

Sondage réalisé par Internet les 13 et 14 octobre auprès d’un échantillon de 1.003 personnes majeures représentatives de la population française.

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Giovanna vient raconter l’enfer de la drogue (Ouest France)

« Je connais Giovanna depuis trois ans. Quand je l’ai invitée à Morlaix pour parler des addictions aux drogues dures, elle a tout de suite dit oui », confie Yves Blouin, du réseau social de proximité Solidaire social club, co-organisateur de l’événement en lien avec la libraire Dialogues et le lycée Notre-Dame-du-Mur-Le Porsmeur.

Un livre confession

Elle n’a que 20 ans quand elle sniffe sa première ligne d’héroïne. Après une déception amoureuse,elle commence à s’autodétruire. Un anéantissement qui durera vingt ans et qu’elle raconte dans son livre, Accrochée à la vie,journal d’une renaissance, livre sorti en mai

« Lors de ses interventions, données à de multiples endroits en France et dans le monde, Giovanna explique pourquoi il peut être tellement simple et rapide de tomber dans la consommation de cocaïne ou d’héroïne », poursuit Yves Blouin.

Elle explique comment des faiblesses momentanées, des mauvaises rencontres peuvent changer le cours de toute une vie en quelques jours. Elle relate sans détour, son combat contre les drogues dures, son univers familial, amical, médical qui l’a soutenue toutes ces années.

Pour l’entourage

Aujourd’hui, forte de son expérience, elle a choisi de parler de sa vie, pour tenter d’éviter à un maximum de gens de tomber dans l’enfer de la toxicomanie et de subir ses conséquences quasiment irréversibles.

« Son message s’adresse également à l’entourage des toxicomanes, car selon elle, il est plus facile à faire passer, poursuit Yves Blouin.

La personne qui se drogue dit oui mais n’écoute pas. C’est souvent improductif. »

Prévention

Son témoignage aura de l’impact auprès des élèves du lycée, espère Patricia Hairie, conseillère pédagogique du lycée. « Car si la plupart des jeunes vont bien, une minorité est plus fragile. On est tous concernés, on doit se montrer vigilant envers les autres. »

La venue de Giovanna à Morlaix est une opportunité : « Pour nous, les encadrants, mais aussi pour les jeunes. Elle entre dans le cadre des actions de prévention du lycée, et s’adresse aux élèves de seconde générale qui auront la chance de la rencontrer mardi matin. »

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Les 5 substances les plus addictives au monde

Vanessa Hauguel le 14 octobre 2016

On sait tous que drogues riment la plupart du temps avec dépendance physique ou psychologique, mais certaines sont plus susceptibles de vous rendre accro que d’autres…

Voici 5 des substances les plus addictives et dangereuses dans le monde, d’après les conclusions d’une étude menée par le chercheur David Nutt et son équipe. Le classement établi est également basé sur les torts que ces substances causent aux individus et à la société.

La nicotine

Si la cigarette entraîne une telle dépendance, c’est principalement en raison de la nicotine présente dans le tabac. La nicotine est absorbée par les poumons, puis circule dans le réseau sanguin avant de se rendre au cerveau en seulement 10 secondes.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le tabagisme tue près de 6 millions de personnes chaque année.

Les barbituriques

 

S’ils sont beaucoup moins prescrits de nos jours en raison notamment de leurs effets indésirables et du risque d’abus, les barbituriques ont fait de nombreux dégâts dans la première moitié du XXe siècle.

La prise chronique de ces derniers entraîne rapidement une dépendance physique et psychologique. Dans le cas d’abus, une tolérance est rapidement développée, découlant trop souvent en une prise de dose létale, causant coma et décès.

La cocaïne et le crack

La cocaïne est un puissant stimulant et psychotrope hautement addictif. Elle est la plupart du temps coupée ou « allongée » dans le but d’en augmenter le volume, avec des substances diverses telles que du bicarbonate de soude, du lactose, du paracétamol, de la caféine ou des médicaments, pesticides et même un antiparasitaire la rendant d’autant plus nocive.

Entraînant une dépendance psychique rapide et forte, on estime qu’environ 21% des usagers deviennent dépendants.

Quant au crack, qui est la forme la plus dangereuse de la cocaïne, il peut entraîner une très forte dépendance dès la prise de la première dose : il est donc possible de devenir accro dès les premières inhalations.

L’alcool

Bien que légal un peu partout dans le monde, l’alcool n’en reste pas moins la deuxième substance la plus addictive du monde. Des expériences menées en laboratoire ont démontré qu’elle pouvait faire augmenter la dopamine relâchée dans le cerveau entre 40 et 360% – et plus on ingère d’alcool, plus ce taux augmente.

D’après Santé Canada près de 5 millions de Canadiens se livrent à une consommation d’alcool à risque élevé, ou pouvant causer des accidents routiers, des méfaits et bien sûr des problèmes de santé tels que le cancer, la cirrhose et d’autres types d’affections.

Pour ce qui est du risque de développer une dépendance, 22% des gens ayant bu de l’alcool dans leur vie risquent de développer une addiction à cette substance.

L’héroïne

En plus d’être une drogue extrêmement dangereuse, Nutt et son équipe classent l’héroïne au premier rang des substances les plus addictives. 1 individu sur 4 essayant cette drogue deviendrait accro.

La consommation régulière d’héroïne a des effets dévastateurs sur le corps et le psychisme, sans parler de ces terribles effets de sevrage, aussi physiques que psychologiques. Une overdose ne nécessite que 5 fois la dose normale.

Bien sûr, tout comme le soulignent différents chercheurs, il ne faut pas sous-estimer le caractère dépendogène et dangereux de d’autres drogues, telles que la méthamphétamine (aussi appelée meth, chalk, crank, crystal meth et ice) ou encore la flakka, la drogue qui rend fou et cannibale…

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Les grands consommateurs de cannabis seraient plus exposés aux maladies osseuses

Une forte consommation prolongée de cannabis peut conduire à la réduction de la densité osseuse et expose à un plus gros risque de fractures, selon une nouvelle étude britannique menée par des chercheurs de l’Université d’Édimbourg.

Cette étude est la première à s’intéresser la santé osseuse des consommateurs de cannabis.

Les chercheurs ont recruté 170 personnes fumant régulièrement du cannabis récréatif et 114 personnes qui n’en consomment jamais.

Les chercheurs ont défini les grands consommateurs de cannabis comme ceux qui rapportent avoir fumé 5000 fois ou plus. (La moyenne du groupe étudié est de 47.000 fois).

Ceux qui ont consommé cette drogue un millier de fois sont décrits comme des consommateurs modérés.

Consommateurs réguliers, modérés ou non-fumeurs, tous les participants ont vu leur densité osseuse mesurée grâce à l’ostéodensitométrie (scan DEXA).

Les tests ont permis de constater que la densité osseuse des grands fumeurs de cannabis était inférieure de 5% à celle des fumeurs de cigarettes ne consommant pas du tout de cannabis. Le risque d’apparition ultérieure d’ostéoporose est dans ce cas supérieur.

Les chercheurs ont aussi découvert que par rapport aux non consommateurs, les grands fumeurs de cannabis ont souffert d’un plus grand nombre de fractures. Aucune différence n’a cependant été remarquée entre les fumeurs modérés et les non-fumeurs.

De nombreux fumeurs rapportent souvent que sous l’effet du cannabis, leur appétit est augmenté. Toutefois, l’étude souligne que le poids et l’indice de masse corporelle (IMC) des grands fumeurs étaient réduits. Les chercheurs pensent qu’une grande consommation prolongée réduirait au contraire l’appétit. Un facteur expliquant en partie la perte de masse osseuse.

Stuart Ralston, l’un des responsables des recherches, commente : « Nous savons depuis longtemps que les composants du cannabis peuvent avoir un effet sur le fonctionnement des cellules osseuses. Nous n’avions en revanche pas idée jusqu’à aujourd’hui de ce que cela traduisait chez ceux qui fumaient en régulièrement ».

L’équipe note cependant que ces résultats appellent à des recherches plus approfondies dans le domaine.

L’étude, financée par Arthritis Research UK, a été publiée dans la revue American Journal of Medicine.

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Cannabis : la réaction d’un professeur de médecine devant l’irresponsabilité politique

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Pour le professeur Patrice Tran Ba Huy, le cannabis, qui constitue la première marche vers les drogues dures, dégrade, avilit et tue.


Membre de l’Académie nationale de Médecine, Patrice Tran Ba Huy est professeur de Médecine à la Faculté Saint-Louis-Lariboisière et président de la Société française d’ORL.


A intervalles réguliers, le débat sur la dépénalisation du cannabis agite la scène médiatique. On y entend alors des soi-disant «responsables» politiques, tout ébaubis par l’audace de leur transgression, décliner une série d’arguments justifiant la légalisation de cette drogue. Curieusement ne sont pratiquement jamais évoquées les redoutables conséquences sanitaires qu’amplifierait sans nul doute pareille décision et que souligne un nombre croissant d’études épidémiologiques.

On connaît les arguments des «abolitionnistes». La dépénalisation priverait le crime organisé d’une source majeure de revenus. Elle diminuerait significativement les coûts policiers, judiciaires et carcéraux liés à la politique de répression de cette drogue tout en assurant des rentrées fiscales estimées à près d’un milliard d’euros si celle-ci était taxée comme le tabac. Argument ultime, la prohibition du cannabis, légale depuis 1970, est un échec, la France occupant le premier rang des nations européennes avec plus d’un million et demi d’usagers réguliers, 600 000 usagers quotidiens et 300 000 gamins l’ayant déjà expérimenté! Alors pourquoi ne pas abroger une loi inefficace et donc inutile… bref une loi en jachère à l’opposé de la culture de son objet, elle en véritable explosion et en constant progrès de rendement (la concentration moyenne du tétrahydrocannabinol (THC), son principe actif, a été multipliée par 5 dans la résine au cours des dernières années).

On connaît aussi les étapes de la descente aux enfers. Tout commence habituellement par un «trip» festif. Fort heureusement pour beaucoup, l’expérimentation s’arrête dans les brumes du lendemain matin au milieu de quintes de toux et de visites récurrentes à la cuvette. Pour d’autres au contraire débute un voyage sans retour. Ayant trouvé dans les vapeurs de leurs premiers pétards un apaisement à leur mal-être, ils réitèrent l’expérience de ce qu’ils assimilent ni plus ni moins à un médicament. Or ce «médicament» possède la redoutable propriété de pénétrer dans le cerveau et, grâce à son affinité pour les graisses, de se fixer sur les neurones dont il ne se libère que très lentement, non sans en avoir altéré de façon souvent irréversible le fonctionnement. Au fil des prises apparaissent une tolérance, un abus puis la dépendance, l’esclavage, la déchéance physique et psychique et bientôt le malheur.

Car à côté de son aspect ludique voire thérapeutique (aux Pays-Bas il peut être délivré sur prescription médicale dans les stades terminaux de cancer – mais son efficacité n’est pas supérieure aux antalgiques habituels), le cannabis, par ses effets sur les fonctions cognitives et motrices, est responsable de centaines d’accidents mortels par an sur les routes de France, de comportements agressifs, d’agressions sexuelles, de l’accroissement du taux de suicide chez les adolescents, etc. Il favoriserait aussi les accidents vasculaires cérébraux du sujet jeune et la prématurité chez la mère ayant fumé durant sa grossesse. Surtout il constitue la première marche vers les drogues dures.

Plus inquiétantes encore sont les études démontrant l’impact du cannabis dans trois domaines:

● Scolaire: par son retentissement sur l’attention, la mémoire, la volonté et in fine sur le quotient intellectuel, le cannabis retentirait significativement sur le niveau des performances éducatives de notre pays. Le lien est en effet établi aujourd’hui entre addiction et décrochage scolaire. L’on ne peut donc qu’être atterré d’apprendre que, pour d’obscures raisons administratives, les tests salivaires permettant de détecter les pratiques addictives dans les lycées d’Ile-de-France n’ont pas été autorisés.

● Psychiatrique: de nombreuses études concordent pour montrer que le risque de schizophrénie est d’autant plus important que la consommation de THC est précoce et intense. La consommation de plus de 50 joints avant 18 ans multiplierait par 6 la survenue de l’affection.

●  Oncologique enfin: sa fumée possède un pouvoir cancérogène sur les voies respiratoires supérieur à celui du tabac. En effet les goudrons produits par la combustion de la résine de cannabis sont de 6 à 8 fois plus abondants que ceux produits par le tabac.

Conclusion

Si face à l’échec des politiques, l’impunité des dealers et l’explosion du marché, la dépénalisation du cannabis peut paraître une solution à tester, la position des médecins que nous sommes ne saurait transiger avec cette vérité: cette drogue dégrade, avilit et tue. Notre devoir est de convaincre les (ir)responsables politiques qu’aucun argument ne saurait justifier la moindre complaisance vis-à-vis de ce qui peut s’apparenter à une peine de mort différée, et ceux qui s’y adonnent que le plaisir est ici antinomique de bonheur et de liberté, la plus grande des libertés étant de savoir résister à la force des pesanteurs qui nous entraînent. Comme le disait André Gide, il convient de suivre sa pente mais…en la montant.


Référence incontournable: Costentin J., Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis, éd. O. Jacob, 2012.

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Le cannabis est la substance « illicite » la plus couramment consommée dans le monde et son usage est croissant chez les jeunes. Les études s’accordent sur les effets néfastes d’une consommation précoce, sur un cerveau encore en développement. Cette étude, qui s’est centrée également sur l’association cannabis-dépression, nous apporte des précisions très précieuses sur ces effets sur le cerveau. On retiendra, parmi ces conclusions, présentées dans la revue Acta Psychiatrica Scandinavica que le cannabis peut, au-delà du risque démontré comme accru de dysfonctionnement cognitif, limiter le Q.I.

Pour la vie.

Si la plupart des études ne concluent qu’à de rares effets sévères du cannabis chez l’adulte, en cas d’usage raisonnable et hors troubles de la dépendance bien sûr, tous les experts s’accordent sur ses effets sur le cerveau encore en développement de l’enfant et de l’adolescent. Sa consommation avant ou pendant l’adolescence a déjà été associée au risque de troubles du développement neurologique, de la dépendance et de psychoses. Si l’on remonte à un stade encore plus précoce, in utero, les études suggèrent le risque d’anomalies cérébrales permanentes. Et, à un stade encore plus précoce, une étude a suggéré que l’exposition au cannabis peut affecter la chromatine du sperme et avoir un impact sur la fertilité, le développement de l’embryon et la santé des enfants. Une récente étude a également fait le point sur les effets inquiétants du cannabis sur le développement de l’embryon humain. Cette nouvelle étude précise comment la consommation de marijuana précoce peut entraîner des anomalies de la fonction cérébrale anormale et une limitation du Q.I.

L’auteur principal, le Dr Elizabeth Osuch, du Lawson Health Research Institute (Londres) et son équipe ont recruté de jeunes participants et les ont répartis en 4 groupes :

  • des jeunes souffrant de dépression non utilisateurs de cannabis,
  • des jeunes souffrant de dépression, utilisateurs fréquents de cannabis,
  • des utilisateurs fréquents de cannabis exempts de dépression,
  • des jeunes en bonne santé non-consommateurs de cannabis.

Les chercheurs ont également pris en compte le fait d’avoir commencé à consommer du cannabis avant l’âge de 17 ans. Les participants ont subi des tests psychiatriques, cognitifs et de Q.I., ainsi qu’une analyse du cerveau. Les résultats de cette analyse sont les suivants :

  • L’absence de preuve de corrélation ou d’association entre l’usage du cannabis et une réduction ou tout autre effet portant sur les symptômes dépressifs,
  • l’absence de différence entre les symptômes psychiatriques des consommateurs de cannabis dépressifs et les non-consommateurs de cannabis dépressifs : ce qui suggère qu’en cas de dépression, l’usage du cannabis ne favorise pas le développement de psychoses.
  • des différences dans le fonctionnement du cerveau entre les 4 groupes de participants, dans les zones du cerveau impliquées dans la récompense et le contrôle du moteur.
  • L’usage du cannabis ne corrige pas la fonction des zones du cerveau impactées la dépression, et aggrave même dans certains cas les anomalies.
  • les participants ayant consommé du cannabis à un âge précoce, notamment < 17 ans, présentent des anomalies de la fonction cérébrale dans les zones impliquées dans le traitement visuo-spatial, la mémoire, l’auto-référence (la capacité à faire référence à soi-même) et la récompense.
  • les participants ayant consommé du cannabis à un âge précoce, notamment < 17 ans obtiennent des scores de Q.I. inférieurs.

Ø  Ainsi, la consommation de cannabis à l’adolescence non seulement ne corrige pas les anomalies ou les symptômes de la dépression mais favorise le développement d’anomalies de la fonction cérébrale et « rabaisse » le Q.I.


BDNF, un gène de prédisposition ?
En poursuivant leurs recherches, les scientifiques montrent qu’une certaine variation génétique du gène qui produit le facteur neurotrophique (BDNF) est présente à des niveaux plus élevés chez les jeunes qui ont consommé du cannabis à un âge précoce. Or BDNF est impliqué dans le développement du cerveau et de la mémoire, entre autres. Ces derniers résultats génétiques, quoique préliminaires, suggèrent, pour les auteurs, que cette variation génétique peut prédisposer les jeunes à la consommation précoce de cannabis.

Source: Acta Psychiatrica Scandinavica 2016 Aug 27. doi: 10.1111/acps.12629 Depression, marijuana use and early-onset marijuana use conferred unique effects on neural connectivity and cognition

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Drogues, alcool : peut-on vraiment soigner les addictions ? (Le Point)

Vendredi, dans le cadre du forum Neuroplanète, Le Point a réuni deux des plus éminents spécialistes en termes d’addictologie : l’addictologue Marie de Noailles – auteur d’Addict* (écrit avec Émilie Lanez, grand reporter au Point) – et Pier-Vincenzo Piazza, directeur du Neurocentre Magendie de Bordeaux. Alcool, drogues, jeux vidéo : l’assistance s’est passionnée pour ce débat entre deux spécialistes dont l’approche – psychologique et médicale – se complètent. Interview croisée.

Le Point.fr : Comment définit-on un « addict » ?

Pier-Vincenzo Piazza : Un toxicomane, un « addict », est quelqu’un qui a un problème lié à la dérive de la consommation d’un produit. Les premiers signes d’une prise pathologique sont une consommation excessive et régulière et le début de petits problèmes (retards, difficultés à se lever). Mais ça reste une consommation « organisée ». La seconde étape, c’est lorsque la consommation envahit totalement la sphère du comportement. Elle se matérialise par une perte de contrôle avec l’incapacité de faire autre chose que de prendre de la drogue.

Marie de Noailles : Ce n’est pas forcément quelqu’un qui consomme trop. Avant, on diagnostiquait la consommation excessive en fonction du volume consommé. Aujourd’hui, certains consomment trop, mais ne sont pas « addict » et seront capables d’arrêter. Et à l’inverse, il y a ceux qui consomment moins, mais qui sont « addict ». On peut repérer un comportement addictif par rapport aux conséquences que cela provoque dans la vie de la personne concernée.

On ne peut pas se contenter d’un traitement chimique

Peut-on expliquer comment devient-on « addict » ?

Pier-Vincenzo Piazza : Le passage d’une consommation normale à une consommation pathologique est dû à une vulnérabilité biologique. Ceci s’explique en petite partie par les gènes, par l’expérience de vie (au niveau prénatal comme à l’adolescence) et l’âge, la période de développement dans laquelle vous vous trouvez. À l’adolescence, les drogues n’ont pas le même impact au niveau biologique et surtout ont un impact à long terme que l’on ne retrouve pas si le cerveau est déjà à maturité.

Marie de Noailles : Ce ne sera pas toujours les mêmes causes pour les mêmes personnes : on peut être tous les deux addicts et consommer pour des raisons différentes. En revanche, l’addiction a des facteurs biologique, psychologique et social.

Peut-on soigner l’addiction ?

Pier-Vincenzo Piazza : L’addiction se soigne, parfois toute seule après des parcours très longs, parfois avec des psychothérapies ou des thérapies de substitution. L’être humain est « addict » à un certain nombre de choses : à la nourriture, au sexe, à l’air. Le problème n’est pas l’addiction en tant que telle, mais le fait de l’être à un produit qui prend le contrôle sur tout le reste et qui nous fait du mal. L’absence de perception d’effet indésirable par les fumeurs explique en partie la difficulté à se sevrer.

Marie de Noailles : Il faut faire un peu de tout, comme toutes les maladies : on ne peut pas se contenter d’un traitement chimique. Il convient de s’occuper des autres facteurs. Dans une prescription pour une grippe, vous avez un antibiotique, un médicament pour la gorge, un spray pour le nez… Je pense que c’est pareil pour le traitement des addictions. Il faut bien sûr prévenir et faire du soin, de l’accompagnement.

Le fait qu’une drogue soit légale ou pas n’a rien à voir ni avec sa capacité d’addiction ni avec sa toxicité

L’accès à l’alcool est généralisé dans nos sociétés. Cela complique-t-il la faculté à sensibiliser en matière d’addiction ?

Pier-Vincenzo Piazza : Le fait qu’une drogue soit légale ou pas n’a rien à voir ni avec sa capacité d’addiction ni avec sa toxicité. La drogue la plus toxique et qui donne l’addiction la plus dévastatrice, c’est l’alcool. Les raisons de la légalité d’une drogue ne sont pas liées avec son effet sur la santé et, d’ailleurs, les patients le savent. Un alcoolique, vous n’avez pas à le convaincre que cette drogue est dévastatrice !

Marie de Noailles : J’ai pris beaucoup de drogues, ce qui me donne une certaine connaissance du sujet. Pour moi, l’alcool a été le produit le plus difficile à arrêter : il y a de l’alcool à tous les coins de rue, dans le frigo, les bars. C’est plus difficile de vivre dans notre environnement social sans boire d’alcool. Quand je vais dans une soirée ou à un mariage et que je demande un Coca, c’est plus compliqué pour la personne de me le trouver plutôt que de m’offrir un verre de champagne ou de vin. Il ne faut pas oublier qu’en France, l’alcool tue beaucoup plus que la cocaïne ou l’héroïne.

Source (voir la vidéo)

« Pas de fatalité dans l’addiction »

LA PRÉSIDENTE DE LA MILDECA ÉTAIT À SAINT-MARTIN JEUDI 29 SEPTEMBRE.

Dans le cadre de son déplacement dans les Antilles, Danielle Jourdain-Menninger, la présidente de la mission interministérielle de la lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA) était à Saint-Martin jeudi 29 septembre 2016. «J’avais effectué un déplacement il y a deux ans en Martinique, Guadeloupe et Guyane, mais je n’étais pas venue à Saint-Martin. Je pense que c’était une erreur parce que ce que j’ai vu aujourd’hui montre qu’il se fait ici un travail extrêmement intéressant» a-t-elle confié lors d’une conférence de presse qui s’est déroulée à l’Espace Santé Jeune à Concordia.

Au cours de sa visite, la présidente de la MILDECA a rencontré les représentants des services de l’Etat et de la COM ainsi que les acteurs de terrain engagés dans la politique publique de lutte contre les drogues et les conduites addictives. En 2016, la MILDECA a soutenu deux associations de Saint-Martin pour des campagnes de prévention des produits addictifs et de réduction des risques auprès des jeunes consommateurs de produits psycho-actifs pour un montant global de 16 500 € : les Liaisons dangereuses (Marigot) et Jeunesse Soualiga (Concordia).

La présidente du MILDECA a exprimé sa satisfaction quant au travail mené par les différents acteurs locaux en matière de régulation du trafic et de prévention. Elle promet notamment de citer l’Espace Santé Jeune de Concordia en exemple. Elle a également félicité l’association Soualiga pour ses méthodes (par des jeunes pour des jeunes) qui offrent «des réponses immédiates à ces jeunes pour qu’ils fassent le point de leur addictions parce qu’il n’y a pas de fatalité dans l’addiction» a-t-elle affirmé. Et d’ajouter : «Quand on veut convaincre un jeune d’arrêter sa consommation on ne lui fait pas la morale, on se sert des outils qui sont les siens : vidéo, smartphones… en plus de l’ensemble des politiques publiques». L’objectif étant que les jeunes entrent le plus tard possible dans les addictions pour en sortir le plus tôt possible.