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Drogues

La “tranq dope” fait des ravages chez les toxicomanes américains

Drogue. 

Alors que l’épidémie d’addiction et d’overdoses aux opioïdes continue de faire rage aux États-Unis, un nouveau cocktail de fentanyl et de xylazine, un tranquillisant pour animaux, vient encore aggraver la situation.

Courrier international

Réservé aux abonnés Publié hier à 12h15 Lecture 1 min.

Brooke Peder, accro aux opioïdes et à la “tranq dope”, consulte au centre de prévention du quartier de Kensington, à Philadelphie, le 13 décembre 2022.
Brooke Peder, accro aux opioïdes et à la “tranq dope”, consulte au centre de prévention du quartier de Kensington, à Philadelphie, le 13 décembre 2022. PHOTO HILARY SWIFT/THE NEW YORK TIMES

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En quelques semaines, Tracey McCann a vu avec horreur les bleus dont son corps est constellé à force de s’injecter du fentanyl “noircir, durcir et former des croûtes. Quelque chose avait dû être ajouté dans sa dose quotidienne”, rapporte The New York Times.

Dans son quartier de Kensington, à Philadelphie – un haut lieu du trafic de drogue – comme ailleurs dans le pays, un tranquillisant pour animaux, la xylazine, connu dans la rue sous le nom de “tranq” (pour tranquillisant) ou encore “drogue du zombie”, est utilisé pour gonfler les doses de fentanyl. Il rend l’addiction à ce puissant opioïde encore plus dévastatrice.

Gangrène et amputations

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Les petits départements ruraux ne sont pas épargnés par le trafic des drogues


Pr. Jean Costentin

C’est du département de l’Eure (27), dont il s’agit ici.


Natif de sa vallée de l’Andelle, ce département depuis toujours m’intéresse. Mon père y exerça la Pharmacie d’Officine durant 50 années, puis passa le relai à ma plus jeune sœur.
Dans ma jeunesse je n’entendais jamais parler de drogues (quoique le village de 1.800 habitants comportait une quinzaine de « bistros », où l’alcool, coulant à flot, faisait des ravages).


L’officine paternelle ne fut jamais dévalisée, tandis que pendant les 25 années durant lesquelles ma sœur exerça, sa pharmacie fut cambriolée à trois reprises, avec à chaque fois une attention privilégiée pour « l’armoire aux toxiques ».
Revenant de temps à autres au village, ma sœur me désignait quelques jeunes, « le petit fils d’untel avec qui tu allais à l’école, le pauvret, il est cassé, détruit par les drogues ». Dans le cimetière elle me présenta deux ou trois tombes de jeunes, morts d’overdoses ou d’accidents sous l’empire de stupéfiants..


Ces éléments épars étaient anecdotiques, jusqu’à ce que le journal régional (« Paris Normandie » ;24 Nov. 2022) me fasse découvrir par la relation qu’en faisaient le Préfet, le procureur de la République , les services de Police et de Gendarmerie, l’atteinte de ce petit département rural de 600.000 habitants.


Sur l’année écoulée : 59 trafics démantelés ; 1150 amendes forfaitaires pour usage et revente de stupéfiants ; 2800 infractions routières liées à l’usage de stupéfiants, 3,4 millions d’euros d’avoirs criminels saisis.


Dans le département voisin (76) la maire (pas moins) d’une commune de 15.000 habitants vient d’être mise en examen pour complicité dans un trafic de stupéfiants.


Ceci n’est, sans doute, que la partie émergée d’un iceberg, bien plus important, mais invite en l’état à prendre la mesure du drame que vit notre Nation.

Tout savoir sur les drogues

Ariane Langlois Journaliste spécialisée en santé et psychologie

Publié le 16/12/2022  en collaboration avec Dan Velea (psychiatre addictologue)

Cannabis, cocaïne, amphétamines, 3 MMC, ecstasy, héroïne… Qu’elles soient « dures » ou « douces », toutes les drogues représentent un danger pour la santé. Les risques varient cependant selon les substances, le rythme et la manière de consommer ou les quantités prises.

Le Dr Dan Velea, psychiatre addictologue, nous éclaire sur les différents types de drogues, leurs effets psychoactifs et la dépendance qu’elles engendrent.

Sommaire

  1. Qu’est-ce qu’une drogue au juste ?
  2. Quels sont leurs effets ?
  3. Quels sont les risques en cas de consommation excessive ?
  4. Drogues dures, drogues douces : quelles différences ?
  5. Quelles différences entre drogues naturelles et drogues de synthèse ?
  6. Quelles sont les drogues légales et les drogues interdites ?
  7. A partir de quand peut-on parler de dépendance ?
  8. Quels sont les produits les plus addictifs ?
  9. Quels sont les traitements et prise en charge possibles ?

Qu’est-ce qu’une drogue au juste ?

On appelle « drogue » toute substance ayant un potentiel psychoactif, c’est-à-dire qui modifie l’état de conscience de l’individu, sa perception (rapport aux autres, connexion avec soi-même) et sa manière de se comporter. « Leur point commun : elles perturbent le système nerveux central et présentent toutes un risque de dépendance (et donc de dangerosité pour la santé mentale et physique et mentale), variable selon le type de drogue et les usages que l’on en fait. », explique le Dr Dan Velea, psychiatre addictologue. Certaines peuvent occasionner des états de désinhibition (ayant comme conséquence des prises de risque, une accidentologie et traumatologie importante). D’autres peuvent générer des troubles psychiatriques plus importants : anxiété, attaques de panique, agressivité, troubles majeurs du sommeil avec un état d’épuisement, dépressions réactionnelles. Pour certaines de ces substances psychoactives, chez des consommateurs plus fragiles (présentant des pathologies psychiatriques sous-jacentes ou des passés marqués par une traumatologie psychique importante), on peut rencontrer des pathologies psychiatriques graves, comme des psychoses.

Quels sont leurs effets ?

Il existe de très nombreuses substances psychoactives différentes (les chiffres sont en augmentation constante compte tenu de la création des nouvelles drogues de synthèse de plus en plus fortes et « smart »), que l’on peut classer selon les différents effets qu’elles procurent.

On distingue ainsi :

  • Les dépresseurs du système nerveux : ces drogues agissent sur le cerveau en ralentissant certaines fonctions ou sensations (comme la fonction respiratoire ou l’endormissement). On les prend généralement pour se détendre, calmer son anxiété et dormir (par exemple : l’alcool) ;
  • Les stimulants (« uppers ») : à l’inverse, ces drogues décuplent les sensations ou fonctions organiques (rythme cardiaque qui s’accélère, éveil intensifié, énergie et confiance retrouvées, sentiment d’être heureux, etc.). Cette action stimulante est cependant suivie d’un contrecoup, avec un pic aigu de fatigue ou d’irritabilité. C’est le cas de la cocaïne et des amphétamines ;
  • Les opiacés (ou analgésiques narcotiques) : ces analgésiques puissants procurent de grandes sensations d’euphorie (bonheur et somnolence). La morphine, l’héroïne et la méthadone en font partie ; Les sédatifs (« downers ») : Ces tranquillisants mineurs (à base de benzodiazépine comme le Valium) sont souvent prescrits comme calmants ou somnifères. Leur effet est comparable à celui des dépresseurs, mais peuvent entraîner une addiction différente ;
  • Les hallucinogènes (« trips ») : ces drogues modifient les perceptions visuelles, auditives et corporelles ; et provoquent des visions étranges que l’on appelle « hallucinations » (LSD, acide ou champignons hallucinogènes, méthamphétamines). L’intensité de ces symptômes demeure cependant variable selon les individus ;
  • Les aphrodisiaques ou stimulants sexuels : ces drogues renforcent la libido et donc aussi les réactions sexuelles. C’est le cas du GHB, des amphétamines, de la cocaïne, de la kétamine, du poppers, de la 3-MMC et de la Tina ;
  • Les « perturbateurs » : on regroupe dans cette entité les drogues difficiles à classer car elles peuvent rassembler plusieurs effets des catégories précédemment citées.
  • Pour résumer, il existe différents types de drogues et celles-ci peuvent appartenir à différentes catégories. Leurs effets peuvent êtres différents, parfois paradoxaux ou variant d’un usager à l’autre. Ainsi, le cannabis peut avoir des effets déprimants, mais aussi euphorisants. L’ecstasy combine des effets stimulants et hallucinogènes etc.

A savoir : la dangerosité d’une drogue n’est pas nécessairement reliée à son type d’effet. Au sein de chaque catégorie, il existe des drogues dont les risques sont différents et d’importance variable.

Quels sont les risques en cas de consommation excessive ?

Consommée à fortes doses, la drogue peut occasionner l’apparition ou la décompensation des maladies mentale de types psychotiques, telles que la schizophrénie, la paranoïa et les accès maniaques. L’usage plus ou moins chronique a comme résultat une destruction du tissu neuronal du cerveau avec des déplétions de certains neuromédiateurs comme la dopamine et la sérotonine. Chez la femme enceinte, sa consommation est associée – entre autres – à un risque de fausse couche, de naissance prématurée du bébé ou de décès in utero. Chez tous les individus, elle peut enfin causer la mort en cas de surdose (overdose)

Drogues dures, drogues douces : quelles différences ?

« La meilleure classification tient compte des effets psychiques engendrés par la consommation de ces substances et donc, de leur niveau de dangerosité », détaille le psychiatre. Pour simplifier les choses, deux grands niveaux ont été ainsi établis :

Le premier niveau de dangerosité – et le plus important – regroupe ainsi ce que l’on appelle les « drogues dites dures » : la cocaïne, le crack, l’héroïne et l’alcool. Toutes produisent aussi des signes de dépendance physique (transpiration, tremblements, douleurs ostéo articulaires, diarrhées surviennent lorsqu’on les arrête) et surtout psychique (sentiment de manque, irritabilité, auto ou hétéro-agressivité, accès dépressifs etc.).

Le second, celui des « drogues dites douces », regroupe des substances comme le cannabis, l’ecstasy et la plupart des drogues de synthèse (kétamine, 3-MMC, Tina…), qui génèrent principalement des signes de dépendance psychologique et comportementale (impossible de se rendre par exemple dans une soirée sans consommer le produit en question, manifestations de type anxiété voire psychose dans le cas de la cocaïne).

« Mais cette classification est aujourd’hui sujette à discussion. Cette distinction est en effet devenue artificielle avec l’évolution des concentrations des principes psychoactifs à intérieur mêmes de ces substances. Le cannabis, par exemple, est fortement concentré en THC et donc, facilement classifiable dans les drogues dures, soulève le Dr Dan Velea. Pareil pour l’alcool ou d’autres substances. Finalement, ce n’est pas la dangerosité qui compte tellement, mais plutôt le type de rapport que l’on entretient avec le produit ». Selon leur consommation, toutes ces drogues peuvent donc être répertoriées dans la catégorie des drogues les plus dangereuses.

Quelles différences entre drogues naturelles et drogues de synthèse ?

Les premières sont issues d’ingrédients naturels : l’alcool vient du raisin fermenté, l’héroïne vient de la fleur de pavot(opium), la cocaïne provient de la coca, le LSD de l’ergot du seigle, etc.

Les secondes sont issues de substances chimiques synthétiques, qui n’existent absolument pas à l’état naturel : ecstasy, LSD, méthamphétamines, GHB, kétamine… « Beaucoup d’entre-elles ont été créées à visées médicamenteuses et ont subi, depuis, un détournement d’usage : c’est le cas de la kétamine, du GHB, du gaz hilarant (protoxyde d’azote) ou de certains médicaments psychotropes » précise le psychiatre. Les solvants organiques ont également vu leur usage détourné et peuvent être utilisés par les usagers de drogue.

Toutes ces drogues peuvent se présenter sous des formes différentes : poudre, capsules, comprimés, buvards, cristaux, liquide, micropilules, produit volatil ou gazeux, pâte, caillou, galette, plaquette etc.. « Aujourd’hui, les drogues de synthèse ont pris une grande ampleur dans la consommation, notamment auprès des jeunes qui utilisent ce type de produit un peu comme des bonbons. »

Quelles sont les drogues légales et les drogues interdites ?

L’autorisation ou l’interdiction d’une drogue n’est qu’une question de dangerosité. D’autres facteurs jouent sur cette classification (histoire, culture, utilité et intérêt thérapeutique…).

Il existe ainsi des drogues autorisées par la Loi, mais réglementées (comme l’alcool, le tabac ou certains médicaments), que l’on définit comme légales et qui sont vendues en magasin ou sur Internet. Ces drogues sont considérées comme licites du fait de leur autorisation à la vente. « Ce qui en encourage indirectement la consommation« , souligne le Dr Dan Velea.

Et des drogues interdites, qui n’ont pas d’usage médical, dont la loi proscrit l’usage et la vente : c’est le cas du cannabis, du LSD, de l’héroïne, de l’ecstasy ou de la cocaïne. « Il existe des essais thérapeutiques mettant en évidence certaines vertus thérapeutiques de ces substances : le cannabis comme antidouleur ou stimulation de l’appétit, le LSD à usage dans des psychothérapies de groupe etc. Mais les données – surtout pour le LSD – et le rapport bénéfice/risque établi par les études scientifiques penchent plutôt du côté de la prudence », note le psychiatre.

On trouve enfin sur le marché d’autres types de drogues synthétiques appelées les Nouveaux Produits de Synthèse (NPS), dont le statut n’est pas clairement défini. Les fabricants jouent sur cette législation encore floue pour produire légalement ces nouvelles drogues échappant au filet de la justice. Ces produits sont ainsi vendus sur des sites Internet sous des appellations inoffensives, telles que « sels de bain », « encens » ou « engrais ». On y retrouve des cannabinoïdes de synthèse, de la méthoxétamine, des cathinones substitués, de la méphédrone, des produits de la famille des alcaloïdes, etc. Ces molécules tentent ainsi de reproduire les effets des autres stupéfiants existants, comme le LSD, la cocaïne, la kétamine et leurs dérivés.

Licites ou illicites, toutes ces substances narcotiques et psychoactives peuvent créer des dépendances.

En France, la drogue illicite la plus consommée reste le cannabis, dont l’usage est d’autant plus banalisé qu’il est aujourd’hui de recourir au cannabis médical thérapeutique en vente libre.

La liste des drogues interdites (stupéfiants) – inscrites dans l’arrêté du 22 février 1990 du ministère chargé de la santé qui est régulièrement ratifié – est consultable sur le site de l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé).

A partir de quand peut-on parler de dépendance ?

Il existe en effet différents types d’usage de la drogue : expérimental (prendre un pétard une fois à l’adolescence pour voir « ce que ça fait »), récréatif (par exemple, boire de l’alcool uniquement en soirée), abusif (binge-drinking ou binge, avec d’autres produits) et régulier (voie ouverte vers la dépendance et l’addiction), avant d’en arriver à la dépendance en tant que telle.

On parle de dépendance à partir du moment où l’on ressent le manque et où l’on est contraint d’augmenter les doses de produit afin d’obtenir les effets recherchés. « Cette accoutumance ne s’installe pas du jour au lendemain. Elle progresse par paliers, poursuit le Dr Dan Velea. Très souvent, il y a une escalade dans les usages qui finit par aboutir à un craving, c’est-à-dire un besoin impérieux de consommer. Et cela devient très inquiétant quand les gens ne parviennent plus à s’en passer et qu’ils font face à des signes de dépendance psychique et physique avancés : tremblements, transpiration, diarrhée, douleurs osseuses, vertiges, variations de tension artérielle, palpitations cardiaques, agitation, agressivité, cauchemars, confusion, anxiété majeure et syndrome dépressif, augmentation des manifestations des pathologies associées (psychose en particulier) »,

Quels sont les produits les plus addictifs ?

L’héroïne, les nouveaux produits de synthèse (3-MMC et Tina) et le crack (« produit très utilisé dans des milieux défavorisés mais aussi présent chez des gens bien implantés dans la vie socioprofessionnelle », précise le psychiatre), sont considérés comme les substances les plus addictives. Viennent ensuite l’alcool et le cannabis dont le degré de dépendance dépend davantage des quantités consommées.

Quels sont les traitements et prise en charge possibles ?

Le traitement repose sur une étroite prise en charge médico-psychologique et sociale. Sur le plan médicamenteux, les benzodiazépines anxiolytiques, sédatifs puissants, antidouleurs et opiacés faibles, solutions d’hydratation et vitamine (B1, B6) sont le plus souvent prescrits. Une prise en charge psychologique (thérapie comportementale et cognitive avec gestion des tâches), pendant la période de consommation, intervient en complément, pour préparer le sevrage.

A savoir : l’hospitalisation n’est pas toujours un passage obligé, du moment que le patient suit scrupuleusement son traitement. « Dans le cas de la toxicomanie, le mieux est tout de même d’avoir recours à une clinique ou à un service médical hospitalier spécialisé dans la désintoxication. », remarque le psychiatre. L’intérêt de ce suivi médical : mieux connaître les facteurs de vulnérabilité qui, souvent, précipitent la rechute (stress familial ou professionnel etc.).

Vers qui se tourner pour obtenir de l’aide ?

Le mieux, pour l’entourage, reste de se tourner vers son médecin traitant ou un médecin addictologue qui peut ensuite faire appel à un centre de soins si besoin.

Source

Progression des nouvelles drogues de synthèse.

M. Jean-Noël Guérini appelle l’attention de M. le ministre de la santé et de la prévention sur l’importante progression des nouvelles drogues de synthèse.


Dans son « Rapport européen sur les drogues » de 2022, l’observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) relève que près de 7 tonnes de nouvelles substances psychoactives ont été saisies en 2020. Fin 2021, l’EMCDDA (« European monitoring centre for drugs and drug addiction ») en surveillait environ 880, dont 52 avaient été signalées pour la première fois en Europe en 2021.

Certaines ont des effets très inquiétants, à l’instar des opioïdes de synthèse, comme le fentanyl ; considérés comme cent fois plus puissants que la morphine et beaucoup plus addictifs, ils sont à l’origine de nombreuses overdoses aux États-Unis.


En France, l’enquête DRAMES (« décès en relation avec l’abus de médicaments et de substances ») comptabilise 15 décès dus aux drogues de synthèse en 2020, contre 77 dus à la cocaïne certes, mais pour un nombre d’usagers bien moins important.

C’est pourquoi il s’avère très alarmant que la 3-MMC et ses dérivés, trois fois moins chers que la cocaïne, se commandent si facilement via Telegram ou WhatsApp et gagnent beaucoup de terrain dans les milieux festifs.
La modification constante de la composition de ces produits permettant de contourner les législations et d’échapper aux tests de stupéfiants, il lui demande comment parvenir à endiguer leur progression.

Question écrite n° 04319 de M. Jean-Noël Guérini (Bouches-du-Rhône – RDSE) publiée dans le JO Sénat du 15/12/2022 – page 6457

En attente de réponse du Ministère de la santé et de la prévention.

Laurent Gay, ancien héroïnomane : « J’ai perdu mon enfant, ma femme. J’ai eu le sida. La drogue, je la prenais pour mourir »

Alcool, drogues, sexe, alimentation, jeux d’argent ou jeux vidéo… Pour « Addict.e.s », sur Yahoo, anonymes et célébrités ont accepté de briser le tabou de la dépendance. Ils racontent la spirale infernale de l’addiction, l’impact souvent destructeur sur l’ensemble des sphères de leur vie, et le chemin, souvent long et douloureux, vers la sobriété.

Arraché à l’enfer comme il l’explique dans l’un de ses ouvrages, Laurent Gay est un miraculé. Cet ancien toxicomane a réussi à se sortir de l’engrenage des drogues et espère, grâce à son témoignage, éloigner les jeunes de cette spirale infernale. Pour Yahoo, il a accepté de raconter son histoire.

Drogues, règlements de compte, prison, maladie : Laurent Gay a traversé le pire. Cet ancien toxicomane, dont la vie ne s’est jamais apparentée à un long fleuve tranquille, a réussi à s’en sortir alors qu’il pensait avoir touché le fond. Au cœur de sa détresse, une rencontre a complètement bouleversé le cours de son existence. Pour Yahoo, l’auteur de l’ouvrage « Arraché à l’enfer », s’est livré sans tabou sur ses dérives et son parcours de résurrection.

« Faire rentrer la drogue chez soi, c’est faire rentrer le malheur. Elle vous prend tout jusqu’à la vie »

Enfant introverti, Laurent grandit dans un quartier difficile de Paris, dans le XVIIe arrondissement. Il bascule dans l’univers de la drogue à l’âge de 12 ans après avoir intégré une bande de caïds, de très mauvaises fréquentations. Avec eux, il fume du shit et se sent devenir quelqu’un. Là, tout s’accélère. Deux ans plus tard, il passe à un stade supérieur en s’injectant pour la première fois de l’héroïne. « Faire rentrer la drogue chez soi, c’est faire rentrer le malheur. La drogue passe son temps à nous pourrir notre âme, c’est le pire des pièges. Elle vous prend tout jusqu’à la vie », explique-t-il avec regret.

C’est en garde à vue qu’il se rend compte de son addiction. Contraint d’y rester pendant 48 heures, il commence à ressentir les effets du manque. Il plonge, comme la plupart de ses amis. Certains ne s’en remettront d’ailleurs jamais. « En près de 20 ans, j’ai perdu une cinquantaine de potes. Mon premier ami est décédé à l’âge de 14 ans d’une overdose », explique-t-il précisant que l’espérance de vie dans son quartier était de 25 ans. Pour se sortir de cet engrenage, il tente donc les cures de désintoxication mais rien n’y fait. Sans grande motivation, il replonge à chaque nouvelle tentative.

Aujourd’hui, Laurent a passé un cap en mettant ce pan de sa vie derrière lui et souhaite désormais partager sa « révolte intérieure ». S’adressant directement aux dealers, il exprime sa colère. « Vous qui vendez de la mort à ces jeunes, êtes-vous bien conscients de briser une multitude de vies ? ».

« J’ai fait plusieurs tentatives de suicide par overdose »

Et la sienne en fait partie. À cause de la drogue, Laurent enchaîne les mauvais choix et les déboires. Il commence à squatter dans des quartiers malfamés de Paris avec sa compagne, à dormir dans des caves. Alors qu’elle est enceinte, il apprend qu’elle est atteinte du Sida. L’enfant qu’elle porte ne survit pas.

C’est le coup de grâce. « Je n’avais plus d’espoir en moi. Je prenais de la drogue pour mourir. J’ai fait plusieurs tentatives de suicide par overdose, les pompiers m’ont ramené à la vie plusieurs fois », confie-t-il, admettant avoir vécu une période « très sombre et très difficile ». À 24 ans, il se retrouve à Fresnes derrière les barreaux à cause d’un règlement de comptes.

En prison, il se fabrique une lame pour s’ouvrir les veines. Au bord du suicide, ce non-croyant crie sa détresse à Dieu, lui demande s’il peut lui ouvrir la porte de son paradis, puis se met à pleurer. Là, il croit voir le visage du Christ, une apparition qu’il interprète comme un signe. « Ça a été une révélation, j’ai commencé à croire qu’il y avait quelque chose au-dessus de moi. À partir de là, je me suis battu contre tous mes petits démons », explique-t-il précisant être sorti de prison au bout d’un an grâce à un non-lieu.

« On m’a attaché à un lit, j’avais les mains et les pieds liés »

L’enfer aurait pu se terminer là mais Laurent en a décidé autrement. À peine sorti, il ne résiste pas longtemps à la tentation et se remet à se droguer. Il se fait alors enfermer dans un hôpital psychiatrique en milieu isolé où il subit son quotidien. « Les murs de ma chambre étaient matelassés. On m’a attaché à un lit, j’avais les mains et les pieds liés », se rappelle-t-il, encore choqué de cette vision. Finalement, les personnels soignants lui administrent de fortes doses de calmants, « ce que l’on appelle la camisole chimique ». « J’étais un légume ».

Là-bas, il apprend sa séropositivité. Les médecins se montrent très clairs et lui apprennent qu’il lui reste peu de temps à vivre. « À ce moment, la seule chose que je voulais, c’était de demander pardon aux membres de ma famille, de m’excuser de leur avoir fait vivre 15 ans de malheur ». Et alors qu’il se voit déjà mort, il trouve une nouvelle fois la lumière au bout du chemin.

Son quotidien bascule lorsqu’un bénévole, présent dans l’hôpital, lui tend la main. « C’était la première fois qu’on me disait que j’étais quelqu’un de bien ». Rapidement, il l’intègre dans une communauté religieuse qui accueille des malades en fin de vie. Au total, il y restera neuf ans, une période pendant laquelle il testera des traitements contre le sida. Aujourd’hui marié et heureux, Laurent veut passer son temps à aider les autres, à délivrer un message, particulièrement au monde de la jeunesse.

« La tentation est forte »

Comme il le rappelle, beaucoup d’adolescents et de jeunes adultes sont aujourd’hui prêts à faire « n’importe quoi pour avoir l’impression d’être regardés, d’exister et ressentir un minimum d’amour » dans ce monde anxiogène. Expliquant que la drogue n’allait en rien combler ces manques, il les a invités à « rentrer pleinement » dans leur « destinée ». Il s’est d’ailleurs directement adressé à eux.

« Ce n’est pas la drogue qui va te rendre plus intelligent. Ce n’est pas la drogue qui va te permettre de t’élever dans ce bas monde. Tu ne pourras plus te projeter, tu ne pourras plus avoir de rêves. Tu vas tourner en rond et tu vas simplement descendre dans des profondeurs que je ne te souhaite pas, donc le mieux c’est de te servir de ton super pouvoir, celui de dire non à la drogue. La tentation est forte mais il y a autre chose. Tu as un avenir », conclut-il.

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ENQUÊTE – L’inéluctable progression des nouvelles drogues de synthèse

Fabriquées avec des produits chimiques, les nouvelles drogues de synthèse s’achètent facilement sur internet. Leurs fabricants inventent chaque semaine de nouvelles molécules, ce qui leur permet parfois d’échapper à la législation sur les stupéfiants.

Les nouveaux produits de synthèse attirent de plus en plus de clients, enquête sur ces substances artificielles mal connues.
Les nouveaux produits de synthèse attirent de plus en plus de clients, enquête sur ces substances artificielles mal connues. © Radio France – Melissa Foust

Une enquête d’Anne-Laure Barral, de la cellule investigation de Radio France

Sur une table, Frédéric Barozzi étale un caleçon, des affiches, des timbres, des flacons de liquides… Certains portent des inscriptions comme “Spice” ou “Tribe”. D’autres sont à l’effigie du dessin animé des Simpsons. Tous ces objets ont cependant un point commun : ils ont servi à cacher de la drogue. Le responsable du domaine stupéfiants et médicaments au service commun des laboratoires d’Île-de-France (un service qui travaille notamment pour les douanes) n’est plus étonné par l’inventivité des dealers. “On a même vu un tapis entier dont les fibres étaient imprégnées de drogue”, explique-t-il. 

Ses équipes analysent les poudres, les végétaux, les cristaux mais aussi les liquides saisis par les douanes pour savoir de quelles substances il s’agit. Et elles ont constaté que sur les 10.000 échantillons testés en moyenne par an, 10 à 20% appartiennent désormais à la catégorie des nouveaux produits de synthèse, qu’on appelle des NPS. Dans ce cas, “on regarde dans notre base de données si cette molécule est connue. Si ce n’est pas le cas, il faut décortiquer sa structure et lui donner un nom”, précise l’ingénieur.

Objets perquisitionnés servant à dissimuler de la drogue et envoyés au service commun des laboratoires d’Île-de-France pour analyse.
Objets perquisitionnés servant à dissimuler de la drogue et envoyés au service commun des laboratoires d’Île-de-France pour analyse. © Radio France – Anne-Laure Barral

Des drogues qui se renouvellent en permanence

En juin 2022, le service commun des laboratoires a encore signalé un nouveau produit de synthèse à ses homologues européens. Selon le rapport de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT), une cinquantaine de nouvelles substances apparaissent sur le marché européen chaque année, soit près d’une par semaine. Il y en a aujourd’hui près de 900 identifiées, avec différentes familles et différentes formes. 

Nous avons observé récemment du cannabis sur lequel on a pulvérisé des poudres de cannabinoïdes synthétiques, ce qui peut provoquer un état délirant”, déclarait en juin dernier le directeur de l’Observatoire, Alexis Goosdeel. Ces nouvelles drogues sont surveillées de près en raison des effets plus puissants qu’elles peuvent avoir. “Nous sommes très vigilants en particulier sur les opioïdes de synthèse que l’on voit apparaître parfois dans nos saisies en toute petite proportion”, reconnaît Corinne Cléostate, sous-directrice des affaires juridiques des douanes françaises. Les opioïdes de synthèse, comme le fentanyl, sont considérés comme cent fois plus puissants que la morphine et beaucoup plus addictifs. Ils ont provoqué un très grand nombre d’overdoses aux États-Unis.

Mais la provenance de ces nouvelles drogues évolue également. “Il y a des ateliers de fabrication en Chine, mais désormais aussi sur le continent européen”, explique Rita Jorge, analyste scientifique à l’OEDT. En 2020, plus de 350 de ces ateliers ont été démantelés, principalement en Pologne et aux Pays-Bas. “En France, nous avons plutôt de petits laboratoires artisanaux, alors qu’aux Pays-Bas, un atelier fabrique jusqu’à 100 kg de drogues de synthèse par jour”, ajoute Corinne Cléostrate.

À Montpellier : un laboratoire à domicile

À la différence des drogues dites classiques comme la cocaïne ou l’héroïne, ces nouveaux produits de synthèse ne sont pas fabriqués à partir de plantes de coca ou de pavot, mais à partir de produits chimiques. Les fabricants utilisent des dérivés du pétrole comme le benzène ou le kérozène, mais aussi des acides ou de l’acétone. Au moins deux laboratoires ont été démantelés en France en 2021, dont un à Montpellier, à quelques centaines de mètres seulement du commissariat de police.

Matériel perquisitionné chez un fabriquant de diverses drogues de synthèse dans le Finistère en 2013.
Matériel perquisitionné chez un fabriquant de diverses drogues de synthèse dans le Finistère en 2013. © Maxppp – Yannick Guerin PhotoPQR Ouest France

Avec le confinement je me suis mis à consommer tous les jours des amphétamines”, explique à la cellule investigation de Radio France, Eddy (pseudonyme), un orthoptiste de 35 ans, qui vient de sortir de détention provisoire après avoir été interpellé il y a un an. “J’ai vu que cela me coûterait moins cher de fabriquer moi-même la drogue en commandant les produits chimiques sur des sites internet chinois ou polonais.” Il dit s’être senti grisé par la sensation de toute puissance que lui procurait la drogue. Ses amis de “défonce”, comme il les nomme aujourd’hui, le sollicitaient en permanence pour obtenir une substance qu’on appelle la 3-MMC. Mais alors qu’il s’apprêtait à augmenter sa production et à commander du phosphore rouge et de l’acide sulfurique, un fournisseur français, intrigué par ce type de commande, a signalé ses agissements à l’administration.

La 3-MMC : star des nouvelles drogues de synthèse

La drogue de synthèse pour laquelle Eddy a été sollicité, la 3-MMC, inquiète particulièrement les services de santé. Selon les chiffres de l’enquête dénommée “Drames” consacrée aux décès liés à des consommations abusives de psychotropes, les drogues de synthèse ont causé 15 morts en 2020. “C’est énorme, relève Anne Batisse, pharmacienne cheffe du centre d’addictovigilance de Paris. Certes, la cocaïne a fait 77 décès, mais ses usagers sont beaucoup plus nombreux.” Trois fois moins chère que la cocaïne, la 3-MMC et ses dérivés gagnent du terrain en France. Les autorités ont vu les saisies se multiplier par trois ces dernières années. Les douaniers ont même effectué une prise record en janvier 2022 sur une petite route de l’Aveyron : 613 kg pour un montant de 9 millions d’euros.

Aujourd’hui, la 3-MMC rejoint des réseaux classiques de revente dans la rue ou sur les applications de type Snapchat ou Telegram”, constate Nina Tissot, sociologue et coordinatrice du rapport sur les tendances de consommation en Auvergne Rhône-Alpes pour l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT). À l’origine, ce stimulant était surtout consommé dans le cadre du “chemsex”, c’est-à-dire la prise de drogues lors de rapports sexuels généralement à plusieurs partenaires. Le chemsex s’est surtout développé dans les milieux homosexuels masculins. 

Mais depuis le confinement, cette drogue a gagné d’autres publics, hétérosexuels, dans les milieux festifs, et au-delà. Cette consommation a conduit certains usagers à basculer dans l’addiction et à avoir recours à des pratiques à risque. “Souvent, ces usagers n’utilisaient pas de préservatifs. On a vu revenir des infections comme la syphilis”, constate l’infectiologue Charles Cazanave qui soigne des dizaines de patients au CHU de Bordeaux.

La cellule investigation de Radio France passe commande

Cette drogue se développe d’autant plus facilement qu’elle se commande très simplement par internet. Pas besoin d’aller sur le darkweb ou de faire appel à un dealer via Telegram ou WhatsApp. La cellule investigation de Radio France a pu le vérifier en surfant sur un site hollandais qui propose des “produits de recherche”. Pour une soixantaine d’euros, nous avons pu commander de la 3-MMC et de la 3-MMA, une autre drogue de synthèse similaire. Le paiement pouvait se faire par virement en euros ou en crypto-monnaie sur un compte en Espagne. Une fois effectué, nous avons pu suivre le parcours de notre colis de Rotterdam à Paris. Et nous avons reçu au bout de cinq jours un paquet contenant une serviette de plage dans laquelle étaient cachés deux sachets de cristaux et de poudre.

Deux sachets de drogue dissimulés dans une serviette de plage.
Deux sachets de drogue dissimulés dans une serviette de plage. © Radio France – Melissa Foust

Cette expérience, ils sont nombreux à l’avoir faite. Pour cacher la drogue, “j’ai à peu près tout vu”, raconte Pierre, qui commande deux à trois fois par an des drogues de synthèse par internet. “J’en ai reçu dans des cartes de Noël, des faux DVD, des faux échantillons de crème hydratante.” En cas de perte du colis, le site propose même de vous renvoyer la moitié de la commande gratuitement. Il existe aussi des systèmes de parrainage, des promotions avec des produits offerts à tester.

Une législation dépassée

Passer par un site n’est cependant pas une garantie de qualité. En faisant analyser nos achats par le réseau associatif “Analyse ton prod” d’Île-de-France, (un réseau qui regroupe des associations sur tout le territoire, et travaille sur la réduction des risques auprès des usagers), nous avons eu une mauvaise surprise. Notre paquet ne contenait pas de la 3-MMC mais de la 3-CMC, un produit proche mais avec un atome différent. Et la deuxième drogue commandée ne contenait pas qu’un seul stimulant dans sa formule, mais deux. Cette tromperie sur la marchandise peut être dangereuse. 

La 3-CMC est potentiellement plus neurotoxique”, nous explique une consommatrice régulière de 3-MMC. “C’est une arnaque assez fréquente”, précise Nina Tissot, de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) en Auvergne Rhône-Alpes. “Depuis que les Pays-Bas ont interdit la 3-MMC en fin d’année dernière, ils vendent de la 3-CMC qui reste légale chez eux.” Mais en renouvelant sans cesse la composition de leurs produits, les chimistes poursuivent un autre objectif. Ils brouillent les pistes afin de contourner les législations. “Les nouveaux produits de synthèse ont été spécifiquement créés pour cela”, affirme Pierre Chappard, président de l’association Psychoactif qui anime un site d’usagers. Toute nouvelle molécule non répertoriée dans la nomenclature des stupéfiants ou des psychotropes par l’agence du médicament, l’ANSM, tombe en effet dans un vide juridique qui rend toute poursuite inopérante

Après analyse, le laboratoire du réseau Analyse ton prod révèle que les substances reçues ne correspondent pas à la commande passée sur le site.
Après analyse, le laboratoire du réseau Analyse ton prod révèle que les substances reçues ne correspondent pas à la commande passée sur le site. © Radio France – Anne-Laure Barral

Des conséquences graves

Certains de ces produits peuvent pourtant entraîner de sévères troubles neurologiques. Une lycéenne de Tarbes (65) a dû être hospitalisée en avril 2022 pour avoir inhalé un cannabinoïde de synthèse. L’an dernier, 80 jeunes mineurs dans le Nord de la France et la région de Reims ont également fait des malaises après avoir consommé ce qu’on appelle du “Buddha Blue” ou du “Pète ton crane”. “Cette substance a une affinité pour les récepteurs dans le cerveau beaucoup plus forte que la plante de cannabis”, explique le professeur Nicolas Franchitto, chef du service d’addictologie de l’hôpital Purpan à Toulouse. 

Même pour des gens qui ont déjà consommé du cannabis, “le risque, c’est la crise convulsive, des troubles neurologiques, cardiaques ou des insuffisances rénales”. Selon une enquête réalisée lors de la journée de défense et de citoyenneté en 2017, près de 4% des adolescents interrogés reconnaissaient avoir consommé un NPS, principalement un cannabinoïde de synthèse.

Des drogues indétectables

Autre caractéristique de ces drogues : elles échappent aux tests de stupéfiants effectués lors des contrôles routiers. Dans une étude réalisée en 2016, Camille Richeval, ingénieure au laboratoire de toxicologie du CHU de Lille, a identifié à postériori la présence de drogues de synthèse dans des tests réalisés auprès de conducteurs français et belges, qui avaient pourtant été déclarés négatifs. “Ces tests ne sont pas faits pour détecter les NPS comme la 3-MMC. On passe donc à côté”, explique la chercheuse. Le monde des drogues change si rapidement que même si on mettait au point un test plus performant, il serait très vite dépassé par un nouveau produit.

Le milieu du sport lui aussi est confronté à cette indétectabilité des produits. L’agence mondiale anti-dopage (AMA) organise régulièrement des conférences internationales sur les NPS. “Il faut surveiller qu’ils ne deviennent pas les produits dopants de demain”, explique Olivier Rabin, le directeur scientifique de l’agence. Certains produits vendus comme des compléments alimentaires de façon tout à fait légale sont passés entre les mailles du filet. “Nous surveillons particulièrement les forums de discussion de culturisme où l’on parle souvent de ces produits innovants”, poursuit-il.

Le problème est d’autant plus inquiétant que tout porte à croire qu’il est sous-évalué. L’association Play Safe s’en est rendu compte en créant un faux site de commande de NPS. Il se présente un peu comme le site hollandais sur lequel nous avons commandé nos produits. Avec une différence de taille : au moment de payer, il affiche un message d’alerte sur les risques qu’il y a à consommer ces substances. Or depuis sa création en avril 2021, ce faux site a enregistré au moins 20.000 commandes. Il aurait pu potentiellement réaliser un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros en un an. Si les NPS restent moins consommées que le cannabis et la cocaïne en France selon les données de l’OFDT, ils sont donc clairement en train de se faire une place sur le marché de la drogue.

Source

Eddy Mitchell : ses révélations cash sur sa santé et ses différentes addictions

Panoramic / Bestimage
  • Eddy MitchellChanteur, parolier, acteur et animateur de télévision français

L’alcool, la cigarette, la drogue… Eddy Mitchell se confie sur ses addictions. Le chanteur a accordé une interview à cœur ouvert dans le journal Le Monde, le 5 novembre 2022. Un article intitulé « Un apéro avec Eddy Mitchell », qui donne le ton d’une interview pleine de confidences.

Et pour trinquer, la star a choisi un verre d’eau minérale, comme l’a rapporté le quotidien. À 80 ans, l’interprète de Sur la route de Memphis dresse un bilan de sa vie. Les hauts, les bas et l’envie d’aller mieux. « Mes toubibs me harcèlent, a-t-il expliqué au Monde. Hier, j’étais à l’hôpital Necker pour des examens, demain je serai à l’hôpital américain.

Je dois faire gaffe. » Eddy Mitchell détaille son « régime drastique », à savoir « pas plus de dix cigarettes par jour ». « C’est chiant mais je n’ai pas le choix », se résigne l’octogénaire. En ce qui concerne la cocaïne, c’est « de l’histoire ancienne », assure-t-il, expliquant en avoir pris lors d’une tournée en 1976 pour : « payer des arriérés de divorce ».

« Je n’ai jamais eu d’accoutumance, a-t-il assuré. La coke, on n’est pas enrhumé quand on en prend. » Eddy Mitchell a également réduit sa consommation d’alcool : « J’y vais mollo ». Il y a toutefois une addiction dont il a réussi à se débarrasser : le jeu. 

C’est sa femme Muriel Bailleul qui lui a posé un ultimatum, le poussant ainsi à faire le grand saut. « J’ai arrêté, tout en me faisant interdire de casino, à ne plus pouvoir mettre un pied dans un établissement de jeu dans le monde entier », a-t-il détaillé. (…)

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Tabac, cannabis, écrans, alcool : comment repérer l’addiction chez l’adolescent ?

Écrit par Hélène Joubert

L’addiction est un engrenage infernal : les substances psychoactives (drogues, tabac…) libèrent la dopamine (l’hormone du plaisir immédiat), qui active différentes zones du cerveau reliées entre elles (circuit de la récompense). Cette libération de dopamine procure un afflux de plaisir et, en contrepartie de cette satisfaction, la substance va demander au cerveau de continuer de consommer.

Un cerveau plus vulnérable chez l’adolescent

Chez l’ado, certaines régions frontales du cerveau encore immatures impliquées dans la planification et le contrôle du comportement sont peu activées. A l’inverse, la région de l’amygdale, qui gère les émotions et le stress, est suractivée, d’où une vulnérabilité exacerbée. « Chez l’adolescent, les conduites addictives ou d’usage à risque ont 4 fonctions : ressembler aux autres (mimétisme convivialité), jouir (transgresser, expérimenter, planer), assurer (s’adapter, contrôler, soulager, alerter) mais aussi fuir (disparaître, ne plus penser, délirer) » explique le Pr Catherine Laporte, médecin généraliste responsable du kit addictions du Collège de la médecine générale.

Les signes qui doivent inquiéter les parents

« Contrairement aux adultes, les adolescents n’ont pas les capacités de verbaliser leur mal-être« , précise Yara Bou Nassif, psychologue. Il voit moins ses amis, reste seul, se plaint de douleurs diffuses. Il dort mal, ne mange plus comme avant. « Un adolescent qui arrête les activités qu’il apprécie, dont les résultats scolaires déclinent brutalement…, tout cela doit alerter« , ajoute le Pr Laporte. La prévention est l’élément clé car plus la consommation s’installe tôt, plus le risque de développer une dépendance existe.

Les principales addictions chez l’adolescent

Le tabac

17,5 % des lycéens fument au quotidien, avec une augmentation continue entre la classe de seconde (14 %) et la terminale (21,5 %).

Ce qui doit alerter : une haleine et des vêtements qui changent d’odeur, les doigts jaunis, une certaine agressivité lorsque privé de cigarettes.

Les risques : des parcours scolaires plus difficiles et des abandons de scolarité plus nombreux. À l’âge adulte, des risques prouvés de cancers, en particulier des voies aérodigestives supérieures et des poumons, bronchites chroniques et pathologies cardiovasculaires. 75.000 décès annuels sont attribuables au tabac.

Comment l’aider : le médecin généraliste pourra éventuellement lui prescrire des substituts nicotiniques. La cigarette électronique peut être une option à condition qu’elle soit transitoire.

L’alcool

12 % des jeunes de 17 ans sont consommateurs réguliers (au moins 10 fois par mois). 41,5 % des lycéens ont déclaré une alcoolisation ponctuelle importante (API ou binge drinking). Elle consiste à boire au moins 5 verres d’alcool en une seule occasion dans le mois.

Ce qui doit alerter : les troubles de l’attention, le décrochage scolaire, l’isolement, et, dans des cas extrêmes, des tremblements.

Les risques : le binge drinking entraîne une destruction importante de neurones, affecte l’apparition de nouveaux neurones, provoque des accidents de la route, des chutes graves voire mortels, et, une fois à l’âge adulte, des maladies du foie et certains cancers : 49.000 décès par an lui sont attribuables.

Comment l’aider : « Nuancez vos propos en expliquant que prendre un verre peut faire partie de l’amusement mais que boire beaucoup entraîne la perte de maîtrise de soi, avec de nombreux risques à la clé« , conseille Yara Bou Nassif. Si la consommation problématique perdure et s’amplifie, des unités au sein des hôpitaux et des structures médico-sociales, les centres de soins d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA), peuvent prendre en charge l’adolescent.

Le cannabis

48 % des jeunes de 17 ans ont expérimenté le cannabis et 9 % sont des fumeurs réguliers. L’usage problématique ou la dépendance concerne 2 % des 18-64 ans et 8 % des 17 ans.

Ce qui doit alerter : « Des fringales inhabituelles, des yeux rouges, des sautes d’humeur ou un besoin d’isolement inhabituel » précise Maria Poblete, auteure de Cannabis : aider mon ado à s’en sortir ?Éditions L’Etudiant.

Les risques : le cannabis affecte le développement des neurones. « Plus il est consommé jeune, plus les perturbations de certaines fonctions (mémoire de travail et donc raisonnement, jugement ou compréhension du langage) sont importantes et irréversibles. Il compromet l’avenir scolaire et professionnel et le rend vulnérable vis-à-vis des troubles psychotiques, en particulier schizophréniques » indique le Dr Laporte.

Comment l’aider : proposez-lui d’en parler à un psy, ou encore de contacter un service spécialisé.

Les réseaux sociaux

A 15 ans, 5 % des garçons et 15 % des filles sont accros aux plateformes (Facebook, Instagram, TikTok….).

Ce qui doit alerter : il a les yeux rivés en permanence sur son smartphone. Il ne supporte pas de rater une info et répond à toutes les sollicitations ou aux personnes qui postent des infos. Il se met beaucoup en scène sur ses comptes.

Les risques : « Plus de 3 heures sur les réseaux sociaux par jour peut créer des troubles psychiques« , précise le Dr Laporte. « L’excès d’usage perturbe l’attention, le sommeil et les relations sociales« .

Comment l’aider : en mesurant avec lui le temps passé sur les réseaux et en lui proposant une aide psychologique et/ou les thérapies cognitivo-comportementales.

Les jeux vidéo

La proportion de joueurs « problématiques » est passée de 11 % en 2014 à 34,8 % des jeunes aujourd’hui, dont 21,9 % de joueurs « excessifs« , pratiquant des jeux, légaux comme illégaux, avec argent ou pas.

Ce qui doit alerter : des débits inhabituels sur son compte en banque ou sur votre carte de crédit, des sautes d’humeur avec des accès d’agressivité, une grande fatigue (il perd la notion de temps), un isolement (il voit moins ses copains)…

Les risques : la durée inadaptée consacrée à cette activité et le fait de perdre ou de gagner de l’argent risquent de détruire son avenir professionnel et social.

Comment l’aider : en étant disponible, en conservant des activités communes de loisirs et en prenant rendez-vous avec un spécialiste des addictions ou un psychothérapeute, si cela s’avère nécessaire.

Le rôle de la génétique dans l’addiction

Les adolescents, comme les adultes, ne sont pas tous égaux devant l’addiction. Les facteurs biologiques entrent en jeu, comme le terrain génétique et les antécédents familiaux : si l’un des parents ou l’un des membres de la famille présente une addiction, l’ado aura un risque plus élevé d’en développer une

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Drogues : les consommateurs sont plus à risque de développer une fibrillation auriculaire

Les effets délétères des drogues sur la santé sont bien connus. Néanmoins, les scientifiques continuent de les étudier. Une équipe de chercheurs de l’Université de Californie aux Etats-Unis vient de découvrir un risque de fibrillation auriculaire (FA) augmenté chez les consommateurs de cannabis, de cocaïne, d’héroïne mais aussi d’opiacés.

Sommaire

  1. Une étude sur plus de 23 millions de personnes
  2. Plus la drogue est dure, plus le risque de fibrillation augmente
  3. Qu’est ce que la fibrillation auriculaire ?
  4. Des études complémentaires sont nécessaires

Les drogues, qu’elles soient considérées comme « douces » ou « dures » ou qu’elles soient légales (comme les médicaments opiacés) ont toutes des effets néfastes sur la santé. Elles sont néanmoins considérées comme telles car certaines semblent effectivement plus destructrices que d’autres, pour l’organisme.

Une étude sur plus de 23 millions de personnes

Pour étudier les effets du cannabis, de la cocaïne, de l’héroïne et des opiacés sur le système cardio-vasculaire, les chercheurs ont examiné le risque d’arythmie cardiaque chez les utilisateurs de ces drogues.

Ils ont pour cela analysé les données de chaque admission à l’hôpital et de chaque visite dans les établissements chirurgicaux ambulatoires et les services d’urgence en Californie de 2005 à 2015, recueillant des informations auprès d’un total de 23 millions de personnes.

Seule une fraction des patients inclus dans l’étude consommaient des drogues : 132 834 consommaient du cannabis, 98 271 consommaient de la méthamphétamine, 48 700 consommaient de la cocaïne et 10 032 consommaient des opiacés.

Plus la drogue est dure, plus le risque de fibrillation augmente

Résultats : les consommateurs de cannabis étaient 35 % plus susceptibles de recevoir un diagnostic de fibrillation auriculaire dans la décennie que les non-consommateurs. Les risques sont encore plus importants pour les personnes consommant de la cocaïne ou de l’héroïne/opioïdes avec respectivement 61 % et 74 % de risque de FA.

Qu’est ce que la fibrillation auriculaire ?

On parle de fibrillation auriculaire lorsque les cavités supérieures du cœur, ou les oreillettes, battent de manière chaotique et désynchronisée avec les cavités inférieures, ou ventricules, du cœur. La fibrillation auriculaire peut entraîner des AVC, une insuffisance cardiaque et d’autres complications sur le système cardio-vasculaire.

Pour l’auteur principal de ce travail, le Dr Gregory Marcus, professeur de médecine à l’UCSF au sein de la division de cardiologie, dont les conclusions ont été publiées dans la revue European Heart Journal, « il est fascinant de considérer que les substances inhalées se déplacent directement des poumons vers les veines pulmonaires, qui se vident dans l’oreillette gauche, et que les veines pulmonaires et l’oreillette gauche sont particulièrement importantes pour générer la FA ».

Des études complémentaires sont nécessaires

Interrogé sur cette étude, le Dr William Lowenstein, médecin interniste et Président de SOS Addictions salue ce travail : « C’est une volumineuse étude, très intéressante car elle concerne aussi bien les risques cardiovasculaires des médicaments légaux (opiodes) que ceux des substances illégales. C’est un premier pas nécessaire à l’information générale : ce n’est pas parce qu’une substance est interdite qu’il ne faut pas en étudier les risques physiques, en informer les usagers et envisager des stratégies de réduction des risques ».

Il apporte un bémol toutefois. Pour lui, « l’absence de précisions dans cette étude sur les doses responsables de FA ou la fréquence des consommations (occasionnelles ou chroniques, notamment pour la cocaïne) impose des études complémentaires pour élaborer des stratégies de réduction des risques ».

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