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Jérôme Adam: «La souffrance des frères et sœurs des addicts à la drogue est trop souvent oubliée»

Par Paul-Henri Wallet • Publié le 04/05/2022 à 06:00

Pour Jérôme Adam, les frères et sœurs doivent accepter d’être dans une démarche d’écoute. Crédits photo: Jérôme Adam

ENTRETIEN – Dans le film «Tout pour être heureux», Jérôme Adam s’appuie sur les témoignages de frères et sœurs de toxicomanes pour sensibiliser les jeunes aux dangers des addictions.

Cédric, le frère de Jérôme était «beau gosse, Intelligent et issu d’un milieu privilégié». En apparence, le jeune homme avait «tout pour être heureux». Pourtant, Cédric est mort à 35 ans des suites d’une addiction à l’alcool et à la drogue.

Dans le film «Tout pour être heureux» sorti en décembre 2021, Jérôme Adam, recueille les témoignages de ceux qui comme lui ont eu un frère, ou une sœur toxicomane. En leur donnant la parole, il espère ainsi sensibiliser les consommateurs potentiels aux calvaires endurés par les familles de drogués. Pour toucher les jeunes, il organise régulièrement des projections débat.

Au cours de ces échanges, il insiste sur l’importance de développer une solide confiance en soi. Le producteur et auteur de documentaires Jérôme Adam a eu un parcours exceptionnel: devenu aveugle après une tumeur au cerveau, il est diplômé de Sciences Po et d’un MBA à l’Essec.

FIGARO ETUDIANT. Pourquoi avez-vous produit ce film?

Jérôme ADAM- En voyant ma fille grandir, j’ai réalisé que j’étais angoissé à l’idée de revivre avec elle ce que j’avais vécu avec mon frère. Il diffère des nombreux témoignages d’anciens addicts et des reportages sur les effets de la drogue. Notre documentaire n’est pas pédagogique. On n’y apprend rien sur les produits. De fait, les reportages sur la drogue ne sont pas toujours les plus efficaces. Les jeunes ont souvent du mal à s’identifier aux réalités très difficiles qu’on y présente.

Quant aux témoignages d’anciens addicts, ils permettent souvent de relativiser l’addiction. Le jeune se dit: «S’il s’en est sorti je pourrai le faire aussi». Envisager le problème du point de vue des frères et sœur c’est montrer au consommateur potentiel le malheur et le désespoir dans lequel son addiction pourrait plonger ses proches.

Pourquoi est-ce si important de faire parler les frères et sœurs?

On parle souvent de la douleur des parents mais celle des frères et sœurs est presque toujours oubliée. Ce film vise à libérer la parole en mettant des mots sur une souffrance souvent enfouie. Les frères et sœur témoignent presque toujours d’un sentiment d’impuissance et de culpabilité. Ce film invite aussi à briser les non-dits et révèle l’importance du dialogue et de la communication dans les familles.

Après les projections débats, des parents nous ont dit que les échanges suscités par le film avaient permis de construire un meilleur dialogue au sein de leur famille. Ce film n’est pas enfermé dans la question de l’addiction que nous transcendons en abordant les questions du mal-être des jeunes, et celle du dialogue dans les familles.

Que faire quand son frère ou sa sœur est tombé dans la drogue?

Souvent, on ne comprend pas pourquoi ce frère ou cette sœur s’enferme dans la drogue. En apparence, mon frère avait «tout pour être heureux». Pourtant il est tombé dans une addiction qui l’a entraîné jusqu’à la mort. La consommation cache bien souvent un problème plus profond. Dans le film, j’aborde les angoisses de mon frère, et Jean-Yves révèle le manque de confiance en soi subi par le sien. Sophie explique que sa sœur voulait se sentir plus forte.

Quand le jugement s’installe, on demande, «pourquoi tu consommes?». La vraie question à poser serait plutôt «quel effet tu recherches?» afin de cerner le réel mal-être de la personne. Chaque situation est différente. Mais il faut rester à l’écoute et montrer qu’on tient à la personne. Je passais parfois des nuits entière à écouter mon frère. Il faut accepter qu’on ne vit pas la même chose, on ne peut pas agir à leur place mais l’écoute soulage et est un véritable témoignage d’amour.

Comment éviter de tomber dans l’addiction?

Il me semble que l’addiction ne peut être expliquée uniquement par le produit. Pour prévenir les addictions, je pense qu’il est capital pour les jeunes de développer des compétences psychosociales, c’est-à-dire de travailler sur sa relation aux autres et de développer son épanouissement personnel. De fait, un jeune qui a confiance en soi ira beaucoup moins chercher refuge dans la drogue.

Pour développer ces compétences, il existe des programmes scolaires comme «Unplugged». En plus de la prévention, leur but est de chercher des jeunes en favorisant les interactions en groupes notamment. En ce qui concerne ma fille, je veille à ce qu’elle développe cette confiance en elle par des activités comme le Judo ou le théâtre qu’elle pratique à côté de l’école.

Source Le Figaro

Alcool, cannabis, drogues dures… Comment aider un proche à sortir de l’addiction ?

Il s’agit souvent d’un problème que l’on minimise ou que l’on cache sous le tapis, mais les addictions sont un fléau en France, et chacun d’entre nous peut y être confronté un jour. Elles ne touchent pas que les personnes addictes mais aussi leurs proches, alors comment tendre la main ? Pour y répondre, Jean-Pierre Couteron et Jérôme Adam étaient les invités de « Bienfait pour vous » sur Europe 1.

Taboue, difficilement diagnosticable, longue rémission, l’addiction est un mal dont on aimerait vraiment se passer et qui affecte tout notre entourage. Au micro de Julia Vignali et Mélanie Gomez, Jean-Pierre Couteron, addictologue, psychologue clinicien et porte-parole de la Fédération addiction et Jérôme Adam, producteur du film Tout pour être heureux ? traitant de l’addiction, sont venus partager leur expertise. Et pour aider, il faut d’abord reconnaître. Qu’est-ce qu’une addiction ? Qui peut être susceptible d’en développer une ? Et surtout, que faire ?

Qu’est-ce que c’est concrètement l’addiction ?

« L’addiction, c’est la perte de contrôle d’une substance psychoactive ou désormais d’un appareil, d’un comportement, qui nous permet d’avoir des effets psychoactifs. C’est la perte de contrôle. Avant, c’est de l’usage. Si je me sers de mon téléphone portable, c’est de l’usage. Si, je n’arrive pas à doser le temps que je passe sur mon téléphone portable, je rentre dans des comportements addictifs », explique Jean-Pierre Couteron.

Selon le spécialiste, l’addiction est un trouble complexe, car elle possède deux versants : un versant maladie et un versant « comportement social », à savoir comment l’addict interagit avec le monde et avec ses proches.

Est-on tous égaux face à l’addiction ?

Certains milieux sociaux, certaines tranches d’âge semblent être plus exposés aux risques addictifs, mais pour le clinicien, il n’y a pas forcément de prédispositions, plutôt des vulnérabilités. « Il y a effectivement des vulnérabilités sociales qui font que, selon les milieux sociaux, selon les conditions de vie, on peut avoir des paramètres. Mais il y a aussi des vulnérabilités psychiques. Selon les histoires de vie, si on a vécu un traumatisme, qu’on a des difficultés familiales », détaille-t-il.

>> À RÉÉCOUTER – Drogue et alcool : la clé des addictions serait dans notre ventre

« Et puis il y a des vulnérabilités physiologiques, génétiques. Il n’y a pas un gène de l’addiction, mais il y a des paramètres qui font qu’on n’a pas le même physique et qu’on n’aura pas la même réaction à la substance. Donc tout ça se mélange, peut s’équilibrer. L’effet positif de l’un peut rencontrer l’effet négatif de l’autre. Mais effectivement, le principe de base à savoir, c’est qu’on n’est pas égaux et que ce qui marche pour l’un ne marche pas forcément pour l’autre. »

Une constante semble pourtant se dessiner : c’est à l’adolescence que majoritairement les risques addictifs se présentent.

Comment reconnaître une personne addicte ?

Selon Jean-Pierre Couteron et Jérôme Adam, qui a perdu son frère à cause de l’addiction et a motivé la création de son film, en cas de doute, il faut surveiller le comportement du proche et notamment s’il perd le contrôle. « Donc les signes qui montrent que la personne n’arrive pas à être à la hauteur du contrôle, qu’elle dit encore vouloir avoir. Qu’elle s’engage à faire telle chose à telle heure et qu’elle ne le fait pas. Qu’elle s’engage à ne pas reboire le soir même alors qu’elle va le faire… Ce sont ces signes-là« , précise l’addictologue.

« J’ai compris très vite que [mon frère] consommait, qu’il avait des problèmes de consommation parce qu’il y a eu des attitudes avec des épisodes délirants pendant la nuit, des épisodes où il avait piqué des médicaments de ma mère pour compenser et trouver certains effets », raconte Jérôme Adam.

>> À RÉÉCOUTER – Souffrant de différentes addictions, Christine a réussi à reprendre sa vie en main

Il y a également des signes physiques pour certaines addictions : l’ivresse alcoolique, l’euphorie avec un produit comme le cannabis, des états d’excitation avec des produits stimulants comme la cocaïne. Et si ces deux types de signes persistent et qu’on les a repérés, c’est à ce moment-là que le sujet peut être abordé.

Comment ne pas la braquer ?

« Souvent, le piège dans lequel on va tomber, c’est de lui en parler pour lui dire tout de suite : ‘Arrête !’ Or, il n’a pas immédiatement envie qu’on lui dise d’arrêter parce que pour lui, ça fonctionne encore comme une solution. Ça vient calmer une angoisse, ça vient calmer quelque chose. La première étape, c’est de lui dire qu’on voit qu’il consomme, qu’on imagine que ça lui sert à quelque chose et que c’est de ça dont on aimerait parler. C’est de voir à quoi ça lui sert », explique le clinicien. 

Pour Jérôme Adam, la question de l’amour est très importante. « Il y a tout un travail de déculpabilisation à effectuer vis-à-vis de la personne addicte. Maintenant, l’amour, ce que j’essaye de dire dans le film, c’est qu’il doit être présent et donc qu’il faut rester présent, tendre la main. Mais ça ne suffit pas forcément et surtout, on ne peut pas faire à la place de l’autre. Donc c’est tout ce dosage entre accepter son impuissance et être présent malgré tout qui est fondamental », confie le réalisateur. À l’inverse, la séparation ou la menace d’un éloignement peut aussi agir comme un déclic, mais il faut faire très attention et l’effet n’est pas systématique.

Où l’emmener et que faire ?

Si la personne addicte reconnaît sa maladie et accepte d’en discuter, plusieurs choses sont possibles. « La majorité des addicts s’en sort sans aller consulter les professionnels », indique Jean-Pierre Couteron. Pour certaines addictions, comme la cigarette ou le téléphone portable, il est possible de « réaménager son environnement, son entourage. C’est la fameuse histoire : j’ai rencontré quelqu’un, j’ai un boulot », ajoute le psychologue.

Avec un peu de différence en intensité, on n’est pas obligé d’aller consulter. Cependant, plus on rentre dans des problématiques complexes où il y a des problèmes psychopathologie, des histoires de vie, des vulnérabilités, plus cela est difficile d’en sortir seul. Dans ces cas-là, il est préférable d’être suivi par un médecin. « Il y a beaucoup d’endroits pour aller consulter. Il y a des médecins en ville qui sont intéressés par les questions d’addiction, des centres spécialisés, médico-sociaux, des centres de soins, d’accompagnement et de prévention », détaille le professionnel. Enfin, des médicaments, prescrits par le médecin, peuvent aider à réduire les effets de l’addiction.

Source Europe 1

GHB : effets, comment savoir en cas de piqûre ?

Le GHB est une drogue qui se présente sous forme de poudre blanche soluble ou de liquide transparent et inodore. Elle peut être prise délibérément ou versée dans une boisson à l’insu de la personne. Elle peut aussi être injectée par piqûre. Quels sont les effets du GHB ? Ses dangers ? Comment le détecter ? Par prise de sang ?

Le GHB est une drogue qui se présente sous forme de poudre blanche soluble ou de liquide transparent et inodore. Il est souvent présenté comme la « drogue du viol » suite à plusieurs affaires judiciaires dans lesquelles il était utilisé comme moyen de soumission chimique de la victime, même si son utilisation à des fins délictueuses reste marginale. Il peut être versé, à votre insu, dans une boisson, sans en changer l’aspect. Soyez donc prudent et attentif à votre boisson, en particulier en milieu festif. Il peut aussi être administré par voie injectable.

En France, des dizaines de jeunes racontent avoir été piqués lors de soirées en discothèques en mars et avril à différents endroits du corps (fesses, cuisses, bras…) et avoir après eu une sensation de malaise, nausée… voire pour certains un « trou noir« . Les faits se sont déroulés à Grenoble, Béziers, Nantes ou encore Rennes. Quels sont les effets du GHB ? Comment le détecter dans le sang ? Peut-on en être dépendant ? Comment s’en libérer ?

C’est quoi le GHB ?

Le GHB (acide GammaHydroxyButyrique) appelé aussi « liquid ecstasy« , « drogue du viol » ou du « violeur » se présente sous forme d’une poudre blanche soluble ou de liquide incolore, inodore et sans goût. Il est conditionné dans de petites fioles en verre ou en plastique. Il peut être versé, à l’insu d’une personne, dans une boisson, sans en changer l’aspect. Il se consomme en grande majorité par voie orale mais il peut aussi être injecté (mode de consommation plus marginal). Le GHB est une drogue classée comme stupéfiant, exception faite des préparations injectables réservées à un usage hospitalier.

Quels sont les effets du GHB ?

Les effets varient selon le consommateur, le contexte de consommation, la quantité et la qualité de GHB. Ils durent environ 1 heure, seulement 15 à 30 minutes après l’absorption. Le premier effet est souvent celui d’une sensation de chaleur et d’ivresse comparable à celle de l’alcool. Pour des doses faibles à modérées, le consommateur ressent un sentiment de quiétude, une légère euphorie et une désinhibition. À fortes doses, les effets du GHB sont ceux d’un somnifère puissant avec un risque de coma. Les effets secondaires du GHB peuvent apparaître dès les plus petites doses avec un risque de surdosage. Il s’agit principalement de symptômes physiques :

  • maux de tête,
  • vertiges,
  • sensation d’étourdissement,
  • hypersalivation,
  • nausées,
  • vomissements
  • somnolence.

Une confusion et une amnésie peuvent apparaître en cas d’association avec l’alcool en particulier. Ils doivent alerter et nécessitent une prise en charge médicale rapide. Certains sportifs utilisent aussi le GHB pour stimuler leur développement musculaire car il facilite la libération de l’hormone de croissance. Le GHB est le plus souvent consommé dans les milieux festifs mais son utilisation peut aussi être détournée à des fins illégales à cause de son effet amnésiant et inducteur de sommeil. Il est souvent consommé avec de l’alcool ou d’autres drogues, augmentant ainsi les risques pour la santé.

Comment repérer le GHB dans une prise de sang ?

Le GHB est dépistable dans le sang dans certains laboratoires d’analyses spécialisés. Il est présent pendant moins de 12 heures dans les urines et quelques heures dans le sang. Il est particulièrement difficile à détecter car il disparaît rapidement de l’organisme.

De quoi se compose le GHB ?

Le GHB est un produit de synthèse qui se compose de deux substances : la Gamma-butyrolactone (GBL) et le 1,4 butanediol (1,4-BD). Le GBL est utilisé comme solvant dans l’industrie des peintures. Quant au 1,4-BD, il se présente sous la forme d’un liquide visqueux incolore utilisé dans des industries chimiques pour produire des résines et du polyester. Lorsqu’elles sont ingérées, ces substances sont converties en GHB par l’organisme.

Quelle est la différence entre GHB et GBL ?

Le GBL (Gamma-butyrolactone) est un compostant du GHB. C’est un produit chimique utilisé comme solvant-décapant par l’industrie. Il se transforme dans le corps, après absorption, principalement en GHB. C’est pourquoi on dit que le GBL un précurseur du GHB, et qu’ils ont les mêmes effets.

Quels sont les signes de dépendance au GHB ?

La dépendance au GHB n’est pas établie scientifiquement et reste discutée. Les cas seraient rares car la substance ne serait pas très addictogène, c’est-à-dire qu’il n’y aurait pas ou peu d’accoutumance (besoin d’augmenter les doses pour avoir le même effet).

Même si les sensations de quiétude, d’euphorie et d’ivresse peuvent inciter à renouveler les prises régulièrement, la consommation quotidienne reste marginale. Après une utilisation régulière, il est possible de ressentir un syndrome de sevrage sévère avec une forte angoisse, une agitation, des tremblements, des nausées et des vomissements. 

Les symptômes peuvent aller jusqu’à une tachycardie, une insomnie et même des hallucinations et une psychose sévère nécessitant une prise en charge médicale en urgence.

Comment ne plus être accro au GHB ?

Comme pour toute dépendance à un stupéfiant, une prise en charge en addictologie est nécessaire, que ce soit par un addictologue en libéral, à l’hôpital ou dans un CSAPA (Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie).

Il n’existe pas de traitement substitutif au GHB mais un traitement anxiolytique peut être prescrit si nécessaire, toujours en complément d’une psychothérapie. Certaines thérapies comme la TCC (Thérapie Cognitive et Comportementale) ont fait leur preuve dans ce type d’addition.

Quel est le prix du GHB ?

Son prix se situe entre 10 et 20 euros le demi-litre, ce qui en fait une drogue accessible, parfois moins chère que l’alcool.

En savoir plus sur : Drogues Info Service 0800 23 13 13 (tous les jours de 8h à 2h, appel anonyme et gratuit depuis un poste fixe).

Source

Tabac, alcool, cannabis : ces drogues modifient l’épigénétique des adolescents

Par Mathilde Debry

L’Académie nationale de médecine s’inquiète de l’impact de la consommation de tabac, d’alcool et de cannabis sur la santé des jeunes Français et sur leur future descendance. 

Tabac, alcool, cannabis : ces drogues modifient l’épigénétique des adolescents

LANASTOCK / ISTOCK.


  • En France, la consommation de tabac est responsable de 75.000 décès par an.
  • 41 000 Français meurent également chaque année d’une trop grande consommation d’alcool.

Nos adolescents consomment trop de tabac, d’alcool et de cannabis,, s’inquiète l’Académie nationale de médecine. L’institution milite pour que de nouvelles mesures préventives soient mises en place afin de mieux les protéger de ces produits dangereux pour la santé.  

« Double peine »

« Les enquêtes attestent de la prévalence élevée d’usage du tabac, de l’alcool et du cannabis débutant dès l’adolescence, période critique pour la maturation cérébrale, qui s’en trouve perturbée », expliquent les médecins dans un communiqué. « Les jeunes consommateurs sont exposés à une double peine : pour eux-mêmes, en raison des effets délétères directs de ces drogues, mais aussi par les marques épigénétiques qu’ils acquièrent et qu’ils pourraient transmettre à leur descendance », ajoutent-ils.

Des études chez l’animal démontrent en effet que ces marques épigénétiques modifient à la fois le niveau d’expression de certains gènes impliqués dans la réponse comportementale aux drogues et la vulnérabilité aux addictions. Les marques épigénétiques correspondent, en quelque sorte, à une mémoire cellulaire de l’exposition à certaines substances qui peut être transmise à la génération suivante, voire aux suivantes. « L’épigénétique des addictions devrait être mieux connue des décideurs », estiment les professionnels de santé.

De nouvelles recommandations

Au-delà de la prohibition du cannabis, de l’augmentation des prix du tabac, de l’interdiction de vente de l’alcool et du tabac aux mineurs et de la limitation de leur publicité, l’Académie nationale de médecine recommande :

1) d’intégrer dès l’école primaire et jusque dans les structures d’enseignement supérieur une information régulière sur les dangers de ces drogues.

2) De promouvoir des actions collectives de sensibilisation sur les dommages multiples (sanitaires, sociaux et sociétaux) causés par les drogues licites et illicites, à destination prioritairement des parents, des femmes enceintes, des jeunes adultes, des professionnels de santé, des enseignants et des milieux professionnels et politiques.

3) De mettre en place une vaste campagne d’information, ciblant particulièrement les jeunes adultes en âge de procréer, sur les risques de transmission à la descendance de l’appétence aux drogues via des mécanismes épigénétiques.

4) De développer davantage les programmes d’activités sociales, culturelles et sportives afin de réduire le risque de consommation de drogue.

5) De mettre en œuvre des programmes ambitieux de recherche préclinique et clinique en vue de disposer de marqueurs épigénétiques de l’addiction aux drogues, d’étayer la transmissibilité intergénérationnelle des altérations induites de l’épigénome, voire de concevoir des stratégies thérapeutiques innovantes des addictions fondées sur l’épigénétique.

Source

Le désastre des toxicomanies en France

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Le « K2 », drogue à vapoter, se répand dans les lycées du Centre-Bretagne 

Publié le 21 janvier 2022
Vendus en flacons, ces cannabinoïdes de synthèse illégaux se retrouvent dans les cigarettes électroniques des lycéens, particulièrement en Centre-Bretagne.
Vendus en flacons, ces cannabinoïdes de synthèse illégaux se retrouvent dans les cigarettes électroniques des lycéens, particulièrement en Centre-Bretagne. (Photo Pixabay)

Réputé être bon marché et discret, le « K2 » est un cannabinoïde de synthèse qu’on retrouve régulièrement dans les cigarettes électroniques des lycéens du Centre-Bretagne.

En Centre-Bretagne, on appelle ça le « K2 ». En Normandie, le PTC (Pète ton crâne). Et en 2019, on parlait de Buddha Blues. Vendus en flacons, ces cannabinoïdes de synthèse illégaux se retrouvent dans les cigarettes électroniques (CE) des lycéens, particulièrement en Centre-Bretagne.

Suite

Addictions pour une offre de soin plurielles et équilibrée

par François Diot

Le débat sur la création de Haltes Soin Addictions (HSA) pour développer l’accompagnement dans l’usage de drogue de façon supervisée est aujourd’hui la proposition de nombreux soignants ou intervenants du secteur de l’addictologie en France.

L’Académie nationale de médecine n’est pas favorable à ce projet et déclare: « Les addictions aux substances psychoactives créent un état de maladie qu’il convient de traiter et non d’entretenir: priorité doit donc être donnée aux actions visant à aider le sujet dépendant à retrouver la liberté que la drogue lui a ôtée ».

Le soutien de la « Fédération Addiction », principale instance professionnelle, à ce projet de HSA, témoigne clairement que la question du dialogue avec l’Académie nationale de médecine de la sortie de l’usage n’est pas sa priorité. La question de l’usage du crack définit les limites de l’approche médico-sociale proposée par les professionnels, qui est malheureusement sans effet sur cette addiction, insensible aux traitements médicamenteux.

La réduction des risques a démontré son utilité chez les usagers de drogues pour prévenir les conséquences de l’usage en particulier sur le VIH qui désormais se soigne et le VHC que l’on sait guérir.

Comment continuer à être force de proposition alors que les objectifs d’il y a trente ans sont atteints ? (question cruciale pour un secteur dont c’est l’identité pour ne pas dire l’idéologie).

Le glissement vers l’accompagnement de l’usage pour prévenir les overdoses est aujourd’hui la nouvelle étape qui interroge sur ses objectifs et son efficacité pour entrer dans les dispositifs d’accès au soin.

Les orientations sur le soin sont très limitées, voire inexistantes après cinq années d’expérimentation de la salle de consommation à moindre risque située à proximité de l’hôpital Lariboisière (dans le quartier de la Gare du Nord), montre la difficulté de ces professionnels à accompagner vers la sortie de l’usage. A moins que cela ne soit plus l’objectif, tant l’accès au soin est progressivement remplacé par l’accompagnement dans l’usage ?

Les « militants », comme ils s’appellent, de la réduction des risques ne sont pas très présents auprès des usagers de crack de rue à qui, hormis la délivrance du matériel quand ils le font, n’ont pas grand chose à proposer. La problématique de l’obligation de soin que personne ne questionne chez les malades psychiatriques est impossible aujourd’hui à évoquer pour les usagers de crack qui ont souvent malheureusement des troubles psychiatriques et font des décompensations en pleine rue…

« Impossible car stigmatisant » vous diront ces « professionnels » qui fantasment «une alliance thérapeutique» avec les usagers de crack qui, «comprenez vous, doivent avoir le désir de se soigner et expriment une demande de soin».

De fait, c’est la même logique d’intervention que celle basée sur la demande qui au début de la réduction des risques a paralysé les professionnels du secteur pour intervenir auprès des usagers sur la question du SIDA où la demande d’arrêt de l’usage n’était pas la question. La réduction des risques n’avait,

il est vrai, pas encore été institutionnalisée par les médecins du secteur, toujours en retard, comme c’est malheureusement le cas encore aujourd’hui sur la question du soin.

Alors qu’ils étaient et sont toujours absents de la scène ouverte de la porte d’Aubervilliers, L’association d’Auto Support ASUD (association de santé communautaire prônant la décriminalisation de l’usage de drogues ) et des professionnels du secteur, sous le regard bienveillant d’élus de la Mairie de Paris, s’interrogent sur la stigmatisation des usagers de drogue et sur la « toxico-phobie ».

Outre l’indécence, eu égard au contexte dramatique, c’est surtout le décalage avec la réalité qui frappe, tant l’incompréhension de celui-ci et les besoins des usagers de rue est flagrante mais ne les empêche nullement de parler à leur place. En écoutant un neuropsychiatre américain invité pour l’occasion qui a décidé de faire son «coming out» sur son usage «récréatif» d’héroïne, qu’il ne considère pas comme addictive, sous l’écoute fascinée d’une importante association du secteur, pourtant très soucieuse d’une approche scientifique de la compréhension de l’usage.

Ce qui est formidable avec l’introduction de la notion de victime dans cette question de l’usage de drogue, c’est qu’elle permet aux professionnels et aux activistes de la réduction des risques de se positionner comme des défenseurs de ces usagers. Ces usagers sont fantasmés car en fait seule une poignée de militants d’une association de santé communautaire se sont arrogés leur représentation etparticipent à ce débat révolutionnaire …

Ce décalage entre les militants qui débattent sur une posture victimaire et une réalité de terrain où aucun usager ne se retrouvent dans cette association d’usagers questionne sur la légitimité de celle-ci qui, de ce fait, ne représente que ses membres, qui sont moins d’une centaine de personnes au niveau national. En revanche, son existence permet habilement à l’Etat qui la finance et aux professionnels qui la soutiennent d’avoir un interlocuteur pour justifier et adhérer aux orientations de l’approche sanitaire proposée ; orientation qui fait la part belle à la réduction des risque et qui évacue avec les traitements de substitutions et l’approche médico-sociale, la sortie de l’usage du débat.

Ou en est on aujourd’hui de la sortie de l’usage ?

La réduction des risques et son idéologie empêchent- t-elle de penser le soin et la sortie de l’usage de drogue ?

Comment expliquer qu’au lieu de redéployer les moyens sur le soin et la sortie de l’usage, le secteur souhaite contenir les usagers de rue dans des espaces de consommations supervisés qui impactent les quartier ou ils sont implantés ?

Les riverains qui financent ces dispositifs avec leurs impôts, n’ont-ils, eux, des droits ?

Quand l’idéologie prend le pas sur le soin, comme nous le constatons avec effarement, les réponses restent les mêmes et le secteur s’enferme dans une posture qui l’oblige à aller toujours plus loin du soin, (comme nous l’avons compris), et toujours plus près de l’usage (pour justifier de son financement et de son existence).

La réduction des risques isole ses militants dans une idée qui les empêche de penser globalement avec une ouverture d’esprit sur différentes approches thérapeutiques. Loin de vouloir nous opposer à celles ci, il est nécessaire d’étudier celles qui fonctionnent aussi en termes d’abstinence. Il n’est pas nécessaire de croire que celle-ci est impossible, les groupes d’entraide et le modèle Minnesota témoignent du contraire.

Prévenir les conséquences de l’usage de drogue est nécessaire mais pas suffisant. Il est possible de vivre sans consommer.

Le déséquilibre entre les structures prônant cette approche, qui ne sont que trois en France, et les structures ayant une approche médico-sociale où la réduction des risques est prédominante est avant tout dommageable pour les toxicomanes qui n’ont pas la possibilité de bénéficier d’une approche plurielle.

Le paradoxe de cette situation est qu’en accompagnant l’usage on enferme l’usager dans son addiction ; avec cette impossibilité de s’affranchir de la consommation et de retrouver sa liberté. Ce contresens flagrant des militants de la réduction des risques et de ses défenseurs démontre l’immobilité d’un secteur qui devrait proposer de sortir de l’usage pour permettre à l’usager de sortir de son addiction.

Si c’était le cas ce secteur devrait voir son activité se réduire au fil des années ce qui témoignerait de son efficacité …

La question suivante est que peut être que les médecins qui dirigent les associations financées ont peur de voir leurs dotations financières se réduire, tel des chefs d’entreprises dont l’activité progressivement se réduirait ?

Ce secteur a t il intérêt à sortir les usagers de drogue du dispositif de prise en charge ?

En étant les interlocuteurs de l’Etat dans la politique de soin qu’ils préconisent, bien loin des modèles thérapeutiques existant dans les pays anglo-saxons, nous assistons à un système qui ne peut reconnaitre ses errances car les enjeux économiques et sanitaire sont importants. Il s’agit, en effet chaque année, de huit cent trente millions d’euros de financement associatif, sans aucune obligation de résultat de sortie de l’usage de drogue…

L’Etat se retrouve de fait dans l’incapacité de reconnaitre les limites thérapeutiques d’un modèle qu’il finance depuis tant d’années. La cour des comptes devrait se pencher sur ce sujet et proposer après étude du secteur de nouvelles orientations…

Une question très importante me semble pertinente, combien de toxicomanes ou (pardon) d’usagers de drogues, sortent ils, chaque année, de l’usage de leurs drogues et deviennent abstinents de tout produit modifiant leur comportement ?

L’état finance depuis des années un secteur qui peine à évoluer, à s’interroger sur son modèle thérapeutique et où la réduction des risques est la Doxa officielle. C’est probablement faire preuve d’humanisme que d’exprimer de telles inquiétudes lorsqu’on dirige une association, car que deviendraient tous ces professionnels engagés avec autant d’énergie dans l’accompagnement plutôt que dans la sortie de l’usage ?

Il est compréhensible que la sortie de l’usage et le sous déploiement de certains modèles thérapeutiques, comme le modèle Minnesota (qui est pourtant une référence partout dans le monde), n’ait le droit de citer que dans trois structures en France. En revanche quelle débauche de structures pour quadriller le territoire national !

348 Centres de soin et de prévention en addictologie, 147 Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques, 570 Consultations jeunes consommateurs avec pour crédo la réduction des risques… Quand l’idéologie est à ce point présente au détriment de la sortie de l’usage on peut s’interroger sur l’utilité de continuer à financer des associations sans leur demander au moins une obligation de résultats…

Peut être que si l’Etat optait pour cette contrainte le secteur commencerait à nouveau à penser le soin plutôt que de s’enfermer dans l’idéologie ?

Dans un secteur qui a de fait une délégation de service publique, sans en avoir les obligations en matière de devoir de réserve, pouvons-nous imaginer de recentrer son activité sur le soin et donc la sortie de l’usage plutôt que sur le débat sur la légalisation de certaines drogues ?

Pouvons-nous raisonnablement rééquilibrer l’approche thérapeutique en développant des centres de traitement sur le modèle Minnesota qui est la norme validée scientifiquement partout dans le monde ?

Espoir du Val d’Oise (EDVO) est une structure non médicalisée qui, pour un coût journalier de 30 euros, permet à une cinquantaine d’ex-usagers de se reconstruire pendant un an. Quatre personnes sur 5 restent abstinentes à l’issue de ce parcours de soin. Son modèle thérapeutique est inspiré du modèle Minnesota.

Le coût d’entrée d’un usager dans un des 348 CSAPA est en moyenne de 200 euros, dans une salle de consommation à moindre risque de 75 euros. Ces structures ne communiquent pas sur leurs résultats en matière d’abstinence…

En France, seules trois structures sont inspirées d’une approche Modèle Minnesota, malgré l’efficacité et le coût nettement moins élevé que celui d’une approche médico-sociale… Derrière ce constat c’est la question de la médicalisation du soin qui est clairement posée.

Dans un centre de traitement les médecins désintoxiquent les patients et passent le relais à des thérapeutes eux même anciens patients en rétablissement chez Narcotiques Anonymes ou Alcooliques

Anonymes…La thérapie de groupe est la norme et le groupe est un puissant thérapeute. Les groupes Narcotiques Anonymes et Alcooliques Anonymes sont présents bénévolement dans tout le parcours de soin.

Que chacun retrouve sa place, les soignant dont le métier est de soigner et non pas de débattre sur la légalisation du cannabis ni sur la décriminalisation de l’usage de drogues.

Les usagers qui sont en droit d’avoir accès à une offre de soin équilibrée, où la sortie de l’usage ne soit pas l’exception, plutôt que l’infliction de traitements de substitutions au long cours.

Les politiques, les élus, dans un continuum de solutions concrètes étudiées et validées au niveau international, doivent prendre en compte les demandes des riverains qui n’ont pas à subir d’implantation de structures sans concertation.

Les usagers de drogues ont le droit de se soigner en apprenant à vivre sans drogues !

J’ose espérer que le soin l’emporte sur l’idéologie et que la raison l’emporte sur le militantisme avec une offre de soin plurielle et équilibrée.

Pourquoi l’alcool, les drogues et la conduite ne font pas bon ménage

Jean-François Giraud 7 janvier 2022Addictions et conduite

©DedMityay

Malgré les campagnes de prévention et les mesures répressives, la conduite sous alcool ou stupéfiants est encore très répandue en France. L’alcool est en cause dans un accident mortel sur trois. Les stupéfiants représentent 21% des cas d’accidents aux conséquences irréversibles. Jean-François Giraud est allé à la rencontre de deux professionnels travaillant dans la recherche ou auprès de personnes dépendantes aux addictions. La consommation de drogues et d’alcool varie selon les personnes

Les jeunes plus particulièrement addicts

Arnaud Carré est enseignant et chercheur en psychologie à l’université de Savoie à Chambéry. Selon lui, le public le plus consommateur de produits illicites est celui des adolescents et des jeunes adultes. Un âge où l’on cherche à repousser ses limites, à voir de quoi l’on est capable. Consommer des stupéfiants, c’est aussi défier l’autorité parentale ou sociétale.

Suivre l’influence des copains est également une tendance très répandue. Selon Arnaud Carré, les parents ne doivent pas chercher à réprimer leurs jeunes ados mais plutôt à dialoguer et si besoin, demander de l’aide auprès de spécialistes (éducateurs, psychologues, médecins). Cette période de transgression peut être brève mais peut également s’installer dans le temps. C’est alors plus compliqué de s’en sortir mais des solutions existent pour permettre aux jeunes de décrocher. 

Aucune addiction ne peut faire bon ménage avec la conduite

Anne-Sophie Badin est chargée de prévention au sein de l’association chambérienne, Le Pélican. Cet organisme accompagne les publics qui souhaitent décrocher de leurs addictions. Elle connait bien les effets que chaque drogue peut avoir sur la conduite automobile : somnolence, perte de connaissance ou excitation incontrôlée. Encore plus dangereux, ce sont les mélanges entre différentes drogues ou accompagné d’alcool. Les effets ne s’additionnent pas mais se multiplient ! Une notion qui n’est pas forcément connue des consommateurs. Le gaz hilarant

©Steeve Medle

Le gaz hilarant de plus en plus consommé

Le gaz hilarant, nouveau venu dans la planète « addictions »

Une autre drogue a fait son apparition depuis quelques années : le protoxyde d’azote. Ce gaz hilarant est en vente libre puisqu’il entre dans la composition de ces petites cartouches qui permettent de faire de la crème chantilly. En inhalant ce gaz, on obtient un effet immédiat de bien-être et d’euphorie. De quoi déclencher des rires incontrôlés durant une minute ou deux. L’effet retombe immédiatement mais on peut évidemment recommencer l’opération.

D’apparence anodine, le protoxyde d’azote a pourtant des effets aussi dangereux que la cocaïne ou le LSD. Perte d’attention et de la maitrise de soi. On imagine largement les conséquences négatives sur la conduite automobile ! A l’automne dernier, une jeune fille de 20 ans ayant pris du gaz hilarant en conduisant, a traversé le rond-point de l’Arc de Triomphe à Paris. Après plusieurs tonneaux, sa voiture a terminé sa course en percutant cinq piétons. C’est tout de suite moins drôle !

Source

La drogue en Corse

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