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Date

22 juillet 2019

Le cannabis rendrait-il les hommes stériles ?

Journal International de Médecine – Publié le 20/07/2019

La consommation de cannabis et de ses dérivés augmente au niveau mondial, et elle touche notamment des hommes en âge de se reproduire. Comme par ailleurs des inquiétudes se sont faites jour sur le plan de leur fertilité qui diminuerait globalement au moins dans le monde occidental, la relation éventuelle entre les deux phénomènes mérite d’être explorée – ce qu’a fait tout récemment une équipe de chercheurs américains sur base de la littérature disponible.

Leur recherche a porté sur les articles identifiables via Pulmed/Medline. En ce qui concerne l’altération de la fertilité masculine par le cannabis, les éléments de preuve les plus importants ont été trouvés dans le domaine des caractéristiques du sperme. Ainsi, les données actuellement disponibles plaident pour un effet réducteur du cannabis sur le nombre de spermatozoïdes et leur concentration, une induction d’anomalies de leur morphologie, ainsi qu’une diminution de leur mobilité, de leur durée de vie et de leur capacité à féconder un ovule.

Des modèles animaux ont démontré un effet du cannabis sous la forme d’une atrophie testiculaire ainsi qu’une diminution de la libido et de la fonction sexuelle. Cependant, ces résultats n’ont pas (encore) été reproduits dans des études humaines.

A prendre en compte sur le plan thérapeutique

D’autres études portaient sur les éventuelles modifications hormonales. Leurs résultats pointaient en direction d’une diminution des taux de testostérone et de LH ainsi que d’une absence d’effet sur le taux de FSH, mais sans aboutir à des conclusions définitives.

Pour les auteurs de cette revue, cette dernière suggère un impact négatif du cannabis sur la fertilité masculine. Cependant, des études complémentaires chez l’homme doivent encore valider les résultats certains qui ont été obtenus dans des modèles animaux. En attendant, concluent-ils, les médecins doivent garder à l’esprit cette possible nocivité du cannabis (y compris de ses dérivés thérapeutiques) sur la fertilité masculine, parmi d’autres facteurs possibles.

Pas d’effet réellement démontré sur la libido

Rappelons que le système endocannabinoïde est réactif aux composés contenus dans le cannabis, les plus connus étant le THC et le cannabidiol. Le système se trouve non seulement dans le cerveau mais également à différents endroits de l’organisme. Il intervient dans la régulation de nombreux comportements et fonctions physiologiques. La fonction sexuelle, notamment via le cerveau (y compris l’axe hypothalamo-hypophysaire), les organes et les hormones sexuelles peuvent également influencer ce système. Enfin, en ce qui concerne la libido, d’autres études antérieures ont abouti à des résultats divergents. Il est d’ailleurs possible que le cannabis ait un effet favorable sur la libido et sur la fréquence des rapports sexuels, par la désinhibition et la diminution de l’anxiété qu’il peut induire, mais rien n’est clairement prouvé, tant le risque de biais par des facteurs confondants est élevé.
Dr Claude Leroy

RÉFÉRENCE

Payne KS et coll.: Cannabis and Male Fertility: A Systematic Review. J Urol. 2019. Publication le 27 mars 2019.

Près d’un quart des accidents mortels est dû à l’alcool, la drogue ou les médicaments

Sur autoroute, le plus grand danger n’est pas la vitesse : alcool, drogues et médicaments, ainsi que la somnolence et la fatigue, ont été parmi les principales causes d’accidents mortels en 2018, selon un bilan de l’Association française des sociétés d’autoroutes (ASFA) publié vendredi.

Somnolence et fatigue, restent également des facteurs majeurs, relevés dans près d’un accident mortel sur cinq (18,6
%), même s’ils reculent par rapport à 2017 (25,3
%).

Somnolence et fatigue, restent également des facteurs majeurs, relevés dans près d’un accident mortel sur cinq (18,6 %), même s’ils reculent par rapport à 2017 (25,3 %).

L’an dernier, 157 personnes ont perdu la vie dans 140 accidents, soit neuf tués de moins qu’en 2017, a recensé l’ASFA, qui regroupes les concessionnaires privés gestionnaires de 9.180 des 12.000 kilomètres d’autoroutes françaises.

Depuis près de vingt ans, le nombre de morts ne cesse de reculer sur les autoroutes, qui sont de loin le réseau routier le plus sûr (1,4 accident pour un milliard de kilomètres parcourus en 2018).

Mais l’alcool, les drogues et les médicaments, impliqués dans près d’un quart (22,9 %) des accidents mortels en 2018, y font un retour « préoccupant » ces dernières années.

« C’est un phénomène qu’on constate depuis deux ans : alors qu’il y avait une tendance à la diminution de ces accidents depuis longtemps, on assiste à une remontée très claire, très nette et préoccupante », souligne le directeur général de l’ASFA, Christophe Boutin.

Ces infractions se font parfois dans des proportions inquiétantes : sur la période 2014-2018, trois conducteurs alcoolisés sur cinq présentaient une alcoolémie deux fois supérieure à la limite autorisée.

Somnolence et fatigue, restent également des facteurs majeurs, relevés dans près d’un accident mortel sur cinq (18,6 %), même s’ils reculent par rapport à 2017 (25,3 %).

Le sujet est d’autant plus sensible durant les vacances d’été, où le trafic sur autoroutes augmente d’environ 25 % et où certains automobilistes privilégient les départs nocturnes pour éviter la chaleur et les bouchons.

« Une grande part des accidents liés à la somnolence se produit dans le créneau horaire 6h-8h pour une raison simple : si vous êtes en train de conduire à une heure où vous êtes habituellement en train de dormir, il y a de fortes chances que le naturel reprenne le dessus », rappelle Christophe Boutin. Pour lui, « décaler son horaire de départ, c’est souvent un calcul dangereux ».

La vitesse excessive n’était impliquée que dans 12,1 % des accidents mortels en 2018, moins que les « distracteurs d’attention » que sont les smartphones, GPS et autres tablettes, dont l’omniprésence dans les voitures alarme.

Les accidents mortels dus à l’inattention augmentent d’année en année (13,6 % en 2018, contre 11,3 % en 2017) « et il y a certainement une sous-comptabilisation de ces accidents », estime M. Boutin.

« C’est une cause qui n’est pas facile à détecter. Autant avec l’alcool, les drogues ou la vitesse, on a des preuves physiques de la cause, autant sur l’inattention, un conducteur préférera souvent dire “j’étais perdu dans mes pensées” plutôt que “j’étais en train de taper un SMS”, explique-t-il.

« C’est un problème générationnel », ajoute-t-il, redoutant « un risque qui va aller croissant ».

Ces « distracteurs » viennent aggraver le lourd tribut payé par les jeunes, adeptes des comportements à risques : les conducteurs âgés entre 18 et 34 ans représentent 18 % du trafic autoroutier mais sont impliqués dans 30 % des accidents mortels.

Les jeunes sont notamment présents dans la moitié des accidents mortels liés à la vitesse, dans la moitié de ceux avec manœuvres dangereuses (dépassement par la droite, non-respect des distances de sécurité…), ainsi que dans deux accidents sur cinq liés à l’alcool, drogue et médicaments.

Enfin, 2018 a marqué une légère accalmie pour les patrouilleurs autoroutiers, qui comptent 11 blessés dans 132 accidents. L’année 2017, marquée par la mort d’un agent et 14 autres blessés dans un total de 187 accidents, avait été noire pour les hommes en jaune.

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