Les lycéens avertis des effets du cocktail alcool et volant

Durant une journée, cinq terminales de Sonia-Delaunay ont sensibilisé leurs camarades sur la consommation d’alcool et ses conséquences.

Ne vous inquiétez pas madame, je sais me gérer. J’ai l’habitude. Avec trois verres, je ne serai pas saoul. Je suis capable de faire telle ou telle chose. Ces refrains, Christelle Bergère y est habituée. Le lundi matin, elle est susceptible de les entendre quand elle reçoit, à l’infirmerie du lycée Sonia-Delaunay, des élèves se plaignant de maux de tête.
Et généralement, l’origine de ces symptômes ne reste pas longtemps secrète : l’alcool qui a coulé à flots le samedi soir et dont les effets néfastes jouent la prolongation. 
Sur quatre classes de terminale, 65 % des élèves avouent boire souvent (soit au moins deux ou trois verres par semaine) ; 15 disent boire occasionnellement et 20 sont abstinents.
Le résultat d’une étude menée par Eva Dézert, Eva Hérisson, Fiona Wojdowski, Pauline Flourez et Tatiana Ségulin, dans le cadre de leur baccalauréat Accompagnement soins et services à la personne (ASSP), et supervisée par Christelle Bergère et Audrey Ardouin, professeure de sciences et techniques médico-sociales. Au niveau national, l’Enquête sur la santé et les consommations lors de l’appel de préparation à la défense (Escapad) pilotée en 2017 a révélé que 66,5 % des jeunes de 17 ans avaient bu de l’alcool dans le mois précédent l’investigation.
L’alcool, facteur d’intégrationDeux façons d’aborder le sujet de la consommation se présentent. « Les garçons en parlent comme une performance, avec le nombre de verres et les types de boissons consommées, explique l’infirmière de l’établissement. 
Les filles sont plus mesurées, mais elles n’ont pas forcément conscience des risques, notamment sexuels. Elles se disent qu’elles seront capables de dire non. Mais elles n’intègrent pas nécessairement le caractère désinhibant de l’alcool qui fait qu’elles ne maîtrisent pas forcément ce qui se passe autour d’elles et leurs corps, jusqu’à arriver à un rapport non consenti. »
Fin janvier, les cinq élèves ont sensibilisé leurs camarades sur les effets néfastes de l’alcool et la conduite au volant sous son empire. Un cours magistral a permis d’évoquer les raisons qui poussent à la consommation. Parmi les motifs avancés : l’envie de s’intégrer et d’appartenir à un groupe. « À cet âge, l’usage d’alcool entre en compte dans le processus de sociabilisation. On veut faire pareil que les autres. Pour discuter plus facilement voire draguer, on boit quelques verres pour se désinhiber. »
Un parcours avec des lunettes reproduisant les effets perçus sous un certain taux d’alcool (0,7 ou 1,4 g/l) et un simulateur de freinage d’urgence ont ensuite permis de passer de la théorie à la mise en situation et ainsi se faire une véritable idée des effets néfastes du verre de trop
.
À entendre les réactions des élèves, cette journée a fait mouche. « La perception que j’avais de l’alcool avant n’était pas négative. Je savais que ce n’était pas bon pour la santé mais c’est tout, indique Fiona.Désormais, je suis bien plus consciente de l’impact que cela peut avoir sur la santé mais également sur le comportement et la vigilance. » Pour Pauline, ce sont surtout les recherches faites en amont de cette intervention qui ont joué un rôle. « Nous avons trouvé quelques articles sur des accidents de la route, et j’ai pu voir beaucoup d’atrocités… » Boire ou conduire, le choix devrait désormais couler de source.

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Cannabis thérapeutique : un homme de 70 ans décède d’une attaque cardiaque

par Mégane Fleury – Publié le 19.02.2019

Le cannabis thérapeutique aurait montré son intérêt dans plusieurs pathologies, mais pourrait néanmoins être néfaste pour les malades cardiaques. 

Canada, Grande-Bretagne, Grèce : chaque année, la liste de pays autorisant le cannabis thérapeutique s’allonge. Mais connaît-on tous les effets de la plante ? Des chercheurs canadiens indiquent qu’elle pourrait être néfaste chez les personnes âgées atteintes d’une maladie cardiaque. Ces derniers l’ont constaté en réalisant une étude de cas sur un homme de 70 ans, malade coronarien, dont les résultats sont publiés dans le Canadian Journal of Cardiology.

Il consomme une sucette au cannabis et fait une attaque 

L’homme de 70 ans consommait du cannabis pour soulager ses douleurs et mieux dormir. Il a fait une attaque cardiaque trente minutes après avoir consommé une sucette infusée au cannabis, qui contenait 90 milligrammes de tétrahydrocannabinol (THC), la substance active de la marijuana.

Une dose jugée inappropriée par les médecins. En guise de comparaison, fumer un joint fait inhaler 7 mg de THC, et les personnes ayant recours au cannabis thérapeutique utilisent en général des doses à 2,5 mg. Cette surconsommation a donné à cet homme des hallucinations et a provoqué de l’anxiété, ce qui a ensuite conduit à l’attaque cardiaque.

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Une conférence sur le désastre des toxicomanies en France

Une conférence sur le désastre des toxicomanies en France se déroulera le jeudi 14 mars prochain dans l’amphithéâtre du Muséum d’Histoire naturelle, à Nantes.

C’est le professeur Jean Costentin qui animera cette conférence.

Jean Costentin est membre des Académies nationales de Médecine et de Pharmacie. Professeur en pharmacologie à la faculté de Rouen, il dirige une unité de recherche de neuropsychopharmacologie associée au CNRS. Président du Centre National de prévention, d’études et de recherches en toxicomanie, le CNPERT, il a publié en 2018 Le désastre des toxicomanies en France.

Ce livre s’applique d’abord à expliquer les mécanismes de l’addiction ; puis il relate, drogue par drogue, l’importance de leur diffusion et de leurs méfaits sanitaires ; il propose enfin diverses pistes visant à contenir le tsunami toxicomaniaque qui ravage notre nation.

Il fait sienne la devise du CNPERT :

« S’il est important de nous préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il l’est plus encore de nous préoccuper de l’état des enfants que nous léguerons à notre planète ».

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L’ALCOOLISATION DU FŒTUS CONCERNE UNE NAISSANCE PAR JOUR

Sur les 3.207 nouveau-nés atteintes d’un trouble causé par l’alcoolisation fœtale (TCAF), 452 étaient atteints par un SAF, selon l’agence sanitaire Santé publique France. Ce qui ne représente pas moins d’une naissance par semaine. « Ces chiffres sont très sous-estimés compte tenu de la difficulté à diagnostiquer ces troubles en période néonatale et n’incluent pas les diagnostics posés ultérieurement« , prévient l’agence sanitaire.

Il s’agit de la première estimation nationale des troubles causés par l’alcoolisation fœtale chez les nouveau-nés, selon l’agence sanitaire. Les régions où le diagnostic de SAF est le plus fréquent sont « La Réunion, avec 0,36 cas pour 1.000 naissances, soit plus de cinq fois le taux national, la Haute-Normandie et le Nord-Pas-de-Calais (0,21 cas/1.000 naissances chacune)« . A l’inverse, « deux régions (Corse et Franche‑Comté) n’ont déclaré aucun cas« .

Des résultats à interpréter avec prudence, car les régions historiquement concernées comme la Réunion ou le Nord-Pas-de-Calais peuvent être plus performantes sur le diagnostic et l’enregistrement des cas détectés dans la base de données qui a servi à l’étude de Santé Publique France.

L’agence Santé Publique France lancera une campagne de sensibilisation dont le slogan est « Par précaution, zéro alcool pendant la grossesse » le 9 septembre 2018 à l’occasion de la Journée mondiale du SAF. Caroline Marcel-Orzechowski concède en tant que chargée de la campagne que le message d’abstinence totale peut être « difficile à accepter » dans un pays où la consommation d’alcool, et notamment de vin, a une dimension culturelle.
D’où l’importance de ne pas culpabiliser les femmes et d’opter pour une « communication bienveillante« . La campagne « rappelle aux femmes qu’elles ont le libre choix de consommer de l’alcool mais que ça comporte des risques« , fait valoir Caroline Marcel-Orzechowski.

CONSEILS ET RENSEIGNEMENTS. Le site Alcool Info Service mis à disposition par Santé Publique France permet de répondre gratuitement aux questions fréquentes, mais aussi aux questions personnalisées par tchat ou téléphone au 0 980 980 930.

Visibilité du pictogramme sur les bouteilles d’alcool : un débat encore en cours

La lutte contre la consommation d’alcool par les femmes enceintes est l’un des chevaux de bataille de la ministre de la Santé, Agnès Buzyn, qui veut promouvoir le slogan « Zéro alcool pendant la grossesse« . Dévoilé fin mars 2018, le plan santé du gouvernement prévoit d’augmenter « significativement » la taille du pictogramme « interdit aux femmes enceintes » présent sur les bouteilles d’alcool (vin compris) depuis 2007.

Cette mesure doit être prise « en concertation avec l’ensemble des acteurs » pour une mise en œuvre espérée en 2019. Mi-juillet 2018, de grands domaines viticoles avaient estimé que le logo sur les dangers de l’alcool pour les femmes enceintes était une image « mortifère » qui fait du vin un « produit délictueux« , des termes contestés par la ministre. Selon Santé publique France, une prise de conscience a lieu dans la population sur les risques de l’alcool pendant la grossesse.

« De 2015 à 2017, on est passé de 25 à 44% des Français qui savent qu’il y a un risque« , commente François Bourdillon, directeur général de Santé Publique France. « Aujourd’hui, une femme sur dix dit consommer de l’alcool pendant sa grossesse. Notre objectif, c’est de réduire au maximum cette consommation« , ajoute-t-il.

Source Avec AFP

Cannabis : plus de suicides recensés chez les jeunes qui en consomment

La consommation de cannabis chez les jeunes a été associée à un plus fort risque de dépression et de suicide. La dépendance est ici analysée comme un élément déclencheur du mal-être, et non comme la conséquence.

Cannabis : plus de suicides recensés chez les jeunes qui en consommentKATARZYNABIALASIEWICZ / ISTOCK.

La consommation de cannabis chez les adolescents a été associée à un risque accru de dépression et de comportement suicidaire chez les jeunes adultes, selon une méta-analyse publiée dans la revue JAMA Psychiatry.

Ces conclusions ont été tirées sur la base de plusieurs études, comprenant au total    23 317 personnes. Les chercheurs ont analysé le risque de dépression, d’anxiété, d’idées suicidaires et de tentatives de suicide en fonction de la consommation de cannabis.

« Nous avons été assez surpris des taux de suicide »

« L’étude indique que le diagnostic de dépression chez environ 7% des Canadiens et des Américains âgés de 18 à 30 ans est attribuable au cannabis, ce qui signifie que    25 000 jeunes Canadiens et 400 000 jeunes Américains souffrent de dépression en raison d’une consommation antérieure de cannabis« , affirme le Dr Nancy Mayo, co-auteure de l’étude, par ailleurs professeure de physiothérapie et d’ergothérapie.

Si les scientifiques ont fait état d’une association plutôt faible avec l’anxiété, ils ont été surpris par les taux de suicide. « Lorsque nous avons commencé cette étude, nous nous attendions à ce que la dépression soit un facteur attribuable à la consommation de cannabis, mais nous avons été assez surpris des taux de suicide. En effet, un pourcentage important des tentatives de suicide est attribuable au cannabis« , écrivent-ils. « Nous espérons que ces résultats inciteront les organismes de santé publique à appliquer des stratégies préventives pour réduire la consommation de cannabis chez les jeunes », ajoutent-ils.

Les plus gros consommateurs de cannabis en Europe

Les jeunes Français sont les plus gros consommateurs de cannabis en Europe, 21,5% des 16-34 ans ayant déjà essayé. Selon une étude de l’Ifop publiée le 11 juin dernier, « les positions en faveur d’une régulation du marché du cannabis par l’État se situent désormais autour de 50% de la population ».

Le suicide, est, en parallèle, la deuxième cause de mortalité chez les 15-24 ans, juste après les accidents de la route. Malgré une baisse de 26% du taux de suicide entre 2003 et 2014, la France présente, au sein des pays européens, un des taux de suicide les plus élevés derrière les pays de l’Est, la Finlande et la Belgique.

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Melania Trump soutient les jeunes face à la drogue

Paris Match|Kahina Sekkai

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    Melania Trump a récompensé Andrea Marquez lors du forum du CADCA à Oxon Hill, dans le Maryland, le 7 février 2019.

    Mandel Ngan / AFP

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    Melania Trump a récompensé Fatima Rashid lors du forum du CADCA à Oxon Hill, dans le Maryland, le 7 février 2019.

    Mandel Ngan / AFP

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    Melania Trump a récompensé Stevi Johnson lors du forum du CADCA à Oxon Hill, dans le Maryland, le 7 février 2019.

    Mandel Ngan / AFP

Jeudi, Melania Trump est allée à la rencontre de jeunes qui œuvrent au sein d’une organisation de lutte contre la drogue.

Une première sortie en solo depuis la fin du «shutdown». Jeudi, Melania Trump s’est rendue dans le Maryland, dans les locaux du Community Anti-Drug Coalitions of America’s Youth Initiative, à la rencontre des «leaders de demain» qui luttent activement dans la prévention contre la drogue et le combat contre l’addiction, à des échelles locales. Elle a remis des prix à quatre jeunes activistes, venus de Californie, du New Jersey, de l’Oklahoma et du Texas.

Ce déplacement a été réalisé dans le cadre de son initiative «Be Best», qui s’implique notamment dans la crise des opiacés qui frappe les Etats-Unis. Deux jours auparavant, au discours sur l’état de l’Union prononcé par Donald Trump, la First Lady avait d’ailleurs invité Ashley Evans, une ancienne toxicomane qui va bientôt récupérer la garde de sa fille après avoir bénéficié de l’aide d’une association locale de l’Ohio pour sortir de la drogue. Melania Trump s’est ensuite rendue au Bureau de la politique nationale de contrôle des drogues, où elle a assisté à une présentation de la situation actuelle.

«En tant que First Lady, j’ai tenu dans mes bras des bébés souffrant du syndrome d’abstinence néonatal, une conséquence de l’addiction aux opiacés chez les femmes enceintes. J’ai rencontré des mères qui ont perdu leurs enfants à cause de l’addiction à la drogue», a déclaré Melania Trump, qui a voulu envoyer un symbole positif : «La guérison est possible».

Dépendance au cannabis : comment décrocher ?

L’addiction au cannabis touche de plus en plus de jeunes adultes, surtout quand ils ont commencé dès l’adolescence. Aujourd’hui, des consultations spécialisées les aident à décrocher.

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 En 2018, près d’un adulte sur deux a déclaré avoir déjà fumé du cannabis au cours de sa vie, ce qui en fait la substance illicite la plus consommée. Si on parle souvent de drogue « douce », on estime qu’un quart des usagers présentent un risque élevé de dépendance. Les médecins observent également un phénomène inquiétant : l’augmentation de l’âge des consommateurs. Le cannabis ne se limite plus à l’adolescence.

Lorsque la consommation de cannabis devient une addiction et a des conséquences physiques et psychiques, les services d’addictologie peuvent proposer un sevrage. Dans un environnement protégé et entouré de professionnels de santé, en simple consultation ou lors d’un séjour de trois semaines, le patient prend généralement conscience de son addiction et apprend à résister aux tentations.

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Alcoolisme : un gène enfin identifié pour prévenir et traiter la dépendance

Un gène pourrait aider à prévenir et réduire la consommation d’alcool chez les personnes dépendantes.

Alcoolisme : un gène enfin identifié pour prévenir et traiter la dépendance AXELBUECKERT/ISTOCK

Chaque année, 3,3 millions de personnes meurent de l’alcool dans le monde (soit 5,9% de décès selon l’Organisation mondiale de la Santé). Et pourtant, il n’existe à l’heure actuelle que très peu de médicaments efficaces pour traiter l’alcoolisme. Toutefois, la donne pourrait très bientôt changer grâce à des chercheurs américains ayant réussi à identifier un gène qui pourrait servir à développer un nouveau traitement contre cette affliction. L’étude a été publiée vendredi 8 février dans le journal Neuropsychopharmacology.

En travaillant sur des souris, une équipe de scientifiques de l’Oregon Health & Science University (USA) a découvert que quand elle augmentait les niveaux d’un certain gène encodé du nom de GPR39 chez les animaux, cela réduisait leur consommation d’alcool de 50%.

GPR39 qui est un récepteur qui avait déjà été associé à la dépression, explique l’étude. En effet, le taux de concomitance entre troubles alcooliques et troubles de l’humeur est très élevé.

Ainsi, un individu consommant beaucoup d’alcool est 3,7 fois plus susceptible de faire une grosse dépression qu’une personne qui n’en abuse pas. Pour leur étude, les chercheurs ont utilisé une substance disponible sur le marché imitant l’activité de la protéine GPR39.

2 à 3 millions d’alcooliques en France

Désormais, afin de déterminer si le même mécanisme affecte les humains, ils examinent des échantillons de tissus post mortem de cerveaux de gens alcooliques. A terme, leurs découvertes pourraient aider à développer un médicament qui prévient et traite l’alcoolisme chronique ainsi que les troubles de l’humeur.

Car, à l’heure actuelle, il existe très peu de traitement officiellement approuvé pour traiter l’alcoolisme. En France, où 10% des personnes seraient aujourd’hui en difficulté avec l’alcool selon l’Inserm, la plupart des malades sont traités par baclofène.

Pourtant, outre les études affirmant que ce médicament est inefficace, de nombreux patients traités à hautes doses se plaignent régulièrement de ses lourds effets secondaires tels que vertiges, nausées, insomnies et angoisses.

En 2017, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) avait ainsi publié une étude aboutissant à un profil de sécurité « préoccupant » du baclofène lorsqu’il est utilisé à fortes doses chez les patients alcoolodépendants. Aujourd’hui encore, ce traitement continue de faire polémique mais reste privilégié par les spécialistes de l’addiction à défaut de mieux.

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