Les buralistes  prêts à se dévouer pour vendre du cannabis

Par le Professeur Jean Costentin : Président du CNPERT (Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies)

En toute honnêteté au regard de la Loi, les buralistes tirent l’essentiel de leurs revenus de la vente de produits nocifs. Ce faisant, prenant appui sur des dépendances qu’ils installent puis qu’ils s’appliquent à entretenir, ils précipitent nombre de leurs clients, selon les produits vendus, dans la maladie, la marginalisation, la déchéance physique et psychique, la ruine.

Parmi les produits toxiques qu’ils dispensent, citons : le tabac sous formes de cigarettes ; ou de tabac brut (à fumer dans une pipe ou à rouler) ; le tabac à priser (qui n’est plus guère prisé) ; le tabac à chiquer (plus assez chic pour perdurer) ; le papier à cigarettes, dont la version grand format n’a d’existence que pour fabriquer des « pétards » (cigarettes de chanvre indien / marijuana). Par surcroît de nombreux buralistes tiennent également un débit de boisson qui leur permet de dispenser aussi des tasses de café (drogue bien vénielle, mais drogue tout de même) ; des boissons alcooliques consommées sur place (vins, bière, pastis, whisky et autres spiritueux…).

Pour mémoire, rappelons que leur négoce est responsable, chaque année en France, de 79.000 morts avec le tabac et contribue aux 49.000 morts imputés à l’alcool.

Ces buralistes font aussi dans les produits des jeux, générateurs de dépendance. Ces produits peuvent, sinon mener à la ruine, du moins entretenir un état de pauvreté chronique ; ils s’adressent à des personnes qui mobilisent leurs maigres ressources sur le mode « en carrosse ou en galoche ». De plus aisées, peuvent être précipitées dans le dénuement, par ces agresseurs que sont les billets de la loterie nationale et autres produits de « la Française des jeux » : jeux de grattage ; le Cash, à 5 € le billet ; L’Euromillion à 2 € le billet ; le Loto  à 2 € le billet ; L’Amigo, qui a remplacé le Rapido,  (jeu en ligne avec des tirages à haute fréquences)…

Cette propension des buralistes à surfer sur les faiblesses humaines avec leurs pitoyables conséquences ne leur suffit plus, puisqu’ils se déclarent maintenant prêts à vendre du cannabis.

On doit continuer de leur interdire la vente des cigarettes électroniques/e-cigarettes et leurs recharges de nicotine*. La vente de ces produits est interdite aux mineurs, car ils constituent un mode d’entrée dans la dépendance nicotinique. Or nombre de buralistes ne respectent pas l’interdiction de la vente de cigarettes aux mineurs, on ne peut donc leur faire confiance avec cette alternative à la cigarette. De plus il serait malencontreux que l’acheteur d’une recharge de nicotine soit confronté à l’exposition des paquets de cigarettes dont il essaie de se détacher…

Dans l’opprobre on peut toujours faire pire ; leur demande d’être autorisés à vendre du cannabis en est une illustration. Savent-ils bien que la toxicité du cannabis l’emporte de loin sur celle du tabac ?

Ils devraient tout au contraire diversifier leur commerce pour atténuer le poids des drogues qu’ils dispensent et qu’ils vont devoir réduire. Leur négoce devrait s’ouvrir à bien d’autres produits d’une parfaite innocuité.

De grâce qu’ils n’aggravent pas leur image altérée par les drames auxquels ils contribuent, en leur ajoutant ceux du cannabis.

*« Le désastre des toxicomanies en France » J. Costentin, Ed. Docis 2018

 

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Ce n’est pas « l’abus d’alcool » qui est dangereux, c’est l’alcool !

Une unité d’alcool représente 10g d’alcool pur, quelle que soit la boisson, pour un verre servi au bar ou au restaurant. A la maison, chez les amis, les doses peuvent être beaucoup plus généreuses !
Pour se faire une idée, sachez que une unité d’alcool correspond à :

Un demi de bière ou une bolée de cidre
Un verre de rosé, de sangria, une coupe de champagne (10cl)
Un apéritif (6 cl de porto, vermouth par ex.) à 20 degrés
Une dose (3cl) de whisky, de gin à 40 degrés
Une dose (2cl) de pastis ou de cognac, vodka à 45 degrés

L’eau, la glace pilée, le soda ou le jus de fruit que l’on ajoute ne changent pas la dose d’alcool.

Ex. Le mojito, c’est une dose de rhum
Un Bellini, une dose de champagne
Une vodka orange, une dose de vodka

Si le diluant est aussi alcoolisé, les unités s’additionnent

Un Spritz, une dose de prosecco (vin pétillant) et une dose d’apéritif
Un Manhattan, deux doses de whisky et une dose d’apéritif
Une margarita, deux doses d’alcool fort

Des repères par bouteille

Amusez-vous à compter un lendemain de fête :
Une bouteille de vin =7 unités
Une canette de bière à 5° = 1,5 unités ; Attention, la même canette à 10° = 4 unités
Une bouteille de whisky ou de digestif à 40° = 22 unités
Une bouteille de pastis à 45° = 25 unités

Que dit L’Organisation Mondiale de la Santé ?

pour les femmes, un maximum de 2 unités par jour
pour les hommes, un maximum de 3 unités par jour
Pas plus de 4 unités en une seule occasion
Au moins un jour par semaine sans alcool

Cas particuliers

0 alcool pour les enfants, même au mariage de la cousine !
Pour les femmes 0 alcool durant la grossesse et l’allaitement
Si vous êtes malade, sous traitement abstenez-vous

Alors, si vous avez forcé sur le rosé, pensez aux mocktails, au thé glacé, aux smoothies et autres jus, c’est toujours du sucre, mais sans alcool. Si c’est difficile, pensez à vous faire aider.

Source

 

Cannabis : Bernard Kouchner pérore chez Thierry Ardisson

Par Jean Costentin

Il y a quarante ans, ma grand-mère me disait : « Il n’y a que les sots qui ne changent pas. »

À cette époque, le journal Libération publiait « l’appel du 18 joint », requérant (déjà) la légalisation du cannabis. Parmi ses signataires figurait un certain Bernard Kouchner ; il précisait qu’il était médecin, pour faire ressortir sa position à contre-emploi. Les déjà lointaines fumées des barricades de Mai 1968 continuaient d’intoxiquer quelques esprits vulnérables. L’écrivain Marcel Jouhandeau conseillait à ces-héros (liaison facultative) des barricades : « Rentrez chez vous, dans dix ans vous serez tous notaires. » Visionnaire, mais dans l’euphémisme, car ces révolutionnaires d’opérette allaient prospérer, au-delà du notariat, comme patrons de grandes sociétés (Nouvelles Frontières, FNAC, etc.) et même comme ministres : Moscovici, Mélenchon.

N’oublions pas Kouchner : ne fut-il (en deux mots) pas élevé plusieurs fois à la dignité de secrétaire d’État, mais aussi de ministre (Santé, Affaires étrangères…). Son affrontement au « trou de la Sécu » lui valut le surnom de « Bernard Coûte cher ». II s’est auto-glorifié d’avoir été l’instigateur des « salles de shoot » pour les toxicomanes.

Épaulé par Nicole Maestracci, ex-secrétaire du Syndicat de la magistrature, ascendant trotskiste, placée à la tête de la « Mission interministérielle de lutte (sic) contre les drogues et toxicomanies » (MILDT), il a commandité avec elle au professeur Roques un rapport comparatif sur les drogues. Ils avaient découvert en cet universitaire, pharmacien, éminent chimiste, une expertise extemporanée sur les drogues et toxicomanies.

Leur commande était implicitement d’affirmer que le cannabis était moins dangereux que le tabac et l’alcool ; raison évidente de ne pas continuer à l’interdire. Usant d’arguments partiels et partiaux, à partir de critères de dangerosité personnels et biaisés, la commande fut vite honorée et les médias lui réservèrent un accueil enthousiaste. À la fumée du tabac qui s’élève des salles de rédaction et des studios s’ajoutent souvent des vapeurs d’alcool et l’odeur du shit.

Une autre commande était passée à l’INSERM, pour établir un bilan sur le cannabis, mobilisant le sérieux de cet Institut national des sciences et de la recherche médicale. Les personnes auditées avaient été choisies pour être majoritairement favorables à la légalisation du cannabis. Si quelques-uns, d’un avis contraire, ont pu l’exprimer, la rédaction finale a éteint leurs voix. Heureusement, le législateur, au moment de trancher ce sujet, en dépit du réconfort apporté par les rapports commandités, a eu la main tremblante ; l’autre majorité politique qui lui a succédé a quelque peu rafraîchi ces esprits en ébullition…

Quarante ans après cet « appel du 18 joint », Bernard Kouchner, dans une émission télévisée d’Ardisson sur C8 (3 juin 2018), a voulu prouver qu’il était épargné par la maladie d’Alzheimer en ressortant ses anciennes antiennes. Péremptoire, affirmatif, suffisant, pontifiant, poncifiant, il est apparu fixé au stade cannombilical. Il n’a rien appris ni rien compris sur ce grave sujet sanitaire, social, sociétal. Il n’a, bien sûr, fait aucune référence aux multiples études toxicologiques, pharmacologiques, cliniques, épidémiologiques qui se sont accumulées. Le temps, pour lui, s’était arrêté il y a quarante ans. Il me revenait, avec émotion, la définition des sots de ma défunte grand-mère.

Les autres invités de l’émission demeurèrent bouche bée, ils se couchèrent, sans nerf ; nul n’osa contester cette sommité fleurie, coiffée d’une canitie sans calvitie. Seul l’avocat Gilles-William Goldnadel exprima une discrète réserve. Si B.K. (comme le bacille au même acronyme) avait alors excipé de son diplôme de médecin, cela aurait justifié une protestation auprès du Conseil de l’ordre pour incitation à des comportements nuisibles à la santé (ce qui peut faire encourir une interdiction d’exercer la médecine).

J’ai des scrupules à résumer sa très riche carrière à cette saillie déplorable, mais elle a déjà provoqué beaucoup de drames. Si, par malheur, ses recommandations étaient suivies, plus grand-chose de ses œuvres n’aurait grâce à mes yeux.

2 verres d’alcool par mois pendant la grossesse suffiraient à réduire le QI de votre enfant

Futures mamans, soyez vigilantes avec l’alcool que vous consommez, même si vous pensez déjà l’être ! D’après une nouvelle étude de chercheurs allemands, même deux verres d’alcool par mois pendant votre grossesse peuvent avoir un impact sur le quotient intellectuel de votre bébé.

Les scientifiques de l’Université de l’Hôpital d’Erlangen, en Allemagne, se sont intéressés à 500 nouveaux-nés et plus particulièrement à leur taux d’éthylglucuronide , une molécule qu’on retrouve dans le foie quand il assimile de l’alcool.

Ils ont ensuite déterminé quel taux correspondait aux enfants dont les mères avaient bu environ deux verres par mois, et ils se sont aperçus, 6 ans plus tard, que les enfants qui avaient les taux d’éthylglucuronide les plus élevés avait un quotient intellectuel 4 points plus bas que ceux des enfants de mères qui ne consommaient jamais d’alcool.

Plus le taux augmente, plus le QI diminue, de même que les capacités de concentration de l’enfant.

Coffee-shops : le ministère de la Justice demande aux parquets de sévir

Les gérants de ces magasins ont exploité un flou juridique sur la teneur en THC, une pratique à laquelle la garde des Sceaux veut mettre fin.

Dans une note que franceinfo s’est procurée, le ministère de la Justice demande aux procureurs de poursuivre « avec une particulière fermeté » les responsables de boutiques vendant des produits dérivés du cannabis.

Cette note a été envoyée lundi 23 juillet par le directeur des affaires criminelles et des grâces pour mettre fin à la floraison des coffee-shops un peu partout en France.

Les gérants de ces magasins ont exploité un flou juridique, prétextant qu’ils pouvaient vendre des produits dérivés du cannabis à condition que leur teneur en THC (delta-9-tétrahydrocannabinol) soit inférieure à 0,20%.

Plusieurs coffee-shops déjà fermés à Paris, Bordeaux ou Dijon

Or, rappelle la note, cette teneur autorisée de 0,20% « s’applique à la plante de cannabis et non pas au produit fini qui en serait issu ». La plante est utilisée dans le bâtiment et le textile (sous forme de fibres contenues dans les tiges) ou dans l’alimentation (sous forme de graines).

Par conséquent, de nombreux coffee-shops sont dans l’illégalité. Ceux qui sont encore ouverts devraient fermer leurs portes rapidement.
Plusieurs établissements ont déjà été fermés ces dernières semaines, notamment à Paris, Bordeaux ou Dijon, et certains de leurs dirigeants mis en examen.

Source FranceInfo

Cannabis : attention à l’intoxication chez l’enfant

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L’augmentation du nombre de cas d’enfants intoxiqués après avoir ingéré du cannabis, surtout sous forme de résine, doit attirer l’attention sur ce risque réel.

En 2015, l’Agence française du médicament avait conduit une enquête qui recensait 140 enfants intoxiqués au cannabis sur la période 2010 – 2014 (cinq ans), dont neuf qui avaient dû être hospitalisés dans un service de réanimation. A la suite de plusieurs cas graves, une nouvelle enquête a été réalisée et elle montre une augmentation sensible du nombre de cas recensés (sans parler de ceux qui ne le sont pas) : 194 intoxications entre 2015 et 2017 (trois ans).

Des conséquences graves

Cette seconde étude met aussi en évidence une proportion plus importante d’enfants pris en charge pour un coma, une complication respiratoire sévère ou des convulsions. L’ingestion de cannabis sous forme de résine arrive en tête des causes d’intoxication. Les cas d’enfants hospitalisés en réanimation ont nettement augmenté : 13% contre 7% dans l’enquête précédente. Au moins cinq enfants ont été intubés, avec une assistance respiratoire prolongée. On notera que certains enfants ont été conduits aux urgences plus de 24 h après l’ingestion. Les explications avancées par les parents portent sur la crainte de la stigmatisation ou des conséquences légales.

Comme l’explique la revue médicale Prescrire, en cas de consommation de cannabis dans l’entourage d’un enfant, il est indispensable de tenir le produit hors de sa portée. Cela paraît évident, mais les cas d’intoxication montrent que cette nécessité n’est pas respectée par tous.

Les symptômes possibles d’une intoxication ? Pupille dilatée, baisse du tonus musculaire, trouble de l’équilibre et des mouvements, hypothermie, tachycardie (rythme cardiaque trop rapide), dépression respiratoire, voire coma. Au moindre signe d’alerte, il est crucial de contacter immédiatement un service d’urgence.

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Alcool et tabac : une réduction moyenne de leur consommation diminuerait considérablement la mortalité par cancer

Une nouvelle étude sur 20 ans démontre pour la première fois l’efficacité d’une réduction moyenne de la consommation d’alcool et de tabac sur le taux de mortalité par cancer. Une pierre dans le jardin du gouvernement.

Alcool et tabac : une réduction moyenne de leur consommation diminuerait considérablement la mortalité par cancerWAVEBREAKMEDIA/ISTOCK


Des chercheurs du Centre for Alcohol Policy Research (CAPR), en Australie, ont montré qu’une réduction de la consommation de tabac et d’alcool permettrait de diminuer considérablement les décès par cancer à l’échelle d’un pays.L’étude, publiée dans le Journal de l’American Medical Association, prolonge une étude publiée l’an dernier par le Dr Jiang et ses collègues qui avaient constaté que la réduction de la consommation d’alcool réduirait les taux de cancer du foie, de cancer du pancréas et de cancers ORL.

Une relation linéaire

Les chercheurs ont utilisé des données de santé et de consommation de ces produits remontant jusqu’aux années 1930 pour établir le lien entre les taux de tabagisme et de consommation d’alcool et la mortalité par cancer à l’échelle de la population.

Et il apparaît que fumer 500 grammes de tabac en moins par habitant et par an réduirait de 8% le nombre total de décès par cancer sur 20 ans. De même, boire trois litres d’alcool en moins par habitant et par an réduirait de 12% le nombre total de décès par cancer sur 20 ans. C’est 24 paquets de cigarettes et 40 bouteilles de vin par an.

Une preuve de l’impact sanitaire

Le Dr Jason Jiang, auteur principal de l’étude, a déclaré qu’il était important de comprendre l’impact considérable de cette étude sur la santé publique.
« Nous savions qu’il existait un lien étroit entre la consommation d’alcool et de tabac et le risque de cancer, mais peu d’études avaient examiné l’impact à l’échelle d’un pays », a déclaré le Dr Jiang. « Nous avons maintenant la preuve des avantages à long terme pour la santé d’adopter une approche collective pour réduire le tabagisme et la consommation d’alcool ».

Les politiques doivent passer à l’action

Contrairement à ce qui se passe en France, où des discussions sans fin au plus haut niveau de l’Etat sur la toxicité de l’alcool contenu dans le vin désespèrent les spécialistes, les décideurs politiques doivent désormais cesser de ménager les lobby des alcooliers.

Il est temps de passer les messages indispensables de santé publique sur le risque de cancer associé à une consommation de tabac et d’alcool : en réduisant la consommation d’alcool et de tabac, ce serait près d’un cancer sur 5 qui pourrait être évité !

Un manque de volonté sur le vin

Les preuves que l’alcool et le tabac augmentent le risque de décès avec 8 types de cancers sont désormais largement établies. L’alcool du vin n’est pas moins toxique que l’alcool de la bière ou du cognac. Même si nombre d’études suscitées par le lobby du vin disent le contraire.

Les politiques doivent travailler avec les acteurs de santé publique pour minimiser les effets néfastes sur la santé de ces comportements qui sont donc réellement à risque.

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