Soirée théâtrale de l’EDVO

Nos lecteurs connaissent bien notre ami  Jean- Paul Bruneau , Président de l’ EDVO, association qui accueille et prend en charge des toxicomanes.

Il nous demande aujourd’hui de signaler une pièce de théâtre organisée par le Lions Club au profit de son association.

C’est bien volontiers que nous relayons l’annonce de ce spectacle en lui souhaitant un grand succès

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Confucius contre la toxicomanie

L’ouverture d’un Institut Confucius dans un centre de désintoxication obligatoire de Jinan, la capitale provinciale, a lancé un débat sur la façon dans la philosophie antique chinoise peut aider à traiter la toxicomanie.

Le confucianisme prône des valeurs, comme les liens familiaux, les devoirs filiaux et le respect mutuel, dont les autorités pensent qu’elles pourraient avoir un impact positif sur les personnes en cours de traitement.

Selon Wang Daqian, le secrétaire général de la China Confucius Foundation à l’origine de l’Institut Confucius : « Le confucianisme aidera les toxicomanes à renforcer leur confiance dans la désintoxication et à rebâtir leur monde spirituel ». Les autorités espèrent que cette philosophie antique aidera les toxicomanes à changer leurs perceptions et leurs comportements, afin qu’ils puissent « se débarrasser complètement de leur addiction à la drogue et réintégrer la société ».

Dans une salle de lecture de l’Institut, les toxicomanes peuvent étudier autours d’une longue table. Un portrait de Confucius est accroché au mur, avec deux rouleaux présentant des inscriptions prônant la bonne humeur, l’amour, le respect, la frugalité et l’humilité.

L’un des toxicomanes explique : « En dehors de la lecture, il est également possible d’apprendre la calligraphie. Plus on apprend, plus on peut ressentir une sensation profonde de calme. »

La calligraphie nécessite des gestes méticuleux et attentifs. Selon Cui Dongzheng, le directeur adjoint du centre, elle peut aider à « purifier l’âme des toxicomanes ».

A Jining, dans l’Institut Confucius d’un autre centre, les toxicomanes ont accès à des salles de classe, une bibliothèque et un centre de calligraphie. Le centre incorpore la culture confucéenne de « toucher émotionnellement ».

Un toxicomane de 24 ans, nommé Zhang, a dans ses mains Les Entretiens de Confucius. Il raconte : « Depuis que j’ai quitté l’école, je n’avais jamais retouché à un livre et je pensais que ce n’était pas si grave de prendre de la drogue. Aujourd’hui, je vois le mal que ça fait et je suis déterminé à m’en débarrasser. »

Sui Shanjian, le directeur du centre, estime qu’il est facile pour les toxicomanes d’arrêter la drogue « physiquement », mais difficile d’arrêter « psychologiquement » : « Il est courant de voir les toxicomanes replonger après leur cure de désintoxication. »

Mais le confucianisme – qui prône l’introspection et la responsabilité – construit de manière effective un « mécanisme d’impulsion », qui aide les anciens toxicomanes à éviter la drogue.

Une série de concours de calligraphie, de conférences culturelles et de concours d’élocution ont été organisés dans le centre, renforçant la volonté des patients de se débarrasser de leurs addictions.

Grâce à l’éducation confucéenne, de nombreux anciens toxicomanes sont devenus plus confiants et moins violents.

« Certains toxicomanes ne pesaient que 45 kg, lorsque nous les avons reçus. Mais après deux à trois mois d’une telle éducation, beaucoup ont repris du poids », explique un responsable.

Avec plus de trois millions de toxicomanes recensés, la Chine doit faire face à la lourde tâche de combattre la toxicomanie, explique Qi Yan’an, le directeur adjoint du Département de la Justice du Shandong.

Pour Wang Daqian, derrière chaque toxicomane, il y a « un manque d’amour et de responsabilité ».

« Comme le dit un proverbe chinois :  »Il est facile d’attraper le voleur dans les montagnes, mais il est plus dur d’attraper le voleur dans son cœur. » J’espère que les toxicomanes en cure de désintoxication pourront apprendre la culture traditionnelle, afin de cultiver leurs propres valeurs et de devenir une bonne personne pour leurs familles et notre société. »

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Ardèche : Le succès de son miel bio était dû à la plantation de cannabis de son voisin

850 pots sur liste d’attente : Rémy P est un apiculteur dépassé par son succès, où plutôt était car sa production vient d’être stoppée net par les autorités ardéchoises. Son miel contenait en effet une quantité importante de THC (tétra-hydro-cannabinol), le composé psycho-actif du cannabis, estimée selon un expert local à « un quart de joint bien chargé par tartine ». D’où provenait cette substance illégale ? De la plantation tout aussi illégale de son voisin, qui sous couvert de cultiver la châtaigne maintenait également un cheptel de près de 200 pieds de cannabis, cachés parmi les arbres et autres végétaux de son domaine de plusieurs hectares. « Les abeilles devaient butiner les plantes du voisin, au lieu de butiner les châtaigners.. » conjecturait le jeune apiculteur lors d’un point presse.

Une abeille butinant un plant de cannabis ardéchois
Une abeille butinant un plant de cannabis ardéchois

Un café, du pain… et de la Skunk !

C’est un père de famille albenassien qui a découvert le pot-aux-roses en faisant passer un bilan sanguin à ses deux enfants de 7 et 9 ans. « Théo et Théa sont habituellement des enfants très excités, leur mère et moi avons beaucoup de difficultés à canaliser leur énergie. Mais depuis quelques temps, ils étaient très calmes… Trop calmes même; Théo s’est mis à écouter du Sinsemilia dans sa chambre et un dimanche, Théa a regardé une motte de beurre fondre pendant 3 heures d’affilé, en rigolant. On s’est beaucoup inquiétés » déclarait-il, admettant que lui-même et sa femme avaient également développé « un certain penchant » pour ce miel…….

Information ommuniquée par un lecteur

CONSOMMATION DE CANNABIS : MÉDAILLE D’OR POUR LA FRANCE

Une étude de l’Organisation Mondiale de la Santé a réalisé un classement de la consommation de cannabis par pays et par âge. Devinez qui arrive à la première place.

 

L’étude s’intéressait plus globalement au comportement des jeunes de quinze ans face à la drogue, et ce, dans plus de quarante-deux pays (en Europe, au Canada et en Israël). Alors que la moyenne internationale situe à 15% la part de la population âgée de quinze ayant déjà consommé du cannabis, la France explose le record avec un taux moyen de 29% pour les garçons et 26% pour les filles. Il n’est pas simplement question d’expérimentation dans ces chiffres mais bien de consommation régulière, puisque là encore les petits français, à savoir 16% de garçons et 14% de filles, sont les plus nombreux a avoir fumé de l’herbe au cours des trente derniers jours.

Proportion de filles ayant déjà fumé du cannabis à 15 ans :

Proportion de garçons ayant déjà fumé du cannabis à 15 ans :

Si les Gaulois ne s’arrêtent pas une fois qu’ils ont commencé, ils ne remportent pas la Palme de la jeunesse la plus précoce quand il s’agit de tester le cannabis : ils se placent bon septième avec 4% de filles et 6% de garçons déclarant avoir fumé leur premier joint à treize ans ou moins. La seule tendance assez éloquente se dessinant au creux de cette étude est que les garçons fument plus que les filles (exception faite pour la Hongrie) et que la consommation de cannabis semble entretenir un lien avec la catégorie socio-professionnelle des parents.

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Le « purple drank », un cocktail qui fait des ravages chez les adolescents

ADDICTION – Les autorités sanitaires françaises sont en état d’alerte. Le « purple drank », un cocktail mêlant sirop antitussif, comprimés, alcool et soda fait des ravages chez les adolescents. Il peut engendrer une forte addiction en particulier chez les jeunes.

En matière de mélange douteux, on pensait avoir tout vu. Force est de constater que l’imagination des adolescents est sans limite, lorsqu’il s’agit de trouver un nouveau moyen de se défoncer. Le « purple drank », ce cocktail issu d’un mélange à base de sirop contre la toux à la codéine (dérivé de la morphine), d’antihistaminiques, d’alcool et de boisson énergisante, est la nouvelle drogue à la mode parmi les jeunes

Venu des États-Unis où il est apparu dans les années 1990, le « purple drank » gagne en popularité chez nos voisins français, de quoi inquiéter les autorités sanitaires, comme le rapportent de nombreux médias français, tels que Metronews ou 20 Minutes. En effet, l’agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) prévient des nombreux dangers de ce funeste cocktail.

Les symptômes peuvent aller des troubles de la vigilance (somnolence) et du comportement (agitation, délires) jusqu’à des crises de convulsion généralisée. Les cas recensés par les membres du corps médical concernent aussi bien les garçons que les filles. Si de nombreux jeunes adultes sont touchés, de adolescents, parfois dès 12 ans, s’adonnent aussi au « purple drank ».

Selon Europe 1, le problème est d’autant plus aigu que la codéine engendre une addiction très forte chez les jeunes. Le « purple drank » ouvre la voie à une dépendance plus forte. En outre, la consommation excessive de produits qui associent paracétamol et codéine présente un risque de toxicité pour le foie avec des risques d’hépatite fulminante pouvant conduire au décès.

La e- cigarette: intérêt et limite, la position du Haut Conseil de la Santé Publique

Nous avons tenu nos lecteurs au courant des prises de position antérieures, trés réservées, du Conseil sur l’usage de la e- cigarette et sur les critiques qu’elles ont entrainées.

Ce nouvel avis est intéressant car il prend en compte les premières observations, maigres, du rôle de l’e-cigarette dans le sevrage tabagique et de ses effets possibles sur l’entourage du fumeur.

Le Haut Conseil de la santé veut interdire le vapotage dans les cafés et restaurants (le Monde)

Le nouvel avis du Haut Conseil de la santé publique (HCSP) sur la cigarette électronique, publié mercredi 24 février, ne mettra pas fin aux débats passionnés sur les vertus ou les dangers du vapotage. Saisie en octobre 2015 par le gouvernement pour savoir si sa position sur la place de l’e-cigarette dans le sevrage tabagique avait évolué depuis son précédent avis – très réservé – d’avril 2014, l’instance consultative prend position sur deux points cruciaux.

Oui, la cigarette électronique peut être considérée comme un « outil d’aide au sevrage tabagique » pour les personnes qui veulent arrêter leur consommation de tabac, reconnaît le HCSP. C’est également un « outil de réduction des risques du tabagisme », au moins à court terme, pour les personnes qui ne continuent pas de fumerdes cigarettes, ajoute-t-il.

Mais, en dépit de ces qualités, le HCSP recommande que son usage soit interdit dans tous les lieux collectifs fermés, y compris les cafés, bars, restaurants et discothèques. Une position bien plus radicale que celle prévue par le ministère de la santé, qui avait a priori exclu ces lieux du champ d’application de la loi santé. Entre 1,2 et 1,5 million de personnes utilisent quotidiennement une e-cigarette.

Cette réponse en deux temps du HCSP ne devrait pas satisfaire les associations de vapoteurs, qui ­attendent toujours des pouvoirs publics qu’ils reconnaissent sans réserve l’efficacité de la « vape » dans l’arrêt du tabac. L’Association indépendante des utilisateurs de cigarette électronique (Aiduce) avait vu dans le précédent avis – pourtant moins catégorique – une « sévère contradiction ». « On ne peut tout à la fois prétendre qu’un dispositif est un outil de réduction des risques du tabagisme et le discréditer à ce point pour pouvoir amener un encadrement très strict de sa réglementation », avait-elle fait valoir dans un communiqué.

« Un outil de sevrage parmi d’autres »

La démarche du Haut Conseil se veut aujourd’hui pragmatique. Il tire d’abord un bilan sévère des rares travaux scientifiques sur l’efficacité de l’e-cigarette dans le sevrage tabagique. Aucun ne permet, selon lui, d’établir une « supériorité radicale » de l’e-cigarette par rapport aux patchs ni même de trouver une « différence significative » par rapport à une abstinence de six mois. Constatant cette absence de nouvelles données scientifiques, ainsi que de « travaux robustes » sur la question, le Haut Conseil aurait pu choisir de s’arrêter là et en rester à son précédent avis de 2014.

Or, il fait le pari de se fier aux « opinions très favorables des professionnels de santé » sur le sujet. « Ce n’est pas la littérature scientifique qui nous a fait évoluer, ce sont les pratiques de certains tabacologues auditionnés », explique l’économiste Christian Ben Lakhdar, qui a piloté le groupe de travail du HCSP. « Tous les signaux qui remontent du terrain apparaissent convergents en contredisant, ou tout au moins en relativisant, les conclusions scientifiques », souligne ainsi l’avis.

En octobre 2015, 120 médecins, pneumologues, tabacologues, ­addictologues et cancérologues avaient lancé un appel pour développer l’usage de la cigarette électronique dans la lutte contre le tabagisme. « C’est un outil de sevrage parmi d’autres, un outil assez ­médiocre, néanmoins l’e-cigarette peut aider les fumeurs à réduire leur consommation de tabac », tempère François Bourdillon, le directeur général de l’Institut de veille sanitaire (InVS), qui a fait partie du groupe de travail.

« On est sur le fil du rasoir »

Mais pour éviter que l’e-cigarette ne contribue à « renormaliser » la consommation de tabac, et « même si le vapotage passif ne présenterait pas ou peu de risque », le HCSP recommande d’étendre l’interdiction de vapoter dans « les lieux de travail fermés et couverts à usage collectif » aux cafés, bars et restaurants.

Interrogée par Le Monde en janvier, la direction générale de la santé avait assuré que le décret d’application qui devrait paraître d’ici à la fin mars ne prévoirait pas une interdiction de vapoter dans ces lieux. Une décision conforme à l’avis du Conseil d’Etat d’octobre 2013, qui avait jugé « disproportionnée » une « interdiction ­générale » de l’e-cigarette.

En prônant désormais cette interdiction totale, le Haut Conseil sait qu’on lui reprochera de mettre sur le même plan cigarette et e-cigarette, et de renvoyer les vapoteurs sur le trottoir avec les ­fumeurs, augmentant ainsi leurs possibilités de rechute. « C’est extrêmement compliqué, on est sur le fil du rasoir », reconnaît Christian Ben Lakhdar. Mais l’objectif du HCSP est de réduire la prévalence du tabagisme, élevée en France.

Pour sortir de cette contradiction, le HCSP préconise, dans le sillage de l’Académie nationale de médecine en mars 2015, la mise en place d’une « cigarette électronique médicalisée », qui serait prescrite comme outil de sevrage tabagique, remboursée au même titre que les substituts nicotiniques et vendue en pharmacie. Une façon de distinguer deux types d’utilisateurs d’e-cigarette : ceux qui veulent s’en servir pour arrêter de fumer et ceux qui en assument un usage « récréatif » sur le long terme

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Salles de shoot, ce que l’on ne vous dit pas et pourquoi il faut dire « non » par Serge Lebigot

La loi de modernisation de notre système de santé promulguée le 26 janvier 2016 prévoit l’expérimentation de salles dites « de consommation à moindre risque ». Deux salles sont d’ores et déjà programmées : l’une à Paris et l’autre à Strasbourg.

Dans la capitale, Madame Marisol Touraine, ministre de la Santé, a trouvé à ses côtés deux fervents défenseurs d’un tel projet : M. Rémi Féraud, maire du 10e arrondissement et l’association Gaïa qui sera gestionnaire de la salle parisienne. Le lieu d’implantation est aujourd’hui retenu : rue Ambroise Paré dans un local de l’hôpital Lariboisière, à deux pas de la Gare du Nord, haut lieu de trafic et transit en tous genres. Sa date d’ouverture est prévue pour l’automne 2016.

La situation à Paris

La décision d’implanter cette salle dans un quartier où vivent et travaillent familles avec enfants en bas âge, adolescents, personnes âgées, commerçants et artisans, a été prise par M. Féraud sans aucune concertation, aucun dialogue affirment les résidents de cette partie du 10e. C’est ce que les habitants du quartier de La Chapelle lui avaient déjà très vivement reproché lorsqu’il s’était agi d’une installation à leurs portes. Grâce à leur mobilisation, ils ont fait reculer le maire.

« Aujourd’hui, c’est rue Ambroise Paré ! Et M. Féraud ne tient compte d’aucune de nos doléances et d’aucun de nos arguments contre cette implantation, nous sommes face à un déni de démocratie caractérisé » déclare en colère ce riverain, père de deux enfants scolarisés à l’école du coin.

Et il n’est pas le seul à contester ce fait accompli, puisque la pétition contre ce projet a déjà réuni près de 800 signataires et qu’un collectif s’est constitué pour défendre les intérêts des citoyens : « M. Féraud et l’association Gaïa ont à cœur la santé physique et mentale des toxicomanes, soit. Mais qu’en est-il de notre droit le plus élémentaire à la sérénité et à la sécurité, dans un quartier déjà particulièrement délaissé par les pouvoirs publics ? » s’interroge ce commerçant. À quoi ajoute une membre du collectif : « L’implantation de la salle dans l’enceinte de Lariboisière ne signifie pas du tout qu’elle sera placée sous le contrôle médical de cet hôpital. Au contraire, une partie du personnel de l’établissement est hostile au projet, mais comme fonctionnaires, ils sont tenus par le devoir de réserve. C’est donc un faux-semblant destiné à leurrer les habitants du quartier sur la prétendue sécurité médicale de la salle ».

Sécurité justement : « qu’en sera-t-il des moyens de la police, alors que celle-ci est appelée à d’autres missions de première importance suite aux attentats de 2015 ? » interroge cette habitante qui fait état des nombreuses agressions physiques graves, commises par des toxicomanes contre des habitants du quartier. Rien n’est clair ni garanti sur ce point. Pire, souligne ce membre du collectif : un document de l’association Gaïa indique explicitement qu’il est prévu « un agent de sécurité de sécurité si budget ». Toujours selon ce document : la salle sera ouverte 7 jours sur 7 à raison de 7 heures par jour et sera encadrée par 4 éducateurs, 1 infirmier, 1 assistante sociale et un médecin en vacation à mi-temps, pour un accueil anonyme de 400 passages de toxicomanes par jour, dans un espace d’injection de 10 places et un espace d’inhalation de 4 places. Au vu de ces chiffres, l’inquiétude et la colère des riverains ne peut que monter.

En outre, ceux-ci contestent aussi le fait que cette salle sera mitoyenne de la maternité de l’hôpital Lariboisière : « comment peut-on concevoir un tel projet ! Mettre côte à côte une maternité et une salle de shoot, il faut le faire ! » s’indigne une jeune femme, elle-même enceinte. L’association Gaïa a eu beau organiser une réunion d’information pour rassurer les riverains voire pour les associer à son action, elle a pu mesurer que l’adhésion qu’elle souhaitait obtenir était très loin d’être acquise. « Sans compter l’action menée par cette association en faveur des toxicomanes dans deux autres structures qu’elle gère depuis plusieurs années ne permet absolument pas de penser que son action est efficace.

Au contraire, le rapport 2014 de Gaïa, disponible sur son site, fait clairement apparaître les risques qui guettent les habitants avec l’ouverture de cette salle » objecte cette membre du collectif. Voilà pour les éléments de contexte à Paris.

Mais qu’en est-il sur le fond ? Qu’en est-il du principe même de l’ouverture de ce type de salles pudiquement appelées « salles de consommation à moindre risque » (SCMR) ?

Une définition biaisée

Tout d’abord, en clair et en langage moins châtié il s’agit de salles de shoot : la définition est d’emblée biaisée, car l’indication qu’il s’agit de drogues illicites (cannabis, cocaïne, crack, héroïne, autres opiacées, etc.) est passée totalement sous silence.

Des données fragmentaires recueillies de manière sélective

Les organisations ou intervenants favorables ou acquis d’avance à l’ouverture des salles de shoot ne s’appuient que sur des données fragmentaires recueillies de manière sélective. Ils ne mentionnent jamais les arguments développés par les opposants en France (Associations de parents, Académie de médecine, Ordre des médecins, Ordre des pharmaciens, etc..), ou dans des congrès sur la drogue à l’étranger, dont les actes sont pourtant le plus souvent disponibles. Les expériences faites à l’étranger (Pays-Bas, Allemagne, Sydney, Vancouver, Genève, etc..) sont présentées sous un jour favorable, alors que les critiques négatives sont systématiquement passées sous silence. Il existe pourtant des documents contestant ou réfutant les conclusions des rapports officiels consacrés à ces « structures ». C’est le cas notamment à Sydney, où le local de Kings Cross suscite de sévères critiques.

L’argument sanitaire

Il est particulièrement grave et pervers d’affirmer qu’une salle de shoot permet de diminuer le risque d’infection d’hépatite B et C ou de VIH pour les toxicomanes. En France, le rapport de l’INSERM publié en 2010 le confirme « on ne peut tirer de conclusions sur une influence spécifique des salles d’injection sur l’incidence du VIH ou du VHC (hépatite C) »

C’est donc un leurre. La consommation dans les salles de shoot ne remplacera pas la consommation « sauvage ». Elle s’y ajoutera, contribuant ainsi à un accroissement de la consommation. De fait, cette salle ne sera pas ouverte 24h/24h. Le toxicomane n’a pas d’horaire de bureau pour consommer sa drogue, il ne planifie pas ses injections ou inhalations. Il se pique ou inhale quand il en éprouve le besoin. Ce besoin, chez le cocaïnomane, est si compulsif qu’il nécessite jusqu’à trente injections par jour. Donc la majorité des shoots se feront hors contrôle.

Le nombre de seringues abandonnées dans les rues ou halls d’immeubles ne va donc pas diminuer, à moins d’installer des salles de shoot tous les 200 mètres et de les tenir ouvertes jour et nuit. De plus, il n’existe aucun lien avéré entre la présence de salles de shoot et la réduction du nombre d’overdoses. À Zürich, qui compte plusieurs salles de shoot depuis les années 1990, le nombre d’overdoses est passé de 45 en 1999 à 63 en 2005 par exemple. À Sydney, basé sur les chiffres des overdoses publiés par le centre d’injection médicalement supervisé (MSIC) le taux d’overdoses dans la salle de shoot s’avère 36 fois plus élevé que dans les rues de King Cross (quartier où est installée la salle).

L’argument de l’ordre public

Pense-t-on vraiment éviter les rassemblements de toxicomanes et de dealers autour de la Gare du Nord, dans les rues commerçantes ou d’habitation, comme le promettent la main sur le cœur nos responsables politiques tels Marisol Touraine et Rémi Féraud, et l’association Gaïa ? La réalité est connue : tout endroit qui facilite ou qui autorise la consommation de stupéfiants est un puissant signal pour les dealers. Ils accourront des environs, compris au sens large. Les expériences faites à Genève de ce point de vue sont significatives. Les toxicomanes se rendent inévitablement là où se trouvent les dealers. Le résultat est programmé : une augmentation de la population de toxicomanes et de dealers à proximité immédiate de la salle de shoot. Ils hanteront les rues, les halls et caves d’immeubles proches. Résultats garantis : criminalité en hausse, agressions, vols, insécurité, bagarres, règlements de comptes.

Une salle de shoot revient ainsi à être une zone de non-droit où la consommation de drogues illicites est liée, dans les parages immédiats, au trafic de drogues. Comme toute initiative qui « positive » la consommation de stupéfiants, la facilite et la banalise, c’est un puissant signal pour les trafiquants. Un local d’injection complique le travail de la police. S’il observe un « deal », le policier ne peut plus recueillir le témoignage du client pour confondre le trafiquant, car la consigne donnée aux forces de l’ordre est de ne pas « stresser » les consommateurs dans la salle de shoot et dans ses parages.

Une légalisation de fait des stupéfiants

Madame Touraine et ses amis font totalement l’impasse sur les documents et prises de position de l’ECAD (European Cities Against Drugs), organisation qui regroupe de nombreuses grandes villes européennes. Résolument opposée à l’ouverture de « shootoirs », l’ECAD relève dans une contribution consacrée aux salles de shoot que « si et lorsque des autorités décident tacitement ou expressément que la police ne doit pas intervenir contre les atteintes à la loi sur les stupéfiants dans une salle de shoot ou à proximité (ce qui sera bien le cas à Paris et à Strasbourg), la légalisation de la consommation de drogues est un fait… Dans la pratique, les salles de shoot sont des espaces où les lois sur les stupéfiants, en vigueur partout ailleurs dans la société, sont nulles et non avenues ».

Une infraction aux traités internationaux

D’un point de vue juridique, l’existence de salles de shoot constitue aussi une infraction aux traités internationaux relatifs au contrôle des drogues, en particulier à l’article 4 de la Convention de 1961 qui fait obligation aux États de veiller à limiter exclusivement aux fins médicales et scientifiques, la production, la fabrication, l’exportation, l’importation, la distribution, le commerce, l’emploi et la détention des stupéfiants. Dans son Rapport 2005 paru le 1er mars 2006, l’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), à Vienne, rappelle comme il le fait chaque année que les salles de shoot contreviennent à ce principe fondamental des traités relatifs au contrôle des drogues puisqu’ils « facilitent l’utilisation illicite de substances placées sous contrôle international ».

Les efforts de prévention compromis

À juste titre les parents et tous ceux qui d’une manière ou d’une autre sont chargés d’exercer l’autorité sur les plus jeunes, leur disent et leur répètent que la consommation de stupéfiants est mauvaise, dégradante, dangereuse, mortelle. Et voilà que les autorités publiques font en sorte de la faciliter, de la rendre « confortable ». Quelle incohérence dans les messages ! Le premier pilier, celui de la prévention, sera ébranlé par un message aussi incohérent. Ajoutons que les professionnels des thérapies axées sur l’abstinence estiment que l’installation confortable des toxicomanes dans leur dépendance leur enlève toute motivation pour entreprendre un sevrage et un traitement de réhabilitation.

Dans un contexte social français particulièrement tendu, en raison de décisions ou projets de loi initiés par nos gouvernants, qui ne recueillent pas l’adhésion des citoyens et n’ont pas fait l’objet de concertation véritable avec les partenaires sociaux et les associations citoyennes, les pouvoirs publics seraient bien inspirés de prendre le temps de l’écoute et de la réflexion avant de mettre en œuvre ce projet de salle de shoot aventureux et risqué.

Serge Lebigot est l’auteur de : Cannabis : ce que les parents doivent savoir ; Le dossier noir du cannabis ; Salles de shoot : ce qu’ils refusent de vous dire. Son site web.

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Match Nicolas. Sarkosy contre Marisol Touraine, par le Professeur Costentin

 

Match Nicolas. Sarkosy (ancien président de la République) contre Marisol Touraine (actuelle ministre de la Santé), à propos du paquet neutre de cigarettes.                                                              

Deux à zéro, au bénéfice de la ministre !

Le paquet de cigarettes neutre est efficace pour en diminuer l’achat par les jeunes, comme cela a été montré en Australie. Cette heureuse disposition vient d’être adoptée dans le cadre de la loi Santé, votée en décembre, et promulguée au Journal Officiel du 27 janvier dernier.

L’opposition à cette mesure de salubrité publique, de Nicolas Sarkosy (au titre de président du parti « les Républicains » s’est exprimée «Un mot sur cette affaire de paquet neutre, parce que j’en ai entendu des bêtises dans ma vie. Des démagogies, j’en ai vu. Mais alors l’affaire du paquet neutre, elle est tout à fait liée à la journée qui nous occupe mes chers amis, parce que si nous acceptons le paquet de cigarettes neutre, dans six mois on vous proposera la bouteille de vin neutre et s’en sera fini de nos appellations, et s’en sera fini de nos terroirs, et s’en sera fini de la défense de notre savoir-faire!», puis de reprendre l’offensive contre «les intégristes» qui demanderont bouteille et fromage neutres. «C’est une bataille plus importante qu’on ne l’imagine (…) C’est la bataille de notre identité, c’est la bataille de notre histoire, c’est la bataille de nos terroirs. Et si nous cédons là, nous céderons sur tout».

Ce à quoi, le lendemain, la ministre de la santé répondait : «Les petites blagues, la veille de la journée mondiale de lutte contre le cancer, sont à la fois médiocres et déplacées»…..«Que je sache, ce n’est pas un produit du terroir un paquet de cigarettes, ça ne fait pas partie de l’art de vivre et de la production de nos savoir-faire». «Cela fait 80.000 morts par an et traiter ça à coup de petites phrases, de petites blagues, qui sont tout simplement indignes, alors qu’il y a dans notre pays trois millions de femmes et d’hommes qui sont ou ont été malades du cancer, je dis que ce n’est pas à la hauteur de ce qu’espère ce candidat à la primaire. Ce n’est pas en allant sur les estrades en essayant de glaner des voix dans la perspective de la primaire que l’on apparaît porteur de responsabilités en matière de santé publique».

Pourquoi deux à zéro, et non pas un à zéro seulement en faveur de la Ministre ?

D’abord parce que cette affligeante déclaration de N. Sarkosy, combat une mesure utile, même si on n’en attend pas de résultats extraordinaires. Cette déclaration va à l’encontre de l’indispensable éradication du tabac, chez nos jeunes, qui fument de plus en plus et de plus en plus tôt. En France, chaque année, le tabac est responsable de 78.000 décès et l’alcool de 49.000 autres (soit, chaque jour, 240 morts par le tabac et 130 pour l’alcool ; les morts de la route, dont on se préoccupe très légitimement, ne sont quotidiennement « que » de 14).

Deuxième bon point pour la Ministre, elle envisage, enfin, d’agir sur le levier du prix du tabac en faisant passer brutalement le prix du paquet de cigarette à 10 €uros. Les buralistes hurleront, couvrant la voix des victimes d’artérites, d’infarctus, d’angine de poitrine, d’accidents vasculaires cérébraux ; la voix affaiblie des victimes de bronchopneumopathie chronique obstructive ou de séquelles de la chirurgie du larynx, les vagissements de nourrissons hypotrophes, etc…

Professeur Jean Costentin