L’alcool affecte les bactéries de la bouche

La consommation d’alcool, particulièrement en grande quantité, nuit au microbiote de la bouche en détruisant les bonnes bactéries, tout en permettant aux mauvaises de proliférer, montre une étude américaine.

Pour parvenir à ce constat, les chercheurs ont analysé la salive de 1044 adultes américains divisés en trois catégories, en fonction de leur consommation d’alcool (nulle, modérée ou élevée).

En moyenne, quelque 700 espèces de bactéries vivent naturellement dans une bouche humaine. Ce microbiote est, à la fois, composé de mauvaises bactéries, qui peuvent causer des maladies, et de bonnes bactéries, qui aident à contrôler leur prolifération.

Or, les patients considérés comme ayant une consommation d’alcool élevée (plus de deux verres par jour pour les femmes, trois pour les hommes) présentaient un peu moins de bonnes bactéries et, surtout, affichait une surabondance de mauvaises bactéries dans leur bouche vis-à-vis des personnes qui ne boivent pas.

Les chercheurs ont notamment identifié, chez les buveurs, des taux anormalement élevés de microorganismes issus, entre autres, des familles de bactéries Neisseria, Actinobactéries et Leptotrichia buccalis. Ces bactéries peuvent causer des problèmes de santé, notamment au niveau des gencives (gingivite, parodontite).

Les amateurs d’alcool avaient aussi un taux plus faible de bactéries de la famille des Lactobacillales, qui aide à réduire l’inflammation des gencives.

L’épidémiologiste Jiyoung Ahn, l’une des responsables de l’étude, a expliqué à la chaine CNN que les chercheurs n’ont pu identifier à partir de quelle quantité d’alcool le microbiote de la bouche commence à changer. Par contre, une consommation importante cause plus de dégâts, a-t-elle souligné.

Les auteurs de l’étude n’ont pas non plus déterminé pour quelle raison l’alcool affecte le microbiote de la bouche. Les acides contenus dans les boissons alcoolisées pourraient empêcher la croissance de certaines bactéries ou, encore, des sous-produits créés par la dégradation de l’alcool pourraient jouer un rôle, a évoqué Mme Ahn en guise de pistes de réponse.

Des études récentes ont montré que le microbiote de la bouche pourrait jouer un rôle sur le développement de certains cancers, comme ceux de la cavité buccale et de l’œsophage.

L’étude a été publiée dans le journal spécialisé «Microbiome» le 24 avril dernier.

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0,05g/l d’alcool : permis retiré ! …..

…..en Australie !

A partir du 30 avril, la réglementation dans l’Etat du Victoria change et des sanctions plus strictes attendent les contrevenants.

 Quelles sont les sanctions ?

Si lors d’un contrôle le conducteur a un taux d’alcool dans le sang égal ou supérieur à 0,05 g/l, son permis lui sera retiré et il devra :

  • – payer une amende,
  • suivre un programme spécifique avant de récupérer son permis,
  • – installer un éthylotest anti-démarrage dans chaque véhicule qu’il conduira (une fois qu’il aura récupéré son permis) pour au moins six mois.

Ceci s’appliquera également aux conducteurs professionnels qui commettront leur première infraction de conduite en état d’ivresse et qui seront contrôlés avec un taux d’alcool dans le sang inférieur à 0,05 g/l.

Si lors d’un contrôle le conducteur est sous l’emprise de stupéfiants, son permis lui sera retiré pour au moins six mois (au lieu de trois jusqu’à présent) et il devra également suivre un programme spécifique avant de récupérer son permis.

A partir du 30 avril, en cas de conduite en état d’ivresse ou sous l’emprise de stupéfiants, le conducteur contrôlé devra obligatoirement suivre un programme spécifique avant de récupérer son permis.

Le type programme à suivre dépendra de l’infraction mais il s’agira de sessions sur plusieurs jours.

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Conduite sous l’influence du cannabis et accidents mortels

Conduite sous l’influence du cannabis et accidents mortels dans les états de Washington et du ColoradoPr J.-P. Goullé

Un rapport de 9 pages tire la sonnette d’alarme concernant la conduite sous l’influence de drogues aux États-Unis. Il considère qu’elle constitue une menace sérieuse pour la sécurité publique. Or, cet aspect est largement occulté dans la pandémie qui touche cette consommation. Selon des estimations prudentes, 20% des accidents de la route seraient causés
par des conducteurs sous l’emprise de drogues, ce qui se traduirait chaque année par des milliers de décès, des centaines de milliers de blessés et des milliards de dommages matériels.
Après des années de baisse constante, une récente augmentation importante des décès routiers est constatée dans le pays. Il est donc urgent de réduire la conduite sous l’influence de drogues, en particulier avec des facultés amoindries par le cannabis. www.StopDruggedDriving.org.

Des études récentes menées au Colorado et dans l’état de Washington, qui ont légalisé l’usage de la marijuana, montrent une nette augmentation de la conduite sous l’;influence de cette drogue.
Dans l’état de Washington, en 2014, le nombre de conducteurs sous l’emprise du cannabis tués dans un accident mortel de la circulation a plus que doublé après la légalisation de la drogue, pour atteindre 17% selon les statistiques officielles.

Quant à l’état du Colorado, en 2015, ce sont 21% des conducteurs tués qui ont été testés positifs au cannabis. Les décès liés à cette drogue ont augmenté de 48% en moyenne sur trois ans (2013-2015), comparativement à la période avant la légalisation de la marijuana à des fins récréatives (2010-2012), période au cours de laquelle le nombre total de morts sur la route a augmenté de 11%.

Dépénalisation : Pour Agnès Buzyn : « On ne peut pas donner le signal que le cannabis est sans danger. »

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Santé et cannabis ne feraient pas bon ménage. Agnès Buzyn explique pourquoi la dépénalisation du cannabis n’est pas envisagée. 

Ne pas minimiser les conséquences du cannabis sur les plus jeunes. Pour Agnès Buzyn, ce serait un des raisons qui pousse les gouvernement successifs à ne pas poursuivre le débat sur la dépénalisation.

Un danger pour les plus jeunes 

La ministre estime que le cannabis est un véritable problème de santé publique, un « fléau« . Un observatoire du ministère de la Santé aurait observé une baisse du tabagisme mais une augmentation de la consommation de cannabis chez les plus jeunes.

L’utilisation du cannabis provoquerait même des troubles d’ordre cognitifs chez les jeunes des Français. L’apprentissage serait plus difficile chez ces consommateurs. « Ce sont des enfants qui vont avoir du mal à l’école, à l’université avec potentiellement une mise en danger de leur avenir professionnel du fait de l’utilisation du cannabis.« , d’après Agnès Buzyn.

Pour les jeunes qui « l’utilisent abondamment » et parce qu’il serait à l’origine de beaucoup d’accidents de la route, le cannabis ne risque donc pas d’être dépénalisé de sitôt.

Alcool : pourquoi devient-on parfois agressif après avoir bu ?

Des scientifiques ont établi que deux verres d’alcool modifiaient le fonctionnement du cortex préfrontal du cerveau.

Alcool : pourquoi devient-on parfois agressif après avoir bu ?BADAHOS / ISTOCK

Des chercheurs ont utilisé l’imagerie par résonance magnétique (IRM) pour mieux comprendre pourquoi les gens deviennent souvent agressifs et violents après avoir bu de l’alcool. Ils ont mesuré le débit sanguin dans le cerveau.

Après seulement deux verres, les scientifiques ont noté des changements dans le fonctionnement du cortex préfrontal du cerveau, la partie normalement impliquée dans l’atténuation des niveaux d’agressivité d’une personne. L’étude a été menée par Thomas Denson, de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud en Australie, et publiée dans la revue Cognitive, Affective, & Behavioral Neuroscience.

Cortex préfrontal

Jusqu’ici, aucune preuve substantielle n’avaient permis de corroborer la théorie selon laquelle l’agressivité des personnes liée à la consommation d’alcool était causée par des changements dans le cortex préfrontal.

Pour cette étude, Thomas Denson et son équipe ont recruté 50 jeunes hommes en bonne santé. Les participants ont reçu soit deux boissons contenant de la vodka, soit deux boissons placebo sans alcool. Alors qu’ils étaient allongés dans un appareil d’IRM, les participants ont dû répondre à une provocation verbale déclenchant leur agressivité.

L’imagerie par résonance magnétique a permis aux chercheurs de voir quelles zones du cerveau avaient été stimulées suite à la provocation verbale. Ils ont pu également comparer les scans des sujets qui avaient consommé de l’alcool et les scans des sujets qui n’en avaient pas consommé. Résultat : l’activité du cortex préfrontal des garçons ayant consommé de l’alcool avait diminué. Cet effet modérateur de l’alcool a également été observé dans les zones du cerveau impliquées dans le sentiment de récompense.

« Même suite à l’ingestion d’une faible dose d’alcool, nous avons observé une relation de cause à effet significative entre l’activité du cortex préfrontal et l’agressivité liée à l’ingestion d’alcool, résume Thomas Denson. Ces régions du cerveau peuvent déclencher différents comportements selon qu’une personne est sobre ou en état d’ébriété ».

Des doses plus fortes

Les résultats sont en grande partie conformes à un nombre croissant de recherches sur la base neuronale de l’agression et sur la façon dont elle est déclenchée par des changements dans le cortex préfrontal, le système limbique et les régions du cerveau liées au sentiment de récompense. Les résultats de la présente étude sont également conformes à plusieurs théories psychologiques sur l’agressivité liée à l’alcool.

« Nous encourageons des futures enquêtes à plus grande échelle sur les fondements neuronaux de l’agressivité liée à l’alcool, avec des doses plus fortes et des échantillons cliniques. Cela pourrait éventuellement permettre de lutter contre les méfaits liés à l’alcool « , conclut Thomas Denson.

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Risques liés à l’alcool: des médecins contre-attaquent

Instauration d’un prix plancher, taxe proportionnelle au degré d’alcool, encadrement plus strict de la publicité…Des médecins et experts de santé publique proposent 10 mesures pour limiter les dégâts de l’alcool.

Le secteur des boissons alcoolisées n’avait pas été chahuté de la sorte depuis longtemps. Après une première tribune publiée dans nos colonnes en mars visant à rappeler que le vin est aussi dangereux que n’importe quel alcool, quarante grands noms de la médecine et de la santé publique viennent de signer une nouvelle tribune. Cette fois, ils proposent aux autorités sanitaires dix mesures qu’ils jugent efficaces pour protéger des risques de l’alcool. «Nous ne sommes pas de ceux qui contestent que l’alcool, notamment le vin, fait partie de notre paysage, prennent-ils le soin de rappeler en préambule, (…) Mais nous témoignons de ses risques».

Les chiffres leur donnent raison: chaque année, 49.000 personnes décèdent et 15.000 autres se voient diagnostiquer un cancer à cause de leur consommation d’alcool. Les boissons alcoolisées sont d’ailleurs le premier facteur d’hospitalisation en France (environ 580.000 patients pour un coût estimé à 2,6 milliards d’euros par an, selon la Cour des Comptes). L’alcoolisation maternelle est de surcroît la première cause évitable de retard mental de l’enfant. Bien que la situation se soit améliorée depuis les années 1960, la France reste l’un des pays ayant le plus fort niveau de consommation d’alcool au monde, avec un peu moins de 12 litres d’alcool pur par an et par habitant. Alors, que faire?

Même sans abus, l’alcool est mauvais pour la santé

En guise de feuille de route, le gouvernement Français a pour seul objectif d’augmenter la taille du pictogramme destiné à rappeler que les boissons alcoolisées sont contre-indiquées aux femmes enceintes. Le programme proposé par les signataires de la tribune est autrement plus musclé. Ils commencent en douceur avec une première proposition consistant à ajouter sur les étiquettes la quantité de sucre, le nombre de calories ainsi que les grammes d’alcool contenus dans la boisson. L’objectif est d’aider les consommateurs à se repérer par rapport aux quantités maximales recommandées, fixées à 100 grammes par semaine, soit 10 verres standards. Pour l’heure, seuls le taux d’alcool et la présence de sulfites ajoutés doivent obligatoirement être affichés. Des discussions allant dans le sens de cette proposition sont en cours au sein de la Commission européenne.

Les médecins proposent également de remplacer la mention «l’abus d’alcool est dangereux pour la santé» par «l’alcool est dangereux pour la santé». «On le sait, l’alcool est nocif, même en petite quantité, notamment pour les gens souffrant de vulnérabilités. Certaines femmes ont plus de risque de développer un cancer du sein si elles boivent des boissons alcoolisées», explique le Pr Michel Reynaud, professeur de psychiatrie et d’addictologie et coauteur de la tribune. Très récemment, une étude a montré que le risque d’avoir certains cancers (œsophage, oropharynx et sein) augmente à partir de 10 grammes d’alcool par jour, soit l’équivalent d’un verre de vin.

» LIRE AUSSI – Pourquoi dit-on que l’alcool est cancérigène?

Mieux encadrer la publicité et instaurer un prix plancher

Les médecins reviennent également à la charge sur l’épineuse question de la loi Évin. Promulguée en 1991, celle-ci avait notamment pour objectifs d’encadrer la publicité des boissons alcoolisées et d’interdire la vente d’alcool aux moins de 16 ans. Mais des modifications successives ont fini par en amoindrir l’efficacité. «Dans le domaine de l’alcool, la loi Évin a été démantelée, désarticulée, et les dispositions restantes ne sont pour la plupart pas appliquées, déplore le Pr Reynaud. Nous souhaitons revenir à l’esprit initial de la loi, et ainsi protéger les consommateurs ciblés par les industriels du secteur, à savoir les jeunes et les femmes». Les auteurs de la tribune demandent notamment d’interdire fermement la publicité directe et indirecte sur les supports habituels, mais aussi sur Internet et les réseaux sociaux.

Mais la proposition la plus marquante est celle d’une taxe proportionnelle au contenu en grammes d’alcool, à laquelle s’ajoute un prix minimum de vente par unité d’alcool. À l’heure actuelle en France, les taux des différentes accises (impôts indirects) ne sont pas strictement proportionnels à la teneur en alcool ou à la nocivité particulière des différentes boissons alcoolisées, sauf exception. Ainsi, le vin représente 58 % de la consommation d’alcool en France, 71 % du chiffre d’affaires hors exportation et seulement 3,6 % des droits d’accises.

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Une minorité de gros consommateurs à risque

L’idée d’une taxe n’est pas du goût de Vin et Société, le représentant de la filière viticole, qui indiquait dans un document adressé aux candidats à la présidence de la République en 2017 que «les pays fortement taxés sont parmi ceux qui connaissent le plus de phénomènes d’alcoolisation massive». Or certaines expériences ont au contraire démontré que la hausse des taxes entraîne une diminution de la consommation. C’est le cas de la Colombie Britannique, une province canadienne où chaque augmentation des prix de 10% a été suivie d’une diminution de la consommation de 3,4%. En mai prochain, l’Écosse instaurera de son côté un prix plancher. Mais il existe également des contre-exemples, à l’image de l’Italie, qui est parvenue à ramener la consommation par habitant autour de 6 litres d’alcool pur par an, et cela alors que le vin y est totalement exonéré de droits d’accises.

«Il ne s’agit pas d’empêcher la population de boire de l’alcool, mais d’informer au mieux, souligne le Pr Michel Reynaud. Actuellement, la perception qu’ont les gens de l’alcool penche clairement en faveur de son aspect récréatif, et non des risques encourus. Il faut rééquilibrer la balance». Sur les 8,8 millions de consommateurs d’alcool réguliers, l’Observatoire français des drogues et toxicomanies estime à 3,4 millions le nombre de consommateurs à risque, c’est-à-dire buvant plus de 10 verres par semaine. «Ces personnes consomment les trois-quart de l’alcool vendu. Ce sont eux qui posent problème», conclut le spécialiste. Alors qu’ils n’ont, pour l’heure, pas reçu de réponse des autorités sanitaires, les signataires de la tribune s’apprêtent à demander la tenue d’une concertation citoyenne sur ce délicat sujet de santé publique.

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Le cannabis à l’adolescence accroît le risque psychotique

Le risque de développer à l’âge adulte une maladie de type schizophrénique est multiplié par trois.

Les personnes ayant consommé régulièrement du cannabis à l’adolescence ont trois fois plus de risques de développer un trouble psychotique de type schizophrénique avant l’âge de 30 ans, conclut une vaste étude finlandaise de l’université d’Oulu. «Ces résultats sont très clairs, confirme Franck Schürhoff, spécialiste de la schizophrénie aux hôpitaux universitaires Henri-Mondor à Créteil, et d’autant plus intéressants que les adolescents étudiés n’avaient eu aucun symptôme précurseur, ni de parents affectés.»

Sur les 6534 jeunes Finlandais interrogés il y a quinze ans, ceux qui avaient déclaré une consommation fréquente de cannabis étaient trois fois plus nombreux en proportion à avoir déclaré une psychose par la suite. Chose rare dans ce type d’étude, cet effet spécifique de la drogue a pu être distingué de celui de la consommation, souvent conjointe, de tabac ou d’alcool.

Cet effet est corroboré par une étude anglaise de l’université de Bristol, récemment publiée dans la revue médicale JAMA Psychiatry. Sur une population de 5300 adolescents de 14 à 17 ans, ceux déclarant un usage régulier de cannabis avaient un risque trois fois plus élevé d’avoir eu à 18 ans un trouble psychotique (hallucination, délire, voix intérieures).

De plus en plus de passages aux urgences

Là encore, ce risque est apparu beaucoup plus lié au cannabis qu’au tabac. L’hypothèse parfois évoquée que les personnes plus à risque de troubles psychotiques se tournent vers le cannabis a aussi été mise à mal car les adolescents ayant eu à 12 ans des symptômes précurseurs de psychose n’étaient pas plus nombreux à consommer la drogue. «Les adolescents s’avèrent particulièrement vulnérables au cannabis, précise le professeur Franck Schürhoff, car leur cerveau est alors en plein remodelage neuronal et hormonal avec la puberté.» C’est aussi à cet âge que leurs neurones présentent un pic de récepteurs au THC, la substance chimique hallucinogène de la drogue.

Chez les adultes, la responsabilité du cannabis dans le déclenchement de troubles psychotiques est connue depuis longtemps des psychiatres. Elle apparaît maintenant au grand jour dans l’État américain du Colorado, qui a progressivement libéralisé l’usage de cette drogue. En 2009, sa commercialisation à but thérapeutique a été autorisée pour des raisons médicales limitées et mal établies. En 2012, sa consommation récréative a été légalisée. Début 2014, sa commercialisation est permise sous la pression de divers lobbies industriels ou pro-cannabis et avec la perspective alléchante pour l’État de fortes rentrées fiscales. La conséquence a été une augmentation de 20 % des visites aux urgences pour troubles psychiques liées à l’usage du cannabis de début 2012 à fin 2014. Pour les adolescents, ces visites ont pratiquement triplé de 2009 à 2015.

Une drogue facile d’accès et riche en THC

Une telle progression intrigue les chercheurs du département de la Santé du Colorado à l’origine de l’étude, car le nombre de consommateurs réguliers de cannabis et son usage thérapeutique semblent stables depuis des années. Une fréquentation répétée des urgences par les mêmes consommateurs ne semble pas en cause. La conclusion la plus plausible, selon eux, est que le cannabis, devenu beaucoup plus facile d’accès et de plus en plus riche en THC, fait payer un tribut de plus en plus lourd aux populations fragiles qui en font un usage régulier.

Cela semble aussi le cas en France, selon le dernier rapport du Centre européen de surveillance des drogues et de leurs addictions (EMCDDA). Il montre que la prise en charge médicale des personnes pour troubles psychiques dus au cannabis a bondi depuis 2012, date à partir de laquelle la teneur en THC de la résine de cannabis a aussi progressé. Les diverses formes de cannabis dont la teneur en THC a triplé ces dernières années présentent un danger nettement supérieur pour le système nerveux, et celui-ci n’est plus atténué par d’autres substances présentes naturellement dans la plante.

«La consommation de cannabis devient un problème de santé publique chez les adolescents, d’autant plus s’ils présentent des signes de risque de psychose comme le repli social, une diminution de la motivation, des croyances bizarres ou des perceptions inhabituelles», prévient Franck Schürhoff.

À côté des structures de type «centre de détection et d’intervention précoce» tel que celui de Nancy, les maisons d’adolescents de chaque département doivent jouer un rôle important pour dépister les jeunes les plus vulnérables et leur éviter de basculer dans la première crise psychotique. «Et pourquoi n’y aurait-il pas aussi des campagnes de prévention plus générale sur les dangers de cette drogue, comme pour le tabac ou l’alcool? s’interroge le psychiatre, nous connaissons désormais les risques de dépendance et de schizophrénie qu’elle fait courir à toute une partie de la population.»

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Des médecins proposent dix mesures pour lutter contre l’alcoolisme

Taxes, prix minimum, nouvelles étiquettes, des médecins proposent dix mesures à l’efficacité démontrée pour décourager la consommation excessive d’alcool.

Plusieurs médecins, épidémiologistes et militants de la lutte contre l’alcoolisme signent ce 16 avril une lettre ouverte dans laquelle ils dénoncent une « désinformation soigneusement organisée par la filière alcool » et « la puissance de lobbying d’une industrie qui infiltre tous les niveaux de la société […] jusqu’au plus haut niveau de l’État ». Diffusée sur plusieurs sites dédiés à la prévention, le texte énonce dix mesures dont l’efficacité dans la lutte contre la consommation excessive d’alcool est scientifiquement démontrée.

Cette lettre intervient dans un contexte tendu entre médecins et alcooliers. La ministre de la santé, Agnès Buzyn, et le ministre de l’Agriculture, Stéphane Travert, avaient en effet invité la semaine passée les représentants de la profession viticole, pour les « associer aux politiques publiques de prévention ».

« Lors que les alcooliers se mêlent de prévention, on sait que c’est tout sauf de la prévention, et seulement de la communication » nous explique l’addictologue Michel Reynaud, co-signataire du texte. « Nous souhaitions rappeler dix mesures qui font consensus y compris à l’échelle de l’OMS. Charge au gouvernement de s’en saisir ou pas ».

Les auteurs de la lettre sont les mêmes qui avaient déjà interpellé en mars le président de la République. Emmanuel Macron, après avoir confié boire « du vin le midi et le soir », avait assuré que la loi ne serait pas durcie durant sa présidence.

Un prix plancher pour l’alcool

Parmi les dix dispositions identifiées, les signataires invitent à taxer l’alcool proportionnellement au contenu en grammes d’alcool et à indiquer de manière claire sur les contenants « la quantité en grammes d’alcool et de sucre, le nombre de calories », ou encore interdire « toutes les mentions supplémentaires non légales » (du type « à consommer avec modération »), sur tous les supports.

En revanche, la mention « l’alcool est dangereux pour la santé » devrait être systématiquement présente, de manière claire, lisible et contrastée ». Fin mars, la ministre de la Santé Agnès Buzyn avait exprimé son hostilité à cette idée. Pour elle, « cette phrase-là peut laisser penser qu’on est pour une action de prohibition, c’est-à-dire qu’on ne veut pas d’alcool du tout, or ce n’est pas le cas aujourd’hui ». Les médecins invitent également à étendre l’interdiction de la publicité pour l’alcool à Internet.

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Les professionnels de santé au défi des nouvelles substances psycho-actives

Paris, le vendredi 13 avril 2018 – Comme le suggèrent les derniers rapports de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies (OEDT) la consommation de nouvelles substances psycho-actives (NSP) explose.

Face à cette recrudescence, les professionnels de santé se sentent parfois impuissants. Pour les aider à combattre efficacement ce fléau, l’Académie de pharmacie a consacré sa dernière séance plénière à cette problématique.

Rappelons en préambule que ces NSP regroupent principalement des cannabinoides, opioïdes, cathinones et phényléthylamines de synthèse.

Des substances hautement toxiques

Présentant des teneurs en substances psycho-actives plus élevées que leurs ancêtres « naturels », ces drogues peuvent parfois menacer le pronostic vital : plusieurs centaines de décès ont ainsi été dénombrés au niveau européen. Néanmoins, comme le souligne le Pr Bruno Mégarbane* « il est difficile aujourd’hui d’établir si les NSP sont plus dangereuses que les drogues conventionnelles; tout au moins, on peut affirmer qu’elles sont toxiques et à l’origine d’une létalité prévisible marquée ».

Le Pr Mégarbane a également présenté le tableau d’une intoxication aigue.

Elle associe des signes adrénergiques (tachycardie, hypertension, agitation, mydriase), des symptômes d’encéphalopathie (confusion, hallucinations), des signes sérotoninergiques (myoclonies, fièvre) et/ou des défaillances d’organe. Le risque de complication neurologique (coma, convulsions, accident vasculaire) est majeur. Il existe aussi un risque de défaillance cardiovasculaire, respiratoire et rénal, hépatique et/ou hématologique (coagulation intravasculaire disséminée).

A ce sombre tableau, on pourra également ajouter les cas, biens documentés, d’automutilations et de suicides suivant immédiatement l’utilisation de ces produits.

Une consommation très répandue chez les toxicomanes

Dans le cadre de ces discussions, le Pr Jean-Claude Alvarez** a dressé un état des lieux de la prévalence de l’utilisation de ces produits.

Mais, immédiatement, un premier écueil s’impose : si ces molécules sont des dérivées de substances pour lesquelles il existe des tests de dépistage rapides, leur « modification structurale » les rend indétectables par ces tests et « la mise en évidence et la confirmation de ces nouvelles molécules reposent donc essentiellement sur la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse ».

Cependant, « un des moyens d’évaluation de la prévalence de drogues dans une population donnée est l’analyse capillaire, qui permet d’objectiver, mois après mois, l’évolution des consommations » a rappelé le Pr Alvarez.

Recourant à cette méthode, son équipe a réalisé deux études, l’une menée sur une population de patients suivis en addictologie ou hospitalisés en réanimation suite à une overdose, l’autre auprès d’un groupe d’homosexuels masculins ayant participé à l’essai Ipergay (dont l’objectif est l’évaluation de l’efficacité de la prophylaxie pré-exposition au VIH).

Sur 328 patients inclus dans la première étude, 96 (29 %) avaient déjà consommé des NSP. Dix-huit NSP différentes ont été identifiées, les cathinones étant la classe la plus représentée (36 %). La 4-methylethcathinone (4-MEC) est la molécule la plus répandue (17 cas), suivie par la méphrédrone (15). La prévalence de consommation d’autres drogues était de 36 % pour la cocaïne, 25 % pour les amphétamines, 33 % pour les opiacés et 22 % pour la kétamine. Les NSP sont retrouvées seules dans 9 % des cas, et sont le plus souvent associées à la cocaïne (64 %), aux amphétamines (55 %) ou aux opiacés (28 %). Il est également apparu que la fréquence de détection des NSP a progressé au cours de l’étude effectuée entre 2012 et 2016.

Dans les seconds travaux, parmi les 69 patients inclus, 37 étaient positifs aux NPS. Quinze NSP différentes ont été identifiées. La méphédrone est la molécule la plus répandue (14 cas), suivie par la 4-MEC (12). La prévalence de consommation d’autres drogues était de 68 % pour la cocaïne, 45 % pour la MDMA et 38 % pour la kétamine et aucun opiacé n’a été retrouvé. Aucun cas de NSP seule n’a été identifié.

Quelle prise en charge ? 

Selon plusieurs études, environ 15 % des consultations aux urgences suite à la consommation d’une drogue sont liées à une NPS, d’où l’importance de la communication du professeur Bruno Mégarbane sur la prise en charge des intoxications aigues à ces substances.

Elle suppose une « réhydratation, sédation par benzodiazépines ou neuroleptiques en cas d’agitation, traitements anticonvulsivants en cas d’épilepsie, intubation trachéale si trouble de conscience ou défaillance vitale, oxygénation au masque ou ventilation mécanique si insuffisance respiratoire, remplissage et catécholamines si insuffisance circulatoire. L’épuration extrarénale (hémodialyse ou hémoperfusion) permet de traiter les troubles hydro-électrolytiques menaçants mais non d’accélérer l’élimination du toxique. L’hyperthermie maligne et la toxicité sérotoninergique grave peuvent requérir un refroidissement par voie externe, une curarisation après sédation et ventilation mécanique et l’administration de cyproheptadine (antagoniste sérotoninergique des récepteurs 5HT-2A et 5HT-2C). La place du dantrolène n’est pas établie. La dépression neuro-respiratoire induite par les NPS opioïdes semble réversible par la naloxone, même si des doses plus élevées ont pu être nécessaires pour éviter l’intubation trachéale».

Concernant la prise en charge de la dépendance, comme le fait remarquer le Dr Alain Dervaux***, aucune étude randomisée contrôlée n’a été menée pour évaluer l’efficacité des traitements pharmacologiques et psychothérapiques dans des populations de sujets présentant une addiction aux NSP.

La prise en charge de ces patients est donc aujourd’hui calquée sur celle de l’addiction au cannabis pour les cannabinoïdes de synthèse, sur celle des addictions aux amphétamines pour les cathinones et autres stimulants de synthèse et sur celle de l’addiction aux opiacés dans les addictions au fentanyl et aux fentanyloïdes.

Frédéric Haroche

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Boire plus d’un verre d’alcool par jour réduit votre espérance de vie

Une nouvelle étude internationale conduite sur plus de 600 000 buveurs souligne les dangers de l’alcool, avec une réduction de l’espérance de vie au-delà de 7-8 verres de vin par semaine. Cet effet délétère augmente avec la consommation. 

alcool santé

Boire plus d’un verre d’alcool par jour réduit votre espérance de vie

Les chercheurs ont suivi 600 000 buveurs dans 19 pays du monde entier tout en prenant en compte leur âge, leur tabagisme, leurs antécédents de diabète, leur niveau d’éducation et leur profession. Selon leurs résultats, la limite supérieure de consommation sécuritaire était de 100 g d’alcool pur par semaine (un peu plus de 5 pintes de bière ou 8 verres ballon de vin). Boire au-delà de cette limite réduisait l’espérance de vie :

  • 100 à 200 g d’alcool ou plus par semaine étaient associées à une réduction de l’espérance de vie de 1 à 2 ans.
  • plus de 350 g d’alcool par semaine étaient liées à 4-5 ans d’espérance de vie en moins.

David Spiegelhalter, professeur à Cambridge qui n’a pas participé à l’étude, a calculé que chaque verre, au-delà des 10 par semaine, raccourcissait la vie de 15 minutes. « Bien sûr il appartient à chacun de voir s’il pense que ça vaut le coup« , a-t-il dit à Science Media Centre.

Boire moins d’alcool peut vous aider à vivre plus longtemps

Les chercheurs ont également examiné l’association entre la consommation d’alcool et différents types de maladies cardiovasculaires. Elle est associée à un risque accru d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque, d’anévrisme aortique mortel, de maladie hypertensive mortelle et d’insuffisance cardiaque sans qu’il n’existe de seuil clair. En revanche, la consommation d’alcool était associée à un risque légèrement inférieur de crises cardiaques non fatales.

Selon les auteurs, les liens entre la consommation d’alcool et ces maladies cardiovasculaires peuvent être liées à ses effets sur la pression artérielle et sur le mauvais cholestérol (HDL-C).

Pour le principal auteur de l’étude, Dr Angela Wood de l’Université de Cambridge, « Le message clé de cette recherche est que, si vous buvez déjà de l’alcool, boire moins peut vous aider à vivre plus longtemps et à réduire votre risque de plusieurs maladies cardiovasculaires. La consommation d’alcool est associée à un risque légèrement plus faible de crises cardiaques non fatales, mais cela doit être contrebalancé par le risque plus élevé associé à d’autres maladies cardiovasculaires graves – et potentiellement fatales ».

Beaucoup de pays trop laxistes avec l’alcool

Cette étude mondiale a des implications pour les pays, où les directives sur l’alcool varient considérablement.  Beaucoup de pays sont trop laxistes avec l’alcool, émettant des recommandations de santé publique qui exposent les consommateurs à un risque important. Parmi les pays qui devraient abaisser leurs recommandations, les auteurs citent l’Italie, le Portugal et l’Espagne, et à un moindre degré les États-Unis, le Canada ou la Suède. Mais ils en omettent d’autres qui ont des recommandations proches, comme la Belgique (21 verres par semaine pour les hommes, 14 pour les femmes) ou la Suisse (10 à 15 verres par semaine pour les hommes). La France est aujourd’hui plus sévère : Santé publique France avait rendu publique en mai 2017 une recommandation d’experts indépendants à 10 verres par semaine maximum.

Selon la base de données de l’Alliance internationale pour la consommation d’alcool responsable (IARD), organisation d’alcooliers, certains pays fixent la limite bien plus haut, à 40 g d’alcool pur par jour: la Corée du Sud, l’Espagne, l’Estonie, le Japon, la Roumanie ou encore l’Uruguay. Les conseils de modération semblent de toute façon mal suivis. Parmi les personnes étudiées, « environ 50% ont dit boire plus de 100 g d’alcool par semaine, et 8,4 plus de 350 g par semaine« , notent les auteurs.

Pendant ce temps, la ministre de la Santé déclare que « le vin fait partie du patrimoine gastronomique français« 

Le même jour que la publication de cette étude, le 12 avril, les ministres de la Santé Agnès Buzyn et le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert annoncent dans un communiqué avoir tenu une « première séance commune d’échanges avec les représentants de la profession viticole« . Le communiqué précise ainsi que « Accueillant favorablement la volonté des professions viticoles de s’associer aux politiques publiques de prévention, les ministres entendent conduire ces discussions dans un esprit constructif et d’ouverture » avant de conclure « Les ministres ont rappelé leur attachement à un discours public de responsabilité et de sensibilisation de la population dès lors qu’il est aussi reconnu que la consommation de vin fait partie du patrimoine gastronomique français et du rayonnement des produits des territoires français à l’international« . Erreur de timing, négation d’une évidence médicale…

Après avoir déclaré lors de la soirée débat « Alcool : un tabou français » que le vin était un alcool comme les autres, la ministre de la Santé achève son rétropédalage, très certainement obligée en coulisses d’avaler des couleuvres. La question aujourd’hui posée est de savoir si la politique de prévention est plus sensible aux intérêts de l’alcool qu’à l’intérêt général, comme le dénonçait en mars dernier la tribune de nombreux médecins intitulée « Vu du foie, le vin est bien de l’alcool« .

Près de 49 000 personnes meurent chaque année en France à cause de l’alcool. C’est la deuxième cause évitable de mortalité après le tabac. Son coût annuel a été estimé à 17,6 milliards d’euros. Toutes les études réalisées en France ou dans d’autres pays européens montrent le coût élevé des problèmes liés à l’alcool, dont un quart environ est attribuable aux dépenses de santé. Même si la consommation d’alcool a baissé depuis les années 60, nous consommons environ 12 litres d’alcool pur par habitant et par an, soit 30 % de plus que la moyenne européenne.

Ecrit par: David Bême

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Les hôpitaux désarmés face à de nouvelles drogues

Photo d'illustration ©FRED DUFOUR - AFP

Face à la multiplication de drogues de synthèse de plus en plus variées, l’Académie de pharmacie tire la sonnette d’alarme.

Ces drogues sont le plus souvent des « cannabinoïdes de synthèse » (plus de 170 identifiés en Europe selon l’académie).

Alors les cannabinoïdes, pour faire simple, c’est du cannabis de synthèse qui est plus puissant, plus dangereux et plus addictif que le cannabis naturel.

Fabriqué en Chine, il se présente le plus souvent sous forme d’un mélange de plantes séchées (conditionné dans un petit sachet métallique) sur lesquelles une solution chimique le rendant plus actif a été pulvérisée.

Il peut également être vendu sous forme d’encens, de poudre ou d’e-liquide pour cigarette électronique.

Ils portent toujours la mention « non destiné à la consommation humaine ».

Seulement voilà, aujourd’hui, 15 % des consultations aux urgences liées à la toxicomanie concernent cette nouvelle drogue.

Or, face à l’inventivité des chimistes qui alimentent le marché sur internet ou ailleurs, les moyens employés pour identifier des drogues mieux connues comme le cannabis naturel , la cocaïne, l’héroïne, ou les amphétamines ne suffisent pas.

En fait , « la modification structurale des molécules de ces drogues de synthèses les rend indétectables par les tests de dépistage actuels, ce qui pose un vrai problème au monde médical comme aux services de police.

Quelles sont les conséquences concrètes justement de l’apparition de ces drogues de synthèse ?

Les effets des cannabinoïdes de synthèse sont souvent imprévisibles, et les conséquences sur la santé peuvent être très graves« Crise d’angoisse, troubles du sommeil, hypotension sévère, hallucinations, perte de conscience, dommages aux reins, problèmes cardiaques, avec parfois des palpitations plusieurs heures après la prise ».

Il y a même eu des décès, notamment aux États-Unis. De plus, Il n’existe pas actuellement de traitement de substitution.

L’Académie demande de meilleurs équipements techniques dans les hôpitaux, plus perfectionnés, seule façon, selon elle, de mettre en évidence cette drogue chez un patient, faute de quoi, des drames sont à prévoir.

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La campagne-choc de la Sécurité routière contre les dangers des cannabis au volant

La Sécurité routière a lancé une campagne afin d’alerter les conducteurs sur les risques de la consommation de drogue.

La drogue aussi dangereuse que l’alcool au volant

Conduire sous l’emprise de la drogue est dangereux. La Sécurité routière a lancé un spot, diffusé à la télévision et au cinéma depuis quelques jours, afin de mobiliser les conducteurs contre les dangers de la prise de stupéfiants, notamment le cannabis, au volant. Tous les ans, 752 personnes meurent à cause de la drogue au volant, soit 22% des accidents mortels. Et pourtant, ces chiffres sont toujours sous-estimés, d’où cette campagne-choc.

Conduire sous l’effet du cannabis double, voire triple, le risque d’un accident mortel sur la route puisque le temps de réaction peut ralentir. Le conducteur peut également avoir une mauvaise évaluation des distances. Beaucoup de conducteurs estiment que fumer un joint est moins dangereux que de boire de l’alcool. Attention, c’est complètement faux. Pire encore, en associant les deux, les risques d’accident sont multipliés par 14. D’après l’Office français des drogues, plus de 5 millions de personnes consomment du cannabis en France.

Des contrôles simples et rapides

Les contrôles seront plus simplifiés et plus rapides pour les forces de l’ordre puisque des tests salivaires peuvent révéler immédiatement la présence d’une quelconque drogue chez le conducteur. Ce dernier sera sanctionné de 4 500 euros d’amende ainsi que de 6 points en moins sur le permis, voire même une suspension durant trois mois. La consommation de drogue au volant peut même aller jusqu’à deux ans de prison.

L’OBSERVATOIRE DES CONDUITES À RISQUES CHEZ LES COLLÉGIENS EN ISÈRE LIVRE SES PREMIERS RÉSULTATS FOCUS

L’Observatoire territorial des conduites à risques de l’adolescent (Otcra), porté par la Maison des Sciences de l’Homme, était inauguré mardi 27 mars, en présence du président de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictive (Mildeca).

À cette occasion, le dispositif d’enquête annuelle consacré aux adolescents a d’ores et déjà livré ses premiers résultats.     « Le savoir n’a de portée que s’il vise à transformer la société en fonction d’idéaux qui peuvent être souhaitables ». Ainsi s’exprimait le mardi 27 mars Thierry Menissier, vice-président en charge du Développement des recherches en sciences humaines et sociales de l’Université Grenoble Alpes (UGA), à l’occasion de l’inauguration de l’Observatoire territorial des conduites à risques de l’adolescent (Otcra).   Nicolas Prisse et Thierry Menissier © Florent Mathieu – Place Gre’net   L’Otcra ?

Un dispositif d’enquête sur les collèges du département de l’Isère destiné à mesurer le « climat scolaire » des établissements, mais aussi l’environnement familial des jeunes, leur sentiment d’implication dans la société et, naturellement, leurs conduites à risques en matière d’addiction ou de consommation de produits addictifs.     Un « outil novateur » pour l’Éducation nationale   Portée par la Maison des Sciences de l’Homme (MSH), l’Otcra associe la Direction départementale de la Cohésion sociale (DDCS), l’Éducation nationale et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictive (Mildeca).

Un organisme dont le président Nicolas Prisse était présent en personne sur le campus de Saint-Martin-d’Hères afin d’inaugurer le dispositif d’un genre nouveau.   Pour Christine Lequette, représentante du recteur Claudine Schmidt-Lainé, officiellement absente pour raisons de santé*, l’Otcra constitue ainsi un véritable « tournant » autant qu’un « outil novateur ». Un outil d’autant plus précieux que, de l’aveu même du médecin conseiller du recteur, l’Éducation nationale manque cruellement de ce genre d’initiatives dans le cadre de ses actions de prévention.

Des élèves bien dans leur peau… en général   Si l’Otcra était officiellement inaugurée le mardi 27 mars 2018, le commencement de son activité remonte à un an auparavant. Les équipes de la MSH ont d’ores et déjà réalisé une première enquête à cheval sur les années 2017 et 2018. Un peu plus de 8 000 élèves (50,2 % de garçons et 49,8 % de filles), répartis sur 69 collèges du département, ont ainsi participé en prenant sur leur temps scolaire pour répondre à un questionnaire anonyme.   Christine Lequette et Nicolas Prisse © Florent Mathieu – Place Gre’net   Situation familiale, relation avec les amis, intégration sociale, harcèlement scolaire, analyse de l’information…

L’étude aborde un grand nombre de sujets, à l’exception notable de toute question en lien avec la sexualité. Un parti-pris qui peut sembler surprenant pour une étude menée sur des élèves en grande majorité (85,2 %) de 13 ans, soit en pleine puberté.   Dans son ensemble, l’enquête montre des jeunes gens qui se sentent globalement entendus dans leur famille et manifestent de la confiance envers leurs amis, quand bien même 15 % d’entre eux se disent « déprimés » environ une fois par semaine, et même 11 % plus d’une fois par semaine. Autre chiffre remarquable : 10,6 % des adolescents interrogés disent « ne pas aimer du tout » le collège, et 10,2 % se considèrent « beaucoup stressés » par le travail scolaire.

Près de la moitié des jeunes disent avoir déjà bu de l’alcool   Dans ce contexte, quels résultats sur les conduites à risque à proprement parler ? En règle générale, les répondants au questionnaire manifestent une certaine sobriété. 93,3 % se déclarent non-fumeurs, même si 15,2 % disent avoir déjà fumé du tabac. Ils sont également 95,7 % à déclarer n’avoir jamais fumé de cannabis.   Nicolas Prisse au moment de l’inauguration de l’Otcra © Florent Mathieu – Place Gre’net   L’alcool n’amène pas les mêmes résultats. À la question « as-tu déjà bu de l’alcool ? », 47,9 % des adolescents interrogés répondent par l’affirmative. 62,6 % d’entre eux affirment toutefois ne « jamais » boire d’alcool, et 31,1 % « rarement », avec une consommation de « moins d’un verre ».  93,1 % des élèves disent enfin n’avoir « jamais » bu au point d’être saouls.

Mettre en confiance les adolescents   Nicolas Prisse n’a pas manqué de commenter ces résultats en s’attaquant directement à l’alcool, produit socialement plus accepté, auquel les enfants sont souvent initiés par les familles elles-mêmes, parfois avant l’âge de 10 ans. Et le président de la Mildeca de rappeler que la France compte cinq millions de consommateurs quotidien d’alcool, soit « cinq millions de consommateurs à risque ».

Qu’il s’agisse de tabac, d’alcool ou de cannabis, voire d’addiction « aux écrans » ou « aux jeux vidéos », Nicolas Prisse plaide enfin et surtout pour une forte implication du rôle de l’adulte. « La prévention, si l’on veut qu’elle ne soit pas simplement informative, passe par une mise en confiance de l’enfant dans son milieu et dans son rapport à l’adulte », conclut-il.     Florent Mathieu     *  Le lendemain, mercredi 28 mars, le conseil des ministres allait relever Claudine Schmidt-Lainé de ses fonctions, pour cause de soupçons de malversations lors de son passage au rectorat de Rouen.

Source : article L’Observatoire des conduites à risques chez les collégiens en Isère livre ses premiers résultats | Place Gre’net – Place Gre’net