LE CANNABIDIOL (CBD) TENTE DE VOLER AU SECOURS DU CANNABIS

Outre les intoxiqués par cette drogue, on trouve à la manœuvre des investisseurs, sans autre morale que l’espoir de revenus considérables.

Président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies
(CNPERT).

Après des années de déni, la nocivité du tétrahydrocannabinol (THC), principe actif majeur du cannabis, est enfin bien démontrée. Cela justifie pleinement que, dans une démarche sanitaire, soit maintenue sa prohibition, dont le législateur avait perçu les dangers dès les années 1970.

Les consommateurs ne voulant pas être privés de leur drogue ont usé de stratagèmes variés pour obtenir sa légalisation. Ils ont mis en exergue quelques activités pharmacologiques pour l’ériger en médicament. Le libéralisme américain a, sur un temps très court, autorisé le « cannabis médical », dans lequel se sont engouffrés nombre d’utilisateurs physiquement bien portants, qui ont bientôt appuyé la revendication d’une autorisation du « cannabis récréatif » (oubliant que la « récré » peut tourner au drame). As expected, les premiers constats font apparaître un accroissement du nombre des consommateurs et des accidents sous l’empire de cette drogue.

Outre les intoxiqués par cette drogue, on trouve à la manœuvre des investisseurs, sans autre morale que l’espoir de revenus considérables. Un de leurs récents subterfuges met en exergue des propriétés pharmacologiques du cannabidiol (CBD) qui coexiste, en des proportions très variables, avec le THC dans le cannabis.

Miracle de la phytothérapie à destination des gens crédules, ce CBD non seulement corrigerait les méfaits redoutés du THC, mais même en accroîtrait les effets bienfaisants. Aussi-a-t-il été proposé d’associer les deux molécules dans un médicament : le Sativex®. Les miracles thérapeutiques annoncés par des médias et la pression de lobbies cannabinophiles avaient convaincu un ministre de la Santé (Marisol Touraine) d’autoriser, d’une façon accélérée, sa mise sur le marché. Quatre ans plus tard, le médicament n’est toujours pas disponible dans les officines nationales ; cherchez l’erreur. Le prix demandé par le laboratoire espagnol a été jugé beaucoup trop élevé (s’il était effectivement « irremplaçable », il n’aurait pas de prix). Son remboursement ne serait, de surcroît, que d’un très bas niveau, parce que la commission de transparence a jugé « très faible » le service médical rendu (SMR) et « insignifiant » l’amélioration du service médical rendu (ASMR, de niveau V).

On méconnaît les cibles biologiques du CBD qui déterminent ses actions.

Précédant les démonstrations scientifiques, indispensables en matière de pharmacologie et de thérapeutique, une campagne bien orchestrée, relayée par une presse complaisante et des publicités largement diffusées, vante les effets mirobolants du CBD ; une thériaque à lui seul, une véritable panacée.

Alors que certains insistent sur l’absence d’effets psychotropes (pour bien le distinguer du THC), d’autres lui décrivent des effets antistress, anxiolytiques, antipsychotiques, antidépresseurs. Ne sont-ce là (si les mots veulent encore dire quelque chose) autant d’effets psychotropes ?

Mais l’énumération ne s’arrête pas là, nécessitant une profonde respiration pour les lire d’un seul tenant. On lui prête des effets : analgésiques (modestes), anti-épileptiques (dans le syndrome de Dravet, forme grave d’épilepsie infantile), anxiolytiques, antidépresseurs, et même antipsychotiques (cf. supra). Avec enthousiasme et à partir de données expérimentales encore plus ténues, il lui est attribué des effets : contre l’insomnie (sans en faire un hypnotique), anti-émétiques, anti-inflammatoires, anti-oxydants, anti-athéroscléreux, neuroprotecteurs, anticancéreux (sein), antipsoriasiques, stimulateurs du développement osseux. De cette énumération, qui n’est pas exhaustive, émerge un vrai problème pour le pharmacologue et pour le thérapeute : « beaucoup, c’est beaucoup trop ».

Telles des mouches attirées par le miel, des laboratoires se sont jetés à publicité déployée dans la commercialisation d’huiles à hautes teneurs en CBD. Des cultivars ont été développés pour produire des taux élevés de CBD et très peu de THC.

Ainsi, ceux qui avaient misé pour faire fortune sur le THC, désormais très dévalorisé par son rapport bénéfices/risques (bénéfices thérapeutiques que pourrait en retirer le patient mis en relation avec les risques qu’on lui ferait encourir en le lui prescrivant), pourraient, à partir des mêmes types de cultures sous serre ou dans les champs, mais en recourant à d’autres cultivars, empocher quand même la mise qu’ils avaient escomptée. C’est le type même du recyclage d’un concept à haute valeur ajoutée.

Voilà les derniers enfumages/entourloupes/manips/roulages dans la farine… dans la longue histoire du cannabis. L’enthousiasme des crédules est inusable, tout comme est intacte leur véhémence à fustiger ceux qui (comme l’auteur de ce billet) s’appliquent à leur ouvrir les yeux.

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EXCLUSIF – Quel est votre niveau de dépendance à l’alcool ? Faites le test

Europe 1 publie en exclusivité un rapide test validé par l’OMS pour mesurer votre niveau d’addiction à l’alcool.

TESTLes Français consomment beaucoup trop d’alcool. C’est ce que révèle l’enquête Constances « Consommation d’alcool, conditions de travail et risques professionnels » présentée jeudi lors d’un colloque organisé par la Mildeca, la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives et dévoilée en exclusivité par Europe 1. En plus de cette étude d’ampleur réalisée auprès de 200.000 Français de plus de 18 ans, Europe 1 vous propose de faire un rapide test validé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) pour connaître votre niveau de dépendance à l’alcool.

1. A quelle fréquence vous arrive-t-il de consommer des boissons contenant de l’alcool ?
– Jamais (0 point)
– 1 fois par mois ou moins (1 point)
– 2 à 4 fois par mois (2 points)
– 2 à 3 fois par semaine (3 points)
– Au moins 4 fois par semaine (4 points)

2. Combien de verres standard buvez-vous au cours d’une journée ordinaire où vous buvez de l’alcool ?
– 1 ou 2 (0)
– 3 ou 4 (1)
– 5 ou 6 (2)
– 7 à 9 (3)
– 10 ou plus (4)

3. Au cours d’une même occasion, à quelle fréquence vous arrive-t-il de boire six verres standard ou plus ? 
– Jamais (0)
– Moins d’une fois par mois (1)
– Une fois par mois  (2)
– Une fois par semaine (3)
– Tous les jours ou persque (4)

4. Au cours de l’année écoulée, à quelle fréquence avez-vous constaté que vous n’étiez plus capable de vous arrêter de boire une fois que vous aviez commencé ?
– Jamais (0)
– Moins d’une fois par mois (1)
– Une fois par mois  (2)
– Une fois par semaine (3)
– Tous les jours ou persque (4)

5. Au cours de l’année écoulée, à quelle fréquence le fait d’avoir bu de l’alcool vous a-t-il empêché de faire ce qui était normalement attendu de vous ?
– Jamais (0)
– Moins d’une fois par mois (1)
– Une fois par mois  (2)
– Une fois par semaine (3)
– Tous les jours ou persque (4)

6. Au cours de l’année écoulée, à quelle fréquence, après une période de forte consommation, avez-vous dû boire de l’alcool dès le matin pour vous sentir en forme ?
– Jamais (0)
– Moins d’une fois par mois (1)
– Une fois par mois  (2)
– Une fois par semaine (3)
– Tous les jours ou persque (4)

7. Au cours de l’année écoulée, à quelle fréquence avez-vous eu un sentiment de culpabilité ou de regret après avoir bu ? 
– Jamais (0)
– Moins d’une fois par mois (1)
– Une fois par mois  (2)
– Une fois par semaine (3)
– Tous les jours ou persque (4)

8. Au cours de l’année écoulée, à quelle fréquence avez-vous été incapable de vous souvenir de ce qui s’était passé la nuit précédente parce que vous aviez bu ?
– Jamais (0)
– Moins d’une fois par mois (1)
– Une fois par mois  (2)
– Une fois par semaine (3)
– Tous les jours ou persque (4)

9. Vous êtes-vous blessé ou avez-vous blessé quelqu’un parce que vous aviez bu ?
Non (0)
Oui, mais pas au cours de l’année écoulée (2)
Oui, au cours de l’année (4)

10. Est-ce qu’un ami ou un médecin ou un autre professionnel de santé s’est déjà préoccupé de votre consommation d’alcool et vous a conseillé de la diminuer ?
Non (0)
Oui, mais pas au cours de l’année écoulée (2)
Oui, au cours de l’année (4)

Résultat du test

  • Vous avez un total inférieur à 8 points : niveau de risque faible

Intervention : prévention primaire
Rôle du médecin généraliste : éducation pour la santé, soutien de la politique de santé vis-à-vis de l’alcool, exemplarité.

  • Vous avez un total compris entre 8 et 15 points : niveau de risque dangereux

Intervention : conseil simple
Rôle du médecin généraliste : repérage, évaluation, conseil bref

  • Vous avez un total compris entre 16 et 19 points : niveau de risque problématique

Intervention : conseil simple plus intervention d’aide brève et surveillance continue
Rôle du médecin généraliste : repérage, évaluation, conseil bref, suivi

  • Vous avez un total égal ou supérieur à 20 points : niveau de risque élevé (alcoolo-dépendance)

Intervention : traitement spécialisé
Rôle du médecin généraliste : repérage, évaluation, orientation vers un spécialiste, suivi

Comparez votre niveau de dépendance avec celui des Français mis en lumière par l’enquête de grande ampleur de la Mildeca, où l’on découvrez que 30,7% des hommes de 18 à 35 ans ont un niveau de risque élevé, voire dangereux pour 5,8%. C’est dans cette même catégorie d’âge que la plus grande proportion de femmes ayant des comportements « dangereux » (12,9%) et problématique (1,6%) est recensé.

Source Europe 1

Les psychotropes : La grande menace

 11.615 personnes prises en charge pour désintoxication, alors qu’en 2015, ce nombre est passé à 85.777 et en 2016, il  a grimpé pour atteindre 21 507 personnes.

Peut-on dire que l’explosion de la violence dans les stades, les écoles, contre les femmes et les enfants, et en milieu familiale soit liée à la consommation de la drogue, qui  connait une fulgurante ascension chez les jeunes ?

Une question que se sont posés hier, les participants au séminaire sur la toxicomanie et la violence, organisé à Alger, par l’Onlcdt (Office national de lutte contre la drogue et la toxicomanie), sans pour autant donner une réponse claire.

Cependant beaucoup d’entre eux s’accordent à reconnaitre que les violences et l’abus de drogue est un couple qui fait bon ménage en se nourrissant l’un de l’autre. Expert, Salah Abdennouri, met l’accent sur « le danger mortel » que constitue la prolifération de la drogue en rappelant les quantités énormes de résine de cannabis saisies par les services de sécurité, et qui ont connu une hausse de 235 %,  de 2011 et 2015, avec un pic de 211,5 tonnes, en 2013.

« Si durant ces dernières années, le volume de drogue saisi a diminué moitié, en raison de l’implication des unités de l’ANP dans les opérations de lutte au niveau des frontières notamment à l’ouest du pays, celui des psychotropes a quand à lui, connu une hausse inquiétante.

Il est passé de 637.961 comprimés en 2015 à 1,072 million, en 2016 puis à 2,201 millions en 2017… », déclare l’intervenant. Il précise que cette hausse concerne aussi  le nombre de consommateurs 2010,  il y a eu 11.615 personnes prises en charge pour désintoxication, alors qu’en 2015, ce nombre est passé à 85.777 et en 2016, il  a grimpé pour atteindre 21 507 personnes.

Abdennouri, rappel les résultats d’une enquête menée en 2016 par l’Office sur la consommation d’alcool, de tabac et de drogue, et qui a touché 12.103 élèves du primaire et du collège, qui montrent que  13,3 % des enfants ont fumé au moins une fois durant les douze derniers mois,  2,3 % ont consommé des psychotropes, 2,3 % ont bu de l’alcool, 3,6 % ont pris du cannabis et 1,9 ont gouté à l’ecstasy.

Le conférencier met en avant le phénomène de la violence sous toutes ses formes, mais sans pour autant donner d’indice qui lie l’explosion de cette violence et à l’addiction à la drogue, regrettant au passage,  « l’absence » d’un système de données centralisé qui « permet à tous les intervenants d’y avoir accès », car dit-il, « le problème de la drogue et de la violence est multisectoriel ».

Les représentants de la sureté national, Salim Djenah, et de la gendarmerie nationale, Youcef Dahmani, parlent des actions de prévention et de lutte contre la drogue,  citant les volumes de saisies, sans toute fois, donner un aperçu sur le traitement des personnes impliquées, en matière de procédure, depuis leur arrestation  jusqu’à leur présentation notamment lorsque les délits de consommation de drogue, sont aggravés par le recours à la violence

Poursuivre la lecture « Les psychotropes : La grande menace »

Recommandations concernant l’alcool….

Dix recommandations concernant l’alcool, formulées par un groupe de médecins.

Le CNPERT en ajoute d’autres.

Pr. Jean Costentin

Des médecins* de différentes disciplines ont signé récemment un ensemble de recommandations, destinées au législateur, qui visent à réduire les effets désastreux de l’alcool sur la santé d’un grand nombre de nos compatriotes

Rappelons : que 4 à 5 millions de français sont incapables de se priver complètement de boisson alcoolique un jour par semaine ; que nous sommes les champions de la consommation de vin en Europe ; que 6% des alcoolo-dépendants absorbent à eux seuls la moitié de l’alcool consommé en France (ce sont les « alcooliques », terme dénué de connotation péjorative, car il s’agit de grands malades, victimes des insuffisances de la prévention et des subterfuges des alcooliers.

L’abus de l’alcool à un haut niveau en fait une drogue dure, très dure même, au point qu’un sevrage brutal mettrait en jeu le pronostic vital (ce n’est pas le cas de l’héroïne).

L’alcool tue chaque année 49.000 Français. Il est la cause de nombreux handicaps, qui ne se résument pas aux cirrhoses hépatiques. Il est à l’origine de multiples dégâts sociaux ; l’intempérance per gravidique est à l’origine du syndrome d’alcoolisation fœtale (S.A.F., qui n’a rien de safe) chez un nouveau-né sur 1000 ; ce risque est annoncé par un pictogramme, en fait quasi illisible.

Les recommandations émises par ce collectif de médecins empruntent à l’Académie de médecine beaucoup de celles qu’elle a exprimées de longue date. C’est dire notre complète adhésion à celles-ci.

Elles correspondent à la demande :
1 – d’une indication claire, lisible, contrastée, sur les flacons de la quantité en gramme d’alcool (beaucoup plus explicite que le degré°) et de sucre, ainsi que de la quantité de calories qu’ils apportent. Un pictogramme bien visible et lisible indiquant la contre-indication de la consommation de boissons alcooliques pour la femme enceinte ;
2 – du remplacement de la mention « l’abus d’alcool est dangereux pour la santé » par celle « L’alcool est dangereux pour la santé » ;
3 – de la suppression de la mention «  à consommer avec modération » ;
4 – d’interdiction de la publicité des boissons alcooliques, sur tous supports ;
5 – de la très large diffusion de la recommandation de ne pas consommer plus de dix verres standards de boisson alcoolique (apportant chacun 10 grammes d’alcool) par semaine et pas plus de deux verres standards par jour ;
6 – d’une taxation au prorata du contenu en grammes d’alcool de chaque flacon beaucoup plus explicite que le degré° ;
7 – d’un prix minimum de vente par unité d’alcool, pour toutes les formes de boissons alcooliques.

8 – que les taxes perçues servent au financement de programmes de repérage précoce de l’intempérance alcoolique, ainsi qu’au soutien apporté aux recherches sur cette drogue, pour qu’elles soient indépendantes des lobbies alcooliers.

Le CNPERT salue, sans réserve, ce manifeste qui appuie opportunément les efforts déployés dans le passé par l’Académie de Médecine. Il espère que certains de ces signataires, qui mesurent les dégâts provoqués par le statut licite de l’alcool, seront bientôt aussi clairs dans leurs expressions sur le cannabis.

Aux recommandations précédentes le CNPERT en ajoute cinq :

1 – L’interdiction de vente des « premix » ou « alcopops » destinés à piéger enfants et adolescents à l’alcool, cachant sa saveur, initialement peu agréable à leur palais, derrière le sucre, les bulles du gaz carbonique, les saveurs et arômes de fruits.
2 – L’application à dissocier dans l’esprit des jeunes la notion de vraies fêtes et la consommation d’alcool. Des boissons comme le Champomy conditionnent dès l’enfance à une telle association d’idées. Sa dénomination de « boisson sans alcool » doit être remplacée par « boisson dont le titre alcoolique est réduit »
3 – La répression de l’ivresse publique des mineurs en impliquant la responsabilité parentale, traduite par une amende.
4 – Une mise en garde, très médiatisée sur les dangers du « binge drinking » / « biture expresse » / « alcoolisation aiguë », dont la pratique se développe d’une façon inquiétante.
5 – L’exigence d’une alcoolémie nulle chez les jeunes titulaires de permis, afin de créer le stéréotype « Boire ou conduire, il faut choisir ».

* parmi les 20 signataires on relève les noms de A. Benyamina, M. Reynaud ; I.
Frachon, A. Grimaldi….

 

Conduite sous l’influence du cannabis et accidents mortels

Conduite sous l’influence du cannabis et accidents mortels dans les états de Washington et du ColoradoPr J.-P. Goullé

Un rapport de 9 pages tire la sonnette d’alarme concernant la conduite sous l’influence de drogues aux États-Unis. Il considère qu’elle constitue une menace sérieuse pour la sécurité publique. Or, cet aspect est largement occulté dans la pandémie qui touche cette consommation. Selon des estimations prudentes, 20% des accidents de la route seraient causés
par des conducteurs sous l’emprise de drogues, ce qui se traduirait chaque année par des milliers de décès, des centaines de milliers de blessés et des milliards de dommages matériels.
Après des années de baisse constante, une récente augmentation importante des décès routiers est constatée dans le pays. Il est donc urgent de réduire la conduite sous l’influence de drogues, en particulier avec des facultés amoindries par le cannabis. www.StopDruggedDriving.org.

Des études récentes menées au Colorado et dans l’état de Washington, qui ont légalisé l’usage de la marijuana, montrent une nette augmentation de la conduite sous l’;influence de cette drogue.
Dans l’état de Washington, en 2014, le nombre de conducteurs sous l’emprise du cannabis tués dans un accident mortel de la circulation a plus que doublé après la légalisation de la drogue, pour atteindre 17% selon les statistiques officielles.

Quant à l’état du Colorado, en 2015, ce sont 21% des conducteurs tués qui ont été testés positifs au cannabis. Les décès liés à cette drogue ont augmenté de 48% en moyenne sur trois ans (2013-2015), comparativement à la période avant la légalisation de la marijuana à des fins récréatives (2010-2012), période au cours de laquelle le nombre total de morts sur la route a augmenté de 11%.

Dépénalisation : Pour Agnès Buzyn : « On ne peut pas donner le signal que le cannabis est sans danger. »

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Santé et cannabis ne feraient pas bon ménage. Agnès Buzyn explique pourquoi la dépénalisation du cannabis n’est pas envisagée. 

Ne pas minimiser les conséquences du cannabis sur les plus jeunes. Pour Agnès Buzyn, ce serait un des raisons qui pousse les gouvernement successifs à ne pas poursuivre le débat sur la dépénalisation.

Un danger pour les plus jeunes 

La ministre estime que le cannabis est un véritable problème de santé publique, un « fléau« . Un observatoire du ministère de la Santé aurait observé une baisse du tabagisme mais une augmentation de la consommation de cannabis chez les plus jeunes.

L’utilisation du cannabis provoquerait même des troubles d’ordre cognitifs chez les jeunes des Français. L’apprentissage serait plus difficile chez ces consommateurs. « Ce sont des enfants qui vont avoir du mal à l’école, à l’université avec potentiellement une mise en danger de leur avenir professionnel du fait de l’utilisation du cannabis.« , d’après Agnès Buzyn.

Pour les jeunes qui « l’utilisent abondamment » et parce qu’il serait à l’origine de beaucoup d’accidents de la route, le cannabis ne risque donc pas d’être dépénalisé de sitôt.

Boire plus d’un verre d’alcool par jour réduit votre espérance de vie

Une nouvelle étude internationale conduite sur plus de 600 000 buveurs souligne les dangers de l’alcool, avec une réduction de l’espérance de vie au-delà de 7-8 verres de vin par semaine. Cet effet délétère augmente avec la consommation. 

alcool santé

Boire plus d’un verre d’alcool par jour réduit votre espérance de vie

Les chercheurs ont suivi 600 000 buveurs dans 19 pays du monde entier tout en prenant en compte leur âge, leur tabagisme, leurs antécédents de diabète, leur niveau d’éducation et leur profession. Selon leurs résultats, la limite supérieure de consommation sécuritaire était de 100 g d’alcool pur par semaine (un peu plus de 5 pintes de bière ou 8 verres ballon de vin). Boire au-delà de cette limite réduisait l’espérance de vie :

  • 100 à 200 g d’alcool ou plus par semaine étaient associées à une réduction de l’espérance de vie de 1 à 2 ans.
  • plus de 350 g d’alcool par semaine étaient liées à 4-5 ans d’espérance de vie en moins.

David Spiegelhalter, professeur à Cambridge qui n’a pas participé à l’étude, a calculé que chaque verre, au-delà des 10 par semaine, raccourcissait la vie de 15 minutes. « Bien sûr il appartient à chacun de voir s’il pense que ça vaut le coup« , a-t-il dit à Science Media Centre.

Boire moins d’alcool peut vous aider à vivre plus longtemps

Les chercheurs ont également examiné l’association entre la consommation d’alcool et différents types de maladies cardiovasculaires. Elle est associée à un risque accru d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque, d’anévrisme aortique mortel, de maladie hypertensive mortelle et d’insuffisance cardiaque sans qu’il n’existe de seuil clair. En revanche, la consommation d’alcool était associée à un risque légèrement inférieur de crises cardiaques non fatales.

Selon les auteurs, les liens entre la consommation d’alcool et ces maladies cardiovasculaires peuvent être liées à ses effets sur la pression artérielle et sur le mauvais cholestérol (HDL-C).

Pour le principal auteur de l’étude, Dr Angela Wood de l’Université de Cambridge, « Le message clé de cette recherche est que, si vous buvez déjà de l’alcool, boire moins peut vous aider à vivre plus longtemps et à réduire votre risque de plusieurs maladies cardiovasculaires. La consommation d’alcool est associée à un risque légèrement plus faible de crises cardiaques non fatales, mais cela doit être contrebalancé par le risque plus élevé associé à d’autres maladies cardiovasculaires graves – et potentiellement fatales ».

Beaucoup de pays trop laxistes avec l’alcool

Cette étude mondiale a des implications pour les pays, où les directives sur l’alcool varient considérablement.  Beaucoup de pays sont trop laxistes avec l’alcool, émettant des recommandations de santé publique qui exposent les consommateurs à un risque important. Parmi les pays qui devraient abaisser leurs recommandations, les auteurs citent l’Italie, le Portugal et l’Espagne, et à un moindre degré les États-Unis, le Canada ou la Suède. Mais ils en omettent d’autres qui ont des recommandations proches, comme la Belgique (21 verres par semaine pour les hommes, 14 pour les femmes) ou la Suisse (10 à 15 verres par semaine pour les hommes). La France est aujourd’hui plus sévère : Santé publique France avait rendu publique en mai 2017 une recommandation d’experts indépendants à 10 verres par semaine maximum.

Selon la base de données de l’Alliance internationale pour la consommation d’alcool responsable (IARD), organisation d’alcooliers, certains pays fixent la limite bien plus haut, à 40 g d’alcool pur par jour: la Corée du Sud, l’Espagne, l’Estonie, le Japon, la Roumanie ou encore l’Uruguay. Les conseils de modération semblent de toute façon mal suivis. Parmi les personnes étudiées, « environ 50% ont dit boire plus de 100 g d’alcool par semaine, et 8,4 plus de 350 g par semaine« , notent les auteurs.

Pendant ce temps, la ministre de la Santé déclare que « le vin fait partie du patrimoine gastronomique français« 

Le même jour que la publication de cette étude, le 12 avril, les ministres de la Santé Agnès Buzyn et le ministre de l’Agriculture Stéphane Travert annoncent dans un communiqué avoir tenu une « première séance commune d’échanges avec les représentants de la profession viticole« . Le communiqué précise ainsi que « Accueillant favorablement la volonté des professions viticoles de s’associer aux politiques publiques de prévention, les ministres entendent conduire ces discussions dans un esprit constructif et d’ouverture » avant de conclure « Les ministres ont rappelé leur attachement à un discours public de responsabilité et de sensibilisation de la population dès lors qu’il est aussi reconnu que la consommation de vin fait partie du patrimoine gastronomique français et du rayonnement des produits des territoires français à l’international« . Erreur de timing, négation d’une évidence médicale…

Après avoir déclaré lors de la soirée débat « Alcool : un tabou français » que le vin était un alcool comme les autres, la ministre de la Santé achève son rétropédalage, très certainement obligée en coulisses d’avaler des couleuvres. La question aujourd’hui posée est de savoir si la politique de prévention est plus sensible aux intérêts de l’alcool qu’à l’intérêt général, comme le dénonçait en mars dernier la tribune de nombreux médecins intitulée « Vu du foie, le vin est bien de l’alcool« .

Près de 49 000 personnes meurent chaque année en France à cause de l’alcool. C’est la deuxième cause évitable de mortalité après le tabac. Son coût annuel a été estimé à 17,6 milliards d’euros. Toutes les études réalisées en France ou dans d’autres pays européens montrent le coût élevé des problèmes liés à l’alcool, dont un quart environ est attribuable aux dépenses de santé. Même si la consommation d’alcool a baissé depuis les années 60, nous consommons environ 12 litres d’alcool pur par habitant et par an, soit 30 % de plus que la moyenne européenne.

Ecrit par: David Bême

SOURCE

La campagne-choc de la Sécurité routière contre les dangers des cannabis au volant

La Sécurité routière a lancé une campagne afin d’alerter les conducteurs sur les risques de la consommation de drogue.

La drogue aussi dangereuse que l’alcool au volant

Conduire sous l’emprise de la drogue est dangereux. La Sécurité routière a lancé un spot, diffusé à la télévision et au cinéma depuis quelques jours, afin de mobiliser les conducteurs contre les dangers de la prise de stupéfiants, notamment le cannabis, au volant. Tous les ans, 752 personnes meurent à cause de la drogue au volant, soit 22% des accidents mortels. Et pourtant, ces chiffres sont toujours sous-estimés, d’où cette campagne-choc.

Conduire sous l’effet du cannabis double, voire triple, le risque d’un accident mortel sur la route puisque le temps de réaction peut ralentir. Le conducteur peut également avoir une mauvaise évaluation des distances. Beaucoup de conducteurs estiment que fumer un joint est moins dangereux que de boire de l’alcool. Attention, c’est complètement faux. Pire encore, en associant les deux, les risques d’accident sont multipliés par 14. D’après l’Office français des drogues, plus de 5 millions de personnes consomment du cannabis en France.

Des contrôles simples et rapides

Les contrôles seront plus simplifiés et plus rapides pour les forces de l’ordre puisque des tests salivaires peuvent révéler immédiatement la présence d’une quelconque drogue chez le conducteur. Ce dernier sera sanctionné de 4 500 euros d’amende ainsi que de 6 points en moins sur le permis, voire même une suspension durant trois mois. La consommation de drogue au volant peut même aller jusqu’à deux ans de prison.

L’OBSERVATOIRE DES CONDUITES À RISQUES CHEZ LES COLLÉGIENS EN ISÈRE LIVRE SES PREMIERS RÉSULTATS FOCUS

L’Observatoire territorial des conduites à risques de l’adolescent (Otcra), porté par la Maison des Sciences de l’Homme, était inauguré mardi 27 mars, en présence du président de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictive (Mildeca).

À cette occasion, le dispositif d’enquête annuelle consacré aux adolescents a d’ores et déjà livré ses premiers résultats.     « Le savoir n’a de portée que s’il vise à transformer la société en fonction d’idéaux qui peuvent être souhaitables ». Ainsi s’exprimait le mardi 27 mars Thierry Menissier, vice-président en charge du Développement des recherches en sciences humaines et sociales de l’Université Grenoble Alpes (UGA), à l’occasion de l’inauguration de l’Observatoire territorial des conduites à risques de l’adolescent (Otcra).   Nicolas Prisse et Thierry Menissier © Florent Mathieu – Place Gre’net   L’Otcra ?

Un dispositif d’enquête sur les collèges du département de l’Isère destiné à mesurer le « climat scolaire » des établissements, mais aussi l’environnement familial des jeunes, leur sentiment d’implication dans la société et, naturellement, leurs conduites à risques en matière d’addiction ou de consommation de produits addictifs.     Un « outil novateur » pour l’Éducation nationale   Portée par la Maison des Sciences de l’Homme (MSH), l’Otcra associe la Direction départementale de la Cohésion sociale (DDCS), l’Éducation nationale et la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictive (Mildeca).

Un organisme dont le président Nicolas Prisse était présent en personne sur le campus de Saint-Martin-d’Hères afin d’inaugurer le dispositif d’un genre nouveau.   Pour Christine Lequette, représentante du recteur Claudine Schmidt-Lainé, officiellement absente pour raisons de santé*, l’Otcra constitue ainsi un véritable « tournant » autant qu’un « outil novateur ». Un outil d’autant plus précieux que, de l’aveu même du médecin conseiller du recteur, l’Éducation nationale manque cruellement de ce genre d’initiatives dans le cadre de ses actions de prévention.

Des élèves bien dans leur peau… en général   Si l’Otcra était officiellement inaugurée le mardi 27 mars 2018, le commencement de son activité remonte à un an auparavant. Les équipes de la MSH ont d’ores et déjà réalisé une première enquête à cheval sur les années 2017 et 2018. Un peu plus de 8 000 élèves (50,2 % de garçons et 49,8 % de filles), répartis sur 69 collèges du département, ont ainsi participé en prenant sur leur temps scolaire pour répondre à un questionnaire anonyme.   Christine Lequette et Nicolas Prisse © Florent Mathieu – Place Gre’net   Situation familiale, relation avec les amis, intégration sociale, harcèlement scolaire, analyse de l’information…

L’étude aborde un grand nombre de sujets, à l’exception notable de toute question en lien avec la sexualité. Un parti-pris qui peut sembler surprenant pour une étude menée sur des élèves en grande majorité (85,2 %) de 13 ans, soit en pleine puberté.   Dans son ensemble, l’enquête montre des jeunes gens qui se sentent globalement entendus dans leur famille et manifestent de la confiance envers leurs amis, quand bien même 15 % d’entre eux se disent « déprimés » environ une fois par semaine, et même 11 % plus d’une fois par semaine. Autre chiffre remarquable : 10,6 % des adolescents interrogés disent « ne pas aimer du tout » le collège, et 10,2 % se considèrent « beaucoup stressés » par le travail scolaire.

Près de la moitié des jeunes disent avoir déjà bu de l’alcool   Dans ce contexte, quels résultats sur les conduites à risque à proprement parler ? En règle générale, les répondants au questionnaire manifestent une certaine sobriété. 93,3 % se déclarent non-fumeurs, même si 15,2 % disent avoir déjà fumé du tabac. Ils sont également 95,7 % à déclarer n’avoir jamais fumé de cannabis.   Nicolas Prisse au moment de l’inauguration de l’Otcra © Florent Mathieu – Place Gre’net   L’alcool n’amène pas les mêmes résultats. À la question « as-tu déjà bu de l’alcool ? », 47,9 % des adolescents interrogés répondent par l’affirmative. 62,6 % d’entre eux affirment toutefois ne « jamais » boire d’alcool, et 31,1 % « rarement », avec une consommation de « moins d’un verre ».  93,1 % des élèves disent enfin n’avoir « jamais » bu au point d’être saouls.

Mettre en confiance les adolescents   Nicolas Prisse n’a pas manqué de commenter ces résultats en s’attaquant directement à l’alcool, produit socialement plus accepté, auquel les enfants sont souvent initiés par les familles elles-mêmes, parfois avant l’âge de 10 ans. Et le président de la Mildeca de rappeler que la France compte cinq millions de consommateurs quotidien d’alcool, soit « cinq millions de consommateurs à risque ».

Qu’il s’agisse de tabac, d’alcool ou de cannabis, voire d’addiction « aux écrans » ou « aux jeux vidéos », Nicolas Prisse plaide enfin et surtout pour une forte implication du rôle de l’adulte. « La prévention, si l’on veut qu’elle ne soit pas simplement informative, passe par une mise en confiance de l’enfant dans son milieu et dans son rapport à l’adulte », conclut-il.     Florent Mathieu     *  Le lendemain, mercredi 28 mars, le conseil des ministres allait relever Claudine Schmidt-Lainé de ses fonctions, pour cause de soupçons de malversations lors de son passage au rectorat de Rouen.

Source : article L’Observatoire des conduites à risques chez les collégiens en Isère livre ses premiers résultats | Place Gre’net – Place Gre’net

Les addictions expliquées aux lycéens

Un ancien policier et deux ex-toxicomanes ont sensibilisé les élèves aux problèmes de drogues.

Après avoir tenu au lycée Diderot une conférence-débat avec les parents et représentants d’associations sur le thème « Addictions et adolescence », Jean-Paul Bruneau, président d’EDVO (ex-Espoir du Val d’Oise), accompagné de Guillaume et Rémy, anciens toxicomanes et pensionnaires d’EDVO, ont consacré la journée de mardi aux rencontres avec les lycéens.

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Le désastre des toxicomanies en France par le Pr Costentin

Ce livre décrit successivement les principales drogues actuellement identifiées, les moyens actuels mis en œuvre pour les combattre et suggère des mesures simples qui pourraient les renforcer.
Livre de fond, il devrait intéresser nos lecteurs mais aussi tous ceux et celles  qui ont pris conscience de la gravité de la situation actuelle et qui veulent s’y opposer. 

 

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On peut s’habituer à tout, même au pire ; pour soi peut-être, mais pas pour les autres, surtout quand il s’agit de notre jeune génération, qu’on espère voir perpétuer ce que nous pensons avoir réussi et corriger ce que nous avons raté.
L’auteur de ce livre s’échine, depuis plus de vingt ans, dans un silence médiatique pesant, face à l’ignorance, à indifférence et même à la complaisance vis-à-vis des drogues, à informer le plus grand nombre possible de ses concitoyens sur les méfaits physiques, psychiques, sociaux
et sociétaux provoqués par l’intrusion des drogues dans notre Nation. Il le fait d’une façon bénévole, qui le rend insupportable à ceux qui sont appointés pour le faire et soit ne le font pas, ou le font mal, ou le contredisent, voire même l’empêchent de s’exprimer.
Ce livre s’applique d’abord à expliquer les mécanismes de l’addiction ; puis il relate, drogue par drogue, l’importance de leur diffusion et de leurs méfaits sanitaires ; il propose enfin diverses pistes visant à contenir le tsunami toxicomaniaque qui ravage notre Nation, puisqu’elle est en tête pour presque chaque drogue des consommations parmi les 28 États membres de l’Union Européenne.
L’auteur promeut ici la devise du Centre National de Prévention, d’Études et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT) qu’il préside :

« S’il est important de nous préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il l’est plus encore de nous préoccuper de l’état des enfants que nous léguerons à notre planète ».

Aux éditions Docis, info@editions-docis.com 396 pages, 20 euros + frais de port

Cannabis, des familles témoignent

Lorsque le cannabis empoisonne la vie familiale, il est souvent nécessaire de se faire aider.

« Je souhaite que ma fille arrive à dire non »

Marie, 53 ans, mère d’une fille de 16 ans

« Je n’ignorais pas que le cannabis circulait dans un cercle de camarades de ma fille mais j’étais dans une forme de déni. Jusqu’au jour où une amie m’a prévenue qu’elle y touchait aussi. Je suis alors devenue beaucoup plus vigilante. Il y avait une perte de confiance entre nous. Au bout de trois mois, j’ai eu besoin de savoir. Je lui ai fait faire un test de détection du cannabis, lequel s’est révélé positif. Ce qui a déclenché chez moi une grosse colère, des reproches et des discours moralisateurs. Le cannabis est tout de même un produit illégal, répréhensible par la loi !

Ma fille se fermait. Je tournais en rond, en proie à un sentiment de culpabilité et de honte. J’étais une mauvaise mère de ne m’être aperçue de rien, de ne pas lui avoir donné les moyens de dire non. Je me posais plein de questions. Ma fille, évasive, noyait le poisson. Elle me disait qu’elle fumait en soirée pour se sentir bien, s’éclater à plusieurs, se dés­inhiber, cherchant à me rassurer.

Quand j’ai entendu dire qu’il lui arrivait d’être endormie en classe, je ne pouvais plus la laisser mettre sa vie en l’air. Une amie psychologue m’a parlé d’une consultation jeunes consommateurs. Après un premier rendez-vous ensemble, ma fille s’y rend seule depuis deux mois. Elle va mieux. De mon côté, j’ai appris à me taire, à attendre qu’elle puisse en parler. Ce que je souhaite, c’est qu’elle arrive à dire non, à repousser les tentations. Car elle y sera toujours confrontée. Je ne l’empêcherai pas de voir ses amis. C’est à elle de faire ses choix. »

« Ma première décision d’adulte »

Victor, 23 ans

« J’ai fumé mon premier joint à l’âge de 16 ans. J’ai accepté pour être un ado stylé. Cela ne me faisait pas peur, contrairement aux drogues dures que je n’ai jamais essayées. Le cannabis m’a procuré un grand plaisir. Je me suis mis à en consommer de plus en plus souvent. Je m’étais créé un personnage de fumeur au lycée.

Fumer du cannabis, c’était mon choix personnel, ma première décision d’adulte. Je savais que c’était illégal, mauvais pour la santé. Ma mère a découvert une barrette de shit que j’avais cachée à l’intérieur d’une lampe laser. Interdit de sortie pendant plusieurs mois, je faisais le mur pour aller fumer chez un copain.

Un jour, mes parents sont venus me chercher au commissariat pour détention de cannabis. Ils m’ont envoyé chez le psychologue. Ce qui n’avait aucun sens. Ils voulaient parler avec moi des dangers, de l’illégalité. Je savais tout cela, je n’avais pas envie d’en discuter. En voyant l’un de mes amis en plein bad trip, je me suis senti mal, moi aussi, après avoir fumé.

Après, je n’ai plus jamais éprouvé le plaisir des premiers temps. Je me suis alors renfermé sur moi-même, sur mes problèmes psychologiques. Je suis devenu une loque. J’ai commencé à ralentir ma consommation, à remonter la pente. J’enchaîne des emplois de caissier, d’hôte d’accueil… Je n’ai pas de but professionnel. Je vis au jour le jour. Avec le recul, je pense que mes parents ont été de bons parents. Même si leurs propos étaient maladroits, il était important que je les entende. Je leur avais menti, j’avais perdu leur confiance. Aujourd’hui, j’ai envie de les rendre fiers. »

« Cette drogue a mis à mal les liens familiaux »

Marianne, 60 ans, mère d’un jeune homme de 26 ans

« Mon fils, le dernier de trois enfants, a commencé à se droguer à l’âge de 13 ans. On s’en est rendu compte deux ans plus tard. Son attitude avait changé, ses résultats chutaient. L’initiation a eu lieu à l’école. Mais celle-ci fermait les yeux. Notre enfant a continué à consommer régulièrement, de l’herbe ou de la résine de cannabis, jusqu’en terminale, et même au-delà.

Malgré le fait que je trouvais des mégots dans sa chambre, dans le jardin, il niait les faits. C’était toujours les autres. Entre lui et moi, les discussions étaient sans fin. A la maison, il y avait un défilé permanent de copains. Certains objets ont été volés. L’ambiance était intenable.

Après avoir contacté l’association « Enfance sans drogue », j’ai donné le choix à mon fils : soit il restait à la maison et se désintoxiquait, soit il quittait le domicile familial. Quand il est parti, à 20 ans, cela a été un soulagement. Il était devenu violent avec son père et ses soeurs aînées. Tout cela a détruit la famille. La fratrie est désunie. Nos filles, toutes deux en couple, en souffrent encore aujourd’hui.

En tant que parents, on vit cette épreuve comme un échec. Un échec d’éducation. Je n’en ai pas parlé tout de suite à l’entourage familial. Ce n’est pas très glorieux. Plus tard, je me suis rendu compte que je n’étais pas le seul parent, parmi les proches, à connaître ces problèmes. On n’a jamais coupé les ponts avec notre fils. Pour gagner sa vie, il effectue des livraisons en intérim. En attendant de reprendre, dit-il, une formation. Il me certifie avoir lâché le cannabis mais n’admet pas encore que le fait de se droguer ait pu l’empêcher d’étudier, de créer, de se projeter dans l’avenir. »

Recueilli par France Lebreton

Les désastres des toxicomanies en France – Jean Costentin

Eléments inspirés du livre « Le désastre des toxicomanies en France » Pr. Jean Costentin (Edition DOCIS, mars 2018), à propos du cannabis à prétentions médicales, réponse à l’interview de madame Michka Seelinger- Chatelain parue dans « l’écho des médias, de l’A.N.M., semaine 9.

La pharmacologie et sa fille aînée, la thérapeutique, se sont débarrassées depuis plus d’un demi siècle des cigarettes « thérapeutiques », aux prétentions anti- asthmatiques, (par leurs composants anticholinergiques muscariniques). En effet, leurs goudrons cancérigènes, leur oxyde de carbone et l’inflammation chronique de la muqueuse des voies aérophores, ont condamné cette pratique ; le drame tabagique, enfin bien perçu, n’invitant pas à un retour en arrière.

Depuis Claude Bernard la pharmacologie s’est affranchie des « soupes végétales » comportant des constituants multiples (en des proportions variables selon les cultivars, le terrain, le climat…), aux effets éventuellement contradictoires sur les affections auxquelles on les destine ; « végétal varie, bien fou qui s’y fie ». ç’en est fini des « panacées » et autres « thériaques ». On demande à un médicament une activité principale, voire exclusive, sur un trouble ou une affection.

En l’état des connaissances deux molécules dominent dans le cannabis indica /chanvre indien : le tétrahydrocannabinol = THC, bien connu ; et le cannabidiol =CBD, qui commence à l’être, et sur laquelle les médias s’enflamment, pour en faire le cache misère du THC (miracle de la phytothérapie, il réduirait ses méfaits et exalterait les effets recherchés)

Les revendications d’usages thérapeutique portent surtout sur ce THC, sous tendues par ses puissants effets addictifs, qui incitent ses utilisateurs à en magnifier les effets.

Le THC a une lipophilie exceptionnelle qui est à l’origine d’une véritable accumulation dans l’organisme, confinant à une sorte de thésaurismose; lors de son usage chronique il se stocke dans les lipides cérébraux et les panicules adipeux pour plusieurs semaines. Cette pharmacocinétique ingrate est perçue comme malencontreuse pour la thérapeutique, d’autant que le THC interagit avec différents médicaments via la glycoprotéine P.

Le THC exerce de multiples effets ; multitude qui, par essence, est en contradiction avec le statut de médicament, dont on attend un effet majeur, principal , tolérant au mieux quelques effets latéraux, non adverses, dont certains pourraient même participer à d’autres indications ; mais point trop n’en faut !

Le THC agit par la stimulation de 2 types de récepteurs ; CB1 surtout centraux et CB2 surtout périphériques. Ces premiers sont très nombreux dans le cerveau au point d’être les plus nombreux de tous les types de récepteurs présents ; ils sont de plus ubiquistes ; de ce fait ils influencent, quelquefois de façon intéressante, mais souvent pour le pire une multitude de fonctions psychiques, neurologiques, psychiatriques. Nous n’en citerons ici, pèle mêle que quelques dizaines : sédatif ; ébriant ; stupéfiant ; addictif ; inducteur de délire et d’hallucination ; désinhibiteur ; il trouble la coordination motrice, l’équilibre, l’évaluation des distances, l’évaluation du temps, la mémoire à court terme, la mémoire de travail ; il perturbe la conduite des véhicules à moteur et diverses activités professionnelles ; il est anxiolytique en aigu 3 avant de devenir anxiogène au long cours ; il est pseudo-antidépresseur en aigu avant d’induire au long cours des troubles dépressifs avec, en embuscade, des tentatives de suicide ; il est myorelaxant, analgésique, il stimule l’appétit ; ses effets désinhibiteurs peuvent conduire à des prises de risque et à des comportements auto- ou hétéro-agressifs ; il peut induire de novo des troubles schizophréniques, décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, ou aggraver une schizophrénie déclarée. Son effet addictif marqué se lit dans le nombre élevé de ses usagers réguliers (1.500.000 en France, en dépit des rigueurs de la loi auxquelles ils s’exposent) et dans la véhémence et l’ingéniosité de ses consommateurs pour obtenir sa légalisation. Au rythme où ses effets recherchés s’épuisent il incite au recours à d’autres drogues (escalade et poly toxicomanies) ; il potentialise les effets psycholeptiques de l’alcool, des benzodiazépines, des reliquats matinaux de divers hypnotiques…. C’est un grand perturbateur cognitif (par défocalisation de l’attention, par l’ivresse, par un syndrome amotivationnel, par une baisse de la perfusion de l’hippocampe, par baisse de la production d’ATP par les mitochondries de l’hippocampe, par une réduction intense de la libération de l’acétylcholine aux terminaisons des neurones cholinergiques septo-hippocampiques ; de là les pitoyables performances des potaches français qui, au tout premier rang européen des consommateurs de cannabis se retrouvent au 27ième rang du classement PISA des performances éducatives.

La toxicité somatique de la drogue concerne la sphère ORL et broncho-respiratoire ; au plan cardiovasculaire : responsable d’artérites chez des sujets jeunes ; troisième cause de déclenchement d’infarctus du myocarde ; à l’origine d’accidents vasculaires cérébraux de sujets jeunes ; il exerce des effets perturbateurs endocriniens ; il perturbe le déroulement de la grossesse et le développement de l’enfant qui en naîtra, avec, à l’adolescence, une grande propension aux addictions, qui semble liée à des effets épigénétiques.

Il importe à ce stade de rappeler l’élément fondateur du concept de médicament ; le sacro-saint rapport bénéfice / risque. Les bénéfices dans chacune des indications revendiquées (analgésie, immunodépression, myorelaxation, anti glaucomateux, orexigène, sont d’intensité modeste et, pour chaque indication revendiquée, inférieure aux médicaments de référence disponibles, tandis que les effets adverses sont multiples et pour certains d’entre eux, graves et même très graves (conf. supra).

Cela fait plusieurs décennies que le bon sens et la science font barrage à la diffusion du cannabis pour tout et du cannabis pour tous. L’académie de médecine a conclu il y a quelques années : « Le cannabis – un faux  médicament, une vraie drogue » ; dans le même esprit, la commission de transparence de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM), qui avait à juger du service médical rendu du Sativex®, (association du THC et du CBD), après qu’il eut obtenu l’autorisation de mise sur le marché (A.M.M.) dans l’indication spasmes douloureux de la sclérose en plaques, a jugé qu’il était « insignifiant ». C’est la raison pour laquelle 4 ans après l’octroi précipité de son A.M.M., ce produit que les médias enthousiastes avaient présenté comme irremplaçable, n’est toujours pas commercialisé en France.

A partir des données qui viennent d’être évoquées et sur les seules bases scientifiques qui doivent prévaloir, rien ne justifie l’assertion selon laquelle la légalisation du cannabis serait inéluctable !

Salle de shoot : nouvelle agression

Une nouvelle agression perpétrée ce mardi, rue Ambroise-Paré (Xe) sur une jeune femme enceinte, a ravivé l’inquiétude et la colère des riverains.

C’est l’événement de trop. La goutte d’eau qui fait déborder le vase, dans un quartier sous tension depuis des mois. L’agression devant témoins, mardi soir, vers 19 h 30 d’une jeune femme enceinte rue Ambroise-Paré (Xe), à quelques mètres de la salle de consommation de drogue, a ravivé l’inquiétude des riverains. Ceux-là mêmes qui recensent, semaine après semaine, la multiplication des incivilités, cambriolages, intrusions dans les immeubles, deal, jet de seringues et scènes d’injection de drogue en pleine rue.

«Nous n’avons jamais connu une telle insécurité »

«Cette jeune femme sortait de l’hôpital Lariboisière où elle avait rendu visite à son père, et venait de s’engager dans l’escalier qui mène au parking souterrain, lorsqu’un homme, sous la menace d’un couteau, a tenté de lui arracher son sac à main, détaille un habitant du quartier qui a échangé avec la victime avant qu’elle ne soit prise en charge par la police. Elle pleurait, était en panique totale et commotionnée. Très choquée. Je l’ai encouragée à porter plainte. Sans qu’un lien avec la salle de shoot soit établi, il n’en demeure pas moins que jamais, avant l’ouverture du lieu, voici plus d’un an, ce quartier n’avait connu une telle insécurité et une telle série d’agressions. Nous n’en pouvons plus. »

Une surveillance policière plus étroite

Intégré depuis peu à la Zone de sécurité prioritaire (ZSP) du XVIIIe arrondissement élargie, le secteur de la Lariboisière-Gare du Nord, fait désormais l’objet d’une surveillance policière plus étroite, mais n’en demeure pas moins «extrêmement anxiogène » : «Nous avons rencontré le préfet de police, Michel Delpuech il a y a dix jours et lui avons transmis un recueil de plusieurs dizaines de pages, horodaté et illustré de photos, des incidents survenus ces six derniers mois dans notre quartier, souligne un membre du collectif Riverains Lariboisière Gare du Nord, qui vient d’être associé au comité de suivi de la ZSP. Nous avons bénéficié d’une écoute attentive et bienveillante. »

« 9 jours sur 10, un problème est signalé »

Le collectif, qui exige depuis des mois le déplacement de la salle de consommation dans un quartier sans riverains ni commerçants, recense dans leur long document aux allures de cahier de doléances le nombre de shoots de rue observés — parfois devant des enfants — , de cessions de stupéfiants, d’Autolib’ squattées par des toxicomanes et de seringues abandonnées. Mais également, les vitrines brisées des commerçants, le nombre de cambriolages, de bagarres, d’invectives aux passants et d’intrusions dans les halls d’immeubles.

Bilan des intéressés : «Sur 180 jours, nous avons recensé 157 délits… Ce qui signifie que 9 jours sur 10, un problème est signalé dans le quartier. » La préfecture de police, quant à elle, avance plus de 4 000 contrôles au total, aux abords de la salle, parmi lesquels près de 1 500 ont relevé d’une infraction pénale.

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