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Les leçons de l’histoire – Hofman :  cannabis, LSD (La Recherche)

Dr Jean-Luc Saladin

En furetant dans ma bibliothèque, je suis tombé sur le numéro de «La Recherche» de juillet 1970 dans lequel il y avait un article d’Albert Hofman, sur les hallucinogènes, (faut-il rappeler qu’Albert Hofman est le découvreur du LSD ?), et voici ce qui est dit, entre autres choses, à propos du hachisch :

En 1845 Moreau de Tours présente à l’académie des Sciences, son ouvrage « Du haschisch et de l’aliénation mentale », accompagné d’une lettre où il écrit :

. « J’avais appris à connaître les effets de l’extrait du chanvre indien (haschisch) durant un voyage que je fis en avril 1837. Je vis dans l’action que cette substance exerce sur les facultés morales, un moyen puissant, unique, d’exploration en matière de pathogénie mentale ; je me persuadai que, par elle, on devait pouvoir être initié au mystère de l’aliénation mentale, remonter à la source cachée de ces désordres, si nombreux, si variés, si étranges, qu’on désigne sous le nom collectif de folie. »

. « Les risques de la consommation extra médicales, des hallucinogènes.

Si la consommation des hallucinogènes n’entraîne pas de dépendance physique, en revanche l’utilisation du haschisch engendre une dépendance psychique, plus rarement observée dans les cas du LSD et des hallucinogènes mexicains. Toutes ces substances font courir aux consommateurs de graves, risques psychiatriques.

Il est d’ailleurs surprenant d’observer que l’utilisation du LSD très répandue il y a quelques années dans les universités et les « collèges » américains est en régression tandis que celle du haschisch s’y accroît, constamment, tout comme en Europe, d’ailleurs.

Aujourd’hui, alors que la limitation de l’emploi des psychodysleptiques mexicains par des mesures de contrôle sévère de la part des autorités, rencontre une approbation quasi unanime, la discussion relative à un emploi plus libre du haschisch bat à nouveau son plein.

Que se passerait-t-il dans l’hypothèse où la consommation du haschisch se généraliserait en Occident ?

Il n’est pas possible de répondre avec certitude à cette question, qui soulève d’ailleurs des problèmes éthiques et sociologiques, très complexes.

À mon avis il s’agit là moins d’un problème médical que d’un problème culturel. Les effets du haschisch cadrent bien avec la philosophie introvertie des pays d’origine de cette drogue. Il semble en contradiction avec la conception occidentale du monde, qui, façonnée par l’Antiquité et la chrétienté est surtout fondée sur le contrat actif avec le monde extérieur et autrui. La continuité de la civilisation occidentale serait-elle maintenue si l’usage oriental du haschisch venait à s’y implanter de manière généralisée ? » 

Tout était dit, il y a 55 ans, oui le haschisch rend fou et la folie n’est une bonne affaire pour personne, ni pour la victime, ni pour sa famille, ni pour ses amis, ni pour la société.

Que de temps perdu par des « décideurs », dénués de toute culture scientifique, et bien souvent dotés de cerveaux abîmés au moins par l’alcool. Ils n’ont même pas pris le temps d’écouter ceux qui allient science et pratique au plus près du réel.

Lu pour vous : « La guerre de l’ombre »

Pr. Jean Costentin

Ce livre, très documenté, de Claire Andrieux (Ed.  Denoël) est paru en 2020. Il lui aura fallu sans doute au moins trois ans pour enquêter et pour l’écrire. Ainsi, depuis près de dix ans la situation dramatique que l’on constate aujourd’hui était prévisible. La fébrilité soudaine de ceux qui l’ont laissé évoluer ne peut les absoudre de leur attentisme.

 Cannabis et cocaïne font la course en tête. C’est seulement maintenant qu’on découvre que sans leurs consommateurs cet énorme marché n’existerait pas. Depuis la loi de décembre1970, jamais appliquée, le « pouvoir » politique a sans cesse minimisé les peines infligées à ces consommateurs. Elles sont devenues une simple amende de 200 €, inscrite nulle part, souvent non payée et même contestées par des addictologues et des associations subventionnées par des fonds publics. L’Éducation nationale s’est inscrite aux abonnés absents pour les actions de prévention.

Ce trafic rapporte des milliards d’euros. Il rétribue grassement les barons de ces drogues, leurs nombreux comparses. Il corrompt une large variété d’acteurs : transporteurs, stockeurs, douaniers, gardiens de prison, dockers, policiers, avocats, magistrats, … « Tout le monde a un seuil de corruption » dit un expert de la lutte antidrogue.

Pour tenter de faire pièce à cette agression majeure de notre société, l’État mobilise une kyrielle d’institutions et d’organisations : douanes, gendarmerie, police nationale, magistrature…mais alors qu’il  est question de « guerre contre le narcotrafic », l’armée n’est pas mobilisée, pourtant il s’agit aussi de reconquérir « des territoires perdus par la République » où la drogue fait la loi. Les services sont nombreux, avec des sigles qui égarent, et parfois des concurrences malencontreuses qui n’excluent pas les coups bas : DCPJ, DEASRI, DNRED, OCRGDF, OCRTIS, OFAST, TRACFIN, MILDECA, OFDT, JIRS…. « Là où il y a de l’homme, il y a de l’hommerie ». Certains de leurs membres se laissent parfois corrompre ou outrepassent certaines règles qui les font suspecter.

Ce livre nous apprend la multitude de modes de livraison des drogues : canots pneumatiques, bateaux de plaisance, bateaux de pêche, paquebots, sous-marins de poche (conçus par un français, Yan Tassin, pour le compte de Pablo Escobar), drones, avions, voitures rapides, « mules » (individus transportant la drogue enfermée dans des préservatifs (avalés, ou intra rectaux, ou intra vaginaux). Pour neutraliser les chiens renifleurs du cannabis, les paquets sont enveloppés dans un tissu imbibé d’urines de tigre, (obtenues dans des ménageries).

On fait la connaissance de truands notoires (Tintin, Hadil, Hambli, Fargette, Hassan, Crevette, Walid, El-Maleh , Mourad de Poissy, Bouch de Dreux, Ben de Trappes, Mouf … beaucoup de bi nationaux, leur mode d’organisation, leur résidence souvent loin des lieux du trafic, s’inscrivent dans la mondialisation. Non moins glauque est le monde des informateurs de police / des indics : « les tontons, poucaves, balances, cousins, taupes qui, pour les services qu’ils rendent, peuvent se voir allouer des sommes importantes (50.000, 100.000 €) et des remises de peine pour prix de leurs dénonciations.

Ce livre de plus de 400 pages est d’une grande densité. Ses nombreuses informations n’ont hélas pas empêché l’évolution vers la situation calamiteuse présente.   En le refermant on se demande si le David de la « puissance publique » peut encore l’emporter contre le Goliath du narcotrafic, épaulé par la corruption, l’appétence non combattue des consommateurs, la démagogie des politiques, la dépression qui, gagnant les esprits, alimente la démission ambiante.

Andrieu C,  La guerre de l’ombre (Denoël, Paris 2020).

Alors que la puissance publique réagit enfin contre les toxicomanies, des associations qui devraient en principe lutter dans le même sens s’opposent à ses décisions.

La loi « Ripost» est votée par le Parlement et, avec elle, des actions concrètes qui promettent d’être enfin efficaces contre le narcotrafic et l’usage des drogues. Pourtant des voix s’élèvent paradoxalement contre ces décisions alors qu’à l’évidence on croyait leurs auteurs définitivement acquis à la lutte qui est menée. Qui sont- ils et pourquoi ?
Notre ami Jean Costentin analyse et démasque des impostures. A lire sans délais (« top priority reading”)
– Jean-Paul Tillement –

lire l’article
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Alors que la puissance publique réagit enfin contre les
toxicomanies, des associations qui devraient en principe lutter dans
le même sens s’opposent à ses décisions
.

Professeur Jean Costentin

Le péril toxicomaniaque, solidement installé en France, continue de s’aggraver. Le nombre d’utilisateurs réguliers de cocaïne et de crack s’apprête à dépasser celui des consommateurs « problématiques » de cannabis/chanvre indien (1.200.000), dont nous sommes les champions européens, une nouvelle drogue de synthèse apparait chaque semaine, tandis que s’implantent des techniques empruntées aux narco États.
Les « pouvoirs publiques » changent enfin de braquet. Le ministre de la Justice (G. Darmanin) accroit l’efficacité du système carcéral (créant des prisons dédiées aux narcotrafiquants) et renforce craintivement l’arsenal juridique, sous la surveillance du conseil constitutionnel.
De concert avec le ministre de l’Intérieur (B. Retailleau) ils ont exprimé, telle une découverte récente, que ce sont les consommateurs de drogues qui font prospérer un trafic de près de 9 milliards d’euros, qui rétribue de nombreux malfrats (dont 220.00 dealers) et corrompt différents acteurs de l’administration
et de la société civile.
L’exemple devant venir d’en haut le Premier Ministre (S. Lecornu) instaure des contrôles salivaires ou urinaires des drogues chez des responsables des ministères et de la Haute fonction publique ; mais si le nom des contrevenants n’est pas connu seront-ils sanctionnés ?
La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives / MILDECA, ne confond plus de L de Lutte avec celui de Légalisation ; elle semble s’affranchir de la tutelle qu’exerçait sur elle des addictologues à contre-emploi.
En mars 2026, le Gouvernement a présenté au Sénat un projet de loi visant à offrir des Réponses Immédiates aux Phénomènes qui troublent l’Ordre public,
la Sécurité et la Tranquillité de nos concitoyens
= RIPOST. Le 15 juillet, 366 députés la votaient en première lecture (avec quelques modifications, tandis que 182 députés de gauche s’y opposaient. Une commission mixte (7 députés et 7 sénateurs) a trouvé un compromis entre les expressions des deux chambres, permettant à la loi RIPOST d’être votée le 21 juillet.

C’est dans ce contexte que se sont manifestées diverses associations :
AddictLib ; Cannabis Sans Frontières ; la Fédération Addiction ; la Ligue des droits de l’Homme ; Médecins du Monde ; NORML France (National Organization for the Reform of Marijuana Laws France) ; Police Contre la Prohibition ; Safe ; SOS Addiction (W. Lowenstein) ; le Syndicat de la
magistrature.
Elles se sont émues de divers aspects de cette loi, elles qui depuis longtemps se donnent beaucoup de mal pour aggraver l’expansion des toxicomanies. Aussitôt elles pétitionnèrent, c’est dans leur ADN, pour demander la suppression de nombre des dispositions prévues dans ce projet RIPOST, dont :

  • Le délit de participation à des rassemblements musicaux illégaux
    (Les Rave / Free parties) ;
  • L’augmentation du montant de l’amende forfaitaire délictuelle (AFD) infligée pour un usage de stupéfiants.
    (Heureusement l’Assemblée nationale a accru son montant de 200 à 500 € et a décidé qu’elle sera inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire, pouvant être accessible à la connaissance de certains employeurs ou de certaines administrations.)
  • La peine complémentaire de suspension du permis de conduire pour usage de stupéfiants.
  • Le délit d’inhalation du protoxyde d’azote
    La loi vient d’en faire un délit, avec une amende forfaitaire délictuelle (AFD) portée, comme pour les autres drogues illicites, de 200 à 500 euros. La conduite sous son emprise pourrait valoir jusqu’à 3 ans de prison et 9 000 euros d’amende.
    Elle a également décidé l’interdiction de sa vente aux particuliers ; disposition différée au 1 er février 2027 (« pour respecter le droit européen »), mais dès maintenant sont pénalisés la détention et le transport par des particuliers de quantités importantes de ce gaz, qui devient passible de deux ans d’emprisonnement et de 7 500 euros d’amende.
  • Le délit de conduite malgré l’usage « manifeste » de stupéfiants.

Oh quelles belles âmes ces associations défenseures des victimes des toxicomanies, peu préoccupées de les guérir, de les prévenir, ni de protéger ceux que menacent leurs comportements dangereux. Leur totem, leur sacro-sainte « réduction des risques » ne trouve pas place dans leurs protestations.
Tant pis pour ceux qui croiseraient sur leur route ou au travail la trajectoire de sujets intoxiqués.
Fi pour elles de la prévention / de la dissuasion attendue de l’amende forfaitaire délictuelle ; qui souvent d’ailleurs n’est pas acquittée, ce que la loi voudrait corriger. Souvenons-nous des protestations véhémentes de plusieurs de ces associations quand le Président de la République s’est ému de son non-
recouvrement ;
Fi également de l’indispensable pédagogie que ces associations n’ont jamais pratiquée et qu’elles ont même souvent critiquée.

Surgit une question : Des subventions publiques sont-elles allouées à ces associations ? Dans l’affirmative il serait urgent d’y mettre fin. « Nicolas ne veut plus payer » pour les fauteurs de troubles à l’ordre public et pour ceux qui les encouragent.

                                                                           

Narcotrafic : la République doit reprendre le contrôle

Par François Diot, membre du CNPERT 


Il est des phénomènes qui révèlent, à eux seuls, l’état d’une nation. Le narcotrafic est de ceux-là. Il ne pose plus seulement une question de délinquance ou de santé publique : il mesure désormais la capacité de l’État à protéger, à faire respecter la loi et à empêcher qu’une économie criminelle n’impose ses règles sur une partie du territoire.

En 2025, 84 tonnes de cocaïne ont été saisies en France, soit 58 % de plus qu’en 2024 et près de quatre fois le volume intercepté en 2023. L’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT) estime à 1,1 million le nombre d’usagers de cocaïne dans l’année ; la teneur moyenne du produit est passée de 46 % en 2011 à 73 % en 2023. Les trafics ne traversent plus simplement notre pays : ils s’y enracinent, des métropoles aux villes moyennes, jusque dans les communes rurales. Il n’existe plus de « zones blanches

Une économie criminelle qui défie l’État

Il faut saluer le travail des policiers, gendarmes, douaniers, magistrats et services de renseignement. Mais il faut aussi regarder le paradoxe en face : nous saisissons davantage de cocaïne parce qu’il en circule davantage. Les succès opérationnels, aussi indispensables soient-ils, ne suffisent plus à inverser la dynamique du marché.

Les réseaux fonctionnent désormais comme des multinationales. Ils diversifient les produits, déplacent les routes, blanchissent les profits, utilisent les cryptoactifs et les messageries chiffrées, corrompent, recrutent des mineurs et importent des armes. Fin 2025, le Gouvernement évaluait le marché des stupéfiants à 6,8 milliards d’euros, trois fois plus qu’en 2010. Face à cette stratégie intégrée, notre réponse reste trop souvent morcelée : l’Intérieur interpelle, les Douanes saisissent, la Justice poursuit, la Santé soigne et l’Éducation nationale prévient. Chaque administration agit ; les criminels, eux, coordonnent.

La France n’a donc pas besoin d’une politique supplémentaire contre les drogues, mais d’une doctrine nationale. Le narcotrafic est une menace pour la souveraineté, la cohésion sociale et l’autorité de la République. Il doit être combattu comme tel.

La demande, angle mort de notre politique

Depuis trente ans, l’action publique s’est principalement concentrée sur l’offre. Pourtant, aucun marché criminel ne prospère durablement sans clients. Chaque gramme acheté lors d’une soirée étudiante, d’un dîner mondain ou d’une fête privée finance les mêmes filières qui recrutent des adolescents, menacent des habitants et arment les règlements de comptes.

Le rappeler n’est pas culpabiliser les personnes dépendantes. C’est rétablir une vérité économique : il n’existe pas de narcotrafic sans consommation. En 2025, les infractions relevées pour usage ont encore progressé de 6 %, celles liées au trafic de 8 %. Réduire la demande est donc aussi une politique de sécurité. Cela suppose une prévention plus précoce, plus lisible et évaluée ; une responsabilisation réelle des consommateurs ; et des parcours de soins capables d’intervenir avant que l’usage ne devienne dépendance.

Nous dénonçons volontiers la violence du dernier maillon de la chaîne. Nous devons aussi interroger l’argent qui l’alimente. Tant que la consommation de cocaïne restera socialement banalisée, la République combattra les trafiquants d’une main tout en laissant leur marché se développer de l’autre.

Soigner ne signifie pas se résigner

La réduction des risques a sauvé des vies : elle prévient les overdoses, limite les contaminations et maintient un lien avec les personnes les plus marginalisées. Mais elle doit rester un moyen, non devenir l’horizon indépassable de la politique publique. Réduire les risques ne peut remplacer l’ambition du rétablissement.

La dépendance n’est ni une identité ni une fatalité. C’est une pathologie chronique qui altère les circuits de la récompense, du contrôle des impulsions et de la décision. À mesure que l’addiction s’installe, la liberté de choisir se réduit. Voilà pourquoi le soin doit offrir davantage qu’un accompagnement de la consommation : il doit rendre possible une sortie durable de l’addiction.

La France dispose de professionnels compétents, d’équipes hospitalières engagées, d’environ 500 Centres de Soin, d’Accompagnement et de Prévention en Addictologie (CSAPA) et de 150 Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des risques pour Usagers de Drogues (CAARUD). Ce qui manque est une organisation à la hauteur : des sevrages accessibles, des structures résidentielles en nombre suffisant, des parcours intensifs, un accompagnement des familles et une place reconnue aux groupes d’entraide. Les financements publics doivent aussi être évalués sur des résultats transparents : maintien dans les soins, amélioration de la santé, insertion et accès au rétablissement, sortie de l’usage de drogue.

Chaque personne libérée durablement de la dépendance est une victoire humaine. C’est aussi un client de moins pour les organisations criminelles. Santé publique et sécurité intérieure ne s’opposent pas : elles se rejoignent dans la réduction durable de la demande.

Une justice à la hauteur de la menace

La loi du 13 juin 2025 et la création, en janvier 2026, du Parquet national anticriminalité organisée ont renforcé l’arsenal de l’État. C’est une avancée. Mais une loi ne remplace ni un magistrat, ni un greffier, ni un enquêteur financier. Les procédures mobilisent des années, des milliers de communications, des sociétés-écrans, des flux internationaux et des expertises numériques complexes. Pendant ce temps, les réseaux réinvestissent leurs profits en temps réel.

Il faut donc un plan d’urgence pour les juridictions et les services d’enquête : davantage de magistrats et de greffiers, davantage d’analystes financiers, des outils informatiques adaptés, des coopérations européennes accélérées et la systématisation des enquêtes patrimoniales. Frapper les avoirs criminels est aussi stratégique que saisir les cargaisons. La certitude et la rapidité de la sanction comptent davantage que l’empilement des textes.

Il faut également assumer la fonction protectrice de la prison. Elle n’est pas un outil thérapeutique : les personnes dépendantes relèvent d’abord du soin. Mais les chefs de réseau, importateurs, logisticiens, blanchisseurs, recruteurs de mineurs et commanditaires de violences doivent être neutralisés et les peines prononcées effectivement exécutées.

Or, au 1er mars 2026, la France comptait 87 126 détenus pour 63 353 places opérationnelles. Cette surpopulation dégrade les conditions de détention, entrave la réinsertion et fragilise la crédibilité de la chaîne pénale. Créer des places de prison dignes, sécurisées et accompagnées de programmes de prévention de la récidive n’est pas un réflexe idéologique : c’est une condition de l’État de droit.

2027 : l’épreuve de vérité

À l’approche de l’élection présidentielle de 2027, les candidats devront dire quelle conception de l’État ils défendent. Un État qui gère les conséquences ou un État qui agit sur les causes ? Un État qui oppose le soin à la sanction ou un État capable de prévenir, soigner, sanctionner et reconstruire ?

La prochaine majorité devrait engager une stratégie nationale articulée autour de quatre priorités : une prévention exigeante ; un plan national du rétablissement associant soins spécialisés, structures résidentielles, groupes d’entraide, soutien aux familles et évaluation des résultats ; une justice dotée des moyens humains et techniques correspondant à la menace ; enfin, des capacités pénitentiaires permettant d’exécuter les peines et de préparer la réinsertion.

Le narcotrafic n’est plus seulement une question de drogues. Il est devenu une épreuve de souveraineté. Les chiffres sont connus, le diagnostic aussi. La seule question qui demeure est politique : aurons-nous enfin le courage de donner à la République les moyens de reprendre le contrôle ?

« Drogues : trente ans d’aveuglement politique, et soudain l’urgence – simple coïncidence à l’approche de 2027 ? » (Tribune d’Atlantico, le 27 juin 2026)

Nous avons reçu de notre ancien Président, le Professeur Jean Henri Costentin, ce texte qui rappelle de façon opportune aux candidats à la prochaine élection présidentielle qu’il existe un grave danger qui ne doit pas être sous-estimé malgré les multiples autres problèmes que connait notre pays. Il le fait à titre personnel avec ses mots, la verve que nous lui connaissons et la longue expérience tirée de son long combat contre l’indifférence qu’il a souvent rencontrée dans sa lutte contre les conduites addictives et les dangers liés à l’usage des drogues. Cet engagement est aussi le nôtre, souhaitons que notre ami soit entendu.

                                                                                    Jean-Paul Tillement

Lire la tribune

POUR UN AVENIR PLUS SEREIN

CNPERT Blog :  éditorial 25 juin 2026

Un témoignage inédit de Jean-Paul Bruneau qui bouscule beaucoup d’idées reçues !
Nos lecteurs savent le prix que nous attachons au stage de consolidation après un sevrage de drogue à l’issue d’une hospitalisation. Il a un franc succè

s puisque lorsque le patient le souhaite, la cure hospitalière peut être consolidée, voire durable (75% de réussite). Cette étape reste une initiative privée (non prise en charge par l’assurance maladie) à laquelle sont attachées de courageuses associations. Elles sont nombreuses, deux d’entre elles ont rejoint notre conseil d’administration, EDVO et Saint Jean Espérance.
Jean-Paul Bruneau Président Fondateur d’EDVO nous propose de suivre le chemin qui l’a amené à cette belle réalisation créée et animée bénévolement en parallèle de sa profession ; il nous fait découvrir qu’il est un ancien policier « de terrain » qui a commencé par la brigade des mineurs, puis par la brigade des stupéfiants (ça ne s’invente pas !) avant de se consacrer à la formation continue des policiers du 95.
Il existe au sein de la Police Nationale des formations spécifiques proposées à des policiers volontaires et vous en découvrirez l’efficacité, peu connue du grand public, raison de plus pour en parler.
Au risque de paraitre provocateur mais une provocation, si c’est le cas, en vaut une autre, vous découvrirez que « la police relève » et participe à la réinsertion d’anciens toxicomanes.

Jean-Paul Tillement

Lire ce témoignage

Français, réveillez-vous ! Devant l’état alarmant de la consommation de drogues et l’exposition aux drogues de synthèse, l’Etat prend les choses en main.

Deux circulaires récentes du gouvernement vous y invitent.

1° Consommation de drogues : quelles conséquences sur votre santé et votre vie quotidienne ?
Information du Gouvernement
https://www.info.gouv.fr/actualite/consommation-de-drogues-quelles-consequences-sur-votre-sante-et-votre-vie-quotidienne

2° Exposition aux cannabinoïdes de synthèse chez les adolescents et jeunes adultes : vigilance, prise en charge et signalement.
Alerte de la Direction Générale de la Santé
https://sante.gouv.fr/IMG/pdf/dgs-urgent_no2026_07_exposition_aux_cannabinoides_de_synthese.pdf

Ces circulaires sonnent enfin l’alarme sur l’emprise du narcotrafic sur notre société. Celui-ci importe la création, la fabrication à grande échelle et la diffusion de multiples drogues à des prix qui se veulent accessibles. Ce sont d’abord des extraits de plantes dont la production de THC (Tetrahydrocannabinol) a été optimisée par des OGM ; ils répondent à l’attrait naïf et contestable pour les substances naturelles supposées sans danger. Ils sont relayés par des produits de synthèse dérivés chimiques du THC, à l’usage exclusif des toxicomanes, de plus en plus addictogènes et toxiques. L’imagination de ces chimistes est sans limite, sans contrôle et menace dangereusement la santé de ceux qui y succombent.

Les pouvoirs publics invitent à mesurer les nouveaux dangers encourus.

Il est temps de réagir !

Pr Jean-Paul Tillement

Un verre par jour n’est pas sans danger !!

Ce que 843 études disent vraiment sur l’alcool et le cancer

Les Français boivent moins d’alcool…

Voici comment leur consommation a évolué 
photo  les français souhaitent des boissons moins fortes et les associent moins souvent au repas.  ©  getty images/istockphoto

Pour la première fois, en 2025, la consommation de bière en France a dépassé celle du vin, selon les données fournies par les organismes sectoriels. Cela s’inscrit dans un changement plus profond des habitudes de consommation d’alcool.

Week-end prolongé, chaleur, premiers festivals… De nombreux Français profitent de la Pentecôte pour se retrouver en famille ou entre amis. Parfois autour d’un verre d’alcool, à consommer avec modération. Mais la boisson sur la table n’est souvent plus la même …

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