Lettre du CNPERT Mars 2020

Pour télécharger la lettre du CNPERT de Mars 2020 : CNPERT Lettre N°65

Les articles :

Editorial – Les nouvelles drogues, une menace mortelle pour nos enfants

Pr J.-P. Goullé

Un an après la libéralisation de l’utilisation du cannabis au Canada : quel
impact sur la santé des jeunes de 10 à 24 ans. Pr. François Guilhot

Janvier sans alcool (« Dry january ») Pr. Jean Costentin

Propositions-suggestions du Centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT) pour s’opposer au déferlement des drogues licites et illicites qui affecte gravement la France afin d’en protéger les jeunes
(Synthèse Pr. J.-P. Goullé)

Derniers florilèges de la buprénorphine à haut dosage
Pr. Jean Costentin

Le cannabis dans le livre « L’Archipel français » de Jérôme Fourquet

Une information des plus inquiétantes : la légalisation de l’usage récréatif du cannabis en France est « en marche »
Pr J.-P. Goullé

Un membre du C.N.P.E.R.T honoré dans la revue de l’association mondiale des
toxicologues de médecine légale (TIAFT)
Pr J.-P. Goullé

 

La chute du business du cannabis au Canada

Près de 18 mois après la légalisation, le bilan est désastreux pour les entreprises du secteur, concurrencées par le marché noir.

Par Ludovic Hirtzmann
Dans l’usine de Smith Falls (Ontario), Canopy Growth fabrique des produits dérivés du cannabis (ici, du chocolat).
Dans l’usine de Smith Falls (Ontario), Canopy Growth fabrique des produits dérivés du cannabis (ici, du chocolat). Blair Gable/REUTERS

Les espoirs des entreprises du secteur du cannabis partent en fumée. Après une année 2019 décevante, les géants de la marijuana canadienne accumulent les mauvaises nouvelles depuis le début du mois. Aurora Cannabis a annoncé en fin de semaine le licenciement de 500 employés sur 1600. Un autre producteur, Tilray, a fait part de sa volonté de se séparer de 10% de ses effectifs début février. Plusieurs autres sociétés ont procédé à des suppressions de postes ces dernières semaines.

Presque un an et demi après la légalisation du «pot» comme les Québécois appellent le cannabis, le marché s’effondre. Depuis la légalisation de la marijuana le 17 octobre 2018, l’indice boursier du secteur, le Canadian Marijuana Index, s’est écroulé de 781 points à 178 points le 12 février. D’une capitalisation boursière de 4,9 milliards de dollars canadiens (3,3 milliards d’euros) au jour de la légalisation, le producteur de cannabis Aphria ne vaut plus aujourd’hui que 1,1 milliard (750.000 euros).

Derniers florilèges du scandale de la buprénorphine à haut dosage (BHD)

 

Par le Pr Costentin

Plus de 300.000 sujets, en France, sont affectés d’une dépendance aux opiacés et opioïdes (tramadol, codéine, morphine, oxycodone, fentanyl, héroïne). D’aucuns le sont
devenus au décours de prescriptions d’analgésiques puissants, à fortes doses, sur des durées plus ou moins longues. D’autres, très majoritairement, le sont devenus par une ascension « récréative » de l’échelle des toxicomanies (tabac, alcool, cannabis, ecstasy, cocaïne, buprénorphine, oxycodone, morphine, méthadone, héroïne).

Un de ses échelons est celui de la buprénorphine à haut dosage (BHD, le SubutexTM) et ses comprimés sublinguaux. Elle était destinée à faire rompre les héroïnomanes avec l’injection intraveineuse (IV) de leur drogue. Cette injection les ancre dans leur toxicomanie par l’effet « shoot », associé à la variation très rapide de la stimulation des récepteurs cérébraux des substances endogènes que sont les endorphines ; stimulation flash produite par l’injection IV de substances morphiniques.

La BHD, administrée par voie sublinguale, occupe durablement ces récepteurs ; elle s’oppose ainsi à la stimulation subite que produirait l’injection IV d’un morphinique. C’est pour cette indication que la BHD a été autorisée en France, il y a une quinzaine d’années. Elle est prescrite par des médecins généralistes qui auraient dû recevoir une formation spécifiqueautre que celle dispensée par les déléguées médicales des
laboratoires qui la commercialisent.

La suite (qui paraît ignorée des médias), ce sont plus de 100.000 « bénéficiaires » de ce SubutexTM/BHD, prescrit souvent à la plus haute dose autorisée (16 mg/jour), avec une forte proportion d’entre eux qui se l’injectent, aux frais de notre Sécurité sociale, à la place de leur coûteuse héroïne, avec les mêmes risques de transmission du SIDA, des hépatites B et C… qui justifiaient son autorisation de mise sur le marché.

L’argument récurrent de la « réduction des risques » en fait naître de plus grands que ceux qu’elle prétendait réduire. Un même « bénéficiaire » se fait prescrire de la BHD par plusieurs médecins, puis se fait délivrer ces ordonnances par des pharmaciens différents ; la revente du stock constitué lui permet d’acquérir sa chère héroïne pour se l’injecter. Il effectue cette revente à de jeunes toxicophiles, les faisant accéder aux morphiniques.

Ces derniers en usent et bientôt en abusent par voie sublinguale, puis ils passent à la voie IV après mise en solution de la glossette, puis ils arriveront à l’héroïne.
Cependant, l’important résidu de la matrice galénique du SubutexTM restreint le volume du surnageant pouvant être injecté.

Cette restriction du détournement vient d’être surmontée par la commercialisation d’un lyoc (comprimé à dissolution complète et instantanée sur la langue) de buprénorphine à haut dosage. Il s’agit de l’OrobupréTM, du laboratoire français Ethypharm.

Ces lyocs peuvent être dissous dans l’eau en vue de leur injection, ne laissant pas le moindre résidu insoluble. La responsabilité de son autorisation de mise sur le marché
incombe à l’Agence nationale de sécurité du médicament – ANSM – qui, ayant instruit le dossier, a recommandé au ministre de la Santé d’autoriser sa mise sur le marché (AMM) ; c’est la ministre qui a signé cette autorisation.

La Haute Autorité de santé (HAS), impliquée, a émis un avis dans lequel elle considère
qu’OrobupréTM n’apporte pas d’amélioration du service médical rendu (ASMR V) par rapport au SubutexTM ; elle propose, de ce fait, un remboursement à 30 % seulement.

La Mission interministérielle de lutte contre les drogues et autres conduites
addictives (MILDECA) ne peut pas ne pas avoir été associée à cette décision.
Cette chaîne de responsables ne justifie les frais de leurs appointements assurés par la collectivité, pour lutter contre les drogues, puisqu’elle se transforme en accompagnement et même en incitation.

La MILDECA (plan d’action 2018-2022) a même anticipé l’accroissement du nombre de « salles de shoots pour toxicomanes » alors que l’évaluation de leur pertinence (qui
demeure très contestée) ne devait intervenir que six ans après leur mise en œuvre. La précédente présidente de la MILDECA (Mme Jourdain–Menninger) se déclarait favorable à la commercialisation d’une forme injectable de BHD. Patience…

Le laboratoire Ethypharm (encore lui) s’y prépare.
Qu’une part de l’impôt (jugé confiscatoire par nombre de ses assujettis) soit utilisée non pour lutter mais pour faciliter les toxicomanies est insupportable !

Note du rédacteur de ce billet : les lecteurs sont invités à corriger l’euphémisme
« insupportable » par un autre qualificatif qui leur paraîtrait plus approprié.

Ce qui se passe dans votre corps lorsque vous buvez trop d’alcool

Ces derniers jours ont été festifs. Vous vous êtes peut-être réunis en famille ou entre amis, avez partagé un bon repas et bu un peu beaucoup d’alcool, avant d’éventuellement prolonger la nuit ailleurs.

Néanmoins, avant d’enchaîner les verres, il est important de bien comprendre ce qui se passe réellement dans notre corps lorsque nous buvons de l’alcool. De quoi éviter les pièges pour ne pas vous mettre en danger inutilement.

L’alcool agresse le corps

Peu importe le type d’alcool, les effets sont fondamentalement les mêmes si l’on ingère les mêmes quantités. La boisson pénètre dans l’estomac avant d’intégrer l’intestin grêle. Il sera alors absorbé dans la circulation sanguine. Comptez environ une heure pour que votre corps puisse métaboliser 10 g.

Les molécules d’éthanol vont ensuite se répandre via la circulation sanguine pour finalement atteindre le cerveau. S’en suivront des troubles de la vigilance, de la coordination ou de la parole. Ces derniers sont dus à l’impact de l’alcool sur le cervelet qui coordonne ces capacités à partir des signaux qu’il reçoit de systèmes sensoriels comme l’ouïe, la vision ou la moelle épinière.

Ces signaux de sortie sont en effet véhiculé par des neurones s’appuyant sur un neurotransmetteur appelé GABA. Tout ce système est inhibé par l’alcool, d’où les troubles moteurs.

Les molécules d’éthanol sont également si petites qu’elles arrivent à pénétrer dans l’oreille interne.

L’alcool va agir principalement sur les canaux semi-circulaires qui renseignent le système nerveux sur les mouvements de rotation de la tête. Ces canaux sont remplis d’un fluide appelé endolymphe et disposent de cellules ciliées enchâssées dans une cupule. Les densités de l’endolymphe et de la cupule sont similaires. Il y a donc un équilibre qui n’est pas soumis à la gravité.

En revanche, l’alcool apporté par la circulation sanguine va se diffuser plus rapidement dans la cupule que dans l’endolymphe. Il y a alors un déséquilibre. La cupule va pouvoir se déplacer plus librement et deviendra plus sensible aux déplacements de la tête. Autrement dit, vous allez avoir “la tête qui tourne”.

Lendemains compliqués

L’alcool est connu pour être un diurétique. Autrement dit, vous allez uriner souvent, ce qui peut entraîner une déshydratation. À cause du manque d’eau dans votre corps, votre circulation sanguine sera alors beaucoup moins fluide (donc plus épaisse).

Il faut savoir que c’est le sang qui apporte les molécules d’oxygène à votre cerveau. Si le sang est plus épais, il sera donc moins mobile et votre cerveau sera du coup moins oxygéné. Ces sensations de “mal de crâne”,  de somnolence ou d’étourdissement, c’est en réalité votre cerveau qui les commande pour vous demander de l’eau.

Par ailleurs, l’alcool peut irriter la muqueuse de l’estomac , provoquant alors des vomissements et de la diarrhée. On observe également un déséquilibre électrolytique (manque de minéraux) et une baisse de la glycémie. C’est pourquoi vous vous sentez également faible et nauséeux.

Il n’y a aucun moyen de dégriser rapidement. Votre seul allié, c’est le temps. Votre corps a en effet besoin de temps pour éliminer l’alcool de votre corps. La caféine ou l’eau peuvent éventuellement vous aider à vous sentir un peu moins ivre, mais ces liquides n’ont aucun impact sur la concentration d’alcool dans votre sang.

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