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Centre National de Prévention, d Etudes et de Recherches en Toxicomanies

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Le drame des toxicomanies en France*

Un texte sur le livre du Pr Jean Costentin vient d’être publié (Juillet 2021, N° 54) dans la « Lettre aux compagnons » organe de liaison de la section de la Seine-Maritime de l’Association des membres de l’Ordre National du Mérite.

L’importance de ce sujet est liée à ses aspects sanitaires, sociaux, économiques et sociétaux. Il sera évoqué ici à partir des deux drogues licites – le tabac et l’alcool, et de la drogue illicite la plus largement consommée – le cannabis.


Plusieurs subterfuges ont été conçus pour accroître leur consommation. Leurs premiers usages surviennent de plus en plus précocement, incitant à les relier à l’ensauvagement de certains jeunes et aux guerres des bandes.
Ces drogues sont souvent associées entre elles et à d’autres drogues dont elles incitent à la consommation, par un phénomène d’escalade, aboutissant à des polytoxicomanies de plus en plus fréquentes.
L’alcool

L’alcool faisait il y a 50 ans des ravages très supérieurs à ceux qu’il produit aujourd’hui. Sa consommation, qui était en moyenne de 24 litres d’alcool pur par français et par an, s’est réduite de moitié (12 l/an), sous l’effet de politiques résolues, dont en particulier la loi Evin. Elle ne cesse hélas d’être « détricotée » sous la pression du lobby alcoolier.

C’est ainsi que la baisse régulière de sa consommation se trouve stoppée. Dans le village de mon enfance qui comptait 1.800 habitants, 18 bistrots se partageaient l’intoxication alcoolique d’une importante fraction de la population, très
majoritairement masculine. Néanmoins la population féminine n’était pas épargnée. Le syndrome d’alcoolisation fœtale (S.A.F.) qui affectait l’existence de malheureux gamins, concernait 1% d’entre eux. Il n’affecte plus que de 1% 0 naissances ; chiffre encore beaucoup trop élevé s’agissant d’un drame évitable.

Il faut, chez les femmes enceintes, redoubler le message d’une « tolérance zéro » pour toutes les boissons alcooliques.
L’alcool est consommé de façon régulière (plus de 10 fois par mois) par 11% des lycéens de seconde et par 25% des élèves de terminale. Il s’y ajoute la pratique de plus en plus fréquente de la « biture expresse » (plus académiquement nommée « alcoolisation aigüe »), dont on mesure désormais les conséquences délétères.


Induisant un coma éthylique, elle peut conduire à une inhalation du contenu gastrique, le syndrome de Mendelsson, qui est létal (par une sorte d’autodigestion du tissus broncho-pulmonaire) dans 50% des cas. La répétition du coma alcoolique induit des effets neurotoxiques qui peuvent affecter irréversiblement le fonctionnement cérébral.
Enfin, l’alcoolisation aigue ferait le lit de l’alcoolisme à l’âge adulte.


L’alcool recrute en France 9 millions d’usagers réguliers, dont 5 millions d’usagers quotidiens (incapables de s’en abstenir au moins un jour par semaine ; c’est la caractéristique des « alcoolo-dépendants » avec, parmi eux, plusieurs centaines de milliers d’ « alcooliques » (terme sans connotation péjorative, s’agissant de personnes très gravement malades, physiquement, psychiquement, socialement (marginalisation par ruptures familiales, professionnelles, amicales, clochardisation…).
L’alcool est responsable de 41.000 morts annuelles en France.


Le degré alcoolique des boissons ne cesse de s’accroître, oubliez le Beaujolais nouveau, « vin de soif », à 8° ; on n’en trouve pas à moins de 12°5. La plupart des bières sont à plus de 5°, et parfois beaucoup plus ; quant aux canettes de 250 ml, elles évoluent vers de plus hauts volumes …


Le goût de l’alcool n’étant pas plaisant au palais du jeune adolescent, pour le devenir il est dissimulé derrière les bulles du gaz carbonique, le sucre et des parfums de fruits ; il s’agit des « premix » ou « alcopops », conçus par les alcooliers pour piéger très tôt les jeunes. Quant au « Champomy » qui n’est pas rigoureusement dénué d’alcool, (au point qu’une bouteille entière pourrait correspondre à un verre de vin), il a aussi pour vocation d’associer dans l’esprit de l’enfant à la notion de fête une boisson qui ressemble au champagne.


Le Tabac


Le tabac a piégé 13 millions de français, soit 27% des 18 – 75 ans. Dans leur grande majorité ils voudraient s’en affranchir mais ne peuvent y parvenir. 2,5 % des collégiens de quatrième fument quotidiennement, ils sont 22% des lycéens de terminale à le faire.

Sa toxicité, même si elle n’est que physique, est à l’origine de 75.000 décès annuels en France. Il est à l’origine de nombreux handicaps chez ceux qui en mourront plus tard, ou qui mourront d’une autre cause. Ces handicaps affectent plus ou moins gravement leur qualité de vie (amputations consécutives à une artérite d’un membre inférieur, angine de poitrine, séquelles d’infarctus du myocarde, séquelle d’accident vasculaire cérébrale, séquelle de cancers ORL ou de la sphère respiratoire…; perturbation de la grossesse et de l’enfant qui en naîtra).

Le tabac est responsable du décès de la moitié de ses consommateurs, il abrège de 20 ans en moyenne l’espérance de
vie. L’adjonction au tabac de chromones (substances d’origine végétale), engendre, par leur combustion, des aldéhydes volatiles. Accédant au cerveau ces aldéhydes réduisent la destruction de la dopamine – le neuromédiateur du plaisir ; cette dopamine dont la nicotine du tabac produit la libération.

Ces chromones accroissent le plaisir éprouvé pendant la consommation d’une cigarette, mais elles font ensuite ressentir plus péniblement son arrêt, ce qui incite le fumeur à se saisir bien vite d’une autre cigarette…
La cigarette électronique est un moyen intéressant pour réduire la toxicité du tabac chez le fumeur  (éliminant l’oxyde de carbone et les goudrons cancérigènes). Elle est hélas, détournée par des recharges comportant des saveurs et des parfums attrayants, devenue un subterfuge pour rendre les jeunes dépendants à la nicotine, leur ouvrant la voie du tabac.

La cigarette au chocolat fait acquérir très tôt à l’enfant la gestuelle du fumeur, stimulée par la saveur du chocolat (dont certains constituants sont légèrement addictifs).
Le président de la République, prenant la mesure de la responsabilité du tabac dans les cancers (ce qui ne résume pas toute sa toxicité) souhaite que « la génération qui aura 20 ans en 2030 soit la première génération sans tabac de l’histoire récente ».
Applaudissons cette déclaration !

Oui, mais, pendant ce temps, à l’Assemblée nationale, des députés de LaREM (stimulés par O. Véran, promu depuis lors ministre de la Santé),  associés à des députés d’autres partis, animent une mission parlementaire qui vise : à promouvoir le cannabis dit « thérapeutique » (décrété d’emblée comme tel, alors que c’est l’objet de l’expérimentation qu’ils mettent en place d’en décider) ; à se pencher sur le  cannabis dit «de confort» (alors que se multiplient dans nos villes des magasins vendant du cannabidiol sous différentes formes) ; et à envisager la légalisation du cannabis dit « récréatif » (ayant lancé, à cet effet, une « consultation citoyenne », pour obtenir l’adhésion des citoyens).

Pourtant, comme nous allons le voir, le cannabis est plus toxique que le tabac pour le corps, par une production plus importante de monoxyde de carbone et de goudrons cancérigènes, et il exerce sur le cerveau, par son
tétrahydrocannabinol / THC, de graves méfaits que n’induit pas la nicotine du tabac.

Le cannabis

Le cannabis / chanvre indien connaît depuis un demi-siècle, particulièrement en France, une expansion d’allure pandémique, qui fait de notre Nation son tout premier consommateur en Europe. En dépit de son caractère illicite (depuis 1970) il a recruté dans notre Nation 1.500.000 usagers réguliers (fumant plus d’un « joint » = tabac associé
à de la résine de cannabis/haschisch ou d’un « pétard » = cigarettes constituées de la plante elle même = marijuana) dont 900.000 en fument chaque jour, et même plusieurs fois par jour.

Ces fréquences sont élevées car, de toutes les drogues, le THC est la seule drogue qui se stocke et perdure jusqu’à 2 mois dans l’organisme, avec des effets très persistants ; c’est une drogue très lente.


Les produits en circulation ont des taux de THC qui se sont accrus en moyenne d’un facteur 6,5 au cours des trente dernières années. De nouveaux modes de consommation permettent d’accroître la cession du THC à l’organisme : pipes à eau, cigarettes électroniques délivrant du THC (à la place de nicotine), huile de cannabis ; avec en outre l’avènement de cannabinoïdes de synthèse 100 fois plus puissants que le THC.


Plus de 220.000 « dealers » vendent en France ce cannabis, qui est la drogue la moins chère du marché.
Sa large diffusion est due pour beaucoup à l’absence de toute pédagogie préventive. La France s’est vue pour cette raison décerner un carton rouge de la part de l’Office européen des toxicomanies (O.E.D.T.).

L’Education Nationale ne s’est pas du tout investie dans cette prévention. Lors d’un audit de certains de ses représentants devant une commission de l’académie nationale de Médecine, on a retenu qu’elle en était encore
au stade d’expérimentations. Les médias ont surtout communiqué sur la légalisation pratiquée par d’autres nations, et pris le parti de celle-ci.

La démagogie de certains responsables politiques n’a pas manqué de s’y ajouter. Nombre de ses méfaits, après
avoir été contestés, sont devenus irréfragables, ils ont été alors relativisés, ou même complètement occultés. C’est le cas en particulier de ses effets épigénétiques. Ils sont tels que toute personne en âge de procréer qui expose ses gamètes (spermatozoïdes ou ovules) au THC, transfère à l’enfant qu’il concevra : une vulnérabilité aux toxicomanies,
qui se manifestera à l’adolescence ; des modifications de sa maturation cérébrale faisant le lit de troubles psychiatriques ; ou encore des modifications de ses défenses immunitaires.

Ces éléments devraient faire la une des médias, alors qu’ils sont dissimulés.
Drogue de la « crétinisation », inductrice d’ivresse, de désinhibition, de comportements auto- ou hétéro-agressifs, de comportements dangereux sur la route ou dans diverses activités professionnelles, le cannabis est à l’origine d’anxiété, de dépression, de schizophrénie (affection psychiatrique grave dont on ne guérit pas) ; il incite à la consommation d’autres drogues. Sa puissance addictive est telle que 20% de ceux qui l’expérimentent en deviennent dépendants, alors qu’on ne dispose d’aucun traitement permettant de détacher de cette addiction.


Plus tôt l’essayer c’est plus vite l’adopter et c’est plus intensément se détériorer. Cette drogue s’abat sur notre jeunesse à la période de sa maturation cérébrale (12 à 22 ans), durant la période éducative, à la période de conception des projets de l’existence, de la formation de la personnalité, de l’éveil de la sexualité. Cette mue, complexe par nature, de plus en plus souvent compliquée par des aléas familiaux, peut être très significativement perturbée quand le cannabis s’y invite.


En classe de seconde on dénombre 4,5% d’usagers réguliers de cannabis, et en terminale ils sont 8%.
Outre sa toxicité physique qui l’emporte sur celle du tabac, l’échec scolaire, l’incurie, la délinquance, les pathologies psychiatriques sont les principales signatures de ce cannabis banalisé d’une façon coupable.
Si les toxicomanies ne sont pas l’apanage de notre Nation, la France, en Europe, est en pôle position pour la consommation des trois drogues que nous venons d’évoquer (Tableau ci-dessous, chiffres communiqués par l’Observatoire Français des Drogue et des Toxicomanies).

Niveaux moyens d’usage dans le mois de substances psychoactives à 16 ans en 2018-2019 en France et en Europe

(« Tendances 143 » – OFDT, février 2021)

Substance France Europe
Tabac 22% 20%
Alcool 53% 47%
Cannabis 13% 7,1%

Ces données sont inquiétantes, tant pour la santé physique et psychique des individus que pour la société. Cette situation justifie des actions fortes et résolues des pouvoirs publiques. Les toxicomanies devraient être érigées comme une grande cause nationale.

Des actions doivent s’exercer contre les lobbies, les trafics et leurs dealers, ceux qui banalisent ces drogues, ceux qui s’en font les prosélytes, ceux qui par idéologie s’appliquent à miner notre société en s’attaquant à ses jeunes. L’attention doit se concentrer sur l’application de la loi par l’institution judiciaire.

Doit être enfin mise en place une prévention digne de ce nom, par l’éducation nationale, par les clubs sportifs et
par toutes les structures qui accueillent des jeunes. Elle comportera également une information des adultes, afin qu’informés, on ne puisse plus les manipuler en leur faisant accepter l’inacceptable.

  • Le titre de cet article est celui d’un livre que l’auteur le Pr Jean Costentin a consacré à cet important sujet en 2018.

Cannabis : les cas de schizophrénie en hausse sensible

Par Jean-Guillaume Bayard

Entre 1995 et aujourd’hui, la proportion de cas de schizophrénie liés à une consommation de cannabis est passée de 2% à 8%.

Cannabis : les cas de schizophrénie en hausse sensible

ALINA ROSANOVA/ISTOCK

L’ESSENTIEL

  • La consommation de cannabis peut être une “cause composante”, qui interagit avec d’autres facteurs de risque, pour provoquer la maladie.
  • Au Danemark, la part des diagnostics associés à un trouble lié à la consommation de cannabis est passée de 2% en 1995 à environ 4% en 2000 avant de grimper à 8% depuis 2010.
  • En France, la schizophrénie concerne environ 600 000 personnes.

La consommation de cannabis et la schizophrénie sont liées. En 2018, une étude a révélé que la prédisposition à la schizophrénie augmente la probabilité qu’une personne consomme de la marijuana. Consommer de la marijuana pourrait aussi être une forme “d’auto-médication” des problèmes liés aux stades précoces de la maladie (symptômes déficitaires, anxiété, mal-être…).  Dans une nouvelle recherche, des scientifiques ont constaté une augmentation de la proportion de cas de schizophrénie liés à une consommation de cannabis au cours des 25 dernières années. Les résultats ont été publiés le 21 juillet dans le JAMA Psychiatry.

Le cannabis, une “cause composante” de la schizophrénie

En observant les cas de schizophrénie au Danemark, les chercheurs ont découvert que la part des diagnostics associés à un trouble lié à la consommation de cannabis est passée de 2% en 1995 à environ 4% en 2000 avant de grimper à 8% depuis 2010. “Je pense qu’il est très important d’utiliser à la fois notre étude et d’autres études pour souligner que la consommation de cannabis n’est pas inoffensive, assène à CNN Carsten Hjorthøj, professeur au Centre de recherche de Copenhague pour la santé mentale et auteur principal de l’étude.

l existe, malheureusement, des preuves suggérant que le cannabis est de plus en plus considéré comme une substance quelque peu inoffensive. C’est malheureux, car nous voyons des liens avec la schizophrénie, une fonction cognitive plus faible, des troubles liés à la consommation de substances, etc…

Les chercheurs rappellent que des études antérieures ont rapporté que le risque de schizophrénie est accru pour les personnes qui consomment du cannabis. De nombreux chercheurs émettent l’hypothèse que la consommation de cannabis peut être une “cause composante”, qui interagit avec d’autres facteurs de risque, pour provoquer la maladie.

Bien sûr, nos découvertes devront être reproduites ailleurs avant de pouvoir tirer des conclusions fermes, affirme Carsten Hjorthøj. Mais je suis assez confiant que nous verrons des schémas similaires dans les endroits où la consommation problématique de cannabis a augmenté, tout comme la puissance du cannabis, car de nombreuses études suggèrent que le cannabis à haute puissance est probablement le moteur de l’association avec la schizophrénie.

Environ 600 000 personnes schizophrènes en France

Pour l’étude, les chercheurs ont examiné les données du registre national de santé du Danemark et analysé toutes les personnes nées avant le 31 décembre 2000, qui avaient 16 ans ou plus à un moment donné entre le 1er janvier 1972 et le 31 décembre 2016.

Les résultats pourraient aider à expliquer “l’augmentation générale de l’incidence de la schizophrénie qui a été observée ces dernières années”, assure l’auteur principale. Cela pourrait également fournir un argument quant à “l’association observée depuis longtemps entre le cannabis et la schizophrénie”, selon l’étude.

La schizophrénie est un trouble mental chronique, grave et invalidant. Ses symptômes peuvent inclure des délires, des troubles de la pensée et des hallucinations. Dans le monde, la schizophrénie touche 20 millions de personnes. En France, cela concerne environ 600 000 personnes. Pour l’heure, aucun remède n’existe, alors les médecins essaient de gérer les symptômes avec des médicaments et une thérapie.

Source

« Il arme les lecteurs d’arguments…. »

L’auteur préside depuis quinze ans le Centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT). Avec ses adhérents (pour beaucoup membres des académies nationales de Médecine, de Pharmacie, du monde de l’éducation, de la société civile), il analyse les méfaits des drogues et s’applique à les faire connaître.

Il dénonce aussi les diverses manipulations opérées par des médias acquis à leur légalisation, des politiciens démagogues, des trafiquants et des consommateurs de ces drogues, d’addictologues à contre-emploi, d’idéologues qui les utilisent pour détruire notre société. Les civilisations sont mortelles et les drogues accélèreront la destruction de celles qui ne sauront s’en prémunir.

Soulignant dans ces chroniques les méfaits physiques, psychiques et sociétaux des deux drogues licites que sont le tabac et l’alcool, il montre le caractère criminel qu’aurait pour les individus et la société la légalisation d’autres drogues, à commencer par le cannabis. Il arme les lecteurs d’arguments qu’ils pourront développer utilement pour participer au
combat permanent dans lequel ils devraient s’engager, au service de la santé physique et mentale de nos concitoyens et de la survie de notre Société.

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Le cannabis, premier employeur de France

Entre 150 000 et 200 000 employés, des techniques marketing de plus en plus perfectionnées et une implantation dans des territoires insoupçonnés… La filière du cannabis continue de se structurer tandis que les pouvoirs publics font l’autruche sur sa légalisation.

Xavier Yvon : C’est un serpent de mer dont vous entendez parler depuis des années, surtout à l’approche des élections : le débat autour de la légalisation du cannabis. Il y a les « pour », il y a les « contre », mais je vous préviens, ce n’est pas le sujet de ce podcast. LIRE AUSSI >> « L’autre start-up nation » : qui sont les « employés » du cannabis en France ?

On ne va pas vous parler de santé publique, mais d’une industrie comme les autres, avec un maillage territorial, des techniques de marketing et de fidélisation, une industrie qui emploie des dizaines de milliers de personnes sur le sol français et qui ne cesse de se réinventer. Dans cet épisode, il sera question de Carcassonne, de bonbons Haribo, de Snapchat et de la SNCF. Non, vous n’êtes pas en plein « bad trip » ; on vous emmène dans les coulisses de l’un des premiers employeurs de France. 

Ecouter la vidéo en cliquant ici

Source : L’Express

L’éthylotest antidémarrage, alternative à la suspension du permis de conduire, mis en place dans l’Indre

Mardi 20 juillet 2021  – Par Sylvain RogieFrance Bleu BerryChâteauroux

L’éthylotest antidémarrage un instrument qui empêche la mise en route du moteur si le taux d’alcool du conducteur est trop élevé pourra désormais être proposé dans l’Indre en alternative à la suspension du permis de conduire.

L'éthylotest antidémarrage peut être imposé aux conducteurs sur décision judiciaire ou suite à une décision du préfet
L’éthylotest antidémarrage peut être imposé aux conducteurs sur décision judiciaire ou suite à une décision du préfet © Radio France – Sylvain ROGIE

Déjà mis en place dans plus d’une soixantaine de départements en France, l’EAD, l’éthylotest antidémarrage, pourra désormais être proposés dans l’Indre comme alternative à la suspension du permis de conduire. Ce dispositif oblige le conducteur en effet à mesurer son taux d’alcool avant de pouvoir démarrer le moteur et empêche automatiquement  le démarrage si ce taux est dépassé. 

Un petit rappel en ce qui concerne la réglementation concernant l’alcool au volant : la limite fixée est de 0,5 grammes d’alcool par litre de de sang, soit 0,25 milligrammes par litre d’air expiré. Pour les conducteurs titulaires d’un permis probatoire, la limite est fixée à 0,2 grammes par litre de sang et 0,1 gramme par litre d’air expiré.

Agnès Aubouin (procureur de la république à Châteauroux) : « les contrevenants auront le choix de faire équiper leur véhicule à leurs frais ou alors une suspension sèche de leur permis de conduire. »

Alors à qui s’adresse ce dispositif d’éthylotest antidémarrage ? La réponse d’Agnès Aubouin procureur de la république au tribunal de Châteauroux : « Il s’adresse aux personnes qui ont commis une infraction sous l’emprise de l’alcool ou qui ont refusé de se soumettre aux contrôles des policiers ou gendarmes et qui disposent d’un emploi et qui ont donc besoin de leur véhicule pour travailler et continuer à être insérées dans la société. Alors ces personnes auront le choix d’équiper à leurs frais leur véhicule ou alors une suspension sèche de leur permis de conduire. » Donc ces conducteurs qui auront fait le choix de faire équiper leur véhicule devront souffler à chaque fois qu’il l’emprunte. Ce dispositif ne s’adresse pas à tous les contrevenants. Ceux qui sont multi-récidivistes risquent fortement de passer par la case prison. En revanche, pour les primo-délinquants ce dispositif pourra être proposé. 

Yvan Heinesch est responsable de développement pour la société Dräger
Yvan Heinesch est responsable de développement pour la société Dräger © Radio France – Sylvain ROGIE

Une fois le véhicule équipé à vos frais soit 400 euros, Yvan Heinesch responsable de la société Dräger nous explique comme se servir de cet éthylotest antidémarrage : « Après avoir mis le contact l’antidémarrage s’allume. il est prêt pour le test et attend un souffle continu et long de ma part. Une fois que c’est fait, la réponse est immédiate. Si je n’ai pas dépassé la limite autorisée par la loi, mon véhicule peut démarrer. » Mais 5 minutes après ce démarrage, un deuxième test est demandé et le conducteur a 20 minutes pour souffler une deuxième fois. Le véhicule doit être à l’arrêt. Si jamais le taux d’alcool par litre d’air expiré dépasse la limite fixé, le moteur se s’arrête pas instantanément mais une fois à l’arrêt, il ne redémarre plus. Enfin cet éthylotest antidémarrage fonctionne avec un abonnement qui est également à votre charge. Les prix, de 5 à 96 euros, varient en fonction de la durée de votre suspension.

Le cannabis est originaire de Chine, selon une analyse génétique

Crédits : Wikimedia Commons

par Brice Louvet 21 juillet 2021,

Le cannabis est aujourd’hui disponible dans de nombreuses variétés, chacune proposant une configuration unique de cannabinoïdes et d’autres composés. Selon une étude publiée dans la revue Science Advances, ce processus de reproduction sélective pourrait avoir commencé au début de la période néolithique dans ce qui est aujourd’hui le nord-ouest de la Chine.

Il est aujourd’hui convenu que les deux principales espèces de cannabis, Cannabis indica (chanvre indien) et Cannabis ruderalis (chanvre sauvage), sont issues d’une seule espèce du genre, Cannabis sativa. D’après les preuves archéologiques – qui comprennent des traces d’anciennes graines de cannabis trouvées dans des poteries dans le sud de la Chine, à Taïwan et au Japon – nous savions que cette plante avait probablement été domestiquée il y a environ 12 000 ans. Mais où, précisément ?

Localiser les “racines” du cannabis a longtemps représenté un défi pour les chercheurs, en grande partie parce que l’ancêtre sauvage du cannabis est aujourd’hui éteint. Ainsi, il ne peut être étudié directement. Dans le cadre d’une récente étude, une équipe de généticiens de l’Université de Lausanne (Suisse) s’est concentrée sur un certain nombre de variétés ayant été modifiées au fil des siècles par la sélection naturelle plutôt que par des programmes de sélection intensifs, telles que les variétés landrace.

Il ya 12 000 ans dans le nord-ouest de la Chine

Pour ces nouveaux travaux, les chercheurs ont analysé les génomes de 110 variétés, dont 82 nouveaux génomes. Collectivement, ceux-ci englobaient les plantes sauvages aux cultivars (variété d’une espèce obtenue artificiellement pour être cultivée) historiques, jusqu’aux hybrides modernes utilisées pour le chanvre et la drogue.

Après avoir évalué les relations génétiques entre toutes ces plantes, les auteurs ont souligné que chaque souche pouvait être retracée à “un pool génétique ancestral” qui semble prendre ses racines dans les variétés retrouvées naturellement dans le nord-ouest de la Chine, près des frontières du pays avec le Kazakhstan et le Kirghizistan.

Autrement dit, toutes les plantes de cannabis vivantes aujourd’hui descendent de plantes qui ont été domestiquées en premier lieu dans cette région d’origine, résume Luca Fumagalli, principal auteur de ces travaux. “Contrairement à une opinion largement acceptée, qui associe le cannabis à un centre de domestication des cultures en Asie centrale, nos résultats sont cohérents avec une origine unique de domestication du cannabis sativa en Asie de l’Est“, explique-t-il.

cannabis
Crédits : NickyPe/Pixabay

La datation génomique a également confirmé que les premiers ancêtres domestiqués des plantes de cannabis modernes avaient bien divergé de cet ancêtre sauvage il y a environ 12 000 ans (au début du néolithique).

Enfin, les variétés hautement spécialisées actuelles proviendraient également de cultures sélectives initiées il y a environ 4 000 ans. Certaines étaient alors optimisées pour la production de fibres (plantes hautes et non ramifiées avec plus de fibres dans la tige principale), et d’autres pour les cannabinoïdes (plantes courtes et bien ramifiées avec plus de fleurs, maximisant la production de résine).

Quels sont les taux d’alcool dans les autres pays européens

by Marseille News

Tous les pays européens ne tolèrent pas de la même manière la consommation d’alcool avant de conduire. Nous examinons les taux maximaux autorisés dans chaque région.

Ils disent que nous vivons l’été de la mobilité et bien qu’un pourcentage élevé de voyages se fasse à l’intérieur de l’Espagne, il y a ceux qui ont décidé de voyager en Europe en voiture. Bonne décision, mais pour éviter les mauvaises surprises, il est important d’être clair sur ce que dit la législation dans chaque région. Ici, nous passons en revue les taux d’alcool en Europe.

Royaume-Uni et Malte, les pays avec les taux d’alcool les plus élevés

Les pays européens les plus permissifs avec de l’alcool au volant sont malt et le Royaume-Uni, à l’exception de l’Écosse. Tant en Angleterre qu’au Pays de Galles et en Irlande du Nord, la limite avec laquelle vous pouvez conduire est de 0,8 gramme d’alcool par litre de sang, tant pour les conducteurs expérimentés que pour les novices et les professionnels.

Dans le cas de Écosse, la limite d’alcoolémie autorisée est la même qu’en Espagne : 0,5 g/l de sang. C’est également la valeur maximale en France ou en Allemagne, bien que comme dans le reste du Royaume-Uni.

Un peu moins tolérant est le gouvernement lituanien qui admet un maximum de 0,4 l/g.

Europe de l’Est : la moins tolérante à l’alcool

EstoniePologne Oui Suède, permettent à leurs conducteurs de consommer au maximum 0,2 g/l de sang avant de prendre le volant.

Chypre Oui Finlande, admettent un débit maximum de 0,22 g/l de sang. Tous ces tarifs sont établis aussi bien pour les conducteurs standard que pour les conducteurs professionnels et novices.

Pays avec un taux d’alcool 0

A l’opposé, les pays européens les moins tolérants à l’alcool au volant étant République tchèqueHongrie Oui Slovaquie Ils optent pour la tolérance zéro pour le tandem alcool-volant et exigent 0,0 lors de la conduite.

Tarifs différents selon le chauffeur

FranceLettonie et les Pays Bas autoriser un taux de 0,5 g/l de sang aussi bien pour les conducteurs expérimentés que pour les professionnels (à l’exception des chauffeurs de bus en France), l’abaissant à 0,2 g/l de sang dans le cas des nouveaux arrivants.

Au AllemagneItalieCroatie ou alors Slovénie, 0,0 est requis pour les professionnels et les novices (0,5 pour les autres conducteurs).

Les autres pays ont des lois très différentes. « De manière générale, on peut dire que les conducteurs novices et professionnels ont des taux autorisés bien inférieurs, proches de 0,2 g/l, comme cela se produit au Portugal, ou en Grèce », expliquent-ils depuis la plateforme Daparto qui a compilé les données. Bien sûr, il existe des États membres de l’UE comme la Bulgarie et la Finlande, où le taux de 0,5 est applicable à tous les groupes de conducteurs.

Cannabis : comment décrocher de son addiction ?

Cannabis : comment décrocher de son addiction ?

Faire du sport, passer au CBD, consulter un professionnel… Si se sevrer du cannabis est loin d’être évident, des solutions existent. Pour NEON, Hélène Donnadieu-Rigole, cheffe du service addictologie au CHU de Montpellier, nous en détaille quelques unes.

Combien y a-t-il de fumeurs en France ?

Drogue très populaire à travers le globe, le cannabis est aussi la substance illicite la plus prisée par les Français. En 2017, l’Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies (OFDT) estimait qu’il y avait 5 millions de consommateurs dans l’Hexagone, dont 1,5 million d’usagers réguliers. Un rapport datant de 2019, toujours réalisé par l’OFDT, précise même que les Français sont les plus gros consommateurs d’Europe.

Comment savoir si on est accro au cannabis ?

« Comme pour toutes les addictions, on comprend qu’il y a un problème quand on perd la capacité de choisir le moment où on consomme et combien on consomme. », explique le docteur Hélène Donnadieu-Rigole, cheffe du service addictologie au CHU de Montpellier. L’addictologue prend l’exemple d’une personne qui va faire en sorte d’avoir un peu de cannabis sur elle au moment de partir en vacances, même si elle sait que cette situation lui fait courir un risque (celui de se faire prendre par les douanes de l’aéroport, par exemple).

D’autres signes peuvent mettre sur la voie : en l’absence de cannabis, une personne addict peut ressentir de l’anxiété, une augmentation de sa tension nerveuse, elle peut aussi faire des crises d’angoisse, avoir des troubles du sommeil, etc.

Si vous craignez d’être accro au cannabis (ou à n’importe quelle autre substance), vous pouvez répondre à ce questionnaire en ligne mis en place par le site Addict’Aide. Ce dernier sert à évaluer la gravité (absente, légère, modérée ou grave) d’une dépendance.

Quels sont les risques avec la consommation de cannabis ?

Outre le risque de s’exposer à une amende forfaitaire délictuelle de 200 euros en cas de contrôle de police, fumer du cannabis comporte évidemment des risques pour la santé. À ce titre, le docteur Donnadieu-Rigole insiste sur l’importance de distinguer deux catégories d’âge chez les fumeurs : les « adultes jeunes » (moins de 25 ans), et les fumeurs un peu plus âgés.

« Je suis davantage inquiète pour les jeunes adultes car ils s’exposent à de nombreux risques avant même que leur cerveau ne soit totalement mature. Fumer du cannabis, chez eux, a des conséquences psycho-sociales et psychiques, qui entraînent un risque de déscolarisation, un éloignement du cercle d’amis, des troubles de la concentration, de la mémorisation, mais aussi l’apparition du fameux « syndrome amotivationnel », qui se traduit par un état de passivité et d’indifférence. »

Bien sûr, fumer du cannabis comporte des risques chez l’adulte plus âgé aussi, mais ces derniers sont davantage liés à la combustion de cette substance. Particulièrement nocive, la combustion entraîne des risques cardiovasculaires et le développement de cancers.

Sur le même sujet ⋙ Légalisation du cannabis : des parlementaires demandent un référendum à Emmanuel Macron ⋙ Sexe et cannabis : mélange miraculeux ou poison pour le couple ?

La motivation, une première étape pour rompre avec la dépendance

« Le sevrage va avant tout être lié à la motivation de la personne », explique d’emblée Hélène Donnadieu-Rigole. Et pour cause : si l’envie d’arrêter de fumer vient de vous, vous vous donnerez plus de mal pour mettre un terme à votre dépendance (ou en tout cas plus que si c’était sous la contrainte). Et comme cette motivation peut être fluctuante, il existe des petits tips pour la raviver.

Dans un premier temps, vous pouvez commencer par vous demander pourquoi il est important, selon vous, que vous arrêtiez de fumer. Faites une liste qui compilera tous les aspects négatifs qui découlent de votre consommation, du prix élevé de l’herbe au danger que vous encourrez si on vous prend la main dans le sac, sans oublier tous les risques que vous faites peser sur votre santé physique et psychique.

Vous pouvez aussi tenir un journal de votre consommation, comme le préconise le site suisse stop-cannabis. Ce dernier permet de faire un point quotidien sur votre usage du cannabis – il vous permet ainsi de voir les efforts que vous avez effectués tout au long de votre sevrage et de rester motivé.

L’importance d’être accompagné par des professionnels…

« Comme dans tous les sevrages, ce qui va vraiment faire la différence, c’est une prise en charge globale de la personne qui souhaite rompre avec son addiction. Aussi bien du point de vue médical que psychologique. », résume Hélène Donnadieu-Rigole.

Pour aider ses patients, l’addictologue se tourne ainsi vers la thérapie cognitivo-comportementale (en cherchant toujours à valoriser les efforts effectués par ses patients) ; elle va aussi chercher à savoir si l’usage du cannabis est venu soulager un mal-être chez le consommateur et travailler dessus en conséquence ; elle peut également proposer des outils médicamenteux qui permettront à son patient de minimiser ses risques de rechutes (des patchs, des médicaments psychotropes non addictogènes, etc.)

Il est aussi tout à fait possible de se faire aider par un psychiatre, d’avoir recours à l’hypnose ou de participer à des groupes de parole.

… mais aussi par ses proches

Et oui, ne pas sous-estimer l’importance du soutien de son entourage. Se faire épauler par des personnes qu’on aime dans notre processus de sevrage, ça aide à se fixer des objectifs et à mieux les atteindre. À condition que ces dernières apportent une aide bienveillante, en valorisant les actions positives et, surtout, en s’abstenant de juger l’autre en cas de rechute. Ce n’est pas pour rien qu’on dit que Rome ne s’est pas faite en un jour (et se montrer culpabilisant ne fera de toute façon pas avancer le schmilblik).

Se sevrer du THC grâce au CBD, une bonne idée ?

Le THC (tétrahydrocannabinol), c’est la fameuse molécule qui rend accro au cannabis. Elle possède des propriétés psychoactives qui agissent sur le psychisme en modifiant le rythme cérébral. Ses effets peuvent aller d’une légère euphorie accompagnée d’apaisement à une « intoxication aigüe » (qu’on appelle aussi « bad trip ») en passant par un état de somnolence, mais aussi des malaises, des vomissements et des angoisses plus ou moins fortes.

À cause d’elle, décrocher de son addiction est souvent très compliqué. Par chance, une autre molécule très connue du chanvre – et bien moins néfaste cette fois – peut servir de substitut au THC. Son nom ? Le CBD (cannabidiol)Cette molécule a la particularité de ne pas être psychoactive (elle n’est donc pas considérée comme une drogue) et n’entraîne pas de dépendance. Ses consommateurs l’utilisent pour son effet apaisant : elle réduit le stress, peut faciliter le sommeil et aide à mieux supporter certaines douleurs.

Fumer du CBD : « Passer du cannabis fumé au CBD fumé, c’est une première étape dans le sevrage. », concède Hélène Donnadieu-Rigole. « C’est bien de commencer par ça, mais il ne faut pas en rester là, car ça reste un produit avec une combustion extrêmement toxique sur le plan cardiovasculaire et cancérigène. En revanche, en passant du THC au CBD, on s’éloigne un peu de l’effet psychotrope qu’on attendait du THC, et ça prouve qu’on est dans le ‘deuil’ de cet effet-là, ce qui est assez positif. »

Vapoter du CBD : Cette deuxième étape permet de limiter énormément les risques. « En utilisant du e-liquide au CBD, ça veut dire qu’on a à la fois renoncé au THC et à la part de rituel qui est très important chez les fumeurs. Même si la cigarette électronique n’est pas sans risque, on élimine quand même beaucoup de dangers, notamment celui lié à la combustion. »

Les autres manières d’utiliser du CBD : La molécule de CBD existe sous plein de formes différentes. On peut ainsi la consommer en tisane, dans des gélules, des suppositoires (pour un effet relaxant plus rapide), mais aussi sous forme d’huile ou en ayant recours à un vaporisateur. À vous de trouver l’utilisation qui vous conviendra le mieux.

Les bienfaits d’une activité physique pour rompre avec l’addiction

Un petit footing et hop, ça repart ! Comme dans tous les types de sevrages, une activité physique ou sportive adaptée aide à décrocher plus facilement. « L’activité physique va être extrêmement bonne au niveau de l’humeur, de la gestion du stress, l’affirmation de soi, le sommeil, et l’appétit. Faire du sport, pendant un sevrage, c’est un vrai plus en termes d’hygiène de vie – ça permet à la personne dépendante de retrouver un équilibre. », explique le docteur Donnadieu-Rigole.

Chez certains fumeurs, le fait de se dépenser aide aussi à trouver le sommeil. Un excellent substitut au cannabis, qui les faisait dormir d’habitude. C’est aussi une manière de concentrer son attention sur autre chose et de reprendre le contrôle sur soi.

Une application pour vous aider à décrocher

Si tous ces conseils ne sont pas suffisant pour vous aider à décrocher, sachez qu’il existe aussi des applications qui proposent un accompagnement tout le long de votre sevrage. Parmi elles, l’appli suisse stop-cannabis : cette dernière, conçue avec le service d’Addictologie des Hôpitaux Universitaire de Genève (HUG), permet de recevoir des messages de suivi personnalisés, de trouver des astuces contre les symptômes de manque, mais aussi de collecter des trophées au fil des jours passés sans fumer.

Source

Les morts par overdose aux Etats-Unis ont connu une forte hausse en 2020.

Pourquoi l’explosion du nombre de morts par overdose avec la pandémie aux Etats-Unis devrait nous inquiéter aussi ?
Interview du Pr. Jean Costentin

Atlantico :

Des dizaines de milliers d’Américains sont morts d’overdose au courant de l’année 2020. La responsabilité de la pandémie est pointée du doigt.
Quels sont les facteurs  (stress, anxiété, solitude, etc.) qui peuvent avoir entraîné ce lourd bilan ? Les drogues actuellement en circulation peuvent-elles avoir une responsabilité dans cette aggravation ? 


Pr. Jean Costentin :

L’an passé aux Etats-Unis, ce sont, à ma connaissance, 80.000 personnes qui seraient mortes par overdoses/surdoses de substances opiacées (i.e. issues de l’opium comme la morphine) ou opioïdes (i.e.  de  molécules de synthèse chimique mimant les effets des opiacés, tel le fentanyl). Ces décès y sont en nombre bien  supérieur à ceux des accidents de la route ajoutés aux victimes des armes à feu, qui défraient pourtant la chronique. 

Ces chiffres ne sont pas apparus brutalement, mais sur plus d’une demi douzaine d’années. Ainsi, ils ne sont pas imputables majoritairement aux conséquences de la pandémie de la Covid-19 qui, néanmoins, a pu les  majorer.       
Les molécules en cause sont : pour les unes des médicaments prescrits et utilisés comme tels au départ, et pour les autres des drogues vendues par des dealers telle l’héroïne ou des dérivés chimiques des anilino-pipéridines, les « fentanyls ».

Ce sont les deux voies d’entrée dans cette addiction fatale, l’une « thérapeutique », l’autre « récréative ».
A l’origine de cette première voie, il s’agit de patients ayant des douleurs plus ou moins intenses, auxquels leurs médecins, pour être rapidement très efficaces, prescrivent des antalgiques forts, au-delà de l’aspirine, du paracétamol, des anti inflammatoires non stéroïdiens, ou encore des corticoïdes.

C’est alors la codéine ou le tramadol, le dextropropoxyphène = Di-antalvic®, Propofan® ; la France a retiré ce dernier médicament du marché depuis une demi douzaine d’années. Prescrits à des doses et à des fréquences élevées,
ils induisent une tolérance, c’est à dire que leur effet diminue quand leur administration se prolonge. Le patient est alors incité à accroître la dose et la fréquence d’administration. Il y a des douleurs dont la cause a pu disparaître ou qui ont pu régresser mais qui, par le développement d’une dépendance, d’une addiction, font croire au patient qu’il a toujours besoin d’être traité. L’effet s’amenuisant, il presse le médecin de lui prescrire un médicament plus efficace.

Aux produits précédents  (classés par l’organisation mondiale de la santé/O.M.S. comme produits du palier 2) vont être substitués des produits du palier 3 ; tels la morphine, l’oxycodone, la méthadone, la buprénorphine, la péthidine, le fentanyl… Ces médicaments devraient être réservés (hormis pour une brève durée) aux soins palliatifs, à des
patients dont l’espérance de vie est brève.

Sinon l’addiction s’installe, avec le besoin tyrannique de consommer ces médicaments devenus des drogues. Privé de leur consommation le sujet voit ses douleurs s’exacerber, d’autres douleurs apparaissent, tandis que surviennent
des manifestations, en fait des troubles, qui sont à l’opposé des effets que développaient ces agents morphiniques : dilatation pupillaire avec intolérance à la lumière, là où le morphinique contractait la pupille ; sudation là ou le morphinique la tarissait ; irritabilité, là où le morphinique rendait plus sociable ; accélération du péristaltisme intestinal là où le morphinique était constipant ; multiplication des passages aux urinoirs alors que le morphinique tendait à induire une rétention d’urine ; humeur triste, dépressive là où le morphinique améliorait l’humeur ; une hypersensibilité à la douleur, à la place de l’analgésie….Bref  c’est le passage de Charybde en Silla.

Si les chiffres français ne sont pas connus, peut-on anticiper un phénomène similaire en France ? En a-t-on certains indices ? 
Les chiffres français sont connus grâce à l’enquête DRAMES ; traduisez : décès en relation avec l’abus de médicaments et de  substances  qui, pour l’année 2019, dénombre   503 décès par overdoses, ; ce qui fait de nous les bons élèves de la classe européenne. La crise américaine  des opioïdes  ne nous affecte donc pas.  Les  médecins français sont conscient de la forte propension de nos concitoyens à s’adonner aux drogues et à certains psychotropes ; ainsi nous battons des records internationaux en matière de consommation de tabac, d’alcool, de cannabis, d’hypnotiques, de benzodiazépines, d’antidépresseurs.

Cela pourrait être à l’origine de leur plus grande pusillanimité,  disons de leur plus grande prudence dans leurs
prescriptions que les médecins américains. Toujours prompts à nous inciter à copier les U.S.A. des journalistes nationaux ont reproché au corps médical français d’être avare du recours aux analgésiques puissants, allant jusqu’à lui reprocher d’être insensible aux douleurs des patients. Heureusement la majorité des médecins français a su résister à cette provocation.
D’ailleurs, les provocateurs d’hier sont devenus discrets, essayant de faire oublier leurs errements.  Incorrigibles, ils vitupèrent maintenant, sans disposer des informations pertinentes pour la légalisation du cannabis dit « thérapeutique ». 
C’est peut-être aussi parce que les français seraient culturellement plus « résistants à la douleur ».
Il est à noter encore que la pression concurrentielle entre praticiens pourrait être en cause. Le déficit des effectifs médicaux en France, qui culmine dans les « déserts médicaux », atténue la démagogie qui pollue aux U.S.A. la pratique médicale pour capter des patients.
L’aura médicale, même malmenée par la gratuité croissante des soins, conserve au praticien une certaine autorité, qui lui permet de résister aux sollicitations de plus en plus fortes de sa patientèle.
Ce pic constaté en 2020  est il conjoncturel ou doit on s’attendre à ce que la situation continue de s’aggraver post pandémie ?
La préservation de notre Nation aux débordements de l’utilisation des antalgiques constatés en Amérique est précaire. Si nous n’y prenons garde nous pourrions, comme en d’autres matières, copier ce mauvais exemple américain.
Notre tolérance à la douleur s’amoindrit : « Prendre sur soi » ; supporter ;  adhérer au précepte formulé par Albert Camus « un Homme ça s’empêche » ; ne sont plus trop à la mode.
Très tôt  nous opposons  à chacun des maux de nos enfant un médicament, instaurant chez eux le stéréotype : à chaque trouble-une réponse médicamenteuse.
 Notre prémunition contre les drogues s’érode. Les français, exceptionnellement désinformés, seraient maintenant favorables en majorité au cannabis dit « thérapeutique » ; tandis que s’accroit le nombre de ceux  qui souhaitent sa légalisation « à des fins dites récréatives ».
Le « jouir sans entrave » soixante-huitard continue, sans faiblir, de contaminer nos comportements.

Comme patients nous sommes de plus en plus impatients et requérants. Auprès des praticiens le « j’aimerais », devient de plus en plus souvent : « je veux » ; faisant craindre qu’il s’exprime bientôt « j’exige» ! 


En conclusion, nous ne sommes pas atteints par cette crise des opioïdes mais, si nous n’y veillons pas, nous pourrions le devenir.

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