Le cannabis avant 25 ans, des risques psychiatriques mal appréciés

JOURNAL INTERNATIONAL DE MÉDECINE – Publié le 28/07/2019

Alors que certains pays ont déjà légalisé l’usage du cannabis et que d’autres proposent de le faire, une revue systématique d’articles de la littérature médicale sur la psychopathologie induite (ou du moins favorisée) par cette drogue dite (à tort) « douce » rappelle opportunément que « les décideurs devraient tenir compte des effets indésirables de l’utilisation du cannabis chez les jeunes. »

Antérieures à mars 2018, les publications retenues sont des études comparatives (cohorte, cas-témoin, transversale) portant, chez des personnes de moins de 25 ans, sur l’incidence de l’exposition au cannabis sur une symptomatologie psychiatrique : troubles psychotiques, troubles dépressifs, ou/et troubles anxieux. Parmi les 23 études analysées, toutes sauf une « constatent que l’utilisation précoce de cannabis est généralement associée à des risques plus élevés de psychose. »

Majoration du risque de psychose mais aussi de dépression et de troubles anxieux

Cette majoration des risques psychiatriques est vérifiée aussi, mais à un degré moins important, pour les problématiques anxieuses ou/et dépressives, puisque 11 études (sur 23, soit près de la moitié) présentent des résultats indiquant « une majoration des symptômes lors d’un contact précoce » avec cette substance. Les auteurs de cette recherche estiment ainsi que, chez les sujets de moins de 25 ans, « l’utilisation plus importante du cannabis est associée avec un plus grand nombre de symptômes psychiatriques, particulièrement chez les personnes ayant une prédisposition ou une vulnérabilité préalable. »

Les conclusions d’une telle étude incitent donc à une grande prudence dans l’actuel débat sur la légalisation du cannabis, d’autant plus qu’il existe d’autres aspects inquiétants, rappelés par le Pr J. Costentin dans son commentaire sur un article récent du JIM (Légalisation du cannabis : la grande offensive) : « Ascenseur vers d’autres drogues », le cannabis peut « soit induire de novo, soit décompenser une schizophrénie, soit l’aggraver quand elle est déclarée ; il crée une résistance aux médicaments antipsychotiques… Très grand perturbateur de la cognition, il s’abat sur nos jeunes à l’heure des apprentissages. » À l’image du Dr Folamour jouant allègrement avec le risque nucléaire, le pro-légalisateur apprécie mal les risques sanitaires et sociologiques qu’il prend…

Dr Alain Cohen

RÉFÉRENCE

Hosseini S et coll.: The effect of age of initiation of cannabis use on psychosis, depression, and anxiety among youth under 25 Years. Canadian J Psy; 2019; 64(5): 304–312.

 

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