La popularité du PTC, un cannabis de synthèse vapoté et difficile à détecter, inquiète les autorités en Île-de-France. En Seine-et-Marne, plusieurs affaires impliquent des adolescents, parfois dans des collèges, des lycées ou des foyers de l’enfance.

Par valeursactuelles.com

Publié le 2 mai 2026 à 17h23

Depuis deux ans, policiers et gendarmes voient émerger cette drogue qui se vapote, inodore et indétectable, aux conséquences redoutables. Photo © SCMP/Newscom/SIPA

Depuis deux ans, policiers et gendarmes voient émerger cette drogue qui se vapote, inodore et indétectable, aux conséquences redoutables.

Photo © SCMP/Newscom/SIPA

Le phénomène alerte les autorités judiciaires et sanitaires. Comme le rapporte Le Parisien le 2 mai, le « PTC », pour « Pète ton crâne », est cité dans plusieurs enquêtes menées en Île-de-France, notamment en Seine-et-Marne. Ce cannabis de synthèse, souvent consommé via une cigarette électronique, est particulièrement difficile à repérer : il est inodore, indétectable par les chiens spécialisés et échappe aux tests rapides. Une fiole coûte environ 10 euros, ce qui facilite sa diffusion auprès d’un public jeune.

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Le tribunal correctionnel de Meaux a récemment condamné deux vendeurs de PTC, âgés de 19 et 25 ans, à quatre ans de prison, dont deux ferme, et trois ans de prison, dont 18 mois ferme. Tous deux ont été incarcérés à l’issue de l’audience. Le plus jeune, étudiant en prépa ingénieur et sans antécédent judiciaire, a expliqué avoir commencé à consommer au lycée avant de vendre le produit pour financer sa propre addiction.

Des adolescents particulièrement exposés

Les magistrats se montrent fermes dans ces dossiers, en raison de la dangerosité du produit et de l’âge des consommateurs ciblés. Dans l’affaire jugée mi-avril, le parquet avait requis jusqu’à cinq ans de prison, dont trois ferme, et 10 000 euros d’amende contre le « cuisinier » du trafic. Le substitut du procureur Alexandre Boulin a dénoncé une drogue « particulièrement destructrice sur des cerveaux en construction ».

Les signalements proviennent souvent d’hospitalisations de mineurs après des malaises. Le procureur de Melun, Jean-Michel Bourlès, évoque notamment des faits de consommation et de revente dans des foyers de l’enfance à Tournan-en-Brie et Combs-la-Ville. Des malaises d’élèves ont aussi été signalés dans un collège du sud de la Seine-et-Marne. En février 2025, l’Agence nationale de sécurité du médicament avait déjà alerté sur les risques liés au vapotage de substances psychoactives illicites chez les mineurs.

Un trafic difficile à endiguer

Selon Laurent Mercier, directeur interdépartemental de la Police nationale de Seine-et-Marne, cette drogue, apparue en France en 2020, a commencé à se diffuser dans le département en 2024. Les enquêteurs ont travaillé sur des dossiers à Meaux, Mitry-Mory, Lagny-sur-Marne, Thorigny-sur-Marne ou encore Moissy-Cramayel. Côté gendarmerie, une quarantaine de procédures liées au PTC ont été recensées.

En mars 2025, une opération menée après une enquête de la brigade des stupéfiants du commissariat de Meaux a permis la saisie de 199 fioles et de six bouteilles de PTC, soit près de 10 litres. Les forces de l’ordre disent aussi avoir découvert trois bidons de cinq litres cette année. Face à un produit discret, souvent repéré lors de contrôles routiers ou de fouilles devant les établissements scolaires, les autorités misent également sur la prévention dans les collèges et les lycées.

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