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Mai 2026

Les cheveux témoins de la consommation de drogues et d’agents dopants

Jean Costentin

Les xénobiotiques (toxiques ou non) introduits dans l’organisme par différentes voies passent dans le sang ; ils sont alors souvent transformés par des enzymes du foie, en des métabolites plus solubles dans l’eau, qui seront trouvés dans la salive, le sang, l’urine, les fèces, où l’on pourra les rechercher et les doser. Dans ces milieux biologiques leur présence exprime une exposition récente mais parfois, pour certaines substances, une exposition qui peut être très antérieure au moment du prélèvement, par libération des stocks tissulaire (cannabinoïdes urinaires). Pour diluer leur présence dans l’urine et amener leurs concentrations en dessous de leur seuil de détection, certains trichent, en prenant des diurétiques ; ce qui est répréhensible, d’autant que cela, en diminuant leur poids, peut les faire concourir dans des groupes de poids inférieurs à ce qu’il est effectivement.

Ces dosages, pour utiliser une métaphore photographique, ne sont souvent que des instantanés ou des images obtenues après un bref temps de pose. Pour avoir une vision plus longue sur la consommation des substances incriminées, le cheveu est une matrice majeure. Pendant la période où une substance et/ou ses métabolites est/sont présents dans le sang qui irrigue le cuir chevelu, ils peuvent s’intégrer au bulbe pileux et au cheveu en formation et en croissance. La croissance du cheveu étant d’un centimètre par mois, on peut appréhender la période de consommation d’une drogue mois par mois, centimètre par centimètre, et juger de son abondance en fonction de sa concentration. Ce dosage s’effectue sur une mèche de cheveu (pas besoin de scalper le sportif). Et s’il est chauve diront les malins ? On peut recourir aux poils axillaires ou pubiens.

Pour l’alcool, la restitution du permis de conduire à des chauffeurs/chauffards alcooliques, l’examen capillaire  mesure l’éthylglucuronide, un métabolite de l’éthanol/alcool, qui permet de savoir depuis combien de temps il a mis fin à son intempérance alcoolique (depuis 3 mois/analyse sur 3 cm de cheveux) avec des seuils qui permettent de distinguer un abstinent (<5 pg/mg), une « consommation sociale », ou une consommation excessive (plus de 6 verres standardisés par jour durant au moins 3 mois, l’analyse se faisant sur 3 cm de cheveux avec un résultat >30 pg/mg).

En France les spécialistes de ces analyses sont les Prs. P. Kintz (Strasbourg) et J.-C. Alvarez (Garches) ; pour la recherche des métaux ce fut le Pr. JP Goullé (le Havre).

Ces examens capillaires permettent d’éclairer les circonstances de certaines intoxications. En matière de dopage, ils peuvent approcher les circonstances d’introduction de la substance interdite dans l’organisme et distinguer une consommation involontaire par contamination (absence de la substance dans les cheveux ou concentration très faible) d’un vrai dopage (concentration élevée)

Protoxyde d’azote 2026

Une première, une action en justice contre les fournisseurs de bonbonnes de protoxyde d’azote, l’initiative de l’association « Antoine Alléno »

Chacun s’accorde aujourd’hui à reconnaitre que le protoxyde d’azote est un redoutable stupéfiant provoquant des lésions cérébrales, hématologiques souvent irréversibles et qu’il est pratiquement en vente libre, en cartouche et surtout en bonbonne de 2 Kg.

L’argument avancé était son utilité en cuisine, monter une sauce, gonfler une crème. Monsieur Yannick Alléno, un grand cuisinier, rejette ces arguments, Monsieur Frédéric Cassel, un grand pâtissier, confirme : aucun intérêt, au contraire, ce gaz peut donner un mauvais goût,  il ne rentre pas dans nos laboratoires.

Alors, pourquoi attendre pour l’interdire à la vente hors usage industriel, pour  le classer dans les stupéfiants et pour l’Etat de se porter partie civile.

                          Tiré, par le CNPERT, de JIM : « Le Combat d’un Chef« ,  24 Avril 2026

La pollution par la cocaïne : nocive pour des saumons

Cocaine pollution alters the movement and space use of Atlantic salmon (Salmo salar) in a large natural lake. Brant et al, Current Biology 36, 2018–2027, April 20, 2026.
Graphical abstract.

Read more : https://doi.org/10.1016/j.cub.2026.03.026

Cannabis « Pète ton crâne » : quelle est cette drogue de synthèse qui se répand dans les collèges et lycées en Île-de-France ? 

La popularité du PTC, un cannabis de synthèse vapoté et difficile à détecter, inquiète les autorités en Île-de-France. En Seine-et-Marne, plusieurs affaires impliquent des adolescents, parfois dans des collèges, des lycées ou des foyers de l’enfance.

Par valeursactuelles.com

Publié le 2 mai 2026 à 17h23

Depuis deux ans, policiers et gendarmes voient émerger cette drogue qui se vapote, inodore et indétectable, aux conséquences redoutables. Photo © SCMP/Newscom/SIPA

Depuis deux ans, policiers et gendarmes voient émerger cette drogue qui se vapote, inodore et indétectable, aux conséquences redoutables.

Photo © SCMP/Newscom/SIPA

Le phénomène alerte les autorités judiciaires et sanitaires. Comme le rapporte Le Parisien le 2 mai, le « PTC », pour « Pète ton crâne », est cité dans plusieurs enquêtes menées en Île-de-France, notamment en Seine-et-Marne. Ce cannabis de synthèse, souvent consommé via une cigarette électronique, est particulièrement difficile à repérer : il est inodore, indétectable par les chiens spécialisés et échappe aux tests rapides. Une fiole coûte environ 10 euros, ce qui facilite sa diffusion auprès d’un public jeune.

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Le tribunal correctionnel de Meaux a récemment condamné deux vendeurs de PTC, âgés de 19 et 25 ans, à quatre ans de prison, dont deux ferme, et trois ans de prison, dont 18 mois ferme. Tous deux ont été incarcérés à l’issue de l’audience. Le plus jeune, étudiant en prépa ingénieur et sans antécédent judiciaire, a expliqué avoir commencé à consommer au lycée avant de vendre le produit pour financer sa propre addiction.

Des adolescents particulièrement exposés

Les magistrats se montrent fermes dans ces dossiers, en raison de la dangerosité du produit et de l’âge des consommateurs ciblés. Dans l’affaire jugée mi-avril, le parquet avait requis jusqu’à cinq ans de prison, dont trois ferme, et 10 000 euros d’amende contre le « cuisinier » du trafic. Le substitut du procureur Alexandre Boulin a dénoncé une drogue « particulièrement destructrice sur des cerveaux en construction ».

Les signalements proviennent souvent d’hospitalisations de mineurs après des malaises. Le procureur de Melun, Jean-Michel Bourlès, évoque notamment des faits de consommation et de revente dans des foyers de l’enfance à Tournan-en-Brie et Combs-la-Ville. Des malaises d’élèves ont aussi été signalés dans un collège du sud de la Seine-et-Marne. En février 2025, l’Agence nationale de sécurité du médicament avait déjà alerté sur les risques liés au vapotage de substances psychoactives illicites chez les mineurs.

Un trafic difficile à endiguer

Selon Laurent Mercier, directeur interdépartemental de la Police nationale de Seine-et-Marne, cette drogue, apparue en France en 2020, a commencé à se diffuser dans le département en 2024. Les enquêteurs ont travaillé sur des dossiers à Meaux, Mitry-Mory, Lagny-sur-Marne, Thorigny-sur-Marne ou encore Moissy-Cramayel. Côté gendarmerie, une quarantaine de procédures liées au PTC ont été recensées.

En mars 2025, une opération menée après une enquête de la brigade des stupéfiants du commissariat de Meaux a permis la saisie de 199 fioles et de six bouteilles de PTC, soit près de 10 litres. Les forces de l’ordre disent aussi avoir découvert trois bidons de cinq litres cette année. Face à un produit discret, souvent repéré lors de contrôles routiers ou de fouilles devant les établissements scolaires, les autorités misent également sur la prévention dans les collèges et les lycées.

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