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Centre National de Prévention, d Etudes et de Recherches en Toxicomanies

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  Le cannabis au lycée, le témoignage d’un assistant d’éducation

Un de nos correspondants, François Torres, a été pendant cinq ans, assistant d’éducation  dans différents établissements d’enseignement. Il a rassemblé ses observations sous forme d’un mémoire de master d’encadrement éducatif de l’Université de Poitiers qu’il nous a confié.

Titulaire d’une licence en droit et d’un DU de sciences criminelles, son témoignage est celui d’un homme de terrain qui a su établir des contacts personnels avec des utilisateurs de cannabis.

On découvre comment au collège, on s’initie à la drogue, le parrainage d’un fumeur confirmé, l’entrée dans un groupe qui protège (?), encadre et fournit  la drogue. Fumer à l’intérieur de l’établissement  est  à moindre risque qu’à  l’extérieur. 

 Le cannabis au lycée, le témoignage d’un assistant d’éducation

En première ligne, aux côtés des enseignants,  l’assistant d’éducation  (AE) suit le parcours des collégiens et des lycéens. Sa mission se situe dans le cadre de la vie scolaire, il rend compte de son action au Conseiller principal d’Education (CPE) et au Chef d’établissement.

Son rôle est d’observer, d’écouter, de conseiller et parfois de sanctionner les consommateurs de drogue. L’un d’eux nous a confié la relecture de son rapport après cinq ans de pratique dans plusieurs lycées. Il doit en faire la soutenance dans le cadre d’un master  de l’Institut supérieur du professorat et de l’éducation (INSPE). Son  travail cible «  L’usage évolutif de  la consommation de cannabis chez des lycéens et leurs démotivations scolaires ».

L’observation d’une dépendance au cannabis est basée sur le constat d’un état de manque. Le diagnostic est  simple chez un utilisateur irrégulier, yeux rouges, peau pâle, élocution lente, parfois raisonnements incohérents. Le syndrome de sevrage est alors  identifiable.

Il est beaucoup plus difficile de découvrir le consommateur régulier qui maîtrise ses prises, a développé un état de tolérance et ne présente que des signes discrets, pâleur, parfois amaigrissement. L’AE cite même le cas d’un élève de terminale scientifique qui avait fumé trois joints avant l’entretien (il l’a avoué lors de l’entretien). L’entretien en lui même était spontané et n’a pas fait au préalable l’objet de préparation, la conversation a duré une heure « dans une expression parfaite ».

Le choix du cannabis s’explique parce qu’il est peu cher (moins que l’alcool) et considéré comme moins dangereux. Il est essentiellement fumé sous forme de cigarettes, l’usage préalable du tabac a appris à les rouler et sous forme de pipes à eau, les fameux Bangs dont notre AE a une belle collection, évidemment confisquée (comme l’herbe).

L’apprentissage des prises se fait auprès d’un (ou des) fumeur expérimenté, généralement à deux, entre pair formant un groupe. Plus ils sont nombreux à fumer, plus la conviction de l’intérêt de fumer du cannabis s’impose rapidement.   Les nouveaux rejoignent le groupe.

On n’évite pas  pour autant les effets violents  qui arrivent parfois, réactions agressives, tachycardie, crises de paranoïa, le « bad trip » lorsque  la quantité absorbée et/ou  de la concentration de la drogue sont très élevées mais aussi parce que le groupe pousse à la consommation. Des réactions encore plus graves s’observent, signalées alors par les personnels d’établissement, à type de dépression, de sentiment d’injustice, le monde entier lui en veut alors qu’il n’a fait de mal à personne. Ce type d’accident survient plus souvent  chez les internes, l’AE signale que ceux-ci passent plus de temps au lycée que chez leurs parents.

Les comptes-rendus de conversations de l’AE  avec  les lycéens qui l’acceptent (volontariat) sont éclairantes car elles s’expriment librement dans le cadre de la vie scolaire sans aucune pénalité ni divulgation. Les motifs de prise du cannabis y sont clairement exprimés, soit festifs,  hédoniques, soit « thérapeutiques »  ou de « défonce ». En fait il s’agit d’une identification de la consommation dans un groupe social.

Chez nos jeunes on observe fréquemment soit la défonce, soit le besoin « thérapeutique » (dans ce cas, dès 8 heures du matin).

Précisons le motif « thérapeutique » : soulagement du mal être, combattre l’insomnie, participer au groupe et partager son secret. Mais en fait, dans son entretien l’interlocuteur de l’AE cherche avant tout à faire partager sa conviction par des raisonnements logiques, légitimant son choix et sa transgression juridique et morale.

L’argument le plus fréquent est l’absurdité d’associer à l’interdiction d’acheter et de détenir, la possibilité  de consommer à condition de ne pas être pris. La norme n’est pas claire. Autre avantage, c’est au lycée que le risque est moindre : si l’on se fait prendre, la sanction est faible, de un à trois jours d’exclusion. A l’extérieur, c’est plus cher, une convocation au tribunal, des peines aggravées en cas de récidive. On comprend mieux ce jeu de cache-cache au lycée avec le surveillant à la recherche des stocks (l’approvisionnement fait partie des difficultés) et de la prise sur le fait du toxicomane.

La maîtrise des contrôles sociaux est l’enjeu majeur des lycéens dépendants du cannabis.  Ils veulent à la fois exister en tant qu’être libre de leurs choix et d’une attitude critique vis-à-vis des institutions, tout en ayant la volonté d’être intégré au lycée et à l’évidence d’en sortir par le haut, c’est-à-dire avec le baccalauréat.

La question majeure reste de savoir si l’usage du cannabis est une cause de décrochage scolaire. Le  mémoire rapporte l’audition de 32 élèves en difficulté et  de 5 entretiens : tous et toutes souffrent plus ou moins de leur dépendance. Dans cette étude,  il apparaît clairement que non seulement  le cannabis ne favorise pas l’apprentissage mais qu’il provoque ou aggrave le décrochage. La réponse reste controversée au plan national.

Ce rapport souligne aussi l’importance du rôle de ces éducateurs qui au contact direct de la souffrance, permettent de l’entendre, de l’analyser, de la comprendre et de l’apaiser. Cette mission des responsables de la vie scolaire devrait être mieux connue et encouragée. Elle devrait être précisée  car AE comme CPE ne doivent rien cacher, faire respecter les règles de l’établissement, deux conditions nécessaires pour éviter des divergences de comportement entre enseignants et éducateurs.

Il n’en reste pas moins que l’erreur majeure de ces élèves est de croire que le cannabis peut être une aide, un soutien. Une fois encore, une explication claire des méfaits de cette drogue éviterait qu’on la considère comme un recours.

La prévention des toxicomanies passe par l’école, l’information devrait y être généralisée, obligatoire.

Jean-Paul Tillement et François Torres

 

 

HISTOIRE DU TRAFIC DES DROGUES

Les vidéos sont visibles jusqu’au
29 Mai 2020 (voir au bas de l’article)
L’historique du commerce de la drogue que présentent les journalistes Julie Lerat et Christophe Bouquet, nous mène des Guerres de l’opium du XIXe siècle jusqu’à la Colombie d’aujourd’hui. Leur reportage est une plongée au cœur d’un marché clandestin qui n’a jamais cessé de s’étendre. À voir sur arte.tv

De la Chine au Mexique… De l’Afghanistan aux rues new-yorkaises… De la Sicile aux forêts colombiennes… La géopolitique mondiale des drogues couvre la planète. Au XIXe siècle, l’opium se répand à travers toute l’Asie, sous l’impulsion des puissances coloniales britannique et française. Parallèlement, l’industrie pharmaceutique découvre des produits miraculeux : morphine, héroïne, cocaïne, indispensables à la chirurgie moderne. Mais la consommation échappe au contrôle.  L’addiction devient un fléau mondial et un enjeu de santé publique. Dès lors, la prohibition va progressivement s’imposer. L’interdit donne naissance aux premiers réseaux de trafics internationaux qui ne vont cesser de chercher la protection des États. Cette criminalité connaît un essor sans précédent pendant la Guerre froide, quand les services secrets américains et soviétiques utilisent les drogues comme un instrument politique. Les États-Unis sont les premiers à en payer le prix fort , puisqu’en 1970 un tiers de leurs soldats au Viêtnam sont dépendants de l’héroïne. Un an plus tard, le Président Richard Nixon déclare la guerre aux drogues. Consommateurs et trafiquants sont chassés et pourchassés jusqu’au bout du monde.

Mises au point légalement par l’industrie pharmaceutique occidentale

Héroïne. Cocaïne. Deux produits qui pèsent aujourd’hui aussi lourd dans l’économie mondiale que le pétrole ou le textile. Ces drogues, responsables en deux siècles de millions de morts, ont d’abord été mises au point le plus légalement du monde par l’industrie pharmaceutique occidentale. Les systèmes bancaires et les services secrets du monde entier, en lien plus ou moins direct avec des organisations criminelles, ont contribué à les faire prospérer. La répression s’est toujours révélée impuissante à mettre fin à ce commerce immensément lucratif, car le secteur des stupéfiants, « le plus agile du monde« , selon l’un des analystes interrogés dans ce reportage, parvient à se recomposer chaque fois qu’un coup lui est porté. Les masses d’argent qu’il injecte dans l’économie mondiale ne cessent de remodeler les frontières. Archives, entretiens, reportages inédits, ce triptyque d’investigations inédites dévoile les logiques cachées du trafic de drogue et sa porosité avec les pouvoirs en place. Effrayant. Passionnant.

Jérôme ENEZ-VRIAD

Histoire du trafic des drogues
Un reportage en 3 parties de 53 minutes chacune
1 / L’ère des empires
2 / L’heure des barons
3 / Les territoires perdus
En accès gratuit jusqu’au 29 mai 2020 sur Arte.TV

Les effets du cannabis

Comment le «capitalisme limbique» se nourrit de notre cerveau accro

Le texte original en Anglais est à la suite de cette traduction Google

How ‘Limbic Capitalism’ Preys on Our Addicted Brains written by David Courtwright

Un jour d’été en 2010, un étudiant suédois diplômé du nom de Daniel Berg s’est approché de moi après une conférence que j’ai donnée au Christ’s Collège de Cambridge.Pendant la conférence, j’avais évoqué la dépendance à Internet avec désinvolture.

Beaucoup de ses amis masculins à l’Université de Stockholm avaient abandonné l’école et vivaient dans Lire la suite

Le cannabis dans la sclérose en plaques :

Un intérêt qui reste à démontrer mais avec déjà du plomb dans l’aile

Pr. Jean Costentin Neuropsychopharmacologue, Président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies:  C.N.P.E.R.T.

A l’attention  du docteur O. Veran député de la R.E.M., neurologue

Le médecin, neurologue hospitalier, Olivier Veran, député du parti la REM, se fait le chantre, à l’Assemblée nationale, du cannabis dit « thérapeutique ».

Nos contradictions ont été,

  1. dans un premier texte, adressées au député,
  2. dans un deuxième billet destinées au médecin ;

Dans le dernier volet de ce triptyque, nous nous adressons au neurologue, focalisant notre propos sur une pathologie familière de sa spécialité, la sclérose en plaques (SEP).

Un jugement aussi superficiel que rapide pourrait conduire à l’émerveillement : le principe actif majeur du cannabis, le tétrahydrocannabinol / THC, serait susceptible d’agir sur trois éléments de la SEP :

– par son effet immunodépresseur, il pourrait diminuer l’agressivité du processus auto-immun, par lequel l’organisme fabrique des anticorps dirigés contre la gaine de myéline des nerfs (équivalent de la gaine d’un fil électrique entourant le métal conducteur). Les anticorps anti -myéline la font disparaître, par plaques, troublant le passage rapide des potentiels électriques (électrons) qui parcourent les neurones, en sautant d’un rétrécissement de cette gaine de myéline (noeuds de Ranvier), au rétrécissement suivant, selon un mécanisme décrit comme la « conduction saltatoire » ;

  • – par son effet myorelaxant, il réduirait les spasmes et autres contractures que l’affection peut susciter ;
  • – par son effet analgésique, il diminuerait l’intensité des douleurs suscitées par les contractures précitées.

Ainsi présenté on serait tenté de conclure à une heureuse conjonction d’effets, justifiant le recours au THC dans la SEP, d’autant que certains patients qui en ont « bénéficié » ne tarissent pas d’éloges à son égard.

Rappelons que le THC est une drogue, un agent toxicomanogène. Aussi, ceux qui en ont usé pendant un certain temps vont souvent en abuser ; au point d’en devenir dépendants et de ne plus supporter d’en être privés. Cela peut expliquer leur enthousiasme et l’apologie de ses bienfaits que, plus objectivement, la plupart des praticiens ne constatent pas.

Si les trois effets précités peuvent se vérifier à un certain degré, ils sont néanmoins d’une intensité modeste, inférieure voire au mieux égale à celle des médicaments de référence utilisés dans cette affection.

Les effet immunodépresseurs ou immunomodulateurs des sérums anti lymphocytaires d’antan, de l’azathioprine / Imurel®, du méthotrexate, du glatiramère / Copaxone®, de la mitoxantrone / Elsep®, du chloraminophène / Chlorambucil®, des doses élevées de glucocorticoïdes, de l’interféron bêta, l’emportent de loin sur celui du THC.

L’effet myorelaxant, antispastique, du THC est faible comparé à celui du tétrazépam / Myolastan®, (retiré du marché en raison d’accidents cutanés rares mais parfois graves) ; ou comparé à celui du baclofène / Liorésal® ou du dantrolène / Dantrium®.

Quant à l’effet antalgique du THC, il se situe entre celui du paracétamol et celui de l’aspirine ; bien en deçà de la codéine ou du tramadol (ces deux derniers étant addictifs comme lui).

Ce qui caractérise un médicament, par rapport à un toxique (poison) c’est son rapport bénéfices / risques ; quels bénéfices peuvent être espérés pour le patient et quels risques seront encourus. Avec le THC, comme on vient de le dire, les bénéfices sont modestes, alors que les risques, comme nous allons le voir, sont nombreux et parfois graves.

Les méfaits du THC sont multiples, à la mesure du grand nombre et du caractère diffus des deux cibles principales de son action, les récepteurs CB1 (au niveau cérébral) et CB2 (au niveau du corps). Ces récepteurs, auquel le THC se fixe réversiblement pour agir, sont portés par la membrane des cellules. Ils constituent des sortes de guichets, auxquels le THC vient s’adresser pour communiquer des ordres ou du moins des informations aux cellules qui les portent. Dans le cerveau, parmi tous les types connus de récepteurs (au nombre de plus de trois cents), qui sont à l’écoute d’une centaine de neuromédiateurs et / ou de neuromodulateurs impliqués dans les dialogues intercellulaires, les récepteurs CB1 sont les plus nombreux. Ils sont présents dans presque toutes les structures cérébrales, quoique certaines (cervelet, striatum, hippocampe…) en comportent beaucoup plus que d’autres. C’est pour cette raison que le THC suscite simultanément un très grand nombre d’effets. Ce seul constat l’invalide en tant que médicament. C’en est fini, depuis longtemps, des thériaques, panacées et autres « sirops Typhon ». A un médicament doit correspondre un effet majeur ; on pourra tolérer, à la rigueur, quelques effets latéraux, mais point trop n’en faut.

Des multiples effets indésirables suscités par le THC, nous mettrons en exergue quelques uns d’entre eux.

-Le THC induit une ivresse, une ébriété, incompatible avec la conduite des engins à moteur. Les victimes de SEP, s’ils peuvent les conduire, leur sont très attachés, car ils sont un élément d’autonomie. L’ivresse est également incompatible avec l’exercice d’un certain nombre de professions, auxquelles les patients essaient de se consacrer le plus longtemps possible.

-Il induit des troubles de l’équilibre et de la coordination motrice, qui ressemble au syndrome cérébelleux, expression fréquente de la SEP, ce qui est particulièrement malencontreux chez ceux dont la pathologie expose déjà à ces troubles.

-Il affecte la mémoire à court terme / la mémoire de travail / la mémoire opérationnelle ; ce qui perturbe l’action, sa programmation, sa réalisation ; ce qui empêche également de forger une mémoire à long terme. Quand son corps le trahit, le patient victime de SEP est tenté de demander davantage à son esprit, à son intellect, ce que le THC lui refuse.

-Le THC peut susciter des délires (état de rêve éveillé, pensée coupée du réel) ainsi que des hallucinations (perceptions erronées, fallacieuses).

-Il ouvre l’appétit (orexigène), or cet accroissement de la consommation de nutriments, coïncide avec une diminution de la dépense énergétique (en raison des effets sédatifs du THC mais aussi d’une limitation de l’exercice chez un patient présentant un handicap moteur). La  conséquence en sera une prise de poids, parfois importante. Outre qu’elle pourra altérer l’esthétique du patient, elle rendra sa mobilisation plus difficile, tant pour lui que pour ceux qui l’assistent.

-Dans la SEP, alors que le patient a spécialement besoin d’un psychisme équilibré pour affronter le handicap qui lui est infligé, l’effet stupéfiant, onirogène, l’effet « planète » du cannabis, l’amènent dans un état d’ivresse, apragmatique, avec des rires bêtes, immotivés, des troubles de l’élocution, avec la recherche du mot, le passage du coq à l’âne, avec une  distorsion de la personnalité, une perte de l’estime de soi, un renoncement, une négligence, un retrait social….

– Le THC, en réduisant la sécrétion testiculaire de l’hormone mâle, la testostérone, diminue la libido, ce qui aggrave les troubles de la sexualité, fréquents dans cette affection (qui disjoint de nombreux couples).

– Des données récentes (concernant il est vrai le cannabis fumé et non le seul THC), montrent sa toxicité cardio-vasculaire, avec des artérites, le déclenchement d’infarctus du myocarde, la survenue d’accidents vasculaires cérébraux…

Mal à l’aise pour commercialiser le seul T.H.C. comme médicament, un laboratoire pharmaceutique l’a associé au cannabidiol / CBD. Il est prêté à cet autre composant du chanvre indien, dont le mécanisme d’action est peu connu, de potentialiser les effets recherchés du THC et de prévenir ses effets les plus délétères (vrai miracle de la phytothérapie). En l’état des données disponibles, ce Sativex®, qui s’administre en spray nasal, apparaît au pharmacologue rédacteur de ce texte, comme un « bricolage », loin des démarches rigoureuses qui doivent présider au développement de vrais et nouveaux médicaments. La commission de transparence de l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ne s’y est pas laissée prendre, en estimant son prix exorbitant (350 €), et le service médical rendu insignifiant (niveau 5) ; de son côté la sécurité sociale ne propose qu’un taux de remboursement de 15%. Ces appréciations conduisent au fait que 5 ans après avoir obtenu de la ministre M. Touraine l’autorisation de mise sur le marché, ce médicament n’est toujours pas disponible dans les pharmacies françaises.

Ce cannabidiol (CBD) a été sorti des limbes, quand il est apparu difficilement acceptable de commercialiser le THC. Comment recycler toutes les serres que certains avaient bâties dans l’attente de la légalisation du THC ? Il suffisait génialement de mettre en exergue un autre constituant du cannabis, le CBD ; de lui décrire des propriétés exceptionnelles, et d’insister (pour le démarquer du THC) sur le fait qu’il était dénué d’effets psychotropes. Il a fallu néanmoins lui décrire des effets anxiolytiques, sédatifs, antiépileptiques dans des épilepsies grave du nourrisson (syndromes de Dravets, de Lennox-Gastaut), anti-inflammatoires, antidépresseurs, et même anticancéreux…

Le THC est une drogue, un agent toxicomanogène, Son utilisation répétitive aboutit non seulement à l’adopter mais aussi à éprouver le besoin tyrannique de le consommer pour échapper aux troubles induits par sa privation. Son pouvoir d’accrochage est intense. Il suffit, pour s’en convaincre, de constater qu’en dépit de son caractère illicite le cannabis recrute déjà dans notre pays 1.500.000 usagers réguliers qui, ainsi, en usent régulièrement en raison de leur incapacité à s’en passer, avec parmi eux 900.000 (chiffre le plus récent de  l’Observatoire français des drogues et toxicomanies-OFDT) d’usagers quotidiens et même multi quotidiens.

Après avoir produit dans les premières semaines de son usage des effets anxiolytiques et même de type antidépresseur, qui contribuent à l’appétence qu’il suscite, ces effets s’amenuisent au fil du temps, au point que l’anxiété deviendra plus vive qu’elle n’était primitivement et que l’humeur pourra devenir franchement dépressive, voire suicidaire ; dans le contexte de la SEP ces troubles sont particulièrement malencontreux.

On voit ainsi que dans une des principales pathologies où le cannabis / THC a des prétentions thérapeutiques, les bénéfices escomptés sont d’une grande modestie, alors que les risques encourus, curieusement relativisés voire occultés, peuvent être considérables.

Les lobbies prônant la légalisation du cannabis sont à la manœuvre dans de nombreux pays ; ils ont obtenu gain de cause dans plusieurs d’entre eux ; soit par l’autorisation du recours au cannabis à des fins thérapeutiques, soit en obtenant la dépénalisation de l’usage ludique du cannabis, soit même la légalisation de cette drogue (Uruguay). Ce sont trois stades d’une même démarche. En France, quelques addictologues avancent à visage découvert, en se faisant tonitruants dans chacune de ces strates en vue de sa légalisation (et même celle de toutes les drogues) ; on en identifie au sein de l’ANPAA, acronyme d’« Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie », cherchez l’erreur !

La santé de nos concitoyens vaut beaucoup plus que ces manœuvres, pétries d’idéologies, que leurs défenseurs ne prennent même plus la peine de dissimuler.

Autoriser comme médicament une drogue, dont on connaît, avant sa commercialisation, les multiples et parfois très graves méfaits, est aberrant. Cette aberration intervient à une période où l’on élimine de la pharmacopée des médicaments qui y avaient droit de cité depuis des dizaines d’années, estimant, avec le recul du temps, que leurs rapports bénéfices/risques sont insuffisants…Logique, cohérence, rigueur, science et épidémiologie déserteraient-elles la santé publique ? Tout porte en l’occurrence à le croire !

 

 

Post Scriptum : Un article du 22 oct. 2019 : dans  Front. Pharmacol.,  par Thorten Rudroff, du Département de Neurologie Clinique et Universitaire de Iowa City (U.S.A.) s’intitule : « Cannabis for neuropathic pain in multiple sclerosisHigh expectations, poor data ».

 

 

 

 

L’économie de la drogue peut-elle doper le PIB français ?

Le trafic de drogue bientôt pris en compte dans la richesse nationale. / DDM Illustration Th. Bordas
Le trafic de drogue bientôt pris en compte dans la richesse nationale. / DDM Illustration Th. Bordas

Faut-il intégrer le trafic de drogue au calcul du PIB ? Après plusieurs années de débat, l’Insee vient finalement de trancher en décidant d’incorporer le poids économique du narcotrafic au calcul de la richesse nationale. L’Insee applique en fait une demande de l’office européen de statistique Eurostat. Ce changement comptable pourrait entraîner une révision en « légère hausse » du produit intérieur brut français (PIB). L’acception de prise en compte est large puisque l’Insee tiendra désormais compte de la consommation de stupéfiants ainsi que des activités liées à cette consommation sur l’ensemble du territoire national. Cette prise en compte est destinée à aligner les statistiques françaises sur celles des autres pays européens qui intègrent déjà cette économie souterraine. Selon l’Insee, cette modification comptable n’entraînera qu’une révision en très légère hausse du niveau du PIB.

La prostitution reste exclue

L’intégration de ces nouveaux chiffres sera effective pour les chiffres du PIB révisés et détaillés en mai prochain a confirmé le chef du département des comptes nationaux de l’Insee, Ronan Mahieu. La révision sera d’ampleur puisqu’elle portera sur l’ensemble des résultats publiés par l’Insee depuis 1947 ! Le visage de la richesse nationale ne s’en trouvera pas fondamentalement modifié. Tout juste « quelques milliards » d’euros, à rapporter aux 2 200 milliards d’euros du PIB français relativise-t-on à l’Insee. « Ça n’influera pas sur le chiffre de la croissance » en 2017, ont prévenu les statisticiens.

La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’institut statistique européen avait alors demandé aux États membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. L’objectif était d’harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains États, à l’image des Pays-Bas, ce qui gonfle leur PIB, et illégales dans d’autres. Plusieurs pays ont alors décidé d’intégrer ces nouvelles normes, à l’image de l’Espagne, du Royaume-Uni et de l’Italie.

En revanche, l’Insee a refusé de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ». « Sur ce point, nous maintenons notre position », a indiqué Ronan Mahieu.

Jusqu’à 23% du PIB au Maroc

C’est une bombe qu’a lancée l’an dernier le département d’État américain. Il a affirmé dans un rapport que la production de cannabis au Maroc équivalait à 23 % du PIB. En 2016, ce dernier s’élevait à 93 milliards d’euros. Le PIB marocain devrait donc être augmenté de quasiment un quart afin de prendre en compte le poids de l’économie souterraine du narcotrafic. On estime que le Maroc produit chaque année 700 tonnes de résine de cannabis.

 

« Cela ne chamboulera pas les comptes  »

Eric Heyer, Directeur du département analyses et prévisions à l’OFCE.

Eric Heyer, directeur du département analyses et prévisions à l’OFCE./ Photo DR.

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Quel impact ce nouveau calcul aura sur le PIB français ?

L’effet sera extrêmement marginal puisqu’on évalue le surplus d’un à deux milliards d’euros sur un PIB français qui totalise 2 200 milliards. La modification ne chamboulera donc pas les comptes de la nation.

Pourquoi vouloir soudainement intégrer l’économie de la drogue dans les statistiques ?

Pour le comprendre, il faut s’interroger sur l’objectif du calcul du PIB. Cet indicateur sert en grande partie à prévoir les recettes de l’État afin de calculer une série de ratios dont les critères de convergence du traité de Maastricht. Le déficit est par exemple toujours exprimé par un ratio calculé sur le PIB. Or, intégrer l’économie souterraine qui échappe à la fiscalité et ne génère donc pas en elle ni cotisation ni impôt pourrait induire une erreur sur l’estimation des recettes de l’État. En augmentant immédiatement le PIB de deux milliards, cela ferait mécaniquement chuter le ratio dette sur PIB.

L’argent de la drogue ne rentre-t-il déjà pas dans le PIB dès lors qu’il est blanchi ?

L’argent généré par le commerce illégal de la drogue fait en effet l’objet d’opérations de blanchiment. Mais quand cet argent est alors investi dans l’achat de biens immobiliers ou dans des parts de sociétés, il est déjà pris en compte dans le PIB !

Comprenez-vous cette mesure si elle est justifiée par une volonté d’harmoniser les comparaisons en Europe ?

Dès le moment où Eurostat a décidé d’intégrer l’argent de la drogue dans ses statistiques alors il faut intégrer ces données afin de pouvoir comparer correctement les PIB des différents pays. Mais je le répète, l’impact est évalué à 0,1 point de PIB. L’endettement va passer de 96,5 % à 96,4 % : la belle affaire !

Plus largement faut-il réintégrer dans le PIB l’économie souterraine qui échappe aux radars ?

C’est vrai que si l’on suit cette logique jusqu’au bout, nous devrions aussi intégrer le travail au noir et le secteur domestique. Les activités de bricolage ou de ménage des foyers représentent énormément de valeur qui n’est pas comptabilisée dans les indicateurs de type PIB. En effet seul est comptabilisé le PIB marchand. Par ailleurs, le choix d’exclure la prostitution est discutable d’autant que cette dernière est plus facilement quantifiable que le trafic de drogue.

« Le désastre des toxicomanies en France » par le Pr Jean Costentin

Présentation du dernier livre du Pr Jean Costentin : «  » – Editions Docis – par le Pr Jean-Pierre Goullé

Le dernier ouvrage du Pr Jean Costentin, intitulé « Le désastre des toxicomanies en France » est le cinquième d’une longue série consacrée aux toxicomanies, dont le premier « Halte au cannabis », a été publié il y a 12 ans. Comme les précédents, ce livre est le témoin d’un engagement de tous les instants, depuis plus de 20 ans, motivé par son farouche combat contre toutes les toxicomanies.

Rappelons à cet égard que Jean Costentin préside le Centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies. Cet ouvrage qui comporte 365 pages, est un long cri de colère contre leurs méfaits, qu’elles soient licites, alcool et tabac ; ou illicites, cannabis en premier lieu. Il lutte également avec force, comme il le dit si bien, contre des idées qui prospèrent, entretenues par les médias, avec duplicité, à laisser se développer les toxicomanies et ses conséquences catastrophiques pour la santé publique.

Il s’agit d’un livre, fort bien écrit, au style alerte, riche de très nombreuses informations, destiné aussi bien aux professionnels de santé, qu’au grand public, parents, enseignants, éducateurs, mais aussi aux adolescents, tant il se lit avec une facilité déconcertante.

Dans son préambule, l’auteur cite ce qu’écrivait à propos des drogues illicites, il y a tout juste 30 ans le Pr Pierre Deniker :
« Du point de vue médical et sanitaire, il n’est pas question d’accepter le développement d’un mal nouveau, sous prétexte qu’il ressemble à celui que nous connaissons déjà. Les dégâts produits par l’alcoolisme et le tabagisme ne nous disposent pas, au contraire à subir passivement ceux des toxicomanies. Il ne s’agit pas de choisir entre la peste et le choléra qui sont déjà là. Il s’agit bien d’empêcher une troisième épidémie, sorte de lèpre… ».

Dans une première partie, il traite successivement des généralités sur les drogues, les toxicomanies et les addictions, avec des chapitres spécifiques sur le tabac, l’alcool, le cannabis, la cocaïne, les amphétamines, les opioïdes, sans oublier toutes les nouvelles drogues de synthèse dont le nombre ne cesse de croître, ni les médicaments détournés de leurs indications thérapeutiques. Il démonte également les circuits d’une activité particulièrement lucrative et les profits considérables engrangés par ce commerce.

Au-delà des 130 000 vies perdues chaque année, il rappelle les chiffres abyssaux de leur coût annuel pour la Nation, estimé à 250 milliards d’euros. Il s’oppose avec véhémence aux salles de shoot et fut l’un des premiers à dénoncer le détournement d’usage du Subutex®.

Quant à ce que l’on appelle improprement le « cannabis thérapeutique » souhaité par certains, alors que nous disposons de molécules plus actives dans chacune de ses indications ; il fustige cette démarche dont l’objet hypocrite est en réalité la légalisation de l’usage récréatif, sur le mode de ce qui a été fait dans d’autres pays.

Il accuse les graves insuffisances des plans gouvernementaux dans ce domaine, ainsi que les organismes officiels, pour les carences coupables dont ils ont fait preuve au cours des deux dernières décennies et qui portent comme il le dit, la mémoire, l’empreinte digitale du désastre de ces toxicomanies.

Face à ce terrible constat, mais sans concession, Jean Costentin évoque les différentes pistes qui s’offrent à nous pour sortir du gouffre, comme il le dit très bien. Il prend pour modèle la Suède, qui confrontée à ce problème par le passé, a réussi à résoudre sa crise par l’éducation, la pédagogie et l’enseignement.

Ces piliers, constituent donc pour lui les bases essentielles de la lutte contre ces toxicomanies. Le rapport 2017 de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies, qui du fait de l’absence d’information et de prévention dans les programmes éducatifs, décerne dans ces domaines un carton rouge à la France, semble donner raison au Pr Costentin.

Le lecteur trouvera en fin d’ouvrage, divers documents annexés, pour l’essentiel des échanges de correspondances et des commentaires très intéressants, qui l’enrichissent considérablement.
Ce livre doit trouver sa place dans toutes les bibliothèques familiales, tant il est à la portée de tous.

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Bernard Kouchner et les quatre autres « médecins de la drogue » publient un livre accablant. Pour eux !

par Jean Costentin

Ils étaient cinq pour faire leurs sottises et ils voudraient en faire davantage.

C’est ce que je retiens du livre Toxic 1,dont je me suis infligé la lecture (focalisation sur les toxicomanies oblige).

« Toxic », ce livre l’est à tous les égards. Ce sont les élucubrations de cinq comparses (Bernard Kouchner, Patrick Aerberhard, Jean-Pierre Daulouède, Bertrand Lebeau et William Lowenstein) qui, irrépressiblement, à l’automne de leur vie, signent et persistent dans toutes leurs sottises émises au cours des trente dernières années.

Réjouissons-nous : en dépit des alternances politiques, qui auraient pu offrir à leurs thèses des fenêtres de plus grandes occasions, notre société n’a pas cédé à toutes leurs pressions qui visent, in fine, à la légalisation de toutes les drogues, à commencer par le cannabis. Certes, nous leur devons, au moins en partie, que la France soit championne européenne de la consommation des drogues (toutes confondues). Mais on imagine où nous en serions s’ils avaient été davantage entendus…

En couverture de l’ouvrage, les esquisses de leurs visages sont ponctuées de points noirs – dernière poussée d’acné juvénile ? Quoi qu’il en soit, leur lecture m’a donné des boutons.

Sous le titre « Toxic », un sous-titre : « Le combat des 5 médecins de la drogue ». Ils se revendiquent donc comme les seuls à avoir fait sa promotion ; le moment venu, cela facilitera l’instruction du procès de ces « cinq médecins du gang », comme ils s’autodésignent.

Dans un long chapitre, ils se racontent, sombrant dans l’auto et l’hétéro-congratulation : baroudeurs, Che-guévaristes ; confondant allègrement engagements politiques, engagements humanitaires (Médecins du monde, Médecins sans frontières…), toxicomanies ; avec un besoin irrépressible de faire parler d’eux. Jeunes ambitieux, ils vilipendèrent Claude Olievenstein (créateur du centre Marmottan, qui fut en son temps le shogun français de l’addictologie). Comme au Far-West, où il fallait atteindre Kit Carson pour devenir « le meilleur tireur de l’Ouest ». Ils ont tiré sur Olievenstein et ils réitèrent, alors qu’il n’est plus là pour se défendre.

Bernard Kouchner, comme pour s’excuser d’avoir été ministre d’un gouvernement « de droite », souligne, à plusieurs reprises, que ses idées étaient plus faciles à faire passer sous des ministres se présentant comme tels (Simone Veil, Michèle Barzach, Philippe Douste-Blazy, Roseline Bachelot).

Les cinq comparses exhalent une grande suffisance ; ils ont compris à la place des autres. Le drogué n’est pas le malade qui justifie que tout soit fait pour le guérir ; très au-delà de l’empathie, ils font dans la collusion revendiquée (humanitaire n’est pas synonyme d’humanisme ni d’éthique médicale).

Ils prétendent que l’interdiction des drogues empêche la prévention et l’information ; ignorant, ce faisant, que chaque année, en France, 130.000 décès sont imputables au tabac et à l’alcool, qui sont drogues licites. Répétant depuis quarante ans les mêmes sottises, ils se sont fermés aux évidences et entretiennent leur errance par un psittacisme affligeant. Ils ignorent résolument que divers aspects de la réduction des risques en font naître de bien plus importants.

Les moyens consacrés aux addictions et le nombre de leurs victimes n’ont jamais été aussi élevés, tandis que leur taux de guérison est pitoyable. Cela impose de repenser l’information, la prévention, la prise en charge des victimes, la répartition des moyens, le fonctionnement des structures – conclusions aux antipodes de celles du « gang des cinq ». Aussi faut-il enfin le démasquer et le neutraliser, car ils affirment que « l’audace qui les tient depuis plus de 30 ans n’est toujours pas apaisée » ; qu’ils « n’ont pas désarmé, et que leur combat continue ».

Notes:

  1. Toxic, B. Kouchner et coll., « Le combat des 5 médecins de la drogue ». Éd. Odile Jacob, mai 2018

Source

Les dangers de l’usage du cannabis

Mise en garde de l’Académie de médecine.

Jean-Pierre GOULLÉ, Jean COSTENTIN et Jean-Pierre OLIÉ au nom de la Commission V.
Malgré son interdiction, la consommation de cannabis n’a cessé d’augmenter dans notre pays alors que les conséquences médicales néfastes du cannabis ne sont plus à prouver. Entre 2010 et 2014 l’usage de cannabis a  progressé de 38% chez les 16-64 ans et l’usage régulier a cru de 41%, selon les dernières données de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et de l’Institut national de prévention et d’éducation  pour la santé (INPES). Les jeunes français sont les plus gros consommateurs de cannabis en Europe ; cette consommation débutant de plus en plus tôt, pour certains vers l’âge de 12 ans (OFDT et INPES).

Près de un jeune sur deux qui meurt d’un accident de la route était sous l’emprise du cannabis.
Parallèlement à cette progression des consommations, la teneur en principe actif du cannabis, le T.H.C. proposé à l’achat, n’a cessé de croître ; sa concentration moyenne dans les résines saisies en France a été, en 23 ans,
multipliée de 6,4 (Ann. Tox. Anal. 2006, OFDT 2013, SINTES 2016).

Ceci constitue un facteur d’aggravation des risques d’effets indésirables sur la santé physique et psychique. L’usage du cannabis est associé à des troubles
psychiques tels que les schizophrénies dont les taux d’incidence sont plus élevés chez les consommateurs de cannabis qu’en population générale.

Depuis des décennies, l’Académie nationale de médecine a porté une grande attention aux risques engendrés par l’usage et l’abus des drogues licites (tabac, alcool) ou illicites (cannabis et autres telles que cocaïne, héroïne,
amphétamines…), tout particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes.
L’Académie estime devoir rappeler que la consommation de cannabis ne doit pas être banalisée.

Elle recommande donc :
la mise en œuvre d’intenses campagnes s’adressant de façon prioritaire aux parents, aux éducateurs et aux personnels enseignants ;
– que l’information des jeunes, en particulier adolescents et jeunes adultes, sur les risques liés à l’usage du cannabis soit érigée en une priorité nationale, englobant des actions de prévention du tabagisme, et des consommations de cannabis et d’alcool

Pour plus d’informations, visitez : www.academie-medecine.fr
CONTACT PRESSE : Virginie Gustin (00 33) 6 62 52 43 42 virginie.gustin@academie-medecine.fr
Académie nationale de médecine 16, rue Bonaparte 75006 Paris –

Tel (00 33) 1 42 34 57 70

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