L’économie de la drogue peut-elle doper le PIB français ?

Le trafic de drogue bientôt pris en compte dans la richesse nationale. / DDM Illustration Th. Bordas
Le trafic de drogue bientôt pris en compte dans la richesse nationale. / DDM Illustration Th. Bordas

Faut-il intégrer le trafic de drogue au calcul du PIB ? Après plusieurs années de débat, l’Insee vient finalement de trancher en décidant d’incorporer le poids économique du narcotrafic au calcul de la richesse nationale. L’Insee applique en fait une demande de l’office européen de statistique Eurostat. Ce changement comptable pourrait entraîner une révision en « légère hausse » du produit intérieur brut français (PIB). L’acception de prise en compte est large puisque l’Insee tiendra désormais compte de la consommation de stupéfiants ainsi que des activités liées à cette consommation sur l’ensemble du territoire national. Cette prise en compte est destinée à aligner les statistiques françaises sur celles des autres pays européens qui intègrent déjà cette économie souterraine. Selon l’Insee, cette modification comptable n’entraînera qu’une révision en très légère hausse du niveau du PIB.

La prostitution reste exclue

L’intégration de ces nouveaux chiffres sera effective pour les chiffres du PIB révisés et détaillés en mai prochain a confirmé le chef du département des comptes nationaux de l’Insee, Ronan Mahieu. La révision sera d’ampleur puisqu’elle portera sur l’ensemble des résultats publiés par l’Insee depuis 1947 ! Le visage de la richesse nationale ne s’en trouvera pas fondamentalement modifié. Tout juste « quelques milliards » d’euros, à rapporter aux 2 200 milliards d’euros du PIB français relativise-t-on à l’Insee. « Ça n’influera pas sur le chiffre de la croissance » en 2017, ont prévenu les statisticiens.

La décision de l’Insee fait suite à un long débat lancé par Eurostat en 2013. L’institut statistique européen avait alors demandé aux États membres d’intégrer le trafic de drogue et la prostitution dans leurs statistiques nationales, estimant qu’il s’agissait de transactions commerciales consenties librement. L’objectif était d’harmoniser les données fournies par les pays européens, ces activités étant considérées comme légales dans certains États, à l’image des Pays-Bas, ce qui gonfle leur PIB, et illégales dans d’autres. Plusieurs pays ont alors décidé d’intégrer ces nouvelles normes, à l’image de l’Espagne, du Royaume-Uni et de l’Italie.

En revanche, l’Insee a refusé de comptabiliser la prostitution relevant des réseaux, estimant que le consentement des prostituées n’était « probablement pas vérifié ». « Sur ce point, nous maintenons notre position », a indiqué Ronan Mahieu.

Jusqu’à 23% du PIB au Maroc

C’est une bombe qu’a lancée l’an dernier le département d’État américain. Il a affirmé dans un rapport que la production de cannabis au Maroc équivalait à 23 % du PIB. En 2016, ce dernier s’élevait à 93 milliards d’euros. Le PIB marocain devrait donc être augmenté de quasiment un quart afin de prendre en compte le poids de l’économie souterraine du narcotrafic. On estime que le Maroc produit chaque année 700 tonnes de résine de cannabis.

 

« Cela ne chamboulera pas les comptes  »

Eric Heyer, Directeur du département analyses et prévisions à l’OFCE.

Eric Heyer, directeur du département analyses et prévisions à l’OFCE./ Photo DR.

 » />

Quel impact ce nouveau calcul aura sur le PIB français ?

L’effet sera extrêmement marginal puisqu’on évalue le surplus d’un à deux milliards d’euros sur un PIB français qui totalise 2 200 milliards. La modification ne chamboulera donc pas les comptes de la nation.

Pourquoi vouloir soudainement intégrer l’économie de la drogue dans les statistiques ?

Pour le comprendre, il faut s’interroger sur l’objectif du calcul du PIB. Cet indicateur sert en grande partie à prévoir les recettes de l’État afin de calculer une série de ratios dont les critères de convergence du traité de Maastricht. Le déficit est par exemple toujours exprimé par un ratio calculé sur le PIB. Or, intégrer l’économie souterraine qui échappe à la fiscalité et ne génère donc pas en elle ni cotisation ni impôt pourrait induire une erreur sur l’estimation des recettes de l’État. En augmentant immédiatement le PIB de deux milliards, cela ferait mécaniquement chuter le ratio dette sur PIB.

L’argent de la drogue ne rentre-t-il déjà pas dans le PIB dès lors qu’il est blanchi ?

L’argent généré par le commerce illégal de la drogue fait en effet l’objet d’opérations de blanchiment. Mais quand cet argent est alors investi dans l’achat de biens immobiliers ou dans des parts de sociétés, il est déjà pris en compte dans le PIB !

Comprenez-vous cette mesure si elle est justifiée par une volonté d’harmoniser les comparaisons en Europe ?

Dès le moment où Eurostat a décidé d’intégrer l’argent de la drogue dans ses statistiques alors il faut intégrer ces données afin de pouvoir comparer correctement les PIB des différents pays. Mais je le répète, l’impact est évalué à 0,1 point de PIB. L’endettement va passer de 96,5 % à 96,4 % : la belle affaire !

Plus largement faut-il réintégrer dans le PIB l’économie souterraine qui échappe aux radars ?

C’est vrai que si l’on suit cette logique jusqu’au bout, nous devrions aussi intégrer le travail au noir et le secteur domestique. Les activités de bricolage ou de ménage des foyers représentent énormément de valeur qui n’est pas comptabilisée dans les indicateurs de type PIB. En effet seul est comptabilisé le PIB marchand. Par ailleurs, le choix d’exclure la prostitution est discutable d’autant que cette dernière est plus facilement quantifiable que le trafic de drogue.

Publicités

« Le désastre des toxicomanies en France » par le Pr Jean Costentin

Présentation du dernier livre du Pr Jean Costentin : «  » – Editions Docis – par le Pr Jean-Pierre Goullé

Le dernier ouvrage du Pr Jean Costentin, intitulé « Le désastre des toxicomanies en France » est le cinquième d’une longue série consacrée aux toxicomanies, dont le premier « Halte au cannabis », a été publié il y a 12 ans. Comme les précédents, ce livre est le témoin d’un engagement de tous les instants, depuis plus de 20 ans, motivé par son farouche combat contre toutes les toxicomanies.

Rappelons à cet égard que Jean Costentin préside le Centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies. Cet ouvrage qui comporte 365 pages, est un long cri de colère contre leurs méfaits, qu’elles soient licites, alcool et tabac ; ou illicites, cannabis en premier lieu. Il lutte également avec force, comme il le dit si bien, contre des idées qui prospèrent, entretenues par les médias, avec duplicité, à laisser se développer les toxicomanies et ses conséquences catastrophiques pour la santé publique.

Il s’agit d’un livre, fort bien écrit, au style alerte, riche de très nombreuses informations, destiné aussi bien aux professionnels de santé, qu’au grand public, parents, enseignants, éducateurs, mais aussi aux adolescents, tant il se lit avec une facilité déconcertante.

Dans son préambule, l’auteur cite ce qu’écrivait à propos des drogues illicites, il y a tout juste 30 ans le Pr Pierre Deniker :
« Du point de vue médical et sanitaire, il n’est pas question d’accepter le développement d’un mal nouveau, sous prétexte qu’il ressemble à celui que nous connaissons déjà. Les dégâts produits par l’alcoolisme et le tabagisme ne nous disposent pas, au contraire à subir passivement ceux des toxicomanies. Il ne s’agit pas de choisir entre la peste et le choléra qui sont déjà là. Il s’agit bien d’empêcher une troisième épidémie, sorte de lèpre… ».

Dans une première partie, il traite successivement des généralités sur les drogues, les toxicomanies et les addictions, avec des chapitres spécifiques sur le tabac, l’alcool, le cannabis, la cocaïne, les amphétamines, les opioïdes, sans oublier toutes les nouvelles drogues de synthèse dont le nombre ne cesse de croître, ni les médicaments détournés de leurs indications thérapeutiques. Il démonte également les circuits d’une activité particulièrement lucrative et les profits considérables engrangés par ce commerce.

Au-delà des 130 000 vies perdues chaque année, il rappelle les chiffres abyssaux de leur coût annuel pour la Nation, estimé à 250 milliards d’euros. Il s’oppose avec véhémence aux salles de shoot et fut l’un des premiers à dénoncer le détournement d’usage du Subutex®.

Quant à ce que l’on appelle improprement le « cannabis thérapeutique » souhaité par certains, alors que nous disposons de molécules plus actives dans chacune de ses indications ; il fustige cette démarche dont l’objet hypocrite est en réalité la légalisation de l’usage récréatif, sur le mode de ce qui a été fait dans d’autres pays.

Il accuse les graves insuffisances des plans gouvernementaux dans ce domaine, ainsi que les organismes officiels, pour les carences coupables dont ils ont fait preuve au cours des deux dernières décennies et qui portent comme il le dit, la mémoire, l’empreinte digitale du désastre de ces toxicomanies.

Face à ce terrible constat, mais sans concession, Jean Costentin évoque les différentes pistes qui s’offrent à nous pour sortir du gouffre, comme il le dit très bien. Il prend pour modèle la Suède, qui confrontée à ce problème par le passé, a réussi à résoudre sa crise par l’éducation, la pédagogie et l’enseignement.

Ces piliers, constituent donc pour lui les bases essentielles de la lutte contre ces toxicomanies. Le rapport 2017 de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies, qui du fait de l’absence d’information et de prévention dans les programmes éducatifs, décerne dans ces domaines un carton rouge à la France, semble donner raison au Pr Costentin.

Le lecteur trouvera en fin d’ouvrage, divers documents annexés, pour l’essentiel des échanges de correspondances et des commentaires très intéressants, qui l’enrichissent considérablement.
Ce livre doit trouver sa place dans toutes les bibliothèques familiales, tant il est à la portée de tous.

Disponible chez :

Bernard Kouchner et les quatre autres « médecins de la drogue » publient un livre accablant. Pour eux !

par Jean Costentin

Ils étaient cinq pour faire leurs sottises et ils voudraient en faire davantage.

C’est ce que je retiens du livre Toxic 1,dont je me suis infligé la lecture (focalisation sur les toxicomanies oblige).

« Toxic », ce livre l’est à tous les égards. Ce sont les élucubrations de cinq comparses (Bernard Kouchner, Patrick Aerberhard, Jean-Pierre Daulouède, Bertrand Lebeau et William Lowenstein) qui, irrépressiblement, à l’automne de leur vie, signent et persistent dans toutes leurs sottises émises au cours des trente dernières années.

Réjouissons-nous : en dépit des alternances politiques, qui auraient pu offrir à leurs thèses des fenêtres de plus grandes occasions, notre société n’a pas cédé à toutes leurs pressions qui visent, in fine, à la légalisation de toutes les drogues, à commencer par le cannabis. Certes, nous leur devons, au moins en partie, que la France soit championne européenne de la consommation des drogues (toutes confondues). Mais on imagine où nous en serions s’ils avaient été davantage entendus…

En couverture de l’ouvrage, les esquisses de leurs visages sont ponctuées de points noirs – dernière poussée d’acné juvénile ? Quoi qu’il en soit, leur lecture m’a donné des boutons.

Sous le titre « Toxic », un sous-titre : « Le combat des 5 médecins de la drogue ». Ils se revendiquent donc comme les seuls à avoir fait sa promotion ; le moment venu, cela facilitera l’instruction du procès de ces « cinq médecins du gang », comme ils s’autodésignent.

Dans un long chapitre, ils se racontent, sombrant dans l’auto et l’hétéro-congratulation : baroudeurs, Che-guévaristes ; confondant allègrement engagements politiques, engagements humanitaires (Médecins du monde, Médecins sans frontières…), toxicomanies ; avec un besoin irrépressible de faire parler d’eux. Jeunes ambitieux, ils vilipendèrent Claude Olievenstein (créateur du centre Marmottan, qui fut en son temps le shogun français de l’addictologie). Comme au Far-West, où il fallait atteindre Kit Carson pour devenir « le meilleur tireur de l’Ouest ». Ils ont tiré sur Olievenstein et ils réitèrent, alors qu’il n’est plus là pour se défendre.

Bernard Kouchner, comme pour s’excuser d’avoir été ministre d’un gouvernement « de droite », souligne, à plusieurs reprises, que ses idées étaient plus faciles à faire passer sous des ministres se présentant comme tels (Simone Veil, Michèle Barzach, Philippe Douste-Blazy, Roseline Bachelot).

Les cinq comparses exhalent une grande suffisance ; ils ont compris à la place des autres. Le drogué n’est pas le malade qui justifie que tout soit fait pour le guérir ; très au-delà de l’empathie, ils font dans la collusion revendiquée (humanitaire n’est pas synonyme d’humanisme ni d’éthique médicale).

Ils prétendent que l’interdiction des drogues empêche la prévention et l’information ; ignorant, ce faisant, que chaque année, en France, 130.000 décès sont imputables au tabac et à l’alcool, qui sont drogues licites. Répétant depuis quarante ans les mêmes sottises, ils se sont fermés aux évidences et entretiennent leur errance par un psittacisme affligeant. Ils ignorent résolument que divers aspects de la réduction des risques en font naître de bien plus importants.

Les moyens consacrés aux addictions et le nombre de leurs victimes n’ont jamais été aussi élevés, tandis que leur taux de guérison est pitoyable. Cela impose de repenser l’information, la prévention, la prise en charge des victimes, la répartition des moyens, le fonctionnement des structures – conclusions aux antipodes de celles du « gang des cinq ». Aussi faut-il enfin le démasquer et le neutraliser, car ils affirment que « l’audace qui les tient depuis plus de 30 ans n’est toujours pas apaisée » ; qu’ils « n’ont pas désarmé, et que leur combat continue ».

Notes:

  1. Toxic, B. Kouchner et coll., « Le combat des 5 médecins de la drogue ». Éd. Odile Jacob, mai 2018

Source

Les dangers de l’usage du cannabis

Mise en garde de l’Académie de médecine.

Jean-Pierre GOULLÉ, Jean COSTENTIN et Jean-Pierre OLIÉ au nom de la Commission V.
Malgré son interdiction, la consommation de cannabis n’a cessé d’augmenter dans notre pays alors que les conséquences médicales néfastes du cannabis ne sont plus à prouver. Entre 2010 et 2014 l’usage de cannabis a  progressé de 38% chez les 16-64 ans et l’usage régulier a cru de 41%, selon les dernières données de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et de l’Institut national de prévention et d’éducation  pour la santé (INPES). Les jeunes français sont les plus gros consommateurs de cannabis en Europe ; cette consommation débutant de plus en plus tôt, pour certains vers l’âge de 12 ans (OFDT et INPES).

Près de un jeune sur deux qui meurt d’un accident de la route était sous l’emprise du cannabis.
Parallèlement à cette progression des consommations, la teneur en principe actif du cannabis, le T.H.C. proposé à l’achat, n’a cessé de croître ; sa concentration moyenne dans les résines saisies en France a été, en 23 ans,
multipliée de 6,4 (Ann. Tox. Anal. 2006, OFDT 2013, SINTES 2016).

Ceci constitue un facteur d’aggravation des risques d’effets indésirables sur la santé physique et psychique. L’usage du cannabis est associé à des troubles
psychiques tels que les schizophrénies dont les taux d’incidence sont plus élevés chez les consommateurs de cannabis qu’en population générale.

Depuis des décennies, l’Académie nationale de médecine a porté une grande attention aux risques engendrés par l’usage et l’abus des drogues licites (tabac, alcool) ou illicites (cannabis et autres telles que cocaïne, héroïne,
amphétamines…), tout particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes.
L’Académie estime devoir rappeler que la consommation de cannabis ne doit pas être banalisée.

Elle recommande donc :
la mise en œuvre d’intenses campagnes s’adressant de façon prioritaire aux parents, aux éducateurs et aux personnels enseignants ;
– que l’information des jeunes, en particulier adolescents et jeunes adultes, sur les risques liés à l’usage du cannabis soit érigée en une priorité nationale, englobant des actions de prévention du tabagisme, et des consommations de cannabis et d’alcool

Pour plus d’informations, visitez : www.academie-medecine.fr
CONTACT PRESSE : Virginie Gustin (00 33) 6 62 52 43 42 virginie.gustin@academie-medecine.fr
Académie nationale de médecine 16, rue Bonaparte 75006 Paris –

Tel (00 33) 1 42 34 57 70

Addictions en milieu professionnel

ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE  

 Jean-Pierre GOULLÉ, Françoise MOREL (Rapporteurs) *  au nom d’un groupe de travail** rattaché à la Commission V (Santé mentale – Neurosciences – Addictions)

RÉSUMÉ

 Les conduites addictives constituent un problème de santé publique préoccupant. Elles sont susceptibles d’avoir un impact sur la vie professionnelle et d’engager la responsabilité de l’entreprise en cas d’accident. Elles peuvent menacer la sécurité des usagers, notamment lorsque les agents occupent des postes de sûreté et de sécurité. Les prévalences d’usage des substances psychoactives en population générale sont rappelées. Selon l’enquête du « baromètre santé 2014 », les consommations des substances psychoactives chez les actifs occupés étaient plus faibles que celles des demandeurs d’emploi tant pour les drogues licites (alcool p<0,05 ; tabac, p<0,001), que pour les drogues illicites (cannabis par exemple, p<0,001). En ce qui concerne les médicaments psychotropes, le « baromètre santé 2010 », montrait une prévalence d’usage dans l’année de 16,7 %. En 2014, trois milieux professionnels étaient concernés par des niveaux élevés de consommations de substances psychoactives licites ou illicites : le bâtiment et les travaux publics, le secteur englobant les arts, les spectacles et les services récréatifs, ainsi que le secteur de l’hébergement et de la restauration. Quant aux médicaments psychotropes l’enquête 2014 indiquait une prévalence d’usage dans l’année beaucoup plus élevée chez les femmes (de 13,1% à 30,0%), que chez les hommes (de 2,8% à 14,5%). Les conséquences des consommations de substances psychoactives dans le milieu professionnel sont rappelées : pertes de production, absentéisme, perte d’image pour l’entreprise, accidents du travail. L’Académie nationale de médecine propose un certain nombre de recommandations en raison de la gravité des conséquences sanitaires liées aux conduites addictives en milieu professionnel

Pour lire le rapport complet cliquez sur :

 Addictions en milieu professionnel 

* Membre de l’Académie nationale de médecine.

**Ont participé à l’élaboration de ce document : Catherine Barthélémy, Marie-Germaine Bousser, Sophie Fantoni-Quinton, Marie-Odile Réthoré, Françoise Morel, Jean Adès, Alain Chamoux, Jean Costentin, Christian Gonnet, Jean-Pierre Goullé, Michel Hamon, Jean-Jacques Hauw, Bernard Lechevalier, Jean-Marc Léger, Michel Lejoyeux, Jean-Pierre Olié, Jean-Michel Vallat                                                              

 

5 millions de Français ont fumé du cannabis en 2016 (Le Figaro)

Les français figurent parmi les plus gros consommateurs de cannabis en Europe

Une étude publiée vendredi par l’OFDT indique qu’un Français sur quatre a consommé du cannabis au moins une fois dans sa vie. Cette consommation touche majoritairement les jeunes et les hommes.

Le cannabis reste la drogue illicite préférée des Français. C’est que ce qu’indiquent les résultats du Baromètre santé 2016 de Santé publique France, publié vendredi par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). En effet, un adulte sur dix déclare en avoir consommé au cours de l’année dans l’hexagone au cours de l’année.

Le cannabis «occupe une place prépondérante dans les usages, tant des adultes que des adolescents», et occupe en France le rang de «produit psychoactif le plus consommé», souligne l’étude. À titre d’illustration, 17 millions de personnes âgées de 11 à 64 ans ont déclaré avoir fumé au moins une fois du cannabis au cours de leur vie. Parmi eux, 5 millions ont déclaré avoir fumé au cours de l’année et ils sont 1,4 million à avoir fumé au moins dix fois par mois.

700.000 d’usagers quotidiens

La consommation de cannabis dans l’année touche surtout les plus jeunes et les hommes (28% des 18-25 ans, 35% des hommes et 21% des femmes de cette tranche d’âge). Elle diminue ensuite avec l’âge pour ne plus atteindre que 2% de la population au-delà de 55 ans. Les Français, qui sont parmi les plus gros consommateurs en Europe, sont 700.000 à déclarer être des usagers quotidiens. Les motivations pour consommer sont multiples: «Utilisé à la fois pour faire la fête, gérer le stress, trouver le sommeil, dans un cadre de sociabilité… Le cannabis s’est affirmé comme un produit transculturel, qui trouve sa place dans tous les milieux socioculturels», relève l’étude.

Contrairement à d’autres substances comme la cocaïne ou l’héroïne, la représentation de la dangerosité du cannabis apparait «volatile». Les dommages associés à une consommation régulière sont pourtant connus (troubles de la mémoire, de l’attention ou de l’apprentissage, précipitation de la survenue de troubles psychiatriques chez les individus prédisposés). Le prix moyen du gramme de résine de cannabis a fortement augmenté depuis 2006 et atteint aujourd’hui 7 euros et 11 euros pour un gramme d’herbe. Cette augmentation «semble liée à la forte hausse des taux de THC», selon l’OFDT, la teneur moyenne de la résine de cannabis ayant triplé en 10 ans pour atteindre 23%, et 11% pour l’herbe.

Selon les chiffres de la synthèse «Drogues, chiffres clés» publiée vendredi par l’OFDT, «le marché de l’herbe de cannabis en France est extrêmement dynamique», avec 71 tonnes de cannabis saisies en 2016 dont 18 tonnes d’herbe et 126.400 plants (données Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants).

%d blogueurs aiment cette page :