« Le désastre des toxicomanies en France » par le Pr Jean Costentin

Présentation du dernier livre du Pr Jean Costentin : «  » – Editions Docis – par le Pr Jean-Pierre Goullé

Le dernier ouvrage du Pr Jean Costentin, intitulé « Le désastre des toxicomanies en France » est le cinquième d’une longue série consacrée aux toxicomanies, dont le premier « Halte au cannabis », a été publié il y a 12 ans. Comme les précédents, ce livre est le témoin d’un engagement de tous les instants, depuis plus de 20 ans, motivé par son farouche combat contre toutes les toxicomanies.

Rappelons à cet égard que Jean Costentin préside le Centre national de prévention d’études et de recherches sur les toxicomanies. Cet ouvrage qui comporte 365 pages, est un long cri de colère contre leurs méfaits, qu’elles soient licites, alcool et tabac ; ou illicites, cannabis en premier lieu. Il lutte également avec force, comme il le dit si bien, contre des idées qui prospèrent, entretenues par les médias, avec duplicité, à laisser se développer les toxicomanies et ses conséquences catastrophiques pour la santé publique.

Il s’agit d’un livre, fort bien écrit, au style alerte, riche de très nombreuses informations, destiné aussi bien aux professionnels de santé, qu’au grand public, parents, enseignants, éducateurs, mais aussi aux adolescents, tant il se lit avec une facilité déconcertante.

Dans son préambule, l’auteur cite ce qu’écrivait à propos des drogues illicites, il y a tout juste 30 ans le Pr Pierre Deniker :
« Du point de vue médical et sanitaire, il n’est pas question d’accepter le développement d’un mal nouveau, sous prétexte qu’il ressemble à celui que nous connaissons déjà. Les dégâts produits par l’alcoolisme et le tabagisme ne nous disposent pas, au contraire à subir passivement ceux des toxicomanies. Il ne s’agit pas de choisir entre la peste et le choléra qui sont déjà là. Il s’agit bien d’empêcher une troisième épidémie, sorte de lèpre… ».

Dans une première partie, il traite successivement des généralités sur les drogues, les toxicomanies et les addictions, avec des chapitres spécifiques sur le tabac, l’alcool, le cannabis, la cocaïne, les amphétamines, les opioïdes, sans oublier toutes les nouvelles drogues de synthèse dont le nombre ne cesse de croître, ni les médicaments détournés de leurs indications thérapeutiques. Il démonte également les circuits d’une activité particulièrement lucrative et les profits considérables engrangés par ce commerce.

Au-delà des 130 000 vies perdues chaque année, il rappelle les chiffres abyssaux de leur coût annuel pour la Nation, estimé à 250 milliards d’euros. Il s’oppose avec véhémence aux salles de shoot et fut l’un des premiers à dénoncer le détournement d’usage du Subutex®.

Quant à ce que l’on appelle improprement le « cannabis thérapeutique » souhaité par certains, alors que nous disposons de molécules plus actives dans chacune de ses indications ; il fustige cette démarche dont l’objet hypocrite est en réalité la légalisation de l’usage récréatif, sur le mode de ce qui a été fait dans d’autres pays.

Il accuse les graves insuffisances des plans gouvernementaux dans ce domaine, ainsi que les organismes officiels, pour les carences coupables dont ils ont fait preuve au cours des deux dernières décennies et qui portent comme il le dit, la mémoire, l’empreinte digitale du désastre de ces toxicomanies.

Face à ce terrible constat, mais sans concession, Jean Costentin évoque les différentes pistes qui s’offrent à nous pour sortir du gouffre, comme il le dit très bien. Il prend pour modèle la Suède, qui confrontée à ce problème par le passé, a réussi à résoudre sa crise par l’éducation, la pédagogie et l’enseignement.

Ces piliers, constituent donc pour lui les bases essentielles de la lutte contre ces toxicomanies. Le rapport 2017 de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies, qui du fait de l’absence d’information et de prévention dans les programmes éducatifs, décerne dans ces domaines un carton rouge à la France, semble donner raison au Pr Costentin.

Le lecteur trouvera en fin d’ouvrage, divers documents annexés, pour l’essentiel des échanges de correspondances et des commentaires très intéressants, qui l’enrichissent considérablement.
Ce livre doit trouver sa place dans toutes les bibliothèques familiales, tant il est à la portée de tous.

Disponible chez :

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Bernard Kouchner et les quatre autres « médecins de la drogue » publient un livre accablant. Pour eux !

par Jean Costentin

Ils étaient cinq pour faire leurs sottises et ils voudraient en faire davantage.

C’est ce que je retiens du livre Toxic 1,dont je me suis infligé la lecture (focalisation sur les toxicomanies oblige).

« Toxic », ce livre l’est à tous les égards. Ce sont les élucubrations de cinq comparses (Bernard Kouchner, Patrick Aerberhard, Jean-Pierre Daulouède, Bertrand Lebeau et William Lowenstein) qui, irrépressiblement, à l’automne de leur vie, signent et persistent dans toutes leurs sottises émises au cours des trente dernières années.

Réjouissons-nous : en dépit des alternances politiques, qui auraient pu offrir à leurs thèses des fenêtres de plus grandes occasions, notre société n’a pas cédé à toutes leurs pressions qui visent, in fine, à la légalisation de toutes les drogues, à commencer par le cannabis. Certes, nous leur devons, au moins en partie, que la France soit championne européenne de la consommation des drogues (toutes confondues). Mais on imagine où nous en serions s’ils avaient été davantage entendus…

En couverture de l’ouvrage, les esquisses de leurs visages sont ponctuées de points noirs – dernière poussée d’acné juvénile ? Quoi qu’il en soit, leur lecture m’a donné des boutons.

Sous le titre « Toxic », un sous-titre : « Le combat des 5 médecins de la drogue ». Ils se revendiquent donc comme les seuls à avoir fait sa promotion ; le moment venu, cela facilitera l’instruction du procès de ces « cinq médecins du gang », comme ils s’autodésignent.

Dans un long chapitre, ils se racontent, sombrant dans l’auto et l’hétéro-congratulation : baroudeurs, Che-guévaristes ; confondant allègrement engagements politiques, engagements humanitaires (Médecins du monde, Médecins sans frontières…), toxicomanies ; avec un besoin irrépressible de faire parler d’eux. Jeunes ambitieux, ils vilipendèrent Claude Olievenstein (créateur du centre Marmottan, qui fut en son temps le shogun français de l’addictologie). Comme au Far-West, où il fallait atteindre Kit Carson pour devenir « le meilleur tireur de l’Ouest ». Ils ont tiré sur Olievenstein et ils réitèrent, alors qu’il n’est plus là pour se défendre.

Bernard Kouchner, comme pour s’excuser d’avoir été ministre d’un gouvernement « de droite », souligne, à plusieurs reprises, que ses idées étaient plus faciles à faire passer sous des ministres se présentant comme tels (Simone Veil, Michèle Barzach, Philippe Douste-Blazy, Roseline Bachelot).

Les cinq comparses exhalent une grande suffisance ; ils ont compris à la place des autres. Le drogué n’est pas le malade qui justifie que tout soit fait pour le guérir ; très au-delà de l’empathie, ils font dans la collusion revendiquée (humanitaire n’est pas synonyme d’humanisme ni d’éthique médicale).

Ils prétendent que l’interdiction des drogues empêche la prévention et l’information ; ignorant, ce faisant, que chaque année, en France, 130.000 décès sont imputables au tabac et à l’alcool, qui sont drogues licites. Répétant depuis quarante ans les mêmes sottises, ils se sont fermés aux évidences et entretiennent leur errance par un psittacisme affligeant. Ils ignorent résolument que divers aspects de la réduction des risques en font naître de bien plus importants.

Les moyens consacrés aux addictions et le nombre de leurs victimes n’ont jamais été aussi élevés, tandis que leur taux de guérison est pitoyable. Cela impose de repenser l’information, la prévention, la prise en charge des victimes, la répartition des moyens, le fonctionnement des structures – conclusions aux antipodes de celles du « gang des cinq ». Aussi faut-il enfin le démasquer et le neutraliser, car ils affirment que « l’audace qui les tient depuis plus de 30 ans n’est toujours pas apaisée » ; qu’ils « n’ont pas désarmé, et que leur combat continue ».

Notes:

  1. Toxic, B. Kouchner et coll., « Le combat des 5 médecins de la drogue ». Éd. Odile Jacob, mai 2018

Source

Les dangers de l’usage du cannabis

Mise en garde de l’Académie de médecine.

Jean-Pierre GOULLÉ, Jean COSTENTIN et Jean-Pierre OLIÉ au nom de la Commission V.
Malgré son interdiction, la consommation de cannabis n’a cessé d’augmenter dans notre pays alors que les conséquences médicales néfastes du cannabis ne sont plus à prouver. Entre 2010 et 2014 l’usage de cannabis a  progressé de 38% chez les 16-64 ans et l’usage régulier a cru de 41%, selon les dernières données de l’Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT) et de l’Institut national de prévention et d’éducation  pour la santé (INPES). Les jeunes français sont les plus gros consommateurs de cannabis en Europe ; cette consommation débutant de plus en plus tôt, pour certains vers l’âge de 12 ans (OFDT et INPES).

Près de un jeune sur deux qui meurt d’un accident de la route était sous l’emprise du cannabis.
Parallèlement à cette progression des consommations, la teneur en principe actif du cannabis, le T.H.C. proposé à l’achat, n’a cessé de croître ; sa concentration moyenne dans les résines saisies en France a été, en 23 ans,
multipliée de 6,4 (Ann. Tox. Anal. 2006, OFDT 2013, SINTES 2016).

Ceci constitue un facteur d’aggravation des risques d’effets indésirables sur la santé physique et psychique. L’usage du cannabis est associé à des troubles
psychiques tels que les schizophrénies dont les taux d’incidence sont plus élevés chez les consommateurs de cannabis qu’en population générale.

Depuis des décennies, l’Académie nationale de médecine a porté une grande attention aux risques engendrés par l’usage et l’abus des drogues licites (tabac, alcool) ou illicites (cannabis et autres telles que cocaïne, héroïne,
amphétamines…), tout particulièrement chez les adolescents et les jeunes adultes.
L’Académie estime devoir rappeler que la consommation de cannabis ne doit pas être banalisée.

Elle recommande donc :
la mise en œuvre d’intenses campagnes s’adressant de façon prioritaire aux parents, aux éducateurs et aux personnels enseignants ;
– que l’information des jeunes, en particulier adolescents et jeunes adultes, sur les risques liés à l’usage du cannabis soit érigée en une priorité nationale, englobant des actions de prévention du tabagisme, et des consommations de cannabis et d’alcool

Pour plus d’informations, visitez : www.academie-medecine.fr
CONTACT PRESSE : Virginie Gustin (00 33) 6 62 52 43 42 virginie.gustin@academie-medecine.fr
Académie nationale de médecine 16, rue Bonaparte 75006 Paris –

Tel (00 33) 1 42 34 57 70

Addictions en milieu professionnel

ACADÉMIE NATIONALE DE MÉDECINE  

 Jean-Pierre GOULLÉ, Françoise MOREL (Rapporteurs) *  au nom d’un groupe de travail** rattaché à la Commission V (Santé mentale – Neurosciences – Addictions)

RÉSUMÉ

 Les conduites addictives constituent un problème de santé publique préoccupant. Elles sont susceptibles d’avoir un impact sur la vie professionnelle et d’engager la responsabilité de l’entreprise en cas d’accident. Elles peuvent menacer la sécurité des usagers, notamment lorsque les agents occupent des postes de sûreté et de sécurité. Les prévalences d’usage des substances psychoactives en population générale sont rappelées. Selon l’enquête du « baromètre santé 2014 », les consommations des substances psychoactives chez les actifs occupés étaient plus faibles que celles des demandeurs d’emploi tant pour les drogues licites (alcool p<0,05 ; tabac, p<0,001), que pour les drogues illicites (cannabis par exemple, p<0,001). En ce qui concerne les médicaments psychotropes, le « baromètre santé 2010 », montrait une prévalence d’usage dans l’année de 16,7 %. En 2014, trois milieux professionnels étaient concernés par des niveaux élevés de consommations de substances psychoactives licites ou illicites : le bâtiment et les travaux publics, le secteur englobant les arts, les spectacles et les services récréatifs, ainsi que le secteur de l’hébergement et de la restauration. Quant aux médicaments psychotropes l’enquête 2014 indiquait une prévalence d’usage dans l’année beaucoup plus élevée chez les femmes (de 13,1% à 30,0%), que chez les hommes (de 2,8% à 14,5%). Les conséquences des consommations de substances psychoactives dans le milieu professionnel sont rappelées : pertes de production, absentéisme, perte d’image pour l’entreprise, accidents du travail. L’Académie nationale de médecine propose un certain nombre de recommandations en raison de la gravité des conséquences sanitaires liées aux conduites addictives en milieu professionnel

Pour lire le rapport complet cliquez sur :

 Addictions en milieu professionnel 

* Membre de l’Académie nationale de médecine.

**Ont participé à l’élaboration de ce document : Catherine Barthélémy, Marie-Germaine Bousser, Sophie Fantoni-Quinton, Marie-Odile Réthoré, Françoise Morel, Jean Adès, Alain Chamoux, Jean Costentin, Christian Gonnet, Jean-Pierre Goullé, Michel Hamon, Jean-Jacques Hauw, Bernard Lechevalier, Jean-Marc Léger, Michel Lejoyeux, Jean-Pierre Olié, Jean-Michel Vallat                                                              

 

5 millions de Français ont fumé du cannabis en 2016 (Le Figaro)

Les français figurent parmi les plus gros consommateurs de cannabis en Europe

Une étude publiée vendredi par l’OFDT indique qu’un Français sur quatre a consommé du cannabis au moins une fois dans sa vie. Cette consommation touche majoritairement les jeunes et les hommes.

Le cannabis reste la drogue illicite préférée des Français. C’est que ce qu’indiquent les résultats du Baromètre santé 2016 de Santé publique France, publié vendredi par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). En effet, un adulte sur dix déclare en avoir consommé au cours de l’année dans l’hexagone au cours de l’année.

Le cannabis «occupe une place prépondérante dans les usages, tant des adultes que des adolescents», et occupe en France le rang de «produit psychoactif le plus consommé», souligne l’étude. À titre d’illustration, 17 millions de personnes âgées de 11 à 64 ans ont déclaré avoir fumé au moins une fois du cannabis au cours de leur vie. Parmi eux, 5 millions ont déclaré avoir fumé au cours de l’année et ils sont 1,4 million à avoir fumé au moins dix fois par mois.

700.000 d’usagers quotidiens

La consommation de cannabis dans l’année touche surtout les plus jeunes et les hommes (28% des 18-25 ans, 35% des hommes et 21% des femmes de cette tranche d’âge). Elle diminue ensuite avec l’âge pour ne plus atteindre que 2% de la population au-delà de 55 ans. Les Français, qui sont parmi les plus gros consommateurs en Europe, sont 700.000 à déclarer être des usagers quotidiens. Les motivations pour consommer sont multiples: «Utilisé à la fois pour faire la fête, gérer le stress, trouver le sommeil, dans un cadre de sociabilité… Le cannabis s’est affirmé comme un produit transculturel, qui trouve sa place dans tous les milieux socioculturels», relève l’étude.

Contrairement à d’autres substances comme la cocaïne ou l’héroïne, la représentation de la dangerosité du cannabis apparait «volatile». Les dommages associés à une consommation régulière sont pourtant connus (troubles de la mémoire, de l’attention ou de l’apprentissage, précipitation de la survenue de troubles psychiatriques chez les individus prédisposés). Le prix moyen du gramme de résine de cannabis a fortement augmenté depuis 2006 et atteint aujourd’hui 7 euros et 11 euros pour un gramme d’herbe. Cette augmentation «semble liée à la forte hausse des taux de THC», selon l’OFDT, la teneur moyenne de la résine de cannabis ayant triplé en 10 ans pour atteindre 23%, et 11% pour l’herbe.

Selon les chiffres de la synthèse «Drogues, chiffres clés» publiée vendredi par l’OFDT, «le marché de l’herbe de cannabis en France est extrêmement dynamique», avec 71 tonnes de cannabis saisies en 2016 dont 18 tonnes d’herbe et 126.400 plants (données Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants).

En Europe, les drogues de plus en plus dangereuses et mortelles

Les surdoses de drogues font de plus en plus de morts en Europe, où circulent de nouvelles et nombreuses substances « dangereuses » pour la santé, s’inquiète l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT) dans son rapport annuel publié mardi.

« Les stupéfiants restent une menace continue, qui évolue et menace en profondeur nos sociétés », a souligné mardi le commissaire européen en charge des Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos, lors d’une conférence de presse de présentation de ce document à Bruxelles.

« Aucun pays n’a encore trouvé la réponse miracle sur ces questions », a relevé de son côté la présidente du conseil d’administration de l’OEDT, Laura d’Arrigo. « Il est crucial de partager les expériences et les pratiques, celles qui ont réussi bien sûr, mais aussi celles qui ont eu moins de succès », a-t-elle exhorté.

Le cannabis reste de loin la drogue la plus populaire en Europe, devant la cocaïne, la MDMA (principe actif de l’ecstasy) et les amphétamines (amphétamine et méthamphétamine).

Deux phénomènes préoccupent plus particulièrement M. Avramopoulos: « L’augmentation, pour la troisième année consécutive, du nombre de décès par surdose » de drogue, et l’exposition croissante des jeunes « à de nombreuses drogues nouvelles et dangereuses » pour la santé, notamment les « drogues de synthèse« .

Le rapport de l’OEDT, fondé sur des données collectées en 2015 et 2016, souligne l’augmentation « grave » et « préoccupante » du nombre de décès par surdose dans les 28 Etats de l’UE ainsi qu’en Turquie et Norvège (8.441 décès en 2015, +6% par rapport à 2014), « principalement liés à l’héroïne et à d’autres opiacés » (dérivés de l’opium).

Cette hausse de la mortalité, pour la troisième année consécutive, concerne « presque toutes les tranches d’âge » et des pays comme l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, la Lituanie ou la Turquie. Elle frappe plus particulièrement les 1,3 million d’Européens considérés comme des « usagers problématiques d’opiacés », un groupe particulièrement « vulnérable ».

L’OEDT souligne que dans des pays comme la France, le Danemark, l’Irlande ou la Croatie, les surdoses d’opiacés utilisés dans des traitement de substitution (méthadone et buprénorphine notamment) tuent plus que l’héroïne. Il appelle donc les Etats à s’adapter pour lutter contre « le détournement de ces substances ».

– Opiacés de synthèse: danger –

Autre préoccupation de l’OEDT, les « nouvelles substances psychoactives » (drogues ou produits de synthèse) qui « représentent toujours un défi considérable pour la santé publique en Europe », d’autant plus que ces produits se renouvellent rapidement (66 nouveautés détectées en 2016 par l’UE) et « ne sont pas assujettis aux mesures de contrôle international ».

Leur « disponibilité globale reste élevée » – l’OEDT en surveillait plus de 620 en 2016, contre environ 350 en 2013 – avec des ventes « de plus en plus clandestines », notamment « sur des marchés en ligne ou illicites », souligne le rapport.

L’OEDT s’inquiète notamment des dangers des nouveaux opiacés de synthèse à forte teneur en principe actif, qui imitent les effets de l’héroïne et de la morphine, et constituent une « menace croissante pour la santé » en Europe et en Amérique du Nord.

Car si ces substances restent encore minoritaires sur le marché des drogues, on les retrouve de plus en plus impliquées dans « des intoxications, mortelles ou non ».

Ces poudres, comprimés, gélules, voire pour certains liquides et pulvérisateurs nasaux, sont « facile à distribuer et à transporter », et donc difficiles à traquer, note l’OEDT.

Parmi ces substances figure les fentanyls, des sédatifs très puissants qui provoquent chaque année des overdoses par dizaines de milliers, notamment en Amérique du Nord. Selon le rapport, « plus de 50 décès associés à ces substances » ont déjà été signalés en Europe.

Ces fentanyls, « dont la teneur en principe actif est exceptionnellement élevée (parfois beaucoup plus que l’héroïne), représentaient plus de 60% des 600 saisies de nouveaux opiacés de synthèse signalées en 2015 », selon l’OEDT.

Quant à la cocaïne, davantage consommée dans les pays de l’Ouest et du Sud alors que les amphétamines le sont plus au Nord et à l’Est, elle semble être de plus en plus disponible dans certaines régions d’Europe, avec une hausse du nombre de saisies et une présence accrue de ses résidus dans les eaux usées, souligne le rapport.

Source

Quelle réponse pénale faut-il apporter à l’usage du cannabis?

par Laurent Lemasson
Docteur en Droit Public et Science Politique, responsable des publications à l’Institut pour la Justice

Résumé
Le ministre de l’intérieur, Gérard Collomb, a récemment déclaré que des contraventions pour réprimer l’usage de stupéfiants devraient être mises en place rapidement.
A ce stade les intentions du ministre de l’Intérieur sont floues et de nombreuses questions se posent.
Toutefois, puisque tout le monde comprend bien que ce qui est en réalité principalement visé par le ministre de l’Intérieur, c’est la consommation de cannabis, il vaut d’ores et déjà la peine d’examiner attentivement cette question : sanctionner l’usage (et la détention en petites quantités) du cannabis par une simple amende serait-il une bonne idée ?
Actuellement, selon l’article L. 3421-1 Code de la Santé Publique, l’usage de stupéfiants est un délit passible d’un an d’emprisonnement et de 3750 euros d’amende.
L’idée de supprimer la peine d’emprisonnement pour ne plus prononcer que des amendes est plutôt populaire auprès du grand public.
Mais le grand public ignore les subtilités du code pénal et du code de procédure pénale et n’a par conséquent qu’une idée très imparfaite des tenants et des aboutissants de cette question.

Comme très souvent en matière de politique pénale le diable est dans les détails, il importe donc d’exposer soigneusement ces détails.
Il apparaît alors que contraventionnaliser l’usage et la détention du cannabis est une fausse bonne idée.

Lire l’article

Conseil de lecture

Le CNPERT vous recommande l’achat et la lecture du N° d’octobre 2016 de la

REVUE FRANÇAISE DE CRIMINOLOGIE ET DE DROIT PÉNAL   ( RFCDP N°7) 

Parmi ses articles :

p.67-84 :   LES « SALLES DE SHOOT » POUR TOXICOMANES

Faisant fi des exigences sanitaires, cette idéologie perverse brouille, à dessein, l’image et le statut des drogues illicites    Pr. Jean COSTENTIN

  1. 85-100 : NE LÉGALISONS PAS LES DROGUES Théodore DALRYMPE  médecin retraité qui a notamment exercé à l’hôpital de la prison de Birminghan (G.B.)
  1. 101-111 : ENTRETIEN avec Jean Paul BRUNEAU, à propos de l’association EDVO (dont il est président-fondateur) structure d’accueil de personnes majeures devenues abstinentes de toute drogue

 

Le numéro est vendu au prix de 20 euros (plus frais de port)

Cliquez sur Bon de commande

ou Commander à : Institut pour la justice,  140 bis rue de Rennes – 75006  P A R I S

info@rfcdp.fr – Tel.  01 70 38 24 07

Questionnaire d’Auto-Évaluation de la Consommation de Cannabis

« Je m’étonne que l’ANPAA, puisse prôner simultanément la légalisation du cannabis, la légalisation de toutes les drogues, ainsi qu’applaudir aux  « salles de shoots ».

ANPAA étant l’acronyme de Association Nationale de Prévention en Alcoologie et  autres Addictions, le jeu consiste sans doute à rechercher l’erreur… « 

Professeur Jean Costentin

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Questionnaire d’Auto-Évaluation de la Consommation de Cannabis

Cet auto questionnaire a été validé en Nouvelle Zélande.

  • Il permet à chaque consommateur de cannabis de faire le point sur sa relation au produit et d’explorer les effets sur son comportement .
  • Ce test peut mettre en évidence un usage nocif du produit consommé régulièrement.
  • Il explore surtout la nocivité psychologique, psychiatrique et sociale d’une consommation répétée dans le temps.

Pour lire ce test cliquez ICI

Lettre du CNPERT N° 45

cliquez ici pour télécharger

la lettre du CNPERT N° 45

  • Editorial du docteur Patrick MURA, paru dans la revue Toxicologie Analytique & Clinique
  • Quelles motivations animent les militants de la légalisation du cannabis ? Professeur Jean Costentin
  • A propos d’un livre « La brimade des stupéfiants » de Johann Hari
  • Rapport européen 2016 sur l’usage des drogues à 16 ans. Les données françaises, (septembre 2016) Pr. Jean-Pierre Goullé
  • Comment « l’Obs » apporte sa pierre à la légalisation du cannabis en France Pr Jean Costentin
  • DU NOUVEAU EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ ROUTIÈRE (J.O. du 26 août 2016)

La dopamine dans tous ses états, un livre de Jean Costentin

Par Jean Paul Tillement 

aux éditions Docis, 2015, 179 pages

Nos collègues connaissent bien Jean-Henri Costentin, grand pourfendeur des trafiquants de drogues et de ceux qui les soutiennent, Président du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Drogues et les Toxicomanies (CNPERT) où il a succédé au regretté Roger Boulu. Professeur émérite de pharmacologie à la Faculté de Médecine et de Pharmacie de Rouen, chercheur spécialisé en neuropsychopharmacologie, c’est au double titre de sa spécialité et de la lutte contre les addictions qu’il s’intéresse à la dopamine. Pourquoi ce neuro médiateur en particulier? C’est parce qu’il intervient de façon prépondérante dans le fonctionnement cérébral et que ses dysfonctionnements sont une cause principale de différentes pathologies neuropsychiatriques.

L’originalité et l’intérêt de cet ouvrage résident dans sa mise en relation des mécanismes physiopathologiques et des observations cliniques, expliquant les secondes par les premières, attribuant aux dérèglements dopaminergiques les principaux signes des maladies concernées. Cette juxtaposition clinico-biologique permet de mieux comprendre et de proposer des interventions pharmacologiques adaptées.

Les premiers chapitres retracent l’histoire de la dopamine. L’auteur la raconte de façon originale dans le cadre de la jeune et nouvelle discipline qu’était, il y a 60 ans, la neuropsychopharmacologie. Il évoque successivement Poursuivre la lecture « La dopamine dans tous ses états, un livre de Jean Costentin »

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