Alcool, problème majeur de santé publique, cause de 41 000 décès en France

L’Académie nationale de médecine appelle les pouvoirs publics à prendre des mesures plus fortes.

Pour la première fois depuis la seconde guerre mondiale, la consommation d’alcool ne baisse plus en France. C’est une défaite majeure pour la santé publique car l’alcool en est un déterminant fondamental [1]. Pourtant, dès 2012, l’Académie mettait en garde contre le ralentissement de la baisse de consommation d’alcool en France et l’affaiblissement continu de la loi Evin sous la pression du lobby alcoolier, jusqu’à autoriser la publicité sur l’internet, support médiatique particulièrement affectionné des jeunes [2]. C’est en février 2019 que Santé Publique France [3] annonce que la consommation française d’alcool est la même en 2017 qu’en 2013 et que 30000 Français et 11000 Françaises en meurent chaque année.

L’alcool :

  • 1ère cause évitable de mortalité des 15-30 ans
  • 2ème cause évitable de décès de toutes causes et par cancers

L’alcool est la deuxième cause évitable de décès de toutes causes et par cancers, la première cause évitable de mortalité des 15-30 ans, de retard mental de l’enfant et de démence précoce, la deuxième cause d’hospitalisation médicale. Il est impliqué dans 40% des violences faites aux femmes et aux enfants et un tiers des décès par accidents de la route. Des effets coronariens (et non pas cardiovasculaires) favorables de l’alcool (et non pas du seul vin) ont permis au lobby alcoolier d’instiller le doute sur les ravages de l’alcool. Ce sera plus difficile après la revue approfondie du Lancet [4] sur les conséquences sanitaires de l’alcool. Santé Publique France [5] a lancé en mars 2019 une campagne avec un slogan « Pour votre santé, l’alcool c’est maximum 2 verres par jour, et pas tous les jours » fondé sur de nouveaux repères de consommation (maximum 10 verres par semaine, maximum 2 verres par jour, des jours dans la semaine sans consommation). Près d’un Français sur 4 de 18 à 75 ans dépasse au moins l’un de ces trois repères, plus les hommes (1/3) que les femmes (1/7) et 3,5% dépassent même les trois repères.

Une action efficace contre l’alcoolisation demandée par l’ensemble des experts et sociétés savantes.

Les analyses convergentes de l’Académie, l’OMS, l’INCA, la Cour des Comptes, la Haute Autorité de Santé, nombre d’associations et de spécialistes ont contribué à attirer l’attention de façon répétée sur la nécessité d’une action efficace contre l’alcoolisation dans un pays qui reste un des plus forts consommateurs d’alcool au monde. Nombre de modalités efficaces ont ainsi été proposées dont :

Bannir la publicité pour l’alcool suivant les principes initiaux de la loi Evin [2],

– Des indications claires, lisibles et contrastées sur les contenants :

  1. . de la quantité d’alcool en grammes,
  2. . du nombre de calories (les boissons alcooliques en sont exemptées alors que l’alcool d’un verre apporte à lui seul environ 70 calories),
  3. . que « l’alcool est dangereux pour la santé » (et non le seul excès),
  4. . pour dissuader, grâce à un pictogramme, de toute consommation la femme enceinte ou qui désire l’être,
  5. – Taxer les boissons alcooliques au gramme d’alcool,
  6. – Établir un prix minimum de vente par gramme d’alcool (comme en Écosse)

S’opposer au lobby alcoolier pour permettre la mise en œuvre d’une politique de santé efficace

Le lobby de l’alcool parvient à retarder les mesures nécessaires avec le résultat sans précédent d’une stagnation de la consommation d’alcool en France à un niveau inacceptable. A titre d’exemple, à l’instigation de l’Académie [6], l’avertissement sanitaire destiné aux femmes enceintes est obligatoire sur les étiquettes des boissons alcooliques depuis 2006.  Cependant, trop petit, difficile à trouver et à comprendre sans explications préalables, il ne remplit guère la fonction qui lui était destinée. Malgré l’enjeu de prévenir la première cause de retard mental évitable du nouveau-né et de l’enfant, les discussions pour l’agrandir et le contraster s’enlisent depuis des années face à l’opposition farouche du lobby alcoolier.

De plus, que dire de la reconnaissance de la filière viticole comme un acteur crédible de la prévention ? De la diffusion de dépliants scolaires pour les 3-6 ans sur la vigne sans parler d’alcool ni de ses effets ? De l’acharnement à favoriser la consommation de vin des femmes (So Femmes & Vin qui expliquent même la vigne aux enfants) ? D’interventions ministérielles répétées donnant au vin un rôle particulier alors qu’il représente la moitié de l’alcool consommé ? De l’extension du fonds tabac abondé par une taxe sur le tabac à l’ensemble des addictions sans la moindre participation de la filière alcool ? De la proposition parlementaire de rétablir la consommation d’alcool dans les stades ?

La majorité des Français favorables aux actions contre l’alcool

On comprend alors que plus de 3/4 des Français considèrent que les décideurs sont sous l’influence du lobby alcoolier et que 2/3 considèrent que les producteurs empêchent la mise en œuvre d’une politique de santé efficace [7]. Pourtant l’opinion des Français est très favorable aux actions courageuses (70% pour l’interdiction totale de la publicité, 58% en faveur de la taxation de l’alcool, 81% pour un étiquetage spécifique sur les risques de l’alcool et 90% trouvent insuffisante la prévention du risque alcool chez les jeunes) [7].

L’action publique est entravée par le lobby de l’alcool qui obtient régulièrement un affaiblissement des mesures existantes, et faute de mesures efficaces, la consommation d’alcool ne baisse plus en France. Malgré une analyse correcte de la situation et des mesures potentiellement efficaces, ni le Plan National de Mobilisation contre les Addictions, ni le Plan National de Santé Publique ne proposent en ce domaine les mesures à la dimension du problème. On ne peut ainsi négliger 41000 décès chaque année, que 50% des élèves de 6ème ont déjà expérimenté l’alcool, que 20% des élèves de terminale sont des consommateurs réguliers et un coût social évalué à 120 milliards d’euros par an.

Même si Joseph Reinach, député, déclarait déjà en 1911 : « L’alcoolisme est l’un des problèmes qui mettent aux prises contre l’intérêt général le plus grand nombre d’intérêts particuliers », négliger ainsi l’alcool, second déterminant de santé, est contraire aux engagements de la France dans le programme ONU/OMS contre les maladies chroniques. On ne peut en ce domaine se contenter de mesures insuffisantes.

L’Académie recommande donc de revenir à une politique basée sur les preuves et de mettre en œuvre les mesures qui ont une efficacité démontrée et reconnue. 

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Jean Costentin : « La fumette, ça rend bête, le chichon ça rend con, pétard du matin, poil dans la main, pétard du soir, trou de mémoire ! »

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Le professeur Jean Costentin était l’invité de l’association pornichétine ECLAT le samedi 23 mars, pour évoquer ses différents livres sur le fléau des drogues. Jean Costentin est docteur en médecine, pharmacien, docteur ès sciences, professeur émérite de pharmacologie à la Faculté de médecine et pharmacie de Rouen. Il a dirigé pendant 24 ans une unité de recherche associée au CNRS centrée sur la neurobiologie et la psychopharmacologie. Il promeut la devise du Centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT) qu’il préside : « S’il est important de nous préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il l’est plus encore de nous préoccuper de l’état des enfants que nous léguerons à notre planète ».

« Le désastre des toxicomanies en France » de Jean Costentin est publié aux Éditions Docis.

Kernews : 70% des jeunes reconnaissent avoir consommé de la drogue, certains uniquement le temps d’une soirée, d’autres d’une manière plus régulière. Peut-on considérer que, pour la plupart, ce sera une expérience sans lendemain, ou doit-on craindre que cela ne constitue le début d’un processus d’addiction pour une majorité d’entre eux ?

Jean Costentin : L’expérimentation n’est évidemment pas un drame en soi, mais c’est une prise de risque car nul ne se connaît tant qu’il n’a pas essayé et cela peut l’amener à y renoncer à tout jamais, ou à devenir un usager très erratique, ou bien à être accroché très vite. Il y a des drogues, comme la cocaïne, qui accrochent très vite car deux ou trois usages peuvent se transformer en une dépendance dont on est incapable de se débarrasser. Le cannabis est la première drogue illicite qui apparaît sur la liste et il faut savoir que 20% de ceux qui l’essaient vont s’y accrocher et deviendront dépendants. Mais regardons aussi cette drogue licite qu’est le tabac, qui a pris 13 millions de nos concitoyens dans les mailles de son filet. Le tabac est à l’origine de 79 000 morts chaque année, c’est-à-dire 216 morts par jour.

Je vous interroge sur la drogue et vous bifurquez sur le tabac…

Mais le tabac est une drogue ! Ce n’est pas parce qu’elle est licite que ce n’est pas une drogue. Un sujet qui consomme du tabac devient accro et perd toute indépendance vis-à-vis de sa capacité d’en prendre ou non. Il y a des usages de l’alcool qui en font une drogue et même une drogue très dure. Si un sujet alcoolique – cela concerne un million de personnes en France – veut arrêter subitement sa consommation d’alcool, ses jours seront en danger. Relisez Zola, Gervaise, Coupeau, l’alambic… Le jour où il est incarcéré, n’ayant plus son alcool, il fait un delirium tremens dont il va mourir. Il y a des usages de l’alcool qui en font une drogue très dure et, si le sujet arrête brutalement sa consommation, par le jeu de crises d’épilepsie qui se soudent les unes aux autres, on en arrive à mourir. C’est pour cela que l’arrêt de l’alcool doit être géré en milieu hospitalier.

Certes, il ne s’agit pas de nier la dangerosité du tabac et d’encourager sa consommation mais, par rapport à l’héroïne ou au cannabis, ses effets sur le cerveau ne sont pas les mêmes car la personne reste productive sur le plan intellectuel…

Je suis d’accord avec vous, il n’y a pas de toxicité psychique du tabac, il y a une toxicité physique. Pour l’alcool, il y a une toxicité psychique et physique. Mais on ne peut pas défendre le tabac, car on appelle drogue douce une drogue qui fait quand même 79 000 morts par an ! Il y a les morts et toutes les pathologies qui vont pourrir la vie des individus. Le tabac est la première cause de mort évitable.

On observe que le comportement des usagers de cannabis change progressivement, que leur manière de raisonner n’est plus la même et cela a des conséquences sur leur vie professionnelle. Qu’en pensez-vous ?

Les jeunes Français sont les premiers consommateurs de cannabis dans l’Union européenne. C’est grave, parce qu’il y a une toxicité physique qui n’est pas négligeable. Pourquoi la France, qui est parmi le pays au monde qui consacre le plus de moyens à l’éducation de ses enfants, est-elle très mal payée en retour lors des concours internationaux comme le classement Pisa ? J’affirme que si l’on parvenait à éradiquer le cannabis de tout l’espace éducatif, mécaniquement, nous gagnerons au moins 15 rangs au classement Pisa, où nous sommes actuellement vingt-sixième… En clair, la fumette, ça rend bête, le chichon ça rend con, pétard du matin, poil dans la main, pétard du soir, trou de mémoire ! Le cannabis est un très grand perturbateur de la faculté d’apprendre et de retenir. On dira la même chose pour l’alcool et il n’est pas facile d’apprendre lorsque l’on est dans un état d’imprégnation alcoolique. Quand on a bu de l’alcool, l’alcool disparaît en quelques heures. Or, lorsque l’on fume du cannabis, il faut des jours et des jours pour que son effet disparaisse. Même chez un consommateur régulier de cannabis, lorsqu’il arrête subitement sa consommation, on en retrouve encore au bout de huit semaines dans ses urines. Le cannabis est une drogue longue qui s’accumule pendant des semaines dans les graisses de l’organisme et du cerveau, qui est un organe extrêmement riche en graisses.

Pourquoi cherche-t-on à entraîner la société française vers ce phénomène de crétinisation généralisée ?

Je ne sais pas si on le cherche, mais on le trouve ! L’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies vient d’adresser un carton rouge à la France pour l’absence criante de toute pédagogie à cet égard. Le seul débat, c’est sur la dépénalisation ! Avant d’aborder ce genre de questions, il faudrait peut-être armer les jeunes Français et leurs parents, la société civile dans son ensemble, sur les méfaits de cette drogue. On engage un débat sur la légalisation, alors que l’on n’a pas encore posé les problèmes de la dangerosité ! Il y a un pays qui est exemplaire à cet égard, c’est la Suède, qui a découvert les méfaits du cannabis dans les années 70 et qui montre sa responsabilité dans cette pathologie psychiatrique majeure et irréversible qu’est la schizophrénie. Face à cela, la Suède s’est dotée d’une législation, qui est aussi sévère que la nôtre. Mais, la différence, c’est qu’elle est respectée. En France, cette loi n’a pas été justifiée, alors qu’une loi a besoin d’une justification. Là où il y a une pédagogie, il y a la possibilité d’agir, mais cette pédagogie n’existe pas en France.

Tout le monde sait que le cannabis est destructeur pour la santé mentale, qu’il fait perdre de la mémoire et qu’il a des effets délétères en termes de productivité intellectuelle… Est-ce par rejet de l’autorité que l’on n’écoute pas les experts ?

Il y a de cela. Actuellement, on cultive la mise en cause de ce qu’annonce la science et on voit des campagnes contre les vaccinations qui vont à l’opposé de toutes les données dont on dispose. Dostoïevski disait que « Dieu est mort, tout est permis », or même la science est en train d’être mise en doute… Ceux qui ont fait l’effort d’en apprendre plus que d’autres pour essayer d’aider les autres à savoir sont tenus en dérision. Il est beaucoup plus facile de rejeter d’un revers de main ce qui dérange, que de s’appliquer à apprendre et comprendre. Je crains que ce ne soit un phénomène qui se développe de façon importante, en France en tout cas.

Évoquons maintenant la cocaïne, la drogue des puissants et des riches, celle des avocats, celle des politiques, celle des artistes… Il y a même eu un président de la République qui en prenait régulièrement et qui en avait besoin ! Comment peut-on concilier l’exercice de très hautes fonctions avec la consommation de cocaïne ?

J’avoue que cela m’inquiète énormément d’imaginer, si j’adhère à ce que vous évoquez, que l’on puisse avoir la maîtrise du bouton nucléaire et que l’on soit par ailleurs accro ! À un certain âge, on a besoin d’une façon quasi quotidienne de la cocaïne et il est tout à fait inquiétant d’imaginer les perturbations psychiques que cela peut engendrer. Cette cocaïne est de plus en plus inquiétante. Les pays de la Cordillère des Andes ont une production croissante, l’Amérique est en train de mieux étanchéifier ses frontières et cette drogue part maintenant vers l’Afrique, elle nous arrive avec une abondance redoublée. Il y a une forme de cocaïne qui n’est plus le chlorhydrate qui se sniffe, qui se boit ou qui s’injecte, mais qui se fume : c’est le crack, qui coûte moins cher et qui met cette cocaïne à la portée des gamins. Dans ma région de Rouen, un addictologue suit une cohorte de 50 gamins de 12 à 15 ans qui se sont déjà fait piéger avec du crack. Ce crack arrive au niveau du poumon, passe rapidement dans le sang, arrive au cerveau et déclenche une forme de shoot qui ressemble à ce que ressent celui qui s’injecte de l’héroïne par voie intraveineuse. Cette cocaïne est devenue moins chère et celui qui essaie deux à trois fois le crack peut être irrémédiablement prisonnier de cette drogue. Actuellement, nous ne disposons d’aucun moyen de faire rompre un sujet dépendant à la cocaïne.

Le crack, c’est la cocaïne du pauvre, mais évoquons la cocaïne du riche, celle qui est consommée par des politiques ou des grands patrons. On vous répond toujours que c’est pour tenir et pouvoir travailler de six heures à minuit…

C’est vrai, mais, comme ils sont dépendants, s’ils sont en manque, ils ont une perte énorme de toutes leurs capacités. Mais c’est vrai aussi pour le tabac puisque tel sujet qui voit son taux de nicotine baisser n’a de cesse que de remettre de la nicotine dans le système. Sinon, il entre dans un état de morosité et de ralentissement psychique qui confine à un état de type dépressif. Avec la cocaïne, c’est beaucoup plus net.

L’addition se paie au moment de la vieillesse, avec notamment le développement de la maladie d’Alzheimer…

Absolument, puisque ce sont des drogues psychotoxiques, mais aussi neurotoxiques. On sait également que l’on recrute parmi les alcooliques un nombre d’Alzheimer bien plus important qu’une population qui s’abstient de l’alcool. Il faut aussi  parler des produits de substitution, qui constituent une véritable préoccupation. L’héroïnomane, on essaie de le faire rompre avec son comportement injecteur, alors on lui donne une drogue, la méthadone ou le Subutex, et cela amène le sujet à renoncer aux injections d’héroïne. Mais il est toujours sous l’influence de ces morphiniques ! Il se sent moins bien et il se met à tricher et à s’injecter de la Buprénorphine. Un tiers des sujets à qui le produit est prescrit, pour le faire rompre avec son comportement injecteur, s’injecte de la Buprénorphine. En plus, en allant voir plusieurs médecins prescripteurs et plusieurs pharmaciens, il va se constituer une provision de produits, ce qui va lui permettre de les revendre à des jeunes Français qui n’avaient pas encore pris le chemin des morphiniques. Avec l’argent qu’il va retirer de cela, il retourne à sa chère héroïne… Donc, sous prétexte de faire de la réduction de risques, on met à sa disposition le Subutex qu’il va détourner en allant le revendre à des jeunes qui découvrent le chemin de l’héroïne. On marche sur la tête et cela coûte extrêmement cher à la collectivité.

Évoquons l’alcool, c’est un produit dont on peut éviter d’être dépendant lorsque l’on boit modérément. Mais quelle est la définition d’une consommation modérée ?

Il y a la consommation festive, avec modération, qui ne doit pas dépasser trois verres de vin dans une même occasion, trois verres chez l’homme et deux verres chez la femme. Avec cet usage, l’alcool est un produit parfaitement acceptable au plan sanitaire. Ce n’est pas comme le tabac, il y a toute une graduation possible. Notre Académie de médecine dit que l’on est dépendant dès que l’on est incapable de se passer de toute boisson alcoolique, y compris le cidre et la bière, un jour par semaine. Dans ce vivier, qui représente quatre à cinq millions d’individus, un million d’entre eux dépassent franchement la mesure. L’alcoolique est un malade qui mérite notre compassion et ce mot ne doit pas recouvrir le moindre caractère péjoratif. Pour certains, c’est du 2 à 6 litres par jour, avec tout un tas de problèmes comme la marginalisation, la rupture familiale ou la rupture professionnelle. Il y a la cirrhose hépatique, les destructions neuronales qui vont avec et une empreinte forte sur la maladie d’Alzheimer.

Pour terminer sur une note optimiste, plusieurs études indiquent qu’après quelques décennies, lorsque l’on arrête totalement de fumer, il n’y a plus aucun effet sur le corps humain. Est-ce la même chose pour l’alcool et les drogues ? Le corps humain a-t-il la faculté de se régénérer ?

Je suis tout à fait d’accord s’agissant de l’alcool. Le fait d’arrêter la consommation de tabac et d’alcool permet de s’éloigner des risques multiples. Pour le cannabis, c’est presque la même chose et un jeune qui arrête complètement sa consommation pendant les grandes vacances va retrouver les aptitudes qui étaient les siennes. Néanmoins, une étude américaine indique que chez un sujet qui a fumé du cannabis pendant une vingtaine d’années, la perte de quotient intellectuel est d’environ 9 points et qu’elle n’est pas récupérable. En plus, si cela a déclenché une schizophrénie, il faut savoir que c’est une maladie dont on ne guérit jamais. Si le sujet schizophrène continue sa consommation de cannabis, il va avoir une résistance au traitement aux anti-psychotiques et cela va aggraver la fréquence des troubles. Avec les morphiniques, il semble que l’on puisse espérer une restitution intégrale, mais il y aura une très grande vulnérabilité à cette drogue. C’est vrai aussi pour le fumeur qui arrête : il ne doit surtout pas se rapprocher du tabac, y compris pour un usage exceptionnel, car le processus peut recommencer. Le sujet qui a eu la chance, ou la force, de se détacher d’une drogue doit en demeurer éloigné sans aucune exception, car il présente une vulnérabilité à retomber dans ses errements.

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Alcool et tabac : les Français davantage au fait des dommages sanitaires

  • alcool tabac
Crédit Photo : PHANIEZoom

Selon la dernière enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) sur les perceptions des produits, des politiques publiques et des usagers, près d’un Français sur deux (49 %) considère que l’expérimentation ou la consommation occasionnelle de tabac constitue un usage nocif pour la santé. Ce taux, calculé à partir d’un échantillon de 2 001 adultes de 18 à 75 ans, a plus que doublé depuis la première édition de cette enquête en 1999, où il s’établissait à 22 %.

En ce qui concerne l’alcool, une évolution similaire mais plus lente est également observée, puisque 10 % des personnes interrogées en 2018 estiment que sa consommation est nocive dès l’expérimentation, contre 6 % en 1999, lors de la première édition de l’enquête de l’OFDT.

Cette modification de la perception s’accompagne d’un « renforcement de l’approbation de l’objectif de réduction de l’accessibilité du tabac et de l’alcool, ainsi que de la visibilité des produits alcoolisés », précisent les auteurs.

Il reste toutefois une marge de progression en matière de représentation sociale de l’alcool et du tabac. Ces deux substances sont considérées comme des drogues par respectivement 24 et 22 % des personnes interrogées. Des taux qui n’ont que peu varié depuis 1999.

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Une étude universitaire juge nécessaire d’interdire toute publicité pour l’alcool

Une interdiction totale de la publicité pour l’alcool est nécessaire d’un point de vue de santé publique, selon une étude menée à l’université de Gand pour le compte de la politique scientifique fédérale (Belspo) et relayée mercredi par le journal De Morgen.

Les chercheurs ont comparé les conséquences de la publicité pour l’alcool dans différents pays européens. Dans un second volet, l’étude a sondé aussi bien l’industrie des boissons alcoolisées que le secteur de la santé sur le type de régulation qu’ils percevaient comme la meilleure. « La France est plus sévère que la Belgique. Malgré la crainte d’un bain de sang économique, elle avait déjà choisi en 1991 de ne plus autoriser des marques d’alcool à sponsoriser des évènements sportifs », rappelle le chercheur Ruben Kramer.

« La Coupe du monde de football 1998 en France a montré que les places vacantes avaient immédiatement été occupées par d’autres entreprises. » En Belgique, il existe une convention en matière de publicité et de commercialisation des boissons contenant de l’alcool signée par les différentes parties prenantes. Le Jury d’Ethique publicitaire (JEP) veille au respect de ce code de bonne conduite et peut, le cas échéant, imposer des amendes en cas d’infractions. Mais, selon les chercheurs, cela ne fonctionne pas car l’aspect santé publique serait à peine pris en compte.

« Le JEP est un organe d’auto-régulation de l’industrie. Ce n’est pas dans son intérêt de protéger la santé publique », estime Ruben Kramer. Du côté de l’Union belge des annonceurs (UBA), on juge toutefois une interdiction totale naïve: « si on veut vraiment interdire quelque chose, alors interdisons le produit ». La ministre de la Santé publique, Maggie De Block (Open Vld), n’est pas non plus très enthousiaste à l’idée d’une interdiction totale.

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Alcool : une association démonte les méthodes des lobbies

Désinformation, contournement de la loi, publicités déguisées, campagnes sur les réseaux sociaux… Dans un rapport au vitriol, l’Association nationale de prévention en alcoologie démonte, pièce par pièce, la stratégie des lobbies des vins et spiritueux.

Alcool : une association démonte les méthodes des lobbies

L’Association nationale de prévention en alcoologie et addictologie (Anpaa) a publié, le 18 avril 2019, le deuxième rapport de son Observatoire sur les pratiques des lobbies de l’alcool.

Une par une, ce texte dévoile les stratégies déployées au cours de l’année 2018 par les producteurs de vin et d’alcools forts. Des stratégies « payantes » selon l’Anpaa puisqu’elles ont abouti à ce que les alcooliers soient associés à l’élaboration de la politique gouvernementale de prévention en matière de consommation d’alcool.

Ces lobbies alcooliers, qui se présentent comme « des acteurs de prévention », sont pourtant dans une situation de conflit d’intérêts évidente. « Confier une politique de réduction du risque alcool à des acteurs dont l’intérêt économique est de vendre le plus possible est nécessairement antinomique », souligne l’Anpaa.

Son rapport détaille les multiples manœuvres mises en œuvre pour minimiser les risques de l’alcool et du vin, en particulier « données statistiques incomplètes, vision biaisée de la réalité des dommages liés à la consommation d’alcool en France, mesures non contraignantes reposant uniquement sur la bonne volonté des acteurs… ». Alors que l’alcool est la deuxième cause de mortalité évitable dans notre pays.

L’Anpaa revient également sur les publicités en faveur de l’alcool largement diffusées pendant la Coupe du monde de football 2018, photos à l’appui. Des publicités qui contournent la loi Evin.

L’association dénonce aussi le recours à des influenceurs sur des réseaux sociaux comme Instagram, des jeunes pris en photo un verre à la main. Pour l’Anpaa, il s’agit tout simplement de publicités indirectes qui « ne sont pas en conformité avec la loi Evin, non seulement du fait de la présence de consommateurs mineurs, mais aussi de l’absence du message sanitaire obligatoire. »

Ce lobbying intense influe également les décisions politiques au niveau européen, puisqu’une tentative d’amélioration de l’étiquetage des bouteilles d’alcool (par exemple sur la teneur en sucre) a récemment échoué.

Au final, l’Anpaa conclut son rapport en espérant « que la campagne de prévention lancée en mars 2019 par Santé publique France permettra de déconstruire les idées reçues, malheureusement encore très présentes, et aidera les Français à réduire les risques liés à une consommation parmi les plus élevées au monde ». 

Pour rappel, le message des autorités sanitaires sur l’alcool : « Maximum 2 verres par jour, pas tous les jours ».

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Alcool: les mécanismes du cerveau qui peuvent vous entraîner vers l’addiction

Ce lundi, Maïtena Biraben recevait Michel Reynaud, addictologue, président du Fond Actions Addiction. Il a notamment expliqué les mécanismes du cerveau qui peuvent faire sombrer une personne dans l’alcoolisme.

Alcool : même après des semaines d’abstinence, les lésions cérébrales perdurent

Des examens d’IRM menés par des scientifiques ont montré que certaines zones du cerveau continuent à se dégrader même après une abstinence totale chez les gros consommateurs d’alcool. Cette découverte réfute la croyance actuelle selon laquelle les changements dans le cerveau commencent à se normaliser immédiatement après l’arrêt de la consommation d’alcool.

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Une consommation régulière et excessive d’alcool peut non seulement être responsable de cancers, maladies cardiovasculaires et digestives mais aussi de troubles cognitifs sur le long terme. Les personnes concernées peuvent par exemple présenter une altération de la mémoire, des capacités de planification, d’attention et de prise de décisions, sachant que plus la consommation d’alcool commence à un âge précoce, plus la détérioration du cerveau est importante. Un travail de l’Institut des neurosciences d’Alicante et de l’Institut central de la santé mentale de Mannheim (Allemagne) a permis de découvrir comment les dommages dans le cerveau perdurent les jours suivants malgré des semaines d’abstinence.

La recherche souligne en effet que six semaines après l’arrêt de l’alcool, des modifications au niveau de la substance blanche du cerveau ont encore lieu, comme l’ont révélé des examens de neuro-imagerie. Ces derniers ont été réalisés auprès de 90 patients âgés de 46 ans en moyenne hospitalisés dans le cadre d’un programme de désintoxication, et ce pendant leur période d’abstinence avérée. Les scientifiques ont ensuite comparé les résultats de ces analyses à ceux d’un groupe témoin composé de 36 hommes âgés de 41 ans en moyenne sans problème d’alcool. « Jusqu’à présent, personne ne pouvait croire qu’en l’absence d’alcool, les dommages au cerveau progresseraient », expliquent-ils.

Une région cérébrale liée à la mémoire est touchée

Les dommages observés pendant le début de la période d’abstinence, période critique en raison du taux élevé de rechutes, touchaient principalement l’hémisphère droit et la région frontale du cerveau. Une découverte qui met à mal l’hypothèse selon laquelle les changements structurels causés par une trop grande consommation d’alcool sont «effacés» après son arrêt. « Les altérations sont plus intenses dans le corps calleux et la fimbria. Le corps calleux est lié à la communication entre les deux hémisphères. La fimbria contient les fibres nerveuses qui assurent la communication entre l’hippocampe, fondamental pour la formation de la mémoire, le noyau accumbens et le cortex préfrontal », ajoutent les chercheurs.

Or, le noyau accumbens fait partie du système de récompense du cerveau tandis que le cortex préfrontal est fondamental dans la prise de décision. Les chercheurs souhaitent maintenant caractériser de manière précise et indépendante les processus inflammatoires et dégénératifs liés à la consommation d’alcool. Ils espèrent ainsi mieux comprendre comment évoluent les lésions cérébrales induites par l’alcool au cours de cette période d’abstinence précoce (2 à 6 semaines) chez les personnes ayant des problèmes de dépendance. A noter que Santé publique France recommande un maximum de dix verres par semaine, dont maximum deux verres par jour et des jours sans consommation.

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Edvo répond au 1er ministre

Le débat est à nouveau relancé, peut-être pour récupérer le vote de plus des 2 millions de cannabiculteurs  ou d’usagers ou d’usagers revendeurs de cannabis; « nous sommes les champions d’Europe en nombre ».

On ne fait pas fumer de l’opium pour soulager les douleurs des malades ; ont extrait certains principes actifs de l’opium pour en faire les médicaments comme les codéines, la morphine, Il en est de même pour le cannabis, avec des extraits qui sont déjà dans nos médicaments comme le CESAMET, MARINOL, SATIVEX depuis 2015 en France pour 5000 malades atteint de sclérose en plaques (SATIVEX en vaporisation buccale). Donc rien de nouveau !

Pourquoi cet effet d’annonce qui manque sérieusement de précisions !

L’idée du Premier Ministre de faire cultiver ce cannabis thérapeutique dans la Creuse pour améliorer les ressources des cultivateurs creusois, demandera la mise en place d’un service de sécurité coûteux pour éviter les pillages ! Le cadre juridique actuel autorisant en France la culture du tabac et du chanvre sativa (utilisé par l’industrie pour la graine et la fibre) contenant obligatoirement moins de 0,21% de THC (principe actif du cannabis), est déjà très compliqué à gérer pour nos cultivateurs déclarés et très contrôlés !

Comme dans la plupart des Etats qui ont commencé par la légalisation de l’usage thérapeutique du cannabis, il faut s’attendre à une pression des lobbyistes commerciaux et des usagers récréatifs pour demander la légalisation de l’usage récréatif contrôlé du cannabis ; l’argumentaire avancé par les startups internationales dans ce domaine est lisible dans tous les articles de presse ; ils n’attendent que la légalisation pour commercer plus de 1000 produits à base de cannabis (parfums, shampoing, dentifrice, bonbons, chewing-gum, cosmétiques , boissons, encens, vêtements, …) start-ups qui aux USA  en sont arrivé à vous organiser soirées ou mariage cannabis …clé en main … avec services  de sécurisation….

Sous prétexte de liberté ou de guerre perdue contre la drogue, il est toujours possible de manipuler les plus influençables. Les consignes ministérielles ont permis à tout le système répressif de pratiquer le simple avertissement pour tout usager de drogues et l’incitation aux soins. Se servir de l’argument d’emprisonnement des usagers est une grosse manipulation puisque moins de 100 usagers multirécidivistes simples usagers sont incarcérés et presque tous le sont pour des faits antérieurs où la peine de prison avec sursis tombe ou l’aménagement de peine n’a pas été respecté.

Les brigades de lutte contre les stupéfiants sont les services les moins pourvus en effectifs et en équipements spécialisés, depuis plus de 20 ans !  La suppression de la police de proximité dans nos cités, « l’ilotage », depuis 15 ans et l’avertissement plutôt que la sanction recommandée par notes ministérielles depuis 2004 pour le simple usage de cannabis, fait qu’il est difficile de parler de résultats dans cette lutte ! L’application d’une sanction contraventionnelle comme pour le défaut de port de ceinture de sécurité permettrait très rapidement de parler de résultat !

S’appuyer sur l’exemple de vendre et fumer du tabac n’est pas crédible ; ce produit est légalisé, vendu sous contrôle d’Etat, mais cela n’empêche pas les mineurs d’y accéder par la vente de tabac de contrebande entre autre. (1 cigarette sur 4 est vendue illégalement et surtout depuis l’instauration du paquet neutre).

En France 76 000 morts évitables par an liés aux maladies du fumeur (fumeur de tabac et/ou de cannabis). Aucun des « experts » prônant la légalisation ne dit que fumer du cannabis est 7 fois plus cancérigène que le tabac ; alors que la mortalité et le nombre de malades fumeurs augmentent chaque année !

Aucun ne dit que fumer du cannabis est aussi dangereux que l’abus d’alcool pour la conduite des véhicules alors que l usage de tabac seulement ne modifie ni les réflexes ni le comportement des conducteurs.

On ne parle pas non plus des victimes « innocentes » des fumeurs de cannabis à cause des accidents de la route ou au travail. (www.association-marilou.org).

Ces 50 dernières années, les politiques ont fait évoluer nos mœurs en réduisant la liberté de vente et de consommation d’alcool ou de tabac, en utilisant la voie répressive. Donc libéraliser l’usage d’une drogue supplémentaire, serait en opposition à ce principe de précaution.

Dans cette logique libertaire, pourquoi pas supprimer tous les contrôles de vitesse et ne compter que sur la sagesse des conducteurs !

Dire que la légalisation du cannabis, pour mieux contrôler l’usage et le commerce, est la meilleure solution est d’une naïveté dangereuse dans un pays latin comme le notre car une liberté acquise ne se reprend pas.

Arguments de propagande :  la légalisation de cannabis permet de neutraliser le trafic et génère des emplois et des profits pour l’Etat. Faux !

Le trafic est solidement organisé en France, surtout dans les cités de toutes les villes et nous sommes devenu le Pays le plus gros consommateur d Europe. Vendre le cannabis légal taxé en officine avec accès aux adultes seulement sous prétexte de protéger les mineurs reste du domaine de l’utopie.

Le cannabis  » herbes ou résine ou cannabis synthétique pour vapoteuse » vendu en officine sera obligatoirement moins puissant en THC que les variétés vendues sur le darknet ou dans les cités. Sémilla, skunk, Spip… Les dealers de nos cités n’ont pas attendu la légalisation ; ils sont tous multicartes à présent en proposant tous les produits stupéfiants.  Le dealer ne paie ni taxe ni charge donc il sera concurrent, avec des produits plus puissants, en quantité non limitée, moins chers.

Une officine comme le Coffee Shop en Hollande, interdit l’accès aux mineurs, et permet pour l’adulte l’achat avec limitation à détention de 5 grammes pour un usage privé … avec une carte de membre pour limiter l’accès à l’officine (interdit aux étrangers) et un contrôle bien compliqué pour les usagers cannabiculteurs?

Même si la consommation de cannabis est nettement moins importante chez les jeunes hollandais, il faut prendre en considération le côté strict de l’éducation et la prévention précoce dans ce pays nordique, comme en Suède. L’usage contrôlé, réglementé, en Hollande n’a pas neutralisé le trafic des stupéfiants (plaque tournante la plus importante d’Europe depuis la dépénalisation) et la criminalité liée à l’usage des drogues.

Dans notre Pays, les mineurs étant les plus ciblés par l’offre illicite de cannabis, il faudra toujours autant de policiers et de gendarmes pour les protéger. Les dealers n’iront pas pointer davantage au chômage, le cannabis n’étant que le produit d’amorçage pour vendre le reste.  Il faudra plus de contrôles dans les cités pour limiter la vente cannabis de contrebande et plus de dépistages car il y aura plus de conducteurs adultes attirés par ce produit plus exotique que le tabac « s’il est vendu en officine ». Donc davantage de répression pour limiter l’accidentologie sur les routes et au travail.

Dans notre Société où faire fortune compte plus que l’intérêt général, les start-ups cannabis dans leurs nouvelles boutiques, avec toutes les nouvelles variétés de cannabis et les moyens d’en produire ou avec plus de mille produits ou supports (dentifrice, shampoing, pâte à mâcher, bière au cannabis, vêtements en fibre de chanvre cannabis, etc…) auront bientôt leurs boutiques en France. Les taxes seront insuffisantes pour prendre en charge les conséquences de cet usage récréatif dangereux pour la santé 10 à 20 ans plus tard comme nous l’avons vu pour le tabac plus tardivement. Ce seront encore les non fumeurs qui seront là pour payer !

Utile pour soigner :  faux !  La fumée d’opium ou du cannabis, entre autres méfaits, est toxique pour les poumons jusqu’à preuve du contraire !

Si l’on veut réduire efficacement et durablement le problème drogues en France qui gangrène la vie dans nos cités et plus particulièrement la vie des jeunes, il faut remettre en place l’ilotage avec ses cinq missions tel qu’il avait été conçu initialement, avec une police de proximité au contact de la population, surtout partout où les dealers exploitent les cités.

Il faut simplifier la répression pour le simple usage de cannabis pour rappeler l’interdit avec une amende à paiement immédiat proportionnelle à l’infraction. Il ne faut pas retirer le caractère délictuel de l’usage dès qu’il y a soupçons d’usage revente ; ce qui permet au policier, au gendarme et au magistrat de poursuivre les investigations pour lutter contre le trafic, mais aussi, quand il y a accident derrière cet usage (piéton imprudent sous effet, conducteur de 2 roues ou des autres véhicules ou engins de travail).

En matière d’appréciation des conduites à risques, l’usage des drogues doit être considéré pas moins que le défaut de port de casque ou de ceinture de sécurité ou d’abus d’alcool, et permettre une interpellation.  S’il y a dépénalisation du simple usage pour le cannabis, produit psychotrope neuro toxique, qui à faible dose modifie durablement le comportement, il faudra attendre l’accident ou des faits plus graves, pour permettre le dépistage et la sanction !

Pour sauver des vies, les pouvoirs publics sont de moins en moins tolérants vis-à-vis de l’usage d’alcool et du tabac. Nous savons que l’effet d’un simple joint de cannabis associé à l’usage d’alcool au seuil de tolérance, multiplie par 14 le risque d’accident ; alors, dépénaliser ou légaliser l’usage du cannabis serait le plus mauvais signal dans l’évolution de nos mœurs alors que nous sommes devenus champion pour cette pratique.

La majorité des parents, même ex-consommateurs, sont hostiles à une libéralisation de cet usage, surtout face aux difficultés scolaires et aux troubles de comportement de leurs ados « dits consommateurs festifs » qui ont généralement, sous cet effet, une consommation d’alcool aussi « libérée » !

Jean-Paul BRUNEAU

Ex-policier formateur anti drogue – double DU en addictologie – président fondateur d’EDVO ayant accompagné plus de deux milles toxicomanes dans leur rétablissement en 32 ans de bénévolat.

http://www.edvo.fr

 

Cannabis thérapeutique : Édouard Philippe souhaite une réflexion sur sa légalisation

Source :  L’ EXPRESS.fr avec AFP  

Édouard Philippe a entrouvert la porte sur la légalisation du cannabis thérapeutique

Le Premier ministre a estimé qu’il serait « absurde de ne pas se poser la question » de la légalisation du cannabis thérapeutique, lors d’un déplacement dans la Creuse.

C’est une porte que vient d’entrouvrir le Premier ministre. Édouard Philippe a estimé ce vendredi qu’il serait « absurde » de s’interdire d’étudier les possibilités du cannabis thérapeutique, lors d’un voyage en Creuse où une culture de cette plante à des fins médicales fait partie des projets de développement envisagés. Comprenez : il estime qu’il faut réfléchir à la légalisation du cannabis à visée thérapeutique.

LIRE AUSSI « Cannabis thérapeutique : un pas vers la légalisation »

« Il y a beaucoup de pays qui travaillent là-dessus, beaucoup de pays qui le permettent. Il serait absurde de ne pas se poser la question et c’est dans cet esprit que nous voulons travailler avec les porteurs du projet », a-t-il expliqué à la presse.

« On doit pouvoir réfléchir à innover »

« Ce qu’ont dit les porteurs de ce projet est qu’il ne fallait pas s’interdire d’imaginer l’utilisation à des fins thérapeutiques des molécules qui sont contenues par cette plante », a poursuivi Édouard Philippe.

« Donc évidemment, on doit pouvoir réfléchir à innover, à expérimenter en le faisant de façon très encadrée. Il ne s’agit pas du tout de mettre en péril la santé publique (…) Nous souhaitons effectuer les choses de façon très encadrée », a-t-il insisté, « vous pensez bien que l’avis des plus hautes autorités qui encadrent l’utilisation des médicaments est indispensable ».

Les experts ont déjà donné leur feu vert

Aujourd’hui, 21 pays de l’Union européenne sur 28 [en comptant le Royaume-Uni, empêtré dans le Brexit] autorisent le cannabis à usage thérapeutique. Mais pas la France. En décembre dernier, le comité d’experts mis en place par l’Agence française de sécurité du médicament (ANSM) avait jugé « pertinent d’autoriser l’usage du cannabis à visée thérapeutique » pour certains patients et dans des cas précis et voulait des expérimentations en 2019.

Lire notre dossier complet

Le débat sur la légalisation du cannabis

Ce projet de cannabis thérapeutique, comme l’un des axes de développement d’un des départements les plus pauvres de France, est emmené par Éric Corréia, président du Grand Guéret. Cet infirmier anesthésiste, formé à la prise en charge des douleurs, a rallié à sa cause d’autres élus locaux.

Cigarettiers et magnats de l’alcool se ruent sur le cannabis

Par Emmanuel Botta, publié le 12/01/2019

Bière, tabac, soda… De plus en plus de grandes entreprises investissent dans des producteurs de cannabis récréatif.

Si on ne peut pas encore parler de ruée vers l’or, difficile de ne pas y voir une véritable lame de fond. Depuis l’été dernier, il ne se passe pas un mois sans qu’un nouveau géant ne se convertisse au cannabis dit récréatif (par opposition avec le médical). C’est l’américain Constellation Brands, propriétaire de la bière Corona, qui a tiré le premier en déboursant 3,5 milliards d’euros pour s’adjuger 38% de Canopy Growth, un producteur canadien de cannabis médical. Coca-Cola l’a suivi de peu en annonçant discuter avec le groupe canadien Aurora Cannabis, puis ce fut au tour du géant de la bière AB Inbev (Budweiser, Stella Artois…) de dévoiler son partenariat avec Tilray, la star canadienne du cannabis.

Le dernier en date, le groupe Altria -propriétaire de Marlboro- a mis 1,5 milliard d’euros sur la table pour s’adjuger 45% de Cronos, autre producteur du pays de l’érable. Sans parler de l’intérêt affiché à l’automne par notre Pernod Ricard national pour la petite plante. « Toutes les grandes entreprises ont des task force qui réfléchissent depuis longtemps sur le sujet, mais c’est Constellation Brands qui les a obligés à sortir du bois », explique Xavier Mesnard, associé du cabinet de conseil AT Kearney.

Un marché à 132 milliards en 2030

Personne n’a en effet envie de se faire distancer, alors que le marché du cannabis s’annonce des plus florissants. « Nous avons réalisé une vaste étude établissant qu’en 2030 le seul secteur du cannabis récréatif pèsera 132 milliards d’euros », souligne Xavier Mesnard. Alcool, tabac, boisson, épicerie sucrée, soins de beauté et de bien-être, et même alimentation pour les animaux de compagnie -pour apaiser nos amis à quatre pattes- la plante originaire d’Asie devrait s’enraciner en profondeur dans les rayons de nos supermarchés, selon l’étude d’AT Kearney. Et les premiers produits de grande consommation pourraient arriver dès cette année, a déclaré Bruce Linton, le patron du producteur canadien Canopy Growth.

Enfin, dans les pays qui ont signé la légalisation de la « weed », comme on l’appelle familièrement. Alors qu’une trentaine de pays autorisent déjà l’usage du cannabis thérapeutique, seuls huit états américains, l’Uruguay, et le Canada -depuis cet automne- ont rendu légal son usage ludique. Aux Pays-Bas, la possession, la consommation et la vente au détail de moins de cinq grammes de cannabis, dans les « coffee shops », sont simplement tolérées. Cela étant, de plus en plus de pays songent sérieusement à passer le pas. Le débat est ainsi ouvert en Espagne, et le Luxembourg devrait annoncer la légalisation de l’usage et de la production dans les prochains mois. Quant à la Grèce, elle a octroyé ses premières licences de production.

Alcooliers et cigarettiers en pôle position

Assez logiquement, on retrouve des alcooliers et un cigarettier dans le peloton de tête. « Leur job, c’est de vendre des produits psychotropes sur des marchés réglementés, or la réglementation est en train de s’ouvrir à un autre psychotrope, l’évolution est tout à fait cohérente », analyse Christian Ben Lakhdar, économiste, maître de conférence à l’Université Lille 2. Pour les fabricants de tabac, la diversification est non seulement cohérente mais également salutaire pour leurs finances. Sous l’effet des taxes toujours plus élevées, conjuguées aux campagnes massives de prévention, le nombre de fumeurs ne cesse en effet de reculer. Selon l’Organisation Mondiale de la Santé, le pourcentage d’adeptes de la cibiche sur la planète est ainsi passé de 25% en 2005 à 20% en 2015. En France, rien que sur l’année 2018, il s’est vendu 9,3% de cigarettes en moins par rapport à 2017.

Alors les fabricants de tabacs ont un besoin vital de défricher de nouveaux territoires. Après avoir investi dans la cigarette électronique qui leur taille des croupières, puis plus récemment dans le tabac chauffé (Iquos de Philip Morris, ou encore le Glo de British American Tobacco), censé être moins nocif, tous lorgnent désormais avec avidité la poussée du cannabis. Pour ce qui est des alcooliers, la logique est un peu différente : ces derniers semblent surtout investir dans la petite plante par crainte de se faire cannibaliser. De fait, une étude récente montre une baisse de la consommation d’alcool de l’ordre de 15% en dix ans dans les états américains qui ont légalisé le « pétard ».

Des armées de lobbyistes au service de la légalisation

Des nouveaux venus qui pourraient bien accélérer la vague de légalisation. Pour cause, depuis 50 ans, alcooliers et cigarettiers n’ont de cesse de batailler avec les pouvoirs publics, employant des armées de lobbyistes pour contrer les différentes politiques de santé publique qui entravent leurs petites affaires. A lui seul, Philip Morris a employé jusqu’à 160 spécialistes du lobbying, rien qu’à Bruxelles, pour tenter d’influencer les eurodéputés et les membres influents de la Commission. « Auparavant, dans les colloques sur le cannabis, on croisait essentiellement des militants, maintenant on voit de plus de professionnels en costards cravates », confirme Pierre Yves Geoffard.

De nouvelles recettes fiscales pour les Etats

Une entreprise de séduction massive d’autant plus efficace que les Etats pourraient bien ne pas opposer une grande résistance. Nombre de spécialistes s’accordent en effet à dire qu’une légalisation serait bénéfique aux finances publiques. « L’année dernière, nous avons modélisé l’impact d’une légalisation en France : cela permettrait de dégager entre 500 millions et 1,2 milliard d’euros de recettes fiscales grâce aux taxes qui seraient appliquées au cannabis, dévoile Christian Ben Lakhdar. Sans compter les policiers et les juges que l’on pourrait affecter à d’autre tâches ».

Le cannabis et ses dangers

Faire des dealers des entrepreneurs

Pour éviter une forme de casse sociale et un report vers un niveau de criminalité plus élevé, de plus en plus d’économistes pensent qu’il faudrait suivre l’exemple de la Californie « qui a commencé par effacer les casiers des petits dealers, et a fait de l’accompagnement à l’entrepreneuriat pour les aider à reprendre leur activité, mais dans un cadre légal », raconte Pierre Yves Geoffard, économiste, directeur de recherche au CNRS. Mais si le candidat Macron semblait ouvert sur le sujet, la porte semble s’être refermée depuis qu’il a endossé ses habits de président. « C’est bien dommage, car nous sommes les deuxièmes producteurs de chanvre en Europe : nous sommes en train de rater une possibilité de profits importants à l’international », poursuit l’économiste. Justin Trudeau, le président canadien que l’on compare souvent à Macron, a lui clairement affiché son ambition de faire de son pays le premier producteur mondial, au moins sur le cannabis médical. Macron relèvera-t-il le gant ?

Réponse au Premier Ministre

Il n’est jamais interdit de réfléchir,  il est même impératif de le faire,  je l’ai fait, et voici mes conclusions. Pourquoi sont elles si rapidement prêtes?

Un colloque se tenait à Rabat sur ce thème, j’y fus invité, mais ne pouvant m’y rendre j’ai adressé aux organisateurs  le texte de ce que j’y aurais déclaré

Professeur Jean Costentin

  • Docteur en médecine,
  • Pharmacien,
  • Docteur ès sciences,
  • Professeur émérite de pharmacologie,
  • Directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie du C.N.R.S. (1984-2008) ;
  • ancien membre de la  commission nationale de la pharmacopée,
  • Membre titulaire de l’académie nationale de Médecine et de sa commission « addictions » ;
  • Membre titulaire de l’académie nationale de pharmacie et de sa commission « agents stupéfiants et dopants » ;
  • Président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT)

Pourquoi, en l’état présent des connaissances, le cannabis, tout comme son principal constituant psychotrope, le tétrahydrocannabinol, ne devraient prétendre, d’un point de vue pharmacologique, à la dignité de médicament

En France, une imprudente et hâtive décision ministérielle a légalisé (2014) par un arrêté, « le cannabis thérapeutique » et a autorisé, aussitôt après, la mise sur le marché (A.M.M.) d’un mélange de THC et de cannabinol (Sativex®). Cinq ans plus tard ce « médicament » n’est toujours pas disponible dans les pharmacies françaises ; la « commission de transparence » de l’agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) ayant estimé que le service médical rendu était négligeable, que son prix était prohibitif et qu’à ce titre il ne bénéficierait que d’un remboursement par la sécurité sociale de 15% du prix d’achat.

Ces dispositions ont été prises en rupture avec la plupart des principes et critères qui fondent la dignité de médicament. Elles ont été arrêtées au cœur d’une campagne d’opinion menée par plusieurs lobbies qui militent pour la dépénalisation et même la légalisation du cannabis à des fins récréatives, certains de ces lobbies proposant même la légalisation de toutes les drogues. On remarquera que tous les pays qui ont légalisé le cannabis à des fins récréatives l’ont préalablement adoubé comme médicament (sorte de chronologie obligatoire).

Nous allons évoquer les aspects pharmaco-thérapeutiques du cannabis, sous une forme condensée, énumérative, afin de présenter les principaux arguments qui s’inscrivent, en l’état des connaissances actuelles, contre l’usage du cannabis ou de son THC comme médicaments.

  • Le décret ministériel, paru au J.O. de la république française, « autorise l’usage du cannabis et de ses dérivés » ; il a été rédigé par un administratif pressé, ou qui ignorait qu’une plante, le cannabis, n’a pas de dérivés. ll voulait vraisemblablement parler de constituants, tel le THC ou le cannabidiol. De plus, à ne pas nommer ces constituants cela équivalait à les valider tous ; or ils sont dans la plante au nombre de près d’une centaine…
  • Depuis plus de trente ans, il n’est plus jamais fait usage en thérapeutique, de cigarettes médicamenteuses ; sachant les méfaits, pour l’appareil broncho-respiratoire, de tout ce qui se fume, tabac en tête, qui est à l’origine de 79.000 mort annuelles en France.
  • Le cannabis fumé produit 6 à 8 fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du tabac. La combustion du cannabis (marijuana) ou de sa résine (haschisch ou shit) survient à une température de 200°C supérieure à celle du tabac, poussant plus loin, la décomposition thermique (pyrolyse) et formant davantage de goudrons.
  • Cette température de combustion plus élevée, génère au moins cinq fois plus d’oxyde de carbone (CO). Ce gaz toxique se fixe à l’hémoglobine de globules rouges du sang ; ce qui diminue sa capacité de transport de l’oxygène, depuis les poumons qui le captent, jusqu’aux tissus (muscles en particulier) qui le consomment.
  • La toxicité du THC, le constituant principal du cannabis, est manifeste pour le corps : Accélération du rythme cardiaque ; vasodilatation dans certains territoires ; déclenchement d’artérites des membres inférieurs, pouvant survenir chez le sujet jeune (donc beaucoup plus précoces que celles induites par le tabac) ; dans la même registre, et avec la même précocité, induction d’accidents vasculaires cérébraux. Le THC est dépresseur de l’immunité (par les récepteurs CB2 associés  aux macrophages et à certains lymphocytes) ; ce qui diminue la résistance que l’individu peut opposer aux agresseurs microbiens.
  • Le THC perturbe la croissance ; à 20 ans, la taille de ses consommateurs serait en moyenne de 10 cm et le poids de 4 kg inférieurs à ce qui est constaté chez les adolescents qui n’ont pas fumé de cannabis.
  • Le THC se concentre dans les testicules, réduisant la sécrétion de l’hormone mâle, la testostérone, ce qui détermine au long cours, une baisse de la libido, un certain degré de régression des caractères sexuels masculins, ainsi qu’une diminution des spermatozoïdes dans le liquide séminale. De plus, le cannabis est incriminé dans la survenue d’une variété agressive de cancer du testicule (le germinome non séminome).
  • Le cannabis fait mauvais ménage avec la grossesse ; trois femmes sur quatre qui le consomment sont incapables alors de s’en abstenir. Cela abrège la durée de la gestation et fait naitre des bébés de plus petit poids que ne le ferait la seule prématurité. Le risque de mort subite inexpliquée est plus important chez ces « bébés cannabis », leur développement psychomoteur est retardé durant toute l’enfance ; la fréquence de développement d’une hyperactivité avec déficit de l’attention est accrue, tout comme l’incidence ces toxicomanies à l’adolescence. Des études récentes de l’équipe de Hurd (U.S.A.) montrent que l’exposition au THC des individus en âge de procréer, par un mécanisme épigénétique, est à l’origine d’une sous expression des récepteurs dopaminergiques D2 dans le noyau accumbens, ce qui sous tend, à l’adolescence, une propension redoublée à consommer des drogues.

Les méfaits du cannabis, en particulier par son THC, sont encore plus importants et graves, au niveau cérébral :

  • Le THC induit une addiction (ou pharmacodépendance), qui concerne près de 20% de ceux qui l’ont expérimenté (en France on dénombre 1.400.000 usagers réguliers ; dont 650.000 usagers quotidiens et multi quotidiens).
  • Le THC persiste dans le cerveau et les lipides de l’organisme durant des jours et même des semaines, ainsi ses effets sont très persistants ; c’est « une drogue très lente ».
  • Il perturbe l’éveil, l’attention, la mémoire à court terme (sans laquelle ne peut se former une mémoire à long terme) ; ce qui est à l’origine de graves perturbations cognitives et éducatives.
  • Il produit une ivresse, assez comparable à celle due à l’alcool, avec lequel il donne lieu à une potentialisation mutuelle ; ainsi, la rencontre du cannabis et de l’alcool multiplie par 14 le risque d’avoir un accident mortel de la route (Etude Stupéfiants et accidents mortels de la route).
  • Il induit des troubles délirants et hallucinatoires, tels ceux vécus au cours de la folie (schizophrénie).
  • Il est à l’origine, en aigue, de possibles crises d’angoisse, mais plus souvent d’un effet anxiolytique, qui incite l’anxieux à en user et bientôt à en abuser. Se développe alors une tolérance, qui fait réapparaître l’anxiété, mais sur un mode plus intense qu’elle n’était primitivement.
  • Le THC est perçu lors des premiers usages par un sujet dépressif comme anti dépresseur, ce qui l’incite à en user, puis à en abuser, jusqu’à ce que l’effet disparaisse et fasse réapparaître une dépression intense, comportant en embuscade un risque suicidaire.
  • Au rythme où les effets du THC s’atténuent le cannabinophile y ajoute d’autres drogues ; instaurant une poly toxicomanie.
  • Le THC peut déclencher une psychose cannabique, qui ne régresse que sous un traitement antipsychotique ; pour ne pas réapparaître le sujet ne devra plus jamais consommer de cannabis

10-  Le THC peut décompenser une vulnérabilité à la schizophrénie, et ainsi déclencher   l’apparition de cette affection grave, dont on ne guérit jamais.

Ces méfaits principaux et souvent graves étant évoqués, considérons maintenant les effets pharmacologiques induits par le THC, que certains voudraient recruter à des fins thérapeutiques.

Les effets du THC sont multiples, en raison du grand nombre de récepteurs cérébraux sur lesquels il agit (les récepteurs CB1 = cannabinoïdes de type 1) et de leur caractère ubiquistes (présents dans toutes les structures cérébrales) ; de là ses effets multiples, sans préjuger de leur intensité. Citons pêle-mêle : des effets sédatifs, tranquillisants, analgésiques, myorelaxants, de diminution de la pression intra-oculaire (en cas de glaucome), amnésiants, de diminution du seuil épileptogène, d’augmentation de l’appétit (orexigène) ; de diminution des vomissements (anti-émétique), d’induction de troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements…

Depuis Claude Bernard, à la suite de son maître François Magendie (i.e. depuis plus d’un siècle), la thérapeutique répugne à administrer des soupes végétales associant dans des proportions non définies des principes actifs divers et variés dont les effets peuvent s’épauler ou se contredire. Voilà déjà qui invalide cannabis en tant que tel.

La multiplicité des effets développés par le seul THC s’inscrit contre la notion de médicament. Un médicament doit développer un effet principal, majeur, éventuellement un ou deux effets latéraux que l’on peut parfois mettre à profit, mais surtout pas plus. Avec le THC on redécouvre la panacée, la thériaque ; c’est un retour de plus d’un siècle en arrière. Si on sollicite par exemple une analgésie, non seulement on n’a pas besoin, mais on va être gêné par beaucoup des autres effets servis simultanément, « en prime » ; tels une ivresse, un appétit aiguisé, un état de sédation, des troubles de la coordination motrice, une relaxation musculaire,  une incapacité de conduire un véhicule, des troubles délirants, des hallucinations, une dépendance rendant bientôt cette utilisation indispensable pour échapper au mal être de sa privation ….autant d’effets qui, bien plus que latéraux, pourront être manifestement adverses.

Les effets que l’on voudrait solliciter sont, individuellement, d’une intensité qui n’a rien d’exceptionnelle, alors que l’on dispose, pour chacun des effets que développe le THC, d’authentiques médicaments, ayant une efficacité souvent meilleure, et surtout une bonne spécificité d’action. Par exemple, pour traiter le glaucome on dispose d’au moins 6 classes de médicaments différents d’efficacité avérée. Pour agir sur les vomissements, on trouve dans la famille des sétrons, des molécules beaucoup plus actives que le THC, pour pallier une spasticité  on a le baclofène.

Ce qui qualifie avant tout un médicament, au point d’être consubstantiel à cette qualité, c’est le rapport bénéfices/risques. Quels bénéfices peut-on espérer que le patient en retirera et quels risques encourra-t-il à utiliser ce médicament. Ce rapport est spécialement mauvais pour le THC. On a fait disparaître récemment du marché une benzodiazépine myorelaxante, très efficace, pour bien moins de motifs d’incrimination.

Nous devrions considérer aussi le devenir du THC dans l’organisme, dans ses interactions avec différents médicaments et surtout au travers de son exceptionnelle persistance, avec une imprévisible durée d’action.

Tout cela étant considéré, on peut affirmer aujourd’hui que le cannabis, en tant que tel, ainsi que son constituant psychotrope essentiel, le THC, qui est le substrat de tous les appétits, ne devraient pas être acceptés en tant que médicament, dans les indications proposées ou anticipées.

Le chercheur pharmacologue soussigné, n’exclue évidemment pas que l’on puisse découvrir parmi les dizaines de cannabinoïdes que recèle le chanvre indien, un ou plusieurs d’entre eux, qui développeraient d’intéressantes propriétés pharmacologiques, sans effets adverses manifestes. Le cannabidiol (CBD), substance non psychotrope, pourrait être un candidat sérieux ; cependant, en l’absence d’informations robustes, cette assertion est actuellement tout à fait prématurée.

L’association THC-CBD (Sativex®)

Elément extraordinaire de la phytothérapie, dans le chanvre indien le THC jouxte le CBD qui dans la plante pourrait être le précurseur de ce premier.  En sens inverse, au niveau du suc gastrique très acide, le CBD se transforme abondamment en THC. Le CBD n’affecte pas les récepteurs CB1 sur lesquels agit le THC. On connaît mal la ou les cible(s) biologique(s) pertinente(s) du CBD, mais certains prétendent que très opportunément il accroîtrait les effets bénéfiques recherchés du THC et qu’il relativiserait voire même annulerait ses effets délétères. C’est à partir de ce postulat que THC et CBD ont été associés dans des proportions assez arbitraires dans un spray destiné à des pulvérisations buccales : le Sativex®. Cette association a obtenu, selon une procédure accélérée, une autorisation de mise sur le marché européen (A.M.M.) suivie de sa rapide transposition française par l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM), avec pour indication : traitement symptomatique d’appoint des manifestations de la spasticité, liée à une SEP, chez des patients insuffisamment soulagés par les traitements anti spastiques de référence.

Une campagne médiatique, rompant avec la sérénité de la démarche scientifique qui doit prévaloir en matière de qualification d’un médicament, a souligné l’urgence de mettre ce médicament, présenté comme irremplaçable, à la disposition des patients atteints de cette grave affection et de ces troubles invalidants,  culpabilisant presque les pouvoirs publics d’avoir tant tardé. Un addictologue, très à distance de son domaine d’expertise s’est fourvoyé, dans un grand quotidien national, à déclarer « qu’il fallait donner sa chance au cannabis thérapeutique », en rupture avec le principe qu’en médecine c’est aux patients qu’il faut donner toutes leurs chances et non pas à tel médicament.

Cette A.M.M. française date de 2014. Pourtant à ce jour, soit cinq ans plus tard, une analyse sereine, enfin scientifique et objective, fait qu’il n’est pas commercialisé en France, en dépit de sa présentation par plusieurs médias comme irremplaçable, indispensable, soulignant l’extrême urgence qu’il y avait à le mettre à la disposition des patients… ! Sa commercialisation bute sur un problème de prix ; le laboratoire espagnol Almirall le propose à près de 600 euros. Il bute aussi sur le niveau de son remboursement qui ne serait que de 15%, car la Commission de la transparence de la Haute autorité de santé (HAS) juge que ce produit n’a pas de réels avantages thérapeutiques.    « L’amélioration du service médical rendu (ASMR) » a été jugée du niveau V ; elle est donc jugée insignifiante dans le traitement des symptômes liés à une spasticité modérée à sévère due à une sclérose en plaques. D’après les données d’efficacité des études réalisées par le laboratoire sur ce médicament, dans son indication, la file active des patients susceptibles de bénéficier de ce traitement est estimée au maximum à 2.000 patients.

La pollution médiatique manifeste de la réflexion pharmacologique et thérapeutique que révèle cet exemple invite à aller plus avant dans l’analyse de l’intérêt ou de l’absence d’intérêt du THC chez le patient atteint de S.E.P. Un regard superficiel constate que l’on décrit au THC des effets immunodépresseurs qui pourraient être utiles dans une pathologie dans laquelle le patient développe des anticorps contre la gaine de myéline de ses nerfs (à l’origine de la formation des plaques de démyélinisation). Il constate aussi que le THC a des effets myorelaxants, anti spastiques, qui seraient utiles dans la survenue de tels troubles qui peuvent survenir au cours de la SEP. Il constate enfin qu’il est analgésique alors que ces spasmes sont souvent douloureux. Cette triade d’effets justifierait sans hésitation le THC dans cette indication. Pourtant il convient de souligner que sur chacun de ces paramètres (immunodépression, effet anti spastique et effet analgésique) on dispose d’agents aux effets mieux ciblés et plus efficaces que le THC. Ainsi, par exemple, comme immunodépresseurs, on peut faire appel aux corticoïdes, interférons, méthotrexate, azathioprine, cyclophosphamide, glatiramère, statines, cyclines, anticorps monoclonaux…Le rapport bénéfices/risques est clairement en défaveur du THC, eu égard à la liste de ses méfaits, physiques et psychiques en particulier, qui est très longue (cf. supra) et dont certains sont graves.

On constate, pour un certain nombre de ces méfaits, leur caractère très inopportun chez les patients victimes de la SEP :

– Les troubles de l’équilibre et de la coordination des mouvements (adiadococinésie), que comporte intrinsèquement l’affection, pourront être aggravés par le THC.

– Les effets ébriants du THC seront incompatibles avec la conduite automobile, chez des patients qui, plus que d’autres, peuvent avoir besoin de ce mode de transport.

– Les effets orexigènes survenant chez des patients dont la dépense énergétique est réduite par leur handicap, conduirait à une importante prise de poids, avec ses conséquences esthétiques négatives, (aggravant celles dont peuvent être responsables les corticoïdes) altérant l’image que renvoient les miroirs, suscitant une dépression de l’humeur, avec aussi une difficulté supplémentaire à se mouvoir de façon autonome ou rendant plus difficile la tâche des assistants de vie.

– Les troubles anxieux et dépressifs que la SEP recrute fréquemment pourront être aggravés au long cours par le THC, redoublant les risques suicidaires.

– Un syndrome amotivationnel viendra se greffer sur une pathologie qui incite au renoncement devant la difficulté redoublée de beaucoup d’actions.

– Les capacités physiques les trahissant, les patients sont incités à investir davantage sur leurs activités psychiques, intellectuelles, mais le THC vient contrarier cela, en perturbant la mémoire à court terme sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme (une culture).

– Les patients atteints de SEP ont fréquemment une baisse de leur libido ; le THC utilisé au long cours ayant ce même effet, l’aggravera.

– L’incitation forte à accroître les doses de THC, en relation avec la pharmacodépendance et le développement d’une tolérance, quand l’effet du THC s’épuisera, aboutira à une incitation à y ajouter une autre puis même d’autres drogues. Les morphiniques pour calmer les douleurs seront hélas très tentants.

Effets du THC sur la douleur chronique et aiguë

Les effets du THC sur la douleur sont régulièrement invoqués afin de l’inscrire dans la famille des analgésiques si souvent sollicitée par nombre d’entre nous. Il y a lieu de distinguer la douleur aigue, contre laquelle on est assez bien armé, de la douleur chronique contre laquelle on est plus démuni. Les stimulants des récepteurs CB1 et CB2, pourraient agir sur la douleur.

Des revues systématiques de la littérature penchaient pour une efficacité des cannabinoïdes dans les neuropathies périphériques du SIDA, ainsi que dans les douleurs chroniques non cancéreuses. Ceci a incité une équipe à s’intéresser à leurs effets dans les douleurs post-opératoires qui résistent très majoritairement aux traitements antalgiques qu’on leur oppose. Parmi les 7 études incluant 611 patients, une seule, avec le lévonantradol, a montré une efficacité supérieure au placebo; une autre, avec la nabilone, a abouti à un effet inférieur au placebo. Aucun effet ni synergique, ni même additif à celui des opiacés n’a été trouvé. Evidemment dans 5 études les effets secondaires étaient plus fréquents (sans cependant être graves) que dans les groupes placebos. Les auteurs ont conclu que les cannabinoïdes n’ont pas plus d’effet dans la douleur aigue que l’urine de marsupial (il s’agit d’une équipe australienne).

Les résultats sont plus encourageants s’agissant des douleurs chroniques, dans des rapports récents analysant de très nombreuses études ; et une étude émanant de l’Académie des sciences des U.S.A. Ce deuxième rapport, reposant sur plus de 10.000 résumés scientifiques publiés depuis 1999, estime qu’il existe des preuves solides que le cannabis permet de soulager la douleur chronique chez l’adulte. S’agissant de l’amélioration des troubles spastiques de la sclérose en plaques, ce jugement repose sur l’appréciation des patients, recourant à des cannabinoïdes per os. Les preuves deviennent par contre limitées quand elles reposent sur l’évaluation pratiquée par les médecins.

Pour conclure, on doit s’interdire de décider pour l’avenir,  nul ne pouvant exclure qu’un  cannabinoïde, naturel ou de synthèse, démontrera une activité intéressante dans une pathologie ou  dans certains troubles contre lesquels la pharmacopée serait démunie. Mais aujourd’hui, en l’état des données et connaissances disponibles, le cannabis ou tel de ses composants ne saurait revendiquer, en leur appliquant les critères qui  prévalent pour élever une substance à la dignité de médicament, un tel statut de médicament. Il faut calmer les emballements médiatiques, s’affranchir des manipulations de l’opinion, tempérer les appétits capitalistiques à l’affut, et revenir à la sérénité qui sied aux évaluations scientifiques.

                                           Professeur Jean Costentin

  • « Halte au cannabis » J. Costentin, Ed . Odile Jacob (2007)
  • « Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis » J. Costentin, Ed. Odile Jacob (2013)
  • « Le désastre des toxicomanies en France » J. Costentin, Ed. Docis (2018)
  • « Le cannabis- ses risques à l’adolescence » H. Chabrol, M. Choquet, J. Costentin, Ed. Ellipses (2013)
  • « Dictionnaire critique du cannabis » J. Costentin, Ed. Docis  (sous presse, 2019)
  • « Le cannabis-ce qu’il faut retenir et faire savoir » Ouvrage rédigé par des membres de l ‘académie de Pharmacie Ed. Lavoisier-sous presse (2019)
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