Une étude universitaire juge nécessaire d’interdire toute publicité pour l’alcool

Une interdiction totale de la publicité pour l’alcool est nécessaire d’un point de vue de santé publique, selon une étude menée à l’université de Gand pour le compte de la politique scientifique fédérale (Belspo) et relayée mercredi par le journal De Morgen.

Les chercheurs ont comparé les conséquences de la publicité pour l’alcool dans différents pays européens. Dans un second volet, l’étude a sondé aussi bien l’industrie des boissons alcoolisées que le secteur de la santé sur le type de régulation qu’ils percevaient comme la meilleure. « La France est plus sévère que la Belgique. Malgré la crainte d’un bain de sang économique, elle avait déjà choisi en 1991 de ne plus autoriser des marques d’alcool à sponsoriser des évènements sportifs », rappelle le chercheur Ruben Kramer.

« La Coupe du monde de football 1998 en France a montré que les places vacantes avaient immédiatement été occupées par d’autres entreprises. » En Belgique, il existe une convention en matière de publicité et de commercialisation des boissons contenant de l’alcool signée par les différentes parties prenantes. Le Jury d’Ethique publicitaire (JEP) veille au respect de ce code de bonne conduite et peut, le cas échéant, imposer des amendes en cas d’infractions. Mais, selon les chercheurs, cela ne fonctionne pas car l’aspect santé publique serait à peine pris en compte.

« Le JEP est un organe d’auto-régulation de l’industrie. Ce n’est pas dans son intérêt de protéger la santé publique », estime Ruben Kramer. Du côté de l’Union belge des annonceurs (UBA), on juge toutefois une interdiction totale naïve: « si on veut vraiment interdire quelque chose, alors interdisons le produit ». La ministre de la Santé publique, Maggie De Block (Open Vld), n’est pas non plus très enthousiaste à l’idée d’une interdiction totale.

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