Hausse de l’addiction à la cocaïne en France (BFMTV)

Drogue « de la fête », « de la performance », « inoffensive », cette réputation a valu à la cocaïne une hausse ininterrompue de sa consommation depuis quinze ans, selon l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies.

Dans une étude publiée cette semaine, l’OFDT tire le signal d’alarme à propos d’une addiction qui se répand dans la société française. Comme le confirme le directeur de la Clinique Montevideo, un établissement créé en 2003 pour traiter les addictions qui accueille un nombre croissant de patients dépendants à la cocaïne.

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Prévention santé : S’informer sur la consommation de drogues chez les jeunes

Source

La drogue est partout et elle touche de plein fouet les populations les plus jeunes. En désir de découvertes et de festivités, les adolescents s’y adonnent avec l’innocence du manque de connaissances.

42% des jeunes de 17 ans déclarent ouvertement et presque fièrement avoir déjà expérimenté des drogues et notamment le cannabis. Un véritable fléau enfanté par une recherche de plaisir qui finit à la longue par créer de notables ravages.

La principale crainte nourrit par les familles est l’addiction. Afin de ne pas endurer ce passage éprouvant et déstabilisant que constitue le sevrage, l’information et la prévention restent encore les boucliers protecteurs les plus efficaces.

Visionner le reportage pour en apprendre davantage sur les symptômes et les risques.

 

Pourquoi sommes-nous accros ? (Le Point)

Grâce aux progrès des neurosciences, on connaît mieux les mécanismes biologiques de l’addiction. Reste à pouvoir les combattre.

Pour que la recherche progresse dans le domaine de la lutte contre les addictions, la Fondation pour la recherche sur le cerveau consacre sa semaine de campagne 2012 (et sa quête de fonds) aux addictions et aux dépendances. Un problème de santé publique majeur, quand on sait que, en France, 9,7 millions de personnes âgées de 12 à 75 ans consomment régulièrement de l’alcool, que 14 % des 17-18 ans fument du cannabis seuls et/ou avant midi, que 250 000 personnes consomment de la cocaïne chaque année et que 15 % des 18-44 ans prennent de façon répétée et combinée de l’alcool, du tabac et du cannabis. Il faut y ajouter que notre pays est le plus gros consommateur européen de médicaments.

Contrairement aux idées reçues, l’addiction ne reflète pas une faiblesse ou un manque de volonté chez l’individu dépendant. Les substances psychoactives agissent sur le système cérébral, l’envahissent et modifient son fonctionnement. Le cerveau subit des perturbations complexes de ses mécanismes, entraînant une perte totale du comportement. Il s’agit donc d’une maladie neurologique qui doit être traitée comme telle.

Basculement

Le processus menant à l’addiction commence toujours par un usage dit « récréatif », c’est-à-dire par des consommations ponctuelles, parfois festives, pour goûter aux effets positifs d’une substance psychoactive ou d’un comportement donné. La prise d’alcool, par exemple, permet au timide de discuter avec les autres convives et de passer une bonne soirée. C’est pourquoi il aura envie de renouveler cette expérience agréable. D’où un risque d’abus, de recours fréquents à une substance qui le soulage, même s’il sait que c’est dangereux, puisque le risque de basculer vers la dépendance est réel, quelle que soit la volonté de s’en sortir.

Certaines personnes passent plus facilement que d’autres du stade de l’abus à celui de la dépendance. « La génétique peut l’expliquer », affirme le professeur Jean-Paul Tassin, neurobiologiste, directeur de recherche à l’Inserm et membre du conseil scientifique de l’Observatoire européen des drogues et toxicomanies. Les spécialistes savent aussi que l’histoire du patient et son développement psychoaffectif peuvent le rendre plus vulnérable à l’addiction. Ils estiment que 30 % des femmes toxicomanes auraient subi des abus sexuels familiaux dans leur jeune âge. Il existe également un lien entre addiction et stress.

Rechute

Grâce aux progrès des neurosciences, on connaît de mieux en mieux les mécanismes neurobiologiques de l’addiction. Ils sont étroitement liés au « système de récompense », un circuit cérébral responsable des sensations de plaisir ressenties après certaines actions. C’est grâce à lui que nous renouvelons les comportements indispensables à notre survie, comme manger, boire, procréer… Dans les troubles addictifs, ce mécanisme fondamental est perturbé. Les addictions comportementales, comme le jeu pathologique ou l’hypersexualité, font appel aux mêmes stimuli que la prise de substances psychoactives sur le cerveau de la personne dépendante : le plaisir et le soulagement. Dès que l’individu n’arrive pas à maîtriser la pratique de l’activité et souffre s’il fait autre chose, il est dans le cadre de la dépendance.

Pour éviter les pièges de l’addiction, le meilleur moyen est d’éviter de s’y exposer. Plus facile à dire qu’à faire pour certains… Même s’il existe des traitements potentiellement efficaces, le risque de rechute reste élevé. Toute personne qui a été « accro » à une substance ou à un comportement a donc tout intérêt à éviter de « retenter sa chance » pour limiter le risque de « plonger » de nouveau.

« Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis », par le professeur Jean Costentin

Le professeur Jean Costentin, pharmacologue, neurobiologiste, membre titulaire des Académies nationales de Médecine et de Pharmacie et président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies vient (23 février 2012) de publier un livre, « Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis », aux Editions Odile Jacob.

A l’heure où se développe une sorte de pandémie cannabique, des mouvements d’inspiration idéologique, s’abritant parfois derrière des considérations économiques, requièrent la dépénalisation de cette drogue, afin d’en obtenir la légalisation puis, un peu plus tard, celle de toutes les drogues.

Ce livre, sans aucune concession à ces errements, détaille les multiples méfaits physiques et psychiques du cannabis, et de son principe actif majeur, le tétrahydrocannabinol (THC). Il s’ouvre sur l’énumération de 101 raisons qui plaident contre cette dépénalisation, et, dans les chapitres qui suivent sont détaillées et justifiées ces expressions lapidaires.

Il évoque l’accroissement de la teneur en THC des produits en circulation, les nouveaux modes d’administration (pipe à eau) qui en décuplent la cession à l’organisme.
La toxicité physique est soulignée au travers,
– des effets cancérogènes très supérieurs à ceux du tabac (pour la gorge et l’appareil respiratoire) ;
– de la nocivité cardiaque (infarctus) et vasculaire (artérites et accidents vasculaires cérébraux) ;
– des perturbations de la grossesse et de ses conséquences pour l’enfant à naître ;
– des perturbations endocriniennes masculines ;
– de l’immunodépression…

L’auteur tord le cou au subterfuge du « cannabis-médicament », argument du type « cheval de Troie », visant à faire pénétrer cette drogue dans la cité. La toxicité psychique du THC est détaillée, au travers de la pharmacodépendance, de l’addiction, avec leurs substrats psychique et physique :
des perturbations de la cognition ;
– du syndrome amotivationnel ;
– du développement de troubles anxieux ;
– de l’exacerbation de troubles dépressifs ;
– des relations, désormais très bien établies, avec les troubles psychotiques, dont la schizophrénie ;
– de l’induction d’autres toxicomanies, aboutissant à ces polytoxicomanies qui, se généralisant, abondent le vivier de l’héroïnomanie qui ne cesse de grossir (250.000 malades de l’héroïne en France).

L’auteur rappelle qu’en dépit de son caractère illicite ce cannabis est consommé de façon régulière dans notre nation par 1.700.000 personnes (faisant des Français les premiers consommateurs des 27 états membres de l’Europe), avec un rajeunissement des premiers usages. Or « plus tôt l’essayer c’est plus vite l’adopter et plus intensément se détériorer ».

La légalisation du cannabis ne manquerait pas, selon l’auteur, d’accroître sa consommation, la faisant tendre alors vers les chiffres de l’alcoolisme (3 millions d’alcoolo-dépendants) et pire, du tabagisme (13 millions de nicotino-dépendants). « Ce n’est pas quand tout brûle qu’il faut se débarrasser des extincteurs (la loi), même s’ils s’avèrent insuffisants ». Et l’auteur de conclure que « pire qu’une fausse bonne idée, la dépénalisation de l’usage du cannabis, serait une vraie mauvaise idée », criminelle même, car il traite dans un chapitre spécifique des diverses façons dont le cannabis peut tuer. Pour acheter ce livre 

Des Français montrent comment le cannabis brouille les idées

Publié sur Le Quotidien du Medecin (http://www.lequotidiendumedecin.fr)

La mémoire de travail sert à réaliser les tâches cognitives courantes (réfléchir, lire, écrire, calculer…) en travaillant avec des informations stockées temporairement. On observe que l’intoxication aux cannabinoïdes altère cette mémoire particulière.

Les récepteurs aux cannabinoïdes sont exprimés sur les cellules gliales de l’hippocampe, une structure cérébrale qui coordonne les processus d’intégration des informations sonores, visuelles, spatiale, nécessaires à la mémoire de travail, expliquent Giovanni Marsicano (INSERM, Bordeaux) et coll., des chercheurs qui ont découvert un mécanisme d’action des cannabinoïdes.

La liaison des cannabinoïdes aux récepteurs réduit la force des connexions entre les neurones au niveau de l’hippocampe.

L’équipe de recherche s’est intéressée au récepteur CB1, présent à la fois sur la membrane des neurones et sur la membrane des cellules dites « astrogliales » de l’hippocampe.

Ils montrent que la liaison des cannabinoïdes aux récepteurs CB1 active l’envoi de signaux aux récepteurs à glutamate des terminaisons nerveuses, qui permettent la circulation de l’information de neurone en neurone. Le cannabinoïde induit une dépression du signal, de nature à perturber la mémoire de travail.

Les observations ont été réalisées en administrant des cannabinoïdes à deux groupes de souris, chez lesquelles les récepteurs de CB1 ont été supprimés, respectivement sur les cellules astrogliales ou les neurones. Le THC (tétrahydrocannabinol) donné aux souris où le CB1 manque uniquement sur les neurones, induit des déficits de mémoire de travail spatial. À l’inverse, lorsque seuls les récepteurs CB1 des cellules astrogliales sont supprimés, les performances de mémoire de travail spatial sont préservées.

« Ces résultats montrent de façon surprenante, in vitro et in vivo, l’importance de l’activation des récepteurs CB1 des cellules astrogliales, et non ceux des neurones, dans la médiation des effets des cannabinoïdes sur la mémoire de travail », expliquent Giovanni Marsicano et coll.

« La description des mécanismes d’action spécifiques des cannabinoïdes au niveau de l’hippocampe permettra d’optimiser leur potentiel d’utilisation thérapeutique, aujourd’hui limité par d’importants effets indésirables », estiment les chercheurs.

› Dr BÉATRICE VUAILLE  « Cell », 2 mars 2012.

 

 

Commentaires sur « Mon fils fugue, sèche les cours, fume du shit… » du 19/02/2012

L’ article « Mon fils fugue, sèche les cours, fume du shit… » a suscité des commentaires que nous pensons important de rappeler à ceux qui n’ont pas eu l’occasion de les lire :

Sylvie le 19/2/2012

En lisant votre commentaire, j’ai l’impression d’effectuer un bond quelques années en arrière. J’ai également été confronté à la toxicomanie de mon fils ainé. Je dirais même plus “polytoxicomanie”. A l’époque, il avait 20 ans, et rien n’était plus important pour lui que le cannabis, l’héroine, la cocaine, l’ecstasy et j’en passe ! Cette escalade vers une mort assurée, je ne l’avais pas vu venir, où peut-être n’avais-je pas envie de le voir ? Le jour où les gendarmes sont venus chercher mon fils à la maison, pour moi, mon monde s’écroulait. J’ai donc mis tout en oeuvre pour sortir mon fils de cet enfer ! Cela fût très dur, mais nous y sommes arrivés !! Cela fait désormais 10 ans que mon fils est pour moi en rémission, et depuis ce terrible jour, je prend mon bâton de pélérin, pour effectuer de l’information et de la prévention auprès de parents,et d’ adolescents. J’organise des conférences dans les écoles , mairies, etc… en collaboration avec le gendarme qui était venu chercher mon fils. J’apporte également mon aide aux familles qui se retrouvent dans la même situation que moi, il y a 10 ans. Et je terminerai mon témoignage, en vous signalant que mon métier (préparatrice en pharmacie, et enseignante en CFA) me met tous les jours face à de jeunes ou moins toxicomanes, auxquels je n’hésite jamais à distiller conseils et aide, afin qu’à leur tour, ils puissent un jour “décrocher”. Il faut savoir s’entourer des bonnes personnes, qui ne seront pas là pour juger, mais bien pour aider.

Sophie Daoût le 19/2/2012

Tout ce que raconte cette maman, je l’ai vécu!
Aujourd’hui, j’aide les parents en difficulté par le biais de notre association, “Pour une Jeunesse Sans Drogue”.
http://www.jeunessesansdrogue.net
Levons-nous et battons-nous, c’est ce que je tente de faire au quotidien.
Plus nous serons nombreux, plus nous serons efficaces!

Sophie Daoût le 29/2/2012

Ce message est pour Sylvie qui a vécu la même histoire que moi, et qui dans sa région, fait ce que je fais ici à Fréjus.

J’aimerais qu’elle entre en contact avec moi à mon adresse: sophiedaout@free.fr
ou qu’elle aille dans notre siye http://www.jeunessesansdrogue.net
Si toutes les mamans du monde pouvaient se donner la main!