« Drogue – Le cri d’alarme des policiers contre les salles de shoot » (Le Figaro)


Le Figaro fait savoir que « depuis que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, s’est déclarée prête à tester «assez rapidement» les salles d’injection de drogue sous contrôle médical, les policiers affichent au mieux une certaine circonspection. Au pire, une vraie colère ».
Le journal continue : « Alors que quelques villes comme Paris, Marseille, Toulouse ou Saint-Denis étudieraient la possibilité d’un tel dispositif, les critiques se multiplient tant sur son efficacité que sur les risques possibles de troubles à l’ordre public ».

Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie Officiers, estime ainsi que « ces lieux, qui sont peut-être bons d’un point de vue sanitaire et pour les drogués eux-mêmes, entraîneront inéluctablement une situation apocalyptique dans les quartiers. L’afflux programmé de toxicomanes provoquera au bout de quelques semaines le cauchemar des riverains. Ils seront en proie à des comportements asociaux de toute une faune que l’on connaît, hélas, trop bien et qui n’hésite pas à se livrer à des vols, des agressions ou à se prostituer pour se fournir leur produit ».

Le ministère de l’Intérieur précise de son côté qu’« il s’agit de bien distinguer la lutte contre les trafics, qui doit rester intraitable, de la problématique de santé publique et de prévention ».
Le Figaro constate par ailleurs que la question « divise également médecins et professionnels de santé. […] Certains spécialistes se refusent à condamner a priori ce genre d’initiative ».

Le Pr Michel Lejoyeux, addictologue et chef du service de psychiatrie à l’hôpital Bichat (Paris), note ainsi que « les salles d’injection ne sont certainement pas la panacée. Mais si cela permet à certaines personnes dépendantes, marginalisées, qui refusent de se faire soigner, d’entamer une démarche thérapeutique, alors cela mérite d’être essayé. […] Si de tels centres sont ouverts uniquement pour des raisons d’hygiène ou de sécurité publique, si c’est juste pour acheter la paix sociale, alors on sera très loin du respect dû à ces malades ».

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Salles de shoot : une majorité de Français n’en veulent plus

Publié sur Le Quotidien du Medecin (http://www.lequotidiendumedecin.fr)

55 % des Français se déclarent opposés à l’ouverture de lieux légaux de consommation de drogue sous contrôle médical et sanitaire, selon un sondage IFOP pour le magazine Valeurs actuelles à paraître jeudi. 31 % s’y disent « très opposés », et 24 % « plutôt opposés ». À l’inverse, 45 % sont favorables à de tels lieux, dont seulement 8 % « très favorables ».

Les résultats de cette enquête contrastent fortement avec ceux d’un autre sondage IFOP publié en 2010 : 53 % de Français se disaient alors favorables aux salles de shoot. Ce revirement d’opinion intervient alors que le gouvernement de Jean-marc Ayrault a justement annoncé son intention d’expérimenter très prochainement ces lieux de consommation, une mesure à laquelle l’UMP est opposée

Le cannabis : une drogue aux effets pervers (Le Figaro)

Zone Interdite consacre un reportage au cannabis, une drogue qui a la faveur de nombreux consommateurs – plus d’un million de réguliers et plus de cinq cent mille quotidiens en France – pour ses effets relaxants… Mais qui se révèle très perverse à long terme.

Le cannabis séduit car ses effets sont moins violents que ceux de l’héroïne. Pas de risque d’overdose non plus. En revanche, ses conséquences sont dangereuses et très pernicieuses à long terme. « Le principe actif du cannabis, le tétrahydrocannabinol, ou THC, est très diffusible dans les graisses, et donc dans les organes riches en graisse comme le cœur, le cerveau, et les vaisseaux, le foie », explique François Chast, chef du service pharmacologie-toxicologie de l’Hôtel-Dieu à Paris.

« Sur le plan cardiovasculaire, sa prise augmente le risque d’accidents vasculaires cérébraux et d’infarctus du myocarde, poursuit-il. En particulier, le cannabis contribue à la constitution de la maladie de Buerger, qui attaque les vaisseaux sanguins et entraîne une nécrose artérielle des mains et des pieds. » Les effets du cannabis ont été étudiés depuis le XIXe siècle, grâce au savant français Moreau de Tours, qui a nommé son addiction « cannabisme ». Dans les années 1980 en Suède, en 2007 en Grande-Bretagne, et, plus récemment, en Nouvelle-Zélande ont été publiées des études menées sur le long terme concernant des « cohortes » de population consommant du cannabis et comparées à d’autres n’en consommant pas.

« L’équipe néo-zélandaise a ainsi publié dans le très respecté journal américain Proceedings of the National Academy of Sciences des résultats démontrant que les consommateurs de cannabis ayant commencé à fumer dès l’âge de 13 ans ont un quotient intellectuel altéré de 8 % par rapport aux sujets « sains », et que tous ces consommateurs ont un niveau social et culturel inférieur aux autres. » Autrement dit, « le cannabis a un impact prouvé sur le développement du cerveau. Or, il est consommé très souvent chez les écoliers ou des étudiants, qui risquent de sombrer à long terme, en cas de consommation régulière, dans la dépression, et de développer des psychoses ou bien des cas de schizophrénie », conclut François Chast. Drogue considérée comme douce, le cannabis pose en fait un vrai problème de santé publique.

À savoir
Selon des études menées dans différents pays depuis quarante ans, il a été prouvé que la consommation d’une cinquantaine de joints par mois multiplie par six le risque de développer une psychose à l’âge adulte et augmente de 40 % les possibilités de tomber dans la schizophrénie.

Preuve de la neurotoxicité du cannabis chez l’homme : une première mondiale !

Persistent cannabis users show neuropsychological decline from childhood to midlife. M. H. Meier et al.

Proceedings of the National Academy of Sciences (New York), August 27, 2012, doi: 10.1073/pnas. 1206820109.

Il s’agit de la première étude qui prouve la neurotoxicité du cannabis chez l’homme. On ne disposait jusqu’alors que de nombreux indicateurs péjoratifs sur les effets délétères du cannabis, mais sans que l’on puisse prouver sa neurotoxicité. Cependant, chez l’animal, des travaux avaient mis en évidence des altérations neurochimiques persistantes du cerveau au cours de la période correspondant à celle de l’adolescence chez l’homme.

Les participants à cette étude princeps (Dunedin en Nouvelle Zélande), ont été recrutés dans une cohorte de 1037 enfants de 3 ans suivis depuis leur naissance en 1972 et 1973 jusqu’à l’âge de 38 ans. L’évaluation neuropsychologique a été réalisée à 7, 9, 11 et 13 ans, avant le début de la consommation de cannabis (7 enfants ont consommé avant 13 ans), puis à 38 ans pour mesurer les effets d’un usage continu.

Le diagnostic de dépendance au cannabis au cours de l’année précédant l’interview a été établie au cours de 5 périodes à 18, 21, 26, 32 et 38 ans selon les critères du « Diagnostic and Statistical Manual of Mental  Disorders », en excluant les sujets ayant manqué 3 évaluations (3 % de la cohorte). Cinq groupes ont été constitués : un premier pour lequel le diagnostic de dépendance n’a pas été porté et qui n’a jamais consommé ; le second sans diagnostic de dépendance, mais qui aurait pu le devenir en raison d’une consommation déclarée ; les troisième, quatrième et cinquième groupes pour lesquels le diagnostic de dépendance a été porté à 1, 2 ou 3 reprises respectivement.

L’usage régulier de cannabis (défini par la consommation au moins 4 jours par semaine) estimé sur la base de la consommation déclarée au cours de l’année précédente a permis de constituer 5 groupes : ceux qui n’ont jamais consommé ; ceux qui en ont fait usage mais jamais régulier ; les 3 derniers groupes sont des consommateurs réguliers au cours d’une, de deux ou de trois des cinq périodes étudiées.

L’examen des résultats obtenus sur cette cohorte « Dunedin » montre :

  1. Un lien étroit entre un usage prolongé du cannabis et la baisse du quotient intellectuel (QI) :
Dépendance au cannabis

n

QI 7-13 ans

QI 38 ans

Variations du QI

Jamais diagnostiquée, pas d’usage

242

99,84

100,64

0,05

Jamais diagnostiquée, usage

479

102,32

101,25

-0,07

Diagnostiquée 1 fois

80

96,40

94,78

-0.11

Diagnostiquée 2 fois

35

102,14

99,67

-0,17

Diagnostiquée ≥ 3 fois

38

99,68

93.93

-0.38

Usage régulier de cannabis
Jamais consommé

242

99,84

100,64

0,05

Usage, jamais régulier

508

102,27

101,24

-0,07

Usage, régulier  1 période

47

101,42

98,45

-0,20

Usage, régulier 2 périodes

36

95,28

93,26

-0,13

Usage, régulier ≥ 3 périodes

41

96,00

90,77

-0,35

Ainsi, chez les sujets de 38 ans présentant une dépendance au cannabis diagnostiquée au moins à trois reprises, la baisse globale du QI est de -0,38, ce qui correspond à une perte de QI d’environ 6 points.

  1. L’atteinte neuropsychologique liée à la dépendance, évaluée par l’étude de cinq fonctions mentales, montre qu’elle touche principalement le fonctionnement exécutif (p < 0,0001), ainsi que la vitesse de traitement de l’information (p =  0,0003).
  2. La baisse du QI persiste chez les sujets dépendants poursuivant des études, tant dans la cohorte totale (p < 0,0001), que chez les sujets ayant acquis uniquement un diplôme d’études secondaires (p < 0,0009).
  3. Le cannabis chez les sujets présentant une dépendance, est associé à une perturbation neuropsychologique qui affecte la vie quotidienne. La réponse de l’entourage à un questionnaire destiné à l’évaluer, révèle principalement des problèmes cognitifs touchant à l’attention (p < 0,0001) et à la mémoire (p < 0,0001).
  4. Les adolescents sont particulièrement vulnérables, cela était bien admis, mais cette étude le prouve, puisque les enfants sont suivis depuis leur plus jeune âge. En effet, ceux qui ont été initiés tôt et chez lesquels le diagnostic de dépendance est établi avant l’âge de 18 ans auront davantage tendance à poursuivre leur consommation (p = 0,02). De plus, ces adolescents sont affectés par une baisse plus importante du QI que les sujets ayant débuté leur consommation à l’âge adulte. Cette baisse du QI est de 8 points en moyenne pour les adolescents dépendants avant l’âge de 38 ans.
  5. L’arrêt de la consommation de cannabis ne restaure pas complètement le fonctionnement neuropsychologique chez les sujets initiés à l’adolescence et qui ont poursuivi leur consommation.

Toutes ces constatations prouvent pour la première fois les effets neurotoxiques du cannabis chez l’homme.

Remarque : Il convient de souligner que cette étude ne semble pas comporter de biais. S’agissant de l’aspect déclaratif de la consommation objet du travail, les auteurs insistent sur le fait que les enfants de cette cohorte ont été convaincus au fil des ans de la garantie de confidentialité de leurs réponses, ce qui évite un éventuel biais de sous déclaration.

Professeur Jean-Pierre GOULLE

Faculté de Médecine & Pharmacie

De Rouen & Laboratoire de Toxicologie

Du Groupe Hospitalier du Havre

Pourquoi nous sommes opposés à « l’expérimentation » des salles d’injection de drogues

Par le Professeur  Jean Costentin Président du CNPERT

1) Pour réduire les craintes soulevées par l’actuel projet, il n’est fait état que d’expérimentation à réaliser en France. Mais, puisque des essais sont pratiqués dans neuf Etats à travers le monde, dans plus de 80 salles, pourquoi ne pas attendre la publication de leurs résultats, pour les analyser de façon critique, les mettant en perspectives avec divers autres aspects importants des toxicomanies ? Entrouvrir imprudemment de telles portes, dans ce contexte gravissime, risque leur ouverture définitive.

 2) Le grand argument des prosélytes, consommateurs ou non de ces drogues, est de lutter contre la propagation du SIDA et des hépatites virales. Rappelons qu’il existe, depuis longtemps, un libre accès et même, en certains lieux, une gratuité des seringues servant à pratiquer ces injections toxiques. Lorsque des héroïnomanes gravement dépendants accéderaient à ces salles, les virus de ces affections auraient déjà atteint ceux qui négligent toute attitude prophylactique ; cette contamination hélas fréquente intervenant précocement dans le parcours du toxicomane.

 3) Institutionnaliser ces salles d’injections biaiserait davantage l’image des drogues puisque, sous tutelle médicale, elles s’apparenteraient à des médicaments. C’est là un procédé habituel de désinformation des prosélytes des drogues ; il se développe aux Etats-Unis avec le cannabis présenté comme un médicament, afin d’en assurer l’essor. La jeunesse de notre pays doit bénéficier sur les toxicomanies d’une pédagogie claire et, pour reprendre son expression, « sans embrouille ».

En organisant ces salles d’injection, on pratiquerait, de façon toute officielle, une désobéissance à la loi, puisque les drogues illicites, c’est-à-dire interdites (héroïne, cocaïne…) y seraient administrées dans des structures officiellement organisées, gérées et financées par les pouvoirs publics, supervisées par des médecins et des infirmier(e)s, appointés par des deniers publics, en des zones de non droit… Le ministère de la santé français créerait ainsi des « squats de la santé », où ne s’exerceraient plus les lois de la République !

4) Pour endormir l’opinion, il est souligné que les toxicomanes apporteraient leur drogue, les autorités de santé se contentant, sous l’autorité de médecins et de leurs collaborateurs professionnels, d’offrir le gîte, le couvert et le service. Mais quel médecin accepterait de présider à l’administration de drogues de pureté incertaine, quand on sait combien les drogues qui circulent actuellement  sont additionnées d’ingrédients variés et parfois toxiques ? Alors, bientôt, seraient vendues, sur place, des drogues d’une pureté irréprochable – le terme d’« héroïne médicale » a déjà été utilisé… Mais pour les acquérir le toxicomane ne pourrait plus jouer du « coupage » habituel qui lui permet de prélever sa dîme lors de la revente d’une partie de la drogue qu’il a achetée. Il faudrait donc la lui offrir, comme la méthadone et la buprénorphine à haut dosage (Subutex®). Ainsi se trouveraient exaucées les dernières exigences de l’héroïnomane : la liberté d’accès et la gratuité de sa chère héroïne.

5) On s’émeut du manque de moyens dévolus à la prévention des toxicomanies, mais des crédits pourraient être brusquement dégagés au service de cette abdication médicale et sociétale, pour satisfaire, enfin, ces dernières exigences du toxicomane.

6) Une émission télévisée récente mettait en exergue le désordre et la saleté créés par la pratique des injections de drogues, dans certains quartiers. La solution de ces désagréments pour les riverains passe plus sûrement par l’intervention de la police et/ou des éboueurs que par l’afflux régulier de toxicomanes vers ces « salles de shoot ».

7) La réduction des risques infectieux ne doit pas conduire à l’installation du confort des addictions, sous peine de les voir exploser. Le toxicomane effectue un malencontreux arbitrage entre les effets aversifs et les effets appétitifs des drogues. Diminuer ces premiers (par la légalisation de l’usage des drogues et par le confort de leur administration) reviendrait à accroître les seconds (le « shoot, à volonté, calme, au calme, sous le regard bienveillant des bailleurs de fonds »…) aboutirait à transformer en autoroutes les sentiers encore escarpés de la toxicomanie.

Nulle intoxication ne saurait être guérie par le produit qui l’a créée. L’objectif à privilégier, c’est le sevrage, en s’aidant, entre autres moyens, de produits de substitution, à doses progressivement dégressives (méthadone, buprénorphine à haut dosage), en étant toutefois très attentif à empêcher les importants détournements constatés qui, outre qu’ils contribuent à recruter de nouveaux adeptes des agents morphiniques, permettent à l’héroïnomane, aux frais de la Sécurité sociale, d’acquérir sa chère héroïne.

Le toxicomane a abdiqué sa volonté et ses désirs sont exacerbés. L’urgence est de l’aider à en reprendre les commandes, de lui faire partager cette conviction qu’on peut le guérir et que l’on s’en donne les moyens, en se gardant bien de leur détournement trop fréquent. L’empathie nécessaire pour sa prise en charge ne saurait être une abdication, une coupable démagogie, un renoncement à cet objectif authentiquement médical et sociétal.

Bradley Cooper ne boit plus et ne se drogue plus depuis huit ans (Le HuffPost)

Bradley

PEOPLE – Bradley Cooper, belle gueule du cinéma et star montante d’Hollywood, a connu un passé moins glamour et nettement plus chaotique. Actuellement à l’affiche de Hit and Run, l’acteur s’est confié au magazine américain spécialisé, The Hollywood reporter.

Aujourd’hui bien dans ses baskets et acteur reconnu, Bradley Cooper avoue avoir été alcoolique et accro à la drogue, avant de tirer un trait sur ses addictions il y a huit ans alors qu’il voyait sa vie défiler.

« Un jour, j’étais à une fête et je me suis volontairement cogné la tête sur le sol. Je voulais montrer ‘hey, regardez comme je suis solide’. Quand je me suis levé, le sang coulait… », se souvient l’acteur alors sous l’influence de l’alcool et de la drogue. « J’ai recommencé, poursuit-il, et cette fois, j’ai passé la nuit à l’hôpital de St-Vincent avec une poche de glace en attendant que les médecins me recousent ».

À l’âge de 29 ans, Bradley Cooper se rend compte de la situation dramatique dans laquelle il se trouve et décide de tirer un trait sur tout ça. « Whoua je suis en train de ruiner ma vie, je vais vraiment tout gâcher si je continue ainsi », se souvient -il avoir pensé au moment où il était au plus bas.

Si depuis huit ans, l’acteur de 37 ans ne touche plus à une goutte d’alcool et a arrêté avec la drogue, il est volontiers perçu comme un bel homme un peu trop sûr de lui. Pourtant, le réalisateur Todd Phillips avec qui il tourne Very bad trip 3, assure que Bradley Cooper est finalement très vulnérable. « Pas sûr de lui n’est pas le bon terme pour expliquer qu’il est finalement l’inverse de ce qu’il joue, mais il est très chaleureux et ça, on ne le voit pas forcément ».

Prochainement, on retrouvera Bradley Cooper dans The Words, au côté de son ex-copine, l’actrice Zoe Saldana, connue pour son rôle de Neytiri dans le film Avatar.

Découvrez  un film dans lesquels Bradley Cooper a joué:

« Drogue – Le cri d’alarme des policiers contre les salles de shoot » Le Figaro

Le Figaro fait savoir que « depuis que la ministre de la Santé, Marisol Touraine, s’est déclarée prête à tester «assez rapidement» les salles d’injection de drogue sous contrôle médical, les policiers affichent au mieux une certaine circonspection. Au pire, une vraie colère ».
Le journal continue : « Alors que quelques villes comme Paris, Marseille, Toulouse ou Saint-Denis étudieraient la possibilité d’un tel dispositif, les critiques se multiplient tant sur son efficacité que sur les risques possibles de troubles à l’ordre public ».

Patrice Ribeiro, secrétaire général du syndicat Synergie Officiers, estime ainsi que « ces lieux, qui sont peut-être bons d’un point de vue sanitaire et pour les drogués eux-mêmes, entraîneront inéluctablement une situation apocalyptique dans les quartiers. L’afflux programmé de toxicomanes provoquera au bout de quelques semaines le cauchemar des riverains. Ils seront en proie à des comportements asociaux de toute une faune que l’on connaît, hélas, trop bien et qui n’hésite pas à se livrer à des vols, des agressions ou à se prostituer pour se fournir leur produit ».

Le ministère de l’Intérieur précise de son côté qu’« il s’agit de bien distinguer la lutte contre les trafics, qui doit rester intraitable, de la problématique de santé publique et de prévention ».
Le Figaro constate par ailleurs que la question « divise également médecins et professionnels de santé. […] Certains spécialistes se refusent à condamner a priori ce genre d’initiative ».

Le Pr Michel Lejoyeux, addictologue et chef du service de psychiatrie à l’hôpital Bichat (Paris), note ainsi que « les salles d’injection ne sont certainement pas la panacée. Mais si cela permet à certaines personnes dépendantes, marginalisées, qui refusent de se faire soigner, d’entamer une démarche thérapeutique, alors cela mérite d’être essayé. […] Si de tels centres sont ouverts uniquement pour des raisons d’hygiène ou de sécurité publique, si c’est juste pour acheter la paix sociale, alors on sera très loin du respect dû à ces malades ».

Salle d’injection à moindre risque : la réflexion toujours en cours au ministère de la Santé

Paris, le vendredi 31 août 2012 –

Interpellé par le député socialiste, Jean-Marie Le Guen au sujet de l’ouverture de centres d’injection à moindre risque pour les toxicomanes, le ministre de la Santé, Marisol Touraine a indiqué que le sujet était actuellement traité par ses services.

« Nous allons voir dans quelles conditions il est envisageable d’expérimenter de telles salles mais il faut que le travail se poursuive avec des élus, avec des associations concernées en particulier », a-t-elle précisé sur LCI.

Elle a par ailleurs témoigné d’une grande prudence sur le sujet en notant : « Nous regarderons les exemples qui existent, la manière dont ils peuvent être améliorés (…). Il ne s’agit pas de s’engager tête baissée dans un dispositif qui serait a priori défini pour toujours, il faut expérimenter le cas échéant avec des associations et des élus qui sont disposés à le faire ». Source