L’addition aux opioïdes: une mort prescrite ?

La dépendance aux opioïdes a provoqué la mort de 300.000 Américains en vingt ans. Aux États-Unis, un bébé naît toutes les 20 minutes, intoxiqué aux opioïdes. 

Près de 200 décès sont liés à une overdose d’opioïdes chaque jour aux États-Unis

Dépendance aux opioïdes : "Il faut informer les patients des risques", alerte un médecin (C) rawpixel

Dépendance aux opioïdes : « Il faut informer les patients des risques », alerte un médecin
Aux États-Unis, un bébé naît toutes les vingt minutes en étant intoxiqué aux opioïdes.En vingt ans, 300.000 Américains sont morts d’overdose sur ordonnance pour des maux de dos, des douleurs chroniques ou des rhumatismes. En 2017, 72.000 personnes ont perdu la vie. C’est désormais la première cause de mortalité des moins de 50 ans. Une crise sanitaire d’une ampleur sans précédent, racontée récemment par l’Obs (« Cette épidémie d’overdoses aux opioïdes qui ravage l’Amérique »), que les autorités fédérales n’ont pas su enrayer.

Depuis les années 1990, on assiste à une véritable crise sanitaire: 115 américains décèdent chaque jour d’un surdosage aux opioïdes licites ou illicites, soit plus de 17.000 décès en 2016. En France, si la situation n’est pas comparable, la consommation est néanmoins en augmentation constante depuis 10 ans. Les antalgiques non opioïdes (paracétamol, aspirine, ibuprofène, etc.) restent certes de loin les plus utilisés par les Français (78% du total), mais près de 10 millions d’entre eux ont reçu au moins une prescription d’opioïdes au cours de l’année 2015.

a France est aussi concernée par ce fléau, l’ANSM révèle qu’au moins 4 décès sont dus à une overdose d’antidouleurs chaque semaine

Ce drame sanitaire est responsable d'au moins 4 décès par semaine en France (C) rebcenter-moscow

Ce drame sanitaire est responsable d’au moins 4 décès par semaine en France
En France, si la situation reste incomparable, néanmoins, la consommation des opiodes est en augmentation constante depuis 10 ans. Les antalgiques non opioïdes (paracétamol, aspirine, ibuprofène, etc.) restent certes de loin les plus utilisés par les Français (78% du total), mais près de 10 millions d’entre eux ont reçu au moins une prescription d’opioïdes au cours de l’année 2015.

« L’ANSM observe une augmentation du mésusage, ainsi que des intoxications et des décès liés à l’utilisation des antalgiques opioïdes, qu’ils soient faibles ou forts. Cependant, la situation n’est pas comparable avec celle observée aux Etats-Unis et au Canada », indique le rapport. « En 2017, l’antalgique opioïde le plus consommé en France était le tramadol puis la codéine en association et la poudre d’opium associée au paracétamol. Viennent ensuite la morphine, premier antalgique opioïde fort, l’oxycodone, à présent pratiquement autant consommé que la morphine, puis le fentanyl transdermique et transmuqueux à action rapide ».

« Aujourd’hui, il y a plus d’overdoses chez les patients avec des douleurs chroniques que chez les consommateurs de drogue », s’alarmait dans Le Parisien Nicolas Authier, président de l’Observatoire français des médicaments antalgiques. N’importe qui peut sombrer. « Ce n’est pas une problématique spécifique des usagers de drogue. On parle ici de femmes (60 %) et d’hommes de 40, 50, 60 ans, sans antécédents de prise de drogue. Confrontés à la douleur chronique, avec pour certains des comorbidités psychiatriques, pour d’autres des problèmes familiaux ou au boulot, ils se retrouvent entraînés dans la spirale irréversible de l’addiction ».


Ben is Back, un drame américain sur la dépendance aux opioïdes

Ben is Back, un film dramatique sur l’addiction à la drogue des adolescents écrit et réalisé par Peter Hedges, sorti le 7 décembre 2018 aux États-Unis. Il est présenté au festival international du film de Toronto 2018. L’histoire relate celle de Ben, 19 ans, qui fait son retour dans sa famille à la veille de Noël, après une longue absence. Sa mère Holly (Julia Roberts) est ravie de revoir son fils, tout en redoutant qu’il ne cède à ses addictions. En effet, Ben est un ancien toxicomane. Sa mère va tout faire pour sauver son fils, quitte à mettre son mariage en péril.

Julia Roberts est incroyablement touchante en mère courage. Dans ce long-métrage, elle redonne une seconde vie à son fils. Le film rend hommage à toutes les mamans qui se battent contre la dépendance à la drogue de leurs enfants.

Le message est fort

L’addiction aux opioïdes en Amérique, concerne donc une débauche de médicaments anti-douleur tels que l’Oxycodin ou le Fentanyl, elle atteint surtout les petites villes, finit souvent par la phase ultime de la dépendance à l’héroïne, et pas un jour ne passe sans qu’un nouveau drame d’overdose n’apparaisse. C’est pour cette raison que le sujet intéresse le cinéma, plus précisément ce que cela engendre dans les familles.

“Je viens d’une famille qui a été profondément touchée par les addictions, que ce soit à l’alcool ou aux drogues. Dans ma famille, certains s’en sont sortis, d’autres pas, et d’autres encore continuent à se battre. Par ailleurs, j’ai perdu quelqu’un de proche », confie le réalisateur, qui a eu l’idée de travailler sur un film portant la souffrance et l’impact que la drogue peut avoir sur une famille. La force de « Ben is Back » est de ne jamais porter aucun jugement sur ses personnages, notamment sur Ben, qui au final est victime de lui-même.

Frappé par la toxicomanie au travers de proches, il est clair que Peter Hedges souhaitait apporter un témoignage, voire un hommage aux hommes et femmes piégés dans cet enfer, et peut-être surtout aux familles qui les soutiennent inconditionnellement tout en se méfiant d’eux comme de la peste.
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Le cannabis, un ennemi de la fertilité

Le cannabis, un ennemi de la fertilité
Pour les couples souhaitant concevoir, la consommation de cannabis n’a rien d’anodin. Elle affecte à la fois les fonctions reproductives féminine et masculine et rend la conception plus difficile.

Très souvent banalisée, la consommation de cannabis peut avoir un impact négatif sur la fertilité féminine et masculine.

Commençons par les femmes. Fumer régulièrement entraîne des perturbations du cycle et de la qualité d’ovulation. « Cela est dû non seulement au THC (la principale molécule active du cannabis) mais aussi à d’autres composants du cannabis », peut-on lire sur le site stop-cannabis.ch. « Il semble ainsi par exemple que des phytoestrogènes présents dans la fumée de cannabis interfèrent avec  les récepteurs des oestrogènes. »

En outre, selon  l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT), le cannabis « entraine un risque augmenté de kystes de l’ovaire et un risque d’infertilité pour les femmes ayant consommé du cannabis dans l’année précédant la tentative de conception ».

Du côté des hommes, les travaux vont dans le même sens. Le joint entraîne une diminution de la production de sperme, de la mobilité des spermatozoïdes et de leur durée de vie. Ainsi en 2003, une étude a montré un comportement anormal des spermatozoïdes: ils bougeaient trop vite et trop tôt. Ils avaient beaucoup moins de chances d’arriver à atteindre l’ovule et donc à féconder celui-ci.

Une conception difficile

Enfin, il a été montré que la consommation de cannabis au moment de la conception entraîne plus de risques de fausses couches et de grossesses extra-utérines. Il semble que le  THC empêche le transport et la nidation des embryons dans l’utérus. Par ailleurs, il serait néfaste lors d’une fécondation in vitro.

« Certaines de ces études doivent être confirmées », concède le site drogues-info-service.fr. « Toutefois, le principe de précaution incite les couples désireux d’avoir un enfant à cesser leur consommation de cannabis et de tabac, d’autant plus s’ils sont déjà suivis pour infertilité ou souhaitent avoir recours à la procréation médicalement assistée. »

Source

Quand un chat aime le cannabis …

Notez ses yeux à la fin de la vidéo (41 secondes)

14 Juin 2019 : « Un an après la légalisation du cannabis à usage récréatif au Canada, le gouvernement canadien a annoncé, vendredi 14 juin, que des produits comestibles à base de cannabis seront vendus dans le pays dès la mi-décembre. » Source 

«L’addiction à l’alcool est l’une des plus sévères»

INTERVIEW – Médecin addictologue et président de SOS addictions, le Dr Lowenstein rappelle pourquoi l’alcoolisme est une vraie maladie dont les risques ne doivent pas être sous-estimés.

LE FIGARO. – Plus de 3,5 millions d’alcooliques en France, tous âges et toutes catégories sociales confondus. Quel est le problème de la France vis-à-vis de l’alcool?

Dr William Lowenstein. – La France a, évidemment, du fait de sa production de vin, un lien historique et culturel avec l’alcool et ne peut pas le considérer comme une drogue. Résultat, les pouvoirs publics encouragent encore son usage et en tolèrent l’abus. Mais nous ne sommes pas une exception. Tous les pays producteurs ont le même problème: l’Allemagne ou l’Australie avec la bière, le Royaume-Uni avec le whisky, la Russie avec la vodka. D’où le résultat: une population qui ne prend pas suffisamment au sérieux les méfaits de l’alcool et des centaines de milliers de vies ruinées.

Pourtant, de nombreux Français sont confrontés à l’alcoolisme, chez un proche, un ami d’ami, ils savent que cela existe.

Entre 10 et 15 % des adultes présentent une consommation à risque ou un problème avec l’alcool. Mais dans l’imaginaire collectif, ces personnes sont faibles, n’ont pas su se contrôler, se sont laissées aller. Elles n’ont pas à embêter les 85 % qui veulent continuer à boire tranquillement, et qui n’ont pas à se priver en conséquence. Regardez, l’alcool est partout, tout le temps, dans chaque maison, pour les pots d’entreprise, les fêtes familiales, les déjeuners entre amis. Toute la société est addictogène: quand quelqu’un ne boit pas, on lui demande ce qui ne va pas.

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Il y a néanmoins ces messages de prévention en faveur d’une consommation modérée. Les gens ne peuvent pas dire qu’ils ne savent pas.

Quelle hypocrisie que ces messages! Allez, bonnes gens, consommez avec modération, mais consommez. Cela revient, de la part des autorités sanitaires, à se dédouaner des abus. A la place, il faudrait des slogans sur les ravages de l’alcool ; le nombre de cancers par an, de femmes dépendantes, de morts, de familles brisées, car c’est cela la réalité. Mais non, on préfère pacifier, sous-estimer les risques réels de cette vraie drogue. Les gens ne réalisent pas la gravité de la dépendance à l’alcool: ce chaos, cette survie douloureuse au quotidien. Je le dis, cette addiction est l’une des plus sévères qui soient avec les addictions aux amphétamines ou à la cocaïne.

Que voulez-vous dire?

Cette maladie entraîne une perte totale de contrôle vis-à-vis des autres. Aucune autre drogue, sauf la cocaïne, n’est aussi désinhibitrice, déstabilisatrice, entraînant paranoïa et violence, au point de terrifier sa propre famille. Et puis elle tue, par cancer, par maladie cardio-vasculaire ; par overdose, c’est le coma éthylique. En outre, la dépendance est terrible, plus forte que celle à l’héroïne. On se réveille la nuit pour boire, et un sevrage trop brutal entraîne des souffrances neuronales, des délires, des crises d’épilepsie qui peuvent être fatales. Enfin, la rémission est très difficile car le quotidien est envahi par l’alcool, contrairement aux autres drogues dures difficiles d’accès.

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L’alcoolisme est reconnu comme une vraie maladie. Cela n’a pas toujours été le cas…

En effet, pendant des années, le problème de l’alcool était celui des psychanalystes, on recherchait ce qui n’avait pas tourné rond dans l’enfance, on faisait le point sur des souvenirs douloureux. Il fallait à tout prix trouver une explication, et la seule solution était l’abstinence. C’était au patient de se guérir lui-même, une question de volonté. Heureusement, les progrès en neurosciences permettent de faire le ménage dans ces vieilles croyances. L’alcoolisme est bien une maladie fonctionnelle liée à des perturbations neuronales en raison d’une surexposition à l’alcool. Demander à une personne dépendante de faire preuve de volonté revient à demander à une malade d’Alzheimer de faire des efforts de mémoire!

Qu’est-ce qui peut faire changer le rapport à l’alcool: des lois?

Ah, si seulement les politiques luttaient contre l’abus d’alcool avec la même efficacité que contre l’insécurité routière… Ce n’est pas seulement 100 à 200 vies par an qu’on sauverait grâce à la limitation de vitesse à 80 km/h, mais des milliers. Je rappelle que l’alcool, c’est plus de 40 000 morts en 2015 en France, dont la moitié liée à la consommation de vin. Seulement voilà, il n’y a ni volonté ni intelligence politique. Par pression des lobbys, par clientélisme, par attachement à leurs origines et au territoire, les parlementaires sont en plein déni et se montrent même cyniques en la matière en défendant ardemment le vin. Quant aux lois votées, elles ne sont pas appliquées. N’importe quel jeune de moins de 18 ans peut se procurer de l’alcool sans avoir à montrer de pièce d’identité.

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C’est donc sans espoir!

Bien sûr que non, on ne peut pas rêver d’un grand chamboulement, mais on peut trouver des axes qui changeront progressivement la vision des choses. Celui de la femme enceinte est un bon exemple. A peu près tout le monde respecte la future mère qui écarte tout danger pour son enfant en refusant une goutte d’alcool. Avec cette sensibilisation accrue, j’espère que les personnes s’interrogent sur les effets de l’alcool sur elles-mêmes et comprennent qu’il faut s’en préserver. Il faut épargner nos enfants et retarder le plus possible l’âge du premier usage, et surtout des premiers abus. L’âge précoce d’initiation est directement associé au risque de dépendance. Enfin, une autre piste intéressante vise à apprendre aux individus à quantifier la consommation à risque. Quand un proche consomme plus de dix verres par semaine, qu’il ne peut s’empêcher de boire pendant un jour ou deux, et qu’il vit dans le déni, le risque de dérive est grand…

Au fond, faudrait-il interdire l’alcool, ou au moins le diaboliser pour en faire comprendre les risques?

Non, diaboliser l’alcool serait aussi peu intéressant et aussi ridicule que le fait de sous-estimer ses méfaits comme le font les politiques. L’alcool a une fonction initiale bénéfique. Mais sa consommation devrait rester occasionnelle, avec une prise de conscience massive du danger qu’il représente pour la santé et la liberté de chacun.

Source

Cannabis, cocaïne, ecstasy: les Français consomment-ils plus que leurs voisins européens?

Deux personnes fumant du cannabis. (Illustration)

Un ami nous a quitté

C’est avec une grande tristesse que nous avons appris le décès de notre éminent collègue et excellent ami, le docteur André Fabre, survenu à Créteil le 27 Mai 2019, à l’hôpital intercommunal (CHIC) où il a longtemps exercé.

Pédiatre de renom, formé aux écoles française et américaine, il s’est investi rapidement dans la protection des adolescents  par la lutte contre les drogues : il a été un pilier du CNPERT et un correspondant actif de notre blog  dés sa création.

Passionné d’informatique, il a largement développé l’utilisation des dossiers informatisés des patients et la mise en place du PMSI dans notre hôpital. Cette compétence lui a valu de développer la cellule informatique de l’Académie nationale de médecine.

La cérémonie religieuse sera célébrée le mardi 11Juin à l’Eglise suédoise (9 rue Médéric à Paris 17e), l’inhumation aura lieu en Suéde le 14 Juin au cimetière de Karaby.

A son épouse, Britt-Marie, à ses enfants et ses petits enfants, nous adressons nos sentiments de vive sympathie. Nous perdons un ami fidèle, présent dans tous les combats, qui a apporté compétence et fougue à la défense de nos convictions. Il est et reste présent parmi nous, nous ne l’oublierons pas.

Pr. Jean-Paul Tillement

En deux ans, 1,6 million de fumeurs en moins en France

INFOGRAPHIE – Il faudra encore attendre dix ou quinze ans pour observer une inversion de la courbe de mortalité.

1,6 million de fumeurs en moins, en à peine deux ans: le recul spectaculaire du tabagisme en France se confirme en 2018, selon le dernier Baromètre santé publié mardi 28 mai. Pour la deuxième année consécutive, l’enquête met en évidence une diminution du nombre de fumeurs quotidiens âgés de 18 à 75 ans. «L’ampleur de la baisse sur deux ans, de l’ordre de 12 %, est sans précédent: elle traduit non seulement un arrêt du tabac chez des fumeurs mais aussi une réduction du nombre de jeunes qui entrent dans le tabagisme», se réjouit François Bourdillon, le directeur général de Santé publique France qui voit dans ces résultats «un grand succès».

En 2018, 32% des Français adultes consommaient du tabac: 25,4 % quotidiennement (en chute de 1,5 points par rapport à 2017) et 6,6 % de manière occasionnelle. Ils ont aussi allumé moins de cigarettes – 15 par jour en moyenne. La cigarette électronique, de plus en plus utilisée pour arrêter de fumer, est devenue le premier outil d’aide au sevrage. 3,8 % des Français vapotent au quotidien en 2018, contre 2,7 % un an plus tôt. La moitié d’entre eux sont des anciens fumeurs.

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«L’instauration du paquet sans logo a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes»

Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT)

Cette baisse (moins importante qu’en 2017) est «la preuve qu’une politique cohérente et énergique a des effets sur la santé publique», salue Amélie Eschenbrenner, chargée de communication au Comité national contre le tabagisme (CNCT). Après des années d’attentisme, les autorités sanitaires ont pris le taureau par les cornes en 2016. La baisse actuelle est, selon les experts, la conséquence de l’arsenal de mesures antitabac mises en œuvre depuis lors: augmentation régulière des prix, mise en place du paquet neutre, remboursement des substituts nicotiniques (patchs, gommes) comme des médicaments ou encore, lancement d’une opération d’incitation à l’arrêt, le «Mois sans tabac». Sa dernière édition en novembre 2018 a connu un succès important, avec 250.000 inscrits. «Cet événement, ainsi que l’instauration du paquet sans logo, a contribué à rendre la cigarette moins attrayante, notamment auprès des jeunes», affirme Amélie Eschenbrenner. En 2017, l’enquête Escapad menée chez les mineurs de 17 ans avait déjà montré une baisse du tabagisme dans ce public.

Le dernier Baromètre santé, réalisé par téléphone auprès de 9000 personnes, comporte cependant plusieurs points noirs. Les chercheurs remarquent l’impact des inégalités sociales qui restent très marquées, même si elles ont tendance à s’atténuer. Ainsi 19,4 % des Français ayant au moins le bac fument quotidiennement, contre 28,2 % des non-diplômés.

De plus en plus de fumeuses

Par ailleurs la prévalence du tabagisme dans notre pays est toujours l’une des plus élevées en Europe, notamment chez les femmes. Avec 11,5 millions de fumeurs quotidiens en 2018, la France est encore loin des pays ayant imposé des politiques offensives de plus longue date, à l’instar des États-Unis et de l’Australie qui comptent aujourd’hui moins de 15 % de fumeurs.

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Selon François Bourdillon, «les effets de cette baisse de consommation sur la mortalité ne se feront de toute façon pas sentir avant dix ou quinze ans». On estime à 75.000 le nombre de morts attribuables en 2015 au tabagisme, à la suite de cancers, de maladies cardiovasculaires ou de pathologies respiratoires. Cela correspond à 13 % des décès survenus en France métropolitaine. Depuis quinze ans, ce décompte augmente de 5 % chez les femmes chaque année en moyenne. Conséquence visible avec retard de leur entrée dans le tabagisme dans les années 1960 et 1970.

La tendance à la baisse va-t-elle se poursuivre? Le CNCT se dit confiant : «L’objectif de la première génération sans tabac en 2032, c’est-à-dire moins de 5 % de fumeurs chez les jeunes majeurs nés en 2014, est accessible.» En 2020, le prix du paquet de cigarettes coûtera 10 euros.

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