Recherche

C.N.P.E.R.T.

Centre National de Prévention, d Etudes et de Recherches en Toxicomanies

Mois

mars 2021

“Cash Investigation” « Alcool : les stratégies pour nous faire boire », jeudi 1er avril sur France 2

Jeudi 1er avril à 21:05, Elise Lucet présentera sur France 2 un nouveau numéro du magazine “Cash Investigation” qui sera consacré à l’alcool et aux stratégie pour nous en faire boire.

S’attabler à une terrasse de café pour boire un petit verre, beaucoup d’entre nous en rêvent !

Pourtant l’épidémie de la Covid 19 n’a pas fait baisser notre consommation d’alcool. Les ventes en ligne ont augmenté de 40 % en 2020. Une aubaine pour les fabricants et notamment notre champion français, le groupe Pernod-Ricard qui, avec ses 32 marques, réalise en 2020 un chiffre d’affaires de plus de 8 milliards d’euros.

Plusieurs anciens commerciaux de la marque Ricard se sont confiés à LIRE LA SUITE

Combien de temps faut-il pour se sevrer de l’alcool ?

Par Marie Desange -19 mars 2021

Lorsqu’une personne est dépendante de l’alcool, ne pas boire est un vrai défi. Une désintoxication à l’alcool se produit lorsqu’une personne cesse de boire et que l’alcool commence à quitter son organisme. Mais combien de temps dure le processus de désintoxication ?

Pendant le sevrage, on peut développer plusieurs symptômes . Dans certains cas, les symptômes peuvent mettre la vie en danger. Lorsqu’une personne est prête à arrêter de boire, elle doit envisager de demander une aide professionnelle pour réduire l’intensité des symptômes. Nous abordons également les signes de dépendance, certains symptômes de sevrage auxquels une personne peut s’attendre lors d’une désintoxication, et la façon de traiter ces symptômes.

Combien de temps cela prend-il pour se sevrer de l’alcool?

Les symptômes de sevrage alcoolique de stade 1 peuvent inclure l’anxiété, l’insomnie et les nausées.
La désintoxication initiale prend environ une semaine. Cependant, une personne peut trouver que ses symptômes continuent pendant plus longtemps. Dans la plupart des cas, on peut s’attendre à la chronologie suivante :

Environ 8 heures après le dernier verre, la phase initiale des symptômes de sevrage commence.
– Après environ 24 à 72 heures, les symptômes atteignent généralement leur maximum.
– environ 5 à 7 jours après , les symptômes peuvent diminuer en intensité.
– Après la première semaine, certains effets secondaires, en particulier les effets psychologiques, peuvent persister.

Symptômes de sevrage

Les symptômes de sevrage de l’alcool se produisent généralement en trois étapes :

Phase 1 : Les premiers symptômes, qui comprennent les nausées, l’anxiété, l’insomnie et les douleurs abdominales, ont tendance à apparaître dans les 8 heures suivant le dernier verre.
Étape 2 : Les symptômes peuvent inclure l’hypertension artérielle, une augmentation de la température corporelle, un rythme cardiaque anormal et la confusion. Ces symptômes commencent généralement 24 à 72 heures après le dernier verre.
Stade 3 : Les symptômes commencent généralement 2 à 4 jours après le dernier verre et peuvent inclure de la fièvre, des crises, des hallucinations et de l’agitation.
Au fur et à mesure que l’alcool quitte l’organisme, la personne devrait commencer à remarquer une diminution des symptômes. La plupart des gens ont tendance à constater une réduction des symptômes dans les 5 à 7 jours.

En plus des symptômes physiques, une personne ressentira probablement des effets secondaires psychologiques, comme des envies d’alcool ou de l’anxiété. Enfin, il est important de noter que, dans certains cas, le sevrage alcoolique peut entraîner des symptômes mettant la vie en danger. Une personne en sevrage peut souffrir du syndrome de sevrage alcoolique, qu’elle ait bu pendant des semaines, des mois ou des années.

Le syndrome de sevrage peut être dangereux, en particulier si la personne souffre d’hallucinations ou de crises graves. C’est pourquoi il est conseillé de se rendre dans un centre de désintoxication, où le personnel peut aider à surveiller l’aggravation des symptômes.

Traitement lors du sevrage

Lorsque la désintoxication a lieu dans un centre médical, les professionnels de la santé utilisent souvent des médicaments pour traiter les symptômes du sevrage. Les médecins peuvent prescrire des benzodiazépines pour gérer les crises et autres symptômes de sevrage de l’alcool.

Dans un centre de désintoxication, l’équipe soignante surveillera la température corporelle, la pression sanguine et la respiration de la personne. En amont,  une personne peut choisir de réduire progressivement sa consommation d’alcool sur plusieurs semaines. Dans ce cas, la personne doit travailler avec un médecin pour élaborer un programme qu’elle peut suivre en toute sécurité pour réduire sa dépendance.

Si une personne se désintoxique lentement, elle peut être en mesure d’éviter les symptômes du sevrage alcoolique. Un médecin peut également recommander certains changements alimentaires ou des suppléments, comme les vitamines B-1 (thiamine) et B-9 (acide folique), pour aider l’organisme à faire face à la diminution de la consommation d’alcool.

Signes de la dépendance à l’alcool

Comme pour les autres dépendances, la dépendance à l’alcool peut avoir des effets négatifs sur la vie d’une personne.

Les signes de la dépendance à l’alcool varient d’une personne à l’autre, mais ils peuvent inclure les éléments suivants:

– boire en cachette ou seul
– perte de mémoire à court terme
– se trouver des excuses pour boire, par exemple en disant que c’est pour gérer le stress ou pour se détendre
– irritabilité
– des sautes d’humeur extrêmes
– changer d’apparence ou d’amis
– préférer la boisson aux obligations ou aux responsabilités
– sensation de gueule de bois, même si vous ne buvez pas
– isolement des amis et des membres de la famille

Tout le monde peut développer un trouble lié à l’alcool. Il est important de demander de l’aide si l’on pense que l’on devient dépendant de l’alcool.

Quand demander de l’aide

On doit chercher de l’aide si on remarque que soi-même ou un de ses proches présente des symptômes de trouble de la consommation d’alcool. Demander de l’aide peut être un défi pour la personne qui lutte contre la dépendance. Les proches et les amis peuvent aider en faisant savoir à la personne qu’elle n’est pas seule dans sa lutte.

Si vous avez des doutes sur votre lien à l’alcool, répondez à ces quelques questions:

– Avez-vous déjà eu l’impression que vous devriez réduire votre consommation d’alcool ?
– Les gens vous ont-ils agacé en critiquant votre consommation d’alcool ?
– Vous êtes-vous déjà senti mal ou coupable de votre consommation d’alcool ?
– Avez-vous déjà pris un verre le matin pour vous calmer ou pour surmonter une gueule de bois ?

Si vous répondez « oui » à l’une de ces questions. Dîtes le vous bien, c’est l’heure de vous faire aider.

Dans la plupart des cas, il faut environ une semaine pour se désintoxiquer de l’alcool. Une personne peut parfois devenir dépendante de l’alcool en quelques semaines, mais dans d’autres cas, cela peut prendre plusieurs années. Lorsqu’une personne décide d’arrêter de boire, elle doit envisager de demander une aide professionnelle. Cette aide peut prendre la forme d’une cure de désintoxication ou de l’aide de votre médecin traitant pour réduire progressivement votre consommation d’alcool pendant quelques semaines.

Source

EXCLUSIF. Alcool et tabac sont les addictions qui ont le plus augmenté depuis un an

Si les addictions des Français semblent globalement maîtrisées après un an de pandémie, de fortes disparités apparaissent entre les tranches d’âge et les régions, selon un sondage YouGov en partenariat avec « l’Obs ».

Par M. F.Publié le 17 mars 2021

Après un an de pandémie, deux confinements et plusieurs périodes de couvre-feu, « l’Obs » s’est interrogé sur le rapport des Français à leurs addictions. Si ces dernières ont augmenté pour 14 % des Français, selon notre sondage en partenariat avec YouGov, elles n’ont malgré tout pas connu l’explosion redoutée. Une nuance toutefois : le sondage porte sur l’état des addictions après un an de pandémie, et ne prend pas en compte les disparités qui ont pu exister d’une période de confinement à une autre. Il montre par ailleurs qu’existent des disparités, aussi bien générationnelles que régionales.« Les risques d’addictions augmentent avec le confinement »

Ainsi, la consommation de tabac. Si 15 % des personnes interrogées n’ont pas l’impression d’avoir augmenté leur consommation en un an, 11 % ont vu cette dernière augmenter et 6 % diminuer. En d’autres termes, quand certains ont profité de cette période pour arrêter de fumer, d’autres n’ont pas compté leurs cigarettes.

Concernant l’alcool, 15 % des Français ont diminué leur consommation depuis un an. Un chiffre supérieur à ceux l’ayant augmentée (13 %). Elle reste toutefois stable pour 32 % des sondés. L’« effet apéro », moment où la contamination peut être maximale, a donc bien été contré.

Les Français confiant dans la maîtrise de leurs addictions à l’avenir

Pour les produits stupéfiants (cannabis, cocaïne, LSD, etc.), si 9 Français sur 10 (89 %) déclarent ne pas en consommer, 2 % ont constaté une hausse de leur consommation, et 3 % une baisse. Pour 4 %, celle-ci n’a pas évolué.Covid et addictions : « Trop de gens ont perdu le contrôle de leur consommation d’écrans ! »

Dans l’ensemble, 14 % des Français interrogés estiment que leurs addictions (tabac, alcool, jeux d’argent, stupéfiants) ont globalement augmenté depuis le début de la pandémie, tandis que 31 % pensent qu’elles sont restées stables. Elles ont même diminué pour 7 % d’entre eux. En outre, 66 % des personnes interrogées sont confiantes dans la maîtrise de leur addiction et ne redoutent pas une augmentation de celle-ci dans les mois à venir, contre 30 % des Français qui le craignent.

Une hausse le plus souvent observée chez les jeunes

Le sondage YouGov montre par ailleurs des disparités régionales. Ainsi, 19 % des habitants du Nord-Ouest de la France ont le sentiment que leurs addictions ont augmenté, contre seulement 10 % en région parisienne.

C’est également parmi les « CSP- » (employés, ouvriers non qualifiés) qu’une hausse des addictions se fait le plus ressentir : 18 % des interrogés ont ce sentiment, contre 15 % des CSP + et 10 % des inactifs.Ce 17 mars, secrètement peut-être, je fêterai le confinement

Enfin, la tranche des 18-24 ans est celle qui a le plus tendance à voir une augmentation de sa consommation d’alcool (19 %, contre 18 % observant une baisse), de stupéfiants (9 %), de tabac (18 %) et de jeux comme les paris sportifs (9 %, contre 13 % de baisse). A l’inverse, les 55 ans et plus sont les moins concernés par ce sentiment d’augmentation.

Sondage réalisé en ligne du 15 au 16 mars 2021 en France sur un échantillon de 1 004 personnes de plus de 18 ans représentatives de la population française. Données pondérées pour être représentatives des adultes français.

En raison des arrondis, la somme des pourcentages n’est pas égale à 100 % dans certains cas.

Consommation de cannabis :

L’amende forfaitaire n’a rien changé Source Ouest France

Pourquoi le cannabis récréatif est plus dangereux à l’adolescence

Par le Professeur Jean Pierre Goullé

Toxicologue, Membre des Académies Nationales de Pharmacie et de Médecine (Le Figaro 15 Mars 2021)

Piste noire

Docteur Alexis Demas, Centre hospitalier Jacques Monod, le Havre

Aucune drogue n’est douce. N’est doux que le préjugé qu’on lui attribue. Et comme nombre de préjugé, cette première impression que l’on considère comme une vérité, peut s’avérer erroné car reposant sur un jugement personnel, tronqué et truqué. Cent millions d’européens, l’équivalent du quart de la population adulte, ont déjà consommé une drogue illicite au moins une fois dans leur vie. Parmi les produits les plus consommés le cannabis reste de loin la drogue la plus consommée en Europe 1, tant dans les pays où sa consommation est interdite que dans ceux où elle est tolérée voire légale. Les enquêtes épidémiologiques relèvent des signes d’augmentation constant de la consommation et du trafic de cocaïne. 2 Ainsi, les saisies dans l’Union européenne atteignent des niveaux records. Cent quarante tonnes de cocaïne ont été saisies en 2017, soit le double de la quantité captée par les autorités en 2016. Le 12 février 2021 la plus grosse saisie de cocaïne en Europe, 23 tonnes, a été réalisée dans des conteneurs dans les ports de Hambourg et Anvers, représentant un « butin » de plusieurs milliards d’euros.

Ces chiffres vertigineux ne sont qu’une goutte dans l’étendue réelle des trafics de stupéfiants qui vampirisent nos sociétés. L’ecstasy (MDMA), les amphétamines et autres drogues de synthèse, substances  principalement consommées dans des contextes festifs (rave party) sont désormais accessibles à large échelle et à des coûts moindres. Face à ce constat, et malgré la politique répressive actuelle de la France en matière de cannabis, certains élus français proposent la non pénalisation voire la légalisation de sa consommation, arguant les recettes issues de son contrôle et la maîtrise de sa commercialisation. Une consultation citoyenne vient d’ailleurs d’être lancée à leur initiative. Quid de cette proposition ?

Plusieurs exemples de pays occidentaux l’ayant dépénalisé nous permettent d’avoir des données solides sur les différents effets d’une telle mesure. En Europe, les Pays-Bas sont admirés par certains pour ses lois libérales sur les drogues. Le pays a en effet réglementé mais non légalisé l’usage et la revente du cannabis en 1976. L’explosion du commerce des coffee-shops avec la commercialisation du cannabis mais également d’autres substances psycho-actives (champignons hallucinogènes, peyotl …) permet ainsi à la population d’expérimenter de nouvelles expériences sensorielles et ce de façon encadrée. A quel coût ?

La commercialisation des champignons a été interdite en 2008 suite au suicide d’une adolescente de 17 ans en ayant consommé. L’accès à ces substances, voire l’incitation paradoxale à leur consommation a également développé de multiples poly-toxicomanies (cocaïne, amphétamines, antalgiques). Les coûts psycho-sociaux (troubles cognitifs, pathologies psychotiques type schizophrénie, trouble anxieux, agressions, accidents de la route) sont difficiles à estimer. L’ampleur de cette lame de fond toxique ayant abouti à une sorte de fatalisme sociétal, l’imputabilité des toxiques dans la survenue de pathologies somatiques ou psychiatriques ne semblent plus relevée. Pourtant, nous possédons d’autres exemples de pays occidentaux ayant récemment dépénalisé le cannabis. Ainsi, le Canada et l’état du Colorado l’ont légalisé en 2018.

Concernant le Canada 2 ans après sa commercialisation les données sont mitigées, certes le taux de consommateurs déclarés n’a augmenté « que » de 2 %, mais les revenus attendus sont moindres qu’escomptés et le marché noir continue de se développer. Pour le Colorado, les données issues d’une étude récente avec une méthodologie rigoureuse sont édifiantes. 3 Ainsi, si on ne retrouve pas de données hollandaises quant à une association entre risques médicaux et consommation de cannabis, cette étude révèle quant à elle une augmentation significative du risque d’épisodes psychotiques induits voire de schizophrénie après sa légalisation, avec de plus une corrélation sur l’importance de la consommation.

Une source de biais sur la pensée de l’innocuité de la légalisation du cannabis provient des usages thérapeutiques qui lui sont associés. Ces derniers sont connus depuis 4000 ans (Chine, Inde). Ses effets pharmacologiques proviennent de la modulation de certains neuromédiateurs et d’activation de différents circuits neuronaux. Plusieurs cadres thérapeutiques sont actuellement à l’étude (épilepsie, spasticité de la sclérose en plaque, syndromes douloureux chroniques pharmaco-résistants). La distribution de produits issus de laboratoires pharmaceutiques est attendue dans les prochaines années dans des indications qui sont actuellement dans une impasse thérapeutique, dans des cadres de prescriptions établis. Il faut d’emblée souligner que ces produits sont issus d’un processus de fabrication rigoureux et contrôlé, à l’instar de divers produits vendus sous le manteau dont l’analyse révèle l’ajout de multiples substances (sable, microbilles de verre ou de plomb) pour alourdir le produit et la transaction. Un autre biais sur l’innocuité du cannabis repose sur l’évolution culturelle de la pratique de la drogue.

Des drogues dures sont historiquement associées à des artistes et à des créations prodigieuses. Ainsi, un bateau ivre n’a-t-il pas été écrit sous l’influence de l’absinthe ? Plus récemment la chanson Heroin du Velvet Undergound de Lou Reed (1964), les compositions des Rolling Stones ou des Beatles ont été composées sous les effets de multiples toxiques (LSD, héroïne, cocaïne). Ces consommations étaient sacralisées, mais sanctuarisées à des populations d’artiste. Leur trafic était rattaché à un volume de population ciblée et faible, de plus les multiples effets délétères (overdose, polytoxicomanies, VIH) les éloignaient d’un public large. Désormais, ces drogues dures se sont vues dépassées par l’essor de drogues dites douces avec notamment le cannabis. Cette évolution culturelle de la drogue a glissé d’un marché fermé à un volume de consommateurs toujours plus importants car bénéficiant de produits largement disponibles, moins chers, et réputés moins dangereux.

L’évolution culturelle reste une facette d’une évolution sociétale, dont l’exhaustivité des paramètres est impossible à délimiter. Cependant, les individus la composant se sont également modifiés. Ainsi, le QI des sociétés modernes occidentales régresse. En France on a assisté à une perte de 4 points de QI en 10 ans (période de 1999 à 2009), alors que paradoxalement l’explosion de l’accès à l’information a été rendue possible grâce à internet. En 1990 le temps d’écran (télévision) était de 3 heures par jour, associant l’exposition à des multiples contenus informatifs et la publicité. Le fameux « temps de cerveau humain disponible » selon l’expression employée en 2004 par Patrick Le Lay, alors président du groupe TF1. Cette déclaration avait provoqué une levée de boucliers, arguant qu’il était honteux d’assimiler l’individu à un consommateur, convertible, en puissance. Pourtant où en sommes-nous 15 ans plus tard ?

L’époque actuelle avec le développement des smartphones et des réseaux sociaux nous amène à un temps quotidien sur nos téléphones de 3 heures, sans compter le temps d’exposition à la télévision. Les contenus disponibles dans la vie numérique sont variés, peu contrôlés, parfois délurés et avec un accès frénétique à n’importe quel domaine. La moindre minute inoccupée se voit comblée d’un rapide passage sur le smartphone à la recherche avide d’un nouveau message, mail ou notification, pourvoyeur d’une synthèse de dopamine et d’une réassurance. Tout est basé sur l’immédiateté, la facilité, le plaisir, devant amener à un hédonisme sans contraintes ni limites. Pourtant, ces contenus peu contrôlés vendent bien plus que des produits commerciaux, ils donnent des incitations à des comportements. Que dire du rôle des influenceurs ? Personnalités numériques éphémères rémunérées pour initier des modes? Que dire des vidéos de jeunes étudiants se filmant en train de consommer du protoxyde d’azote ?

Ce phénomène en phase exponentielle étant associé à la mort et à des séquelles neurologiques parfois invalidantes chez des patients jeunes. Internet peut désormais se voir comme le « démocratiseur » et le catalyseur de l’exposition aux drogues. Il existe un silence assourdissant sur ce phénomène. Faut-il y voir une forme de fatalisme ? La colère et l’indignation de 2004 semblent remplacées par la léthargie, l’hébétude, l’absence de critique. L’époque actuelle et à venir annonce un mal sociologique profond notamment pour les jeunes en phase de construction identitaire, oscillant entre un ressenti numérique trépidant mais une vie non épanouissante. De plus dans le contexte générationnel actuel ne pas appartenir ou suivre un mouvement réputé comme tendance peut être un facteur d’exclusion. Dans cette toile de fond de la popularité numérique, le moindre faux-pas pourrait écorner l’image virtuelle de sa représentation.

Cette bascule culturelle fait vaciller les certitudes sociologiques et la construction de l’individu. La transhumance moderne de l’humain est en marche, de l’homme social à l’esclave numérique. La soumission du temps de cerveau disponible amène à sa manipulation, au contrôle des comportements de l’individu et la perte de son altérité. Cette dérégulation massive d’un marché cognitif en déclin doit être corrigée. Dans ce sillage proposer la légalisation du cannabis en France amène à mettre de l’huile sur un feu déjà hors de contrôle, tant sur les comportements incitatifs que sur les risques cognitifs et psychiatriques, faisant craindre une explosion de problématiques psycho-sociales.  

Si la peur n’évite pas le danger, la légalisation évite-elle le risque ? Certains diront que le feu étant déjà hors de contrôle, l’alimenter reviendrait à (l’illusion de) le maitriser. Reprenons les éléments des pays l’ayant légalisé. Les risques médicaux ont été développés, intéressons-nous maintenant aux dommages collatéraux sociétaux. De nombreux propriétaires de coffee-shops aux Pays-Bas ont un casier judiciaire. 4 Les marchés des drogues dites douces et dures ne sont pas séparés. Il existe un continuum, alimenté par des réseaux et des trafics. La légalisation rapprochera des frontières déjà poreuses, avec les risques de développer de façon exponentielle l’accès à d’autres produits – restant illicites. Il s’agit donc des deux faces d’un même monde, l’une reluisante car légale, l’autre cachée mais indissociable. Un argument redondant prétend que la légalisation empêchera le trafic. Ce dernier sera décalé et amplifié sur d’autres supports de drogues. La légalisation du cannabis aura une influence paradoxale sur la consommation d’autres toxiques à savoir l’incitation à l’usage d’autres drogues (à quoi bon braver ce qui n’est pas interdit?). Le continuum de l’utilisation des drogues sera donc décalé.

Une anticipation de la banalisation de la consommation de cocaïne est à craindre, et des risques associés (sanitaires, médico-psychiatriques, prises de risques, accidents …). La consommation de cette dernière s’étant déjà grandement banalisée ces 10 dernières années notamment par les trafics et les réseaux de mafias et sa baisse de prix, le pire est à attendre. L’exemple récent de l’augmentation de la consommation de la cocaïne ou des amphétamines en Europe est un bon reflet du paysage masqué des consommations qui échappent aux législateurs. L’accroissement de l’offre de la cocaïne dans l’Union européenne est associé à une hausse du nombre de problème de santé. Un rapport européen précise que le nombre de patients entamant un premier traitement pour un problème d’addiction lié à la cocaïne a augmenté de 37 % entre 2014 et 2017. Le trafic favorise et amplifie sa consommation. Faudra-t-il légaliser la cocaïne après le cannabis ? Le contrôle de la production et du commerce de drogues est donc illusoire.

De plus avec le développement du darkweb des pans entiers du trafic de drogues restent inconnus. Pour revenir sur la consultation citoyenne, cette dernière s’inscrit dans une situation sanitaire exceptionnelle liée à la pandémie de Covid19, marquée par un fort retentissement anxieux de la part de la population. Les psychiatres sont d’ailleurs en première ligne pour alerter sur ces symptômes voire  sur des états dépressifs compliquant ce contexte. Le risque de se tourner vers ce type de consommation et le risque d’addiction qui lui est associé constitue donc une erreur en terme de timing (et une aubaine pour ceux la souhaitant car ils martèleront qu’il faut justement pouvoir bénéficier de ces « vertus » anxiolytiques) pour une réflexion globale et émotionnellement neutre.  

La période de la Prohibition (1920 – 1932) est également régulièrement avancée comme argument en faveur d’une légalisation, l’interdiction d’un produit étant associée à une demande accrue. Il est vrai que cette période a été le catalyseur de la mafia moderne aux Etats-Unis grâce au trafic d’alcool. L’idée générale est qu’en interdisant on amplifie un besoin. Mais il existe là encore un aspect culturel. La consommation d’alcool dans les pays occidentaux est admise notamment de façon historique à travers le vin. Il faut envisager des modèles d’autres pays avec des cultures différents, accepteraient-il de diffuser de nouveaux toxiques à leur population ? Une société occidentale doit-elle être considérée comme un laboratoire d’expériences toxicologiques ? La législation en faveur du cannabis était annoncée comme un moyen de maîtrise des trafics de stupéfiants, l’expérience des Pays-Bas s’apparente à un effet Pygmalion inversé, et à une nouvelle brèche sur une toile sociologique fragile.

La réflexion sur l’évolution et le développement de nos sociétés modernes est indispensable. Phillip K Dick dans son œuvre Blade Runner pressentait déjà la modulation artificielle de nos humeurs, grâce à un système de stimulation cérébrale profonde. Ce roman de science-fiction ne serait pas plutôt d’anticipation ? Une société artificiellement apaisée est-elle une société épanouie ? La tendance dominante actuelle dite de la « réduction des risques » n’amène pas de solution, au contraire elle crée une gangue féconde, où le sentiment d’impunité à la loi est fort, avec un accès facile à d’autres toxiques. Certains y verront l’opportunité d’entretenir et manipuler l’erreur humaine. Le plus pertinent reste de mettre du sens. Le public jeune (adolescents, étudiants, jeunes adultes) constitue un groupe cible important pour de nombreuses interventions en matière de drogues.

Il est étonnant et même paradoxal qu’actuellement ces mesures aillent dans le sens d’une incitation que d’une prévention. La banalisation de cette consommation sur les réseaux sociaux impose de revoir le contrôle de la diffusion de ces contenus. Un plan gouvernemental dit des 1000 premiers jours, centré autours du développement du nouveau-né, est en cours de rédaction. L’impact du cannabis par des mécanismes épigénétiques est décrit sur le développement cérébral du fœtus d’où l’importance d’en prévenir la population. Des mesures fortes sont nécessaires. Le citoyen a un rôle actif à endosser face à la passivité entretenue.

Compte-tenu de ces éléments, la légalisation du cannabis ressemble à un opportunisme malsain ou à une candeur déplacée. Une société moderne se doit de protéger sa population par l’information. La prévention permet d’éviter de créer de la toxicomanie. Encore faut il que les instances décisionnelles usent de leur rôle régulateur. Ce coût symbolique et social n’a pas de prix. La santé est un bien commun, la protéger une priorité collective. 

Références :

  1. Monshower et al – 2005
  2. Rapport européen sur les drogues 2019
  3. Legalized Cannabis in Colorado Emergency Departments: A Cautionary Review of Negative Health and Safety Effects. Brad A. Roberts, MD. West J Emerg Med. 2019 Jul; 20(4): 557–572).
  4. Snippe et al 2005

Lettre du CNPERT Mars 2021

Alcool, tabac, cannabis… Où en est la consommation des jeunes Français ?

Lancé en 1995 en Europe, et en 1999 en France, l’European School Project on Alcohol and other Drugs (ESPAD) constitue la plus grande base de données statistiques validées sur une longue période. Tous les quatre ans, au même moment et avec le même protocole dans une quarantaine de pays européens (35 en 2019), ce projet évalue les usages de drogues chez les jeunes.

Pour sa septième édition, il s’est appuyé, côté français, sur l’enquête nationale (EnCLASS), menée auprès de l’ensemble des élèves du secondaire.

Au total, en 2019, près de 100 000 adolescents européens âgés de 16 ans ont rempli en classe des questionnaires anonymes. Que nous apprennent leurs réponses ?

L’alcool chez les jeunes : dans la moyenne européenne

À seize ans, 80 % des jeunes Français (80 % des garçons et 79 % des filles) ont déjà expérimenté une première fois l’alcool. Par ailleurs, plus de la moitié en ont consommé lors des 30 derniers jours (54 % contre 52 %). Enfin, un gros tiers (34 %) ont bu au cours du mois passé au moins 5 verres en une seule occasion. On parle d’« alcoolisations ponctuelles importantes », ou API. Celles-ci concernent 36 % des garçons et 32 % des filles.

Ces chiffres n’ont pas changé de manière significative par rapport à 2015, exceptés en ce qui concerne les alcoolisations ponctuelles importantes : elles touchaient alors 27 % des filles. Ils sont dans l’ensemble comparables avec les données obtenues dans les autres pays d’Europe.

S’agissant de l’expérimentation de l’alcool, les jeunes Français se situent dans la moyenne : 79 % des jeunes Européens enquêtés ont déjà bu une boisson alcoolique.

Les chiffres les plus faibles sont ceux du Kosovo (29 %), de l’Islande (37 %) et de la Norvège (53 %), et les plus élevés sont ceux de la Tchéquie (95 %).


À lire aussi : « French paradox » : une consommation modérée d’alcool n’a pas d’effet protecteur


En ce qui concerne la consommation récente, c’est-à-dire au cours des 30 derniers jours, les jeunes Français sont au-dessus de la moyenne européenne, qui s’établit à 47 %. Cela vaut pour les garçons (54 % contre 47 % en moyenne au niveau européen) comme pour les filles (52 % contre 46 %). Dans ce domaine, ce sont l’Autriche (63 %), l’Allemagne (65 %) et le Danemark (74 %) qui arrivent en tête, alors que la Suède (25 %), l’Islande (11 %), et le Kosovo (10 %) occupent les dernières places.

Enfin, pour les alcoolisations ponctuelles importantes à 16 ans, la France est dans la moyenne européenne (34 %), loin derrière les pays en tête de classement – Danemark (59 %), l’Allemagne (54 %) et l’Autriche (49 %) – mais bien au-delà des derniers – Norvège (16 %), Kosovo (14 %) et Islande (8 %).

Une tendance à la baisse

Côté évolution temporelle, à partir de 2003, l’ensemble des pays européens a connu une lente diminution des niveaux d’expérimentation de l’alcool. Mais en France, il a fallu attendre 2011 pour voir les chiffres baisser.https://datawrapper.dwcdn.net/xCjVK/2/


On observe la même tendance pour la consommation d’alcool dans le mois, tant en France qu’en Europe.https://datawrapper.dwcdn.net/ejA2s/3/


Pour les alcoolisations ponctuelles importantes, la progression s’est montrée assez stable ces vingt dernières années au niveau de l’Europe. Moins fréquentes en France jusqu’en 2007, elles ont ensuite diminué comme partout.https://datawrapper.dwcdn.net/OV2La/3/

Le tabagisme : en recul partout

En France, le tabac fait moins d’adeptes que l’alcool à seize ans. L’enquête nous apprend que 45 % des jeunes (46 % des garçons et 44 % des filles) l’ont déjà expérimenté. Par ailleurs, 22 % d’entre eux (21 % et 22 %) en ont consommé lors du mois passé, et 12 % fument tous les jours au moins une cigarette (12 % et 11 %).

Par rapport à 2015, on note une nette diminution de l’expérimentation (45 % en 2019 contre 55 % quatre ans auparavant), aussi bien pour les garçons (46 % contre 54 % en 2015) que pour les filles (44 % contre 56 % en 2015). Mais le tabagisme quotidien, lui, ne semble pas baisser de manière significative (12 % contre 16 %).

Ces chiffres se situent légèrement au-dessus de la moyenne européenne, qui est de 41 % pour l’expérience d’une première cigarette à seize ans, et de 10 % pour le tabagisme quotidien.

Plus précisément, l’expérimentation du tabac à cet âge est plus faible (15 points au moins) à Chypre, en Suède, Norvège, Malte, et en Islande, et plus élevée (10 points de plus) en Italie, Lettonie, et Slovaquie. Quant à la consommation quotidienne des jeunes, elle est deux fois moins fréquente en Islande, Norvège, Malte, Suède, Pays-Bas et Irlande (entre 2 % et 5 %), et deux fois plus fréquente en Italie, Croatie, Bulgarie, Hongrie, Roumanie et Slovaquie (entre 18 % et 20 %).

Vers une homogénéisation des comportements

Depuis 1999, le tabagisme des jeunes diminue dans l’ensemble des pays d’Europe, avec une tendance à l’homogénéisation des comportements. C’est d’autant plus vrai pour la France, qui présentait au départ des niveaux plus élevés que la moyenne (Tableau I) pour l’expérimentation (77 % contre 68 %), le tabagisme mensuel (44 % contre 36 %) ou le tabagisme quotidien (31 % contre 23 %).

Tableau I : Évolution de l’expérimentation du tabac, du tabagisme mensuel et du tabagisme quotidien en France et en Europe depuis 1999. Data Espad 2019, exploitation Philippe Arvers

Soulignons que pour les mineurs, les cigarettes ne sont pas aussi accessibles partout. En France, la vente est normalement interdite aux moins de 18 ans, mais aux dires d’environ 60 % des jeunes Français, il est « facile » ou « très facile » de s’en procurer.

C’est au Danemark (79 %), puis en Suède, Pologne, Slovaquie et Tchéquie (plus de 70 %) que le tabac est le plus souvent perçu par les jeunes comme facile à obtenir, et au Kosovo (24 %) que cela paraît le plus difficile. Et moins de la moitié des jeunes enquêtés jugent la chose aisée en Roumanie (39 %), Ukraine (42 %), Géorgie (45 %), Islande (47 %) et Macédoine du Nord (49 %).

La vape et les jeunes : au-dessus de la moyenne européenne

Dans la note de synthèse qu’il a publié à propos des résultats de l’enquête ESPAD, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) souligne que

« Dans un contexte de baisse du tabagisme, il convient de mieux comprendre les motivations de son usage en population adolescente et dans un premier temps, d’en suivre l’initiation et la diffusion au sein de cette population particulièrement sensible. »

C’est la raison d’être des questions sur l’e-cigarette incluses dans la dernière enquête ESPAD. D’après ses résultats, la cigarette électronique attire davantage les garçons que les filles. En France, 46 % des jeunes se sont laissés tenter par l’e-cigarette (51 % chez les garçons et 41 % chez les filles), et 16 % ont vapoté au cours du dernier mois (20 % chez les garçons et 13 % chez les filles).


À lire aussi : Vape et sevrage tabagique : fake news en série


Au niveau européen, l’expérimentation de la vape concerne 40 % des jeunes (46 % des garçons et 34 % des filles), 14 % en ayant fait l’usage dans les 30 derniers jours (16 % des garçons, 11 % des filles). Et de ce dernier point de vue, la France devance une vingtaine de pays, la prévalence étant inférieure à 7 % dans cinq d’entre eux (Monténégro, Géorgie, Suède, Portugal et Serbie). Elle figure de fait dans le tiers supérieur du classement, où arrivent en tête Monaco (41 %), la Lituanie, la Pologne, la Hongrie et la Tchéquie (20 %).

Ajoutons que dans les treize pays où la question leur fut posée, 3,9 à 20 % des jeunes ont déclaré recourir à du liquide contenant de la nicotine, et 16 à 36 % disaient avoir opté pour des arômes.

Cannabis : des niveaux français qui restent élevés

Contrairement à une idée reçue, l’expérimentation du cannabis a fortement diminué chez les jeunes Français : de 39 % en 2011, elle est passée à 31 % en 2015 (34 % pour les garçons et 29 % pour les filles), pour atteindre 23 % en 2019 (26 % pour les garçons et 20 % pour les filles).

On note la même tendance pour le niveau d’usage au cours du dernier mois : de 24 % en 2011, il descend à 17 % en 2015 pour s’établir à 13 % en 2019. Mais en dépit de cette orientation positive, les niveaux observés en France demeurent au-dessus des moyennes européennes.

S’agissant de l’expérimentation, où le niveau moyen chez les jeunes Européens est de 16 %, la France est ainsi classée au 5e rang en même temps que la Slovénie et derrière la Tchéquie (28 %), l’Italie (27 %), la Lettonie (26 %) et la Slovaquie (24 %). Et elle occupe le 2e rang derrière l’Italie (15 %) pour l’usage au cours du dernier mois, loin devant la moyenne européenne (7,1 %)

Enfin, il faut souligner qu’au regard des critères du DSM-V (Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders) et de la CIM 10 (Classification internationale des maladies), 41 % des consommateurs de cannabis au cours des 12 derniers mois en France (35 % en Europe) en ont un usage problématique. Et si cela ne touche en moyenne « que » 4 % des jeunes en Europe, la France occupe la première place, avec 7,3 % des adolescents concernés (8,3 % des garçons et 6,3 % des filles).

Cocaïne en France, MDMA aux pays baltes

Si le cannabis représente la drogue illicite la plus fréquemment utilisée à l’âge de seize ans, elle n’est pas la seule.

En moyenne, 1 à 2 % des jeunes Européens ont déjà fait une fois l’expérience d’une drogue illicite autre que le cannabis : les plus souvent citées sont l’ecstasy (MDMA), le LSD ou d’autres hallucinogènes, la cocaïne et l’amphétamine ; les moins expérimentées sont la méthamphétamine, le crack, l’héroïne et le GHB (gammahydroxybutyrate).

Depuis 2015, exceptés les solvants et le GHB dont l’usage n’a pas vraiment changé (resp. de 6,2 à 6 %, et taux stable de 1 %), la consommation de ces drogues chez les adolescents d’Europe diminue. Celle de la cocaïne est ainsi passée de 4 à 2,7 %, le crack de 3 à 2,1 %, l’ecstasy de 2 à 1,7 %, l’amphétamine de 2 à 1,5 %, la métamphétamine de 2 à 1,3 %, le LSD de 2 à 1,1 % et l’héroïne de 2 à 1,1 %.

Tableau II : Expérimentation d’autres drogues illicites que le cannabis à 16 ans en France et en Europe (%). * tranquillisants, sédatifs, anti-douleurs et stéroïdes anabolisants. Data Espad 2019, exploitation Philippe Arvers

Aujourd’hui, les jeunes Français expérimentent plus que les autres Européens la cocaïne (2,7 % contre 1,9 %) et le crack (2,1 % contre 1 %), mais moins le MDMA (1,7 % contre 2,3 %). Et les Baltes (Estonie et Lettonie) sont en tête pour le MDMA, le LSD et les autres hallucinogènes (5,0 %).

Par ailleurs, 3,1 % des jeunes Européens enquêtés (dans 20 des 35 pays) disent avoir déjà eu recours au moins une fois aux cannabinoïdes de synthèse : les niveaux vont de 1,1 % en Slovaquie à 5,2 % en France. Et ils sont 1,1 % à déclarer avoir expérimenté un jour des cathinones de synthèse (dans 19 des 35 pays), les niveaux les plus forts étant ceux de l’Irlande (2,5 %) et de Chypre (2,4 %).

L’expérimentation de solvants est quant à elle rapportée par 7,2 % des adolescents européens, avec de grandes disparités selon les pays : c’est préoccupant en Lettonie (16 %), en Allemagne et en Croatie (15 %), mais bien plus rare au Kosovo (0,5 %).

Des variations régionales du même ordre se retrouvent pour les médicaments hors prescription, avec un usage touchant en moyenne 9,2 % des adolescents européens (et des Français), mais 23 % des jeunes Slovaques. Dans le détail, c’est en Ukraine, en Roumanie, en Bulgarie et en Croatie que les jeunes recourent le moins (environ 2,0 %) aux tranquillisants et sédatifs hors prescription. Et c’est en Slovaquie et en Tchéquie qu’ils sont les plus nombreux à se droguer avec des antidouleurs (respectivement 18 % et 10 %).

Dernière catégorie, les stéroïdes anabolisants sont utilisés en moyenne par 1,0 % des adolescents européens. Avec un usage plus fréquent au Monténégro (2,7 %), à Chypre, en Bulgarie, à Malte, en Pologne et en Irlande (près de 2,0 %).

Des usages à surveiller de près

On le voit, si l’expérimentation et les usages de tabac, d’alcool et de cannabis à seize ans sont à la baisse dans l’ensemble des pays européens étudiés, la consommation mensuelle de cannabis place les adolescents français au 2e rang en Europe, et son usage problématique au 1er rang.

Rappelons l’importance des consultations jeunes consommateurs proposées dans la quasi-totalité des départements français. Et la question peut aussi être abordée par les parents, en s’appuyant sur des ouvrages qui font référence.

S’agissant des autres drogues illicites, il conviendra de surveiller attentivement l’évolution des consommations de nouveaux produits de synthèse, notamment des cannabinoïdes dont les jeunes Français font un usage trop fréquent. Et ce, d’autant plus que ces substances, vendues sous forme d’encens, de poudre ou de liquide pour cigarette électronique, peuvent provoquer de graves intoxications.

Cannabis « récréatif »

« Il faudra lancer une vraie consultation populaire et pourquoi pas un référendum », estime le rapporteur de la mission parlementaire

« Il faudra lancer une vraie consultation populaire et pourquoi pas un référendum », a déclaré dimanche 28 février sur franceinfo Jean-Baptiste Moreau, député de la Creuse et rapporteur d’une mission parlementaire sur le cannabis « récréatif ». « On fera des propositions d’ici un mois », indique-t-il à l’occasion de ce LIRE LA SUITE

Propulsé par WordPress.com.

Retour en haut ↑

%d blogueurs aiment cette page :