États-Unis : les bourses étudiantes retirées aux consommateurs de cannabis

Outre-Atlantique, les étudiants condamnés pour possession ou trafic de stupéfiants sont déclarés inéligibles, pour un à trois ans, aux aides financières de l’État. En cas de « multirécidive », la sanction devient définitive.

Quelques jours seulement après le 4/20 [«four-twenty», en anglais], journée dédiée à la marijuana aux États-Unis, Le Student Loan Ranger rappelle la possibilité, souvent oubliée des étudiants, de se voir refuser bourses et prêts spéciaux, en cas de condamnation liée à la drogue (possession, vente, etc.). Le blog américain explique que, depuis 2009, la sanction pour «possession d’une drogue illicite» est établie selon trois niveaux: une perte d’éligibilité d’un an pour une première infraction, une de deux ans pour une deuxième infraction, une permanente pour une troisième infraction.

Pour «ventes ou volonté de vendre une drogue illicite», la sanction, plus lourde, est établie selon deux niveaux: une perte d’éligibilité de deux ans pour une première infraction, une perte d’éligibilité permanente dès la deuxième infraction. Les législateurs, conscients de peut-être aggraver le problème en amenant ces étudiants à quitter l’école pour plusieurs mois, ont néanmoins pensé à quelques systèmes de «remise de peine». Sous réserve de suivre un programme de réhabilitation et d’accepter de subir deux tests inopinés, les étudiants de bonne volonté peuvent ainsi réduire «sensiblement» leur durée d’inéligibilité.

A noter également qu’aucune aide financière de l’État n’est «supprimée» pendant sa période de perception ; il s’agit là d’inéligibilité, et non de suspension ou suppression. En outre, l’attribution de la sanction dépend de la date de condamnation, et non de la date d’infraction. «Imaginons qu’un étudiant ait été arrêté en janvier, alors qu’il était inscrit dans une école et percevait des aides financières de l’État, mais qu’il n’ait été condamné qu’en Juin, date à laquelle son année était terminée. Dans ce cas, son éligibilité future aux aides est remise en cause. A contrario, si l’arrestation a lieu en Juin mais la condamnation au mois de Janvier suivant, les aides financières de l’État perçus par l’étudiant ne sont pas remises en cause dans l’immédiat», écrit le Student Loan Ranger.

Source

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CANNABIS: Il emmêle le réel et l’imaginaire

Source : Santélog

Actualité publiée le 25/4/2015 par Molecular Psychiatry

Cette étude américaine démontre pour la première fois que les consommateurs de cannabis ont un hippocampe moins actif, une structure clé impliquée dans le stockage des souvenirs. Pour le coup, ces usagers sont plus enclins à mélanger le vrai et le faux, à créer des distorsions de mémoire et à développer de faux souvenirs. Ces travaux, présentés dans la revue Molecular Psychiatry, suggèrent aussi qu’un usage chronique de cannabis pourrait accentuer les problèmes de mémoire liés à l’âge.

Cette recherche de l’Université de Barcelone menée avec l’utilisation de techniques de neuro-imagerie, a comparé les souvenirs de consommateurs de cannabis à ceux de témoins, afin d’identifier des différences dans la rétention de séries de mots. Après avoir écouté la première série de mots, les participants en ont écouté une seconde comportant de nouveaux mots, sémantiquement ou non reliés à ceux de la première série. Les participants devaient identifier les mots appartenant à la liste originale. L’expérience montre que, les consommateurs de cannabis vs témoins,

  • associent fréquemment à tort les nouveaux mots comme sémantiquement liés aux premiers, suggérant une tendance à la distorsion de mémoire et la création de faux souvenirs (voir le visuel en cliquant ici)
  • montrent une activation plus faible dans les zones du cerveau liées aux processus de mémoire et au contrôle général des fonctions cognitives, et d’autant plus faible que la consommation de cannabis à vie était élevée
  • présentent des lacunes de mémoire, même un mois après avoir cessé de consommer du cannabis,
  • sont enfin toujours plus susceptibles de souffrir de distorsion de mémoire, même des semaines après l’arrêt du cannabis.

Le cannabis mélange le réel et l’imaginaire : Ces données suggèrent que le cannabis aurait un effet prolongé sur les mécanismes cérébraux qui nous permettent de faire la différence entre le réel et l’imaginaire. Des erreurs de mémoire qui peuvent causer des problèmes au quotidien, et d’un point de vue plus clinique, aggraver les problèmes de perte de mémoire liée à l’âge.

L’effet pourrait aller jusque-là se rappeler ce qui n’est jamaiq arrivé, précisent les auteurs, notre mémoire se construisant progressivement et étant vulnérable à ces distorsions. Ainsi, ces « faux souvenirs » sont fréquemment identifiés dans plusieurs troubles neurologiques et psychiatriques, et deviennent plus fréquents avec l’âge.

Nous avons tous nos faux souvenirs, sur notre enfance par exemple. Le contrôle sur la « véracité » de nos souvenirs est une tâche cognitive complexe qui, en fait, nous permet d’avoir notre propre sens de la réalité.

Source: Molecular Psychiatry 31 March 2015 Telling true from false: cannabis users show increased susceptibility to false memories (Visuel@ Hospital Sant Pau)

« Hommes et femmes ne se droguent pas pour les mêmes raisons » (Figaro)

Si l’enquête publiée mardi par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) révèle que les adolescents fument de plus en plus de cannabis, elle constate aussi que cette évolution est plus forte chez les jeunes filles. Malgré tout, celles-ci restent moins nombreuses que les garçons à se droguer. Y a-t-il une question de genre derrière le rapport à la drogue ? Nos questions à François Beck, directeur de l’OFDT.

Lefigaro.fr/Madame. – Dans votre étude, on remarque que la hausse de la consommation de cannabis par les adolescentes est forte.
François Beck. – 
Cette évolution chez les jeunes filles est très étonnante, puisqu’elles sont passées de 38,9 % à avoir testé la drogue en 2011 à 45,8 % en 2014 et sont 5,8 % à en consommer régulièrement, contre 3,4 % trois ans plus tôt. C’est elles qui portent la tendance à la hausse de la consommation chez les adolescents : 47,8 % des jeunes ont déjà fumé au moins une fois du cannabis en 2014, contre 41,5 % en 2011. Depuis 2002, on était sur une tendance à la baisse, jusqu’à cette reprise, qui est assez forte.

Comment expliquer cette tendance marquée chez les jeunes femmes ?
Historiquement, la consommation de cannabis est plus forte – et relativement stable – chez les garçons, alors que les femmes ont toujours eu tendance à consommer plus de médicaments légaux ayant des effets sur le psychisme. De manière générale, quelles que soient les drogues, leur usage est bien plus répandu dans l’univers masculin que dans l’univers féminin. Mais la société change, et les comportements aussi. Comme avec le travail et la cigarette par le passé, les femmes « investissent » un domaine qui leur était assez inaccessible auparavant. Ce phénomène est particulièrement notable dans les catégories professionnelles hautes, notamment chez les cadres, où les femmes ont un niveau de consommation beaucoup plus proche de celui des hommes.

La relation à la drogue est-elle donc identique chez les hommes et chez les femmes ? Lire la suite

Paul, 18 ans, accro au cannabis : « je suis une loque » (Europe N°1)

TÉMOIGNAGE – La consommation de cannabis est repartie à la hausse chez les jeunes en France. Une addiction dans laquelle Paul est tombé, adolescent.

A 17 ans, près d’un adolescent sur deux a déjà fumé un joint. Selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée mardi, la consommation de cannabis chez les jeunes est nettement repartie à la hausse. Paul, 18 ans, fait partie de ces accrocs au THC (tetrahydrocannabinol, la molécule qu’on retrouve dans le cannabis, ndlr). « Au début, c’est juste un plaisir. Et à la fin, c’est un besoin », confie le jeune homme à Europe 1.

« J’ai niqué toutes mes années de lycée »

« Je suis tombé vraiment dans le cannabis quand j’avais 15 ans. Je fumais déjà tous les jours », raconte Paul, extrêmement lucide sur son addiction. « Tu commences à fumer tout le temps, tu commences à fumer tout seul. Aujourd’hui, j’ai 18 ans et j’ai niqué toutes mes années de lycée », poursuit-il. « Je suis en Terminale et je n’ai plus envie d’aller en cours. Je me suis fait virer et je ne sais même pas comment je vais avoir mon Bac parce que je fais que fumer. Je deviens une loque en fait. Je ne fais plus rien ».

Selon l’étude de l’OFDT, menée en mars 2014 auprès de 22.023 personnes âgés de 17 ans,47,8% des jeunes affirment avoir déjà essayé le cannabis et 9,2% disent en fumer au moins dix fois par mois. Paul, lui, en fume quotidiennement. Il est parfaitement conscient des problèmes que cela pose sur son quotidien. « Tu te refermes sur toi-même », avoue-t-il. « Tu deviens flemmard, t’as rien envie de faire. Tes potes te proposent de faire des trucs et tu dis ‘non, je vais rester chez moi, je vais rien faire, j’ai la flemme de sortir ».

« C’est super dur d’arrêter »

Pourtant parfaitement clairvoyant sur sa situation, Paul ne voit pas le bout de son addiction. « Oui, j’ai envie d’arrêter de fumer mais c’est super dur », lâche-t-il avant de donner un conseil pour ceux qui seraient tentés par la marijuana : « si je vois un jeune qui commence à fumer, j’aimerais bien lui dire qu’il ne faut pas commencer«