États-Unis : les bourses étudiantes retirées aux consommateurs de cannabis

Outre-Atlantique, les étudiants condamnés pour possession ou trafic de stupéfiants sont déclarés inéligibles, pour un à trois ans, aux aides financières de l’État. En cas de « multirécidive », la sanction devient définitive.

Quelques jours seulement après le 4/20 [«four-twenty», en anglais], journée dédiée à la marijuana aux États-Unis, Le Student Loan Ranger rappelle la possibilité, souvent oubliée des étudiants, de se voir refuser bourses et prêts spéciaux, en cas de condamnation liée à la drogue (possession, vente, etc.). Le blog américain explique que, depuis 2009, la sanction pour «possession d’une drogue illicite» est établie selon trois niveaux: une perte d’éligibilité d’un an pour une première infraction, une de deux ans pour une deuxième infraction, une permanente pour une troisième infraction.

Pour «ventes ou volonté de vendre une drogue illicite», la sanction, plus lourde, est établie selon deux niveaux: une perte d’éligibilité de deux ans pour une première infraction, une perte d’éligibilité permanente dès la deuxième infraction. Les législateurs, conscients de peut-être aggraver le problème en amenant ces étudiants à quitter l’école pour plusieurs mois, ont néanmoins pensé à quelques systèmes de «remise de peine». Sous réserve de suivre un programme de réhabilitation et d’accepter de subir deux tests inopinés, les étudiants de bonne volonté peuvent ainsi réduire «sensiblement» leur durée d’inéligibilité.

A noter également qu’aucune aide financière de l’État n’est «supprimée» pendant sa période de perception ; il s’agit là d’inéligibilité, et non de suspension ou suppression. En outre, l’attribution de la sanction dépend de la date de condamnation, et non de la date d’infraction. «Imaginons qu’un étudiant ait été arrêté en janvier, alors qu’il était inscrit dans une école et percevait des aides financières de l’État, mais qu’il n’ait été condamné qu’en Juin, date à laquelle son année était terminée. Dans ce cas, son éligibilité future aux aides est remise en cause. A contrario, si l’arrestation a lieu en Juin mais la condamnation au mois de Janvier suivant, les aides financières de l’État perçus par l’étudiant ne sont pas remises en cause dans l’immédiat», écrit le Student Loan Ranger.

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CANNABIS: Il emmêle le réel et l’imaginaire

Source : Santélog

Actualité publiée le 25/4/2015 par Molecular Psychiatry

Cette étude américaine démontre pour la première fois que les consommateurs de cannabis ont un hippocampe moins actif, une structure clé impliquée dans le stockage des souvenirs. Pour le coup, ces usagers sont plus enclins à mélanger le vrai et le faux, à créer des distorsions de mémoire et à développer de faux souvenirs. Ces travaux, présentés dans la revue Molecular Psychiatry, suggèrent aussi qu’un usage chronique de cannabis pourrait accentuer les problèmes de mémoire liés à l’âge.

Cette recherche de l’Université de Barcelone menée avec l’utilisation de techniques de neuro-imagerie, a comparé les souvenirs de consommateurs de cannabis à ceux de témoins, afin d’identifier des différences dans la rétention de séries de mots. Après avoir écouté la première série de mots, les participants en ont écouté une seconde comportant de nouveaux mots, sémantiquement ou non reliés à ceux de la première série. Les participants devaient identifier les mots appartenant à la liste originale. L’expérience montre que, les consommateurs de cannabis vs témoins,

  • associent fréquemment à tort les nouveaux mots comme sémantiquement liés aux premiers, suggérant une tendance à la distorsion de mémoire et la création de faux souvenirs (voir le visuel en cliquant ici)
  • montrent une activation plus faible dans les zones du cerveau liées aux processus de mémoire et au contrôle général des fonctions cognitives, et d’autant plus faible que la consommation de cannabis à vie était élevée
  • présentent des lacunes de mémoire, même un mois après avoir cessé de consommer du cannabis,
  • sont enfin toujours plus susceptibles de souffrir de distorsion de mémoire, même des semaines après l’arrêt du cannabis.

Le cannabis mélange le réel et l’imaginaire : Ces données suggèrent que le cannabis aurait un effet prolongé sur les mécanismes cérébraux qui nous permettent de faire la différence entre le réel et l’imaginaire. Des erreurs de mémoire qui peuvent causer des problèmes au quotidien, et d’un point de vue plus clinique, aggraver les problèmes de perte de mémoire liée à l’âge.

L’effet pourrait aller jusque-là se rappeler ce qui n’est jamaiq arrivé, précisent les auteurs, notre mémoire se construisant progressivement et étant vulnérable à ces distorsions. Ainsi, ces « faux souvenirs » sont fréquemment identifiés dans plusieurs troubles neurologiques et psychiatriques, et deviennent plus fréquents avec l’âge.

Nous avons tous nos faux souvenirs, sur notre enfance par exemple. Le contrôle sur la « véracité » de nos souvenirs est une tâche cognitive complexe qui, en fait, nous permet d’avoir notre propre sens de la réalité.

Source: Molecular Psychiatry 31 March 2015 Telling true from false: cannabis users show increased susceptibility to false memories (Visuel@ Hospital Sant Pau)

« Hommes et femmes ne se droguent pas pour les mêmes raisons » (Figaro)

Si l’enquête publiée mardi par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) révèle que les adolescents fument de plus en plus de cannabis, elle constate aussi que cette évolution est plus forte chez les jeunes filles. Malgré tout, celles-ci restent moins nombreuses que les garçons à se droguer. Y a-t-il une question de genre derrière le rapport à la drogue ? Nos questions à François Beck, directeur de l’OFDT.

Lefigaro.fr/Madame. – Dans votre étude, on remarque que la hausse de la consommation de cannabis par les adolescentes est forte.
François Beck. – 
Cette évolution chez les jeunes filles est très étonnante, puisqu’elles sont passées de 38,9 % à avoir testé la drogue en 2011 à 45,8 % en 2014 et sont 5,8 % à en consommer régulièrement, contre 3,4 % trois ans plus tôt. C’est elles qui portent la tendance à la hausse de la consommation chez les adolescents : 47,8 % des jeunes ont déjà fumé au moins une fois du cannabis en 2014, contre 41,5 % en 2011. Depuis 2002, on était sur une tendance à la baisse, jusqu’à cette reprise, qui est assez forte.

Comment expliquer cette tendance marquée chez les jeunes femmes ?
Historiquement, la consommation de cannabis est plus forte – et relativement stable – chez les garçons, alors que les femmes ont toujours eu tendance à consommer plus de médicaments légaux ayant des effets sur le psychisme. De manière générale, quelles que soient les drogues, leur usage est bien plus répandu dans l’univers masculin que dans l’univers féminin. Mais la société change, et les comportements aussi. Comme avec le travail et la cigarette par le passé, les femmes « investissent » un domaine qui leur était assez inaccessible auparavant. Ce phénomène est particulièrement notable dans les catégories professionnelles hautes, notamment chez les cadres, où les femmes ont un niveau de consommation beaucoup plus proche de celui des hommes.

La relation à la drogue est-elle donc identique chez les hommes et chez les femmes ? Poursuivre la lecture « « Hommes et femmes ne se droguent pas pour les mêmes raisons » (Figaro) »

Paul, 18 ans, accro au cannabis : « je suis une loque » (Europe N°1)

TÉMOIGNAGE – La consommation de cannabis est repartie à la hausse chez les jeunes en France. Une addiction dans laquelle Paul est tombé, adolescent.

A 17 ans, près d’un adolescent sur deux a déjà fumé un joint. Selon une étude de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publiée mardi, la consommation de cannabis chez les jeunes est nettement repartie à la hausse. Paul, 18 ans, fait partie de ces accrocs au THC (tetrahydrocannabinol, la molécule qu’on retrouve dans le cannabis, ndlr). « Au début, c’est juste un plaisir. Et à la fin, c’est un besoin », confie le jeune homme à Europe 1.

« J’ai niqué toutes mes années de lycée »

« Je suis tombé vraiment dans le cannabis quand j’avais 15 ans. Je fumais déjà tous les jours », raconte Paul, extrêmement lucide sur son addiction. « Tu commences à fumer tout le temps, tu commences à fumer tout seul. Aujourd’hui, j’ai 18 ans et j’ai niqué toutes mes années de lycée », poursuit-il. « Je suis en Terminale et je n’ai plus envie d’aller en cours. Je me suis fait virer et je ne sais même pas comment je vais avoir mon Bac parce que je fais que fumer. Je deviens une loque en fait. Je ne fais plus rien ».

Selon l’étude de l’OFDT, menée en mars 2014 auprès de 22.023 personnes âgés de 17 ans,47,8% des jeunes affirment avoir déjà essayé le cannabis et 9,2% disent en fumer au moins dix fois par mois. Paul, lui, en fume quotidiennement. Il est parfaitement conscient des problèmes que cela pose sur son quotidien. « Tu te refermes sur toi-même », avoue-t-il. « Tu deviens flemmard, t’as rien envie de faire. Tes potes te proposent de faire des trucs et tu dis ‘non, je vais rester chez moi, je vais rien faire, j’ai la flemme de sortir ».

« C’est super dur d’arrêter »

Pourtant parfaitement clairvoyant sur sa situation, Paul ne voit pas le bout de son addiction. « Oui, j’ai envie d’arrêter de fumer mais c’est super dur », lâche-t-il avant de donner un conseil pour ceux qui seraient tentés par la marijuana : « si je vois un jeune qui commence à fumer, j’aimerais bien lui dire qu’il ne faut pas commencer« 

MDMA : pourquoi la consommation explose chez les ados

DROGUE – En quelques années, la MDMA est devenue la drogue la plus « hype » chez les jeunes en France. Le Dr Laurent Karila, psychiatre addictologue et porte-parole de l’association SOS Addictions, fait le point pour metronews sur ce phénomène inquiétant.

L’expérimentation de MDMA (ecstasy) chez les jeunes âgés de 17 ans a pratiquement doublé en France au cours des trois dernières années, révèle la dernière enquête de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). Le Dr Laurent Karila, psychiatre addictologue et porte-parole de l’association SOS Addictions, fait le point pour metronews sur cette drogue qui fait fureur chez les adolescents.

En quelques années, la MDMA (anciennement connue sous le nom d’ecstasy) est devenue la nouvelle drogue à la mode chez les jeunes. En effet, le nombre d’adolescents âgés de 17 ans ayant expérimenté cette drogue a pratiquement doublé en l’espace de trois ans : 3,8% des adolescents de 17 ans l’ont testé en 2014, alors qu’ils étaient 1,9 % en 2011, d’après les chiffres de l’OFDT.

La MDMA, c’est quoi au juste ?
Les premiers usages récréatifs de la MDMA remontent à la fin des années 80, où son usage était très répandue dans les clubs branchés de New-York, avant de débarquer au milieu des années 90 dans les rave parties. « La MDMA est le principe actif de l’ecstasy », précise le Dr Laurent Karila, qui dirige le Centre d’enseignement, de recherche et de traitement des addictions (CERTA) à l’Hôpital Paul Brousse de Villejuif.

Autrement dit, de l’amphétamine. Au début des années 2000, on la voit réapparaître sous forme de cristaux qu’il faut ensuite réduire en poudre afin de l’absorber par la bouche ou le nez. « Le problème, c’est que la MDMA est souvent coupée avec d’autres produits, comme la cocaïne. Il est donc difficile de connaître son véritable dosage. »

 Comment expliquer le phénomène ?
La MDMA a pour effet de stimuler les contacts, en créant un sentiment d’euphorie, d’excitation et d’empathie. « Les jeunes sont attirés par cette drogue parce qu’elle associé au milieu festif », reprend le psychiatre. Il y a un effet de mode autour de la MDMA, qui est devenue en quelques années un marqueur générationnel. »

En effet, le nombre de jeunes âgés de 17 ans ayant testé la cocaïne a très peu augmenté au cours trois des dernières années (+0,2%). Moins chère, la MDMA est aussi plus facile à trouver, sur Internet ou lors des soirées. « Le plus marquant, c’est que son usage est en hausse aussi bien chez les jeunes filles que les jeunes garçons », explique le psychiatre.

Quels sont les dangers pour la santé ?
A entendre les consommateurs, la MDMA aurait peu d’effets secondaires et un faible pouvoir addictif, en comparaison à la cocaïne ou au cannabis. Une « aberration », estime le Dr Laurent Karila. La consommation répétée de cette drogue peut avoir en effet des conséquences graves sur la santé.

Laurent Karila en dresse une liste non exhaustive : hyperthermie maligne (forte fièvre pouvant conduire à un décès), hépatite fulminante, etc. « On observe des dégâts importants sur les organes, comme le rein et le foie, mais aussi au niveau du cerveau à travers des troubles psychologiques ou cognitifs, des dépressions. » Sans parler du risque d’addiction, en cas de prise régulière.

Comment prévenir l’usage de la MDMA chez les jeunes ?
Le phénomène est assez inquiétant, estime Laurent Karila : « Des campagnes de prévention doivent être menées pour informer les jeunes sur les risques pour la santé et aider les parents à détecter une addiction chez leur enfant. » Par exemple, s’il dépense beaucoup d’argent, s’il grince des dents (bruxisme), mais aussi à travers les sorties répétées jusqu’à l’aube ou les changements d’humeur. En cas de soupçons, mieux vaut s’adresser aux professionnels de santé : « Il existe des consultations pour jeunes consommateurs ou encore des centres d’addictologie », conseille le psychiatre.

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Le cannabis en forte hausse chez les ados

Tous les indicateurs sont au rouge. Après une décennie de baisse, la consommation de cannabis chez les adolescents de 17 ans est repartie nettement à la hausse. C’est ce que montrent les premiers chiffres issus des questionnaires anonymes remplis par plus de 22 000 jeunes lors des journées Défense et citoyenneté de mars 2014, publiés mardi 21 avril par l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT). De mauvais résultats qui s’accompagnent d’une hausse de l’usage régulier d’alcool et de tabac.

L’étude a été réalisée dans le cadre de l’enquête Escapad, menée régulièrement depuis 2000. Entre 2011 et 2014, l’OFDT observe « une recrudescence importante » de l’expérimentation de cannabis chez les adolescents de 17 ans : 47,8 % y ont goûté au moins une fois, contre 41,5 % trois ans plus tôt, soit près d’un jeune sur deux. Une hausse de plus de 6 points, mais un niveau en deçà, cependant, des 50,3 % observés en 2003. Depuis, il n’avait cessé de baisser.

En trois ans, la proportion de ceux qui ont expérimenté cette substance illicite est passée de 44 % à 49,8 % pour les garçons, et de 38,9 % à 45,8 % pour les filles. En 2000, les garçons étaient autant qu’en 2014 à l’avoir testée, mais les filles étaient « seulement » 40,9 %.

Le marché est mature : il y a des promotions, et des dealers préviennent de leurs arrivages par SMS

Bien plus que l’expérimentation, c’est le niveau de consommation qui interpelle. En trois ans, le pourcentage de jeunes de 17 ans déclarant avoir fumé un joint au moins une fois dans l’année est passé de 34,6 % à 38,2 %, et celui de ceux qui l’ont fait dans le mois de 22,4 % à 25,5 % (soit plus d’un jeune sur quatre). Près d’un sur dix (9,2 %) dit consommer du « shit » au moins dix fois par mois, contre 6,5 % en 2011. Sur ce point aussi, le chiffre de 2014 met fin à la baisse observée depuis 2003. Enfin, l’usage quotidien évolue de 3 % à 4 %.

La note de l’OFDT insiste en outre sur le fait, important, que parmi les jeunes ayant fumé du « shit » dans l’année 25,7 % des garçons et 17,3 % des filles présentent un risque élevé d’usage dit problématique ou de dépendance. Soit 8 % de l’ensemble des adolescents de 17 ans, contre 5,3 % en 2011. On sait notamment que le cannabis induit des troubles de l’apprentissage et de la mémoire et qu’il peut précipiter la survenue de troubles psychiatriques. Etude après étude, les dangers d’un début de consommation précoce, qui accroît en outre le risque de dépendance, sont soulignés. Sans compter la qualité parfois médiocre des produits achetés.

« Anxiolytique »

Ces dernières années, d’autres enquêtes auprès des jeunes montraient plutôt une stabilisation de l’usage. Tous les regards vont donc se porter sur les futurs chiffres, pour savoir si la hausse redevient la tendance. Il faut dire qu’alors que le cannabis est de loin le produit illicite le plus consommé – 17 millions de Français l’ont expérimenté – ces mauvais chiffres s’inscrivent dans un ensemble inquiétant. Début avril, un baromètre de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé a montré que la consommation repart à la hausse chez les 18-64 ans. Après des années de forte augmentation, une stabilisation à un niveau élevé s’était opérée dans les années 2000. Ce n’est plus le cas : entre 2010 et 2014, l’usage dans l’année est passé de 8 % à 11 %, l’usage régulier de 2 % à 3 %.

Le cannabis « répond à des attentes assez variées », remarque François Beck, le directeur de l’OFDT : « Certains l’utilisent comme anxiolytique ou pour trouver le sommeil, d’autres dans un contexte festif. C’est un produit transversal : on le trouve sur l’ensemble du territoire et dans beaucoup de milieux socioculturels. » Pour comprendre les motivations spécifiques des jeunes, des études plus qualitatives ont été lancées, précise-t-il.

La hausse globale actuelle s’inscrit dans un contexte de net accroissement de l’offre, notamment de la culture locale. Ces dernières années, la France est devenue un pays non seulement de consommation de cannabis, mais aussi de production. En 2013, 140 000 pieds ont été saisis, contre 55 000 en 2010. Parallèlement, la vente de résine est demeurée très dynamique. Les économistes parlent d’un marché « mature », où l’offre s’est diversifiée, rendant le produit encore plus attractif. Il y a désormais des promotions, et les dealers n’hésitent plus à prévenir par SMS de leurs arrivages.

« Il faut que les parents et les médias déconstruisent l’image du cannabis et débanalisent son usage »

On peut trouver du cannabis sans problème, et partout en France. Selon une autre enquête de l’OFDT, 50 % des lycéens jugent que la substance est assez ou très facile d’accès, et seulement 15 % estiment qu’il leur serait impossible de s’en procurer. Sans compter que le produit est bon marché : pour 10 euros, un adolescent peut en acheter. L’augmentation des taux de tétrahydrocannabinol (THC) – le principe actif – contribue aussi à la plus grande attractivité du produit : en 2013, le taux de concentration moyen était de 17 % pour la résine, et 12,5 % pour l’herbe, selon l’Institut national de la police scientifique. Contre 7 % à 8 % dix ans plus tôt.

En 2013, le plan gouvernemental de lutte contre les addictions, sans toucher au volet répressif promu par la droite précédemment, avait rééquilibré le volet sanitaire en mettant l’accent sur une prévention plus efficace. Il avait pour objectif de repérer plus précocement les consommateurs, avant leur arrivée dans les services d’addictologie, et de renforcer les consultations de jeunes consommateurs, lieux d’accueil des ados et de leurs familles. Ces mesures commencent à entrer en application.

Cela suffira-t-il ? « Faire la morale aux jeunes, ça ne marche pas, estime Danièle Jourdain Ménninger, la présidente de la mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (Mildeca). Il faut que les parents et les médias déconstruisent l’image du cannabis et débanalisent son usage. » Pour elle, « ces chiffres inquiétants sont le résultat d’une politique passée ». En 2014, date de récolte des données, cela faisait néanmoins déjà deux ans que la majorité avait changé.

En savoir plus

Salle d’injection encadrée : place au débat

L’ouverture possible d’une salle de consommation à moindre risque dans l’enceinte de l’hôpital civil de Strasbourg (DNA du 12 avril 2015) divise l’opinion et les élus. La question sera mise sur le tapis cet après-midi par Pascal Mangin (UMP), qui fustige la consommation encadrée de drogues à l’hôpital.

Certes, le principe de l’expérimentation d’une salle de consommation à moindre risque, communément appelée « salle de shoot », n’est pas inscrit à l’ordre du jour du conseil municipal de cet après-midi. La question sera pourtant abordée par Pascal Mangin , élu de l’opposition, à l’occasion d’une interpellation.

Adopté mardi en première lecture, le projet de loi Santé de Marisol Touraine prévoit l’expérimentation de salles de consommation de drogue à moindre risque à Paris, Bordeaux et Strasbourg. Ces espaces médicalisés, mis en place dans une dizaine d’autres pays (la plus ancienne a été créée il y a trente ans en Suisse), sont destinés aux toxicomanes majeurs les plus précaires, qui se piquent dans de mauvaises conditions d’hygiène, souvent dans la rue ou des halls d’immeubles. L’expérience est prévue sur six ans.

Roselyne Bachelot y était favorable dès 2010

« S’il appartient au Parlement de se prononcer sur la légalité de cette démarche, Strasbourg doit-elle absolument se positionner comme la première ville à lancer une salle de shoot en France, plutôt que d’attendre quelques mois pour disposer d’un retour d’expérience ? », avertit Pascal Mangin, membre du groupe municipal « Strasbourg à vos côtés », que préside Fabienne Keller.

« Dès 2010, une expérimentation était préconisée par l’Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale), qui avait remis un rapport sur la réduction des risques des usagers de drogues à la ministre de la Santé de l’époque, Roselyne Bachelot, a précisé le docteur Alexandre Feltz , adjoint au maire de Strasbourg en charge de la santé, jeudi au cours d’un point presse préparatoire au conseil municipal. Roselyne Bachelot s’était montrée favorable à une telle démarche. Aujourd’hui, il existe une soixantaine de salles de ce type en Europe. Mais pas en France… »

« Il ne s’agit évidemment pas d’inciter à la consommation, insiste Roland Ries. Mais on ne peut pas laisser à la dérive des personnes fondamentalement fragiles et malades de l’addiction. Même si elles sont hors la loi. » Le maire de Strasbourg les considère « comme des êtres exposés à un risque supplémentaire ». D’où la nécessité de « les secourir », car « c’est de la responsabilité d’un maire de s’intéresser à ses concitoyens qui ne peuvent pas s’en sortir ». D’autant que « la toxicomanie peut déboucher sur le VIH et les hépatites », ajoute-t-il.

Pour Roland Ries, l’objectif de « ces salles de consommation à moindre risque » – et « non pas salles de shoot », insiste-t-il – est « de les accompagner médicalement pour essayer de les faire sortir de la drogue ».

Dans le collimateur de l’opposition

« Cette sortie de la toxicomanie doit-elle nécessairement passer par l’autorisation de faire rentrer de la drogue dans l’enceinte de l’hôpital ?, rebondit Pascal Mangin. Et avec quelles garanties de résultats ? »

L’élu d’opposition demande si « accompagner la prise de substances relève réellement d’une thérapie efficace. En sachant que notre seul objectif commun à tous reste au final celui d’extraire les consommateurs de leur toxicomanie ».

Pascal Mangin revient aussi sur la localisation à l’hôpital civil de cette salle de consommation un peu particulière, puisque sa création avait été envisagée un temps dans le quartier gare. « Est-ce le fruit d’une démarche concertée, notamment avec le personnel médical et les acteurs des environs, ou s’agit-il simplement d’une solution de secours pour faire aboutir une implantation que vous saviez impossible à son emplacement initial ? »

Réponses cet après-midi.

le 21/4/2015, à partir de 15 h. Conseil municipal, salle des conseils, centre administratif, parc de l’Étoile. Débat à suivre sur dna.fr

Source

Drame d’Aubin : le chauffard était sous l’emprise de cannabis

Le laboratoire de police scientifique de Toulouse a mis les bouchées doubles pour procéder à l’analyse de l’échantillon de sang prélevé sur le conducteur de l’Audi, qui a mortellement blessé un policier, vendredi après-midi, avenue du lycée à Aubin.

Si l’analyse n’a pas révélé de présence d’alcool, le chauffard mis en cause conduisait en revanche sous l’emprise de produits stupéfiants, du cannabis en l’occurrence.

Précisons que, comme l’a confirmé le procureur samedi matin, Jérémy M. avait déjà été condamné par le passé pour conduite sous l’emprise de produits stupéfiants.

Le chauffard doit être présenté ce dimanche au pôle criminel de Montpellier qui doit décider des chefs de mises en examen, le plus probable étant la violence volontaire ayant entraîné la mort sans intention de la donner, avec au moins deux circonstances aggravantes : l’utilisation d’une arme par destination (la voiture) et le fait que la victime soit policier.

SOURCE

Pétition contre les salles de shoot organisée par UNI

petition salles de shoot

cliquez sur NON

Dans la nuit du mardi 7 avril, l’Assemblée nationale a autorisé la création de salles de shoot en France. Dans ces lieux, la consommation de drogues sera autorisée, y compris les plus dangereuses. Si nous ne l’empêchons pas, cela va entraîner une banalisation de la drogue auprès des jeunes et aggraver le problème de la toxicomanie en France.

Pour faire adopter cette mesure, le gouvernement a osé la présenter comme une mesure de santé publique. C’est tout le contraire ! En effet, comme le souligne Joséphine Baxter, vice-présidente de la Fédération mondiale contre les drogues,« ces salles entretiennent la dépendance aux drogues au lieu d’aider les gens à s’en débarrasser ». Des études menées en Suisse démontrent que la consommation des toxicomanes augmente lorsqu’ils fréquentent des salles de shoot. La prévalence à l’héroïne est d’ailleurs devenue 3 fois supérieure en Suisse par rapport à la France.

Les salles de shoot sont de véritables pousse au crime. Yann, un ancien toxicomane, ayant, pendant une quinzaine d’année fréquenté ces lieux, témoigne que « dans une salle de shoot, on monte les doses, pour avoir un effet plus fort et parce qu’il y a un médecin à côté, alors on ne risque pas l’overdose ».

Au delà du problème de santé, les salles de shoot posent également de graves problèmes d’insécurité. Ces endroits créent ce que les spécialistes appellent un effet “pot de miel”, puisque les dealers se regroupent aux abords de ces salles pour vendre leur drogue, ce qui entraîne des nuisances et une hausse de l’insécurité pour les riverains. L’expérience suisse montre d’ailleurs que de nombreux toxicomanes n’attendent même pas d’entrer dans la salle de shoot et se droguent n’importe où,transformant ainsi l’ensemble du quartier en lieu de consommation sauvage.Zoé, ancienne toxicomane, raconte « un toxicomane veut consommer dès qu’il achète. Il préféra faire 10 mètres et se piquer dans les toilettes publiques plutôt que faire 200 mètres et devoir en plus en parler à un psy. »

Le Pr. Jean Costentin, membre de l’Académie de médecine et de l’Académie de Pharmacie, dénonce la création de véritable « squats de santé » dans lesquels les lois de la République ne seront plus appliquées. En effet, des consignes sont données à la police. On lui demande de fermer les yeux sur le trafic fait aux alentours des salles de shoot, pour ne pas importuner les toxicomanes. Le 7 avril dernier, une députée socialiste, Mme Dagoma, a même proposé que l’on crée uneimpunité pénale pour les personnes qui se drogueront à PROXIMITE des salles de shoot. Qui pense aux riverains et aux enfants qui vivront dans ces quartiers ? 

Dans quelques semaines, ce texte sera examiné par le Sénat. Nous pouvons donc encore nous mobiliser pour empêcher cela. D’ici là, nous devons montrer que les Français n’accepteront pas que l’on joue ainsi avec la santé des plus jeunes, et leur sécurité.

En quelques jours, notre pétition a recueilli 30 000 signataires, notre objectif est d’en récolter 100 000 avant l’examen du texte au Sénat. Pour cela, j’ai besoin de vous, n’hésitez pas à transférer ce message et cette pétition à vos amis. 

Nous n’avons que quelques jours pour mener ce combat important.

UNI, 34 rue Emile Landrin, 92100 Boulogne Billancourt. 

Salles de shoot : le « Oui » des députés

Voilà une quinzaine d’années que dure le débat des salles d’injection supervisée, autrement appelées salles de shoot. Alors que ce dispositif d’accompagnement des usagers de drogues est plébiscité chez nos voisins allemands, belges, espagnols, et suisses, la France vient tout juste de donner son feu vert. Adoptée ce mardi 7 avril à l’Assemblée nationale, l’expérimentation des « salles de consommation de drogue à moindre risque » (SCMR) est prévue pour 6 ans.

Par 50 voix pour et 24 contre, cet accompagnement spécifique », estime Jean-Pierre Couteron.

Un geste plus encadré

Concrètement, des seringues à usage unique, des compresses stérilisées et des conseils d’hygiène seront délivrés dans des salles aseptisées. La prise en charge individuelle sera effectuée par des professionnels des Centres d’Accueil et d’Accompagnement à la Réduction des Risques chez les Usagers de Drogue (CAARUD). Grâce à cette pluridisciplinarité, chacun des entrants pourra, s’il le souhaite, intégrer un parcours de soins pour apprendre à maîtriser, voire réduire, sa consommation de substances illicites.

Des points de désaccord

« Toutes ces mesures font leurs preuves à l’étranger », insiste Jean-Pierre Couteron. En France, une partie de l’opposition y voit un risque de banalisation des injections, notamment auprès du public jeune. « Il s’agit pourtant d’une problématique de santé publique ». En plus d’aider des patients souffrant d’addiction, « encadrer ce geste dans un lieu dédié épargne l’espace public de matériels souillés et de pratiques d’injections peu sécurisées ». C’est pourquoi la ministre de la Santé a insisté sur l’urgence « de prendre en compte des situations qui existent, qu’on les supporte ou pas, qu’on les voie ou pas ».

« Paris et Strasbourg sont à ce jour en première ligne pour l’ouverture des centres pilotes, mais aucune décision n’est encore arrêtée », précise Jean-Pierre Couteron. « Dans plusieurs villes de France, les professionnels des secteurs médicaux, paramédicaux et sociaux (addictologues, infirmiers, éducateurs spécialisés) sont d’ores et déjà formés à la prise en charge de la toxicomanie. Il faut désormais attendre l’aval de leur ville pour organiser à l’échelle locale l’ouverture et la gestion de ces locaux », conclut le président de la Fédération Addiction. La date d’ouverture des premiers centres n’a pas encore été définie.

Source

Article dans JIM sur ce sujet

Suisse : Plus de consommateurs de cannabis admis dans des centres

DÉPENDANCE : Les centres d’aide font face à une augmentation des personnes liées à cette drogue. Une population plus jeune que les autres, constate Addiction Suisse.

Le nombre de personnes prises en charge dans des centres d’aide en raison de leur consommation de cannabis est en forte hausse en Suisse. En 2013, elles représentaient 51% des admissions contre 6% en 1997. De nombreux jeunes sont concernés.

La majorité des demandes restent liées à l’abus d’alcool, indique le mercredi 8 avril Addiction Suisse. Mais depuis les années 1990, les admissions pour consommation de cannabis augmentent.

Les personnes venant pour un problème lié à cette drogue constituent de loin la population la plus jeune parmi les personnes, poursuit la fondation. Environ 60% d’entre elles ont moins de 20 ans.

Environ un tiers des personnes qui débutent une prise en charge affirment en consommer tous les jours. A l’autre extrémité, 20% consomment cette substance un jour par semaine ou moins et 24% rapportent ne pas en avoir consommé durant le mois précédant l’admission.

Contrairement à d’autres patients admis, ces personnes indiquent plus souvent qu’elles ont effectué leur demande suite à des mesures judiciaires ou administratives (47%) et moins en raison d’une initiative personnelle, de la famille ou des amis (30%).

«Un défi particulier pour les centres d’aide, mais qui peut aussi permettre le repérage précoce de problèmes émergents», juge Addiction Suisse.

Moins d’opioïdes

Les admissions pour des problèmes de dépendance aux opioïdes, surtout l’héroïne, sont elles en revanche en diminution.La statistique suisse menée dans les centres ambulatoires et résidentiels montre qu’elles représentaient 78% des admissions contre 24% en 2013.

Cette baisse résulte notamment «d’une baisse de nouveaux consommateurs et d’un élargissement de l’offre de prise en charge des traitements de substitution de longue durée», explique la fondation.

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