Détente : 3 minutes de magie !!

Publicités

L’Académie nationale de médecine persiste et signe!

L’expansion de la consommation de cette drogue, sous des formes commerciales dont la concentration en principe actif, le delta-9-tetrahydrocannabinol (THC) a été multipliée par 4 entre 1993 et 2012, affecte principalement les jeunes français [1,2].

Ils sont les plus grands consommateurs en Europe. On dénombre en France 1.300.000 usagers réguliers et 550.000 consommateurs quotidiens [3]. Cette constatation amène l’Académie nationale de médecine à rappeler la convergence des données neurobiologiques, cliniques et épidémiologiques attestant de la toxicité somatique et psychique du cannabis d’autant qu’il existe une accumulation du THC dans le cerveau responsable d’une période de latence entre l’arrêt de l’intoxication et la cessation des effets.

L’usage du cannabis perturbe les fonctions cognitives, en particulier à l’âge des acquisitions scolaires et universitaires. Il peut induire des troubles anxieux et dépressifs avec leur risque suicidaire. Il peut entrainer ou aggraver des troubles psychotiques, à type de schizophrénie. Il est facilitateur de la consommation d’autres drogues, tabac, alcool, voire opiacés ou psychostimulants.

La désinhibition induite par le cannabis est facilitatrice de comportements à risque, auto- ou hétéro-agressifs et elle participe au bilan meurtrier des accidents de la route. Les méfaits somatiques du cannabis sont également connus : cancers O.R.L. et broncho-pulmonaires ; cancers du testicule ; troubles cardio-vasculaires (artérites, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux) ; troubles broncho-pulmonaires ; perturbations endocriniennes ; conséquences sur le déroulement de la grossesse et sur l’enfant qui en naîtra…

L’apparition sur le marché de nombreux cannabinoïdes de synthèse encore plus puissants que le THC aggrave les risques induits par ces consommations.

L’Académie Nationale de Médecine souligne la gravité des conséquences de l’expansion de la consommation de cannabis.

Ceci impose la mise en œuvre de mesures capables d’informer les jeunes et leurs éducateurs et de dissuader et punir ceux qui œuvrent pour cette pandémie.

1) Des campagnes d’information doivent être mises en œuvre sur les dangers du cannabis et des cannabinoïdes de synthèse pour la santé physique et psychique, en particulier durant la période du développement du système nerveux, c’est-à-dire l’enfance et l’adolescence. Ces campagnes doivent s’adresser aux adultes (parents, enseignants) ainsi qu’aux enfants, adolescents et étudiants. La lutte contre la consommation de cannabis doit-être érigée au rang de cause nationale.

2) Les effets délétères du cannabis et des cannabinoïdes de synthèse chez les personnes déjà porteuses de troubles mentaux justifient que les établissements accueillant ces malades veillent à prévenir toute forme de commerce et de consommation du cannabis en leur sein. Ceci doit être pris en compte dans le processus d’accréditation des établissements spécialisés en psychiatrie. Le taux de prévalence élevé des addictions en population carcérale doit être davantage pris en compte par l’autorité pénitentiaire, par la mise en œuvre d’actions de prévention auprès des populations concernées et, bien évidemment, par toutes mesures empêchant la circulation des drogues dans les lieux de privation de liberté.

3) Des mesures doivent être inscrites dans la loi pour empêcher, dans des boutiques, ou via l’internet, l’achat : de matériels et de semences permettant la culture du chanvre indien ; de cannabinoïdes de synthèse ; la vente aux mineurs de « vapoteurs », de pipes à eau, et de papier à cigarette « grand format » qui sont détournés pour la consommation du cannabis. Les arguments sanitaires ayant fondé la loi de 1970 [4] interdisant la consommation et le commerce de cannabis doivent être rendus accessibles à la population.

4) En matière de sécurité routière, une surveillance toute particulière doit viser à mieux prévenir et sanctionner la conduite de tout véhicule sous l’empire du cannabis et des cannabinoïdes.

[1] – Mura P, Brunet B, Dujourdy L, Paetzold C, Bertrand G, Sera B, et al. Cannabis d’hier et cannabis d’aujourd’hui. Augmentation des teneurs en THC de 1993 à 2004 en France. Ann. Toxicol. Anal. 2006; 18 : 3-6.
[2] – Drogues et addictions, données essentielles 2013. Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT). 30 mai 2013, mise à jour 14 juin 2013. 401 p.
[3] – Observatoire Français des Drogues et Toxicomanies (OFDT) – Chiffres clés, 4ième édition, 2012, cannabis.
[4] – Loi n° 70-1320 du 31décembre 1970 relative aux mesures sanitaires de lutte contre la toxicomanie et à la répression du trafic et de l’usage illicite des substances vénéneuses.

Les médias en parlent : Actu santé  – Le Figaro – Santé log

Comment la drogue drague votre cerveau pour vous rendre addict

« Si tu en prends, tu es coincé pour le reste de ta vie » voilà ce que disent la plupart des gens à propos des drogues d’abus. Mais ils oublient de préciser le vrai piège qu’elles referment: « si tu essaies et que tu es assez fort pour arrêter, soit prêt à vivre toute ta vie avec un spectre qui t’attend au carrefour de tes appétits ». Une fois que vous avez flirté avec la drogue, vous avez réveillé pour de bon une muse fantomatique.

Toutes les drogues d’abus (i.e. l’héroïne, la cocaïne, la marijuana, etc.) ont au moins un mécanisme en commun: elles augmentent la concentration de dopamine dans le cerveau.La dopamine est un neuro-modulateur qui permet d’anticiper la récompense. Que cela signifie-t-il ? Essayons d’imaginer. Souvenez-vous de votre béguin au lycée. Elle – ou il mais prenons elle ici – prend d’habitude le bus 79 à un arrêt en amont du vôtre. Quand vous parvenez à votre arrêt, vous regardez la circulation qui arrive et distinguez le signe 79 sur le bus qui s’approche. A ce moment, votre séquence mentale est: le 79 approche. Il est huit heure moins le quart, elle devrait être dedans. Une chance. Ces pensées rapides, presque réflexes, sont générées par – ou avec – le relargage de dopamine. Cette dernière inondant une partie de votre cerveau, vous êtes à présent en train de prévoir, d’anticiper, et d’attendre, un moment excitant, potentiellement agréable.

De façon plus intéressante, si, Poursuivre la lecture « Comment la drogue drague votre cerveau pour vous rendre addict »

Sécurité routière : comment fonctionnent les dépistages de stupéfiants ?

Les dépistages de prise de stupéfiants, une logistique plus lourde. S’il suffit d’un éthylotest puis d’un éthylomètre pour caractériser la conduite sous l’emprise de l’alcool, c’est moins simple pour les stupéfiants. Traquer la consommation de drogues d’un automobiliste nécessite en effet une certaine logistique. Pour cela, les gendarmes disposent de tests salivaires de deuxième génération, « fiables à 99 % pour ne pas dire 100 % », selon M. Woussen, de la brigade motorisée (BMO) d’Arras. De marque DrugWipe, ces tests ont été ventilés dans la région il y a plusieurs mois. Les gendarmes en étaient déjà dotés au Teknival en mai 2013. La salive est apposée sur le test, qui se colore selon le type de produits stupéfiants consommés. Cannabis, amphétamines, métamphétamines, ecstasy, cocaïne, opiacés, chaque produit a sa couleur.

C’est là que ça se complique pour les gendarmes, par rapport aux dépistages d’alcoolémie. Un examen médical doit en effet suivre le test salivaire positif et il ne peut se faire que par un médecin, le plus souvent dans un hôpital. Les gendarmes doivent alors accompagner le suspect. Les enquêteurs fournissent deux tubes pour une prise de sang, une seringue et une aiguille. Deux tubes car il faut en garder un en cas de demande de contre-expertise.

Comment sont ciblés les automobilistes dépistés ? Pas de délit de facies, évidemment, mais les gendarmes ont leurs petits trucs. Il vaut mieux cibler car la logistique est lourde. «Un test va prendre beaucoup de temps, s’il est positif ça fait deux personnels mobilisés pour aller à l’hôpital » détaille M. Woussen.

Les plaques d’immatriculation servent encore de repère. On sait par exemple que les habitants de Seine-Maritime (76), de région parisienne ou de Bretagne revenant des Pays-Bas passent par chez nous.

« On cible plus les jeunes car ils sont de plus en plus touchés, détaille M. Woussen. Le joint s’est banalisé. À chaque sortie de discothèque, on a du stupéfiant. C’est une constante ». Il est évident que la mère de famille avec ses deux enfants à l’arrière aura ainsi moins tendance à être contrôlée qu’un jeune seul dans une voiture brinquebalante.

L’odeur dans la voiture peut aussi renseigner le gendarme (surtout si le chauffeur a fumé du cannabis, qui sent fortement), de même que les réactions physiques comme la rétractation ou non des pupilles. L’intérieur de la voiture est aussi observé. Des feuilles à rouler ou des gros pots de tabac peuvent trahir les consommateurs de cannabis.

Source

Cannabis: les saisies par les douanes ont triplé en 2013

Beau score pour les douanes. Les saisies de cannabis ont plus que triplé, passant de 24 tonnes en 2012 à 86 tonnes en 2013, a annoncé ce mercredi le ministre de l’Economie Pierre Moscovici.

Au cours d’une conférence de presse à Bercy, Pierre Moscovici a ajouté que les saisies de cocaïne étaient passées de 4,6 tonnes en 2012 à 7,2 tonnes en 2013, tandis que celles de khat (feuilles hallucinogènes de la Corne de l’Afrique qui se mâchent) décuplaient, passant de 4,5 à 49 tonnes.

La MILDT en pétard contre un épisode de « Plus belle la vie »

« Dans un épisode de la série télévisée « Plus belle la vie », diffusée lundi 3 mars 2014 sur France 3, l’un des personnages principaux propose une explication très didactique et prolongée sur la façon de rouler une cigarette de cannabis », écrit Danièle Jourdain-Menninger la présidente de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et la toxicomanie (MILDT).

Dans cette lettre de saisine, la présidente de la MILDT s’interroge sur « la conformité du programme » avec une délibération du CSA « du 17 juin 2008 relative à l’exposition des produits du tabac, des boissons alcoolisées et des drogues illicites » à l’antenne, laquelle demandait, « s’agissant des programmes de fiction et dans le respect de la liberté de création des auteurs, aux services de télévision qui coproduiraient de tels programmes de ne montrer une prise de drogue illicite que lorsque le scénario le justifie et de veiller à ce que ce dernier ne soit pas incitatif, notamment vis-à-vis des jeunes téléspectateurs ».

Dans la lignée du plan addiction

S’adressant au président du CSA, Danièle Danièle Jourdain-Menninger ajoute : « S’il s’avérait que ce programme ait été non conforme, il m’apparaît utile, sinon nécessaire que l’instance que vous présidez envisage de faire un rappel de l’obligation de respecter la délibération suscitée ».

Par ailleurs, elle rappelle que « le code de la santé publique prévoit que la présentation sous un jour favorable de l’usage d’un produit stupéfiant est pénalement répréhensible ». La Mildt souligne que le nouveau plan gouvernemental 2013-2017 dévoilé en septembre 2013 fait de la jeunesse « le public prioritaire de l’action publique en la matière ». Il existe « un consensus scientifique et politique fort sur la nécessité de débanaliser la consommation de cannabis, comme de toute autre substance psychoactive », insiste sa présidente.

Elle appelle à une « responsabilisation de chacun face aux conduites addictives, et plus particulièrement des médias, dont on connaît le pouvoir de prescription sur les populations ». La MILDT souhaite par ailleurs engager des travaux avec le groupe « Santé et développement durable » du CSA en vue du déploiement d’une charte engageant les chaînes de télévision.

Dr L. A.

Source 

Le CSA saisit après la diffusion d’une scène où deux acteurs de « Plus Belle la Vie » roulent un joint (FR3)

MEDIA – La Mission de lutte contre les drogues saisit le CSA après la diffusion d’une scène où deux acteurs de Plus Belle la Vie roulent un joint.

Saisine. Danièle Jourdain-Menninger, présidente de la MILDT (Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et la Toxicomanie) , a saisi le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel (CSA). Pour la représentante de ce service du Premier Ministre, cette scène « très didactique » tournée sur la façon de rouler un joint ne peut être cautionnée. Dans son courrier adressée au CSA, elle rappelle que le code de santé publique punit « la présentation sous un jour favorable de l’usage d’un produit stupéfiant ».

En 2008, le CSA avait déjà rendu une délibération interdisant « de relater de manière positive ou équivoque la consommation de drogue », délibération assouplie pour les fictions qui ne devaient pas présenter la drogue de façon « incitative pour les jeunes ».

« Mission de service public ».Interrogé par Europe1.fr, un des porte-parole de France 3 assume le choix d’avoir diffusé cette scène. Selon Hubert Besson, producteur de la série, insiste quant à lui sur l’aspect pédagogique, en parlant d’une « mission de service public ».

Légalisation du cannabis : l’ONU critique l’Uruguay et deux Etats nord-américains

Mardi, 04 Mars 2014 12:13 AEM – AFP

VIENNE, Autriche – L’Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS) s’est inquiété mardi d’initiatives en Uruguay et aux États-Unis — États du Colorado et de Washington — sur la légalisation du cannabis, qu’il juge contraire aux conventions internationales.

L’agence de l’ONU évoque dans son rapport annuel une « dangereuse tendance » en Uruguay après la légalisation de « la production la vente et la consommation de cannabis à des fins non médicales », du cannabis, et assure qu’une telle loi est contraire aux dispositions de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961.

Le Parlement uruguayen a adopté définitivement en décembre 2013 un texte régulant la production et la vente de cannabis sous l’autorité de l’État, une initiative sans précédent dans le monde.

L’OICS a en outre « profondément » regretté que les États du Colorado et de Washington aient légalisé la possession de petites quantités de cannabis, possible depuis le 1er janvier au Colorado et au printemps 2014 dans l’État de Washington.

L’OICS demande au gouvernement fédéral américain « de veiller à ce que les conventions soient pleinement mises en oeuvre sur l’ensemble de son territoire ».

L’agence appelle les gouvernements à avoir comme priorité « la santé et le bien-être à long terme de leur population, dans l’esprit du préambule de la Convention de 1961 », lors de l’examen « de leurs futures politiques en la matière ».

Le cannabis, aussi dangereux que l’héroïne ?

L’agence anti-drogue américaine affirme que le cannabis, légalisé dans 2 des 50 Etats américains, mérite de rester classé au niveau fédéral parmi les drogues les plus dangereuses.

L’agence anti-drogue américaine a maintenu mardi à Washington que le cannabis, récemment légalisé dans deux des 50 Etats américains, méritait de rester classé au niveau fédéral dans la plus haute catégorie de dangerosité. On trouve également à ce niveau le LSD, l’héroïne et l’ecstasy.

«La marijuana est la drogue illicite la plus facilement accessible et utilisée aux Etats-Unis», a déclaré Thomas Harrigan, numéro deux de la Drug Enforcement Agency (DEA), à des parlementaires américains, dans une déclaration commune avec le procureur fédéral du Colorado, où des premiers coffee-shops ont ouvert en janvier.

Mais, pressé par des élus favorables à une dépénalisation du cannabis, le responsable a indiqué qu’à sa connaissance, personne n’était mort d’une overdose de cannabis l’année dernière.

Position délicate

La légalisation du cannabis à des fins médicales dans 21 Etats et sa libéralisation au Colorado et dans l’Etat de Washington placent les autorités fédérales dans une position délicate.

Les agents fédéraux doivent limiter leurs interventions à des types d’affaire relevant des priorités fédérales, comme la consommation des mineurs ou la lutte contre les cartels.

Environ 750’000 Américains ont été arrêtés pour des faits liés au cannabis en 2011, a indiqué le démocrate Earl Blumenauer, citant des chiffres du FBI – soit plus que les arrestations pour délits violents. «Nous emprisonnons des gens. Nous dépensons des milliards de dollars, mais ça ne marche pas», a-t-il affirmé.

Aucune raison pour «modifier la politique nationale»

Le représentant a souligné que 16’000 personnes étaient mortes l’an dernier d’overdoses de médicaments prescrits par ordonnances, sans compter des milliers d’autres morts d’overdoses par cocaïne, héroïne, méthamphétamines et alcool.

Mardi, le district de Columbia, la juridiction administrative de la capitale fédérale Washington, a dépénalisé la possession de faibles quantités de cannabis. Les consommateurs ne risqueront bientôt plus qu’une amende comparable à celle encourue pour une infraction de stationnement.

Mais Thomas Harrigan, de la DEA, a martelé qu’il n’existait «pas de bonnes raisons scientifiques, économiques ou sociales de modifier la politique nationale concernant la marijuana».

Source

L’American Epilepsy Society demande une nouvelle classification du cannabis

Les spécialistes de l’AES – American Epilepsy Society – sont unanimes pour qu’une nouvelle classification du cannabis soit autorisée par le gouvernement américain. Cette révision a pour but de soumettre cette substance, considérée comme dangereuse, à une étude sur les conséquences qu’elle peut avoir sur les crises épileptiques.

Cette demande de classification sur la dangerosité du cannabis coïncide avec une série d’analyses que veut entreprendre une société pharmaceutique du Royaume-Uni sur une nouvelle molécule à base de cannabis pour les épileptiques – sans les substances hallucinogènes.

L’American Epilepsy Society a toujours déconseillé, aux patients atteints d’épilepsie, la consommation de cannabis : elle s’inquiète donc de voir que certains s’en procurent pour leurs enfants épileptiques. En effet, une certaine souche de marijuana provenant du Colorado aurait aidé à contrôler leurs crises.

En outre, rien n’indique encore que ce traitement est bénéfique et sans risques : les cas rapportés sont anecdotiques. C’est pourquoi l’AES se tourne vers la Drug Enforcement Administration pour pouvoir faire une étude approfondie sur les conséquences possibles du cannabis sur ces patients épileptiques.

En attendant, l’AES encourage fortement ceux-ci à consulter un médecin spécialiste pour connaître les différents traitements et ainsi faire des choix éclairés

Cannabis : des effets très variables (REVUE DE L’INSERM, 25 février 2014)

La prise de cannabis est vécue différemment selon les consommateurs. Une nouvelle étude montre notamment que la tendance à ressentir des effets psychotiques semble dépendre de variants génétiques.

Reste à savoir si ces variants modifient le risque d’émergence d’une schizophrénie.

Cannabis et schizophrénie : le lien n’est pas nouveau. Plusieurs études ont montré que la consommation de cette drogue augmente le risque de survenue de la maladie psychiatrique dans les années qui suivent.

Néanmoins, tous les fumeurs ne deviennent pas schizophrènes et Il semble donc exister des facteurs favorisants. Des travaux antérieurs ont pointé du doigt les antécédents familiaux de psychose, l’exposition au cours de l’adolescence ou encore l’importance de la consommation. Cette fois, une équipe Inserm s’attaque aux facteurs génétiques.

Près de la moitié des jeunes concernés

Les chercheurs se sont en particulier intéressés au gène codant pour le récepteur cérébral aux cannabinoïdes (CNR1). Ils ont analysé les variations dans la séquence de ce gène et les effets ressentis par des jeunes lors de leur consommation de cannabis. Pour cela, ils ont interrogé 3 800 étudiants en bonne santé, âgés en moyenne de 20 ans, lors de la visite médicale obligatoire en première année d’étude universitaire. Les questions portaient sur leur éventuelle consommation de cannabis et les effets subjectifs ressentis le cas échéant. En parallèle, 1 200 jeunes ont accepté de participer anonymement à l’enquête génétique. Parmi les effets suggérés dans le questionnaire utilisé, on retrouve ceux communément admis, comme les sentiments de relaxation, d’euphorie ou d’exacerbation des sens. Figuraient aussi les effets moins connus tels que les syndromes dépressifs passagers, la paranoïa, les crises d’angoisse, les difficultés motrices et cognitives.

Figuraient enfin des effets psychotiques, tels que des hallucinations visuelles et auditives. Les résultats montrent que 44 % des personnes interrogées avaient expérimenté le cannabis au moins une fois dans leur vie, avec un âge d’initiation moyen se situant autour de 16 ans. Ces résultats sont conformes à ceux des études menées en population générale Cette nouvelle étude indique en outre que, parmi les personnes interrogées qui avaient déjà consommé du cannabis, environ une sur cinq a déjà ressenti un effet de type psychotique lors d’une de ces expériences.

Un gène en cause

L’analyse génétique a montré que ce trait était corrélé à certains variants génétiques du récepteur aux endocannabinoïdes CNR1, récepteur sur lequel agit le THC (Tétrahydrocanabinol, principal composant du cannabis). « L’haplotype AAA du gène, présent chez environ 30 % des sujets, semble moins souvent associé aux effets psychotiques que les autres haplotypes. Cela suggère l’existence de facteurs génétiques qui prédisposent à ce type de symptômes, indépendamment des habitudes de consommation* », explique Marie Odile Krebs, responsable de cette étude. Les chercheurs tentent maintenant d’évaluer le pouvoir prédictif de cette association, ainsi que l’influence éventuelle de certains variants du gène CNRI sur le risque d’apparition d’une schizophrénie. Pour ce faire, ils étudient de jeunes patients consultants du C’JAAD (consultation spécialisée du service hospitalo- universitaire de l’hôpital Sainte Anne à Paris) pour des symptômes prodromiques, annonciateurs dans 10 à 30% des cas d’une évolution vers une schizophrénie. En attendant d’en savoir plus, « ces travaux interpellent sur la sensibilité individuelle à l’usage du cannabis. Ce message doit passer auprès des jeunes, ils doivent apprendre à reconnaitre ces effets délétères qu’ils peuvent etre les seuls à ressentir conclut Marie Odile Krebs

*Unité 894 Inserm/Université Paris Descartes, Centre de Psychiatrie et Neurosciences Paris MO Krebs et coll. Psychomimetic effect at initiation of cannabis use are associated with cannabinoid receptor 1 (CNRI) variants of healthy students. Molecular Psychiatry, edition en ligne du 22 Janvier 2014

 

 

 

Cannabis, alcool : les plus de 40 ans inquiètent les médecins

D’après un bilan officiel britannique

La toxicomanie serait un problème croissant chez les personnes âgées. Entre 2002 et 2010, les hospitalisations à cause de l’alcool chez les plus de 65 ans auraient grimpé de 136%.

Alors que les abus de drogues illicites et de consommation massive d’alcool, de type binge drinking sont habituellement associés aux jeunes, un rapport britannique tire la sonnette d’alarme vis-à -vis de ces conduites à risque des personnes plus âgées. En effet, selon le constat dressé par Drugscope, un organisme caritatif indépendant travaillant sur les drogues et l’alcool, entre 2002 et 2010, les traitements pour toxicomanies chez les personnes de plus de 40 ans, y compris chez les seniors n’ont cessé de croître.

Et toutes les substances psychoactives sont concernées, puisque ce rapport révèle qu’à la fois en matière d’alcool, de cannabis ou même d’héroïne, les demandes de prise en charge médicale sont en forte augmentation. L’organisme Drugscope met en garde contre une «épidémie silencieuse». Il précise qu’alors que le nombre de personnes traitées pour l’utilisation de drogues comme l’héroïne et le crack est en baisse dans la population générale, les chiffres sont à la hausse chez les personnes âgées de 40 ans et plus.

Les hospitalisations à cause de l’alcool en hausse de 136 %

Ce rapport intitulé, « Il est temps : la lutte contre la toxicomanie chez les personnes âgées », pointe tout d’abord du doigt les problèmes d’alcool chez les seniors. Selon ces spécialiste, entre 2002 et 2010, les admissions à l’hôpital liées à l’alcool chez les hommes âgés de 65 ans ont augmenté de 136 % et de 132% chez les femmes dans la même tranche d’âge.
Plus inquiétant encore, les taux de mortalité liés à l’alcool chez les personnes de plus de 55 ans seraient également en hausse et pour les plus de 75 ans, les décès liés à l’alcool seraient même à leur plus haut niveau depuis 1991. Selon DrugScope, bien que certains de ces décès sont associés à la consommation d’alcool à long terme, il y aurait également un nombre important de personnes se mettant à boire sur le tard. « Ces retardataires utilisent souvent ces substances comme une sorte d’automédication quand ils développent des problèmes physiques et psychologiques liés au vieillissement » précise le rapport.

Ecoutez le Dr Pierre-Michel Llorca, psychiatre au CHU de Clermont-Ferrand : «Certaines données montrent qu’il y a une augmentation de l’alcoolisation à partir de 65 ans, notamment féminine. C’est un problème de santé publique par sa difficulté de repérage. »

 

Ce rapport montre par ailleurs que quelque 1,4 million de britanniques âgés de plus de 65 ans dépassent actuellement les limites de consommation d’alcool recommandées au Royaume-Uni. Mais d’après les spécialistes, cette augmentation brutale du nombre d’hospitalisation pour alcoolisme chez les seniors ces dernières années ne reflète pas forcément une incidence en hausse de cette maladie. « C’est peut être un cumul de deux phénomènes, à la fois une augmentation de la fréquence de l’alcoolisation dans cette population, mais c’est peut être aussi qu’on les repère mieux aujourd’hui, précise Pierre-Michel Llorca, psychiatre au CHU de Clermont-Ferrand. Cela témoigne sûrement aussi d’une amélioration de la prise en charge. »

D’autre part, d’après ce bilan, alors que le nombre de moins de 30 ans en demande d’un traitement pour dépendance à l’héroïne a diminué progressivement au cours des dernières années, chez les plus de 40 ans on aurait observé le phénomène inverse. D’après les auteurs du rapport, en réalité c’est parce que la population des usagers d’héroïne est vieillissante et que leur santé se détériore rapidement.
Enfin, cette analyse révèle aussi que depuis les années 90, un nombre croissant d’individus de plus de 50 ans consomment du cannabis régulièrement.

Ecoutez le Dr Pierre-Michel Llorca : « Les consommateurs réguliers vieillissent. 20% gens de 40 ans consomment régulièrement du cannabis en France et ça augmente. »

Développer des campagnes de prévention visant les seniors

Même si les politiques de prévention ciblant les jeunes  sont toujours nécessaires, , il est désormais temps de développer davantage d’interventions de santé publique dans des tranches d’âge plus âgée, esiment les spécialistes. « Les politiques en matière de drogues et d’alcool ainsi que l’attention des médias se concentrent toujours sur les jeunes, a déclaré Marcus Roberts, directeur général de DrugScope. Ces problèmes affectent pourtant les personnes âgées même si c’est différemment. Cela ne les rend pas moins réel ou important ».
Selon les médecins qui traitent les problèmes d’addiction, chez les seniors par exemple, les problèmes de drogues ou d’alcool peuvent être parfois révélateurs d’autres problèmes, tels que la solitude et l’isolement, la fatigue liée aux soins d’un partenaire ou encore le deuil ou des problèmes financiers. «Nous avons besoin de développer une gamme d’interventions adaptées à cette tranche âge » conclut le rapport de DrugScope.

Source