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Propositions du CNPERT : E – Agir contre les opiacés et les opioïdes

Il y a une quinzaine d’années plusieurs médias reprochaient au corps médical sa pusillanimité dans la prescription d’analgésiques opiacés (issus de l’opium) ou opioïdes (agents de synthèse agissant selon le même mécanisme que la morphine), qui sont les antalgiques les plus puissants. Pour enfoncer le clou, ils reprochaient aux médecins de faire peu de cas de la douleur de leurs patients.

Cette interprétation fallacieuse et venimeuse voulait en ignorer une autre, celle de la propension des Français à abuser communément de différentes drogues. Sous ces incitations, les prescriptions médicales d’analgésiques se sont multipliées. Au niveau Européen, devant l’apparition de détournements et/ou de surdoses (surtout en Europe du Nord), l’élixir parégorique, le Diarsed® (antidiarrhéique associant atropine et diphénoxylate), le dextropropoxyphène (in Di-Antalvic®, in Propofan®) ont été retirés de la pharmacopée. La codéine qui était en vente libre, comme antitussif, mais surtout comme substitut à bas prix de l’héroïne, s’est trouvée adjointe au paracétamol et fut très/trop largement utilisée. Elle fut aussi utilisée dans des cocktails psychédéliques, associée à des antihistaminiques (« purple dranks »). Devant ces constats, elle vient enfin de faire l’objet de mesures restrictives. Le tramadol a vu aussi sa prescription s’emballer et des dépendances s’installer.

La diffusion du Subutex®/buprénorphine, que peuvent prescrire les généralistes aux héroïnomanes, pour les faire rompre avec leur comportement injecteur, connaît de nombreux débordements et détournements. Ils aboutissent au recrutement de nombreux toxicophiles qui se font piéger par les opioïdes. Qui plus est, une forte proportion de ses « bénéficiaires » se l’injectent (en 2017, ils étaient 25% dans les centres de soin, d’accompagnement et de prévention en addictologie (CSAPA) et 46% dans les centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques (CAARUD) à le faire) ou bien ils la sniffent (25% dans les CSAPA et 21% dans les CAARUD. Les néophytes empruntent par cette buprénorphine le chemin qui les conduira à des produits plus puissants dont, bien sûr, l’héroïne elle-même, par voie intraveineuse.

La préoccupation lourdement affichée d’une « réduction des risques »  mise en avant pour justifier ce « Subu » est sévèrement contredite par ces données, qui montrent qu’elle fait naître d’autres risques, plus intenses que ceux qu’elle prétendait réduire ; cela à des coûts élevés pour la collectivité. Récemment l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) vient d’agréer une forme « Lyoc » de la buprénorphine à haut dosage (Orobupré®), dont la mise en solution ne comporte plus aucun résidu limitant le volume qui peut être injecté (à la différence du Subutex ®) ; une particularité évidemment de nature à aggraver ce détournement…

Deux voies principales conduisent au recrutement des sujets dépendants aux opioïdes (ils sont près de 300.000 en France):

La première voie correspond, souvent, à l’aboutissement d’un parcours de toxicophilie : Escalade à l’origine de polytoxicomanies. L’individu ayant abusé de toutes les drogues d’amont : tabac, alcool, cannabis, cocaïniques et amphétaminiques, codéine, tramadol, Lamaline®/poudre d’opium, buprénorphine, arrive à la morphine et bientôt accède au sommet, représenté par l’héroïne. On redoute l’arrivée en France des anilinopipéridines (fentanyl, sufentanyl, carfentanyl, cyclofentanyl..) ; ces opioïdes, actifs à de très faibles doses, sont à l’origine de multiples surdoses. Aux U.S.A., en 2016,  la mortalité due aux opioïdes était estimée à 64.000 victimes, dont 20.100 par les dérivés du fentanyl. Les chiffres récents du nombre global de surdoses mortelles par opioïdes dans ce pays faisaient état,  en 2017, de 72.200 décès et en 2021, de 100.000 décès. 

 L’héroïne, qui piège en France près de 150.000 personnes, est actuellement la drogue la plus « dure ». L’accès facilité aux seringues, qui a contribué à réduire la diffusion du SIDA et de l’hépatite C (qui résultait du prêt de seringues entre héroïnomanes) a évidemment contribué à l’augmentation de l’administration intra veineuse des drogues (autre exemple d’une réduction des risques, en faisant naître ou croître d’autres).

La deuxième voie conduisant au recrutement par les opioïdes, résulte soit de  prescriptions galvaudées soit, quand elles sont médicalement justifiées, de doses ou de  durées d’administration excessives. Le dessein de soulager vite, ne devrait pas relativiser l’impératif du « primum non nocere » (d’abord ne pas nuire).

Pour limiter ce mode de recrutement d’une morphino-dépendance par la thérapeutique, il faut insister sur quelques principes :

  • Assurer une meilleure formation des médecins à la prescription des analgésiques. Cette prescription doit être dégagée des pressions médiatiques et n’être centrée que sur des préoccupations authentiquement médicales, faisant abstraction de démagogie ; ne faisant pas payer au patient, pour le confort d’un soulagement rapide, le prix d’une addiction durable, qui peut être désastreuse.
  • Etre économe des moyens disponibles, en gardant toujours des réserves d’efficacité. La première prescription fait appel au paracétamol (sans dépasser 3g par jour), dans un deuxième temps, pour les douleurs liées à une inflammation aigüe, viendra le recours aux anti-inflammatoires non stéroïdiens ou, encore plus actifs, aux glucocorticoïdes. L’adjonction au paracétamol de la codéine devra s’assurer que le patient n’est pas déjà victime de pharmacodépendances notables. Il en sera de même pour le recours éventuel au tramadol (Topalgic®) ou à la buprénorphine à faible dose (Temgésic®). La prescription ultime des opioïdes les plus forts (oxycodone, morphine…) se limitera aux doses nécessaires et suffisantes, pour les périodes les plus brèves possibles (hormis les soins palliatifs et l’accompagnement des personnes en fin de vie qui font appel à des stratégies spécifiques).
  • Le tétrahydrocannabinol (THC du cannabis) n’a pas de place dans cette gradation thérapeutique. Ses effets analgésiques, modérés, y compris dans la douleur chronique, comportent des risques nombreux et parfois graves, tels que son rapport bénéfices/risques, en l’état des connaissances, est jugé défavorable.
  • Une réévaluation de l’état douloureux, doit être pratiquée régulièrement pour ne pas prolonger indûment certains traitements, qui créeraient ou entretiendraient une dépendance.
  • Une attention particulière doit concerner les médecins généralistes qui prescrivent à des fréquences et des doses importantes des opioïdes sur de longues durées ; des justifications devraient leur être demandées par des médecins inspecteurs de la santé ; l’inspecteur des pharmacies pourrait les identifier à partir des ordonnanciers des pharmaciens sur lesquels la délivrance de ces médicaments est inscrite,  de même que les médecins de la sécurité sociale qui ont accès  aux profils de prescriptions des praticiens. Il faudra rendre obligatoire une formation continue  portant sur les opiacés, opioïdes et les divers autres types d’analgésiques.
  • Les médecins et personnels infirmiers ayant un accès facile à l’armoire où sont stockés les stupéfiants devraient faire l’objet de contrôles urinaires inopinés. Les pharmacies centrales des hôpitaux devraient suivre les niveaux de consommation des stupéfiants, service par service et leurs prescriptions par chaque praticien.
  • Il faudra être très attentif à l’évolution de la consommation des produits de la palette des analgésiques après les dispositions prises pour restreindre la disponibilité de la codéine.

Pour prévenir l’instauration d’une dépendance aux opioïdes produite par un usage dit « récréatif » (euphémisme trompeur en regard de la gravité de cette dépendance), i.e. d’emblée toxicomaniaque, il est indispensable de tenir compte des principes suivants :

– L’accès aux opioïdes s’inscrit dans la suite d’une ascension des barreaux de l’échelle des toxicomanies. C’est exceptionnellement une intoxication de premier rang. C’est l’aboutissement d’un lent processus ayant conduit à expérimenter, puis à user, puis à abuser de différentes autres drogues. Quand, par le jeu d’une tolérance, leur effet s’atténue, le toxicomane ajoute une autre drogue, puis une autre.

Pire qu’une escalade, dans laquelle le drogué supprimerait une drogue pour passer à une autre, plus forte, il s’agit d’une poly toxicomanie ; le sujet n’élimine aucune de ses premières drogues, mais  en ajoute une autre, puis une autre encore. La prévention consiste en la circonstance à rendre plus difficilement accessibles, et mieux encore inaccessibles, les premiers échelons de cette échelle.

– Il faut, de toute urgence, mettre un terme au trafic du Subutex®, qui perdure depuis que ce médicament a été mis sur le marché, et dont la prescription se trouve confiée à tout médecin généraliste, sans formation spécifique préalable dispensée par la Faculté. On a vu se développer, et elle perdure encore, la situation où un héroïnomane consulte successivement plusieurs praticiens pour se faire prescrire le Subutex® à la plus haute dose possible (16 mg/J) ; il présente ensuite ses différentes ordonnances à autant de pharmacies différentes.

Si désormais la carte vitale ne peut plus être présentée qu’une fois, toutes les autres transactions sont possibles, sans être remboursées. Ce trafic, pourtant facile à constater, a été très longtemps « ignoré » ; il serait sans doute plus exact de dire accepté, ou en tous cas toléré. Les « bénéficiaires » à bas prix de ces nombreux comprimés de Subutex® ne sauraient qu’en faire s’ils ne les revendaient à de jeunes toxicophiles, qui se voient ainsi ouvrir, à bas prix, l’accès aux morphiniques,  et le chemin de l’héroïnomanie. Avec l’argent de ses reventes, l’héroïnomane peut s’offrir son héroïne.

– Une véritable prise en charge médicale des patients toxicomanes est plus lourde, plus complexe, avec des consultations plus longues que pour la patientèle moyenne des médecins généralistes. Ces praticiens ne devraient voir quotidiennement en consultation qu’un nombre restreint de toxicomanes (< 4) ; ils  devraient  avoir suivi à la faculté une formation spécifique et bénéficier d’une rémunération d’un niveau double de celle d’une consultation habituelle. Les prescripteurs de Subutex® devraient être fortement incités à diminuer, à une allure variable selon chaque patient, les doses de buprénorphine,  visant l’abstinence à plus ou moins long terme. Le patient ne doit pas demeurer ad vitam sous stimulation opioïde, restant toujours incité au retour à l’héroïne à son prochain « bleu à l’âme » ou lors des accidents divers pouvant émailler sa vie.

– Le recours aux génériques du Subutex® doit être privilégié, non seulement pour alléger la charge financière de la sécurité sociale, mais aussi pour rendre plus difficile la mise en solution des comprimés perlinguaux afin de s’injecter le principe actif (ces génériques laissant après dissolution un plus grand résidu insoluble). Ces injections sont une parfaite aberration, s’agissant d’un médicament conçu pour faire rompre l’héroïnomane avec son comportement injecteur d’opioïdes.

– D’une façon optimale, le seul médicament remboursé à cet effet devrait être la Suboxone®. L’adjonction à la buprénorphine à haut dosage de naloxone (un antagoniste opioïde), non résorbée par voie sublinguale, ne trouble pas l’effet de la buprénorphine ; de plus cette naloxone pallie la constipation opiniâtre provoquée par le Subutex®.

Si le patient venait à mettre en solution le comprimé de Suboxone® pour s’injecter le surnageant, ce surnageant comporterait, outre la buprénorphine, la naloxone ; cette dernière, lors de l’injection intraveineuse, accédant au cerveau avec la buprénorphine, préviendrait l’effet de « shoot » et pourrait même déclencher un syndrome d’abstinence, dissuadant durablement de réitérer une telle injection. 

– Si l’héroïnomane est incité à tricher (revente de ses comprimés, injection de ceux-ci) c’est parce que la substitution directe de l’héroïne par la buprénorphine est ressentie d’emblée comme trop sévère/frustrante (du fait du passage de l’héroïne qui stimule de façon maximale les récepteurs opioïdes, à la buprénorphine qui, elle, ne stimule ces récepteurs que d’une façon partielle). La substitution de l’héroïne devrait  recourir d’abord à la méthadone par voie orale (qui, comme l’héroïne, stimule les récepteurs opioïdes de façon maximale) puis, après avoir diminué progressivement sa dose initiale (d’un tiers environ), le relai serait pris par le Subutex® à haute dose, suivi de sa diminution progressive pour atteindre l’abstinence.

– Des études devraient être poursuivies sur l’utilisation de formes retard (implants sous cutanés) de buprénorphine. Chez le sujet sevré, des implants d’antagonistes des récepteurs opioïdes permettraient de s’opposer aux effets qu’il pourrait rechercher, s’il venait à renouer avec ses démons/administrations antérieur(e)s.

Prochain article : F – Juguler l’accroissement de la consommation de cocaïne le 29 Juin

Propositions du CNPERT : Prologue et Synopsis

            IPrologue

Notre Nation est minée de longue date par les ravages physiques du tabac (75.000 décès annuels avec souvent, au préalable, de nombreux handicaps affectant la qualité de vie des tabagiques) et par les ravages physiques et psychiques de l’alcool (41.000 décès annuels, avec de nombreux handicaps et de grandes détresses psychiques et sociales, dont nombre d’actes de violence, sur les femmes et dans les familles). Tous ces drames sont la rançon du caractère licite de ces drogues et l’expression d’appétits capitalistes insatiables qui tirent de ces intoxications de masse, de somptueux bénéfices, que sans cesse  ils s’appliquent à faire croître.

L’attrait commun des humains pour les drogues est redoublé par d’éventuelles perturbations familiales, environnementales, relationnelles, éducatives… Cet ensemble est exacerbé par un appât du gain qui s’exprime à toutes les étapes du parcours des drogues. En regard de ces différents facteurs les considérations humanistes, morales et sanitaires ne pèsent pas lourd. C’est ainsi que l’on aboutit au désastre des toxicomanies, qui affecte particulièrement notre Nation ; puisqu’elle apparait en Europe aux premiers rangs des consommateurs de nombreuses drogues.

Le CNPERT affiche dans son intitulé les objectifs qu’il s’assigne : réunir les informations épidémiologiques et toxicologiques les plus pertinentes sur les drogues en circulation ; analyser l’importance de leur consommation et de leurs méfaits ; suggérer les moyens à mettre en œuvre pour contenir et mieux encore faire reculer leurs consommations.

            Pour les lecteurs pressés, sont synthétisées  en  trois pages les actions de prévention que nous suggérons,  et pour tous les autres lecteurs sont présentés  sur une vingtaine de pages les attendus et les modalités de mise en œuvre de ces suggestions.

Ces propositions s’adressent à tous les citoyens français, avec l’espoir qu’ils insuffleront à leurs élus leurs préoccupations et leurs requêtes. Le CNPERT vous prie donc d’en assurer la plus large diffusion et vous en remercie.

II – Synopsis des propositions du CNPERT

       visant à faire régresser les drogues et toxicomanies

            Tabac – Alcool

-Enseigner dès l’école primaire les méfaits de ces deux drogues.

-Mettre en œuvre dès maintenant toutes les dispositions permettant d’atteindre en 2030 l’ambition d’une génération sans tabac, exprimée par le Président de la République.

-Accroître les prix du tabac et de l’alcool.

-Faire respecter l’interdiction de leurs ventes aux mineurs.

-Généraliser les facultés et les hôpitaux « sans tabac ».

-Multiplier les messages de prévention.

-Interdire toutes les formes de leur publicité.

-Utiliser le nouveau service national pour faire des jeunes appelés des éducateurs dénonçant les méfaits de toutes les drogues.

-Réduire la production d’alcool, le degré alcoolique des vins, le volume des flacons de bière.

-Multiplier les contrôles routiers et professionnels de l’alcoolémie.

-Interdire les « happy hours » ; interdire les dons d’alcool par les alcooliers aux soirées festives comme incitation à la consommation.

-Lier la restitution d’un permis suspendu après constat d’une alcoolisation routière à une  vérification de l’abstinence attestée par la mesure dans les cheveux de l’éthylglucuronide.

-Encourager le développement d’une gastronomie pouvant se marier avec des boissons non alcooliques. 

-Supprimer les boissons alcooliques dans les « pots » d’entreprises et les réunions professionnelles.

-Interdire la vente et la consommation d’alcool lors des manifestations sportives.

-Responsabiliser les personnels des bars dans la prévention des ivresses.

-Rappeler que le fœtus ne supporte pas l’alcool ; qu’il est menacé par le syndrome d’alcoolisation fœtale ; les pictogrammes apposés sur les boissons alcooliques doivent être parfaitement lisibles.

Cannabis

-Enseigner dès l’école primaire les méfaits de cette drogue.

-Lutter contre les lobbies au service de la diffusion du cannabis ; dénoncer les médias qui sont leurs relais.

-Empêcher le détournement des e-cigarettes par des recharges « d’huile de cannabis » et des divers produits à base de cannabis ou de cannabinoïdes de synthèse.

-Interdire la vente aux mineurs des pipes à eau.

-Interdire la vente des feuilles de papier à cigarette « grand format », qui ne servent qu’à la confection de « pétards ».

-Signaler publiquement et au conseil de l’ordre, les comportements de certains addictologues qui banalisent cette drogue, en font l’apologie et militent pour sa légalisation.  

-Appliquer, en l’aménageant, la prohibition du cannabis édictée par la loi de 1970. L’amende de 200 € infligée au possesseur et/ou au consommateur de cannabis devrait être inscrite sur un fichier informatisé, permettant de multiplier son niveau au prorata du nombre de récidives ; avec au delà de 3 récidives, l’obligation de suivre un stage payant d’information sur les méfaits de la drogue ; stage comportant à son issue un contrôle des connaissances acquises (le stage étant réitéré si le niveau est insuffisant), avec mise en place d’un suivi médical comportant des contrôles urinaires périodiques.

-Faire évoluer la loi afin de pouvoir s’assurer que les urines sont exemptes de cannabinoïdes chez les candidats à l’inscription dans les facultés de Santé, aux épreuves du permis de conduire, à l’admission dans la police, la gendarmerie, l’armée, les professions de Santé, la magistrature, l’enseignement, ainsi qu’à des postes de responsabilité (surveillants des centrales nucléaires, conducteurs d’engins, chauffeurs des transports en commun…) ; des contrôles devront également pouvoir être effectués au cours de leurs carrières professionnelles.

-Dans le processus d’accréditation des hôpitaux psychiatriques, une large place doit être accordée à l’appréciation des mesures prises pour  y empêcher l’intrusion des drogues.

-Traquer les dealers et mettre à profit leur incarcération pour les former à des activités professionnelles, dont ils devront ultérieurement justifier de l’exercice.

-Appliquer des contrôles fiscaux pour faire justifier de ressources honnêtes ceux ayant un haut train de vie inexpliqué.

Opioïdes- morphiniques

-Ces analgésiques majeurs, opioïdes ou apparentés (tramadol), ne devront pas être prescrits sans raisons impérieuses ;

-Ne pas être prescrits trop tôt, à de trop fortes doses et trop longtemps.

-Mettre fin au détournement de la buprénorphine à haut dosage, destinée à faire rompre l’héroïnomane avec son comportement injecteur ; cette buprénorphine que s’injectent désormais près de 100.000 de ses « bénéficiaires » ;  son détournement étant facilité par la forme Lyoc récemment commercialisée. Ne devrait être autorisée que la prescription de Suboxone®, qui prévient un détournement par la voie intraveineuse.

-Renforcer la surveillance de la délivrance de la buprénorphine à haut dosage (BHD) commercialisé sous le nom de Subutex®, pour empêcher les multi prescriptions  et multi délivrances qui,  par revente du produit, recrutent aux morphiniques de jeunes toxicophiles, qui vont plonger dans la morphinomanie (mode d’initiation estimé à 30%) .

-Inscrire l’usage des traitements de substitution aux opioïdes, dans un schéma de décroissance visant l’abstinence à plus ou moins long terme.

-Renforcer la prohibition du cannabis qui, par un effet épigénétique, accroit l’appétence pour les morphiniques.

Cocaïne et crack

-Accroître les dispositifs de surveillance et les saisies pour que la rareté des produits en accroisse le prix.

-Traquer les dealers autour des regroupements de crackers.

-Renvoyer dans leurs pays d’origine les crackers dealers en situation irrégulière.

-Traiter en clinique les crackers schizophrènes.

-Traiter en des centres spéciaux (à créer), fermés à tout apport de drogues, ceux dont la dépendance ne résulte pas d’un processus psychotique.

-Renforcer la prohibition du cannabis qui, par un effet épigénétique, accroit l’appétence pour la cocaïne.

Autres propositions

-Remplacer autant que possible les allocations en espèces par des allocations en nature dédiées au logement, à l’habillement, à l’alimentation par des bons ne permettant pas l’achat de boissons alcooliques ou de toute autre drogue.

-Instaurer une éducation civique sanitaire, de l’école à l’université et dans les filières professionnelles, accordant une très large place aux toxicomanies et au dopage.

-Arrêter le versement de subventions à des associations complaisantes avec les drogues et toxicomanies.

-Enseigner à tous ceux qui interviennent auprès des toxicomanes, de ne pas confondre une indispensable empathie avec la moindre collusion.

-Contrôler de façon régulière le fonctionnement qualitatif et quantitatif des structures d’accueil et d’aide pour les personnes malades de la drogue (CAARUD, CSAPA…)

-Former de façon spécifique aux dangers des toxicomanies tous les professionnels qui exercent au contact des jeunes.

-Empêcher l’entrée dans les « rave parties » (pour autant qu’elles soient autorisées) de toutes les drogues illicites, par la fouille à l’entrée des véhicules et des participants ;

-Suppression des comptoirs où certaines associations se livrent à une analyse très sommaire des drogues qui leur sont soumises ; cette pseudo «réduction des risques» faisant croire au caractère légal de l’intoxication et donnant une fausse sécurité sur les produits consommés.

-Appeler « drogues » les drogues, et « toxicomanes » ceux qui en abusent, sans recourir à des circonvolutions langagières qui en dissimulent la nature et les dangers (telles  « substances », « substances psychoactives », « substances d’abus »..).

-S’attaquer au Cyber marché noir des drogues avec les techniques modernes permettant de l’entraver.

 -Traçage des paiements (dont « dark web ») des substances illicites, suppression des commerces déguisés de drogues sous formes de « sels de bain », « étalons pour laboratoire de chimie » ; effectuer la saisie des flux financiers générés par ces trafics internationaux.

Prochain Article : III -Développements des suggestions  précédentes : A – Introduction le 19 juin

Drogue en Corse : « la toxicomanie, c’est une maladie, ce n’est pas un vice »

Écrit par Axelle Bouschon
Au centre Addictologies France de Bastia, la prise en charge des patients se décline ainsi en trois volets : social, médical, et psychologique.
Au centre Addictologies France de Bastia, la prise en charge des patients se décline ainsi en trois volets : social, médical, et psychologique. • © Axelle Bouschon / FTV

C’est un fléau chaque année plus présent sur l’île. Mais dont on parle peu. Nous vous proposons toute cette semaine une série d’enquêtes, à la rencontre de ceux qui luttent contre ce phénomène, de ceux qui consomment, mais aussi de ceux qui en vivent. 2ème épisode, aux côtés d’une association.

Il est 8h30, passants et voitures affluent à un rythme régulier, le long de la rue royale, à Bastia. Au rond-point de la résidence A Tramunta, en face du chemin menant à l’hôpital de Falconaja, le centre d’Addictions France ouvre ses portes, et se remplit au gré des arrivées des employés. Ce lundi 25, ils sont cinq et une stagiaire à travailler.

Une pile de documents sous le bras, Déborah Baron se…. CLIQUEZ POUR LIRE LA SUITE

En un an, 100.000 morts: l’autre épidémie qui ravage les États-Unis et menace l’Europe

19.11.2021
Comprimés - Sputnik France, 1920, 19.11.2021

© Photo Pixabay

Les États-Unis vivent la pire épidémie d’addiction de leur histoire. Un funeste record dû à l’explosion de la consommation d’opioïdes. Une crise qui frappe de manière disproportionnée les « populations blanches rurales paupérisées ». Demain chez nous?100.306 exactement.

C’est le nombre de décès par overdose aux États-Unis entre avril 2020 et avril 2021. 274 chaque jour. Une augmentation de 28,5% par rapport à la même période l’année précédente (78.056 décès), selon des chiffres provisoires publiés le 17 novembre par les centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

Au cœur de cette crise de santé publique: « les opiacés de synthèse« , a expliqué lors d’une conférence de presse Deb Houry, l’une des cadres dirigeantes des CDC.Il s’agit d’une autre « épidémie » s’est inquiété Joe Biden dans un communiqué commentant la parution de ces chiffres. « Alors que nous continuons à faire des progrès pour vaincre la pandémie de Covid-19, nous ne pouvons pas ignorer cette épidémie de disparitions qui a touché des familles et des communautés à travers tout le pays« , a indiqué le Président des Etats-Unis.

Le phénomène avait déjà atteint un seuil critique en 2016 et 2017, au point d’avoir fait baisser l’espérance de vie des Américains ces années-là.

Crise politique et sanitaire

Les opiacés, comme le fentanyl, la morphine ou l’oxycodone sont à l’origine des médicaments destinés à calmer la douleur. Ils émettent des signaux qui atténuent la perception de la souffrance et renforcent la sensation de plaisir. À faible dose, les opioïdes peuvent provoquer une sensation de sommeil, mais à forte dose, ils peuvent ralentir la respiration et le rythme cardiaque, ce qui peut entraîner la mort.

Ceux-ci sont extrêmement addictifs et sont facilement accessibles, puisqu’une simple ordonnance suffit pour s’en procurer. Ils mènent généralement à une addiction aux drogues de la famille des opioïdes, comme l’héroïne.Faits diversPlus de 100.000 Américains morts par surdose de médicaments en un anHier, 16:39Le CDC estime que le « fardeau économique » de l’abus d’opioïdes sur ordonnance aux États-Unis est de 78,5 milliards de dollars par an.

C’est la plus importante épidémie de drogue de l’histoire des États-Unis, selon la chaîne PBS. Mais cette crise n’est pas uniquement qu’une question de santé publique. Elle est aussi éminemment politique et sociale explique à Sputnik Olivier Piton, avocat qui a un cabinet à Paris et un à Washington, observateur assidu de la société américaine. »C’est un phénomène dont on a pris la mesure au début du mandat de Donald Trump. C’est un type de drogue et d’addiction qui touche en particulier les populations blanches paupérisées », explique-t-il.

En effet, la dépendance aux opioïdes « ne se limite pas aux grandes villes« , précise le CDC. Les effets de l’épidémie d’opioïdes « sont plus intenses dans les communautés rurales où les possibilités d’emploi sont souvent limitées et où l’isolement est omniprésent. Entre 1999 et 2015, les taux de mortalité liés aux opioïdes dans les zones rurales ont quadruplé chez les 18-25 ans et triplé chez les femmes. » »Ça ne veut pas dire qu’il n’y a que les populations blanches paupérisées », précise Olivier Piton.

En effet, « si la crise des opioïdes a été caractérisée par le fait qu’elle touche principalement les Américains blancs, un nombre croissant de Noirs américains ont également été touchés« , rappelle le New York Times. De 2018 à 2019, le taux de décès dus aux opioïdes chez les Noirs a augmenté de 38%. Toutefois, « en proportion des autres drogues, la portion des populations blanches paupérisées est surreprésentée« , résume Olivier Piton.

Pire épidémie d’addiction de l’histoire des USA

« C’est dû à un déclassement lié à la crise économique et sociale qui mène à une paupérisation générale, y compris chez les Blancs« , explique-t-il, avant de poursuivre: « C’est cette même population qui avait amené Trump au pouvoir« . Péjorativement qualifiées de « White trash » (littéralement « déchets blancs« ), ces populations majoritairement rurales, qui se décrivent elles-mêmes comme la « majorité silencieuse« , ont été abandonnées économiquement et politiquement par l’État. En 2015, 16,7% de la population rurale était pauvre, contre 13,0% de la population urbaine dans son ensemble et 10,8% parmi les personnes vivant dans les zones suburbaines aisées.

Ces populations blanches rurales ont effectivement été frappées de plein fouet par la désaffection progressive de nombreux centres industriels qui, jadis, faisaient la force du pays. À cette peine économique s’ajoute une autre, peut-être plus profonde encore, une souffrance politique:« Pendant un certain nombre d’années, et particulier sous le mandat d’Obama, on a refusé de considérer la majorité blanche pour ce qu’elle était. Jusqu’à Donald Trump, dans le spectre de l’offre politique, ces populations-là se sont senties abandonnées par le pouvoir politique », explique Olivier Piton.

Prise en étau entre la misère sociale et l’invisibilité politique, une partie de cette population s’est ainsi tournée vers ces paradis artificiels. « Ça a fait des ravages énormes« , poursuit notre interlocuteur.Face à cette crise, le gouvernement Trump avait décrété en 2017 « l’état d’urgence de santé publique« .

Le 45e Président des États-Unis avait débloqué une enveloppe de trois milliards de dollars par an pour faire face à l’épidémie et mis en place une série de mesures, mais celles-ci n’ont eu qu’un effet limité pour contenir l’épidémie.Malgré les effets positifs de ces politiques les premières années, avec un nombre de décès par overdose de médicaments en baisse par rapport à son niveau record de 2017 à 2018, la pandémie de Covid-19 est venue mettre un coup d’arrêt à cette dynamique positive.

Internationalisation de l’épidémie

Après la publication de ces chiffres alarmant ce 17 novembre par le CDC, le gouvernement Biden a annoncé prévoir d’améliorer l’accès à la naloxone, un antidote capable de contrer une overdose. Mais pour Olivier Piton, le problème est ailleurs: « les mesures médicales sont de surface, le fond reste que ces populations blanches sont paupérisées. Il faut traiter le problème à la racine. »

D’autant que, comme le Covid-19, cette épidémie se diffuse.Désormais, « les opioïdes touchent toutes les couches de la société: les cols bleus, les cols blancs, tout le monde. Ça ne s’arrête pas. C’est tous les jours. Et ça ne va pas en s’améliorant », s’alarmait dans les colonnes du Times Walter Bender, shérif adjoint dans le comté de Montgomery, dans l’Ohio.L’épidémie a également fait son trou chez le voisin canadien. La consommation d’opiacés y a explosé.

Le nombre d’hospitalisations dues à une intoxication aux opioïdes au Canada a augmenté de plus de 50% entre 2007-2008 et 2016-2017, selon un récent rapport publié par l’Institut canadien d’information sur la santé.Et doucement, mais sûrement, ces opioïdes, qui peuvent être fabriqués en laboratoire, traversent l’Atlantique et viennent faire des ravages en Europe, notamment en France.

En Europe, 5.000 décès par surdose d’opiacés ont été enregistrés en 2019 (+3% par rapport à 2018).

En 2019 en France, 450 personnes sont mortes à la suite d’une overdose d’opioïdes.

En 2021, l’accoutumance à ces substances provoque encore cinq morts par semaine. Et comme aux États-Unis, ce fléau affecte de manière disproportionnée les zones rurales victimes de la désindustrialisation.Cinq personnes meurent chaque semaine d’overdose en France, un chiffre sous-estimé3 Septembre, 10:11Dans une étude de 2014 sur l’usage de drogues en milieu rural, l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) mettait en lumière la surconsommation d’opiacés ou d’opioïdes dans les communautés rurales françaises.

À partir de l’exemple du nord de la Meuse, « un territoire marqué par la relégation de ses habitants, due notamment à l’absence de proximité d’un centre urbain dynamique« , l’OFDT a constaté un phénomène de cause à effet entre une très forte prévalence de consommation d’héroïne et d’interpellations pour usage illicite d’opiacés et le sentiment d’abandon politique et économique.

Laurent*, 28 ans, ancien SDF devenu mécanicien et consommateur d’opioïdes, habitant pour sa part le département du Loiret, en région Centre-Val de Loire, incarne le consommateur français-type: dans les colonnes du Monde, il raconte attendre le passage du camping-car de l’association d’aide aux usagers Espace deux fois par mois. Il vient y chercher « du matériel propre et des conseils » sur la consommation. « Cela m’évite de réutiliser mes seringues« , explique-t-il.

Comme lui, ils sont de plus en plus nombreux à tomber dans cette dépendance extrêmement dangereuse pour la santé. Contrairement au monde associatif qui se mobilise, l’État français ne semble pas encore avoir pris la mesure du danger que peut causer cette épidémie. Un problème encore trop éloigné des métropoles que bichonnent les décideurs politiques, sans doute.

*Le prénom a été modifié

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Des scientifiques espèrent développer un vaccin contre les overdoses d’opioïdes 

93.331 personnes sont décédées d’une overdose en 2020 aux États-Unis.

Cachets d'oxycodone prescrits par un médecin, 18 septembre 2019, Washington,DC. | ERIC BARADAT / AFP
Cachets d’oxycodone prescrits par un médecin, 18 septembre 2019, Washington,DC. | ERIC BARADAT / AFP

Repéré sur NBC News

Erika Edwards, journaliste pour NBC News a pu assister aux premières injections d’un essai de vaccin créé pour empêcher les overdoses d’opioïdes. Cet essai, encadré par Sandra Comer, a lieu à la faculté de médecine du Minnesota.

Tous les participants de l’essai sont addictes aux opioïdes. Ils vont passer dix semaines sous la surveillance de l’équipe de la faculté qui leur administrent des doses d’opioïdes non-mortelles pour observer la réaction du vaccin.

Son principe est assez simple, il force le système immunitaire du patient à développer des anticorps contre une cible donnée, comme pour tous les vaccins. Dans cet essai, c’est l’oxycodone qui est visé.

En revanche, le vaccin ne pourra pas empêcher les sujets de ressentir le manque de drogue. Il pourra seulement protéger les personnes susceptibles de consommer de l’oxycodone d’une overdose et des dommages au cerveau.

Deux autres universités développent également des vaccins ciblant d’autres opioïdes comme le fentanyl. Mais tous les scientifiques s’accordent à dire que pour lutter contre cette crise sanitaire, un vaccin ne suffit pas. Il faut qu’il soit couplé à des traitements pour lutter contre l’addiction elle-même, que ce soit des substituts ou une thérapie.

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Des chiffres édifiants

En 2020, aux États-Unis, 93.331 personnes sont mortes par overdose de drogue dont 70% à cause des opioïdes. En 2019, au moins 1,6 millions de personnes avaient un problème d’addiction sévère aux opioïdes aux Etats-Unis. Certains le sont devenus après une soirée seulement, beaucoup d’autres après une prescription d’anti-douleurs. En 2019, au moins dix millions d’Américains ont consommé des opioïdes en dehors d’un schéma de prescription classique.

En France, selon l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), entre 2000 et 2017, le pays est passé de 15 à 40 hospitalisations pour overdose d’opioïdes par million d’habitants, et le nombre de décès pour overdose a plus que doublé sur la même période.

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