Le défi de la maladie d’Alzheimer, 2013 lu par Pierre G.Delaveau

Nous avons lu pour vous :

Le défi de la maladie d’Alzheimer, synergies franco-québécoises.
Lavoisier éditeur, Paris, 2013, Jean-Paul Tillement, Jean-Jacques Hauw,  Vassilios Papadopoulos

Parmi les maladies actuellement dépourvues de traitement curatif, la maladie d’Alzheimer est un cas d’école. En progression constante, affectant des patients mais aussi ceux qui les entourent, posant des problèmes de prise en charge, d’accueil et de soins, cette maladie est  un défi de santé publique. Tous les pays sont concernés, la France et le Québec, n’échappant pas à la règle, ont décidé de relever ce défi en conjuguant leurs efforts selon deux « plans Alzheimer ». Ce sont des objectifs psychosociaux : aide aux personnes jeunes atteintes d’une maladie d’Alzheimer ou d’une maladie neurodégénérative apparentée et explication des aspects physiopathologiques nouveaux.

Parmi ceux-ci, théorie dite de Poursuivre la lecture « Le défi de la maladie d’Alzheimer, 2013 lu par Pierre G.Delaveau »

Publicités

Quel est l’intérêt sanitaire des salles de shoot ? par Jean-Pierre Olié

AVIS D’EXPERT-La réponse du professeur Jean-Pierre Olié, psychiatre à l’hôpital parisien Sainte-Anne et membre de l’Académie nationale de médecine.

Depuis un demi-siècle, notre pays a engagé une lutte à la fois sanitaire et répressive contre les toxicomanies et les trafics de drogue. Pourtant, le nombre de personnes dépendantes à l’héroïne n’a jamais diminué au-dessous du seuil de 300.000.

Pourtant, il est satisfaisant d’observer que la politique de réduction des risques mise en œuvre par un grand nombre de structures de soins aux toxicomanes a significativement limité les complications infectieuses et les accidents d’overdose. Aujourd’hui, moins de 2 % des nouvelles contaminations par le virus du sida concernent les toxicomanes, et elles sont essentiellement liées à des conduites sexuelles à risque. Au contraire, la contamination par le virus de l’hépatite C demeure fréquente, touchant plus d’un toxicomane sur deux, et les salles d’injection contrôlée ne réduiront pas cette contamination extrêmement précoce dans le parcours du toxicomane.

La volonté de compassion à l’égard des personnes se trouvant en situation de dépendance à une ou plusieurs substances psychoactives est partagée par tous. Les toxicomanes se trouvent dans une situation de maladie qui justifie Poursuivre la lecture « Quel est l’intérêt sanitaire des salles de shoot ? par Jean-Pierre Olié »

Editorial

C’est avec plaisir que nous ouvrons nos colonnes à l’association EDVO à l’occasion de la tenue de son assemblée générale.

Son  sigle rappelle parfaitement ses objectifs: Ecouter, Développer, Vivre libre, Orienter  les toxicomanes qui ont choisi de se soigner et de sortir de la spirale de la drogue.

Nos lecteurs connaissent déjà cette association avec laquelle nous avons un lien.

Nous voulons seulement rappeler qu’EDVO propose des solutions concrètes et efficaces et représente à nos yeux ce que doit être une véritable prise en charge des toxicomanies.

On ne peut que souhaiter que cet exemple soit repris à l’échelon national pour instaurer une véritable politique de santé (www.edvo-addictions.fr).

Jean-Paul Tillement

Un vote sur la future « salle de shoot » à Paris rassemble une majorité d’opposants (Le Monde)

La votation populaire sur la salle de consommation de drogue qui devrait s’implanter autour de la gare du Nord, organisée à l’initiative d’un élu UMP, a attiré dimanche 14 avril de nombreux Parisiens venus pour la plupart dire leur refus du projet.

Lire : Vifs échanges entre élus et riverains du 10e arrondissement de Paris sur la future « salle de shoot »

Lire aussi : Le traumatisme de la « Boutique », un centre installé pour les usagers de drogue sans concertation »

Le gouvernement a donné début février son feu vert pour expérimenter une salle de consommation de drogue dans ce quartier. Destinée aux toxicomanes de rue précarisés, elle doit leur permettre de consommer leurs drogues dans de bonnes conditions d’hygiène, sous supervision de personnels de santé, et de réduire les troubles à l’ordre public. Le lieu d’implantation n’a pas encore été décidé.

Au total, 296 personnes ont voté dans le petit café « Rapide du Nord », non loin de la gare, où était installée une urne. Une majorité d’entre elles (280 voix) se sont exprimées contre le projet, 16 seulement ont voté pour. « C’est un grand succès », a estimé le conseiller d’arrondissement Serge Federbusch (UMP), opposant au projet et qui organisait ce vote.

« ON A DÉJÀ LES ROMS ET LES CLOCHARDS »

Les habitants du quartier, mais aussi de tout Paris, s’étaient pressés dès l’ouverture. A la question: « Etes-vous favorable à l’ouverture d’une salle de shoot dans le quartier de la gare du Nord ? », la majorité des votants, dont certains étaient militants ou sympathisants UMP, ont exprimé ouvertement leur hostilité devant la presse. Pour Hélène, mère de famille de 27 ans récemment installée dans le quartier, la salle « va dépénaliser la consommation de drogue et attirer une population dangereuse de drogués », alors que les toxicomanes sont installés depuis longtemps près de la gare du Nord.

« Ca va créer une insécurité supplémentaire », renchérit Etienne, venu avec sa femme. « On a déjà les Roms, les clochards, et les drogués qui viennentchercher leur méthadone. » « Aujourd’hui, les dealers se cachent. Avec une telle salle, ils seront protégés par une zone de non-droit », semble savoir de son côté Jean-Claude, retraité, qui tient le registre des votants. C’est l’argument de Serge Federbusch: « Pour qu’une telle salle fonctionne, il faut que les toxicomanes n’aient pas peur de venir, donc il ne faut pas de policiers. Le problème c’est qu’on veut installer cette salle dans un quartier déjà touché par de nombreux trafics, qui nécessite une présence policière », dit-il.

Le maire PS du Xe arrondissement, Remy Féraud, porteur du projet, a au contraire assuré qu’un renforcement des effectifs de police autour de la gare avait été demandé avec l’ouverture de la salle. Mais pour Philippe, riverain, les toxicomanes, « c’est un problème de santé publique, ça doit se régler à l’hôpital – il y en a deux dans le quartier – et pas dans une ’boutique' ». SOURCE

Face aux addictions les étudiants jouent le jeu

Trois comédiens de la troupe du Barroco Théâtre ont interprété des scènes autour des addictions. Ils proposaient ensuite aux étudiants téméraires de les remplacer…

Trois comédiens de la troupe du Barroco Théâtre ont interprété des scènes autour des addictions. Ils proposaient ensuite aux étudiants téméraires de les remplacer…

Quelle attitude adopter face à une personne dans l’excès de drogue ou d’alcool ? La question était posée mardi aux étudiants tourangeaux des Tanneurs.

Deux copains discutent. L’un ne va pas bien, sa petite amie l’a quitté. Il enchaîne les bières, délaisse les cours. L’autre le met face à ses responsabilités, l’incite à relever la tête.
A vrai dire, rien de tout cela n’est réel. Il s’agit d’une saynète interprétée par un acteur et un étudiant, mardi, sur le site des Tanneurs de l’université François-Rabelais, de Tours.
« Les comédiens mettent en scène une situation très courte liée aux risques en soirée »,explique Françoise Olivier, chargée des étudiants relais-santé au Service universitaire de médecine préventive et de promotion de la santé ( Sumpps).

«  Pas facile de dire non  »

Marjorie est l’une de ces étudiants relais-santé, organisateurs des journées de prévention sur neuf sites universitaires, dont la dernière se tenait aux Tanneurs.
Elle raconte, dans un sourire : « Même si les acteurs sont très accessibles, les étudiants sont assez timides. Au final, ils se mettent en situation et tout le monde se marre ! »
Elle juge que ce genre d’animation a du sens, que cela fait écho au comportement de chacun dans des contextes festifs : « Ce n’est pas si facile que ça de dire non. Cela permet de prendre conscience de la difficulté d’assumer ses choix et de ne pas se laisser entraîner. »
Thomas, étudiant en master de linguistique, s’est pris au jeu. C’est lui qui tenait le rôle du bon pote venu réconforter son ami, après une rupture l’ayant fait sombrer dans l’alcool. « Ça fonctionne parce qu’il y a le deuxième temps où on nous fait intervenir, témoigne-t-il. Quand on met les mains dans le cambouis, ça marche mieux ! C’est bien comme initiative, c’est vivant. » 
Un exercice auquel s’est prêtée la troupe du Barroco Théâtre. Les trois acteurs invitaient les étudiants à lancer un dé pour déterminer le thème de la saynète qui allait suivre. A chaque face du déson addiction. « C’est une forme concise, ludique avec le dé, confirme Laurent Priou, l’un des trois comédiens. On montre l’importance d’avoir un Sam de soirée (*), sans diaboliser les produits. Ça rentrera peut-être dans le crâne des gens… »

(*) C’est le nom donné à la personne qui conduit et qui, par conséquent, doit rester sobre.

Sébastien Bourcier SOURCE

Héroïne : augmentation du nombre d’overdoses

Si la France était entre 1994 et 2006 « le pilote mondial dans le traitement des héroïno-dépendants », elle « s’est endormie sur son glorieux passé », a déploré le Dr William Lowenstein, président de SOS Addictions, lors d’une rencontre avec la presse organisée par Reckitt Benckiser Pharmaceuticals.

Plus de 180 000 personnes sont dépendantes à l’héroïne, un chiffre qui a augmenté avec l’apparition d’une « nouvelle population polydépendante (cocaïne, cannabis, médicaments psychotropes, tabac, alcool…) et précaire », venant notamment des pays de l’Est, relève Egora.fr.

Cela a «entrainé une certaine violence et une difficulté d’accès aux soins » et une hausse du nombre de décès et d’overdoses.

Aussi, le Dr Lowenstein plaide pour une mise en place d’une agence nationale de recherche sur les addictions, chargée entre autres de la validation de nouveaux médicaments. L’an dernier, 160 000 personnes ont bénéficié d’un traitement de substitution aux opiacés.

Source

Les jeunes Français et le cannabis : l’ampleur du désastre que la génération bobo ne veut pas voir

20 % des jeunes Français affirment consommer du cannabis, selon une étude réalisée par l’Unicef. Une proportion importante qui interpelle en comparaison des autres pays européens, et qui pousse a se poser la question du danger de plus en plus avéré de cette « drogue douce ». Retour sur un enfumage hérité de la logique soixante-huitarde.

Le cannabis joue un rôle important dans les phénomènes de transgression chez les jeunesLe cannabis joue un rôle important dans les phénomènes de transgression chez les jeunes Crédit Flickr/N.ico

Atlantico : Une étude de l’Unicef révèle que 20% des jeunes Français déclarent consommer du cannabis. Comment expliquer ce chiffre bien plus important que dans les autres pays européens ?

Dan Véléa : Le cannabis joue un rôle important dans les phénomènes de transgression chez les jeunes, avec une connotation de substance « cool », apaisante, qui facilite les rapports sociaux. De ce fait on trouve beaucoup d’usagers de cannabis (tenant compte des expérimentateurs mais aussi de l’usage convivial et occasionnel, les chiffres dépassent les 10 millions). Le problème se pose de manière très prenante dans le cas des usagers dépendants, accros, usagers chroniques, qui représentent dans la tranche des jeunes (ado et jeunes adultes) un pourcentage important.

Plusieurs explications peuvent être ici données :

  •  Cannabis et relations sociales (lutter contre l’inhibition)
  • Cannabis et apaisement (stress scolaire, anxiété de performance); à ce titre, les adultes qui consultent pour des problème de stress au travail, de burn-out et qui utilisent le cannabis dans une visée d’automédication et en constante augmentation. Cette mauvaise adaptation (coping anglo-saxonsà) se traduit par un fort risque d’addiction
  • Cannabis et prise de risque (dans une société très aseptisée, une manière de transgresser et stimuler le vécu émotionnel)
  • Cannabis et effet de mode (bien inscrite dans la durée, avec des exemples dans le show bizz, sports, et dans toute la société)

Concernant la facilité d’accès, les filières de trafic sont très bien organisées, souvent au nez de la police, le travail de ces derniers étant souvent entaché par une hypocrisie législative et un laxisme judiciaire sans précédent (bien évidement vis à vis des dealers, les usagers étant souvent plus sévèrement punis que les trafiquants). Un autre aspect important et l’image (souvent véhiculée) du cannabis et de la drogue en général comme amortisseur social, facteur de régulation de l’agressivité de certains, facteurs d’apaisement sociétal.

Peut-on parler d’une forme de « dédramatisation » de l’usage de cannabis en France héritée de l’époque soixante-huitarde ?

Les soixante-huitards, dans leur démarche marcusienne de négation de l’excès de morale dans la vie quotidienne, ont trouvé dans les conduites choquantes pour la morale de l’époque (contraception, usage des drogues…) un moyen contestataire pour exprimer leur ras le bol des valeurs contraignantes. Ils avaient une idéologie plus ou moins construite et cohérente, des revendications, des idéaux.  Évidement, fumer du cannabis, parmi d’autres transgressions, était une manière d’exprimer sa révolte, en mélange avec une quête hédoniste omniprésente. Beaucoup de participants ont tenu par la suite des discours très laxistes, minimisant les dangers du cannabis, s’appuyant sur l’exemple de l’alcool.

A la lecture des études actuelles, il apparaît comme complètement démagogique de mettre en concurrence les deux produits. Les deux sont des substances psychoactives addictives, les deux ont des effets hédoniques, mais aussi des effets négatifs en terme de santé physique et psychique. C’est aussi cette « mise en concurrence » qui rend le cannabis attractif aux yeux des jeunes.

SOURCE

Une expérience intéressante

À Iwuy, la lutte contre les drogues racontée par des marionnettes

Expliquer aux jeunes enfants de façon ludique les dangers et les risques des addictions aux drogues et à l’alcool, c’est un des rôles que s’est donné le conseil général.

Les enfants en première ligne contre la drogue.

Expliquer aux jeunes enfants de façon ludique les dangers et les risques des addictions aux drogues et à l’alcool, c’est un des rôles que s’est donné le conseil général.

Avec l’aval de l’inspection académique, des membres du personnel médical (infirmières, assistantes sociales, secrétaires du Service de prévention santé…) de Cambrai ont organisé une représentation à l’attention des enfants de maternelle grande section, CP et CE1 des écoles de la ville : un spectacle de marionnettes pour les sensibiliser aux dangers des drogues en général.

Outil du Département depuis 1994, ce show est un outil de prévention primaire contre les addictions. Une fois par mois, ce spectacle est proposé dans les écoles du sud du département. Un suivi est prévu dans la semaine qui suit dans chacune des classes pour évaluer le positionnement des enfants sur le sujet et répondre aux questions qui ne manqueront pas d’être posées.

Le Service de prévention santé, c’est aussi la lutte contre la tuberculose, le dépistage des maladies sexuellement transmissibles, des consultations de prévention santé, bilan, vaccinations et l’accompagnement santé à l’arrêt du tabac. Toutes ces démarches sont gratuites et confidentielles.

Contact : Service de Prévention santé de Cambrai, 41 rue de Lille, Cambrai   03 59 73 37 70 SOURCE

Education : Addiction des jeunes : une réalité de plus en plus précoce

Tabac, alcool, cannabis, cocaïne, amphétamines…

Le Languedoc-Roussillon figure parmi les huit régions les plus concernées par les problèmes d’addiction.Les chiffres sont alarmants : à 17 ans, deux jeunes sur trois du Languedoc-Roussillon ont déjà expérimenté l’ivresse alcoolique, un jeune sur trois est un fumeur quotidien tandis que la moitié d’entre eux déclare avoir expérimenté le cannabis. « Les âges d’entrée dans la dépendance sont de plus en plus précoces », souligne Suzanne Guglielmi, responsable de pôle prévention et promotion de la santé à l’Agence Régional de Santé du Languedoc-Roussillon. « La région se situe bien au-dessus de la moyenne nationale ».

Et les indicateurs sont alarmants. Le Languedoc-Roussillon fait partie des cinq premières régions où les pratiques de consommations de drogues sont les plus fortes, avec leur lot de co-morbidités (VIH, hépatites…) et leur impact sur des populations très vulnérables (détenus, femmes, enfants). De son côté, la consommation élevée du tabac, notamment chez les jeunes femmes, devrait entraîner « une épidémie » attendue de cancer du poumon.

Tandis que l’alcool est l’une des causes de la mortalité prématurée régionale ainsi que de prématurité et de morbidité périnatale et infantile. La toxicité liée aux spiritueux chez la jeune femme enceinte serait responsable de 10 à 20 % des enfants et jeunes accueillis en établissements spécialisés dans les troubles comportementaux. Comment endiguer un phénomène qui se conjugue rapidement avec la précarité psychologique et sociale ? « Il faut aller au devant, avoue Suzanne Guglielmi. Il faut être capable d’intervenir plus tôt, partout sur les lieux où l’on consomme ».

Depuis 2005, date de la création des « Consultations Jeunes Consommateurs », les mineurs souffrant de troubles addictifs sont accompagnés par des professionnels de la santé et de l’éducation (lire ci-contre). « Certains sont dans une réelle dépendance. D’autres veulent juste faire un point, parler de leur consommation et justement ne pas tomber dans la dépendance. On peut les voir une fois, deux fois ou plus. On a aussi des parents qui sont là pour avoir des renseignements », explique Suzanne Gugliemi. Si les rappels à la loi existent, « il faut aussi montrer que nous sommes là pour les aider », souligne-t-elle. Pour enfin, stopper la courbe de ces chiffres alarmants.

Les jeunes rencontrent de plus en plus tôt l’alcool et le tabac. SOURCE