Le défi de la maladie d’Alzheimer, 2013 lu par Pierre G.Delaveau

Nous avons lu pour vous :

Le défi de la maladie d’Alzheimer, synergies franco-québécoises.
Lavoisier éditeur, Paris, 2013, Jean-Paul Tillement, Jean-Jacques Hauw,  Vassilios Papadopoulos

Parmi les maladies actuellement dépourvues de traitement curatif, la maladie d’Alzheimer est un cas d’école. En progression constante, affectant des patients mais aussi ceux qui les entourent, posant des problèmes de prise en charge, d’accueil et de soins, cette maladie est  un défi de santé publique. Tous les pays sont concernés, la France et le Québec, n’échappant pas à la règle, ont décidé de relever ce défi en conjuguant leurs efforts selon deux « plans Alzheimer ». Ce sont des objectifs psychosociaux : aide aux personnes jeunes atteintes d’une maladie d’Alzheimer ou d’une maladie neurodégénérative apparentée et explication des aspects physiopathologiques nouveaux.

Parmi ceux-ci, théorie dite de la cascade amyloïde exclusive est remise en cause par la considération d’une association à une taupathie, la possibilité d’une inhibition de la synthèse in situ des neurostéroïdes, l’existence aussi bien dans les formes précoces dites familiales que dans les formes tardives appelées sporadiques… Leur vulnérabilité est  d’ordre génétique dominante ou récessive activée par des facteurs d’accompagnement, eu premier lieu le vieillissement mais aussi des pathologies infectieuses (encéphalites), métaboliques (diabète de type 2) voire une addiction par le cannabis.

Si l’on ne sait pas traiter et guérir la maladie, on sait aujourd’hui en limiter la gravité. D’où l’importance d’un diagnostic précoce. L’école française de l’Institut du cerveau et de la moelle tient compte des éléments cliniques et biologiques et l’Institut de gériatrie de l’Université de Montréal propose une approche neuro-psychologique fine. Des examens utilisant les techniques les plus modernes d’imagerie cérébrale évaluant la diminution du volume de l’hippocampe de la consommation de glucose dans les  régions cérébrales atteintes, les dépôts de plaques amyloïdes… Ce sont autant d’éléments qui peuvent confirmer le début de la maladie avant les signes de démence.

Différentes pistes d’intervention pharmacologique sont actuellement développées tant chez l’animal qu’in vitro sur des cultures cellulaires. Une molécule nouvelle, le caprospinol, inactive les protéines amyloïdes (Papadopoulos). Les médicaments actuels, quoique d’effets modestes et transitoires, conservent un intérêt surtout lorsqu’ils sont associés à d’autres mesures préventives, le traitement d’autres maladies connexes mais favorisantes, une stimulation de l’activité intellectuelle et une bonne hygiène.

La mise en commun des objectifs de recherche de nos deux pays et la volonté de partager les résultats obtenus sont autant de messages positifs. Une prochaine réunion est prévue sur les mêmes thèmes en Octobre 2013 à Paris, à l’initiative de l’Académie nationale de médecine. Souhaitons-lui un vif succès.

Pierre G.Delaveau

Professeur honoraire de Pharmacognosie de l’université Paris V (R. Descartes), docteur en Médecine, docteur en Pharmacie, docteur ès Sciences, membre titulaire des académies nationales de Médecine et de Pharmacie, ancien président de l’académie nationale de Pharmacie.

Publicités