Tous nos voeux pour 2017

Le CNPERT  est heureux de vous souhaiter  une bonne et heureuse année. 

A ses souhaits de bonheur personnel,  il ajoute ceux de voir se développer une véritable  politique de lutte contre les drogues, cohérente et responsable et un enseignement clair et précis des risques graves qu’elles font courir, en particulier aux plus jeunes .

Avec nos sentiments  fidèles, déterminés et dévoués.

 

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Légalisation du cannabis. Les jeunes Américains consomment davantage

Une étude américaine menée dans deux États américains ayant légalisé la marijuana depuis 2015 assure que la consommation de cannabis a augmenté de 2 % à 4 % chez les adolescents. La perception négative de la substance a, elle, chuté de 14 % et 16 % chez les 13-16 ans. Les chercheurs de l’université de Californie à Davis (UC Davis) et de l’université de Columbia préconisent que la loi sur la légalisation soit accompagnée de programmes de prévention et de sensibilisation.

Depuis 2015, neuf États américains ont légalisé le cannabis pour un usage récréatif et vingt-six pour un usage médical. Les chercheurs de l’université de Californie à Davis (UC Davis) et de l’université de Columbia se sont donc penchés sur les conséquences de cette légalisation sur la consommation de marijuana chez 254 000 adolescents, habitants notamment les États de Washington et du Colorado.

« L’impact potentiel chez les adolescents est préoccupant »

Bilan : Dans leur étude publiée dans la revue Jama Pediatrics, nos experts assurent que chez les 13-14 ans et 15-16 ans, la consommation du cannabis aurait augmenté respectivement de 2 % et 4 % dans l’État de Washington.

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Cannabis: la rétine serait moins réactive chez les fumeurs réguliers

La rétine des consommateurs de cannabis réagirait moins vite à la lumière, conclut une étude du CHU de Nancy.

Il faudrait en moyenne 10 millisecondes supplémentaires à la rétine d’un usager régulier de cannabis pour réagir à un signal lumineux. C’est la conclusion d’une première étude pilote publiée par le JAMA Ophtalmology sur les conséquences de la consommation régulière de cannabis. «Cela correspond à un temps de réaction 10% plus important, ce qui est un retard significatif», souligne le Dr Vincent Laprévote, praticien hospitalier au Centre Psychothérapique de Nancy, et coordinateur de l’étude.

Cette étude fait partie d’un programme de recherche, «Causa Map», dirigé par l’équipe du CHRU de Nancy, financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les conduites addictives (MILDECA). Son objectif est d’évaluer «l’impact de l’usage de cannabis sur le cerveau humain au travers de la vision, une fonction impliquée dans la conduite automobile et les accidents de la voie publique.»

10 millisecondes supplémentaires

Dans le cadre de cette étude pilote, 52 individus (28 fumeurs de cannabis réguliers et 24 ne fumant ni cannabis, ni tabac) avaient été recrutés pour passer un électrorétinogramme, examen qui permet de mesurer les réactions de la rétine à des signaux lumineux. Au préalable, ils avaient répondu à un questionnaire sur leurs habitudes de consommation et effectué un test urinaire pour vérifier qu’ils n’étaient pas positifs à d’autres drogues. En moyenne, les consommateurs fumaient depuis six ans, environ 20 joints par semaine. Aucun n’était sous l’effet du cannabis lors du passage du test.

«Chez les consommateurs réguliers, nous avons mesuré un retard de traitement de l’information par leur rétine», affirme Vincent Laprévote. «En revanche, il n’y avait pas de baisse d’amplitude de ce signal.» En d’autres termes, les personnes qui fument régulièrement du cannabis reçoivent le même signal que les individus non-fumeurs. Mais elles le captent au bout de 98.6 millisecondes, contre 88.4 millisecondes pour les personnes abstinentes.

Si les chercheurs ont analysé la vision, c’est qu’ils estiment que «le système visuel peut nous donner des indications sur le fonctionnement du cerveau chez les usagers de cannabis». En effet, la rétine est une extension du système nerveux central, autrement dit, une extension du cerveau.

La question du tabac

«Il reste à définir si ce ralentissement a des conséquences sur le comportement des usagers, et si ces derniers ressentent qu’ils sont plus lents», nuance le Dr Vincent Laprévote. Un enjeu important: 10 millisecondes de retard à réagir, cela correspondrait à près de 3 mètres parcourus par une voiture lancée à 100 km/h. «Par ailleurs, il faut déterminer si les conséquences du cannabis sur la rétine sont réversibles lorsqu’un individu arrête sa consommation.»

« Le système visuel peut nous donner des indications sur le fonctionnement du cerveau chez les usagers de cannabis. »

Dr Vincent Laprévote

Le Dr Vincent Laprévote assure également qu’il faut encore être «extrêmement prudent notamment à propos des effets du tabac sur la rétine». En effet, chez les sujets tests, 21 des 28 consommateurs de cannabis étaient également consommateurs de tabac. Pour le chercheur, il semble malgré tout «peu vraisemblable d’affirmer que le facteur tabac puisse faire varier le temps de réaction de la rétine à la lumière.» Il n’y a en effet pas «d’études qui viennent démontrer l’impact du tabac sur la vitesse de traitement de l’information de la rétine.» Les effets du cannabis avaient, eux, déjà été démontrés sur des rétines de souris.

Causa Map

De nouvelles études, d’ampleur plus importante, vont donc être menées dans le cadre de Causa Map. Ainsi, les chercheurs prévoient notamment une étude sur la persistance des effets chez 30 individus qui sont en passe d’arrêter le cannabis. L’accompagnement est d’ailleurs au cœur du programme Causa Map qui «propose d’aider les consommateurs à diminuer ou à arrêter», assure Vincent Laprévote.

En 2014, 42% des adultes de 18 à 64 ans avaient expérimenté le cannabis et 3 % en étaient des fumeurs réguliers, selon les données de l’OFDT (Observatoire Français des Drogues et des Toxicomanies). Chez les jeunes de 17 ans, 48% l’avaient expérimenté et 9% fumaient régulièrement.

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Les AVC en hausse chez les moins de 55 ans

L’hypertension avant 50 ans, qui multiplie par six le risque d’AVC, doit absolument être prise en charge.

Étude après étude, la tendance se confirme: les moins de 55 ans sont de plus en plus exposés au risque d’attaque cérébrale. Alors qu’au cours des dernières décennies le nombre d’accidents vasculaires cérébraux n’a cessé de diminuer, il augmente régulièrement chez les plus jeunes, comme l’a encore démontré une étude publiée fin novembre sur le site du journal de l’American Heart Association.

Les chercheurs américains ont analysé les dossiers médicaux ouverts dans le New-Jersey en raison d’un AVC entre 1995 et 2014. Soit 225.000 cas, qu’ils ont répartis par décennies de naissances. Résultat:  sur la période observée, seuls les baby-boomers, nés entre 1945 et 1954, voient leur taux d’AVC diminuer. À l’inverse, sur la même période, chez les 35-39 ans, il a doublé!

Ce résultat conforte les données récoltées par l’équipe du registre des AVC de la ville de Dijon, publiées en mars dernier dans le bulletin épidémiologique hebdomadaire. Elles confirment la hausse des AVC avant 55 ans aussi bien chez l’homme que chez la femme. «Cette hausse concerne surtout les accidents ischémiques», précise le professeur Yannick Béjot, neurologue au CHU de Dijon et directeur scientifique du registre des AVC. C’est-à-dire les AVC liés à l’obstruction d’une artère. La fréquence des AVC par hémorragie est, elle, restée relativement stable.

Dépression et fatigue

Comment expliquer cette tendance? Un mode de vie plus sédentaire, une augmentation du diabète, de l’obésité et de l’hypertension sont des causes pointées du doigt par les chercheurs américains et l’équipe du Pr Béjot. «À Dijon, 70% des personnes qui font un AVC sont hypertendues. Il faut le répéter, une hypertension avant 50 ans, se prend en charge car elle multiplie par 6 le risque d’AVC», insiste le neurologue.

Autre hypothèse: la consommation de cocaïne ou de cannabis. «Le cannabis pourrait agir selon deux mécanismes d’action: il provoquerait des spasmes des artères et favoriserait la formation de caillots sanguins.»

Les moins de 55 ans représentent aujourd’hui environ 10% des personnes terrassées par une attaque cérébrale. Ce n’est donc pas un événement rare. «Ils doivent se rendre compte que l’accident vasculaire cérébral ne touche pas uniquement les plus vieux, et les conséquences sont souvent plus débilitantes que celles d’une crise cardiaque – vous laissant vivre pour 30 à 50 ans avec un handicap physique», met en garde Joel N. Swerdel, l’auteur principal de l’étude américaine

Entre 10 et 20% des victimes conservent un handicap modéré et 10% un handicap sévère entraînant une dépendance

Car, même si la prise en charge s’est nettement améliorée faisant chuter la mortalité, entre 10 et 20% des victimes conservent un handicap modéré et 10% un handicap sévère entraînant une dépendance. De plus, seules 50 à 70% d’entre elles pourront reprendre le travail dans les huit mois et un quart nécessiteront un aménagement de poste. Autre conséquence de l’AVC chez les plus jeunes: la dépression et la fatigue qui frappent la moitié d’entre eux.

La seule arme efficace pour enrayer cette tendance reste la prévention. Le professeur Yannick Béjot prépare une application, calquée sur un modèle américain, qui permet de calculer son niveau de risque et ainsi d’adapter son mode de vie.

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Le débat sur la légalisation du cannabis – version i-Télé.

Le 21 décembre, de 21h30 à 22h, I-Télé organisait un « débat » sur la légalisation du cannabis.

Il réunissait : – un psychanalyste (inconnu) qui était censé restituer les aspects sanitaires de cette drogue, ce dont il ne dit pas un mot (plus habitué par profession à écouter qu’à parler ?) ;

  • – un député socialiste acquis à cette légalisation, balbutiant  quelques réserves mineures, pour faire croire qu’il y avait réfléchi ;
  • – Mr G. Bachelay, député socialiste, porte parole d’un candidat à la primaire du P.S., Benoit Hamon prolégalisateur ; enfin,  était interviewée à distance
  • – une économiste toulousaine, faisant miroiter tous les avantages économiques que comporterait une telle légalisation.

De pluralité politique, nenni ; de diversité d’opinion pas davantage, de présentation des méfaits sanitaires, sociaux et sociétaux, vous n’y pensez-pas.

Quant à me plaindre de cela auprès de la chaine, je dois, pour être sincère, restituer que vers 16h ce jour là j’ai eu un appel téléphonique d’une collaboratrice de la chaine, qui savait que j’étais rouennais et qui me demandait si je pouvais être à 21h dans leur studio, pour porter la contradiction aux invités. C’était impossible, vous l’imaginez,  comme elle devait elle-même l’imaginer. Cependant, si la chaîne avait à s’expliquer sur l’absence criante de pluralisme, elle  pourrait affirmer que les contradicteurs invités s’étaient défilés…

Professeur J. Costentin

  • auteur, aux éditions Odile Jacob, de « Halte au cannabis » (2007)
  • et de « Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis » (2013)

Cannabis K2 : une drogue de synthèse 85 fois plus puissante que la naturelle

Les drogues de synthèse, à la composition chimique en perpétuelle évolution, sont responsables d’un nombre croissant d’overdose aux Etats-Unis.

Quand 33 personnes se sont effondrées sur les trottoirs de Brooklyn durant une seule journée de juillet dernier, les spécialistes de santé ont tout de suite pensé à un coupable : le cannabis de synthèse, que l’on peut acheter sur Internet et dans certaines épiceries sous le nom de K2, ou de Spice.

Quelques mois après cet incident, une étude publiée dans le New England Journal of Medicine cette semaine confirme ces premiers soupçons. Surtout elle révèle que ce cannabis de synthèse était en fait 85 fois plus puissant que la vraie marijuana.

Pour expliquer cette « épidémie de zombies » – c’est ainsi que les personnes qui ont appelé les secours décrivaient les personnes en train de faire une overdose – Roy Gerona, professeur assistant au laboratoire de toxicologie clinique de l’Université de Californie a analysé la composition chimique d’un des paquets de cannabis de synthèse découverts sur la scène. Il a réussi à déterminer que cette drogue – appelée avec le poétique nom de « AK-47 24 Karat » –  était un cannabinoïde synthétique, le AMB-FUBINACA, c’est-à-dire un analogue à la molécule AB-FUBINACA développée par Pfizer en 2009 comme puissant anti-douleur.

Plus de 540 nouvelles substances psychoactives en un an
Cet épisode tragique est le révélateur d’un mouvement de fonds aux Etats-Unis où les drogues de synthèses sont en plein boom. La composition chimique précise de ces drogues de synthèse est en perpétuelle évolution. Roy Gerona  explique dans son étude que « plus de 540 nouvelles substances psychoactives » ont été rapporté l’année dernière à l’Office des Nations Unies contre les drogues et les crimes. Cela a pour but de contourner la législation sur les drogues : il suffit de changer un tout petit peu la molécule pour qu’elle ne soit plus dans la liste des produits illicites. Mais cela rend également les conséquences médicales de ces drogues totalement imprévisibles.

Résultats : aux Etats-Unis, les overdoses au cannabis synthétique sont en pleine explosion. Selon les centres d’information toxicologiques, cités par la chaîne d’information américaine CNN, 5300 personnes ont été exposées au cannabis synthétique durant la première semaine de juillet, contre 3600 durant toute l’année 2015.

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Le fonctionnement de la rétine est fortement perturbé par l’usage du cannabis

Le cannabis a une incidence sur le fonctionnement de l’œil :

les chercheurs du programme CAUSA MAP le mettent en évidence pour la première fois au monde

retine-photo-des-chercheursLe fonctionnement de la rétine est fortement perturbé par l’usage du cannabis : c’est la conclusion de l’étude menée par des chercheurs du CHRU de Nancy et du Centre Psychothérapique de Nancy, le Pr Raymund Schwan et les Drs Vincent Laprévote et Thomas Schwitzer, publiée ce 8 décembre 2016 dans le journal scientifique américain réputé, JAMA Ophtalmology.

L’étude fait partie de CAUSA MAP, vaste programme de recherche initié et dirigé par l’équipe de Nancy, qui fédère des centres de Strasbourg et de Paris, et financé par l’Agence Nationale de la Recherche (ANR) et la Mission Interministérielle de Lutte contre les Drogues et les conduites addictives (MILDECA).

Cette étude est dite « préliminaire », parce qu’elle porte sur une partie des volontaires de CAUSA MAP, mais son résultat est jugé suffisamment innovant et important pour être publié avant la fin du recrutement des volontaires qui se poursuit actuellement.

Elle a été menée auprès de 52 volontaires (28 usagers réguliers de cannabis et 24 non exposés) à partir de la mesure des courants électriques des cellules nerveuses de la rétine grâce à un électrorétinogramme. Cet examen, réalisé soit en neurophysiologie clinique ou en ophtalmologie, permet de diagnostiquer certaines anomalies de la rétine.

Cette recherche, qui n’avait encore jamais été menée sur l’être humain, montre scientifiquement que les yeux d’un consommateur régulier de cannabis ont un important retard dans leur réponse à un signal lumineux.Ce résultat est interprété comme une altération dans la communication entre les cellules nerveuses de la rétine sous l’influence du cannabis. Une démonstration qui ouvre de nombreuses perspectives, puisque la vision est impliquée dans les actes de la vie quotidienne, et en particulier, dans la conduite automobile.

Les équipes de recherche nancéiennes entendent poursuivre leurs explorations pour estimer les conséquences de ce retard rétinien sur l’ensemble de la fonction visuelle.

Ce sont les cellules ganglionnaires de la rétine qui ont été explorées car leur fonctionnement est très proche de celui des neurones du cerveau humain et elles sont plus faciles à étudier.

Concrètement, les volontaires, ont répondu à des questionnaires de santé et de consommation de substance, passé un examen urinaire, des tests de mémoire et d’attention, puis des tests visuels par électrorétinogramme et d’autres par électroencéphalogramme pour mesurer l’activité du cerveau.

Les usagers réguliers de cannabis participant à cette étude fumaient au moins 7 joints par semaine et ont été recrutés, tout comme les volontaires non exposés, par un appel presse et affichage. Des conseils pour arrêter de fumer ont été systématiquement proposés à tous les participants.

 

La progression des ingestions accidentelles de cannabis confirmée

Paris, le mercredi 14 décembre 2016 – Il y a un mois était révélée l’hospitalisation en service de soins intensifs d’un enfant de 18 mois après avoir ingéré du cannabis laissé à sa portée par son père. Si les cas aussi graves restent isolés, les accidents de ce type ne sont pas rares. En 2015, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) alertait quant à l’augmentation du nombre de signalements d’ingestions accidentelles de cannabis par des jeunes enfants. Aujourd’hui, les données du Bulletin épidémiologique hebdomadaire confirment l’existence de ce phénomène préoccupant.

L’étude présentée porte sur les registres de Provence Alpes Côte d’Azur (PACA). Entre 2009 et 2014, tous âges confondus, 1 182 patients ont été admis aux urgences en raison d’une intoxication au cannabis. Les 15/18 ans représentaient la classe d’âge la plus représentée (20,4 %), tandis que 4,1 % des sujets étaient âgés de moins de 8 ans. Les auteurs observent encore que l’augmentation constatée durant la période est la plus forte chez les 8/15 ans et les moins de 8 ans. Si vomissements et céphalées représentent la majorité des symptômes relevés, les auteurs signalent que deux enfants de moins de deux ans ont dû être admis en réanimation.

Des avertissements indispensables

Extrapolés à la France entière (même si les données démographiques de la région ne sont pas parfaitement superposables à tous les autres territoires), ces chiffres dessinent un phénomène d’ampleur non marginale et inquiétante.

Pour les auteurs, ils confirment la nécessité d’avertissements spécifiques, dans le cadre par exemple des campagnes de sensibilisation aux méfaits du cannabis. Sans doute les opposants et les partisans de la dépénalisation du cannabis trouveront dans ces données de nouveaux motifs d’affrontement, les premiers pouvant juger que ces cas confirment la dangerosité de la banalisation du produit, les seconds pouvant arguer qu’un contrôle de la production permettra peut-être de renforcer les avertissements sanitaires et de limiter les concentrations en substance active.

A.H.

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Cette étude qui montre que le cannabis fait (aussi) des ravages sur le coeur

Malgré le contexte américain ou cinq Etats veulent légaliser l’usage du cannabis, ce produit reste nocif, à plus d’un titre. Des études récemment publiées aux Etats-Unis font désormais état des risques pour le bon fonctionnement du muscle cardiaque. Au vue de l’étendue de son usage et les tranches d’âge concernées des problème vont survenir dans un avenir proche.

Atlantico : Des études scientifiques récemment publiées aux Etats-Unis montrent que la consommation de cannabis peut avoir un effet sur le coeur et provoquer notamment des cardiomyopathie. Que nous apportent ces résultats concrètement ? En quoi nous permettent-ils de mieux comprendre les effets du cannabis ?

Guy-André Pelouze : Pour comprendre comment le cannabis fumé peut avoir des conséquences sur le système cardiovasculaire il faut tout d’abord expliquer qu’il s’agit  de l’inhalation de la fumée d’une pyrolyse végétale. La pyrolyse est la décomposition (ou thermolyse) d’un composé organique par une augmentation importante de sa température pour obtenir d’autres produits ou libérer des molécules actives dans la fumée. Le végétal en question, feuilles et efflorescences de cannabis sativa contient bien évidemment des matières organiques qui lorsqu’elle brûlent à haute température produisent des carcinogènes notamment des benzopyrènes et par ailleurs des cannaboïdes (présents dans la résine) en particulier le tétrahydrocannabinol.

L’étude de ces cas a permis d’aller plus loin. Il y a deux types de récepteurs aux cannaboïdes. Le CB1 et le CB2 et c’est par l’intermédiaire de ces récepteurs que les cannaboïdes produisent leurs effets. L’activation forte du récepteur CB1 périphérique c’est à dire celui présent dans les organes autres que le cerveau est impliquée dans ces effets délétères et curieusement c’est par le même mécanisme d’activation que certaines chimiothérapies sont toxiques pour le muscle cardiaque. Il serait donc possible de diminuer la toxicité de ces chimiothérapies en bloquant ce récepteur périphérique.

Enfin il n’est pas possible de donner une probabilité du risque de ce danger. Ce qui est certain c’est que les personnes déjà cardiaques sont à plus haut risque et que la consommation concomitante de toxiques récréatifs (phénomène très fréquent) potentialise le risque.

Ces cannaboïdes passent dans la circulation pulmonaire en arrivant dans les alvéoles du poumon puis dans la circulation systémique celle qui se rend aux organes, en particulier le cerveau, mais aussi tous les autres. Les cannaboïdes ont des récepteurs dans le cerveau et leur molécule est suffisamment petite pour traverser la barrière hémato-encéphalique qui « protège » le cerveau de molécules indésirables. Il y a plusieurs décennies que des cas sporadiques de cardiomyopathie réversible ou non ont été décrits chez des fumeurs de cannabis. Des publications plus récentes ont confirmé cette toxicité.

De quoi s’agit il?

Le muscle cardiaque est extrêmement endurant puisqu’il peut à la fois se contracter et se relâcher sans arrêt pendant toute la vie mais aussi augmenter immédiatement son activité (fréquence des contractions et force de celles ci) en fonction de la demande du corps (exercice, digestion…). Il dispose pour ce faire d’une usine à énergie rapide très performante la mitochondrie située dans chacune des cellules. Cette mitochondrie est altérée par de nombreux toxiques récréatifs : alcool, cocaïne, méthamphétamine, ecstasy, cannaboïdes. D’une manière générale ces molécules altèrent de manière aiguë ou chronique la mitochondrie et privent le muscle cardiaque d’énergie entraînant son affaiblissement. Le débit cardiaque diminue jusqu’à mettre en danger la vie dans certains cas. Cette atteinte peut être aiguë avec une défaillance cardiaque souvent en raison d’une consommation importante ou chronique chez des consommateurs réguliers. Il y a comme pour toute toxicité de ce type un effet dose mais aussi une plus grande susceptibilité de certaines personnes, qui est en rapport avec des différences génétiques dans la capacité à réparer les effets toxiques des cannaboïdes au niveau de la mitochondrie

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Pourquoi la drogue et l’alcool s’invitent de plus en plus au travail ?

Alcool, cannabis, cocaïne… Que ce soit pour pallier au stress ou tout simplement pour améliorer leurs performances, les travailleurs sont ainsi de plus en plus nombreux à présenter des conduites addictives au bureau. Un fléau qui posent problème aux entreprises françaises puisqu’il concerne plus de 20 millions de personnes et cause une forte augmentation des accidents du travail.

Le 5 décembre 2016 s’est tenue à Paris la seconde édition de la Journée nationale de prévention des conduites addictives en milieu professionnel. Lors de cette conférence, de nombreux professionnels de la santé ont exposé leurs recherches concernant les conduites addictives sur le lieu de travail des français. Et le constat est effarant :  plus 20 millions de salariés, qu’ils soient agents de la fonction publique, en CDI comme en CDD, en situation précaire ou non consomment des substances illicites au bureau. Parmi elles, les produits les plus consommés seraient l’alcool et le cannabis. Mais on note une hausse considérable de consommation de cocaïne, d’héroïne et même d’amphétamines. La prise de médicaments tels que des antidépresseurs et des analgésiques est également fréquente.

Demain, tous accrocs au bureau ?

Dopage et dépression

Pour les spécialistes, il y a deux catégories de consommateurs au travail : ceux qui le sont déjà à titre personnel et ceux que le stress lié travail a mené à la prise de substances addictives. Certains souhaitent améliorer leurs performances : on parle de « dopage professionnel ». Gladys Lutz, ergonome-chercheur présidente du Congrès Addictologie et Travail (Additra) explique que « les anesthésiants ou stimulants tels que le cannabis, l’alcool, l’héroïne ou la cocaïne sont devenus des recours de plus en plus répandus face à des situations stressantes pour pouvoir tenir« . En soulignant d’ailleurs que « les managers, au cœur de la situation, sont eux-mêmes consommateurs ». Des informations qui font écho à l’étude scientifique publiée dans The British Medical Journal en 2015 qui expliquait que les salariés travaillant plus de 48 heures par semaine, soit un temps de travail qui dépasse le seuil raisonnable selon une directive européenne, avaient plus de risque de devenir alcooliques que les autres.

11% des entreprises confrontées à des problèmes liés au cannabis

La santé, l’hôtellerie-restauration et le marketing sont les plus touchés

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas les traders qui consomment le plus de cocaïne et les ouvriers qui boivent le plus. La réalité est bien loin des clichés : l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies explique que tous les corps de métiers sont exposés, et à tous les niveaux. Selon M. Reynaud, psychiatre addictologue et président du Fonds Actions Addictions, « tous les métiers sont touchés et notamment les professions de santé, l’hôtellerie-restauration, le marketing, la création et la pêche ». Il évoque alors une « souffrance physique aussi bien que psychique ».
Face à ce constat, le gouvernement a fait de la prévention des conduites addictives en milieu professionnel une priorité et à mis en place un plan de lutte contre les drogues et les conduites addictives. De nombreuses actions ont été lancées par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), allant de la formation des médecins du travail jusqu’à la mise en place d’un site internet dédié aux addictions au bureau.

Les entreprises désormais autorisées à faire passer des tests aux salariés

Côté entreprises, certaines tentent d’aider leur employé concerné en lui faisant souffler dans l’éthylotest en cas de doute. A ce sujet, le Conseil d’Etat vient tout juste d’accepter qu’une employeur fasse passer un test salivaire pour contrôler la consommation de drogue. Ceci reste sous condition, comme le stipule le code du travail : « nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ». L’employeur pourra donc faire ce test si le poste occupé par le salarié peut présenter un danger particulier pour lui-même ou pour un tiers. La procédure pourra être effectuée par un responsable hiérarchique.

Quand d’autres préféreront la manière douce en bannissant tout alcool de leur carte de restaurant/cantine. Certains DRH feront également appel à des intervenants extérieurs tels que des préventeurs, des psychologues et des assistantes sociales afin que le travailleur puisse se faire aider au travail, mais sans se sentir épié par sa hiérarchie. Quand cela ne fonctionne plus, l’entreprise peut proposer de financer une cure de désintoxication. « Mais ça ne marche que temporairement » explique Me Denis Andrieu, avocat en droit social défendant les entreprises sur ces questions de santé au travail.

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Qu’est-ce que le captagon, la drogue des djihadistes ?

Pour pouvoir tuer de sang-froid, les djihadistes de Daech consommeraient une drogue appelée captagon. Quels sont ses effets ? Quels sont les signes qui montrent qu’une personne est sous l’emprise de cette drogue ? Le Pr Jean-Pol Tassin, neurobiologiste à l’Inserm et spécialiste des addictions, nous dit tout sur cette drogue prisée par l’organisation Etat islamique.

Le 26 juin 2015, un homme âgé de 23 ans tue 39 personnes et en blesse 39 autres dans une station balnéaire près de Sousse, en Tunisie. Des témoins affirment que l’homme souriait et riait pendant la tuerie. L’autopsie de Seifeddine Rezgui, abattu juste après son massacre, révèlera qu’il était sous l’emprise de captagon, une drogue qui l’aurait aidé à tuer de sang-froid. Des témoignages recueillis auprès de témoins présents à Paris vendredi 13 novembre 20151 peuvent laisser penser que les terroristes auraient pu être sous l’emprise de cette drogue. Seules des autopsies pourront l’affirmer avec certitude.

Identification de nouveaux comprimés d’ecstasy fortement concentrés en MDMA

Dans le cadre du système d’Alerte Précoce (Early Warning System – EWS), l’Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP) nous a informés de l’identification de nombreux comprimés d’ecstasy fortement dosés en MDMA. Ces pilules ont majoritairement été analysées dans le cadre de recherches réalisées par le WIV-ISP et ses partenaires sur base de produits circulants dans les festivals cet été.

Les deux premières pilules (« Tomorrowland » et « ACAB ») ont été analysées début décembre dans le cadre du service de testing de l’asbl Modus Vivendi, proposé à Bruxelles au lieu d’accueil Modus Fiesta.
Vous trouverez le détail de cette alerte et des conseils de réduction des risques en cliquant ici.

Entre la drogue et les écrans, les jeunes ont fait leur choix

Selon le nouveau rapport de l’Observatoire français des Drogues et des toxicomanies (OFDT), les jeunes passent plus de temps devant les écrans et découvrent la drogue plus tard.

Addictions aux écrans

À tous les parents qui pensent que les écrans sont en train de prendre trop de place dans la vie des adolescents, sachez que cela peut les détourner de la drogue et de l’alcool, pendant un certain temps. Selon les données de l’OFDT, en 2014, en moyenne, les jeunes ont fumé leur première cigarette à l’âge de 14 ans (8 mois plus tard par rapport à 2014) et leur premier joint à 15,3 ans (4 mois plus tard).

Ce manque d’attrait pour l’alcool et les drogues s’expliquerait par une autre addiction : celle des écrans. De 2003 à 2015, la part des jeunes qui vont quotidiennement sur Internet est passée de 23 % à 83 %, selon le rapport. « La génération née entre 2000 et 2005 passe beaucoup plus de temps connectée aux écrans que la précédente, ce qui est de nature à éloigner ces jeunes d’un certain nombre d’opportunités de consommer, notamment hors du regard des adultes référents », souligne François Beck, directeur de l’Observatoire.

Changements de mode de vie

Mais ce n’est pas la seule explication. De plus en plus de parents ont décidé d’arrêter de fumer. Le jeune étant moins confronté à la cigarette au quotidien, il est moins tenté d’essayer. Cette modification du mode de vie se constate aussi avec l’alcool. De nombreuses campagnes de sensibilisation ont mis en lumière les dangers de ces comportements pour la santé. Si les parents ont été touchés, il semblerait que les jeunes aussi.

« Les parents de ces jeunes-là sont eux-mêmes moins consommateurs que les générations précédentes », explique François Beck, sur France Info. « Or jusqu’à au moins 12-13 ans, le premier modèle des enfants, ce sont les parents. La prévention elle aussi fonctionne. Encore faut-il qu’on laisse les actions de prévention s’installer dans le temps. »

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Cannabis : l’usage régulier provoque des troubles oculaires

Les consommateurs réguliers de cannabis pourraient être confrontés à des troubles de la vision. La drogue modifierait le fonctionnement des cellules de la rétine.

L’usage régulier du cannabis perturbe le fonctionnement de la rétine, suggère une étude française publiée dans le journal JAMA Ophtalmology. C’est la première fois que des chercheurs mettent en évidence un impact de la consommation de cette drogue sur les fonctions visuelles.

Cette conclusion préliminaire est issue des travaux menés par une équipe du Centre hospitalier universitaire de Nancy et du Centre Psychothérapique de Nancy (Meurthe-et-Moselle) intitulé Causa Map. Ce vaste programme de recherche s’intéresse aux effets du cannabis sur le cerveau humain, notamment sur la vision des consommateurs réguliers.

Une information transmise en retard

Pour mener leur étude, les chercheurs ont donc comparé la vision de 28 personnes consommant régulièrement du cannabis depuis un an (7 joints par semaine) à celle de 24 personnes non-fumeuses. Dans un premier temps, les participants ont été interrogés sur leur usage de stupéfiant et leur état de santé. Dans un second temps, ils ont été invités à passer un électrorétinogramme, un examen mesurant l’activité électrique de l’œil lorsqu’un signal lumineux lui est envoyé et qui permet de diagnostiquer certaines anomalies de la rétine.

La rétine est constituée de plusieurs couches de neurones permettant de transformer l’information lumineuse en message électrique envoyé au cerveau via le nerf optique. Ce dernier est formé par les cellules ganglionnaires de la rétine. Or, « les yeux d’un consommateur régulier de cannabis ont un important retard dans leur réponse à un signal lumineux », indiquent le Pr Raymund Schwan et les Drs Vincent Laprévote et Thomas Schwitzer, les responsables de ces travaux. Ils ont en effet observé un délai de 10 millisecondes entre les fumeurs et les non-fumeurs de cannabis.

Risques potentiels pour la conduite

Pour les chercheurs, ce résultat indique qu’il existe une altération de la communication entre les différentes cellules nerveuses composant la rétine, sous l’influence du cannabis. Et ce serait particulièrement les cellules ganglionnaires de la rétine qui seraient en cause.

« Une démonstration qui ouvre de nombreuses perspectives, puisque la vision est impliquée dans les actes de la vie quotidienne, et en particulier, dans la conduite automobile », soulignent les chercheurs qui vont poursuivre leurs explorations pour mieux comprendre les conséquences de ce retard sur l’ensemble de la fonction visuelle

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