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C.N.P.E.R.T.

Centre National de Prévention, d Etudes et de Recherches en Toxicomanies

Mois

décembre 2016

Cette étude qui montre que le cannabis fait (aussi) des ravages sur le coeur

Malgré le contexte américain ou cinq Etats veulent légaliser l’usage du cannabis, ce produit reste nocif, à plus d’un titre. Des études récemment publiées aux Etats-Unis font désormais état des risques pour le bon fonctionnement du muscle cardiaque. Au vue de l’étendue de son usage et les tranches d’âge concernées des problème vont survenir dans un avenir proche.

Atlantico : Des études scientifiques récemment publiées aux Etats-Unis montrent que la consommation de cannabis peut avoir un effet sur le coeur et provoquer notamment des cardiomyopathie. Que nous apportent ces résultats concrètement ? En quoi nous permettent-ils de mieux comprendre les effets du cannabis ?

Guy-André Pelouze : Pour comprendre comment le cannabis fumé peut avoir des conséquences sur le système cardiovasculaire il faut tout d’abord expliquer qu’il s’agit  de l’inhalation de la fumée d’une pyrolyse végétale. La pyrolyse est la décomposition (ou thermolyse) d’un composé organique par une augmentation importante de sa température pour obtenir d’autres produits ou libérer des molécules actives dans la fumée. Le végétal en question, feuilles et efflorescences de cannabis sativa contient bien évidemment des matières organiques qui lorsqu’elle brûlent à haute température produisent des carcinogènes notamment des benzopyrènes et par ailleurs des cannaboïdes (présents dans la résine) en particulier le tétrahydrocannabinol.

L’étude de ces cas a permis d’aller plus loin. Il y a deux types de récepteurs aux cannaboïdes. Le CB1 et le CB2 et c’est par l’intermédiaire de ces récepteurs que les cannaboïdes produisent leurs effets. L’activation forte du récepteur CB1 périphérique c’est à dire celui présent dans les organes autres que le cerveau est impliquée dans ces effets délétères et curieusement c’est par le même mécanisme d’activation que certaines chimiothérapies sont toxiques pour le muscle cardiaque. Il serait donc possible de diminuer la toxicité de ces chimiothérapies en bloquant ce récepteur périphérique.

Enfin il n’est pas possible de donner une probabilité du risque de ce danger. Ce qui est certain c’est que les personnes déjà cardiaques sont à plus haut risque et que la consommation concomitante de toxiques récréatifs (phénomène très fréquent) potentialise le risque.

Ces cannaboïdes passent dans la circulation pulmonaire en arrivant dans les alvéoles du poumon puis dans la circulation systémique celle qui se rend aux organes, en particulier le cerveau, mais aussi tous les autres. Les cannaboïdes ont des récepteurs dans le cerveau et leur molécule est suffisamment petite pour traverser la barrière hémato-encéphalique qui « protège » le cerveau de molécules indésirables. Il y a plusieurs décennies que des cas sporadiques de cardiomyopathie réversible ou non ont été décrits chez des fumeurs de cannabis. Des publications plus récentes ont confirmé cette toxicité.

De quoi s’agit il?

Le muscle cardiaque est extrêmement endurant puisqu’il peut à la fois se contracter et se relâcher sans arrêt pendant toute la vie mais aussi augmenter immédiatement son activité (fréquence des contractions et force de celles ci) en fonction de la demande du corps (exercice, digestion…). Il dispose pour ce faire d’une usine à énergie rapide très performante la mitochondrie située dans chacune des cellules. Cette mitochondrie est altérée par de nombreux toxiques récréatifs : alcool, cocaïne, méthamphétamine, ecstasy, cannaboïdes. D’une manière générale ces molécules altèrent de manière aiguë ou chronique la mitochondrie et privent le muscle cardiaque d’énergie entraînant son affaiblissement. Le débit cardiaque diminue jusqu’à mettre en danger la vie dans certains cas. Cette atteinte peut être aiguë avec une défaillance cardiaque souvent en raison d’une consommation importante ou chronique chez des consommateurs réguliers. Il y a comme pour toute toxicité de ce type un effet dose mais aussi une plus grande susceptibilité de certaines personnes, qui est en rapport avec des différences génétiques dans la capacité à réparer les effets toxiques des cannaboïdes au niveau de la mitochondrie

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Pourquoi la drogue et l’alcool s’invitent de plus en plus au travail ?

Alcool, cannabis, cocaïne… Que ce soit pour pallier au stress ou tout simplement pour améliorer leurs performances, les travailleurs sont ainsi de plus en plus nombreux à présenter des conduites addictives au bureau. Un fléau qui posent problème aux entreprises françaises puisqu’il concerne plus de 20 millions de personnes et cause une forte augmentation des accidents du travail.

Le 5 décembre 2016 s’est tenue à Paris la seconde édition de la Journée nationale de prévention des conduites addictives en milieu professionnel. Lors de cette conférence, de nombreux professionnels de la santé ont exposé leurs recherches concernant les conduites addictives sur le lieu de travail des français. Et le constat est effarant :  plus 20 millions de salariés, qu’ils soient agents de la fonction publique, en CDI comme en CDD, en situation précaire ou non consomment des substances illicites au bureau. Parmi elles, les produits les plus consommés seraient l’alcool et le cannabis. Mais on note une hausse considérable de consommation de cocaïne, d’héroïne et même d’amphétamines. La prise de médicaments tels que des antidépresseurs et des analgésiques est également fréquente.

Demain, tous accrocs au bureau ?

Dopage et dépression

Pour les spécialistes, il y a deux catégories de consommateurs au travail : ceux qui le sont déjà à titre personnel et ceux que le stress lié travail a mené à la prise de substances addictives. Certains souhaitent améliorer leurs performances : on parle de « dopage professionnel ». Gladys Lutz, ergonome-chercheur présidente du Congrès Addictologie et Travail (Additra) explique que « les anesthésiants ou stimulants tels que le cannabis, l’alcool, l’héroïne ou la cocaïne sont devenus des recours de plus en plus répandus face à des situations stressantes pour pouvoir tenir« . En soulignant d’ailleurs que « les managers, au cœur de la situation, sont eux-mêmes consommateurs ». Des informations qui font écho à l’étude scientifique publiée dans The British Medical Journal en 2015 qui expliquait que les salariés travaillant plus de 48 heures par semaine, soit un temps de travail qui dépasse le seuil raisonnable selon une directive européenne, avaient plus de risque de devenir alcooliques que les autres.

11% des entreprises confrontées à des problèmes liés au cannabis

La santé, l’hôtellerie-restauration et le marketing sont les plus touchés

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce ne sont pas les traders qui consomment le plus de cocaïne et les ouvriers qui boivent le plus. La réalité est bien loin des clichés : l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies explique que tous les corps de métiers sont exposés, et à tous les niveaux. Selon M. Reynaud, psychiatre addictologue et président du Fonds Actions Addictions, « tous les métiers sont touchés et notamment les professions de santé, l’hôtellerie-restauration, le marketing, la création et la pêche ». Il évoque alors une « souffrance physique aussi bien que psychique ».
Face à ce constat, le gouvernement a fait de la prévention des conduites addictives en milieu professionnel une priorité et à mis en place un plan de lutte contre les drogues et les conduites addictives. De nombreuses actions ont été lancées par la Mission interministérielle de lutte contre les drogues et les conduites addictives (MILDECA), allant de la formation des médecins du travail jusqu’à la mise en place d’un site internet dédié aux addictions au bureau.

Les entreprises désormais autorisées à faire passer des tests aux salariés

Côté entreprises, certaines tentent d’aider leur employé concerné en lui faisant souffler dans l’éthylotest en cas de doute. A ce sujet, le Conseil d’Etat vient tout juste d’accepter qu’une employeur fasse passer un test salivaire pour contrôler la consommation de drogue. Ceci reste sous condition, comme le stipule le code du travail : « nul ne peut apporter aux droits des personnes et aux libertés individuelles et collectives de restrictions qui ne seraient pas justifiées par la nature de la tâche à accomplir ni proportionnées au but recherché ». L’employeur pourra donc faire ce test si le poste occupé par le salarié peut présenter un danger particulier pour lui-même ou pour un tiers. La procédure pourra être effectuée par un responsable hiérarchique.

Quand d’autres préféreront la manière douce en bannissant tout alcool de leur carte de restaurant/cantine. Certains DRH feront également appel à des intervenants extérieurs tels que des préventeurs, des psychologues et des assistantes sociales afin que le travailleur puisse se faire aider au travail, mais sans se sentir épié par sa hiérarchie. Quand cela ne fonctionne plus, l’entreprise peut proposer de financer une cure de désintoxication. « Mais ça ne marche que temporairement » explique Me Denis Andrieu, avocat en droit social défendant les entreprises sur ces questions de santé au travail.

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Qu’est-ce que le captagon, la drogue des djihadistes ?

Pour pouvoir tuer de sang-froid, les djihadistes de Daech consommeraient une drogue appelée captagon. Quels sont ses effets ? Quels sont les signes qui montrent qu’une personne est sous l’emprise de cette drogue ? Le Pr Jean-Pol Tassin, neurobiologiste à l’Inserm et spécialiste des addictions, nous dit tout sur cette drogue prisée par l’organisation Etat islamique.

Le 26 juin 2015, un homme âgé de 23 ans tue 39 personnes et en blesse 39 autres dans une station balnéaire près de Sousse, en Tunisie. Des témoins affirment que l’homme souriait et riait pendant la tuerie. L’autopsie de Seifeddine Rezgui, abattu juste après son massacre, révèlera qu’il était sous l’emprise de captagon, une drogue qui l’aurait aidé à tuer de sang-froid. Des témoignages recueillis auprès de témoins présents à Paris vendredi 13 novembre 20151 peuvent laisser penser que les terroristes auraient pu être sous l’emprise de cette drogue. Seules des autopsies pourront l’affirmer avec certitude.

Identification de nouveaux comprimés d’ecstasy fortement concentrés en MDMA

Dans le cadre du système d’Alerte Précoce (Early Warning System – EWS), l’Institut Scientifique de Santé Publique (WIV-ISP) nous a informés de l’identification de nombreux comprimés d’ecstasy fortement dosés en MDMA. Ces pilules ont majoritairement été analysées dans le cadre de recherches réalisées par le WIV-ISP et ses partenaires sur base de produits circulants dans les festivals cet été.

Les deux premières pilules (« Tomorrowland » et « ACAB ») ont été analysées début décembre dans le cadre du service de testing de l’asbl Modus Vivendi, proposé à Bruxelles au lieu d’accueil Modus Fiesta.
Vous trouverez le détail de cette alerte et des conseils de réduction des risques en cliquant ici.

Entre la drogue et les écrans, les jeunes ont fait leur choix

Selon le nouveau rapport de l’Observatoire français des Drogues et des toxicomanies (OFDT), les jeunes passent plus de temps devant les écrans et découvrent la drogue plus tard.

Addictions aux écrans

À tous les parents qui pensent que les écrans sont en train de prendre trop de place dans la vie des adolescents, sachez que cela peut les détourner de la drogue et de l’alcool, pendant un certain temps. Selon les données de l’OFDT, en 2014, en moyenne, les jeunes ont fumé leur première cigarette à l’âge de 14 ans (8 mois plus tard par rapport à 2014) et leur premier joint à 15,3 ans (4 mois plus tard).

Ce manque d’attrait pour l’alcool et les drogues s’expliquerait par une autre addiction : celle des écrans. De 2003 à 2015, la part des jeunes qui vont quotidiennement sur Internet est passée de 23 % à 83 %, selon le rapport. « La génération née entre 2000 et 2005 passe beaucoup plus de temps connectée aux écrans que la précédente, ce qui est de nature à éloigner ces jeunes d’un certain nombre d’opportunités de consommer, notamment hors du regard des adultes référents », souligne François Beck, directeur de l’Observatoire.

Changements de mode de vie

Mais ce n’est pas la seule explication. De plus en plus de parents ont décidé d’arrêter de fumer. Le jeune étant moins confronté à la cigarette au quotidien, il est moins tenté d’essayer. Cette modification du mode de vie se constate aussi avec l’alcool. De nombreuses campagnes de sensibilisation ont mis en lumière les dangers de ces comportements pour la santé. Si les parents ont été touchés, il semblerait que les jeunes aussi.

« Les parents de ces jeunes-là sont eux-mêmes moins consommateurs que les générations précédentes », explique François Beck, sur France Info. « Or jusqu’à au moins 12-13 ans, le premier modèle des enfants, ce sont les parents. La prévention elle aussi fonctionne. Encore faut-il qu’on laisse les actions de prévention s’installer dans le temps. »

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Cannabis : l’usage régulier provoque des troubles oculaires

Les consommateurs réguliers de cannabis pourraient être confrontés à des troubles de la vision. La drogue modifierait le fonctionnement des cellules de la rétine.

L’usage régulier du cannabis perturbe le fonctionnement de la rétine, suggère une étude française publiée dans le journal JAMA Ophtalmology. C’est la première fois que des chercheurs mettent en évidence un impact de la consommation de cette drogue sur les fonctions visuelles.

Cette conclusion préliminaire est issue des travaux menés par une équipe du Centre hospitalier universitaire de Nancy et du Centre Psychothérapique de Nancy (Meurthe-et-Moselle) intitulé Causa Map. Ce vaste programme de recherche s’intéresse aux effets du cannabis sur le cerveau humain, notamment sur la vision des consommateurs réguliers.

Une information transmise en retard

Pour mener leur étude, les chercheurs ont donc comparé la vision de 28 personnes consommant régulièrement du cannabis depuis un an (7 joints par semaine) à celle de 24 personnes non-fumeuses. Dans un premier temps, les participants ont été interrogés sur leur usage de stupéfiant et leur état de santé. Dans un second temps, ils ont été invités à passer un électrorétinogramme, un examen mesurant l’activité électrique de l’œil lorsqu’un signal lumineux lui est envoyé et qui permet de diagnostiquer certaines anomalies de la rétine.

La rétine est constituée de plusieurs couches de neurones permettant de transformer l’information lumineuse en message électrique envoyé au cerveau via le nerf optique. Ce dernier est formé par les cellules ganglionnaires de la rétine. Or, « les yeux d’un consommateur régulier de cannabis ont un important retard dans leur réponse à un signal lumineux », indiquent le Pr Raymund Schwan et les Drs Vincent Laprévote et Thomas Schwitzer, les responsables de ces travaux. Ils ont en effet observé un délai de 10 millisecondes entre les fumeurs et les non-fumeurs de cannabis.

Risques potentiels pour la conduite

Pour les chercheurs, ce résultat indique qu’il existe une altération de la communication entre les différentes cellules nerveuses composant la rétine, sous l’influence du cannabis. Et ce serait particulièrement les cellules ganglionnaires de la rétine qui seraient en cause.

« Une démonstration qui ouvre de nombreuses perspectives, puisque la vision est impliquée dans les actes de la vie quotidienne, et en particulier, dans la conduite automobile », soulignent les chercheurs qui vont poursuivre leurs explorations pour mieux comprendre les conséquences de ce retard sur l’ensemble de la fonction visuelle

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Humour : Il n’ y a pas que chez l’homme que l’alcool agit !!

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