In memoriam par Jean Costentin

Sophie Daout – Une grande dame de la protection de la jeunesse contre les drogues vient de nous quitter.

Dans le cadre de notre Centre national de prévention, d’études et de recherche sur les toxicomanies (CNPERT), j’ai eu la chance de faire la connaissance puis d’échanger assez régulièrement avec madame Sophie Daout (Lucas par son époux Christian).

La convergence de nos actions contre les drogues et toxicomanies a tissé des liens d’intérêt, de convictions partagées, mêlés d’une affection certaine.

Elle a connu l’immense drame du décès de ses deux fils, dont l’un fut victime de la drogue. Au lieu de se laisser anéantir, de s’abandonner égoïstement à son malheur, ce cœur généreux a voulu se mettre au service de tous les jeunes, pour les empêcher de sombrer dans l’enfer des toxicomanies.

Professeur de l’enseignement secondaire, elle est devenue conseillère d’éducation-psychologue. Elle a multiplié alors les interventions au sein de nombreux collèges et lycées, partout en France où elle était sollicitée ; rencontrant plusieurs milliers d’élèves chaque année.

Je me souviens avec émotion des lettres de jeunes témoignant de ce qu’ils avaient ressenti en l’entendant et l’assurant qu’ils se feraient les relais des messages qu’elle leur avait fait passer. Elle a créé en l’an 2.000, à Fréjus, où elle résidait, une association : « Pour une jeunesse sans drogue ». Elle a écrit cinq livres sur les drogues.

Elle excellait dans l’art poétique et les lecteurs de notre letter du CNPERT ont pu bénéficier à au moins trois reprises de poésies qu’elle nous avait confié.

Elle a participé à nos actions contre les « salles de shoots » ; contre la dépénalisation du cannabis ; et bien sûre contre la légalisation de toutes les drogues.

Sa voix était forte, son discours pondéré, empathique, ferme et convaincant. Sa « longue » maladie, en dépit de son courage à la combattre, a fini par la vaincre, l’arrachant à notre affection.

Tout récemment encore elle me soumettait, pour recueillir mon avis, le texte d’une lettre qu’elle a du avoir le temps d’adresser à Madame Brigitte Macron, pour attirer son attention sur les drames des toxicomanies dans notre pays.

Sophie Daout, en hommage à son action, fut faite commandeur des palmes académiques.

A son cher Epoux, Christian Lucas, à leurs amis, et à toutes celles et tous ceux qui ont épaulé son combat au sein de « Pour une jeunesse sans drogue », le CNPERT, par ma voix, les assure de notre affliction, de la très grande gratitude que nous avons pour ses actions.

C’est avec son souvenir vivace que nous continuerons dans la voie qu’elle a parcourue à nos cotés.

Je voulais lui offrir, après celles qu’elle nous a offert, une poésie de Simone Weil, la philosophe (1909-1943)

Il restera de toi
Ce que tu as donné
Au lieu de le garder
Dans des coffres rouillés.
Il restera de toi, de ton jardin secret,
Une fleur oubliée qui ne s’est pas fanée.
Ce que tu as donné
En d’autres fleurira.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.
Il restera de toi ce que tu as offert
Entre les bras ouverts un matin au soleil.
Il restera de toi ce que tu as perdu
Que tu as attendu plus loin que les réveils,
Ce que tu as souffert
En d’autres revivra.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.
Il restera de toi une larme tombée,
Un sourire germé sur les yeux de ton cœur.
Il restera de toi ce que tu as semé
Que tu as partagé aux mendiants du bonheur.
Ce que tu as semé
En d’autres germera.
Celui qui perd sa vie
Un jour la trouvera.

Simone Weil (philosophe 1909-1943)

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LA LUTTE CONTRE L’ADDICTION AUX DROGUES NÉCESSITE UNE STRATÉGIE NATIONALE !

La société civile appelle à la mise en place d’un plan national. Les ministères de l’intérieur, de l’enseignement, de la justice et de la santé doivent être impliqués. La prise en charge des dépendants demeure inaccessible aux démunis.

«Partir en guerre contre l’addiction aux drogues». C’est ce que recommande Nabila Mounir, présidente de l’Association marocaine des victimes de dépendances (AMVD), qui interpelle les pouvoirs publics pour la mise en place d’une stratégie nationale. «Cela s’impose car aujourd’hui, la vente du cannabis et des psychotropes s’est banalisée dans la société, c’est une réalité palpable. Les jeunes sont les plus touchés puisque les dealers arrivent à écouler leurs produits dans les établissements scolaires. Cela s’impose aussi parce que la dépendance à l’une des substances narcotiques met en péril la vie d’une personne et elle a également des répercussions sur son entourage, sa famille, particulièrement les mamans. Celles-ci souffrent autant que leurs enfants victimes d’une dépendance», explique Mme Mounir pour qui la stratégie de lutte contre les addictions à la drogue doit impliquer plusieurs départements ministériels, essentiellement les ministères de l’intérieur, de la justice, de l’enseignement et de la santé. L’intervention des associations viendrait compléter l’action des pouvoirs publics. Ainsi, la stratégie porterait sur des mesures de renforcement des dispositifs de sécurité devant les établissements scolaires car c’est là que se trouvent les consommateurs potentiels des drogues et de la cigarette. Selon les psychologues et les psychiatres, la dépendance est plus répandue parmi les jeunes car ceux-ci peuvent céder très vite et plus facilement à la tentation. «En effet, les changements biologiques et surtout psychiques subis pendant cette phase rendent l’individu plus vulnérable. Les risques d’un potentiel basculement dans le monde de l’addiction sont beaucoup plus importants par rapport à d’autres phases dans la vie de l’homme», avance un psychiatre au CHU de Casablanca. Par ailleurs, la stratégie permettrait de revoir l’organisation dans le milieu carcéral car, estime Nabila Mounir, «les mineurs et les jeunes qui sont emprisonnés sortent souvent avec une addiction aux drogues, en particulier aux substances dures car ils côtoient des adultes dépendants et sont approchés par des dealers à l’intérieur même des prisons. Il faudrait remédier à la surpopulation des prisons et aussi faire le tri parmi les catégories de prisonniers afin d’éviter des contaminations diverses…». Aussi, il faudrait également revoir la législation relative à la vente et à la consommation de la drogue qui est, de l’avis des associations, aujourd’hui dépassée. Sur le plan sanitaire, des mesures doivent être prises pour permettre une meilleure prise en charge des personnes soufrant d’une dépendance à la drogue.

Dans le milieu associatif, l’idée de la mise en place d’une stratégie de lutte contre la drogue est largement soutenue car il s’agit d’un réel fléau au niveau de la société bien que l’absence de statistiques précises sur l’addiction aux drogues et la prévalence du tabagisme ne permet pas d’avancer des estimations précises. «Selon les chiffres déclarés, la prévalence globale du tabagisme est de l’ordre de 28%. En ce qui concerne les drogues, l’observatoire national compterait 800000 toxicomanes. Ces indicateurs ne reflètent pas exactement l’état des lieux réel car, partant de notre travail sur le terrain, notamment dans les établissements scolaires, les entreprises, les quartiers et les cafés, les statistiques sont plus alarmantes», indique El Hassan Baghdadi, président de l’Association marocaine de lutte contre le tabagisme et les drogues.

La cigarette, une voie d’entrée vers d’autres drogues…

Cette association, créée en juillet 2009, focalise ses actions sur trois domaines: l’information, la prévention et le traitement. «Ainsi nous œuvrons pour informer le public et notamment les jeunes sur les véritables méfaits du tabac et les conséquences néfastes du tabagisme et des drogues. Mais aussi pour prévenir et avertir les non-fumeurs sur les politiques marketing trompeuses des industries de tabac», précise son président. La sensibilisation aux méfaits du tabagisme est donc le premier objectif de cette association et représente, selon la présidente de l’Association marocaine des victimes des dépendances, une «première étape cruciale dans la démarche car fumer est aujourd’hui banalisé et largement accepté par une majorité de familles. Or, la cigarette est également dangereuse et est une porte vers d’autres drogues. Il faut donc également se mobiliser». En effet, dans le milieu médical, on souligne le danger de la cigarette dans la mesure où «le fumeur peut utiliser également le cannabis, l’alcool ou même les psychotropes». Selon les associations, les drogues les plus utilisées sont le cannabis, lkala, nfha et le karkoubi.

Comment devient-on dépendant ? Et quelle prise en charge pour les personnes concernées et leur entourage ?

Les praticiens parlent de trois étapes de la dépendance: la première, connue sous la dénomination de l’exploration, concerne le premier contact avec une drogue. Séduits par le plaisir procuré, dès la première fois, par ces substances, les consommateurs commencent à les utiliser plus souvent tout en augmentant à chaque fois les doses pour avoir le même effet d’extase. Ils deviennent ainsi dépendants et franchissent une deuxième étape. Apparaissent alors des comportements agressifs en situation de manque. Enfin, si la victime n’est pas prise en charge et ne bénéficie pas de traitement, elle entre dans une troisième phase qui est celle de l’hallucination. Des maladies mentales et un état hallucinatoire qui peuvent conduire le toxicomane à commettre des crimes. Une situation extrême que les associations tentent d’éviter aux jeunes en leur proposant un soutien et un accompagnement. C’est pourquoi elles mènent des actions de sensibilisation dans les établissements scolaires et parfois même dans les écoles primaires. Dans le milieu associatif, on estime que 50% des jeunes collégiens et lycéens se droguent et 25% le font de manière régulière.

L’hospitalisation dans un centre public d’addictologie coûte 500 DH par jour

«Nous sommes intervenus dans une école primaire dans la préfecture d’Ain Chock car parfois la prise de drogue commence dès l’âge de 10 ou 12 ans !», déplore Nabila Mounir. Dans le milieu associatif, on estime que 50% des jeunes collégiens et lycéens se droguent et 25% le font de manière régulière. C’est pourquoi l’AMVD, fondée en janvier 2005, place la sensibilisation et l’information des jeunes au centre de son plan d’action. Celui-ci est mené en partenariat avec la Fondation Mohammed V pour la solidarité et l’Initiative nationale du développement humain et pour toucher la population concernée en premier lieu. Les actions se font dans les établissements scolaires, les maisons de jeunes et dans les prisons à Casablanca et sa région. «Nous avons créé des centres d’écoute dans les écoles pour recevoir les jeunes et aussi les parents, en particulier les mamans, pour l’écoute, l’information et la sensibilisation. Depuis notre création, nous avons reçu 18 000 personnes. Et dans le milieu carcéral, nous avons touché 20 000 jeunes détenus», avance Mme Mounir. De son côté, l’Association marocaine de lutte contre le tabagisme et la drogue (AMLCTD) mène campagne contre l’addiction via l’organisation de séminaires de sensibilisation, des journées d’études, des émissions télévisées ainsi que des actions dans les établissements scolaires et dans la rue. Mais au-delà de la prévention, les deux associations interviennent dans la prise en charge et le traitement des addictions. Si l’AMVD n’a pas pu, pour l’heure, réaliser son projet de construction d’un centre de prise en charge, l’AMLCTD a pu doter, en 2011, la ville de Meknès d’un centre d’addictologie, offrant ainsi un accompagnement et une aide aux toxicomanes pour leur sevrage. «C’est important pour nous, car pour l’instant l’offre reste limitée au Maroc. Les centres spécialisés mis en place par le ministère se comptent sur les doigts d’une main et la prise en charge n’est pas gratuite. La capacité existante ne dépasse pas 32 lits !», dit-on à l’association. Abondant dans ce sens, Mme Mounir souligne que la non-gratuité de la prise en charge dans ces centres exclut les jeunes dépendants issus de milieux défavorisés. «La prise en charge coûte 500 dirhams par jour pour une hospitalisation, en plus de 100 dirhams pour la consultation. Sans compter qu’il faut acheter les médicaments. Ceux-ci coûtent entre 200 et 400 dirhams la boîte et le traitement nécessite deux boîtes par mois.

Il est important de noter qu’actuellement ces centres sont surtout fréquentés par les familles ayant les moyens de payer et qui jusqu’ici recouraient aux centres privés de désintoxication où le coût d’une hospitalisation varie de 3 000 à 4 000 dirhams par jour», explique Nabila Mounir. Elle ajoutera que «son association a milité, depuis 2010, pour l’élargissement du Ramed à la prise en charge des dépendants. Ce qui a été décidé par le ministère de la santé mais, en raison de l’insuffisance du budget du régime, les Ramédistes sont souvent sur la liste d’attente et ne peuvent que rarement accéder aux soins !».

Nouvelles addictions ou aussi addictions sans drogue font, depuis quelques années, leur émergence au Maroc. L’addiction se définit comme la dépendance d’une personne à une substance ou une activité génératrice de plaisir, dont elle ne peut plus se passer en dépit de sa propre volonté. Ainsi, outre l’addiction à une drogue douce ou dure, il existe de plus en plus une dépendance sans substances, notamment les addictions aux jeux, à Internet, au sexe, aux nouvelles technologies…

Selon les spécialistes de la question, il s’agit de nouveaux comportements dont le dépistage, la catégorisation clinique ainsi que leur thérapie posent problème et nécessitent tout un débat.

Concernant le cas des addictions au sexe, il s’agit essentiellement de personnes dépendantes aux sites pornographiques sur Internet. Selon les médecins, la personne dépendante n’a pas spécialement une vie sexuelle intense, mais elle souffre d’une compulsion dont elle ne peut se débarrasser. Et si cette pratique ne peut être arrêtée, il en découle une destruction de la vie personnelle de la personne concernée. Le diagnostic de cette dépendance reste encore laborieux et même lorsqu’il est établi, la prise en charge nécessite plusieurs mois, voire des années de suivi. Mais, aujourd’hui, selon les praticiens, il faut d’abord oser franchir la première étape et en parler. Ce qui demeure difficile dans la société marocaine où la simple sexualité est encore un sujet tabou. La dépendance à internet constitue une deuxième nouvelle addiction. Il s’agit d’une consommation de quatre heures en moyenne d’internet quotidiennement. La dépendance à internet peut concerner le média en lui-même ou encore les activités y afférentes, notamment les jeux en ligne, les jeux d’argent, les sites pornographiques ou également les achats en ligne.

Enfin, les médecins citent les addictions aux jeux vidéo. Les sujets victimes de cette dépendance sont détectées suite à des changements importants dans leur vie quotidienne. Ainsi, leur addiction peut aboutir à briser leur vie de famille ou de couple, l’abandon de certaines activités ou hobbies comme le sport, la musique, la lecture, le cinéma ou le sport et plus grave encore l’abandon scolaire. Un joueur pathologique peut se retrouver, à terme et à défaut de prise en charge, dans une situation d’isolement. Globalement, les médecins, psychologues et psychiatres s’accordent à dire que la prise en charge de ces dépendances connaît quelques limites relevant tout d’abord de la volonté de la personne elle-même qui refuse ou ne peut en parler. Ensuite, la perception de la gravité de ces addictions nouvelles qui peuvent être aussi nocives et dangereuses que les dépendances aux drogues ou à la cigarette. Elles peuvent conduire, en effet, à la destruction de la personne et son isolement de son entourage. La priorité est surtout accordée aux addictions aux drogues alors que dans le milieu associatif on estime que le danger est plus grand…

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Consommation de cannabis : «La police doit avoir accès à un fichier des contrevenants»

FIGAROVOX/ENTRETIEN – Le Professeur Jean Costentin réagit à l’annonce d’une systématisation des amendes à l’encontre des consommateurs de cannabis. Si l’idée n’est pas mauvaise, elle fait courir selon lui le risque d’une banalisation de cette drogue qu’il juge dangereuse.


Jean Costentin est professeur de pharmacologie et président du CNPERT (Centre National de Prévention d’Études et de Recherches sur les Toxicomanies).
Il a notamment écrit 
Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis (éd. Odile Jacob, 2012) et s’apprête à publier Le Désastre des toxicomanies en France (éd. Odile Jacob, 2018).


FIGAROVOX.- Le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb veut mettre en place un système d’amende forfaitaire pour usage de cannabis. Ce qui signifie que la police pourra infliger directement une amende aux consommateurs, sans nécessairement recourir à des poursuites correctionnelles. Estimez-vous que cette mesure contribue efficacement à la lutte contre la consommation de drogues?

Pr. Jean COSTENTIN.- Non, je ne suis pas sûr que cette mesure aille dans le bon sens ; même si l’idée de la contravention n’est pas folle en soi, car cela permettrait de rendre plus systématiques les sanctions à l’encontre des consommateurs. Mais cela contribue à la banalisation de l’usage des stupéfiants, alors que la priorité doit être de faire respecter la loi. Aujourd’hui, celle-ci prévoit jusqu’à 3 500 € d’amende et un an de prison, mais elle n’est pour ainsi dire jamais appliquée, faute d’être connue et rappelée en milieu scolaire. Il faut préciser ici que les Français sont les plus gros consommateurs de cannabis des 28 pays européens, et que l’on compte 1,6 million d’usagers réguliers, c’est-à-dire qui consomment du cannabis au moins une fois tous les trois jours. Comme l’action de cette substance sur les récepteurs nerveux est très durable, cela équivaut à dire que plus d’un million et demi de personnes vivent en permanence sous l’emprise du cannabis.

L’action du cannabis sur les récepteurs nerveux est très durable.

Où nous conduirait un laxisme accru dans ce domaine? Il y a en France 16 millions de fumeurs de tabac, et chaque jour, 12 à 14 personnes meurent sur les routes à cause de l’alcool. En tout chaque année, la cigarette tue 79 000 personnes, et l’alcool 49 000. Voilà les chiffres des drogues licites dont je n’ai eu de cesse de dénoncer les effets dans mes publications. C’est vers ces ordres de grandeur que nous nous dirigeons si nous faisons du cannabis une «drogue licite» comme une autre! Nous ne pouvons pas nous le permettre: la fermeté contre la consommation de drogue se présente aujourd’hui à nous comme un nouvel impératif catégorique.

Quelles mesures proposeriez-vous pour dissuader les consommateurs réguliers de faire à nouveau usage de cannabis?

Avec le Centre National de Préventions d’Études et de Recherches sur les Toxicomanies, nous proposons qu’il y ait une vraie volonté politique dans les sanctions et l’accompagnement des toxicomanes réguliers.

Dans un premier temps, nous disons oui à une contravention, à condition qu’elle soit au moins de 4ème classe, c’est-à-dire de 135 €. Un fichier des contrevenants devrait être créé pour permettre à l’officier de police judiciaire qui interpelle un délinquant de savoir immédiatement combien de fois il a été contrôlé, et de multiplier le montant de l’amende d’autant.

Au bout du troisième contrôle, comme manifestement l’intéressé est incapable de sortir de l’addiction, il se verrait soumise à l’obligation de participer à un stage de 14h (sur deux jours), à ses frais, dont l’objet serait de faire de la prévention et de sensibiliser aux effets des drogues. Le stage serait encadré par un corps sanitaire ainsi que par des agents de police, qui rappelleraient quelle est la loi en France. À l’issue de ce stage, un contrôle de connaissances aurait lieu: le redoublement du stage serait obligatoire en cas d’échec.

En cas de nouvelle récidive après ce stage d’information, les personnes passeraient en correctionnelle, et pourraient faire l’objet d’une injonction de soins pour essayer un sevrage. Elles seraient également soumises à un contrôle régulier d’urine pour s’assurer que le comportement addictif disparaît réellement. Cela permettrait de constituer une liste nationale dont l’objet est de protéger la population. S’agissant des personnes qui sont incapables de s’empêcher de se droguer, il est nécessaire de leur retirer le permis de conduire ou de leur interdire l’accès à plusieurs métiers comme conducteur de car ou d’avion, gardien d’une centrale nucléaire, membre du personnel hospitalier… Notre sécurité est à ce prix-là.

Nous avons d’abord caché les chiffres, puis quand il est devenu impossible de les taire, nous les avons euphémisés.

La prison, elle, ne sert effectivement à rien, ne serait-ce que parce que nos centres pénitentiaires aujourd’hui sont de véritables «super discount» de la drogue, et même les détenus au comportement sain en ressortent souvent addicts au cannabis.

Quoi qu’il en soit, aucune des mesures que nous proposons ne peut être instaurée sans qu’il n’y ait au préalable une véritable prévention contre l’usage des stupéfiants.

Vous estimez que la France ne fait pas assez de pédagogie quant aux risques liés aux drogues?

Non, nos efforts sont loin d’être suffisants. Les élèves du secondaire ne voient la gendarmerie que pendant 2 heures pour entendre parler des drogues. On est loin des Suédois, dont les enfants passent 40 heures consacrées à la prévention sur les stupéfiants, entre la maternelle et le début des études supérieures! Résultat: la consommation de drogue en Suède est 10 fois moins élevée que la moyenne européenne. Tandis qu’en France, le politique verse trop souvent dans l’ignorance, si ce n’est la tolérance puis la complaisance. Nous avons d’abord caché les chiffres, puis quand il est devenu impossible de les taire, nous les avons euphémisés ; aujourd’hui, alors qu’ils n’ont jamais été aussi alarmants, beaucoup de responsables politiques veulent démissionner. En Suède, il y a quarante ans, la réalité était la même que chez nous aujourd’hui: s’ils ont renversé la situation, ce n’est que grâce à un courage politique hors-norme. En France, nous avons perdu une bataille: ne perdons pas la guerre de la drogue.

Dans les collèges où j’ai régulièrement l’occasion d’intervenir à ce sujet, je demande aux jeunes qui ne consomment pas de stupéfiants de m’écrire, anonymement, la raison: est-ce parce que c’est dangereux, ou bien parce que c’est illégal? 60 % d’entre eux affirment ne pas se droguer parce que la loi l’interdit. Cela signifie d’abord qu’il y a encore du travail à faire sur l’information quant aux risques! Et ensuite, cela veut dire que les jeunes ne sont pas si transgressifs qu’on ne le dit. Tant qu’il existe un interdit, nous évitons à certains de nos enfants de sombrer dans cette addiction.

Dans un lycée où je suis intervenu, j’ai constaté qu’à 10h du matin, une quarantaine d’élèves au moins étaient soumis aux effets du cannabis et incapables de la moindre concentration

Que répondez-vous à ceux qui estiment que la politique est encore trop restrictive voire moralisatrice à l’égard des consommateurs de cannabis?

Ceux qui voudraient en banaliser la consommation doivent regarder la réalité en face! La France est un des pays dont la dépense publique en matière d’éducation est la plus élevée. Pourtant, nous ne sommes qu’en vingt-sixième position des classements PISA! J’affirme que nous pouvons remonter de 15 places dans ce classement si nous éradiquons le cannabis de nos collèges et lycées. Dans l’un d’entre eux, où je suis intervenu il y a peu, j’ai constaté qu’à 10h du matin, une quarantaine d’élèves au moins étaient soumis aux effets du cannabis, à un tel point qu’ils étaient incapables de la moindre concentration! Ceci est incompatible avec l’apprentissage scolaire. Et le drame du cannabis, c’est qu’il touche en priorité des jeunes au moment de leur éducation. Demain, c’est toute notre compétitivité qui en fera les frais.

Évidemment, je ne peux pas taire non plus les catastrophes en matière de santé publique: le cannabis crée des troubles de l’anxiété qui sont à mettre directement en corrélation avec le taux de suicide, principalement chez les jeunes ; ainsi que des troubles du comportement et même des formes de schizophrénie. On ne peut plus occulter le problème ou le minimiser.

J’affirme que nous pouvons remonter de 15 places dans le classement PISA si nous éradiquons le cannabis de nos collèges et lycées.

On entend dire aussi qu’il y a d’autres priorités plus urgentes que d’intensifier la lutte contre le cannabis. La police, par exemple, a parfois déjà du mal à lutter contre la hausse des violences dans de nombreux quartiers…

Il faut toujours garder à l’esprit le proverbe: «Il n’est de richesses que d’hommes». On dit que nous devons nous préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants. Je crois qu’il est plus important encore de nous soucier de l’état de nos enfants! Or si nous voulons faire baisser les chiffres de la consommation de cannabis, la répression policière est indispensable. Il n’y a pas de solution «soft», et la dépénalisation serait un leurre. Avec 200 000 dealers dans nos rues, que croyez-vous qu’il se passera si nous mettons en place un réseau de distribution organisée? Qu’ils vont se mettre du jour au lendemain à vendre du muguet ou des fraises tagada? Soyons sérieux un instant: ils vendront d’autres drogues, plus nocives encore, voilà tout.

L’urgence est là: les jeunes découvrent la drogue entre 12 et 15 ans pour la plupart de ceux qui deviennent consommateurs réguliers. Le cannabis, plus tôt l’essayer, c’est plus vite l’adopter et plus rapidement en subir les conséquences pour sa santé. J’ai en tête les paroles de cette chanson d’Yves Duteil: «Prendre un enfant par la main, pour l’emmener vers demain»… C’est le défi que nous devons relever, et nous n’avons plus le choix.

Les ados français abandonnent le tabac pour le cannabis

Selon une observation menée par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies sur 200 mineurs aux profils sociaux variés, les adolescents abandonnent le tabac au profit du cannabis. Pourtant, le tabac constitue en général un passage obligatoire vers la consommation de drogues. Néanmoins, il est très vite désavoué par les jeunes.

Une image plus positive du cannabis par rapport au tabac

Les résultats de cette observation sont sans appel. Cette génération d’adolescents a une image résolument négative du tabac. Pour cause, ils sont au courant des conséquences néfastes de la consommation de tabac telles que les dégradations physiques et la mortalité. De même, ils ont grandi avec les interdictions de fumer dans les endroits publics et de vendre des cigarettes aux mineurs.

Ces adolescents associent systématiquement le tabac à des connotations nocives comme les mauvaises odeurs et la fumée. Par contre, ils assimilent la consommation de cannabis à une expérience positive selon Ivana Obradivic, Directrice adjointe de l’OFDT et auteure de cette étude. Ils le perçoivent comme un produit naturel et bio, ce qui renforce l’image plaisante et conviviale qu’ils ont de cette drogue.

Par ailleurs, l’initiation au cannabis est considérée par ces jeunes comme un acte d’adhésion et un signe de confiance nécessaires. Si fumer une première cigarette ne fait rien, un premier joint ensemble les transporte dans un monde à part. Outre les effets euphorisants du cannabis, ils le préfèrent pour son goût.

Des risques méconnus ou sous-estimés malgré les campagnes

Contrairement au tabac, le cannabis jouit de l’image d’un produit pur et non chimique auprès des adolescents. Ils pensent que les effets de cette drogue sont progressifs et plus doux. Ainsi, ils fument même du cannabis pour les effets psychoactifs du THC ou tétrahydrocannabinol. A l’inverse, le tabac est associé à l’addiction à la nicotine et aux maladies.

De plus, les campagnes n’ont pas toujours les effets escomptés malgré que les politiques de prévention produisent en général des résultats positifs. Ils perçoivent ces campagnes comme décalées de leur réalité. A titre d’exemple, les clips de prévention contre le cannabis mettent en scène des stéréotypes d’adolescents auxquels les fumeurs ne s’identifient pas du tout.

L’entourage et l’historique familial tiennent aussi une place prépondérante. Les participants à l’étude affirment tous être confrontés à l’omniprésence du tabac, de l’alcool et des drogues au quotidien. Toutefois, ils refusent de donner l’image de toxicomanes marginaux enfermés dans la dépendance. Au contraire, ils évoquent même un choix réfléchi et revendiquent une liberté individuelle.

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Quel impact les principales drogues ont-elles sur la sexualité ?

L’alcool et l’ecstasy étaient plus fortement associés à des effets sexuels perçus intenses (attractivité sexuelle perçue, désir, durée du rapport…) que le cannabis. Les troubles sexuels (sécheresse, érection) étaient plus fréquemment rapportés par les hommes consommant de l’alcool ou de l’ecstasy ou par les femmes consommant du cannabis.

Pourquoi est-ce important ?

  • De nombreuses études se sont attachées à décrire l’association entre consommation d’alcool, de cannabis ou d’ecstasy et les comportements sexuels à risque (rapport sans préservatif, relations occasionnelles, non planifiées…). Mais comprendre l’impact spécifique de ces différentes drogues sur les interactions et fonctions sexuelles telles que ressenties par les usagers peut aider à améliorer les messages de prévention envers les publics à risque. Les études dans ce domaine sont en effet moins nombreuses, a fortiori celles étudiant simultanément plusieurs produits, et permettant des comparaisons directes.
  • Dans ce travail, conduit auprès de 18-25 ans fréquentant des night clubs new-yorkais, les auteurs ont voulu obtenir une description du ressenti personnel, de l’impact physiologique et de la survenue de troubles sexuels liés à ces consommations. Ils décrivent des différences spécifiques selon les produits et le sexe.

Principaux résultats

  • Parmi les 679 jeunes (21,9 ans d’âge moyen, 38,6% de femmes, 84,6% hétérosexuels) 87,3% rapportaient avoir déjà consommé au moins l’un des trois produits : le plus souvent (39,2%), ils rapportaient avoir déjà consommé les trois, puis avoir déjà consommé alcool et cannabis (20,6%).
  • 66,8% et 60,6% des participants se sentaient plus attirants sous alcool ou ecstasy, contre 25,3% sous cannabis et ils indiquaient avoir une capacité supérieure à aborder les autres dans respectivement 77,1%, 72,3%, et 26,1% des cas.
  • La sensibilité du corps était plus fortement augmentée sous ecstasy (74,5% vs 49,1% et 38,3% sous cannabis et sous alcool) alors que celle des organes sexuels était plus souvent augmentée sous alcool (85% vs 74,7% sous cannabis et 56,8% sous ecstasy).
  • Ceux ayant déclaré avoir déjà eu des rapports sexuels après consommation ont qualifié leurs ressentis : l’intensité sexuelle, la durée du rapport et l’intensité de l’orgasme étaient surtout majorées sous ecstasy (83%, 64,7% et 63,0% des cas).
  • Les troubles sexuels étaient plus fréquents sous ecstasy (46,7%) ainsi que sous alcool (40,2%) par rapport au cannabis (21,3%). Les remords suivant l’acte étaient plus souvent rapportés après consommation d’alcool (30,7%, vs 12,6% et 7,2% sous ecstasy ou sous cannabis).
  • La comparaison selon le sexe montrait que les femmes disaient aborder plus facilement les autres ou ressentir une plus forte intensité sexuelle après consommation d’alcool que les hommes. Les hommes rapportaient plus souvent une durée des rapports prolongée sous alcool que les femmes. Enfin, ces derniers rapportaient surtout des troubles de l’érection liés à la consommation d’alcool ou d’ecstasy, tandis que les femmes parlaient plus souvent de sécheresse vaginale sous cannabis.

Méthodologie

Des jeunes de 18 à 25 ans fréquentant des lieux nocturnes (night clubs, festivals) sélectionnés aléatoirement se sont vus proposés de répondre à un questionnaire rémunéré sur leur usage d’alcool, de cannabis et d’ecstasy. Outre leur profil sociodémographique, les répondants devaient indiquer s’ils avaient déjà consommé l’une et/ou l’autre de ces substances et coter, pour chacune de leurs consommation, leur perception de l’attractivité sexuelle, leur désir, la sensibilité de leur corps et de leurs organes sexuels et, s’ils avaient déjà eu des relations sous l’emprise d’une ou plusieurs de ces substances, la durée et l’intensité du rapport, la durée ou la fréquence de l’orgasme et les éventuels sécheresse vaginale ou troubles de l’érection rencontrés.

Limitations

  • Aucune distinction n’a été réalisée selon l’orientation sexuelle, la nature de l’alcool, le type de cannabis ou la présentation de l’ecstasy.
  • Les expériences vécues sous emprises sont subjectives et dépendent de l’environnement et du partenaire.

Limitations

L’étude a été financée par le NIH américain.

  • Caroline Guignot
  • 25 janv. 2018
  • Univadis Résumés Cliniques

DROGUE : CE N’EST PAS LE MOMENT DE BAISSER LA GARDE !

LUTTE CONTRE LA DROGUE

Le débat sur la légalisation, la dépénalisation ou le contrôle de l’usage du cannabis n’est pas nouveau en France.

Olivier Damien Docteur en droit – Commissaire divisionnaire honoraire

Mercredi, un rapport parlementaire sur un « assouplissement de la loi pour les consommateurs de cannabis » sera présenté en commission des lois à l’Assemblée nationale. Partant du constat qu’actuellement, les sanctions prévues contre les consommateurs sont peu efficaces et débouchent sur une « dépénalisation de fait » de cette infraction, les auteurs de ce rapport préconisent deux solutions. La première viserait à l’établissement d’une amende délictuelle comprise entre 150 et 200 euros, assortie éventuellement de poursuites pénales. La seconde verrait la consommation de cannabis punie d’une simple contravention.

Pour justifier ces propositions, les parlementaires concernés évoquent, d’une part, un engorgement des tribunaux du fait de la lourdeur du contentieux généré par l’usage de cannabis et, d’autre part, la possibilité pour les forces de l’ordre de pouvoir se concentrer sur la lutte contre les trafics de stupéfiants.

Le débat sur la légalisation, la dépénalisation ou le contrôle de l’usage du cannabis n’est pas nouveau en France. Il est presque aussi ancien que la loi du 31 décembre 1970 « relative aux mesures sanitaires de lutte contre la toxicomanie », et a toujours été fortement connoté politiquement ; la gauche y étant plutôt favorable, et la droite plutôt opposée.

Entre-temps, le phénomène n’a fait que croître et embellir. Les produits proposés à la consommation se sont développés et diversifiés, et les trafics se sont multipliés. C’est ainsi qu’un récent rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies, publié le 19 décembre 2017, a analysé en les détaillant les pratiques de consommation et d’offre dans huit grandes villes de France.

Ce rapport révèle qu’en 2016, les trafiquants de drogue « ont redoublé d’efforts pour satisfaire les demandes des usagers en diversifiant les techniques de vente ». « Cocaïne call center », développement des « drive », afin de récupérer son produit sans sortir de son véhicule, « SMS promotionnels », « livraison de cannabis à vélo » et même distribution de prospectus.

Le commerce de stupéfiants emprunte désormais aux techniques de vente de la grande distribution. Mais ce rapport ajoute également que les situations locales examinées ont toutes mis en évidence une augmentation de la violence en lien avec les trafics, ainsi que la présence d’armes lors des transactions entre dealers.

La question qui se pose donc est celle de savoir si, au moment où le marché de la drogue n’a jamais été aussi prospère dans notre pays – rappelons qu’il génère aujourd’hui un chiffre d’affaire de 2,3 milliards d’euros -, le moment est bien choisi pour baisser la garde.

La réponse des Français à cette question est globalement négative. Près de deux tiers d’entre eux sont contre un assouplissement de la législation qui ne ferait, selon leurs déclarations, que favoriser une dérive toujours plus grande. Par ailleurs, les arguments avancés pour justifier cette mesure résistent peu à l’analyse. En effet, le premier, relatif à l’inefficacité supposée des sanctions, ne tient que grâce à la faiblesse des politiques pénales mises en œuvre en la matière. Et l’on s’aperçoit que là où les juges se montrent sévères, la lutte contre les trafiquants est d’autant plus efficace.

Par ailleurs, les forces de l’ordre n’ont pas attendu ce rapport pour être capables de faire preuve de discernement, et savent orienter leurs efforts lorsqu’il s’agit de démanteler, sur la base des informations recueillies auprès des consommateurs, un réseau actif localement.

Une fois encore, il s’agit de savoir ce que veut l’État.

Ou il se donne les moyens de combattre un fléau qui détruit notre jeunesse. Ou, une fois de plus, il abdique en se donnant bonne conscience.

Alcool. Deux verres par jour augmentent le risque de maladies du foie

  • Une consommation quotidienne d’alcool chez les jeunes hommes âgés de 18 à 20 ans renforcerait le risque de développer de graves maladies du foie au cours de leur existence.
    Une consommation quotidienne d’alcool chez les jeunes hommes âgés de 18 à 20 ans renforcerait le risque de développer de graves maladies du foie au cours de leur existence. | Photo d’illustration : Fotolia

Boire de l’alcool tous les jours augmenterait le risque de développer des maladies du foie chez les hommes âgés de 18 à 20 ans. Le risque débuterait avec moins d’un verre et serait particulièrement préoccupant à partir de deux verres consommés quotidiennement, selon une étude menée par des chercheurs danois.

Une consommation quotidienne d’alcool chez les jeunes hommes âgés de 18 à 20 ans renforcerait le risque de développer de graves maladies du foie au cours de leur existence.

Avec six grammes d’alcool ingérés quotidiennement, soit moins d’un verre, le danger serait déjà présent. Mais c’est avec une quantité de deux verres par jour (environ 20 grammes d’alcool) que le risque deviendrait vraiment préoccupant, selon une étude publiée ce lundi dans la revue Journal of Hepatology.

Risques accrus de cirrhoses et de cancers

Les scientifiques se sont intéressés aux données concernant 49 000 Suédois ayant effectué leur service militaire en 1969 et 1970. Les spécialistes ont ensuite étudié les dossiers médicaux de ces sujets 40 ans plus tard.

383 participants sont aujourd’hui atteints d’une sérieuse maladie hépatique, dont des cirrhoses et des cancers, ou sont décédés de l’une de ces pathologies. Ils ont ainsi pu établir un lien entre la consommation d’alcool jeune et le développement de ces maladies.

L’alcool tuerait chaque année 49 000 personnes en France, soit 13 % des décès masculins et 5 % des décès féminins. « Si ces résultats conduisent à abaisser les seuils de consommation d’alcool « sûre » chez les hommes, et s’ils adhèrent aux recommandations, nous pourrions assister à une réduction de l’incidence des maladies alcooliques du foie à l’avenir », explique le docteur Hagström, auteur de l’étude

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Jeunes et alcool : les liaisons dangereuses

Les habitudes d’alcoolisation des jeunes sont préoccupantes. La Bretagne et les Pays-de-la-Loire font figure de mauvais élèves. Les alcoolisations ponctuelles importantes et les ivresses régulières y sont nettement plus fréquentes qu’ailleurs. 

Par Emilie Colin

À 17 ans, la quasi-totalité des jeunes de nos régions ont expérimenté l’alcool, le plus souvent à travers des ivresses. Ainsi, en Bretagne, selon l’observatoire régionale de la santé, 39 jeunes de – de 25 ans sont hospitalisés chaque jour pour alcoolisation massive (intoxication éthylique aiguë) « accompagnés dans certains cas de complications sévères car un coma, des soins de réanimation, des soins intensifs ou de surveillance continue » « Et encore », estime le Dr Florence Tual, médecin de santé publique à l’ARS Bretagne et coordonnateur des addictions pour la région, « ce n’est là que la partie émergée de l’iceberg ! Ce chiffre, déjà impressionnant, ne tient pas compte des jeunes qui terminent la soirée en cellule de dégrisement au poste de police et toutes ces ivresses massives qui se déroulent dans le huis clos d’une habitation ».

Comme dans d’autres centres hospitaliers, le CHU de Nantes a mis en place une équipe de liaison, composée d’un médecin addictologue et d’infirmières spécialisées. Son rôle : repérer les habitudes de consommation problématiques de tous les jeunes admis aux urgences suite à une consommation excessive d’alcool« Le repérage très précoce est capital », explique Florence Tual, infirmière au Cappa de Nantes. « Sans jugement, nous évaluons leur niveau de dépendance ou bien leurs conduites à risque et prodiguons des conseils. L’entretien ne dure qu’une dizaine de minutes pour être percutant. Ensuite, si le jeune est d’accord, nous lui proposons un deuxième rendez-vous un mois plus tard pour faire le point. »

Accidents de la route (199 décès de jeunes dus à l’alcool dans les Pays-de-la-Loire sur les années 2012-2014 ; 2118 accidents corporels), noyades consécutives à des chutes au cours de soirée de beuverie, ces comportements à risque sont régulièrement remis sur le devant de la scène à chaque nouveau drame.

Des usages de l’alcool en forte progression chez les jeunes Bretons et Ligériens qui restent très largement supérieurs à la moyenne nationale. À titre d’exemple, dans l’Ouest : 3 lycéens sur 10 reconnaissent avoir été ivres au moins une fois dans le mois qui précède (2 sur 10 en France). Les filles ne sont pas épargnées. Toujours sur le plan épidémiologique, des différences sont constatées selon la filière de formation suivie : les apprentis et les élèves de lycées professionnels sont beaucoup plus concernés que leurs pairs des filières générales.

Trois étudiants canadiens créent un détecteur de cannabis

 Le Figaro Etudiant • Publié le 

Dès le 1er juillet, les Canadiens seront tenus de consommer de la marijuana récréative uniquement chez eux. Crédits photo: De Tunatura

Alors que la loi sur sa consommation va se durcir dès cet été, trois étudiants en ingénierie au Canada ont mis au point un boîtier capable de détecter la principale molécule présente dans le cannabis.

Ils risquent de ne pas être adorés par tous leurs camarades de l’université. Bryce Stewart, Robert Smith et Mason Boerthen, trois étudiants en quatrième année de l’université de l’Ile-du-Prince-Édouard au Canada, viennent de mettre au point un petit boîtier permettant de détecter la principale molécule présente dans le cannabis. En moins d’une minute, leur engin pourra donc donner un verdict clair, dans un pays où la législation sur le cannabis va se durcir dès cet été.

Ils ont travaillé pendant deux mois pour mettre en place le système électrique, la programmation ou l’assemblage de leur prototype. Tous trois âgés de 22 ans, les étudiants en quatrième année d’ingénierie, aidés par leurs professeurs, ont finalement pu construire un cube noir, plus petit qu’une boîte de chaussure, qui permettra de dire si oui ou non, une personne a consommé de la marijuana. En déposant simplement un échantillon de salive collecté sur un morceau de coton, l’engin peut détecter une consommation illicite très rapidement. «L’appareil donne sa réponse en 20 à 30 secondes», confirme Bryce Stewart au site radio-canada.

Le jeune homme s’est d’ailleurs félicité de son invention auprès du média canadien, jugeant qu’il était «important de prendre rapidement des mesures de précaution et de sécurité en vue de la prochaine législation.»

Le boîtier est déjà au point

Cette législation, justement, ne va pas tarder à arriver. Sur l’île-du-Prince-Edouard, située à quelques encablures au nord est des États-Unis, la loi votée au Canada visant les consommateurs de cannabis entrera effectivement en vigueur en juillet prochain. Celle-ci interdit la consommation de marijuana récréative en dehors de la sphère privée, mais les forces de police elles-mêmes n’ont pas été fournies en matériel pour contrôler la population. Une situation qui provoque d’ailleurs des émois sur l’île puisque précisément, dans les logements privés, ce sont les propriétaires qui décident pour les locataires s’ils sont autorisés à fumer chez eux ou non (même pour la cigarette). Ils pourraient donc être maintenant capables de forcer leurs locataires à ne plus fumer du tout de cannabis.

Le boîtier des trois jeunes étudiants est déjà au point et devrait être mis en place au moment de la nouvelle législation, l’été prochain. Entre-temps, ils cherchent déjà les améliorations possibles sur leur projet, et même sur les conditions de commercialisation de celui-ci. Quoiqu’il arrive, Bryce, Robert et Mason ont pour l’instant décidé de se concentrer sur leurs études. Et de son côté, le chef de la police de la ville de Charlottetown a par ailleurs déclaré qu’il attendait avec impatience les directives fédérales et provinciales sur la question des contrôles routiers.

Drogue dans le métro à Paris: le ras-le-bol des usagers et des conducteurs

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Crack dans le métro parisien : certaines stations ne sont plus desservies
Des conducteurs de métro décident volontairement de ne pas marquer l’arrêt à certaines stations du nord de Paris, pour assurer la sécurité des voyageurs.

L’association «SOS Usagers» et le syndicat Unsa RATP fustigent les agressions liées au trafic de drogue dans le métro parisien. Certains conducteurs reconnaissent même parfois ne plus s’arrêter à certaines stations. Un mouvement de grève est prévu sur la ligne 12 ce vendredi afin de protester contre l’insécurité.

Les conducteurs du métro parisien et certains usagers tirent le signal d’alarme. Un mouvement de grève est prévu sur la ligne 12 du métro parisien ce vendredi afin de protester contre l’insécurité. «Beaucoup de conducteurs veulent marquer le coup pour que le problème évolue», nous confie une source syndicale, qui estime que 40% des conducteurs participeront à ce mouvement.

Vendredi dernier, l’association «SOS Usagers» et le syndicat Unsa RATP avaient dénoncé les trafics de drogue dans le métro dans un communiqué commun. «Depuis des années, le métro est envahi par des groupes de dealers qui attirent des toxicomanes souvent agressifs et dangereux. Après avoir séjourné sur la ligne 4, actuellement en travaux, ces groupes d’individus se sont déplacés en masse sur la ligne 12 et ses environs», indiquaient les deux organisations. «Le nombre d’agressions sur les voyageurs et sur le personnel RATP est en constante augmentation et prend des proportions de plus en plus dramatiques», était-il aussi précisé.

«SOS Usagers» et Unsa RATP avaient également interpellé par courrier le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb, la maire de Paris Anne Hidalgo, ainsi que la présidente de la région Île-de-France Valérie Pécresse.

Bagarres, agressions et traversée des voies

Damien Villette, 29 ans, est conducteur de métro sur la ligne 12 et délégué syndical FO. Contacté par Le Figaro, il évoque la présence d’une «quarantaine de SDF toxicomanes essentiellement installés aux stations Marx Dormoy, Marcadet-Poissonniers et porte de la Chapelle», au nord de Paris. Ces toxicomanes sont «très mobiles» car ils vont régulièrement se «ravitailler» auprès de dealers de crack et «font de nombreux allers-retours», nous précise un policier de la brigade des réseaux franciliens (BRF). Ces dealers, que ce policier qualifie de «modous» (un mot d’origine sénégalaise, NLDR), sont très présents aux stations Saint-Lazare, Strasbourg Saint-Denis, gare du Nord et gare de l’Est.

Mais que se passe-t-il concrètement au quotidien sur la ligne 12? «Les toxicomanes se piquent avec des seringues et fument du crack sur le quai ou dans les rames», explique Damien Villette. Le conducteur évoque également des bagarres sur les quais entre eux, des agressions verbales ou physiques envers les passagers, des malaises nécessitant l’intervention des secours ou encore la traversée intempestive des voies, ce qui oblige les machinistes à «couper le courant» et provoque de nombreux retards sur la ligne.

«Lorsqu’il y a 15 ou 20 toxicomanes sur le quai, il arrive qu’on ne s’arrête pas» Damien Villette (conducteur de métro sur la ligne 12)

Ce n’est pas tout. Parfois, les conducteurs de métro ne marquent même plus l’arrêt à certaines stations. «Lorsqu’il y a 15 ou 20 toxicomanes sur le quai, il arrive qu’on ne s’arrête pas», poursuit Damien Villette. Avant de préciser: «Le collègue précédent nous informe de la situation et on dit aux passagers que la station suivante ne sera pas desservie: ça se fait de plus en plus, notamment en journée». L’objectif est de «préserver l’intégrité physique des voyageurs».

Quant aux usagers que nous avons rencontrés au nord de la ligne 12, ils ne sont pas avares en anecdotes. Il y a tout d’abord Cécile, une mère de famille de 36 ans, qui vit dans le quartier de Château Rouge depuis 2015. «J’évite la ligne 12 au maximum, notamment avec mes enfants», nous confie-t-elle. Avant d’enchaîner sur un ton fataliste: «Je suis dégoûtée car l’an dernier j’étais avec ma fille de 4 ans et nous avons vu un mec avec une seringue dans le bras à la station Marcadet-Poissonniers». C’était à 16h, en plein après-midi. Elle évoque aussi ce trajet ubuesque – toujours sur la ligne 12 – au cours duquel elle a vu «un mec préparer tranquillement sa pipe à crack juste à côté de moi sur son strapontin». Cécile se dit aujourd’hui «choquée»: «Cela fait des mois que les usagers sont face à ce problème et que personne ne réagit», s’indigne-t-elle. Il y a aussi Emma, 23 ans, qui habite près de la station Jules Joffrin et «prend la 12 tous les matins». Si elle estime que «les toxicomanes ne sont pas méchants», elle raconte tout de même avoir dû un jour tirer le signal d’alarme du métro car l’un d’entre eux «était en train de faire une overdose dans la rame».

D’autres se montrent un peu moins alarmistes. C’est le cas de Robert, 70 ans, qui sort tout juste du métro Marcadet-Poissonniers et évoque «un quartier calme». Le retraité, qui vit là depuis 35 ans, concède toutefois un «afflux de gens en provenance de la Chapelle» et explique qu’il ne «passe plus par le tunnel souterrain qui relie la ligne 4 à la ligne 12 le soir». Ce tunnel – devenu un véritable terrain de jeu pour les dealers -, beaucoup nous diront le craindre. Quant à Yvonne, 65 ans, elle nous explique que «le quartier a toujours été un peu ‘craignos’ mais qu’elle n’a rien vu de particulier dans le métro concernant les dealers». Ce qui la préoccupe davantage, ce sont les «vols de portable».

«Toi, je vais te tuer», Un toxicomane s’adressant à un voyageur (station «Grands Boulevards»)

Lors de nos déplacements sur la ligne 12, nous n’avons pas pu constater la non-desserte de certaines stations par les conducteurs de métro. En revanche, nous avons observé la présence de nombreux toxicomanes, en particulier à la station Marcadet-Poissonniers. Une dizaine d’individus – les yeux injectés de sang – occupent le quai. Certains sont assis tandis que d’autres arpentent les lieux en fouillant dans les poubelles ou en demandant de l’argent aux voyageurs. Plus ou moins agressifs – certains se mettent parfois à hurler sans raison -, ils ont tous une pipe à crack à la main. Ces toxicomanes sont également présents à d’autres stations. Nous avons notamment pu en apercevoir une petite dizaine sur le quai de la ligne 9, à la station Grands Boulevards (en direction de Pont de Sèvres). Lors de notre passage, l’un d’eux a hurlé – sans motif apparent – «Toi, je vais te tuer» en s’adressant à un usager qui attendait son métro. Plus loin, une agent de la RATP nous confiait: «Ça craint ici, ça fait un moment. Pourtant, on fait remonter les informations».

La RATP «partage l’inquiétude de ses agents»

De son côté, la direction de la RATP semble pleinement consciente de la présence de toxicomanes sur certains quais du métro. «On partage l’inquiétude de nos agents et on se mobilise depuis plusieurs mois», explique au Figaro Stéphane Gouaud, directeur de la sécurité à la RATP. «On a un axe répressif avec la présence accrue du GPSR (groupe de protection et de sécurisation des réseaux, NLDR) aux stations les plus sensibles, en lien avec la préfecture de police», détaille-t-il. Au total, la RATP compte 1.000 agents de sûreté pour tout le réseau.

Quant à l’aspect préventif, «la RATP a signé une convention en décembre 2017 avec la préfecture d’Île-de-France pour une meilleure prise en charge des toxicomanes». Le dispositif prévoit notamment des maraudes dans les stations avec des acteurs associatifs. De son côté, la préfecture de police explique au Figaro que «la question de la consommation et du trafic de stupéfiants dans le métropolitain est une préoccupation constante (…) et tout particulièrement sur les lignes 4 et 12». «Celles-ci font l’objet d’un plan d’action spécifique axé principalement sur l’interpellation des vendeurs par des policiers en civil et en tenue de la brigade des réseaux franciliens (BRF), avec l’appui d’un patrouilleur vidéo», poursuit la préfecture de Police. Selon elle, du 14 janvier 2016 au 15 décembre 2017, 283 vendeurs et 406 consommateurs ont été interpellés. La préfecture de police indique enfin une accentuation, actuellement en cours, de la présence des effectifs de la préfecture de police et du GPSR (groupe de protection et de sécurisation des réseaux de la RATP) sur ces lignes afin de sécuriser les usagers mais également les conducteurs des lignes concernées.

Afin de répondre aux inquiétudes grandissantes des agents de la RATP et des usagers, une table ronde aura lieu ce vendredi avec les syndicats, la direction et la police pour «avancer des pistes».

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Un spray nasal contre l’addiction au jeu

 Sciences et Avenir Camille Gaubert le 11.01.2018 à 10h06

Un spray nasal pour enrayer l’envie de jouer chez les joueurs compulsifs grâce à une molécule indiquée dans le traitement d’urgence des overdoses, c’est le projet d’une nouvelle étude finlandaise.

Roulette

Le jeu pathologique est une addiction compulsive aux jeux et aux paris malgré les conséquences négatives ou le désir d’arrêter.

Une pulvérisation dans les narines et l’envie de jouer disparaît : des chercheurs finlandais ont annoncé lundi 8 janvier 2018 lancer une étude unique en son genre pour mesurer l’efficacité d’un spray nasal contre l’addiction aux jeux de hasard. Le spray contient du naloxone, un traitement d’urgence des overdoses aux opiacés qui permet d’agir sur la production de neuro-transmetteurs liés au plaisir et au besoin, au rôle central dans les addictions.

La naloxone, indiquée depuis juillet 2017 dans le soin d’urgence des overdoses

La naloxone, principe actif du médicament Nalscue, bloque l’action des opiacés sur l’organisme en occupant leur place sur les récepteurs responsables de leurs effets. Titulaire d’une autorisation de mise sur le marché en France depuis juillet 2017 après avoir été sous distribution restreinte pendant un an, le Nalscue est indiqué comme traitement d’urgence en cas d’overdose aux opiacées (héroïne, morphine, opium) par intraveineuse ou spray nasal, le nez étant une zone fortement vascularisée permettant une action rapide du médicament. Objectif : sauver la vie des personnes prises en charge en cours d’overdose, et ce sans nécessiter d’actes médicaux techniques du fait de son mode d’administration. Avec son autorisation définitive de mise sur le marché en France, elle peut aujourd’hui élargir sa distribution aux pharmacies et aux structures d’accueil des toxicomanes.

Le naloxone pour enrayer les comportements addictifs ?

Comme dans le cas des troubles liés à l’usage de drogues, l’addiction au jeu semble dépendre de neurotransmetteurs spécifiques produits par l’activation des récepteurs aux opioïdes : la sérotonine est supposée être liée au contrôle des impulsions, la dopamine aux comportements liés aux récompenses, la norépinéphrine à l’excitation, et les opioïdes endogènes (comme l’endorphine) aux motivations et aux envies, selon une publication américaine. Comme c’est le cas pour les troubles liés à la consommation d’alcool, les bloqueurs des récepteurs opioïdes peuvent ainsi agir en réduisant le besoin de jouer. « Jouer répond à un comportement très impulsif (…). Le besoin de jouer est immédiat, c’est pour cette raison que nous cherchons un médicament à effet rapide (…). Le spray nasal agit en quelques minutes« , a expliqué à l’AFP Hannu Alho, professeur de toxicologie à l’Institut national de la santé et du bien-être de Helsinki.

C’est l’efficacité de la naloxone sur l’envie compulsive de jouer que veulent vérifier les chercheurs dans une nouvelle étude dans laquelle chaque volontaire – M. Ahlo compte en rassembler 130 – pourra utiliser son spray pendant trois mois. La moitié d’entre eux recevra un spray placebo. Selon le chercheur, l’étude est la première en son genre. Des scientifiques avaient auparavant essayé d’utiliser une substance similaire au naloxone sous forme de gélules, mais le traitement n’était pas efficace car au moins une heure s’écoulait avant que le médicament ne fasse effet. Les résultats de l’étude devraient être connus dans un an et demi.

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ALCOOL AU VOLANT : LES PÉNALITÉS

Quelles sont les pénalités en cas d’alcool au volant ?

Les sanctions si vous atteignez une concentration d’alcool autorisée (0,25 mg/litre d’air, mesurés par l’éthylomètre) peuvent être très importantes, car les effets de l’alcool sur la conduite peuvent mener à de graves accidents de la route.

Alcool au volant :

– de 0,25 à 0,39 mg/litre d’air expiré mesurés à l’éthylomètre
La teneur maximale autorisée dans l’air expiré mesurée à l’éthylomètre est inférieure à 0,25 mg/litre d’air expiré, correspondant à 0,50 g/litre dans le sang (le rapport est un multiple de deux sans tenir compte des unités, en réalité il est de 2000). Si vous présentez une concentration de 0,25 mg/litre d’air, ou supérieure, correspondant à 0,50 g/litre dans le sang, vous perdrez alors automatiquement six points sur votre permis de conduire, et vous risquez même jusqu’à trois ans de suspension de permis s’il s’agit d’une récidive, avec 90€ d’amende.
Votre véhicule sera évidemment immobilisé !

– au-delà de 0,40 mg/litre d’air expiré mesurés à l’éthylomètre
Si vous présentez une concentration mesurée à l’éthylomètre de 0,40 mg/litre d’air expiré, ou davantage, correspondant à 0,80 g/litre dans le sang, les sanctions sont très lourdes.
Vous perdrez 6 points sur votre permis de conduire, avec une possible suspension jusqu’à trois ans, voire une annulation de permis, avec jusqu’à 4500€ d’amende et même deux ans de prison.
En outre, vous serez obligé(e) de participer à un stage de sensibilisation sur l’alcool au volant, entièrement à vos frais !

Effets de l’alcool : et en cas d’accident ?
En cas d’accident, les sanctions se multiplient pour le conducteur en état d’ébriété :
– jusqu’à cinq ans d’emprisonnement, 75 000€ d’amende, une perte de six points sur le permis de conduire, et même une suspension ou une annulation du permis pouvant durer jusqu’à dix ans.
– En cas de décès de tiers, le conducteur risque jusqu’à sept ans de prison et 100 000€ d’amende, un retrait de six points et un retrait de permis pouvant durer jusqu’à dix ans.

Les lycéennes bretonnes consomment de plus en plus d’alcool

Par Céline Guétaz,  France Bleu

En Bretagne, trois adolescentes sur quatre boivent de l’alcool au moins une fois par mois. Comme les garçons, elles se distinguent dans leur consommation excessive et régulière d’alcool. C’est le constat alarmant dressé dans la dernière enquête de l’Observatoire régional de santé publiée ce lundi.

La bière est la boisson la plus consommée par les lycéens bretons
La bière est la boisson la plus consommée par les lycéens bretons © Maxppp – Maxpp

En Bretagne, les lycéens consomment de l’alcool à des niveaux bien plus élevés qu’ailleurs en France. Particulièrement inquiétante, la consommation d’alcool chez les jeunes filles.

94% des lycéennes bretonnes ont consommé de l’alcool au moins une fois

C’est le chiffre le plus alarmant, comme les garçons, trois lycéennes sur quatre boivent de l’alcool au moins une fois par mois. C’est très au-dessus de la moyenne nationale. Même constat inquiétant pour les soirées d’ivresse ou de consommation de plus cinq verres en quelques heures, les lycéens bretons, garçons et filles se distinguent très nettement. C’est ce qui ressort de l’enquête de l’Observatoire régional de santé.

Les consommations d'alcool, tabac et cannabis / rapport Observatoire régional de santé - Aucun(e)
Les consommations d’alcool, tabac et cannabis / rapport Observatoire régional de santé – Observatoire régional de santé / capture d’écran

Les jeunes et l’alcool en Bretagne : même constat depuis 10 ans 

Finalement enquête après enquête, depuis 10 ans, le constat reste le même, alors que la tendance nationale est plutôt à la baisse, les lycéens bretons ont une consommation d’alcool parmi les plus importantes mesurées en France.

Pourquoi ? L’Observatoire régional de santé tente quelques explications. En Bretagne, il y a plus jeunes diplômés, ce serait l’un des facteurs. La tradition festive entre festoù-noz et festivals est également importante et puis la Bretagne est la troisième région productrice de bière, avec de très nombreuses brasseries locales, ce qui pourrait aussi expliquer cette appétence pour la bière, de loin le premier alcool consommé par ces lycéens.

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Inquiétante épidémie de décès par overdose aux États-Unis

Le NIH (National Institute on Drug Abuse – Institut national sur les toxicomanies, américain) a publié la progression des taux de décès par overdose entre 1999 et 2016. Le moins qu’on puisse en dire est qu’elle est profondément inquiétante. Établie à partir des données du National Center for Health Statistics, des Centers for Disease Control and Prevention et de la base de données du CDC (Center for Disease Control, fédéral), elle concerne aussi bien les drogues licites qu’illicites.

En 2016, le nombre total de décès par overdose s’est élevé à 42.249. Il s’élèverait à plus de 64.000 pour 2017. Il a presque doublé en dix ans. Les états les plus concernés sont ceux de l’Est, du Middle West et du Sud.

Plus de 20.000 de ces décès sont corrélés à l’usage d’opiacés, licites ou non. Leur nombre s’est accru de 2,8 fois entre 2002 et 2015. Cette augmentation est due essentiellement aux opioïdes illégaux, y compris le fentanyl fabriqué clandestinement : le nombre de décès a augmenté de 5,9 entre 2002 et 2015. Parmi ces produits illégaux, le principal responsable est l’héroïne, associée à une augmentation de 6,2 fois de la mortalité par overdose. Cependant, la progression des décès associés à une prescription d’analgésiques opiacés est également préoccupante, puisqu’elle a été de 1,9 fois entre 2002 et 2011. Le nombre de ces décès est resté relativement stable depuis.

La mortalité associée à la cocaïne a augmenté de 1,6 fois entre 2010 et 2015 (un peu moins de 7.000 morts cette année). Cependant, la progression n’est que de 9% quand la cocaïne est utilisée seule, alors qu’elle fait plus que doubler quand elle implique aussi un opiacé. La mortalité associée aux benzodiazépines a été multipliée par un peu moins de 5 entre 2002 et 2015 quand elles sont utilisées avec un opiacé. Au total, elle a été multipliée par 4,3 pendant la même période.

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Journée sans alcool:

Comment une ancienne alcoolique se bat pour une meilleure prévention

Ni tabou, ni honte. « Il y a quinze ans, à 10 heures du matin, j’aurais pris un verre de vin », confie Laurence Cottet devant son jus d’orange. Carré blond, chaussures à talons et silhouette fine, cette femme de 57 ans dévoile son passé d’alcoolique sans détour. Mais surtout sa rédemption et comment elle transforme la noyade destructrice en force et en empathie. Avec un espoir : participer à une prévention plus adaptée sur l’alcoolisme. Alors que certains Britanniques se lancent dans un Dry January, (Janvier sans alcool), elle défend plutôt une journée sans alcool…

Soigner son deuil dans l’alcool

Un premier verre à 15 ans, un mari amateur de vin, des pots à répétition dans son entreprise de BTP… Une accoutumance banale qui dérape quand à 35 ans, elle perd brutalement son mari. « Je pose alors ce pansement alcool sur cette plaie deuil au lieu de me soigner, résume-t-elle. Après, tout a été très vite. A 39 ans, je suis alcoolique. » Les tremblements, une fiole de vodka dissimulée dans le sac à main, des comas éthyliques, l’entourage professionnel qui commence à jaser… « Pour protéger mon image au travail, j’essaie de ne pas m’exposer en public, donc de rentrer à temps m’alcooliser seule. »

Un manque d’aide criant

« A l’âge de 47 ans, en lisant le livre du psychiatre Olivier Ameisen, je me rends compte que je suis malade et je demande de l’aide. Malheureusement, les portes ne s’ouvrent pas », regrette-t-elle. Son médecin traitant balaie ses craintes en disant que son alcoolisme ne se voit pas sur son visage. Quant à sa psychanalyste, elle se contente de l’interroger sur ses rêves. « Mais je ne rêvais plus et j’arrivais ivre à la séance ! Je n’en veux pas à la médecine, mais je pense qu’il faut que les soignants soient mieux formés en addictologie. » Troisième chance manquée : son employeur ferme les yeux, ses collègues la couvrent…

Un malaise au travail

Jusqu’au drame. En 2009, devant toute l’entreprise, lors d’une cérémonie de voeux, Laurence s’effondre, ivre morte. « Il faut voir l’image de la cadre sup en talons qui ne peut pas se relever. On me ramène à mon bureau et on me laisse seule. Je fais une crise d’épilepsie, j’aurais pu mourir. Vers 17h, je me réveille, les autres font la fête. Je rentre chez moi en voiture, soit 30 km avec 2 à 3 grammes dans le sang… »

Le déclic dans une église

Le lendemain, elle pense mettre fin au cauchemar. « Vers 17h, je décide d’aller me jeter sous les rames du métro à Denfert-Rochereau (Paris). Mais devant l’église place d’Alésia, j’entends les cloches, je rentre. Et j’ai l’impression d’être une pécheresse, une débauchée. A ce moment, je ressemblais à « elephant woman », j’avais pris 10 kg. Moi qui n’avais plus communié depuis la mort de mon mari, j’y vais. Et je me suis dit : « démerde toi seigneur, moi j’ai tout essayé, la balle est dans ton camp ». »

Neuf ans d’abstinence

C’est un nouveau départ pour la quarantenaire qui vide alors toutes ses bouteilles d’alcool dans l’évier. C’était il y a neuf ans, elle n’a plus touché une goutte d’alcool depuis. « J’ai tout perdu. Et je n’oublierais jamais cette image de moi allongée par terre devant tout le monde. Mais le plus important, c’est que je me suis relevée. » Deux ans chez un psychiatre, deux livres-témoignages, une troisième en préparation… Ce recul et cette expertise, elle veut désormais les mettre au service des autres.

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