Les ados français abandonnent le tabac pour le cannabis

Selon une observation menée par l’Observatoire français des drogues et toxicomanies sur 200 mineurs aux profils sociaux variés, les adolescents abandonnent le tabac au profit du cannabis. Pourtant, le tabac constitue en général un passage obligatoire vers la consommation de drogues. Néanmoins, il est très vite désavoué par les jeunes.

Une image plus positive du cannabis par rapport au tabac

Les résultats de cette observation sont sans appel. Cette génération d’adolescents a une image résolument négative du tabac. Pour cause, ils sont au courant des conséquences néfastes de la consommation de tabac telles que les dégradations physiques et la mortalité. De même, ils ont grandi avec les interdictions de fumer dans les endroits publics et de vendre des cigarettes aux mineurs.

Ces adolescents associent systématiquement le tabac à des connotations nocives comme les mauvaises odeurs et la fumée. Par contre, ils assimilent la consommation de cannabis à une expérience positive selon Ivana Obradivic, Directrice adjointe de l’OFDT et auteure de cette étude. Ils le perçoivent comme un produit naturel et bio, ce qui renforce l’image plaisante et conviviale qu’ils ont de cette drogue.

Par ailleurs, l’initiation au cannabis est considérée par ces jeunes comme un acte d’adhésion et un signe de confiance nécessaires. Si fumer une première cigarette ne fait rien, un premier joint ensemble les transporte dans un monde à part. Outre les effets euphorisants du cannabis, ils le préfèrent pour son goût.

Des risques méconnus ou sous-estimés malgré les campagnes

Contrairement au tabac, le cannabis jouit de l’image d’un produit pur et non chimique auprès des adolescents. Ils pensent que les effets de cette drogue sont progressifs et plus doux. Ainsi, ils fument même du cannabis pour les effets psychoactifs du THC ou tétrahydrocannabinol. A l’inverse, le tabac est associé à l’addiction à la nicotine et aux maladies.

De plus, les campagnes n’ont pas toujours les effets escomptés malgré que les politiques de prévention produisent en général des résultats positifs. Ils perçoivent ces campagnes comme décalées de leur réalité. A titre d’exemple, les clips de prévention contre le cannabis mettent en scène des stéréotypes d’adolescents auxquels les fumeurs ne s’identifient pas du tout.

L’entourage et l’historique familial tiennent aussi une place prépondérante. Les participants à l’étude affirment tous être confrontés à l’omniprésence du tabac, de l’alcool et des drogues au quotidien. Toutefois, ils refusent de donner l’image de toxicomanes marginaux enfermés dans la dépendance. Au contraire, ils évoquent même un choix réfléchi et revendiquent une liberté individuelle.

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