Nice : série d’intoxication au cannabis chez des bébés

En moins de quinze jours, cinq enfants ont été admis dans un hôpital niçois pour des intoxications au cannabis. L’un d’eux était en coma profond et a dû être placé en réanimation.

Le chef des urgences pédiatriques d’un hôpital niçois s’est alarmé mardi d’une série d’intoxications au cannabis chez des bébés, après avoir soigné en moins de 15 jours cinq nourrissons qui en avaient avalé.

« Il est important de prévenir les parents, même s’ils sont eux-mêmes consommateurs, que laisser traîner des boulettes de cannabis peut avoir des conséquences importantes, allant jusqu’à l’hospitalisation », a déclaré le docteur Hervé Haas, chef de service à l’hôpital Lenval, spécialisé dans la pédiatrie, confirmant la série d’hospitalisations de nourrissons, âgés de un à deux ans, révélée par Nice-Matin.

Aucun antidote n’existe

L’un de ces enfants, qui ont été admis depuis la mi-août aux urgences, était en coma profond et a dû être placé en réanimation, a-t-il précisé. Tous ont ensuite récupéré. « Les cas d’intoxication au cannabis sont malheureusement assez réguliers mais là, ce qui est remarquable, c’est d’en avoir cinq en moins de quinze jours », explique le médecin. Dans quatre cas sur cinq, les médecins se sont vus expliquer que le bébé avait ingéré du cannabis trouvé dans un parc.

L’ingestion de cannabis peut entraîner des séquelles graves chez un bébé et aucun antidote n’existe, rappelle le Dr Haas. Les bébés sont simplement perfusés pour les hydrater et placés sous surveillance neurologique, avant d’être rendus à leur famille au bout de 24 ou 48 heures.

Les cinq bébés admis à l’hôpital Lenval, chez lesquels la présence de cannabis a été confirmée par un prélèvement de sang ou d’urine, présentaient des symptômes d’ébriété et de somnolence importante, a relaté le médecin.

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Maroc : Consommation de drogues et violences : les liaisons dangereuses

Par Qods Chabâa et Khadija Sabbar le 26/08/2017 

cover: L'association "Non à la drogue" réagit à l'agression sexuelle dans le bus

© Copyright : Le360

Souvent les crimes commis au Maroc sont attribués à la consommation de drogues. La corrélation existe même si elle n’est pas systématique. Les explications des spécialistes aux lecteurs de le360.

L’affaire de l’agression sexuelle dans le bus à Casablanca a défrayé la chronique. Ces jeunes qui ont agressé Zineb, souffrant de troubles mentaux, étaient-ils sous l’effet de la drogue? En tout cas, des voix exprimées sur les réseaux sociaux ont évoqué ce lien entre la consommation de drogue et la violence de ces jeunes.

Plusieurs crimes au Maroc sont d’ailleurs attribués à la consommation de toutes sortes de psychotropes chez une population éclectique. C’est ce que nous confie Abdessamad Touhfi, le coordinateur national de l’association «Non à la drogue». «La majorité des crimes au Maroc sont dus aux drogues. Notre expérience dans le domaine de la lutte contre l’addiction nous l’a révélé, multiples cas à l’appui».

Cette structure qui œuvre au Maroc pour la protection des jeunes contre l’addiction aux drogues vient d’ouvrir il y a trois ans un centre où un traitement gratuit est offert aux jeunes du quartier Aïn Sebaâ. Le docteur Nadia Bousfiha, membre de l’association, suit de près le comportement de plusieurs jeunes. «Elle leur parle, les écoute et si le toxicomane a besoin de passer des nuits dans un centre, on l’envoie pour poursuivre le traitement», explique Abdessamad Touhfi, relevant que la majorité des jeunes ont surtout besoin d’attention, et d’écoute.

Pour lutter contre ce phénomène de consommation massive de drogues chez les jeunes, Abdessamad Touhfi souligne qu’il faut s’intéresser aux écoles et protéger ces jeunes dans le milieu scolaire et dans leur quartier. «Nous sommes au stade où il faut d’abord empêcher ces jeunes d’accéder à la drogue, les protéger de ces dealers qui leurs proposent ces produits toxiques», exhorte le coordinateur national de la campagne «Non aux drogues».

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Cinq semaines pour en finir avec les addictions

Si la direction du centre mutualiste d’addictologie de Saint-Galmier (Loire) a changé en novembre dernier, l’établissement reste dans la continuité de ce qui a fait son succès depuis 1999.

« Cinq semaines pour faire une parenthèse dans sa vie, prendre du temps pour soi.» C’est ainsi que Julie Bajard, psychiatre, définit le séjour des 500 patients annuels du centre mutualiste d’addictologie (CMA) de Saint-Galmier (Loire).

Reprendre de bonnes habitudes

Alcool, drogues, médicaments, jeux… Les addictions revêtent des formes différentes. Le CMA n’est pas un centre de désintoxication mais un centre de post-cure où les néo-patients sont sevrés depuis déjà quelques semaines. Venir au centre est une étape parenthèse sur la route de la guérison. Une escale de cinq semaines.

« Ce centre a plusieurs vertus, la remise en forme en est une, mais les patients restent des personnes souffrant d’addiction et qui sont donc malades », rappelle le docteur Bajard.

Des personnes qui par ailleurs sont traitées de manière différente en fonction des cas. Un très grand nombre de thérapies sont proposées, la relaxation et la balnéothérapie étant les plus prisées. Un bar « thérapeutique » a également été créé dans le but de « préparer les malades à prendre des habitudes, se retrouver et consommer autre chose que de l’alcool ».

Au-delà des activités, l’idée du centre est de confronter les patients en formant une micro-société. « Il n’y a pas de séparation entre malades et docteurs. Tout le monde se côtoie au quotidien, nous mangeons tous ensemble », souligne la psychiatre.

Un projet de thérapie par les animaux

D’autres thérapies sont envisagées comme la « pet thérapie » (thérapie par les animaux) mais des questions d’hygiène sont encore à régler.

Le centre souhaiterait également développer un accompagnement des familles, trop souvent mises de côté et pour qui l’épreuve de l’addiction d’un proche peut être mal vécue.

Centre mutualiste d’addictologie, 1 rue Marie-Curie, 42 330 Saint-Galmier. Tél. 04.77.52.77.22.

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Cannabis : forte hausse des intoxications involontaires des enfants

Une équipe de chercheurs français s’est intéressée au nombre d’enfants intoxiqués au cannabis de manière non intentionnelle entre 2004 et 2014. En dix ans, les admissions ont doublé et les enfants présentent des symptômes plus inquiétants que par le passé.

C’est bien connu, les enfants de moins de 6 ans mettent tout à la bouche… et parfois, ils peuvent tomber sur des substances consommées par les parents, comme le cannabis. En France, sa consommation est illégale. Une équipe de chercheurs a tout de même voulu évaluer le nombre d’admissions à l’hôpital d’enfants de moins de 6 ans pour des intoxications non intentionnelles au cannabis. L’étude a été menée pendant onze ans, de 2004 à 2014 et ses résultats sont parus dans la revue Pediatrics.

Les admissions dans vingt-quatre services d’urgences pédiatriques sur le territoire national ont été analysées. Les intoxications doivent être avérées par des tests toxicologiques et un tableau de symptômes évocateurs tels que la somnolence, des convulsions, un état comateux ou encore une conscience altérée.

Selon les résultats, le nombre d’admissions d’enfants de moins de 6 ans pour ces intoxications involontaires ont bondi de 133% entre 2004 et 2014.

Cela représente 235 enfants, dont sept sur dix sont âgés de 18 mois ou moins. Les admissions se sont multipliées les dernières années. Entre 2010 et 2014, 183 enfants ont été comptabilisés.

Hausse des comas

Le nombre de comas recensés a lui aussi augmenté. Si seulement deux enfants sont tombés dans le coma entre 2004 et 2009, ils étaient trente-trois entre 2010 et 2014.

Dans la plupart des cas (72%), les intoxications étaient dues à l’ingestion de résine de cannabis, aussi appelée haschich.

Pour les auteurs, les enfants sont les victimes collatérales des changements de consommation du cannabis et des plus fortes concentrations de THC (tétrahydrocannabinol, le principe psychoactif du cannabis). Les enfants intoxiqués sont plus jeunes qu’avant, le sont plus fréquemment et ont des intoxications plus sévères. Pour eux, cela révèle un problème de santé publique. Ils en appellent à la vigilance des parents.

CANNABIS : Un risque triple d’hypertension ?

Dans cette étude, environ 20% des participants consommaient du cannabis et fumaient

C’est, à notre connaissance, la première fois que cette association, cannabis et HTA est documentée. De surcroît dans l’une des revues de European Society of Cardiology, l’European Journal of Preventive Cardiology.  L’équipe de l’Université de l’État de Géorgie (Atlanta) associe ainsi la consommation de cannabis à un risque multiplié par 3 de décès par hypertension. Des données qui suggèrent que le risque cardiovasculaire associé à l’utilisation de cannabis pourrait être supérieur au risque cardiovasculaire déjà établi pour la cigarette. Mais on sait aussi que les consommateurs de cannabis sont en général des fumeurs…

Cependant, l’info mérite d’être relayée, alors que la tendance est à la légalisation et la dépénalisation du cannabis, que les taux d’utilisation récréative augmentent et que finalement, il existe très peu d’études sur l’association ou le lien entre cannabis et mortalité cardiovasculaire et cérébrale

Ici, les chercheurs d’Atlanta analysent les données de participants âgés de 20 ans et plus, à la fameuse cohorte NHANES (National Health and Nutrition Examination Survey).

En 2005-2006, ces participants ont renseigné leur consommation de cannabis, et ces données ont ensuite été rapprochées des données de mortalité en 2011 du National Center for Health Statistics. Les chercheurs ont pu ainsi estimer les associations entre l’utilisation du cannabis, sa durée et les décès liés à l’hypertension, aux maladies cardiaques et aux maladies cérébrovasculaires, après prise en compte du tabagisme et d’autres facteurs de confusion possibles dont les données socio-démographiques, le sexe, l’âge et l’appartenance ethnique. Sur l’échantillon de 1.213 participants,

  • -34% ne consommaient ni cannabis, ni tabac,
  • -21% ne consommaient que du cannabis,
  • -20% consommaient du cannabis et fumaient,
  • -16% consommaient du cannabis et étaient d’ex-fumeurs,
  • -5% étaient des ex-fumeurs passés dont 4% exclusivement de cigarettes.
  • -La durée moyenne de la consommation de cannabis s’élève à 11,5 ans.

Les consommateurs de cannabis ont un risque plus élevé d’hypertension : Par rapport aux non-utilisateurs, ces participants présentent en effet un risque de décès multiplié par 3,62 par hypertension et ce risque s’accroît de 4% par année de consommation.

En revanche, aucune association entre l’utilisation de cannabis et le décès par maladie cardiaque ou maladie cérébrovasculaire n’est constatée.

Ces résultats suggèrent ainsi un risque possible de mortalité par hypertension avec l’usage de cannabis : un résultat décrit comme peu surprenant par les auteurs, étant donnés les effets déjà connus du cannabis sur le système cardiovasculaire. Le cannabis stimule le système nerveux sympathique, entraîne une augmentation de la fréquence cardiaque, de la pression artérielle et de la demande en oxygène. De nombreux cas d’angor et de crises cardiaques sont recensés en services d’urgence, commentent les auteurs ;

Un risque cardiovasculaire avec le cannabis supérieur à celui déjà associé à la cigarette ? « Nous avons trouvé des risques cardiovasculaires plus élevés en effet, ce qui suggère que l’utilisation du cannabis pourrait avoir des conséquences plus lourdes sur le système cardiovasculaire que celles déjà établies pour la cigarette. Cependant cette conclusion doit encore être confirmée par une étude plus large ».

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Cannabis : les professionnels favorables (sans plébiscite) à la contraventionnalisation de sa consommation

Paris, le lundi 21 août 2017 – Suggérée par de nombreuses instances, y compris certaines  opposées à toute idée de légalisation de l’usage du cannabis, la contraventionnalisation de la consommation de cette substance devrait s’imposer en France dans quelques mois. Dès son arrivée place Beauvau, le ministre de l’Intérieur, Gérard Collomb a en effet affiché sa volonté de mettre en œuvre la volonté du Président de la République, Emmanuel Macron sur ce point. Après les premières déclarations du printemps, une mission d’information a été installée à l’Assemblée nationale au début du mois d’aout et le gouvernement espère l’adoption d’une loi avant la fin de l’année.

Débat sur le JIM !

Nous l’avons constaté dans les colonnes du JIM, la contraventionnalisation ne fait pas l’unanimité chez les experts. Le professeur Jean Costentin et le docteur William Lowenstein se sont ainsi affrontées par interviews vidéos interposées sur le JIM pour qualifier cette innovation. Quand le premier considère cette évolution de la réglementation comme un signe potentiellement dangereux et contre-productif, le docteur William Lowenstein préfère saluer ce premier pas et espère que cette volonté affichée du gouvernement d’agir dans ce domaine se confirmera.

Dépénalisation non, contraventionnalisation pourquoi pas !

Au-delà des positions très tranchées de ces deux spécialistes, les professionnels de santé observent une certaine retenue en la matière. Ces dernières années ont été marquées par un durcissement de la position des professionnels vis-à-vis de la dépénalisation du  cannabis, évolutions probablement en partie liées au renforcement des connaissances sur la dangerosité de cette substance pour le cerveau.

Sondage réalisé par le Journal international de médecine du 25 juin au 10 juillet 2017

Il apparaît aujourd’hui que les soignants sont désormais très majoritairement hostiles à l’idée d’un statut juridique qui pourrait contribuer à une augmentation de la consommation. Néanmoins, la contraventionnalisation recueille une adhésion majoritaire : selon un sondage réalisé sur notre site du 25 juin au 10 juillet, 51 % des professionnels de santé sont favorables à la contraventionnalisation. L’opposition totale à ce changement n’est affirmée que par 42 % des personnes interrogées, tandis que l’indécision concerne 7 % de professionnels, qui doivent considérer comme difficile d’évaluer par avance les conséquences de cette évolution législative .

Toucher au porte-monnaie : un argument de poids !

Le principal effet devrait concerner les forces de l’ordre, qui bien que généralement hostiles à l’idée d’une dépénalisation, soutiennent la contraventionnalisation, promesse d’un allégement de leur activité procédurière, ce qui permettra de recentrer leurs efforts sur la lutte contre le trafic. Beaucoup a de fait été dit sur le caractère particulièrement « chronophage » de l’application de la loi actuelle.

Concernant l’impact psychologique sur le consommateur, à l’heure où des peines d’emprisonnement sont rarement prononcées, beaucoup estiment que l’obligation de s’acquitter sur le champ d’une importante amende pourrait avoir des effets positifs. « Il serait beaucoup plus efficace vis-à-vis du consommateur, comme pour le policier, de faire payer une grosse amende tout de suite, plutôt que de renvoyer à un hypothétique procès » défendait l’année dernière Christophe Rouget, du Syndicat des cadres de la sécurité intérieure, cité par la Croix.

Cet argument séduit également ceux que la question du statut juridique du cannabis intéresse d’abord au regard de la santé publique. Il pourrait ainsi être apprécié par les professionnels de santé ayant répondu à notre sondage. La courte majorité obtenue témoigne cependant de la persistance d’interrogations, non seulement sur les réelles conséquences de la mesure (le risque d’une augmentation de la consommation, que l’allègement des peines banaliserait, est avancé par certains), mais aussi sur les modalités de son application. Les acteurs de la lutte contre les drogues espèrent en effet que l’action du gouvernement face au cannabis ne se résumera pas à cette mesure d’ordre réglementaire, mais concernera plus certainement la santé

Aurélie Haroche http://JIM.fr

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Contraventionnalisation du cannabis : une fausse bonne idée ! Interview vidéo du Pr Costentin

LA NALOXONE, BIENTÔT EN VENTE LIBRE EN FRANCE

L’Agence Nationale de Sécurité du Médicament et des Produits de Santé (ANSM) a accordé vendredi dernier une autorisation de mise sur le marché de la naloxone en France. Ce traitement d’urgence des overdoses sera disponible dans les pharmacies et dans les Centres d’Accueils et d’Accompagnement à la Réduction des Risques pour Usagers de Drogues (CAARUD) d’ici trois mois.

En 2016, l’ANSM avait déjà autorisé de façon temporaire la vente de la naloxone. L’annonce de cette commercialisation a été saluée par le psychiatre Jean-Michel Delile, directeur du Centre d’Étude et d’Information sur la Drogue et les Addictions. Selon lui, cela fait des années que les experts des addictions réclament la distribution de la naloxone aux personnes à risques.

Le spray nasal de naloxone sera mis en vente sous le nom Nalscue par le laboratoire britannique Indivior.

Une solution de secours

Les hôpitaux injectent depuis quarante ans la naloxone aux patients victimes d’overdose pour leur sauver la vie. En effet, ce médicament est un antagoniste aux opiacés, notamment à l’héroïne.

C’est pour cela qu’en 2014, l’Organisation Mondiale de la Santé a conseillé la vente libre de ce traitement aux personnes souffrant d’addiction à la drogue.

Les chiffres de l’OMS ont indiqué que soixante-neuf mille personnes succombaient à une overdose aux opiacés chaque année. En France, on estime que deux cent vingt mille personnes sont dépendantes aux opioïdes et trois cent quarante décès par overdose ont été répertoriés en 2015.

Une attente de courte durée

Avant la mise en vente de la naloxone, l’ANSM s’assurera de la mise en conformité de la notice et de l’étiquetage de ce spray nasal. Grâce à ce médicament, les victimes d’overdose aux opiacés pourront être sauvées dans l’immédiat en attendant la prise en charge médicale.

Dans trois mois, les personnes souffrant d’addiction et leur famille pourront se procurer ce traitement avec ou sans ordonnance en pharmacie et dans les centres spécialisés dans la prise en charge des toxicomanes.

Avec la commercialisation de la naloxone, on espère une réduction conséquente des cas de décès par overdose. Cela dit, l’idéal serait une solution durable qui combat le mal depuis sa racine.

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Quatre jeunes sur dix ont déjà pris le volant sous alcool ou cannabis

La compagnie Maaf Assurances a publié les résultats d’une enquête nationale menée auprès des 18-24 ans au sujet de l’alcool et de la drogue au volant. Et le constat dans la région, comme ailleurs, est inquiétant.

Seul un jeune sur deux, en Auvergne-Rhône-Alpes, se limite ou ne boit pas s’il doit conduire, et quatre jeunes sur dix ont déjà pris le volant sous influence de l’alcool ou de la drogue (39 %).

Ce sont les résultats alarmants d’une enquête nationale menée en ligne par la compagnie d’assurances Maaf Prévention en mai-juin, auprès des 18-24 ans, une tranche d’âge particulièrement sensible aux risques de la route.

Une statistique inquiétante dans la mesure où les accidents de la route sont la première cause de mortalité des 18-24 ans. En 2016, ils sont 597 jeunes de cette tranche d’âge a avoir été tués sur les routes de France. Et 24% d’entre-eux impliqués dans un accident mortel étaient alcoolisés.

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L’inquiétante explosion du nombre d’intoxications à la cocaïne en France

Paris, le lundi 14 août 2017 – Dans une note, l’ANSM (Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé) alerte sur l’explosion du nombre d’intoxications à la cocaïne relevé en France par les centres d’addictovigilance.

Ainsi, selon les statistiques de ce réseau, le nombre des signalements d’intoxication à la cocaïne a doublé entre 2015 et 2016 et les données préliminaires pour 2017 confirment cette tendance…Néanmoins les chiffres exacts n’ont pas été communiqués, ces derniers étant « en cours d’analyse » comme l’a déclaré un porte-parole de cette institution à l’Agence France presse (AFP).

Cette augmentation serait liée à la pureté accrue de la cocaïne disponible dans notre pays. Des récents travaux de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) ont ainsi démontré que « le taux moyen de pureté des échantillons saisis dans la rue se situe à 51 % en 2016, soit une teneur en nette hausse depuis 2011 où la teneur moyenne était de 27 % ». L’OFDT craignait également dans le même rapport que « cette hausse pourrait continuer à favoriser la nouvelle accélération de la diffusion de cocaïne récemment observée ».

L’ANSM signale également « qu’une enquête nationale d’addictovigilance est en cours afin de mieux circonstancier les cas et l’évolution de la consommation de cocaïne en France », dont les résultats seront présentés prochainement.

Les signes qui doivent alerter le professionnel de santé

L’ANSM évoque en outre, les signes généraux, complications cardiovasculaires, neurologiques et psychiatriques d’une intoxication à ce produit.

L’institution rappelle à ce titre aux professionnels de santé «  l’intérêt de réaliser une analyse toxicologique pour rechercher la présence de cocaïne devant un tel tableau ; de déclarer tout cas grave de pharmacodépendance et d’abus au CEIP-A* dont le professionnel de santé dépend ou sur le site signalement-sante.gouv.fr ; de se rapprocher du centre d’addictovigilance de leur secteur géographique  pour toute information complémentaire ».

Frédéric Haroche

RÉFÉRENCE
*Centre d’évaluation et d’information sur la pharmacodépendance addictovigilance
Source : Jim.fr

Les Français sont les plus gros consommateurs de cannabis en Europe

Plus de 40,9% des Français ont déjà goûté au cannabis au moins une fois dans leur vie, bien au-dessus de la moyenne en Europe.

Les Français sont les plus gros consommateurs de cannabis en Europe
Crédit photo © Reuters

(Boursier.com) — Les Français restent les plus gros consommateurs de cannabis sur le Vieux Continent… Le rapport annuel de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies dévoilé par ‘Capital’ montre que chez les 25-34 ans, 22,1% de la population a consommé du cannabis sur les 12 derniers mois. C’est plus que les jeunes italiens (19%), allemands (13,3%) ou anglais (11,3%). Pour cette tranche d’âge, la moyenne en Europe se situe à 13,9%.

Les 35-64 ans aussi

Les Français âgés de 35 à 44 ans aussi ont fumé un joint lors des 12 derniers mois, à hauteur de 8%, de même que les 45-54 ans (4,4%) et les 55-64 ans (1,6%). « Au total, 40,9% des Français ont déjà goûté au cannabis au moins une fois dans leur vie », affirme le magazine, 26,3% en moyenne pour l’ensemble de l’Union européenne.

La France se situe en revanche dans la moyenne en ce qui concerne les drogues dures, puisque 5,4% de la population a déjà consommé de la cocaïne au moins une fois dans sa vie, alors que la moyenne européenne se situe à 5,2%.

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TOXICOMANIE : LA SOUFFRANCE DES PROCHES

 MÉGANE VALÈRE 

Quand quelqu’un devient accro à la drogue, l’impact sur les autres membres de la famille est indéniable. Cela laisse parfois des cicatrices indélébiles sur les relations interpersonnelles. Témoignages de proches ébranlés par ce fléau.

Il n’y a pas que le corps qui souffre des effets de la dépendance à l’alcool, aux drogues ou aux médicaments. Il y a aussi les proches de la personne dépendante. En effet, qu’il s’agisse de notre conjoint, de notre famille, nos amis ou collègues, la dépendance aux drogues ou aux autres substances chimiques peut avoir des effets néfastes sur nos relations professionnelles et personnelles

Culpabilité

Essayer d’aider un toxicomane n’est pas si facile.

Dans certains cas, les personnes qui entourent un proche toxicomane ont le sentiment  qu’elles ont une part de responsabilité dans le développement de l’addiction et ressentent de la culpabilité. C’est le cas de Marie-Christine, 27 ans, dont le conjoint est dépendant depuis quelques années. « Au début de notre rencontre, je savais que mon conjoint se droguait car il ne me l’avait pas caché. Je lui ai dit tout ce que j’en pensais même s’il ne le faisait pas devant moi ni quand il venait me retrouver. Quand nous sommes allés vivre ensemble, je n’appréciais pas qu’il le fasse même en dehors. Malgré cela, je l’aimais beaucoup. C’est quelqu’un de bien », raconte-t-elle. Après quelque temps, elle commence à se remettre sérieusement en question dans la manière dont elle s’est comportée envers son conjoint. Elle constate qu’elle souffre autant que lui de cette dépendance. « Je me rends compte que le fait de lui en parler n’a rien changé. Je sais que j’aurais dû agir, faire plus. Je n’ai pas su comment lui venir en aide. C’est très lourd à gérer. »

Cette douleur, Kaliani R. la ressent aussi. Son fils, qu’elle appelle affectueusement Moune, se shoote à la drogue dure depuis trois ans. Elle estime que c’est de sa faute.

« Après la mort de mon époux, il était très affecté d’autant que nous nous sommes retrouvés seuls. Il sortait beaucoup et parfois, il ne rentrait pas. Je ne soupçonnais pas qu’il puisse se droguer, je voyais qu’il fréquentait des gens bizarres mais je ne l’en ai pas empêché, dit-elle tristement. En voulant être une bonne mère, j’ai tout fait de travers. Je ne voulais pas que mon fils me repousse si j’essayais de mettre de l’ordre dans sa vie. Je savais qu’il ne lui restait personne à part moi. J’ai manqué d’autorité et je le regrette. »

Épuisement

Tout comme Marie-Christine et Kaliani, Jenny porte ce fardeau émotionnel depuis quelques années. Essayer d’aider une personne qui souffre de dépendance n’est pas une mince affaire. La culpabilité l’a aussi rongée pendant un moment avant que l’épuisement ne la rattrape. «  Je m’occupe du fils de ma sœur depuis qu’il est tout petit et comme s’il était mon enfant. Sa mère est décédée d’un cancer et son père est parti refaire sa vie. La nouvelle qu’il fumait du gandia a eu l’effet d’une bombe sur la famille. Je me suis dit que quelque part, j’avais failli à ma responsabilité de veiller sur lui », regrette-t-elle. Peu à peu Jenny a sombré dans la dépression. « J’ai essayé par tous les moyens de l’aider à s’en sortir. Je me suis oubliée, j’ai mis mes projets de côté mais avec le temps, je me suis épuisée physiquement et psychologiquement », confie la tante.

Éclatement de la cellule familiale

La prise de drogues peut altérer le comportement

Le comportement et l’attitude de la personne qui est sous l’emprise de médicaments, de la drogue ou de l’alcool, peuvent nuire considérablement à la qualité de ses rapports avec autrui. Rajen ne reconnaissait pas son fils quand il était sous l’emprise des drogues car il était désagréable. Au début, il a tout fait pour venir en aide à son fils. Puis, il a fini par laisser tomber. Il raconte. « J’ai d’abord essayé de lui parler avant de l’emmener dans un centre. Après quelque temps, je devais presque l’y traîner de force. On se disputait de plus en plus. Notre famille ne voulait pas le rejeter, mais ce n’était pas si facile », souligne Rajen.

Les proches étaient las de sa façon d’agir. Il ne voulait pas se prendre en main. « Il ne voulait pas guérir de sa dépendance. Il lançait des paroles blessantes, il était agressif. Il volait, il mentait, il se comportait mal envers sa mère et ses sœurs. Un jour, je l’ai chassé de la maison. Je le regrette mais j’avais deux autres enfants qui étudiaient et qui avaient besoin d’une famille stable », explique ce père de famille.

Bien qu’elles comprennent les raisons de leur père, Anu et Diya ne l’acceptent pas. En colère contre leur père, elles finissent par  quitter le toit familial après quelques mois. Actuellement, elles sont en bons termes seulement avec leur mère et tentent de retrouver leur frère.

Rapprochement

Chez les Dookit, c’est tout le contraire qui s’est produit. Dans cette famille de quatre enfants, le malheur les a rendus plus solidaires. L’aîné raconte : « Notre petit frère s’est laissé tenter par ce fléau, il y a tout juste un an. Bien que nous étions tous en colère et déçus par lui, nous avons décidé de le sortir de cette impasse. Je dois dire que cela nous a vraiment rapprochés. Non seulement avec lui, mais aussi le reste de la famille. Notre petit frère avait beaucoup de volonté car sans cela, il serait peut-être encore dans la dépendance », précise-t-il. Pour ce grand frère, Il faut toujours garder espoir. « Il y a des familles qui essayent d’encadrer et d’aider un proche toxicomane. Le sevrage est long et difficile, mais il y a toujours un espoir. Il ne faut surtout pas abandonner mais continuer à entourer la personne malade. »


Témoignage

Adrien, 32 ans : «Ils souffrent par ma faute»

Adrien est conscient que sa dépendance aux drogues nuit à sa famille. Toutefois, c’est plus fort que lui. Il s’explique. «  Je n’aurais pas de cœur si je disais que je ne sais pas que mon attitude blesse profondément mes parents. Je n’ai rien contre eux. Je ne le fais pas pour les ennuyer ou même leur faire du mal. J’ai essayé plusieurs fois de m’en sortir. Cela fait trois fois que je replonge dans mon addiction. »

Pour éviter à sa famille de souffrir Adrien a quitté le toit familial. « Je suis parti de chez mes parents, il y a deux ans. Je vais les voir aussi souvent que possible, mais j’essaye de faire comme si j’allais bien. Je sais qu’ils souffrent par ma faute et je ne veux pas les faire souffrir davantage. Ils sont vieux. Je regrette tout cela. »

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Algorithme Pharma propose des études cliniques pour mieux évaluer les effets du cannabis au volant

 14/08/2017 05:30

SESTOVIC VIA GETTY IMAGES

QUÉBEC – L’une des plus importantes compagnies d’études cliniques en Amérique du Nord propose de ralentir la cadence, le temps de mener des études approfondies sur la conduite avec facultés affaiblies sous l’influence du cannabis.

 Il reste encore beaucoup de travail à faire pour étudier l’impact du cannabis sur la conduite automobile, soutient Chris Perkin, PDG d’Altasciences, dans une entrevue exclusive avec le HuffPost Québec. La compagnie, qui regroupe Algorithme Pharma, a offert au palier fédéral et provincial de mener des études cliniques pour faire le tour de la question.

« Nous savons qu’il n’y a pas d’études scientifiques complètes sur l’impact du cannabis sur les facultés de conduite, soutient M. Perkin. Il y a beaucoup de données anecdotiques et d’études à petite échelle mises ensemble, mais il n’existe pas de données défendables qui résisteraient à une contestation juridique. Alors il serait beaucoup plus difficile de renforcer des standards de sécurité sans de bonnes données. »

 Je pense que tout le monde reconnaît que le Canada va trop vite Dr. Johannes Ramaekers

Les effets du cannabis sur la conduite sont connus : la drogue affecte les fonctions cognitives au volant. Pendant la période d’intoxication, les conducteurs sont plus lents à réagir, ont plus de problèmes avec la coordination et leur mémoire, explique Johannes Ramaekers, professeur de psychopharmacologie à l’Université de Maastricht aux Pays-Bas. Il étudie la question de la conduite avec facultés affaiblies depuis les 30 dernières années.

 Or, cela n’empêche pas le professeur Ramaekers de mettre un bémol sur les ambitions du gouvernement Trudeau. « Je pense que tout le monde reconnaît que le Canada va trop vite, admet-il en entrevue. Je pense que le gouvernement a décidé à un moment donné que le cannabis devra être légalisé, sans réaliser quelles seraient les conséquences réelles. »

Il dit aussi avoir remarqué que le gouvernement canadien pose beaucoup de questions aux experts de cette question, dont lui-même. « Bien sûr, ce devrait être le contraire : d’abord poser des questions, puis résoudre les problèmes et ensuite légaliser. Alors oui, c’est précipité. Je ne dis pas que c’est une mauvaise décision, mais rien ne presse. »

«Le temps presse»

Le rapport final du Groupe de travail sur la légalisation et la réglementation du cannabisrecommandait d’«investir dans la recherche afin de mieux relier les niveaux de THC avec l’affaiblissement des facultés et le risque d’accident » pour appuyer la limite qui sera fixée par le gouvernement.

Altasciences propose donc de mener une série de tests sur l’influence du cannabis, à différentes doses, mais aussi la combinaison d’alcool et de cannabis, avec des participants sur une période de 18 mois. M. Perkin croit qu’à terme, le gouvernement aura toutes les données en main pour prendre des décisions éclairées sur la quantité de THC – la substance euphorisante du cannabis – qu’un conducteur pourra avoir dans le corps au moment de prendre le volant.

Or, les délais sont serrés pour le gouvernement Trudeau, qui veut rendre la drogue légale à temps pour le 1er juillet 2018. « Le temps presse, admet M. Perkin. On ne peut pas accélérer des bonnes données scientifiques. Nous menons de nombreuses études, et 18 mois est un délai raisonnable. Si vous coupez là-dessus, vous nuirez à la qualité des résultats. »

La ministre fédérale de la Justice, Jody Wilson-Raybould, a déposé ce printemps le projet de loi C-46 pour lutter contre la conduite avec facultés affaiblies. Une fois la loi adoptée par le Parlement, le Canada aurait l’un des régimes les plus robustes au monde, a fait valoir la ministre par courriel.

Le projet de loi prévoit des infractions pour les conducteurs retrouvés avec du THC dans le sang, mais aussi pour ceux qui ont consommé une combinaison d’alcool et de cannabis.

Un conducteur retrouvé avec 5 nanogrammes ou plus de THC dans le sang, aurait une amende de 1000$. Les peines seraient de plus en plus sévères en cas de récidive et pourraient aller jusqu’à 10 ans de prison dans le pire des cas.

Les conducteurs qui auront bu de l’alcool et fumé du cannabis seraient également punis aussi sévèrement. Ils ne pourront pas dépasser un taux d’alcoolémie de 0,05, en plus d’un niveau de THC supérieur à 2,5 nanogrammes dans les deux heures de la conduite.

Moment «mal choisi» pour s’attaquer au 0,05?

Plus récemment, la ministre Wilson-Raybould a sollicité l’avis de ses homologues des provinces pour abaisser le seuil d’alcoolémie à 0,05 partout au Canada. Si cette mesure n’est pas contenue dans C-46, sa lettre envoyée à la ministre de la Justice du Québec, Stéphanie Vallée, laisse croire que le projet de loi fédéral pourrait être amendé, selon La Presse.

Cette révélation a fait bondir CAA-Québec, entre autres, qui est d’avis que si l’idée d’abaisser la limite d’alcool dans le sang au volant est « louable », le moment est « mal choisi » avec la législation du cannabis dans moins d’un an.

« On sait que la légalisation du cannabis nécessitera des investissements importants en prévention, en sensibilisation et en coercition. Et on peut déjà s’inquiéter de l’avancement des efforts déployés, de la suffisance et des sommes prévues », a fait valoir le directeur de la Fondation CAA-Québec pour la sécurité routière, Marco Harrison, la semaine dernière.

Québec, de son côté, a tenu un forum d’experts sur le cannabis en juin « dans le but d’alimenter les réflexions du gouvernement ». Il s’apprête également à mener des consultations publiques sur le cannabis à travers la province qui déboucheront sur une loi-cadre déposée à l’automne

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PR. JEAN COSTENTIN : « LA LÉGALISATION DU CANNABIS EST PLUS QU’UNE FAUSSE BONNE IDÉE, UNE VRAIE MAUVAISE IDÉE »

Récemment, le procureur de la République de Grenoble a tapé du poing sur la table en déclarant qu’il n’avait « jamais vu une ville aussi pourrie et gangrenée par le trafic de drogue ».

Derrière ce constat, la question de la légalisation du cannabis est relancée. Une mesure défendue par le maire EELV de Grenoble lui-même. Boulevard Voltaire a demandé au professeur Costentin ce qu’il faut penser de ce débat. (cliquez sur le bouton rouge ci dessous, haut parleurs ouverts)

Source

Lettre au Président de la République

Pr. Jean COSTENTIN                                                              Rouen le  3  Juin 2017

Président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies

4 Place Pomme d’Or

76.000  – R O U E N 

 à  Monsieur le Président de la République

Monsieur le Premier Ministre

Monsieur le ministre de l’Education nationale

Monsieur le ministre de l’Intérieur

Monsieur le ministre de la Justice

Madame la ministre de la Santé

Madame la ministre des Sports

Le C.N.P.E.R.T. s’efforce, depuis plus de 20 ans, d’informer nos concitoyens sur les méfaits physiques ainsi que psychiques du cannabis et des autres drogues qui intoxiquent notre société. L’académie nationale de Médecine, tout comme l’académie nationale de Pharmacie s’y sont également employées, mais les médias n’ont voulu ni les entendre, ni diffuser leurs mises en garde.

Nous en arrivons au stade, préparé de longue date par les prosélytes des drogues illicites, de l’effondrement des derniers remparts législatifs, opposés au cannabis et aux autres drogues. C’est à vous Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier ministre, Mesdames et Messieurs les ministres, qu’ils demandent aujourd’hui d’assurer un accès encore plus facile à ces drogues, alors que nous sommes en Europe la Nation la plus consommatrice de ce cannabis et de diverses autres drogues.

A l’heure où la puissance publique s’avère impuissante contre le tabac (avec ses 79.000 morts par an et ses multiples estropiés), impuissante contre l’alcool (avec ses 49.000 morts par an), alors qu’elle s’applique à réduire davantage l’accidentalité sur route et dans les activités professionnelles, alors qu’elle œuvre résolument contre le dopage sportif, alors qu’elle s’applique à améliorer nos faibles performances éducatives (26ième rang du classement PISA, marqué à l’évidence par l’intrusion du cannabis dans la sphère éducative), la simple « contraventionnalisation » de l’usage et de la détention de cette drogue constituerait un déplorable signal. En effet, une enquête effectuée auprès d’adolescents ne consommant pas de cannabis nous a appris que c’est en raison de la dangerosité de la drogue que 40% d’entre eux y renoncent et que pour les 60% autres, c’est en raison de son interdiction. Cette plus grande permissivité donnera à penser aux premiers qu’un Etat responsable ne pouvant baisser la garde vis à vis d’un produit toxique, il ne l’est pas ; et aux autres que l’interdiction étant toute relative, ce ne sera plus franchir un Rubicon que de s’y adonner.

Cette dépénalisation interviendrait au stade où l’on dispose de maintes précisions sur les multiples méfaits du cannabis et de son tétrahydrocannabinol (THC), restitués en apostille.*

Les justifications comptables, publicitaires ou «jeunistes» qui sous tendraient une telle  dépénalisation, sont de peu de poids face aux conséquences très graves qu’elle aurait pour notre société et pour sa jeunesse. Le très éminent Pr. P. Deniker, il y a près de 30 ans, l’avait exprimé en des termes forts**

Nous ne pouvons imaginer que, dans votre dessein sincère de soigner notre Nation de ses nombreux maux, vous aggraviez les toxicomanies, dont elle est déjà si gravement atteinte, et qu’historiquement vous attachiez vos signatures à ce très malencontreux faux pas.

Si d’aventure vous passiez outre à notre supplique, acceptez au moins d’atténuer la portée de votre décision en y associant les amendements suivants :

– la mise en place d’un fichier informatisé de ces contraventions, pour informer le policier du nombre de récidives lui permettant de déterminer en conséquence le montant de l’amende.

– que l’infliction de ces contraventions soit portée à la connaissance des parents du mineur, qui seraient garants de son paiement, ou qui la feraient commuer en des travaux d’intérêt général.

– la remise systématique aux parents d’un livret les informant des risques que fait encourir la consommation de ce cannabis et des autres drogues illicites.

– au delà de trois récidives le contrevenant devrait suivre un stage (payant) d’information sur les méfaits des drogues, validé par un examen ; avec redoublement du stage en cas d’échec.

– le dossier des infractions pourrait être communiqué aux services de recrutement pour l’accès à certains métiers incompatibles avec une consommation irrépressible de cette drogue.

– le développement d’une véritable information et prévention (d’une quarantaine d’heures, de l’école jusqu’à l’Université) sur les méfaits des drogues et toxicomanies, impliquant des praticiens du corps médical, préparés à cet exercice par un document unique et validé par un collège pluridisciplinaire.

Ceci dit dépénaliser, avant d’avoir fait fonctionner et vérifié l’efficacité d’un dispositif de prévention, reviendrait à mettre la charrue avant les bœufs.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Premier Ministre, Mesdames et Messieurs les Ministres, l’expression de ma plus haute considération.

Pr. Jean Costentin

N.B. – Le CNPERT se tient à la disposition de vos services pour leur exposer les bases neurobiologiques, cliniques, pharmacologiques et épidémiologiques qui fondent sa position sur le cannabis.

*La toxicité physique du cannabis l’emporte sur celle du tabac, en générant 7 fois plus de goudrons cancérigènes et 5 fois plus d’oxyde de carbone, avec : des cancers buccaux, laryngés, pharyngés, broncho-pulmonaires, des bronchites aigues puis chroniques ;  une toxicité cardio-vasculaire (artérites, maladies coronariennes, accidents vasculaires cérébraux..) ; des retentissements sur la grossesse et l’enfant qui en naîtra ; la suspicion d’effets épigénétiques (i.e. transmissibles à sa descendance) ; des effets perturbateurs endocriniens…

Au-delà du tabac, le cannabis induit de nombreux méfaits cérébraux : ivresse, désinhibition, délires, hallucinations, perturbations de la conduite des véhicules et des activités professionnelles ; altération de la cognition ; syndrome amotivationnel ; anxiété ; dépression, avec risque suicidaire ; induction, décompensation, aggravation de la schizophrénie; incitation au passage à d’autres drogues, avec l’installation de poly toxicomanies…

** « Du point de vue médical et sanitaire, il n’est pas question d’accepter le développement d’un mal nouveau sous prétexte qu’il ressemble à celui dont nous souffrons déjà. Les dégâts produits par l’alcoolisme et le tabagisme ne nous disposent pas, au contraire, à subir passivement ceux des toxicomanies. Il ne s’agit pas de choisir entre la peste et le choléra qui sont déjà là. Il s’agit bien d’empêcher l’extension d’une troisième épidémie, sorte de lèpre… »                                                                           

Communiqué du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

La consommation de cannabis par les adolescents s’est amplifiée avec ses risques de survenue de pathologies physiques diverses, d’altération irréversible de leurs facultés intellectuelles et de maladies psychiatriques graves.

Les en prémunir constitue un impératif catégorique. Or une banalisation récurrente et des mesures de prévention très modestes expliquent la situation calamiteuse de notre pays, puisqu’il est en Europe le premier consommateur de cette drogue, avec pour corollaire un classement pitoyable (27ième) au critérium international PISA des performances éducatives.

Loin d’effectuer cette prévention indispensable, alors que le modèle suédois a prouvé son efficacité, c’est maintenant une dépénalisation sournoise de cette drogue qui est envisagée dans notre pays.

Au lieu des peines de prison, prévues par la loi de 1970 et pratiquement jamais appliquées, ce sont des contraventions qui sont envisagées lors de la détention de cannabis « en deçà d’une certaine quantité » comme l’avait prôné Monsieur E. Macron dans son programme présidentiel : « Révolution – réconcilier la France ».

Cette sombre perspective incite le CNPERT à émettre des propositions sur les modalités de ces contraventions.

Il déplore que la pénalisation des seuls détenteurs de grandes quantités  de cannabis revienne de fait à tolérer puis à autoriser l’usage de quantités modérées. Cette dépénalisation est hautement dangereuse pour la santé publique, alors qu’il convient de sanctionner très significativement tout usager du cannabis.

Pour être dissuasives les modalités de ces contraventions devraient être conduites avec rigueur, grâce à la création d’un fichier informatisé relevant le nombre et les conditions des récidives. Le montant de la première contravention ne devrait pas être inférieur à 100 euros, il doublerait  pour la seconde infraction et triplerait pour la troisième.

L’infliction des contraventions devrait être portée à la connaissance des parents ou des tuteurs du mineur, qui seraient garants de leur paiement ; ils auraient la faculté de la faire commuer en une peine de travaux d’intérêt général. Lors du contact établi avec eux, ils se verraient remettre un livret d’information sur les dangers de cette addiction.

Au-delà de trois récidives, l’usager devrait suivre un stage payant, destiné à l’informer sur les méfaits du cannabis et des autres drogues ; il comporterait à son terme un examen de contrôle des connaissances dont les résultats insuffisants pourraient justifier la réitération de ce stage.

Dans l’exercice de certaines professions, cette addiction peut mettre en danger la vie d’autrui. Aussi, les services de ressources humaines concernés devraient pouvoir être informés des amendes infligées pour toxicomanie, à partir du fichier informatisé détenu par les forces de l’ordre.

Le CNPERT insiste sur la nécessité : de punir, comme le prévoit la loi, toute démarche de banalisation du cannabis ; de développer une véritable information préventive, donnée depuis l’école jusqu’à l’Université, par des médecins s’appuyant sur un document unique, validé par un collège pluridisciplinaire et de rendre réellement dissuasives les contraventions liées à la consommation de cannabis.

Contact : jeanhenri.costentin@orange.fr  (président du CNPERT)