La réponse du professeur J. Costentin au Dr Jean-Pierre Daulouède

Pour des salles de shoot : Réunis au colloque THS cette semaine, des experts demandent leur création en France.

Les scientifiques du colloque International Toxicomanie Hépatites Sida qui se déroulait à Biarritz la semaine du 10 octobre dénoncent dans un communiqué « la politique frileuse du gouvernement français » en matière de réduction des risques de la toxicomanie et notamment de salles d’injection thérapeutiques.

Citant le premier ministre François Fillon qui avait estimé que « ces salles n’étaient ni utiles, ni souhaitables », le docteur et président du colloque, Jean-Pierre Daulouède, regrette qu’existe « en France, une politique de santé publique basée sur l’idéologie et l’électoralisme, qui ne débouche sur rien de bon. Des milliers de morts auraient pu être évités ! »

Il donne l’exemple de la salle de consommation de drogues de Bilbao soutenue par l’Europe et la Région Aquitaine.

Réponse du Professeur Costentin, Pt du CNPERT

A propos d’une déclaration du docteur Daulouède organisateur d’un colloque «T.H.S.»(Toxicomanies –Hépatites – SIDA) à Biarritz (déclaration parue dans le journal Sud-Ouest…voir ci dessus)

A la suite d’un congrès, organisé comme caisse de résonance des convictions  de son organisateur, le docteur Daulouède, celui-ci a déclaré au journal Sud-Ouest que la position exprimée par le Premier Ministre, Monsieur Fillon, à propos des salles de shoots pour toxicomanes (à savoir qu’elles étaient ni utiles, ni souhaitables), illustrait une politique de santé publique basée sur l’idéologie
et l’électoralisme, et d’ajouter que leur mise en œuvre aurait évité des milliers de morts (sic).

En mesurant les termes avec lesquels nous exprimerons notre indignation, nous dirons tout d’abord que ce sont les propos du docteur Daulouède qui sont profondément imprégnés d’idéologie.

La conclusion sage et ferme du Premier Ministre sur ce battage médiatique est en effet la résultante d’avis éclairés, pesés  et convergents.

Parmi ceux que nous connaissons, nous lui apprendrons ou lui rappellerons :

– L’avis négatif de l’Académie Nationale de Médecine exprimé par son communiqué du 11 janvier 2011, paru dans le Bulletin National de l’Académie nationale de médecine 2011, 195, 203-4.

– L’avis négatif du Conseil National de l’Ordre des Médecins exprimé par un communiqué, relaté dans son bulletin d’information N°18 Juillet-Août 2011, p.6; consultable sur le site http://www.conseil-national.medecin.fr

– L’avis négatif de la Mission bicamérale (Assemblée Nationale – Sénat) exprimé dans son volumineux rapport « Toxicomanies : Rejeter la fatalité, renouveler les stratégies »; avis résumé par : « le rejet de l’expérimentation des centres d’injection supervisé, non adapté à la situation française et objets de graves questionnements juridiques »….

– La position argumentée du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT) qui compte parmi ses membres de nombreux hospitalo-universitaires ; CNPERT qui a même pris l’initiative d’une pétition  nationale, ayant recueilli la signature de nombreuses personnalités médicales et scientifiques (texte ci-joint).

Quant aux » milliers de morts qui auraient pu être évitées », ils l’auraient été beaucoup plus surement par une prévention à base de pédagogie et d’une application sans faille des dispositions législatives propres à contenir l’expansion de la pandémie
toxicomaniaque. En ces matières, les déclarations de notre confrère et néanmoins contradicteur, n’ont pas été très audibles, si tant est qu’il en ait effectuées….
Pr. Jean Costentin  président du CNPERT

Publicités

Paris, premier consommateur de cannabis

consommation de cannabis à paris

 

Rien de surprenant : Paris arrive en tête des départements où l’on consomme le plus de cannabis. La capitale est à la fois un marché gigantesque et une véritable plateforme du trafic mondial. D’après les données récoltées en 2008 par l’OFDT, le département est celui où les consommateurs réguliers sont les plus nombreux (12 % des jeunes de 17 ans). Dans la catégorie expérimentation, Paris arrive en 2e position avec tout de même 54 % des jeunes de 17 ans déclarant avoir au moins consommé une fois du cannabis. Enfin, 86,2 interpellations pour 10 000 habitants ont eu lieu dans la capitale la même année, amenant Paris à la 5e place du classement des interpellations.

Lire la suite

 

J P Goullé (CNPERT) apporte 2 compléments d’information :

1 – Les drogues à 17 ans – Résultats de l’enquête ESCAPAD 2008

2 – Interpellations par habitant pour usage de cannabis en 2008

L’herbe, « la porte d’entrée dans la drogue » (SudOuest.fr)

Il n’y a pas de « drogue douce ». Le cannabis est un premier pas vers la dépendance.

par Marie-Christine d’Welles. PH. DR

Native de Bordeaux, l’écrivain Marie-Christine d’Welles est la fondatrice d’Enfance sans drogue, association de mères de famille misant sur la prévention pour « enrayer » le fléau.

« Sud Ouest Dimanche ». Pourquoi le cannabis est-il plus dangereux que le tabac ?

M.-C. d’Welles. Le tabac, qui est très nocif par ailleurs, est un poison pour le corps mais pas pour l’esprit. Ce n’est pas une drogue psychotrope : personne n’a jamais tué ou provoqué un accident de voiture sous l’empire du tabac.

Tous les consommateurs de cannabis ne deviennent pourtant pas des drogués…

Cela dépend des effets ressentis. Il y a ceux qui ont détesté, qu’on appelle les vaccinés. Il y a ceux qui ont trouvé l’expérience agréable et qui, lorsqu’ils seront en difficulté, chercheront refuge dans un joint. Mais le cannabis reste surtout la porte d’entrée dans la drogue.

Y a-t-il plusieurs cannabis ?

Oui. Un verre de cidre n’est pas un verre de cognac. Il y a entre deux cannabis la même différence qu’entre deux alcools. Ainsi, la résine vendue aux enfants est peu dosée. À l’opposé, deux taffes tirées à partir de certains cannabis vendus dans des coffee-shops en Hollande peuvent, en raison de leur fort dosage, provoquer une syncope (NDLR : le gouvernement néerlandais vient de réagir, lire ci-dessus).

Comment les parents peuvent-ils deviner que leur enfant fume des joints ?

Beaucoup de mauvaise humeur, une incapacité – sans raison – à se lever le matin, des résultats scolaires en baisse. Mais ce qui est pervers, c’est qu’il peut se passer deux à trois ans avant l’apparition de signes extérieurs. Il y a aussi, dans le cas des enfants qui n’ont jamais eu de bronchite, une toux grasse, caractéristique.

Comment prévenir ?

Nous avons beaucoup travaillé à Enfance sans drogue. La meilleure prévention pour pouvoir en discuter avec les enfants est de connaître les produits, leurs effets. C’est comme avec la sécurité routière : les adolescents doivent se retrouver face à des parents qui s’intéressent aux dangers et vont les mettre en garde.

Peut-on évoquer les joints, le hasch, avec de jeunes enfants ?

Oui, ce doit être un sujet ouvert et pas tabou. Si les parents savent de quoi ils parlent, ils peuvent l’évoquer dès le CM1 ; par exemple lors des repas familiaux. À cet âge-là, avant l’adolescence, la personne importante, dont la parole compte, c’est le père ou la mère. Dès lors, les enfants sauront.  Source

Trop d’alcool et de cannabis chez les jeunes (SudOuest.fr)

Le phénomène est frappant en Aquitaine, puisqu’en termes d’alcoolisation précoce et de prise de substances illicites, la région obtient de pires résultats que la moyenne nationale.

 Les adeptes du binge drinking n'ont d'autre objectif que l'ivresse rapide, la « cuite ».  PQR  Les adeptes du binge drinking n’ont d’autre objectif que l’ivresse rapide, la « cuite ». PQR

Cette nuit qui vient de s’écouler, et comme toutes les fins de semaine, des dizaines de milliers d’adolescents se sont « déchirés ». Il y a quelques années, l’utilisation pronominale du verbe restait cantonnée aux beuveries d’adultes. Le mot fait désormais florès chez les adolescents. Qu’ils soient pratiquants ou non de ces soûlographies du week-end, ils savent tous qu’il désigne une recherche de « biture », avec pour carburant la fusion dans l’organisme de bières raides et d’alcools extrêmes, comme la vodka. Lesquels alcools viennent parfois radicaliser le rendement d’un joint de cannabis, car les mêmes peuvent aussi être fumeurs. Et tout cela, si possible, à vitesse intersidérale. Car ils plébiscitent aussi un nouveau rituel : le « binge drinking », une opération à l’efficacité garantie pour atteindre le supposé nirvana de l’ivresse. Lire la suite