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Propositions du CNPERT : F – Juguler l’accroissement de la consommation de cocaïne

La cocaïne est le produit illicite le plus consommé après le cannabis, même si sa consommation est très inférieure à ce dernier. Si son expérimentation concerne dix fois moins de personnes,  elle constitue néanmoins une toxicomanie inquiétante, car chez les 18-64 ans elle a été multipliée par quatre en deux décennies (passant de 1,2 % en 1995 à 5,6 % en 2017). La proportion d’usagers dans l’année a également fortement augmenté ; de 0,3 % en 2000, elle est passée à 1,1 % en 2014, puis à 1,6 % en 2017. Cette diffusion n’est plus cantonnée à des catégories sociales aisées. Une « démocratisation » manifeste, liée à la baisse de son prix, lui fait atteindre désormais plusieurs strates de la société ; ce phénomène se trouve aggravé par l’intrusion du crack.

 Le crack est la forme base de la cocaïne, insoluble dans l’eau, qui se volatilise sans altération à une température de ≈ 90°C, ce qui permet de le fumer. Ceci le distingue du chlorhydrate de cocaïne (« la neige »), soluble dans l’eau, qui peut être sniffé/prisé, ingéré ou injecté, mais ne peut être fumé car, se volatilisant à ≈180°C, il subit une importante détérioration. Etant fumée, la cocaïne du crack arrive très rapidement au cerveau, où elle induit des modifications neurobiologiques soudaines, à l’origine du « flash », du  « shoot », recherché par ses consommateurs ; facteur qui majore leur appétence pour la cocaïne.

Le crack devient abondant en raison d’une production andine croissante et d’une plus grande étanchéité de la frontière entre le Mexique et les U.S.A. ; de ce fait il reflue sur les Caraïbes, l’Afrique, le Maroc, et de là, par l’Espagne, il diffuse sur l’Europe. Son prix est nettement moindre que celui du chlorhydrate de cocaïne. Le prix des deux formes de cette même drogue est inversement proportionnel à leur abondance et à leur accessibilité. Plus les saisies sont importantes, plus le prix devrait s’accroitre ; or, du fait de son abondance croissante, il continue de diminuer…

Les consommateurs de crack s’assemblent sur les lieux de deal  (à Paris – « le Staline crack » ou « les jardins d’Eole ») ; où ils « pourrissent » l’atmosphère du quartier et suscitent l’ire des riverains. Outre une chasse résolue aux trafiquants à l’origine de l’approvisionnement, une traque intense des dealers rassemblés sur ces lieux doit être exercée par la police en civil.

Les allocations « en espèces » versées aux toxicomanes, devraient être remplacées par des aides en nature, dédiées au logement, aux vêtements, aux bons de nourriture (utilisables dans les seuls magasins ne vendant ni vin ni spiritueux).

 Des foyers et restaurants associatifs doivent devenir les champs d’action de psychologues, de médecins, d’addictologues qui dispenseraient aux toxicomanes, dans des pièces attenantes, des soins (somatiques, psychologiques, psychiatriques) et qui les aiguilleraient vers d’autres structures (ce qui n’a rien à voir avec les « salles de shoots »).

La détention et la consommation de ces drogues, parce qu’elles sont illicites, permettraient de déclencher une procédure judiciaire conduisant à une injonction de soins en milieu fermé. Seraient alors distingués : les psychotiques (dont le crack aggrave l’état) qui seront pris en charge dans des hôpitaux psychiatriques ; et les autres consommateurs, accidentés de la vie ou expérimentateurs à l’origine sans grands problèmes, qui se sont fait piéger ; ils seraient accueillis dans des structures spécifiques, en un milieu fermé, imperméable aux drogues.

Le sevrage y serait pratiqué en préparant simultanément leur réinsertion sociale ; ces centres affichant une ambition authentiquement médicale et humaniste ; à l’opposé de la démission prônée par certains médecins ou psychologues qui, excipant sans vergogne de leur diplôme, militent pour la légalisation de toutes les drogues et la généralisation des salles de shoots. Notons que l’Académie nationale de médecine, comme celle de pharmacie, les déclarent inopportunes et en contradiction avec l’éthique médicale.

               Les « crackers » entrés en France par effraction, en suivant le chemin de la drogue qu’ils consomment et qu’ils diffusent, devraient être reconduits dans leurs pays d’origine, surtout s’ils sont arrivés en étant déjà dépendants. Notre nation, très démunie pour la prise en charge de ses propres citoyens toxicomanes, n’a aucune latitude pour accueillir des sujets dépendants étrangers, qui contribuent à l’aggravation de cette toxicomanie en France.

Sur un mode pavlovien, le toxicomane établit une association entre drogue et plaisir ; cette association devient bientôt : drogue et soulagement du besoin tyrannique qu’elle a instauré. L’adoucissement du contexte de la consommation, qui est un des buts des « salles de shoots », est de nature à renforcer l’ancrage du « crackophile » dans sa « crackophilie ». A l’opposé, le « sevrage sec » fait associer l’idée de la drogue aux inconforts intenses et même aux souffrances qui résultent de sa privation. Il est injustement décrié, alors qu’il a donné un nombre significatif de bons résultats.

Des vulnérabilités d’origine génétique, ainsi qu’épigénétiques, expliquent l’accrochage très rapide au crack de certains de ses consommateurs. En France, les consommations importantes de cannabis et de cocaïne semblent corrélées. En effet, la consommation parentale de cannabis induit chez l’enfant via des mécanismes épigénétiques, une raréfaction des récepteurs D2 de la dopamine dans son noyau accumbens (ou striatum ventral, sorte de centre du plaisir). Cette raréfaction induit à l’adolescence une vulnérabilité aux toxicomanies, que les parents aient consommé du cannabis avant de procréer ou que les mamans aient consommé cette drogue pendant la grossesse.

Des expériences récentes, réalisées chez le Rat, montrent que l’administration de cannabis (THC), par un effet épigénétique, accroît l’appétence ultérieure de l’animal pour la cocaïne (et dans d’autres expériences, pour l’héroïne). Les effets que ces drogues font alors éprouver sont plus intenses, comme l’est, de ce fait, leur pouvoir d’accrochage. Ces effets épigénétiques du THC mettent à mal les arguments de ceux qui contestent encore l’escalade des toxicomanies.

Pour lutter contre l’invasion du crack et des autres drogues qui minent notre jeunesse et notre société, il importe de ne légaliser ni le cannabis, ni aucune autre drogue et de faire régresser, autant qu’il est possible, l’addiction au tabac et à l’alcool, premières marches de cette funeste escalade qui mène à la cocaïne et à l’héroïne.

Prochain Article : G – Identifier les nouvelles drogues et leurs origines et H – Suggestions supplémentaires le 1er Juillet

Propositions du CNPERT : Prologue et Synopsis

            IPrologue

Notre Nation est minée de longue date par les ravages physiques du tabac (75.000 décès annuels avec souvent, au préalable, de nombreux handicaps affectant la qualité de vie des tabagiques) et par les ravages physiques et psychiques de l’alcool (41.000 décès annuels, avec de nombreux handicaps et de grandes détresses psychiques et sociales, dont nombre d’actes de violence, sur les femmes et dans les familles). Tous ces drames sont la rançon du caractère licite de ces drogues et l’expression d’appétits capitalistes insatiables qui tirent de ces intoxications de masse, de somptueux bénéfices, que sans cesse  ils s’appliquent à faire croître.

L’attrait commun des humains pour les drogues est redoublé par d’éventuelles perturbations familiales, environnementales, relationnelles, éducatives… Cet ensemble est exacerbé par un appât du gain qui s’exprime à toutes les étapes du parcours des drogues. En regard de ces différents facteurs les considérations humanistes, morales et sanitaires ne pèsent pas lourd. C’est ainsi que l’on aboutit au désastre des toxicomanies, qui affecte particulièrement notre Nation ; puisqu’elle apparait en Europe aux premiers rangs des consommateurs de nombreuses drogues.

Le CNPERT affiche dans son intitulé les objectifs qu’il s’assigne : réunir les informations épidémiologiques et toxicologiques les plus pertinentes sur les drogues en circulation ; analyser l’importance de leur consommation et de leurs méfaits ; suggérer les moyens à mettre en œuvre pour contenir et mieux encore faire reculer leurs consommations.

            Pour les lecteurs pressés, sont synthétisées  en  trois pages les actions de prévention que nous suggérons,  et pour tous les autres lecteurs sont présentés  sur une vingtaine de pages les attendus et les modalités de mise en œuvre de ces suggestions.

Ces propositions s’adressent à tous les citoyens français, avec l’espoir qu’ils insuffleront à leurs élus leurs préoccupations et leurs requêtes. Le CNPERT vous prie donc d’en assurer la plus large diffusion et vous en remercie.

II – Synopsis des propositions du CNPERT

       visant à faire régresser les drogues et toxicomanies

            Tabac – Alcool

-Enseigner dès l’école primaire les méfaits de ces deux drogues.

-Mettre en œuvre dès maintenant toutes les dispositions permettant d’atteindre en 2030 l’ambition d’une génération sans tabac, exprimée par le Président de la République.

-Accroître les prix du tabac et de l’alcool.

-Faire respecter l’interdiction de leurs ventes aux mineurs.

-Généraliser les facultés et les hôpitaux « sans tabac ».

-Multiplier les messages de prévention.

-Interdire toutes les formes de leur publicité.

-Utiliser le nouveau service national pour faire des jeunes appelés des éducateurs dénonçant les méfaits de toutes les drogues.

-Réduire la production d’alcool, le degré alcoolique des vins, le volume des flacons de bière.

-Multiplier les contrôles routiers et professionnels de l’alcoolémie.

-Interdire les « happy hours » ; interdire les dons d’alcool par les alcooliers aux soirées festives comme incitation à la consommation.

-Lier la restitution d’un permis suspendu après constat d’une alcoolisation routière à une  vérification de l’abstinence attestée par la mesure dans les cheveux de l’éthylglucuronide.

-Encourager le développement d’une gastronomie pouvant se marier avec des boissons non alcooliques. 

-Supprimer les boissons alcooliques dans les « pots » d’entreprises et les réunions professionnelles.

-Interdire la vente et la consommation d’alcool lors des manifestations sportives.

-Responsabiliser les personnels des bars dans la prévention des ivresses.

-Rappeler que le fœtus ne supporte pas l’alcool ; qu’il est menacé par le syndrome d’alcoolisation fœtale ; les pictogrammes apposés sur les boissons alcooliques doivent être parfaitement lisibles.

Cannabis

-Enseigner dès l’école primaire les méfaits de cette drogue.

-Lutter contre les lobbies au service de la diffusion du cannabis ; dénoncer les médias qui sont leurs relais.

-Empêcher le détournement des e-cigarettes par des recharges « d’huile de cannabis » et des divers produits à base de cannabis ou de cannabinoïdes de synthèse.

-Interdire la vente aux mineurs des pipes à eau.

-Interdire la vente des feuilles de papier à cigarette « grand format », qui ne servent qu’à la confection de « pétards ».

-Signaler publiquement et au conseil de l’ordre, les comportements de certains addictologues qui banalisent cette drogue, en font l’apologie et militent pour sa légalisation.  

-Appliquer, en l’aménageant, la prohibition du cannabis édictée par la loi de 1970. L’amende de 200 € infligée au possesseur et/ou au consommateur de cannabis devrait être inscrite sur un fichier informatisé, permettant de multiplier son niveau au prorata du nombre de récidives ; avec au delà de 3 récidives, l’obligation de suivre un stage payant d’information sur les méfaits de la drogue ; stage comportant à son issue un contrôle des connaissances acquises (le stage étant réitéré si le niveau est insuffisant), avec mise en place d’un suivi médical comportant des contrôles urinaires périodiques.

-Faire évoluer la loi afin de pouvoir s’assurer que les urines sont exemptes de cannabinoïdes chez les candidats à l’inscription dans les facultés de Santé, aux épreuves du permis de conduire, à l’admission dans la police, la gendarmerie, l’armée, les professions de Santé, la magistrature, l’enseignement, ainsi qu’à des postes de responsabilité (surveillants des centrales nucléaires, conducteurs d’engins, chauffeurs des transports en commun…) ; des contrôles devront également pouvoir être effectués au cours de leurs carrières professionnelles.

-Dans le processus d’accréditation des hôpitaux psychiatriques, une large place doit être accordée à l’appréciation des mesures prises pour  y empêcher l’intrusion des drogues.

-Traquer les dealers et mettre à profit leur incarcération pour les former à des activités professionnelles, dont ils devront ultérieurement justifier de l’exercice.

-Appliquer des contrôles fiscaux pour faire justifier de ressources honnêtes ceux ayant un haut train de vie inexpliqué.

Opioïdes- morphiniques

-Ces analgésiques majeurs, opioïdes ou apparentés (tramadol), ne devront pas être prescrits sans raisons impérieuses ;

-Ne pas être prescrits trop tôt, à de trop fortes doses et trop longtemps.

-Mettre fin au détournement de la buprénorphine à haut dosage, destinée à faire rompre l’héroïnomane avec son comportement injecteur ; cette buprénorphine que s’injectent désormais près de 100.000 de ses « bénéficiaires » ;  son détournement étant facilité par la forme Lyoc récemment commercialisée. Ne devrait être autorisée que la prescription de Suboxone®, qui prévient un détournement par la voie intraveineuse.

-Renforcer la surveillance de la délivrance de la buprénorphine à haut dosage (BHD) commercialisé sous le nom de Subutex®, pour empêcher les multi prescriptions  et multi délivrances qui,  par revente du produit, recrutent aux morphiniques de jeunes toxicophiles, qui vont plonger dans la morphinomanie (mode d’initiation estimé à 30%) .

-Inscrire l’usage des traitements de substitution aux opioïdes, dans un schéma de décroissance visant l’abstinence à plus ou moins long terme.

-Renforcer la prohibition du cannabis qui, par un effet épigénétique, accroit l’appétence pour les morphiniques.

Cocaïne et crack

-Accroître les dispositifs de surveillance et les saisies pour que la rareté des produits en accroisse le prix.

-Traquer les dealers autour des regroupements de crackers.

-Renvoyer dans leurs pays d’origine les crackers dealers en situation irrégulière.

-Traiter en clinique les crackers schizophrènes.

-Traiter en des centres spéciaux (à créer), fermés à tout apport de drogues, ceux dont la dépendance ne résulte pas d’un processus psychotique.

-Renforcer la prohibition du cannabis qui, par un effet épigénétique, accroit l’appétence pour la cocaïne.

Autres propositions

-Remplacer autant que possible les allocations en espèces par des allocations en nature dédiées au logement, à l’habillement, à l’alimentation par des bons ne permettant pas l’achat de boissons alcooliques ou de toute autre drogue.

-Instaurer une éducation civique sanitaire, de l’école à l’université et dans les filières professionnelles, accordant une très large place aux toxicomanies et au dopage.

-Arrêter le versement de subventions à des associations complaisantes avec les drogues et toxicomanies.

-Enseigner à tous ceux qui interviennent auprès des toxicomanes, de ne pas confondre une indispensable empathie avec la moindre collusion.

-Contrôler de façon régulière le fonctionnement qualitatif et quantitatif des structures d’accueil et d’aide pour les personnes malades de la drogue (CAARUD, CSAPA…)

-Former de façon spécifique aux dangers des toxicomanies tous les professionnels qui exercent au contact des jeunes.

-Empêcher l’entrée dans les « rave parties » (pour autant qu’elles soient autorisées) de toutes les drogues illicites, par la fouille à l’entrée des véhicules et des participants ;

-Suppression des comptoirs où certaines associations se livrent à une analyse très sommaire des drogues qui leur sont soumises ; cette pseudo «réduction des risques» faisant croire au caractère légal de l’intoxication et donnant une fausse sécurité sur les produits consommés.

-Appeler « drogues » les drogues, et « toxicomanes » ceux qui en abusent, sans recourir à des circonvolutions langagières qui en dissimulent la nature et les dangers (telles  « substances », « substances psychoactives », « substances d’abus »..).

-S’attaquer au Cyber marché noir des drogues avec les techniques modernes permettant de l’entraver.

 -Traçage des paiements (dont « dark web ») des substances illicites, suppression des commerces déguisés de drogues sous formes de « sels de bain », « étalons pour laboratoire de chimie » ; effectuer la saisie des flux financiers générés par ces trafics internationaux.

Prochain Article : III -Développements des suggestions  précédentes : A – Introduction le 19 juin

Qu’est-ce que la 3-MMC, cette drogue vue comme la «nouvelle cocaïne»?

Par Diane Cacciarella

Moins chère que la cocaïne, la 3-MMC est de plus en plus présente sur le marché des drogues… Quelle est cette substance ? Explications. 

Qu'est-ce que la 3-MMC, cette drogue vue comme la

HERI MARDINAL/ISTOCK

L’ESSENTIEL

  • Les nouveaux produits de synthèse désignent des substances qui imitent les effets de produits illicites connus comme l’ecstasy, les amphétamines, la cocaïne, le cannabis, etc.
  • La structures moléculaires de ces nouveaux produits de synthèse n’est pas identique aux autres drogues, ce qui leur permet, pour certaines qui n’ont pas encore de statut juridique clair, de contourner la législation sur les stupéfiants.

Les cathinones, dont la 3-MMC, font partie des substances les plus observées sur le marché de la drogue et, plus précisément, celui des nouveaux produits de synthèse, selon le rapport 2022 de l’Observatoire français des drogues et des tendances addictives (OFDT). 

Cathinones

Les cathinones sont définies comme “une famille de substances de synthèse dérivées de la cathinone naturelle (un produit naturellement présent dans la plante khat) (…). Il existe plus d’une cinquantaine de cathinones différentes. Les plus connues sont la méphédrone, la 4-MEC, la 3-MMC, la MDPV, et l’alpha-PVP”, selon le site drogues-info-service.fr.

La 3-MMC, ou 3-methylmethcathinone, est donc une drogue de synthèse, présente en France depuis une dizaine d’années. Au début, elle était plutôt consommé dans le milieu homosexuel mais, désormais, elle est aussi présente chez les hétérosexuels. « On observe une extension non-négligeable des usages de la 3-MMC en dehors d’un contexte sexuel, montrant des signes de diffusion à l’extérieur des communautés gay et HSH (Homme ayant des rapports sexuels avec un ou d’autres hommes) », explique un rapport sur le Chemsex, publié en mars 2022 pour le ministère de la Santé.

En mars dernier, l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT)  estimait que la 3-MMC faisait partie des produits qui « suscitent des inquiétudes en Europe« . Physiquement, cette substance ressemble à de la cocaïne, c’est-à-dire de la poudre blanche. Mais la 3-MMC a une odeur spécifique de réglisse et, surtout, est moins chère : entre cinq et dix-huit euros le gramme. Depuis 2012, l’OEDT l’a catégorisée comme une nouvelle substance psychoactive. En France, comme toutes les substances illicites référencées comme telles, elle est illégale. 

Désinhiber et augmenter la libido 

Les principaux effets recherchés par ces produits, et notamment les cathinones (dont la 3-MMC), sont l’augmentation de la libido et de l’endurance, leurs effets désinhibants et entactogènes, la démultiplication des sensations de plaisir, notamment sexuel. Une grande partie de ces molécules possède également un pouvoir stimulant, plus ou moins important, selon les drogues et les posologies utilisées”, explique un rapport sur le Chemsex, publié en mars 2022 pour le ministère de la Santé.

Comme toutes les drogues, la prise de 3-MMC est dangereuse pour la santé. « Les complications sont bien pires que celles de la cocaïne, explique Laurent Karila, addictologue, dans le Parisien

Tous les organes peuvent être touchés à long terme. Personne n’est égal devant les drogues, et certains peuvent faire un accident à la première prise”. 

Source

Alcool, cannabis, drogues dures… Comment aider un proche à sortir de l’addiction ?

Il s’agit souvent d’un problème que l’on minimise ou que l’on cache sous le tapis, mais les addictions sont un fléau en France, et chacun d’entre nous peut y être confronté un jour. Elles ne touchent pas que les personnes addictes mais aussi leurs proches, alors comment tendre la main ? Pour y répondre, Jean-Pierre Couteron et Jérôme Adam étaient les invités de « Bienfait pour vous » sur Europe 1.

Taboue, difficilement diagnosticable, longue rémission, l’addiction est un mal dont on aimerait vraiment se passer et qui affecte tout notre entourage. Au micro de Julia Vignali et Mélanie Gomez, Jean-Pierre Couteron, addictologue, psychologue clinicien et porte-parole de la Fédération addiction et Jérôme Adam, producteur du film Tout pour être heureux ? traitant de l’addiction, sont venus partager leur expertise. Et pour aider, il faut d’abord reconnaître. Qu’est-ce qu’une addiction ? Qui peut être susceptible d’en développer une ? Et surtout, que faire ?

Qu’est-ce que c’est concrètement l’addiction ?

« L’addiction, c’est la perte de contrôle d’une substance psychoactive ou désormais d’un appareil, d’un comportement, qui nous permet d’avoir des effets psychoactifs. C’est la perte de contrôle. Avant, c’est de l’usage. Si je me sers de mon téléphone portable, c’est de l’usage. Si, je n’arrive pas à doser le temps que je passe sur mon téléphone portable, je rentre dans des comportements addictifs », explique Jean-Pierre Couteron.

Selon le spécialiste, l’addiction est un trouble complexe, car elle possède deux versants : un versant maladie et un versant « comportement social », à savoir comment l’addict interagit avec le monde et avec ses proches.

Est-on tous égaux face à l’addiction ?

Certains milieux sociaux, certaines tranches d’âge semblent être plus exposés aux risques addictifs, mais pour le clinicien, il n’y a pas forcément de prédispositions, plutôt des vulnérabilités. « Il y a effectivement des vulnérabilités sociales qui font que, selon les milieux sociaux, selon les conditions de vie, on peut avoir des paramètres. Mais il y a aussi des vulnérabilités psychiques. Selon les histoires de vie, si on a vécu un traumatisme, qu’on a des difficultés familiales », détaille-t-il.

>> À RÉÉCOUTER – Drogue et alcool : la clé des addictions serait dans notre ventre

« Et puis il y a des vulnérabilités physiologiques, génétiques. Il n’y a pas un gène de l’addiction, mais il y a des paramètres qui font qu’on n’a pas le même physique et qu’on n’aura pas la même réaction à la substance. Donc tout ça se mélange, peut s’équilibrer. L’effet positif de l’un peut rencontrer l’effet négatif de l’autre. Mais effectivement, le principe de base à savoir, c’est qu’on n’est pas égaux et que ce qui marche pour l’un ne marche pas forcément pour l’autre. »

Une constante semble pourtant se dessiner : c’est à l’adolescence que majoritairement les risques addictifs se présentent.

Comment reconnaître une personne addicte ?

Selon Jean-Pierre Couteron et Jérôme Adam, qui a perdu son frère à cause de l’addiction et a motivé la création de son film, en cas de doute, il faut surveiller le comportement du proche et notamment s’il perd le contrôle. « Donc les signes qui montrent que la personne n’arrive pas à être à la hauteur du contrôle, qu’elle dit encore vouloir avoir. Qu’elle s’engage à faire telle chose à telle heure et qu’elle ne le fait pas. Qu’elle s’engage à ne pas reboire le soir même alors qu’elle va le faire… Ce sont ces signes-là« , précise l’addictologue.

« J’ai compris très vite que [mon frère] consommait, qu’il avait des problèmes de consommation parce qu’il y a eu des attitudes avec des épisodes délirants pendant la nuit, des épisodes où il avait piqué des médicaments de ma mère pour compenser et trouver certains effets », raconte Jérôme Adam.

>> À RÉÉCOUTER – Souffrant de différentes addictions, Christine a réussi à reprendre sa vie en main

Il y a également des signes physiques pour certaines addictions : l’ivresse alcoolique, l’euphorie avec un produit comme le cannabis, des états d’excitation avec des produits stimulants comme la cocaïne. Et si ces deux types de signes persistent et qu’on les a repérés, c’est à ce moment-là que le sujet peut être abordé.

Comment ne pas la braquer ?

« Souvent, le piège dans lequel on va tomber, c’est de lui en parler pour lui dire tout de suite : ‘Arrête !’ Or, il n’a pas immédiatement envie qu’on lui dise d’arrêter parce que pour lui, ça fonctionne encore comme une solution. Ça vient calmer une angoisse, ça vient calmer quelque chose. La première étape, c’est de lui dire qu’on voit qu’il consomme, qu’on imagine que ça lui sert à quelque chose et que c’est de ça dont on aimerait parler. C’est de voir à quoi ça lui sert », explique le clinicien. 

Pour Jérôme Adam, la question de l’amour est très importante. « Il y a tout un travail de déculpabilisation à effectuer vis-à-vis de la personne addicte. Maintenant, l’amour, ce que j’essaye de dire dans le film, c’est qu’il doit être présent et donc qu’il faut rester présent, tendre la main. Mais ça ne suffit pas forcément et surtout, on ne peut pas faire à la place de l’autre. Donc c’est tout ce dosage entre accepter son impuissance et être présent malgré tout qui est fondamental », confie le réalisateur. À l’inverse, la séparation ou la menace d’un éloignement peut aussi agir comme un déclic, mais il faut faire très attention et l’effet n’est pas systématique.

Où l’emmener et que faire ?

Si la personne addicte reconnaît sa maladie et accepte d’en discuter, plusieurs choses sont possibles. « La majorité des addicts s’en sort sans aller consulter les professionnels », indique Jean-Pierre Couteron. Pour certaines addictions, comme la cigarette ou le téléphone portable, il est possible de « réaménager son environnement, son entourage. C’est la fameuse histoire : j’ai rencontré quelqu’un, j’ai un boulot », ajoute le psychologue.

Avec un peu de différence en intensité, on n’est pas obligé d’aller consulter. Cependant, plus on rentre dans des problématiques complexes où il y a des problèmes psychopathologie, des histoires de vie, des vulnérabilités, plus cela est difficile d’en sortir seul. Dans ces cas-là, il est préférable d’être suivi par un médecin. « Il y a beaucoup d’endroits pour aller consulter. Il y a des médecins en ville qui sont intéressés par les questions d’addiction, des centres spécialisés, médico-sociaux, des centres de soins, d’accompagnement et de prévention », détaille le professionnel. Enfin, des médicaments, prescrits par le médecin, peuvent aider à réduire les effets de l’addiction.

Source Europe 1

Crack et cocaïne

Regard sur ces drogues qui défraient la chronique

Que faire pour en réduire l’emprise ?

par le Professeur Jean Costentin

Le crack est la forme base de la cocaïne, insoluble dans l’eau, qui se volatilise sans altération à une température de 90°C ce qui permet de le fumer

Ceci le distingue du chlorhydrate de cocaïne (la « neige ») soluble dans l’eau qui peut être snifé/prisé, ingéré ou injecté, mais ne peut être fumé car se volatilisant à 180°C, il subit une importante détérioration

Etant fumée, la cocaïne du crack arrive très rapidement au cerveau, où elle induit des modifications neurobiologiques soudaines, à l’origine du flash, du shoot, que recherchent ses consommateurs et qui majorent leur appétence pour la cocaïne.

-Le crack se fait très abondant en raison d’une production Andine croissante et d’une meilleure étanchéité de la frontière entre le Mexique et les U.S.A. ; aussi, il reflux sur les Caraïbes, l’Afrique, le Maroc et, de l’Espagne, il diffuse sur l’Europe.

-Son prix est nettement moindre que celui du chlorhydrate de cocaïne. Alors que le prix de ce dernier est devenu assez abordable pour n’être plus cantonné au monde du show bizz, ou à de riches personnalités. Le prix des deux formes de cette même drogue est inversement proportionnel à leur abondance et à leur accessibilité ; plus les saisies sont importantes plus le prix devrait s’accroitre ; or il continue de diminuer…

-Les consommateurs de crack s’assemblent sur les lieux de deal (à Paris le Staline crack, ou les jardins d’Eole) ; où ils pourrissent l’atmosphère du quartier et suscitent l’ire des riverains. Outre, en amont, une chasse résolue aux trafiquants, à l’origine de l’approvisionnement, une traque intense par la police en civile doit s’exercer sur les dealers rassemblés sur ces lieux.

-Les allocations « en espèces » versées aux toxicomanes, devraient être remplacées par des aides en nature, dédiées au logement, aux vêtements, aux bons de nourriture (utilisables dans les seuls magasins ne vendant ni vins ni spiritueux). Des foyers et restaurants associatifs doivent devenir les champs d’action de psychologues, de médecins, d’addictologues, qui leur dispenseront des soins (somatiques, psychologiques, psychiatriques) et les aiguilleront vers d’autres structures.

-La détention et la consommation de drogues, parce qu’elles sont illicites, devraient déclencher une procédure judiciaire conduisant à une injonction de soins en milieu fermé. Seraient alors distingués : les psychotiques (dont le crack aggrave l’état) qui seront pris en charge dans des hôpitaux psychiatriques ; et les autres consommateurs, accidentés de la vie, qui seraient accueillis dans des structures spécifiques, en milieu fermé, imperméables aux arrivées extérieures de drogues. Leur sevrage y serait instauré ainsi que les prémices de leur réinsertion sociale. Cette ambition est authentiquement médicale et humaniste ; elle est à l’opposé de la démission prônée par certains médecins qui, excipant de ce titre, militent pour la légalisation de toutes les drogues et la généralisation des salles de shoots.

-Les « crackers » entrés en France par effraction, en suivant le chemin de la drogue qu’ils consomment et qu’ils diffusent, devraient être reconduits dans leurs pays d’origine, surtout s’ils sont arrivés étant déjà dépendants. Notre nation démunie pour la prise en charge de ses propres citoyens toxicomanes n’a aucune latitude pour accueillir des sujets dépendants étrangers, qui contribuent à l’aggravation de cette toxicomanie en France.

-Sur un mode Pavlovien, le toxicomane établit une association entre drogue et plaisir, qui devient bientôt : drogue et soulagement du besoin tyrannique que cette drogue a instauré. L’adoucissement du contexte de la consommation, but avoué des « salles de shoots », renforce l’ancrage du crackophile dans sa crackophilie. A l’opposé, le sevrage « sec », injustement décrié, a donné un nombre significatif de bons résultats.

-Des vulnérabilités d’origine génétique, ainsi qu’épigénétiques, expliquent l’accrochage très rapide au crack de certains de ses consommateurs.

En France, les consommations importantes de cannabis et de cocaïne semblent corrélées. En effet, la consommation parentale de cannabis induit chez l’enfant, via des mécanismes épigénétiques, une raréfaction des récepteurs D2 de la dopamine (dans son noyau accumbens, sorte de centre du plaisir). Elle induit à l’adolescence une vulnérabilité aux toxicomanies, que les parents aient consommé du cannabis avant de procréer ou que les mamans aient consommé cette drogue pendant la grossesse.

– Des expériences récentes, réalisées chez le Rat, montrent que l’administration de cannabis (THC), par un effet épigénétique, accroît leur appétence ultérieure pour la cocaïne et, dans d’autres expériences, pour l’héroïne. Les effets que font éprouver ces drogues étant plus intenses, leur pouvoir d’accrochage l’est également. Ces effets épigénétiques du THC mettent à mal les derniers arguments de ceux qui contestent encore l’escalade des toxicomanies.

Pour lutter contre l’invasion du crack et des autres drogues qui minent notre jeunesse et notre société, il importe de ne légaliser ni le cannabis, ni aucune autre drogue et de faire régresser, autant qu’il est possible, l’addiction au tabac et à l’alcool, premières marches de cette funeste escalade qui mène à la cocaïne et à l’héroïne.

Cocaïne : la France face aux ravages concrets de la déferlante

La baisse des prix et l’augmentation de la qualité de la cocaïne permettent au marché de la drogue d’être en forte expansion en France et en Europe. L’addiction à la cocaïne et les ravages du crack chez les toxicomanes représentent un vrai défi de santé publique.

Pour retrouver le premier article de Xavier Raufer sur le « tsunami » de cocaïne qui déferle sur la France et en Europe : cliquez ICI

Le 24 juin 2021, l’ONUDC (DC : Drogues & crime) alerte : « Les chaînes livrant la cocaïne vers l’Europe se diversifient, ce qui fait baisser les prix, monter la qualité et menace l’Europe d’une nouvelle expansion du marché de la cocaïne ». De fait, depuis au moins trois ans, cette drogue inonde les ports d’Europe : Anvers, Rotterdam, Hambourg ; désormais, Le Havre, Dun­kerque. Du cône nord de l’Amérique du Sud, via les Caraïbes et l’Afrique, les cartels ont ciblé l’Europe comme marché N°1. Au prix de gros, le kg de coke s’y vend bien plus cher qu’à Miami ou au nord du Mexique. Plus, un marché énorme : 4 millions de cocaïnomanes plus ou moins ré­gu­liers dans l’Union européenne – 600 000 en France.

Côté « accumulation primitive du capital » (comme dit Karl Marx), la cocaïne, sa production et son trafic, sont explosifs : la fortune à portée de main. Une tonne de cocaïne pure à ± 90% (cas fréquent, à présent) vendue sans encombre en Europe aux demi-gros­sistes, bénéfice : 60 mil­lions d’euros. Trois aller-retour Colombie-Europe, on est multi­millionnaire. Trois ans sans ré­pression, milliardaire.

Bien sûr, ces milliards à portée de bandits primitifs et brutaux déchaînent une folle violence : enlèvements, séquestrations, homicides, tortures, attentats ; d’autant que, si les papys de la French Connection ne touchaient jamais à leur héroïne, les caïds de la coke usent fort d’une poudre qui les enrage à plus de crimes encore. Rappel : quand le crack (cocaïne du pauvre) dé­ferle aux États-Unis vers 1987, le carnage de jeunes dealers (surtout Noirs, de 1988 à 1993) s’entretuant pour saisir ou protéger des fiefs, est terrible – 15 homi­cides par JOUR :

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Désormais, la cocaïne est partout en France, à échelle quasi-industrielle. Octobre passé à Mar­seille 10e, un labo clandestin de coupage/emballage est trouvé par hasard : presses hy­drau­liques, bassines, paquets prêts à vendre – décorés d’un joli papillon. Signe que les gros­sistes (Colombiens… Mexicains…) sont à pied d’œuvre, comme au Havre, 2 300 dockers, 3 mil­lions de conte­neurs par an – dont ± 6 000 inspectés à fond… Là, ou à Dunkerque, les émis­saires des car­tels font comme chez eux : intimidation, violence, assassinat : au Havre, de 2016 à 2020, 26 kid­nappings ou tentatives, de complices rétifs ou apeurés.

Sortant du port du Havre (septembre et octobre 2021) un camion frigorifique, puis une four­gonnette, sont braqués en plein jour par des commandos en noir, armés et ca­goulés, tirant en plein jour sur leurs cibles, genre attaque de la diligence. Dans un des véhi­cules, 690 kg de co­caïne. Rapide calcul : en boîte de nuit, à 40 euros le « rail » d’1/2 gramme, ces braqueurs pal­paient 55 millions d’euros… Or de tels bracos ont forcément réussi – com­bien ? Mystère : les narcos ont le succès modeste.

Pire, Dunkerque : port prétendu inviolable (hauts grillages, barbelés, caméras…), en octobre passé. À quai sous scellés judiciaires, un gros minéralier où l’on a saisi une tonne de cocaïne. Un com­mando d’une dizaine d’hommes y surgit, malmène longuement l’équipage cosmopolite de 20 marins, fouille le navire de fond en comble, puis s’évapore. Ils avaient « un accent slave » dit le capitaine Roumain. Que cherchaient-ils ? Mystère. La sécurité portuaire n’a rien vu.

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Concrètement, cette versatile cocaïne achève son périple dans les beaux quartiers certes – mais surtout, comme crack, dans l’enfer des portes du nord de Paris, Clignancourt, la Chapelle, Aubervilliers, la Villette. Là, les habitants vivent terrés, traqués ; les femmes sortent, bombe lacrymogène en main ; les salariés du cru sont escortés au métro par des vigiles. Tous ou presque Sahéliens et clandestins, les dealers squattent les trottoirs ou se battent à la ma­chette. Sur leur petit nuage, les bobos-Hidalgo déplorent un « espace public désorganisé ».

Pour se défoncer au crack, le caillou est à 5 euros, la galette, à 10-15 €. Une addiction brutale voire fatale – nul traitement n’existe. Au nord de Paris, donc, un millier de « crackeux » cer­veau grillé, hagards, yeux vitreux, en guenilles ou dénudés. Souffrant le martyre en cas de manque, ils peuvent voler, agresser, se prostituer pour le prochain caillou.

Depuis trente ans, diverses autorités (Préfecture de police, Mairie de Paris, etc.) déshabillent Pierre pour habiller Paul, baladent les « crackeux » de « colline du crack » en Jardins d’Éole ou en square Forceval ; se renvoient les zombies, façon patate chaude. Comme on verse de l’eau dans un trou, un récent plan anti­crack-Pa­ris a gaspillé 25 millions d’€ en 3 ans. Le 24 sep­tembre, M. Darmanin promettait que les crackeux resteraient square Forceval (Paris XIXe, côté Pantin) « quelques heures ou jours ». Bientôt 100 jours plus tard, ils y croupissent toujours.

Drogue en Corse : « la toxicomanie, c’est une maladie, ce n’est pas un vice »

Écrit par Axelle Bouschon
Au centre Addictologies France de Bastia, la prise en charge des patients se décline ainsi en trois volets : social, médical, et psychologique.
Au centre Addictologies France de Bastia, la prise en charge des patients se décline ainsi en trois volets : social, médical, et psychologique. • © Axelle Bouschon / FTV

C’est un fléau chaque année plus présent sur l’île. Mais dont on parle peu. Nous vous proposons toute cette semaine une série d’enquêtes, à la rencontre de ceux qui luttent contre ce phénomène, de ceux qui consomment, mais aussi de ceux qui en vivent. 2ème épisode, aux côtés d’une association.

Il est 8h30, passants et voitures affluent à un rythme régulier, le long de la rue royale, à Bastia. Au rond-point de la résidence A Tramunta, en face du chemin menant à l’hôpital de Falconaja, le centre d’Addictions France ouvre ses portes, et se remplit au gré des arrivées des employés. Ce lundi 25, ils sont cinq et une stagiaire à travailler.

Une pile de documents sous le bras, Déborah Baron se…. CLIQUEZ POUR LIRE LA SUITE

Ce mauvais diagnostic posé par la France sur le « tsunami » de cocaïne qui déferle sur l’Europe

La France et l’Union européenne doivent faire face à un vaste trafic transcontinental de cocaïne livrée par tonnes et qui rapporte des milliards aux trafiquants et aux réseaux.

Expertise collective, complexe appareil de renseignement : un grand État peut-il se tromper de guerre ? Ô combien. Exemple énorme, la « guerre à la drogue » lancée en juin 1971 par Richard Nixon, qui crée en 1973 la DEA Drug Enforcement Administration, outil fédéral spécifique. Or cette « guerre » ne cible que le plus visible : le cannabis (des hippies) et l’héroïne (drogue des Noirs et des vétérans-toxicomanes rentrés du Vietnam). La cocaïne ? La Maison blanche et de DEA la négligent, quoique Pablo Escobar & co. lancent alors sur l’Amérique du Nord un tsu­nami de « chlor­hydrate de cocaïne » (nom savant de la drogue) puis de crack (proto-cocaïne à fumer). Was­hington corrige la colossale bévue en 1984 : à Miami, un jury fédéral inculpe Pablo Es­co­bar et les chefs d’un cartel de Medellin actif mais impuni depuis dix ans. Trop tard : les États-Unis absorbent alors 400 tonnes de « coke » par an, les guerres de gangs (pour contrô­ler le gâ­teau) font 15 morts par jour (surtout, Noirs) et les cartels ont créé dans toute l’Amérique du Nord un maillage de distribution des drogues, toujours actif en 2021.

50 ans plus tard, l’Union européenne et la France font-t-elles la même bourde ? C’est hélas pos­sible car le gouvernement français cible par électoralisme ces petits dealers de cités dont le négoce reste le cannabis. M. Darmanin et ses troupes mul­tiplient ces futiles opérations coup-de poing où l’on saisit quelques kilos d’un haschisch fumé, en France, à raison d’une tonne par jour ; et capture des sous-fifres libérés à l’instant par la justice de M. Dupond-Mo­retti. Ce, quand sévit un colosse criminel, toujours plus riche et puissant. Démonstration.

D’abord, les données du problème cocaïne pour la France et l’Europe ; les chiffres ci-après étant tout sauf hyperboliques, plutôt au bas de la fourchette :

• Comparée aux autres stupéfiants, la cocaïne est une machine à fric inégalée. Livrée en gros en France, pure à ± 80%, les grossistes la payent en moyenne ± 32 000 €/kilo (32 millions d’€ la tonne). Puis la cocaïne est coupée (la tonne pure devient 1,5 t.) ; le prix, niveau demi-gros­siste, passe à ± 45 000 €/kilo. Enfin, la vente de rue se fait vers 70€ le gramme, 40€ le 1/2 g.

• Bien sûr, cette « accumulation primitive du capital  » enrichit surtout le haut de la pyramide crimi­nelle, caïds et cadres des gangs. Exemple : ce caïd achète, pour sa clientèle régionale, 500 kg de cocaïne en gros puis la revend à des patrons de « fours » (points de deal) au prix du kilo coupé. Pour cette seule transaction, il gagne ± 6,5 millions d’euros. Moins ses frais : entretien du gang, logistique, avocats, corruptions diverses, train de vie… Bénéfice net de la seule opé­ration (sans encombres policiers ou douaniers) : 6 millions d’€.

• Combien de cocaïne ainsi livrée en France, à bon port ? Les experts d’Anvers et Rotterdam, ports d’où la « coke » inonde l’Europe, disent en saisir 10%. La douane française étant perfor­mante, accordons-leur le (généreux) taux de saisie de 25%. 1/4 saisi, 3/4 livrés aux nar­cos. Donc : 13 tonnes saisies par nos douanes en 2020, ± 40 t. livrées aux semi-grossistes. Là, le profit annuel du haut de la pyramide (de gros à demi-gros) est à ce seul niveau de ± 520 mil­lions d’€. Voyons maintenant les profits cascadant du haut en bas du circuit de vente, du kilo en gros (± 32 000 euros) au 1/2 gramme en boîte de nuit (40 €) : ce profit total du né­goce de la cocaïne en France (métropole) approche le milliard et demi d’€. Profit total annuel, souli­gnons-le, renouvelé chaque douze mois.

• Niveau Union européenne (et ses ± 4 millions de cocaïnomanes) le problème est pire. D’abord, malgré tout l’activisme de Washington et les serments de régimes locaux corrompus ou impuissants, le cône nord de l’Amérique latine produit toujours plus de cocaïne ; le marché N°1 mondial des cartels, de la Colombie au Mexique, étant désormais l’Europe.

• Exemple, le port d’Anvers (Belgique) : 120 km(Paris intra-muros : 105 km2), 64 000 salariés directs (alentours, 80 000 autres vivent du port), 7,5 millions de conteneurs traités en 2020. 66 t. de cocaïne saisies en 2020 (sans doute 100 t. à Anvers, fin 2021). Rappel : en 2010, ± 50 t. de co­caïne étaient saisies pour toute l’Union européenne. Combien de dockers, grutiers, doua­niers, employés et fonctionnaires de la fourmilière d’An­vers, prêts à gagner 10 000€ à détour­ner les yeux ou prêter un badge d’accès ? 100 000€ pour une grosse « extraction » de drogue ? Pire à Rotterdam, inquiétant pour des ports fran­çais, Le Havre en tête.

Ce, quand une chaîne logistique mondiale toujours plus automatisée et accélérée complique le travail des douanes ; la police étant toujours plus confrontée aux guerres de gangs visant au contrôle d’une telle mine d’or : fusillades, attentats à la bombe, jets de grenades, règlements de comptes, enlèvements, tortures, etc.

Là est le pire danger, pour l’Europe et la France : des caïds riches à milliards (les principaux opèrent depuis le Maghreb, le Golfe, l’Andalousie, etc.), pouvant corrompre des élus et fonc­tionnaires ; stipendier des pirates informatiques pour manipuler les structures portuaires ; in­filtrer l’économie légale, l’immobilier etc., pour y recycler et blanchir leurs profits – et acquérir plus de puissance encore.

Tel est le défi lancé à la France et l’Union européenne, par le macro-trafic transcontinental d’une cocaïne livrée par tonnes et rapportant des milliards. Un second article exposera le pro­blème des micro-trafics en France même : « crack » au nord-est de Paris, guerres de la « coke » dans des ports français.

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La consommation de drogues des 18-24 ans ?

La consommation de drogues des 18-24 ans ? Métro, boulot, bédo …Enquête sur la place du cannabis dans la vie quotidienne des jeunes.

L’usage de drogue est aujourd’hui une réalité pour plusieurs millions de jeunes Français. C’est ce que confirme l’étude* confiée par High Society à l’Ifop, qui a interrogé mi-novembre, 1 205 jeunes âgés de 15 à 24 ans sur leur consommation et leurs habitudes.

Il ressort notamment une réelle banalisation du cannabis dans cette génération : 47% des personnes interrogées en ont déjà fumé au moins une fois, soit plus de 3,5 millions de jeunes concernés ces dernières années. Largement utilisé à titre festif, le cannabis accompagne également certains consommateurs dans divers moments de la vie quotidienne, au travail, en cours, au volant ou encore avant une relation sexuelle.

S’ils disent avant tout rechercher un effet décontractant, les jeunes subissent aussi les effets nocifs des drogues : plus de la moitié des consommateurs ont déjà déploré d’en avoir pris et plus d’une jeune femme sur trois a regretté d’avoir eu un rapport sexuel après avoir usé de stupéfiants.

Face à cette hausse de la consommation, les campagnes de prévention et de sensibilisation se succèdent. Si elles ne convainquent pas l’ensemble des consommateurs, elles obtiennent toutefois des résultats concrets pour une partie d’entre eux : 29% des jeunes interrogés indiquent avoir stoppé ou diminué leur consommation après avoir eu connaissance de campagnes de cette nature.

Enfin, et à rebours de récentes études montrant que près d’un Français sur deux serait favorable à la légalisation du cannabis (notamment celle menée par l’Observatoire des drogues et toxicomanies -OFDT – fin 2018), les 15-24 ans sont seulement 35% à souhaiter que le prochain président de la République s’engage dans cette voie, y compris parmi les sympathisants de partis politiques favorables à une telle légalisation.

Cannabis : presque deux fois plus de jeunes concernés en 20 ans

Le cannabis arrive très largement en tête des stupéfiants consommés régulièrement ou pas par les jeunes âgés de 15 à 24 ans. La proportion de celles et ceux qui en ont déjà consommé a considérablement augmenté en 20 ans.

  • 47% des jeunes interrogés par l’Ifop ont déjà consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie (ils étaient 25% en 2001)
  • Les jeunes femmes sont plus nombreuses (50%) à avoir déjà consommé du cannabis que les jeunes hommes (44%)
  • 5% des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont déjà pris quelques fois ou plusieurs fois de la cocaïne, du LSD, de l’héroïne ou de l’ecstasy.
  • Plus d’un jeune sur 10 (11%) a déjà inhalé du protoxyde d’azote, autrement appelé gaz hilarant

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