Rapport de l’ONU : explosion de la production mondiale de cocaïne

La production mondiale de cocaïne continue d’exploser ces dernières années. Selon un rapport de l’ONU, la production mondiale a atteint un nouveau plus haut historique avec près de 2.000 tonnes en 2017, soit 25% de plus que l’année 2016, qui était déjà un record.

L’extension des zones de culture en Colombie, favorisée par la fin du conflit avec les FARC, explique notamment cette forte hausse de la production.

L’autre tendance concerne la drogue illicite la plus consommée en Europe, le cannabis. ce dernier est de plus en plus puissant, avec une teneur en THC avoisinant souvent les 25%.

« La résine de cannabis, nous explique le Centre européen des Drogues et des Addictionsa considérablement évolué dans toute l’Europe, donnant lieu à un produit plus puissant, susceptible de poser un risque accru de dépendance et de problèmes de santé mentale pour les utilisateurs. Nous constatons que le cannabis est la drogue illicite la plus utilisée en Europe, il y a 1% d’utilisateurs quotidiens, donc c’est vraiment important. »

Au total, plus de 270 millions de personnes dans le monde consomment des drogues illégales chaque année, le cannabis étant loin devant avec 188 millions d’adeptes, selon l’ONUDC.

Les opioïdes affectent 53,4 millions de consommateurs.

Source

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Cannabis, cocaïne, ecstasy: les Français consomment-ils plus que leurs voisins européens?

Deux personnes fumant du cannabis. (Illustration)

Dr Laurent Karila : « On ne fait pas assez de prévention sur les méfaits de la cocaïne »

Le Dr Laurent Karila.

Le Dr Laurent Karila. / SOS ADDICTION

La Croix : Quels sont les effets de la cocaïne sur l’organisme ?

L. K. : C’est une drogue stimulante qui entraîne un phénomène d’euphorie, de bien-être, de toute puissance. Vos pensées vont vite, très vite… C’est d’ailleurs ce qui fait que les consommateurs y reviennent. Voilà pour le premier effet. Vient ensuite la « descente » : une grosse demi-heure après la prise, le consommateur devient soudain très fatigué, triste, irritable. Il se met à fonctionner au ralenti. La tentation, du coup, c’est de reprendre un trait.

Certains disent pouvoir « gérer » leur consommation, sans être dépendant. Qu’en est-il ?

L. K. : Parmi les drogues les plus addictives, on trouve d’abord le tabac, l’héroïne, puis la cocaïne et enfin l’alcool. La cocaïne a donc, c’est indéniable, un potentiel psychoactif moins fort que le tabac ou l’héroïne en termes d’addiction, mais elle arrive quand même juste derrière ! On ne peut donc pas dire qu’elle ne rend pas dépendant. Après, cela n’a pas vraiment de sens de parler en soi du potentiel d’accroche d’un produit, il diffère tellement entre deux personnes.

Nous ne sommes donc pas égaux face au risque de dépendance…

L. K. : Non, l’impact de la cocaïne sur le cerveau n’a rien à voir d’un individu à l’autre. En fait, l’installation de l’addiction dépend de divers paramètres. Ils sont d’abord d’ordre psychologique : certains individus présentent une tendance plus marquée que d’autres à la dépression, aux troubles anxieux… Viennent ensuite les facteurs environnementaux : le stress au quotidien, le cadre dans lequel on a consommé la première, le fait d’être entouré ou non de consommateurs. Reste enfin, le terrain génétique, important lui aussi.

Croire qu’on saura « gérer » sa consommation de cocaïne au motif que d’autres y arrivent est donc infondé ?

L. K. : Absolument. Je ne crois pas à la consommation « contrôlée ». Le plus souvent, la dépendance s’installe sournoisement. Au bout d’un an ou deux de consommation, des troubles cognitifs apparaissent : troubles de la mémoire, de l’attention. Mais c’est surtout une drogue très cardiotoxique. Elle est vasoconstrictrice et le risque, au moment d’une prise, c’est qu’une artère se trouve serrée trop fort et qu’une partie de l’organisme ne soit plus irriguée.

Une étude a récemment montré que, après un trait, un cocaïnomane a un risque 24 fois plus élevé que la moyenne de faire un infarctus dans l’heure qui suit. Et ce, qu’il s’agisse du millième trait ou du tout premier, c’est totalement aléatoire.

À quelle condition un sevrage peut-il réussir ?

L. K. : Le sevrage, qui est la première étape du soin, dure environ trois semaines. Concernant la cocaïne, les symptômes de manque physiques s’atténuent rapidement. Ce qui fait rechuter, c’est l’envie psychologique de consommer. Et cette envie peut être stimulée par différents signaux : le fait d’en voir à la télé, de réentendre une musique qui évoque une période de consommation ou, tout simplement, le fait d’être confronté aux objets utilisés lors des prises. Je me souviens d’un patient qui pilait sa cocaïne avec son titre de transport en commun et le plus compliqué pour lui, c’était de l’utiliser au quotidien sans que cela déclenche l’envie de consommer.

Vos patients arrivent-ils à vraiment décrocher ?

L. K. : Il n’y a pas de règles. Pour que ça marche, il faut qu’ils soient motivés et qu’un bilan médical poussé – physique et psychologique – ait été mené pour savoir sur quels paramètres jouer. On couple ensuite les traitements médicamenteux avec une psychothérapie comportementale. Tout l’enjeu est d’aider les patients à réagir autrement à leurs envies, à éviter les situations à risques. Le plus dur, c’est de garder la volonté d’arrêter.

Alerte-t-on assez, selon vous, sur les méfaits de cette drogue ?

L. K. : Clairement pas ! Les autorités insistent avant tout sur ceux du tabac et de l’alcool et elles ont raison puisqu’ils font, à eux deux, 130 000 victimes par an. On parle de plus en plus du cannabis, mais on fait trop peu sur la cocaïne. À tort, car c’est vraiment en train de devenir une drogue problématique.

Recueilli par Marie Boëton

Drogues : la cocaïne et le protoxyde d’azote de plus en plus répandus

Selon un rapport de l’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) publié jeudi 20 décembre, la consommation de cocaïne et de protoxyde d’azote est en augmentation en France.

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Selon l’étude « Tendances récentes et nouvelles drogues » de l’OFDT, on comptait 1,6% d’usagers de cocaïne parmi les 18-64 ans en 2017, contre 1,1% en 2014. Le protoxyde d’azote ou gaz hilarant, qui peut se trouver dans n’importe quel supermarché, est de plus en plus utilisé dans les soirées étudiantes.

Jean-Pierre Couteron, porte-parole de la Fédération Addiction, a répondu aux questions du Magazine de la santé.

  • Comment expliquer l’augmentation de la consommation de la cocaïne ?

Jean-Pierre Couteron, Fédération Addiction : « Ce que l’OFDT a noté, c’est que la cocaïne quitte son milieu traditionnel, elle est en train de gagner les classes moyennes notamment parce que l’offre a changé. Le produit est un peu moins cher, on l’a rendu plus accessible, on peut se le faire livrer à domicile… On a aussi « amélioré » la qualité du produit, la cocaïne est davantage dosée, elle est plus pure. La cocaïne devient plus « fréquentable » et donc le marché s’est élargi. »

  • Quels sont les effets de la cocaïne sur l’organisme ?

Jean-Pierre Couteron : « Il y a des risques cardiaques, des effets de perte de contrôle avec tout ce qui s’ensuit : on prend moins soin de soi, on tire sur la machine… Il y a aussi des effets sociaux et psychiques. Or comme la cocaïne est de plus en plus « pure », plus dosée, tous ces effets sont augmentés. »

  • Des produits que l’on trouvait avant uniquement dans certains milieux festifs se diffusent de plus en plus. De quels produits s’agit-il ?

Jean-Pierre Couteron : « Essentiellement deux types de produits : le GBL-GHB, c’est-à-dire la drogue du violeur et le poppers, qui est un vieux produit qui disparaît et réapparaît. Le poppers a été remis en vente libre et les industriels ont changé le marketing avec des présentations plus amusantes, des petits slogans plus incitatifs. Il y a aussi une diffusion importante de l’ecstasy, de la MDMA, de la kétamine… Le mouvement général décrit par l’OFDT, c’est qu’auparavant ces produits étaient cantonnés à des « sous-groupes » festifs (chemsex, free parties, clubbers…)… et maintenant ils se diffusent dans d’autres milieux. Il va donc falloir changer les pratiques de prévention des risques. »

  • Le protoxyde d’azote, ou gaz hilarant, est aussi de plus en plus utilisé…

Jean-Pierre Couteron : « Le vrai risque, c’est que ce produit réapparaît chez un public qui n’a pas la notion du danger de ce produit. C’est un produit banal que vous pouvez acheter dans le commerce puisqu’il est présent par exemple dans les siphons à crème chantilly. Or il y a eu des cas d’accidents et de décès. Dans certaines régions, comme dans le nord de la France, cela devient un produit de grande consommation. Il va falloir réagir en terme de réduction des risques et d’information ! »

Source France info

Facebook combat (enfin) la vente de drogue sur son réseau social

Une crise majeure aux USA

Facebook a pris très au sérieux la vente de stupéfiants qui était facilitée par son réseau social depuis quelques années. Plusieurs mesures ont été mises en place à la suite d’un rapport du CDC qui rapporte que 30 000 Américains sont morts d’une overdose de substances opioïdes.

Facebook et drogue.jpg© iStock / maselkoo99

Pour lutter contre la vente de drogues sur son réseau social, Facebook a banni de sa recherche de nombreux termes relatifs à ces substances illicites. Sont notamment concernés les noms de nombreuses drogues opioïdes, très addictives. Il s’agit d’un changement qui arrive quelques heures après la publication d’un rapport par le CDC (Centre de contrôle des maladies et de la prévention aux USA) selon lequel 30 000 Américains sont morts en 2017 suite à une overdose d’opioïde, soit 50 % de plus qu’en 2016.

Il s’avère que Facebook est devenu au fil du temps une véritable place de marché pour vendeurs et acheteurs de drogues, où sont organisées rencontres et transactions. Avec la mise en place de ce filtrage, Facebook espère pouvoir contrer ce phénomène. À noter qu’il ne s’applique qu’aux pages et non pas aux profils. On peut donc trouver des utilisateurs qui contournent le changement opéré par Facebook en modifiant le nom de leur profil, avec celui d’une drogue en particulier. Facebook va donc devoir encore travailler sur son outil pour le rendre plus efficace.

L’idée est aussi de se servir de ce système pour faire de la prévention. Ainsi, aux États-Unis, si vous tapez « acheter Xanax », un seul résultat s’affiche et présente la mention « Besoin d’aide ? Si vous ou une personne que vous connaissez lutte contre une substance opioïde, nous souhaitons aider en offrant confidentiellement un traitement, en plus d’informations sur la prévention. » Le message est suivi d’un lien vers le site gouvernemental d’aide contre l’addiction aux drogues.

capture d'écran message drogue.jpg© TechCrunch

Facebook travaille dessus depuis plusieurs mois

Précisons que cette volonté de Facebook de mettre un terme à la vente de stupéfiants ne date pas d’hier. En novembre 2017, Mark Zuckerberg s’étonnait d’apprendre que son réseau social était le théâtre d’un gigantesque réseau de vente de drogues. Cinq mois plus tard, en avril, le PDG de Facebook était entendu au Capitole pour répondre aux questions de personnalités politiques, suite au scandale Cambridge Analytica.

L’homme politique David McKinley avait alors demandé à Mark Zuckerberg : « Votre plateforme est utilisée pour acheter des drogues très addictives sans prescription. Avec le respect que je vous dois, Facebook permet ce genre de pratique, par conséquent vous faites du mal aux gens. Êtes-vous d’accord avec ces propos ? » Le PDG n’avait alors pas répondu directement à la question en se justifiant : « Il y a de nombreux secteurs de contenus où nous devons faire un meilleur travail pour faire respecter nos règles. »

En juin, Facebook annonçait travailler sur de nombreuses restrictions en matière de drogue. Il avait notamment annoncé qu’un lien vers un site d’aide contre l’addiction à la drogue serait mis en place. L’objectif était clairement de montrer que le réseau social ne fermait pas les yeux devant certaines dérives de sa plateforme. À voir si ces nouvelles dispositions seront, à terme, déployées sur d’autres versions que la seule mouture américaine de Facebook.

Quelles drogues consomme-t-on le plus dans le monde?

Publié le vendredi 17 août 2018 

Plusieurs emballages de plastique contenant du fentanyl sont présentés sur une table en bois après avoir été saisis par les autorités.

Plusieurs paquets de fentanyl saisis à l’aéroport international O’Hare de Chicago en novembre 2017 Photo : Reuters/Joshua Lott

Enquête sur les nouvelles drogues de synthèse

Citation

Disponibles en un clic, les NPS profitent d’une faille juridique pour se répandre comme une traînée de poudre.

Quand Jean-Louis* a ses envies de « paradis artificiels », il ne passe plus par des contacts douteux, des dealers véreux et s’exonère des virées glauques dans les quartiers peu fréquentables. Calé dans son canapé, son ordinateur portable sur les genoux, il achète ses drogues préférées sur… Internet. Dix minutes plus tard, la commande est enregistrée. Il a même eu droit à une offre de réduction spéciale été. « Tout se fait en ligne, c’est rapide et facile, explique-t-il. Et il n’y a plus qu’à se faire livrer. »

Ecoutez Geoffrey Bonnefoy et Victor Garcia nous parler de leur enquête autour des nouveaux produits de synthèse, ces drogues 2.0  Cliquez ici

Quatre jours plus tard, ses achats arrivent par courrier, sous pli discret. A l’intérieur, pas de cocaïne ni de cannabis, qui tomberaient sous le coup de la loi sur l’usage de stupéfiants (un an d’emprisonnement et 3 750 euros d’amende), mais des dérivés synthétiques aux noms barbares : ETH-LAD, 2C-D, 5F-AKB48, 3-FPM, etc. Certains imitent les effets de l’herbe en les démultipliant, d’autres sont des hallucinogènes dérivés du LSD ou de la mescaline, ou encore des stimulants aux effets se situant entre la cocaïne et la MDMA. « J’aime aussi le 2C-E, de la même famille que le 2C-D, et le 6-APB, un psychédélique », ajoute Jean-Louis, comme s’il se trouvait devant une boîte garnie de chocolats.

Une pléiade de moyens de paiement  ….Lire la suite