Lettre du CNPERT N° 45

cliquez ici pour télécharger

la lettre du CNPERT N° 45

  • Editorial du docteur Patrick MURA, paru dans la revue Toxicologie Analytique & Clinique
  • Quelles motivations animent les militants de la légalisation du cannabis ? Professeur Jean Costentin
  • A propos d’un livre « La brimade des stupéfiants » de Johann Hari
  • Rapport européen 2016 sur l’usage des drogues à 16 ans. Les données françaises, (septembre 2016) Pr. Jean-Pierre Goullé
  • Comment « l’Obs » apporte sa pierre à la légalisation du cannabis en France Pr Jean Costentin
  • DU NOUVEAU EN MATIÈRE DE SÉCURITÉ ROUTIÈRE (J.O. du 26 août 2016)
Publicités

Editorial: Les méfaits du cannabis ne sont pas encore suffisamment connus !!!

Pourquoi la prohibition de l’usage du cannabis ne fonctionne pas

Pr. J. Costentin

Président du Centre National de Prévention d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (CNPERT)

Pourquoi donc la prohibition

Ne remplit-elle pas sa fonction ?

Veuillez remarquer tout d’abord

Que ceux-là même qui le déplorent

Se trouvent parmi les tous premiers

à avoir ruiné ses effets

 

Arguant que la prohibition de l’usage du cannabis ne fonctionne pas en France, le secrétaire d’Etat aux relations avec le parlement, J.-M. Leguen, relativisant ses méfaits sanitaires (ce qui est malencontreux s’agissant d’un médecin), prône la légalisation de cette drogue. En politicien roué il assortit évidemment sa proposition de quelques précautions d’usage pour enfumer le citoyen réprobateur, « le bigot de la prohibition » selon ses termes. C’est à sa déclaration qu’un tel bigot répond ici.

On peut constater avec lui que la prohibition du cannabis, instaurée par la loi de 1970, n’a pas empêché les français de devenir, parmi les 28 états membres de l’Union européenne, les recordmans de consommation de cette drogue. Mais ensuite l’analyse des « bigots de la prohibition » s’oppose à la sienne. Ils estiment qu’avant d’envisager de renoncer à cette prohibition il est urgent de déterminer pourquoi, et par la faute de qui, cette prohibition ne fonctionne pas ; on saura alors ce qu’il faut faire pour quelle fonctionne.

Remarquons tout d’abord qu’en matière de toxicomanies, outre le cannabis, les français entretiennent des rapports singuliers avec les drogues, battant d’autres records de consommation ; ainsi pour le tabac (13 millions de fumeurs) et pour l’alcool (4 à 5 millions d’alcoolo-dépendants ; deux drogues dont le statut licite n’a pas empêché ces records. Records aussi pour le détournement des produits de substitution aux opiacés (codéine, Subutex, méthadone…), pour l’héroïne (250.000 morphino-dépendants), pour l’usage / l’abus des hypnotiques, ou encore des benzodiazépines….Cette propension nationale aux abus justifie les contraintes visant à les contenir.

La loi de prohibition du cannabis est largement méconnue des adolescents. Elle l’est aussi de leurs parents, hormis après qu’ils soient allés chercher au commissariat leur rejeton, pris en flagrant délit de consommation, d’achat ou de vente d’herbe (marijuana) ou de résine (haschisch) de cannabis.

Cette loi est méconnue des adolescents parce qu’elle n’est pas enseignée (excepté lors des rares interventions de la gendarmerie dans les collèges et lycées) ; qu’elle n’est pas rappelée par les médias qui majoritairement (dans le sillage entre autres de « Libération » qui en 1976 lança « l’appel du 18 joints » ou du « Monde ») militent impudemment, impunément et imprudemment pour le cannabis pour tous.

Cette loi est incomprise, à défaut d’être expliquée et plus encore justifiée à partir des considérations sanitaires qui devraient prévaloir ; expliquant pourquoi le cannabis est délétère tant pour la santé physique que psychique ; ces aspects sur lesquels on a désormais tant à dire. A défaut de cet argumentaire la loi apparait tel un oukase de « papys grognons », conçu pour « emmerbéter les mômes ». On voit croître le nombre des parents qui l’ignorent, qui y contreviennent eux-mêmes et qui se mettent ainsi hors-jeu pour en faire la pédagogie.

Les enseignants, qui voient leurs efforts ruinés au quotidien par l’intrusion du cannabis dans le cerveau des élèves et les catastrophes éducatives corrélatives, ne sont pasformés pour en parler.

Dans mes actions pour mettre en garde vis-à-vis du cannabis et décrire ses méfaits, je me suis heurté à la bastille imprenable de l’Institut universitaire de formation des maitres (IUFM) de mon académie. Cette

obstruction à la formation sur ce thème des formateurs de nos jeunes parait délibérée. A aucun moment on ne s’enquiert de la consommation éventuelle de drogues de ces apprentis éducateurs.

Instituer au cours d’une visite médicale de recrutement, la recherche de drogues dans l’urine des candidats éclairerait sur ce point. « Vous n’y pensez pas », fut-il répondu à ma suggestion, comme si elle était totalement incongrue. Pourtant,-il semble évident de ne pas confier à des toxicomanes le soin d’enseigner à nos jeunes et de leur parler des drogues et des toxicomanies.

Ce n’est que depuis peu que les parents prennent conscience de l’envahissement de notre société et de la menace de contamination de leurs enfants par le cannabis, au pays qui compte quelques cent mille dealers de cannabis, que ne les a-t-on prévenus beaucoup plus tôt ?

Nos jeunes sont très régulièrement destinataires de messages biaisés, fallacieux, dont certains émanent même de membres du gouvernement ou des assemblées : L. Jospin dans la campagne présidentielle d’il y a 16 ans ; récemment de membres du gouvernement : C. Duflot, V. Peillon, J.-M. Baylet, J.-M. Leguen ; un ancien ministre de l’intérieur D. Vaillant ; Le groupe Europe Ecologie les Verts du Sénat déposant un projet de loi visant à la légalisation du cannabis, (E. Benbassa), ou à l’assemblée nationale d’une députée (Y. Le dain). On est donc aux antipodes d’une dissuasion systématique….

La mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies (MILDT) ; a eu pour directrice N. Maestracci, puis pour directeur D. Jayle, qui se démasquèrent prolégalisateurs. Ils mobilisèrent pour banaliser cette drogue quelque supplétifs obligés (B. Roques et son fallacieux rapport, J.-P. Tassin, W. Lowenstein…..).

Ces directions de la MILDT ont même poussé leur activisme jusqu‘à entraver l’action des préventeurs (dont j’étais) qui intervenaient bénévolement, dans les lycées et collèges, pour décrire les méfaits du cannabis. Leur opposition à nos actions nous a fait revisiter leur acronyme, devenu Mission Interministérielle de Lutte contre les Détracteurs des Toxicomanies.

Quand, à un prix exorbitant, la MILDT, dirigée alors par E. Apaire, faisait passer un clip de quelques dizaines de secondes fustigeant la drogue, clip abscons pour les esprits embrumés de cannabis, il se trouvait, dans les jours suivants, une chaîne de TV pour présenter une émission interminable qui entonnait un hymne au cannabis, sans faire allusion au moindre de ses méfaits.

Qui peut, dans un tel contexte, s’étonner que la prohibition ne fonctionne pas. C’est le contraire qui étonnerait. La pandémie cannabique, en France, est le résultat de manipulations  délibérées, entretenues, périodiquement ranimées ; la déclaration de J.-M. Le Guen en étant le plus récent avatar.

Cette situation n’est pas irréversible, si l’on veut bien se référer à l’exemple Suédois, curieusement très peu cité et partant ignoré. Il devrait pourtant inspirer, de toute urgence, nos politiques publiques. Dans les années 1970 le cannabis (pourtant bien moins riche en THC que celui qui circule actuellement) coulait à flot sur la jeunesse Suédoise. Il a été montré alors (S. Andreasson, 1983) ses relations avec la survenue de la schizophrénie. La réponse fut l’adoption d’une loi proche de la loi française, mais que la Suède, elle, a fait respecter, l’accompagnant d’une pédagogie qui, de la maternelle jusqu’à l’université, comporte une quarantaine d’heures d’enseignement, d’entretiens dirigés, de débats, sur les méfaits des drogues.

Aujourd’hui la Suède peut s’enorgueillir de compter (en proportion bien sûr) dix fois moins de toxicomanes que la moyenne européenne. « Où il y a une volonté il y a un chemin » (en l’occurrence les résultats suédois), mais où prévalent la méconnaissance, la négligence, l’indifférence, les biais, l’enfumage, la complaisance, on aboutit au calamiteux record français.

Les raisons invoquées par les jeunes qui ne consomment pas de cannabis tiennent pour 60% d’entre eux à la toxicité de cette drogue et pour 40% à l’interdiction du produit. Autoriser cette drogue, fera croire à ces premiers que ce n’est pas toxique et lèvera l’interdit qui retenait les autres.

N’en déplaise à M. Menucci (député Marseillais), les vingt malfrats qui tombent annuellement, sous les balles de kalachnikov tirées par leurs concurrents sur le marché de la drogue, pèsent bien peu comparés aux dizaines de milliers de victimes du cannabis (accidents routiers et professionnels, suicides, surdoses, toxicité cardio-vasculaire, cancers, rixes….) et toutes les situations de déchéance sociale qu’il recrute. Voilà encore un exemple typique d’argument fallacieux mais récurrent.

Le cannabis n’obscurcit pas seulement l’esprit de ses consommateurs, il atteint aussi gravement celui des bigots de sa légalisation. Ne nous y trompons pas, ceux qui aujourd’hui requièrent la légalisation du cannabis ont déjà, pour beaucoup d’entre eux, exprimé leur volonté de voir autoriser toutes les drogues. Il est vrai qu’ils ont plébiscité les « salles de shoots » destinées à accueillir les multiples victimes de leurs choix irresponsables.

Réponse à la légalisation du cannabis proposée par J.-M. Le Guen, Acte II

EDITORIAL : Des effets inattendus de la libéralisation/légalisation du cannabis

 

par le Professeur Jean-Pierre GoulléPhoto Goulle

De nombreuses voix s’élèvent pour réclamer la modification du statut d’une drogue illicite dite « douce », le cannabis. Il convient de rappeler à ce propos que ce n’est pas une drogue « douce » mais une drogue à cinétique lente, dont les effets délétères sur la santé se sont considérablement  accrus au cours des 20 dernières années, en raison de la multiplication par un facteur quatre de la teneur moyenne en principe actif dans la drogue, le tétrahydrocannabinol (THC), ce n’est plus la même drogue.

Historiquement, l’une des raisons de ce classement en drogue « douce » – et cela était même enseigné en faculté de médecine – est lié à l’absence de récepteurs du THC (récepteurs CB1) au niveau du centre respiratoire bulbaire, d’où l’absence de risque de décès par surdose, contrairement aux morphiniques, en particulier. De plus, avec le cannabis d’antan, beaucoup plus faiblement dosé en THC, le risque de dépendance était nettement moins important.

Les chiffres récents attestent de cette dépendance accrue, puisqu’en France, les consommateurs de cannabis représentent 44% de tous les patients pris en charge pour addiction parmi les usagers de drogues illicites. Ils représentent même 62,5% des patients admis en traitement pour la première fois (rapport de l’observatoire européen des drogues et toxicomanies : OEDT, juin 2015). Certes, par son nombre moindre d’utilisateurs, en relation avec son caractère illicite, les dégâts qu’il engendre sont moindres que ceux du tabac avec 79000 morts ou de l’alcool avec 49000 décès, mais face à cette hécatombe évitable, parmi les objectifs prioritaires de santé publique figurent le zéro tabac et une réduction drastique de la consommation d’alcool.

Il serait donc criminel et cela engagerait la responsabilité de nos gouvernants de mener une politique qui pourrait être le berceau du développement d’autres addictions, alors que le coût social des drogues licites et illicites est proche de 250 milliards d’euros (le coût social des drogues en France, septembre 2015, observatoire français des drogues et toxicomanies : OFDT, voir cette lettre).

Parmi ceux qui prônent la libéralisation / légalisation, les arguments avancés sont principalement de deux ordres.

  • Pour certains, la France fait fausse route, alors que le pays dispose d’une des législations les plus strictes en matière de drogues illicites, elle caracole en tête des pays consommateurs de cannabis au niveau de l’Union Européenne, ce qui constitue pour eux un aveu de l’échec total de la politique répressive. Il convient cependant de leur faire remarquer qu’en la matière, la loi n’est pas appliquée « car la société n’est pas prête et la justice n’est que le reflet de la société » pour reprendre les propos tenus par un procureur de la république normand.
  • Pour d’autres, la libéralisation / légalisation devrait permettre de « casser » voire de faire disparaître le trafic et de rétablir ainsi la paix dans les cités, pour le plus grand bonheur de ses habitants et de ses dirigeants. De plus, le contrôle de la vente du cannabis taxé par l’état, comme cela est pratiqué dans ces pays, constituerait une manne financière très importante; d’autant qu’elle viendrait en complément des taxes perçues sur le tabac puisque la drogue est mélangée à ce dernier.

Mais c’est sans compter sur le fait que les trafiquants ne sont pas du tout décidés à abandonner un commerce aussi lucratif et finalement aussi peu risqué. Ainsi, dans les pays où de telles mesures de libéralisation / légalisation sont prises, les narcotrafiquants se sont très vite reconvertis dans le trafic de drogues encore plus addictives que le cannabis.

Aux Etats-Unis par exemple, suite à la légalisation du cannabis dans certains états, les cartels de la drogue se sont reconvertis dans le commerce de l’héroïne et ont inondé le marché, doublant rapidement le nombre d’usagers dans le pays.

A un moment où la France cherche non seulement à réduire le coût social des drogues estimé à 120,4 milliards pour le tabac, 120,1 milliards pour l’alcool et 8,7 milliards pour les drogues illicites, mais aussi à protéger la santé de ses concitoyens et surtout à réduire la véritable hécatombe constituée par les 130000 décès annuels évitables liés à ces addictions; le développement du trafic d’autres drogues illicites par le biais de la libéralisation / légalisation du cannabis, constituerait un très mauvais signal et indéniablement une erreur grave de conséquences au plan de la santé publique.

 

 

La légalisation du cannabis gronde en France , par Jean Costentin

Cher(e) Ami(e)

Vos savez que la menace de la légalisation du cannabis, gronde en France.
Pour être armé afin de s’y opposer dans les débats à table, en famille, au travail, en ville, il convient d’être informé.

Je vous adresse, à cette fin, deux articles très récents qui viennent d’être publiés dans le bulletin de l’académie nationale de Médecine, qui est vent debout contre cette folie.

La période estivale caniculaire vous laissera, je l’espère, le temps de  rafraîchir…. vos connaissances sur ce sujet très important.

N’hésitez pas à diffuser ces messages; vous savez que lorsqu’ils échappent à la doxa  libertaire de nos médias, ils gardent sur ces sujets une discrétion de violette sans parfum, ne se faisant tonitruants /truands que pour la légalisation de ce grave poison sociétal ,(relisez Baudelaire ,et ses paradis artificiels)

Bel et bon été cher(e) Ami(e); et au plaisir de renouer à la rentrée, les photopiles rechargées, pour résister.

Cliquez sur : La situation actuelle du cannabis en France

Cliquez sur : Neurobiologie des endocannabinoïdes

CNPERT blog Editorial :   500 ! 12/06/2015

500, c’est le nombre d’articles que nous avons publiés depuis la création du blog . C’est l’occasion de rendre hommage à tous ceux qui ont bien voulu s’investir dans cette tâche, auteurs, chroniqueurs,

Lecteurs assidus de la littérature internationale et bien évidemment au chef d’orchestre qu’est notre fidèle ami Guy Millant .

Le 500e article ne pouvait qu’être exceptionnel .

IL l’est : Jean-Pierre Goullé a accepté que la version originale d’un de ses articles publié dans le Figaro ( 8 Juin 2015) soit proposé à nos lecteurs : lisez le et vous comprendrez pourquoi nous persévérons dans notre cri d’alarme, scientifiquement et médicalement vérifié, vis à vis des dangers des drogues au risque de se répéter mais nécessaire pour être entendu.

La course aux cannabinoïdes prospère et ses conséquences sont dramatiques. De loin la drogue la plus consommée dans notre pays, elle suscite le zèle et l’appétit de ses fournisseurs sans scrupules. « Comment faire mieux ! ». Non seulement la teneur en principe actif a été multipliée par 4 en 20 ans pour augmenter les effets, mais aussi les effets toxique. De plus, on voit apparaître sur le marché des molécules encore plus puissantes, les cannabinoïdes de synthèse. Un dérivé synthétique est 700 fois plus actif que le tétrahydrocannabinol, avec ses effets dévastateurs aussi avec l’émergence de maladies mentales graves voire d’effets secondaires pouvant avoir une conséquence mortelle.

Le stade ultime de l’évolution du toxicomane est l’injection intraveineuse car elle apporte un effet plus rapide, plus intense, probablement plus durable. Là encore, Internet fournit de très nombreuses drogues

L’enjeu est là, économiquement très rentable sans le moindre souci des méfaits sanitaires en particulier chez les plus jeunes .

Ce message est loin d’être entendu, de nouvelles mises en garde sont nécessaires et nous nous y emploierons.

Jean-Paul Tillement

Editorial : Serge Lebigot  « Salles de shoot, ce qu’ils refusent de vous dire »

Association parents contre la drogue,

Nos lecteurs connaissent bien cet auteur grand pourfendeur des cannabinophiles et autres amateurs de drogues. Nous lui ouvrons souvent nos colonnes car il mène une lutte sans répit, courageuse et audacieuse contre les zélateurs des drogues, la permissivité des autorités responsables et la prolifération sans frein des nouvelles molécules toxicomanogènes de synthèse.Il a aussi un rôle de conseiller orientant les toxicomanes vers des centres de désintoxication et prévenant les hésitants des dangers encourus.

L’ouverture possible et incompréhensible de « salles de shoot » ne pouvait que l’amener à réagir, c’est le but de ce livre (151 pages, 16 euros). Etape ultime et souvent irréversible de l’évolution non contrôlée d’une toxicomanie, le recours à l’injection intraveineuse de solutions de substances non identifiées, partiellement purifiées, mal solubilisées et de surcroit non stérilisées ne peut qu’aboutir à des désastres. Ils sont bien connus, régulièrement rapportés dans nos colonnes et pourtant ils sont le plus souvent sous estimés voire niés dans des articles pseudo-scientifiques où l’idéologie  ne laisse aucune place à la rigueur médicale.

Cet ouvrage retrace l’histoire de ces salles, les premiers essais et leurs échecs camouflés, la création de ces centres en lieu et place de véritables structures de soins dont l’efficacité n’est pas contestable, la démission récente des autorités sanitaires  et le désastre programmé qui en résulterait.

Ce livre apporte une mine de renseignements et est un plaidoyer convaincant contre l’ouverture de ces salles. Il a reçu le soutien de deux experts internationaux et de nombreux collègues nationaux.

Initiative intéressante et inédite, il analyse objectivement les « expériences » d’autres pays, l’absence de bénéfices mesurables que l’on y constate et même parfois l’arrêt discret mais progressif de ces activités.

Toute personne confrontée à l’éventualité de l’ouverture d’une de ces salles devrait avoir lu ou devrait  lire ce livre. Elle en tirera les arguments qui  s’imposent, de bon sens et d’économie. C’est donc bien volontiers que je recommande la lecture de ce livre.

 Jean-Paul Tillement

 

Un livre sur les salles de shoot

Le publiciste et politologue français Raymond Aron avait l’habitude de se présenter en « spectateur engagé ». Pour ma part, c’est en « acteur engagé » que je m’adresse à vous…
Au lieu de trouver des solutions originales pour améliorer la vie quotidienne des français Mme Touraine, Ministre de la santé nous balance encore la recette mille fois cent fois éculée des salles de shoot. A titre expérimental, on croit rêver ! Malgré tous les avis compétents et sensés elle a choisi de persister et de signer. N’y a-t-il pas mieux à faire ?

Si les drogués posent un problème social qu’on ne peut pas nier, ce sont avant tout des malades qu’il faut soigner. La drogue est un fléau. Il faut aider et soigner les malheureux drogués. On ne soigne pas la drogue par la drogue. Est-ce qu’on soigne un alcoolique par l’alcool ? Est-ce qu’il viendrait à l’idée d’un médecin de traiter le diabète par des injections de sucre ? Il y a là un manque de bon sens, de la part d’un ministre coupé des réalités. Il faut guérir les toxicomanes et non entretenir leurs rêves mortels. Car la drogue tue, il n’y a pas de drogue douce. Ceux qui veulent les dépénaliser ne sont pas médecins, ou ont oublié qu’ils l’étaient. Les salles de shoot sont une imbécillité médicale, à laquelle seuls les politiques et les associations du lobby pro-drogues peuvent adhérer.

Les salles de shoot sont un écran de fumée. La vie humaine n’a pas de prix On n’expérimente pas sur des êtres humains, des malades, car les drogués, il faut le répéter, sont avant tout des malades qu’il faut soigner et non prendre comme sujets d’expérience.

La Suède, avait autrefois de salles de shoot, elle les a fermées, au profit d’une politique qui aboutit au nombre de toxicomanes le plus bas d’Europe.

S’accommoder du mal ne l’a jamais transformé en bien. Banaliser les drogues ne les a jamais rendues inoffensives. Le but premier de toute politique de la drogue devrait et doit être de viser l’abstinence. Ce n’est pas parce que le but est un idéal qu’il faut renoncer à cet idéal.

Posez-vous la question : à qui profite cette supercherie ?

Pour rétablir la vérité sur les salles de shoot, j’ai écrit un livre intitulé « Salles de shoot, ce qu’ils refusent de vous dire ».

Pour pouvoir l’éditer Parents contre la drogue a besoin de vous pour ce projet.

Même le plus petit geste est le bienvenu.

Je vous invite donc à en parler autour de vous et inciter les gens à participer même à hauteur de 5 €

http://fr.ulule.com/parents-contreladrogue/

Merci encore pour vos soutiens, vos participations.

Serge Lebigot

Editorial : l’appel de PHARE enfants-parents, la voie de la vie

Cet appel, signé par sa Présidente, Thérèse Hannier, aborde un sujet grave, souvent tabou, celui du suicide, en particulier des jeunes.

Elle en suggère des causes et des solutions. L’usage des drogues qui nous préoccupe plus particulièrement, est souvent associé au suicide, recours inopérant et manifestement impuissant contre la détresse et la solitude. 

L’éducation, le dialogue et la solidarité sont les meilleures préventions  de l’un et de l’autre.

Ce sont aussi nos objectifs, c’est pourquoi nous sommes heureux de relayer cet appel.

 Jean-Paul Tillement

Parler du suicide, oui mais… pour le prévenir !

Par Thérèse HANNIER, Présidente de PHARE Enfants-Parents
Le paradoxe veut que les cas de suicide spectaculaires, comme celui du crash de l’A320 soient surmédiatisés et qu’à l’inverse les campagnes d’informations et de sensibilisation ciblées fassent peur.

Si le suicide du copilote de la Germanwings est avéré, provoquant la mort de 150 personnes, il constitue un acte exceptionnel, qui doit rester exceptionnel !
Au nom des milliers de familles endeuillées par le suicide d’un proche, qui ont pu se sentir blessées par l’utilisation répétée du mot suicide avec cet accident meurtrier, il est important de rappeler la réalité du suicide : deuxième cause de mortalité chez les moins de 24 ans et première cause chez les 25 – 34 ans. En France, le suicide fait près de 10 500 victimes par an, dont près de 1 000 jeunes de moins de 30 ans et 35 de moins de 14 ans !
Aussi tragique que soit cet événement, il ne doit pas laisser penser qu’une personne qui se suicide est forcément atteinte d’une pathologie psychiatrique avérée. Dans la plupart des cas, l’acte suicidaire s’effectue dans la solitude et sous l’influence d’une souffrance poussée à son paroxysme.
La problématique du suicide est extrêmement complexe et suppose la convergence de multiples facteurs (individuels et environnementaux). Le phénomène touche tous les milieux, tous les âges. En l’absence d’études précises sur les suicidés, il est difficile de dégager des traits communs. Mais en toile de fond, et surtout chez les jeunes, émerge une hypersensibilité aux maux de notre société.
Des signes avant-coureurs existent et nécessiteraient qu’ils soient portés à la connaissance de tous. Et c’est là le cœur de la prévention et ce sur quoi travaille PHARE Enfants-Parents. La prévention relève d’une volonté politique mais beaucoup de chemin reste à parcourir pour qu’elle soit réellement mise en oeuvre, tant reste tenace en France le tabou, en particulier en milieu scolaire. En effet, l’idée que la simple évocation du mot suicide puisse inciter au suicide conduit à refuser des actions de prévention. Or, oser aborder la question du suicide avec les jeunes permet de libérer la parole, de reconnaître l’importance du mal-être, d’apporter des informations sur les signes précurseurs et de supprimer les idées fausses.
Prévenir le suicide, c’est avant tout permettre le dialogue dès le second cycle scolaire. C’est apprendre à écouter, à se respecter et à accepter les différences et comprendre que des paroles, des attitudes peuvent avoir un impact négatif ou positif sur l’autre. C’est aussi savoir quoi faire et vers qui se diriger quand on est confronté au mal-être d’un camarade ou d’un membre de son entourage.

Site Internet de Phare

Editorial : légaliser toutes les drogues, le retour des apprentis sorcier ?

Sur le site « La vie des idées », un sociologue, P.Pharo, défend   la permissivité de l’accès aux drogues et donc  leur légalisation. Ce n’est évidemment pas notre avis, nos lecteurs le savent depuis longtemps,  comme ils connaissent  les arguments majeurs qui s’y opposent et que nous développons constamment .

Notre Président, Jean Henri  Costentin  dont on connait la fougue a bondi..sur sa plume à la lecture de ce texte et a proposé  une réponse. Elle n’a pas été acceptée. Mauvaise idée ? Pas si sur. C’est bien  pour cela que nous la publions.

Il  est dommage  qu’il soit difficile, sinon impossible de faire valoir des opinions opposées à celle de la pensée dominante actuelle, omniprésente  dans les media et les réseaux sociaux. C’est  d’autant plus  regrettable qu’une légalisation des drogues serait une catastrophe annoncée et inéluctable. La multiplication exponentielle des nouvelles drogues, leurs  puissances souvent décuplées , leur sophistication, l’organisation industrielle de leurs créations et de leurs circuits de distribution ne laissent aucun doute sur leur impact désastreux en particulier chez les jeunes.

Il y a deux réponses nationales possibles ; La première est l’enseignement dés l’école des méfaits des drogues avec des preuves scientifiques et médicales indiscutables, c’est ce que nous faisons. L’autre réponse est de nous opposer, chaque fois que cela est  accepté, aux affirmations fausses. C’est dans cet esprit que se situe le texte de notre Président.

 Jean-Paul Tillement

—————————————–

Un autre regard (que celui de P. Pharo*)  sur la dépendance aux drogues à l’âge libéral

Professeur Jean Costentin**

Le trait toxicophile

         Chez les mammifères, la survie et la pérennité d’une espèce requierent, en particulier, qu’elle s’abreuve quand elle a soif, qu’elle se sustente quand elle a faim et qu’elle s’adonne à la copulation pour assurer sa reproduction. D’une façon toute Darwinienne, ces fonctions sont garanties par la sensation de plaisir qui émane de leur mise en œuvre. Si toutes les femmes étaient dyspareuniques, l’espèce humaine compterait sans doute beaucoup moins de 7 milliards d’individus. Qui plus est, l’Homme est insatiable. Il s’ingénie non seulement à exalter ces plaisirs élémentaires mais aussi à s’en fabriquer d’autres. « L’Homme est le seul animal qui boit sans avoir soif, mange sans avoir faim et fait l’amour en toutes saisons ». Ses boissons se sont multipliées, ses mets devenus très variés, par les talents de la gastronomie se font de plus en plus agréables à la vue et exquis au palais. Sur les feux de l’amour soufflent, avec sollicitude, les ressources de l’imagination : kamasoutra, lingerie fine, viagra etc… Mais, de même que « les arbres ne montent pas jusqu’au ciel », l’intensité de ces plaisirs plafonne. L’hédonisme humain a une propension naturelle à rechercher des sensations de plaisir plus intenses et plus fréquentes ; il trouve de nouveaux moyens pour les faire naitre  : l’extase mystique, la pamoison artistique, le masochisme (qui transforme l’aversion de la douleur en plaisir) ; la cleptomanie ; la ludomanie ; la laboromanie ; la cybéromanie ; la sexomanie ; les sports extrêmes (escalade, saut à l’élastique…) et puis, et surtout, les toxicomanies, par le recours aux drogues (que par une pusillanimité troublante certains appellent « les substances »). Les drogues d’origine naturelle sont, de longue date, consommées de façon abusive : caféine, alcool, nicotine, tétrahydrocannabinol, cocaïne, cathinone, morphine….. Des drogues de synthèse s’y sont ajoutées au cours du siècle précédent et depuis une dizaine d’années leur nombre explose [1].

Le système de récompense

         Tous ces comportements et le recours à toutes ces drogues, prennent appui sur un système cérébral : le système de récompense, révélé par les travaux de deux chercheurs canadiens Olds et Milner [2 ]. Ces chercheurs implantaient deux électrodes en différents points du cerveau du Rat. L’animal, en appuyant alors sur une pédale, faisait passer un courant électrique entre ces électrodes et activait électriquement les neurones sous-jacents. Pour certaines localisations de ces électrodes, l’animal appuyait sur la pédale d’une façon compulsive, forcenée. Il devait alors éprouver un plaisir tyrannique, puisqu’il appuyait des milliers de fois par heure et ce jusqu’à l’épuisement, « l’overdose ». Il dédaignait toute autre sollicitation, le biberon d’eau pour étancher sa soif, la nourriture pour satisfaire sa faim. Il dédaignait même la jeune et jolie ratte, en œstrus, en position de disponibilité, qui venait s’offrir à lui. Le plaisir, à en mourir ; il faut bien expliquer ainsi ce phénomène, pour justifier un tel comportement.

Des études neurobiologiques ultérieures ont montré que les stimulations électriques  efficaces étaient celles pratiquées à l’aplomb de neurones prenant naissance dans une région postérieure du cerveau, le mésencéphale (et plus précisément l’aire du tegmentum ventral, ou aire de Tsaï). Ces neurones projettent leurs boutons synaptiques sur une petite structure diencéphalique, située à la basse du striatum : le striatum ventral ou noyau accumbens. Ces neurones, afin de dialoguer avec les neurones sur lesquels ils projettent leurs boutons synaptiques, ont pour neuromédiateur la dopamine [3 ]. Toute sensation de plaisir, telle celle suscitée par la stimulation électrique que l’on vient d’évoquer (« autostimulation de récompense »), ou encore la satisfaction de la soif, ou bien celle de la faim, ou la copulation, ou la consommation de n’importe quelle drogue : caféine, alcool, nicotine, tétrahydrocannabinol, cathinone, ecstasy, amphétamines, cocaïniques, morphiniques (dont la très addictive héroïne par voie intraveineuse), suscitent dans le noyau accumbens (dans sa partie la plus externe, « le shell ») une libération de dopamine. La dopamine apparait ainsi telle l’amine du plaisir. Cette libération accumbique de dopamine est consubstantielle du caractère addictif / toxicomanogène d’une drogue.

Notre hédonisme constitutif peut ainsi nous piéger. En effet, ayant perçu cette sensation de plaisir, avec une intensité qui varie selon la drogue, sa dose, sa voie d’administration, le contexte de sa consommation (la morphine à l’hôpital recrute moins vite les sujets qui en deviendront dépendants que la morphine dans les « rave parties), le contexte culturel, éducatif, génétique, socio-économique, la condition physique, l’état psychique du moment, le contexte sentimental, l’état d’éveil ou de sédation, les drogues associées, l’ambiance festive, l’environnement radieux ou au contraire glauque, la transgression, le mimétisme… et cent autres facteurs peuvent modifier l’expérimentation princeps ou les premiers pas dans l’usage. On rejoint là une relation de type Pavlovienne : Drogue = plaisir, dans un contexte multifactoriel.

Le premier contact peut faire que, par malchance, les aspects appétitifs / « de récompense » / plaisants / attrayants, l’emportent de loin sur les aspects négatifs / déplaisants / aversifs / dissuasifs. Alors l’incitation est forte à y revenir, « à repiquer au truc », à réitérer l’usage, qui pourra virer à l’abus et à la dépendance. On y est venu, on y revient, on en use et bientôt on en abuse. Le piège s’est refermé, la pharmacodépendance s’est installée.

Si ce premier contact (par chance, est on tenté de dire en pensant à la suite), est désagréable : vomissements, diarrhées de la première cigarette ; ivresse triste d’une alcoolisation ; anxiété, syndrome de dépersonnalisation, « bad trip » d’un premier joint…, l’expérimentateur est incité à n’en jamais réitérer l’usage.

Au regard des toxicomanies, l’Homme est un apprenti ; il ne sait pas, franchissant la porte de l’expérimentation, s’il pourra rester maitre de sa destinée où s’il abdiquera sous le pouvoir tyrannique d’une drogue, qui l’abimera par l’abus qu’il en fera. Combien de trajectoires brisées, de vies intellectuelles, sociales, familiales, professionnelles, sentimentales, sacrifiées par l’immixtion d’une drogue et bientôt de plusieurs drogues (escalade et polytoxicomanies).

Dans un « toujours plus, toujours plus souvent, toujours plus fort », la drogue fait négliger l’essentiel ; elle fait passer à côté de ce qui est important, de ce qui fait sens dans la vie. Ces drogues peuvent faire croire un temps qu’elles seraient la solution à l’anxiété, à la dépression, au sentiment d’échec. En fait, non contentes de perdre progressivement l’effet sollicité pour apaiser ces troubles, elles les font réapparaître, plus intenses qu’ils étaient primitivement. La dépression se met alors à flamber avec, en embuscade, le risque suicidaire. Les toxicomanies recrutent un pourcentage important des tentatives de suicides ; parmi les 120.000 qui sont dénombrées chaque année en France, 10% d’entre elles sont fatales….Il faut ajouter le recrutement et/ou l’aggravation des schizophrénies (la folie au sens commun du terme). Les relations entre le cannabis et ces schizophrénies est désormais bien établi et les mécanismes en cause sont explicités. N’oublions ni l’accidentalité routière ni la toxicité somatique de ces drogues, à l’origine de décès ou d’altération de la qualité de vie.

Le caractère licite du tabac en constitue une terrible illustration. En France, il a piégé plus de 13 millions des nôtres, devenus des fumeurs irrépressibles. Un fumeur sur deux mourra d’une cause liée à sa consommation tabagique, avec 75.000 morts chaque année (là où la route ne fait que 3.700 victimes). Chaque jour c’est un Airbus, avec 200 fumeurs à bord, qui se crashe, sans susciter d’émotion. Quant à ceux qui n’en meurent pas, ils ne vont pas tous bien : amputations de tout ou partie d’un membre inférieur pour artérite ; angine de poitrine ; séquelle d’infarctus du myocarde ; séquelles d’accidents vasculaires cérébraux ; bronchite chronique ; bronchopneumopathie chronique obstructive (B.P.C.O.) qui affecte deux cent mille personnes (dont les promenades s’effectuent avec un petit obus d’oxygène sous le bras et un tuyau pour leur dispenser ce gaz dans chaque narine). Il a été établi que pour que le tabac ne coûte rien à la collectivité nationale il faudrait multiplier son prix par quatre !

On peut aussi évoquer les désastres provoqués par l’alcool, l’autre drogue licite. L’alcool recrute 4 à 5 millions de sujets alcoolo-dépendants (i.e. incapables de se priver, un jour par semaine, de la consommation de toute boisson alcoolique (cidre, poiré et bière y compris). Dix pour cent d’entre eux consomment, à eux seuls, le tiers de la production alcoolière nationale ; ceux-là sont les alcooliques. En France, l‘alcool est responsable de 49.000 morts par an. Avec cette drogue, aussi, beaucoup de ceux qui n’en meurent pas ne vont pas bien. Evoquons le syndrome d’alcoolisation fœtale (SAF), qui plombe l’existence de pauvres gamins nés de mères intempérantes. Ce SAF concernait il y a quarante ans un nouveau-né sur 100 ; grâce à la réduction de moitié de la consommation moyenne d’alcool chez nos concitoyens (passant de 22 litres d’alcool pur par an et par personne à deux fois moins), et à des mises en gardes des femmes enceintes, la proportion des victimes du SAF a chuté d’un facteur 10. Des dispositions législatives, la loi Evin sur la publicité, sont passées par là. « Où il y a une volonté il y a un chemin ».

S’agissant du cannabis et de son tétrahydrocannabinol (THC), c’est une drogue lente. Elle est la seule, de toutes les drogues, à s’accumuler pendant des semaines dans les éléments lipidiques du cerveau et dans les graisses de l’organisme. Cette drogue agit à des concentrations un million de fois moindres que celles de l’alcool (c’est-à-dire pour des concentrations sanguines de l’ordre du microgramme par litre, soit donc du millionième de gramme). La teneur du THC dans les produits en circulation s’est accrue en moyenne d’un facteur 8 aux cours des 40 dernières années. La combustion du cannabis génère sept fois plus de goudrons cancérigènes que la combustion du seul tabac, ainsi que 7 fois plus d’oxyde de carbone (qui diminue la capacité de l’hémoglobine à transporter l’oxygène des poumons vers les tissus qui le consomment ; fœtus y compris). Le THC diminue les défenses immunitaire (mauvaise pioche pour les sidéens, que l’on a présenté un temps comme ses grands bénéficiaires…) ; c’est une drogue dont toxicité cardio-vasculaire est avérée (artérites, infarctus du myocarde, accidents vasculaires cérébraux…). C’est une drogue à l’origine de cancers des sphères O.R.L. et broncho-pulmonaire, ou encore de cancers du testicule (germinomes non séminomes). C’est une drogue qui perturbe le cours de la grossesse (en l’abrégeant) ; donnant naissance à des nourrissons moins gros et moins longs que ne le laissait attendre la seule prématurité, avec un accroissement de l’incidence des morts subites inexpliquées, avec un retard du développement psychomoteur, avec une incidence accrue de syndromes d’hyperactivité avec déficit de l’attention, avec une fréquence élevée de consommateurs de drogues à l’adolescence….Les conséquences de sa consommation au niveau cérébrale sont encore plus préoccupantes. Le THC est sédatif, il défocalise l’attention, il crée un syndrome amotivationnel, il perturbe la mémoire à court terme, sans laquelle ne peut se constituer une mémoire à long terme, une culture, une éducation. Il engendre donc d’importantes perturbations cognitives, qui expliquent, au moins pour partie, le rang peu enviable de la France (27ième rang) dans le classement des performances éducatives PISA. Après avoir été perçu par son utilisateur comme anxiolytique, il devient anxiogène ; après avoir apaisé le déprimé il fait apparaître une dépression plus vive qu’elle n’était primitivement. Son abus a des relations démontrées avec la schizophrénie, la révélant, l’aggravant, créant une résistance à ses traitements, incitant à des comportements auto- ou hétéro-agressifs. Il facilite le passage à d’autres drogues et en particulier à l’héroïne. Le nombre des héroïnomanes (250.000) s’est accru à la mesure de l’augmentation du nombre des cannabinomanes. On dénombre dans notre pays 1.600.000 usagers réguliers de cette drogue (consommant au moins un pétard tous les trois jours, ce qui, eu égard à la longue persistance du THC dans l’organisme, correspond à une imprégnation permanente par le THC). Le développement d’une tolérance conduit à des consommations plus fréquentes, avec 600.000 usagers quotidiens et multiquotidiens. Alors qu’il s’agit d’une drogue illicite, ces chiffres soulignent l’importance de son pouvoir d’accrochage, puisque ses consommateurs passent outre à la loi et à ses rigueurs pour s’adonner à sa consommation. Ces chiffres font des français les plus grands consommateurs de cannabis (en proportion, bien entendu) des 28 états membres de l’union européenne. [4] La banalisation s’est généralisée alors que la pédagogie préventive est virtuellement inexistante. Pourtant la collectivité se ruine dans le fonctionnement d’organismes que l’on a pu croire un temps inutiles, mais qui se sont avérés nuisibles. Ainsi la MILDT (mission interministérielle de lutte contre les drogues et toxicomanies) a dépensé beaucoup d’énergie pour faire taire ceux qui luttaient effectivement contre ces drogues ; qui le faisaient à sa place (puisqu’elle ne le faisait pas, ou le faisait mal), quand elle ne s’appliquait pas à les contredire. Cet organisme contestait la nocivité des drogues dont elle était censée empêcher la diffusion, jusqu’à ce qu’elle soit rattrapée par les données de l’épidémiologie, qui chiffrait enfin ce que le bon sens et l’observation avait rendu manifestes de longue date. Cette MILDT a même mobilisé des  scientifiques, qui ne savaient pas grand-chose en cette matière. Ces chercheurs… de crédits, pour les obtenir, furent prompts à débiter devant des médias accueillants les sottises qui leur étaient commanditées.

A défaut de pouvoir ici visiter chacune des drogues largement diffusée sur le « marché »,  arrêtons-nous un instant sur le scandale (terme souvent galvaudé, mais dont la suite devrait justifier le choix) de la buprénorphine à haut dosage, le Subutex©, (« subu »). Ce traitement de substitution à l’héroïne vise à faire rompre l’héroïnomane avec son comportement injecteur, qui rend impossible son éloignement de la drogue et qui est susceptible de le contaminer par des virus des hépatites ou du SIDA. Cette bonne idée au départ a été, hélas, largement détournée sous le nez de pouvoirs publics aveugles, sourds et s’appliquant manifestement à l’ignorer. Voyons ces divers détournements. Des héroïnomanes vont visiter plusieurs médecins qui leur prescrivent la dose la plus forte permise (16 mg/jour) ; ils présentent ces ordonnances à plusieurs pharmaciens qui les délivrent ; puis ils revendent ces comprimés à de jeunes toxicophiles, qui ainsi se familiarisent avec les morphiniques, dans une initiation qui pourra les mener, à plus ou moins long terme, à l’héroïne (le  « subu » comme médicament de recrutement de nouveaux héroïnomanes !). L’argent de cette revente permet au revendeur d’acquérir sa chère héroïne (le « subu » comme moyen de financement de l’héroïne pour l’héroïnomane !). Le Subutex© qui peut être prescrit par chaque praticien, ne l’est en fait que par un nombre très restreint d’entre eux ; devant cet afflux de patients ils le prescrivent à vive allure, à la polycopieuse, parfois à plus de 40 patients par jour. Or ce sont des patients qui ont besoin, beaucoup plus que d’autres, d’une écoute, d’échanges, de soutiens et qui, dans ces conditions, n’en bénéficient pas. Ce médicament n’est qu’exceptionnellent prescrit à doses dégressives, pour viser l’abstinence ; les patients sont ainsi  maintenus dans un état de précarité dont le prochain bleu à l’âme les fera retourner à l’injection d’héroïne. Ce médicament, avons-nous dit, a été développé pour faire rompre avec le comportement injecteur, et bien il fait désormais l’objet d’injections. Pour faciliter cela certains organismes, au prétexte de la réduction des risques, distribuent, avec des seringues (gratuites) des filtres pour retenir les éléments insolubles de la matrice galénique de ces comprimés sublinguaux. Des moyens permettent d’empêcher cela : c’est la Suboxone©( ou encore la prescription du médicament générique (moins cher)  moins facile à mettre en solution. Et bien, cherchez l’erreur, nombre d’addictologues répugnent à les prescrire. Indiquons que les détournements paraissent porter sur plus du tiers de ce qui est vendu de ce médicament, et ajoutons qu’en termes de coût ce Subutex est presque en première position au « hit parade » des dépenses de médicaments. Voilà comment une intéressante idée peut être dévoyée [5]. C’est désormais d’une main tremblante que le législateur devrait légiférer en matière de toxicomanies, maintenant qu’il sait tous les drames qu’ont recrutés ses inconséquences, ses actions et ses omissions.

Pour une éducation au plaisir

Chaque être a besoin de plaisir. L’absence de sensations de plaisir peut être doublé, cruauté suprême, de la sensation fallacieuse que ce plaisir ne sera plus jamais éprouvé. C’est alors la dépression. Dans sa forme la plus noire elle incite à vouloir mettre fin à sa vie (120.000 tentatives annuelles, dont 12.000 sont fatales). Oui, l’Homme a un pressant  besoin de plaisir. L’erreur funeste du toxicomane, c’est de le solliciter auprès d’un unique objet, la drogue ( « sa » / « ses » drogues). Hic et nunc, tout de suite, avec la facilité d’une inhalation ample (tabac, crack, cannabis), ou d’un sniff (cocaïne, héroïne), ou de l’appui sur le piston d’une seringue (amphétamine, cocaïne, héroïne. La drogue est au plaisir ce qu’est la prostitution à l’amour. Un raptus irrépressible, non maitrisé. La consommation d’une drogue n’est bientôt plus un plaisir, mais un besoin tyrannique qui, lorsqu’il n’est pas satisfait, rend très malheureux. Comme l’exprimait autrefois l’addictologue C. Olievenstein : « il n’y a pas de drogués heureux ». Le « toxico » n’est pas un « sale type », c’est un « pauvre type », au sens de malheureux, de victime de tout ce qui n’a pas fonctionné pour lui , souvent dès l’enfance, avec des carences affectives, des traumatismes de divers ordres, des informations qui n’ont pas été délivrées, ou mal délivrées ; qui l’ont incité à les transgresser, d’un argent de poche à foison, de mauvais « copains », des ruptures familiales au gré de la versatilité sentimentale de parents ayant privilégié leurs appétits et sentiments à l’importance qu’ils accordaient à leur descendance ; une éducation familiale et/ou institutionnelle défaillante(s). Alors que l’école est obligatoire, elle ne s’oblige pas à faire passer les messages indispensables à l’hygiène du corps et de l’esprit.

Le plaisir doit être sollicité auprès d’une multitude de sources et non pas d’une seule. C’est ce dont doit s’inspirer l’éducation au plaisir, comme un apprentissage à la mobilisation de la diversité de nos sens, afin d’éprouver des plaisirs multiples et variés, dont l’addition est ainsi en rupture avec la focalisation caractéristique de l’addiction. A enfiler de nombreuses perles on peut réaliser de très beaux colliers. Trouver du plaisir en mille choses peut édifier, par sommation, le Plaisir. Une rose se regarde, s’admire, se hume et son parfum peut être prenant, le soyeux du toucher de ses pétales peut s’apparenter à la douceur de la peau féminine…. Le plaisir est rehaussé par le désir, par l’attente, par l’effort pour y accéder ; bref, le contraire de l’appui sur le piston de la seringue. Si la jeune femme convoitée sait un temps résister, le plaisir de sa conquête en sera bien plus intense…

 

La société libérale effondre des digues, patiemment érigées par le temps et le bon sens

            La société libérale détruit des digues érigées pour restreindre, pour contenir l’expansion du trait toxicophile. Elle transforme des marées à haut quotient en des tsunamis. L’argent roi a de plus en plus souvent l’odeur de la fumée de cannabis, ou de la poudre de cocaïne. Des fortunes insolentes s’édifient facilement sur les dépouilles d’innocentes victimes. Innocentes car abusées par des médias complices, des éducateurs démissionnaires, quand ils ne se font pas prosélytes, des familles en déshérence, un monde politique gangréné, l’esprit de tricherie généralisé, quand ceux qui devraient être emblématiques sont mis en examen et que les pédagogues sont soit aux abonnés absents, ou bien que leurs recommandations sont occultées, tues, réduites à une discrétion de violettes sans parfum ; ou encore qu’elles sont raillées et/ ou encore critiquées. Vingt années d’une communication résolue et déterminée sur les dangers des drogues m’ont beaucoup appris en matière de liberté de la presse, muée en une dictature des journalistes. Dans leur  majorité ils ont décidé, pour la société toute entière, de la légalisation du cannabis, quand ce n’est pas de toutes les drogues. Ils lancent le « débat » ; ils choisissent ceux qu’ils interviewent ; ils ne tendent le micro qu’à ceux qui sont acquis à leur thèse ; ils choisissent les questions qu’ils leur posent ; ils ne retiennent des réponses que ce qui leur agrée, ils condensent ces réponses sur ce qui leur importe. « Remuez, servez chaud », et on parle d’information alors qu’il s’agit typiquement d’une conformation de l’opinion. Il leur a fallu du temps, mais ils voient se rapprocher sinon le basculement de l’opinion en faveur de cette légalisation des drogues, du moins l’installation d’une certaine indifférence vers la commission de ces aberrations sanitaires et sociétales que serait la légalisation du cannabis, pour commencer, suivie de celle de toutes les drogues. Cette légalisation du cannabis fera passer, très logiquement, le nombre de ses « usagers réguliers » actuels (1.600.000) vers au moins le chiffre des alcoolo-dépendants actuels (4 à 5 millions) et pourquoi pas vers le nombre des fumeurs de tabac (14 millions), la résine de cannabis étant très largement portée sur les épaules du tabac.

Notre société libérale reste solidaire

         Si certains proclament que chaque être est seul face à son destin,  notre société reste encore marquée, et pour longtemps encore peut-on espérer, du sceau de la solidarité. On ne laisse pas au sol celui/celle qui vient à choir. Mais ces efforts d’entraide, gouvernementaux, non gouvernementaux (O.N.G.), individuels, peuvent de moins en moins servir à arroser le sable. Ils doivent être concentrés sur les détresses inévitables. Aussi tout doit être fait pour prévenir la survenus des drames prévisibles. Dans la même logique que celle qui impose aux automobilistes le port de la ceinture de sécurité, afin d’atténuer les conséquences de certains accidents. Il s’agit, en l’occurrence, non seulement de protéger la victime, mais aussi les organismes sociaux qui devront prendre en charge les conséquences matérielles que la victime ne peut assurer seule. La liberté des uns s’arrête là où commence l’engagement matériel des autres. Quant à faire miroiter qu’une régie du cannabis rapporterait au budget de la nation une manne substantielle [5], il s’agit d’une malversation caractérisée. S’agissant du tabac, présenté comme un gisement très productif de taxes, il vient d’être montré que pour qu’il n’obère pas le budget de la nation son prix devrait être multiplié par 4. Une étude toute aussi récente établit que le budget de la nation américaine est taxé, à hauteur de 0, 8 $, pour chaque verre de boisson alcoolique consommée aux U.S.A.

Mais il n’y a pas que l’argent, si l’on veut bien admettre, avec Jean Bodin, « qu’il n’est de richesse que d’hommes », j’ajouterais ni shootés, ni camés, ni paumés, n’ayant pas perdu pied, ni l’estime d’eux-mêmes, ni leur autonomie, ni leur fierté de contribuer à une ambition collective. Dans la mondialisation, qui s’apparente à certains égards aux jeux olympiques de l’intelligence (individuelle et collective), gagneront, ou du moins seront en tête de peloton, les nations qui sauront préserver leurs populations de l’agression des drogues. Les drogues constituent, à cet égard, une arme économique. Les nations en « pole position » seront celles qui sauront mobiliser les efforts de citoyens ayant un esprit sain dans un corps sain.

On constatera que le laxisme de certains états vis-à-vis des drogues parait être conçu pour attirer, afin de s’enrichir, les jeunes consommateurs des pays voisins, en s’appliquant par une pédagogie forte à essayer d’en protéger leurs jeunes nationaux (ainsi la Hollande). Ce laxisme peut encore être destiné à apaiser une jeunesse malmenée par la crise, et à transformer des indignés en résignés (Portugal, Espagne, Grèce…). En France, certains mouvements qui militent pour une régression économique (Europe-Ecologie-Les Verts) voient dans le cannabis, mis à la portée de tous, par ses nombreux effets négatifs (l’aboulie, le syndrome amotivationnel, l’effet planète, les perturbations cognitives, la sédation, l’engagement remis à demain, l’absence d’ambition, de projets) un moyen, telle une vessie à glace, pour entraver le développement économique. Le communisme soviétique s’est dissout dans l’alcool. Pour dissoudre le monde occidental il faudra y ajouter d’autres drogues, c’est bien parti, certains s’y emploient avec détermination. Rappelons le manifeste surréaliste, et Aragon «Nous minerons cette civilisation qui nous est chère. Monde occidental, tu es condamné à mort. Nous sommes les défaitistes de l’Europe. Voyez comme cette terre sèche est bonne pour les incendies. Que les trafiquants de drogues se jettent sur nos pays terrifiés, que l’Amérique au loin croule de ses buildings blancs… »

La formule fondatrice du Centre National de Prévention, d’Etudes et de Recherches sur les Toxicomanies (C.N.P.E.R.T.) inspirera notre conclusion: «  S’il est important de se préoccuper de l’état de la planète que nous léguerons à nos enfants, il l’est plus encore de se préoccuper de l’état des enfants qui nous succèderont sur cette planète.

                                  

Quelques références bibliographiques

[1] Nouveaux produits de synthèse identifiés en France depuis 2000. Note d’information SINTES (9 oct. 2014)

[2] Olds J., Milner PM. Positive reinforcement produced by electrical stimulation of septal area and other regions of rat brain. J. Comp. Physiol. Psychol., 1954, 47, 419-27.

[3] Costentin J.  “La dopamine dans tous ses états”. Ed. Docis (à paraître en Mars 2015)

[4] Costentin J.  « Halte au Cannabis » Ed. O. Jacob, 2007

« Pourquoi il ne faut pas dépénaliser l’usage du cannabis »

Ed. O. Jacob, 2013

[5] Costentin J. – Le « subu » roi, c’est subuesque. Lettre XXIX du CNPERT, Mai 2014

[6] Kopp P. déclaration au journal « Le Monde » 3 août 2014

*P. Pharo  a été l’auteur d’un article dans « La vie des idées » le 23 sept. 2014, intitulé « La dépendance aux drogues à l’âge libéral »

**Jean Costentin- docteur en médecine, pharmacien, docteur ès sciences ; professeur émérite de la faculté de médecine & pharmacie de Rouen ; directeur de l’unité de neuropsychopharmacologie –CNRS- (1984-2008) ; directeur de l’unité de neurobiologie clinique du CHU de Rouen (1999-2011) ; membre titulaire des académies nationales de médecine et de pharmacie ; président du centre national de prévention, d’études et de recherches sur les toxicomanies (CNPERT).

Editorial. Tristesse et détermination. Janvier 2015

Prendre la plume peut tuer, triste constat d’un déni de toute démocratie et de toute humanité. Le massacre des dessinateurs de Charlie-Hebdo, des policiers, des clients du supermarché juif impose le recueillement et la compassion. Saluons ici le courage et la détermination  de tous ceux qui sont tombés soit pour avoir exprimé leurs idées, soit pour des raisons ethniques.

Ce massacre soulève une réprobation générale mais pose beaucoup de questions. Comment ces tueurs ont ils pu en arriver là ? S’ils ont appris à tuer  dans un autre pays, est-ce en France, sur notre sol, qu’ils ont acquis leur « formatage » initial et une haine telle qu’elle  les a conduits à assassiner. Qui le  leur a inculqué ? Il est temps de rechercher qui a formé ces assassins et de  neutraliser  leurs recruteurs.

Autre question, avec quel  argent ont-ils pu acquérir ces armes de guerre pour monter une pareille tuerie ? L’argent de la drogue, entre autres sources, y  contribue. Voila qui devrait faire réfléchir les tenants de la dépénalisation,  voire de la légalisation des  drogues.  Il est temps d’ouvrir les yeux, de refuser toute compromission et de s’opposer à ceux qui alimentent le marché du terrorisme international.

Notre objectif est  de prévenir  les consommateurs éventuels ou confirmés des méfaits des drogues dans  un but de santé publique.  Mais ces tristes événements  démontrent à l’évidence d’autres  conséquences qui  dépassent les seuls consommateurs et prennent une dimension idéologique et criminelle. Ils attentent à l’humanité et à la démocratie. Nouvelle raison de réagir, Ils nous confortent  dans notre engagement et dans notre détermination à les combattre.

Aucune idée, aucune religion, aucune race ne justifie de tels actes.

JP Tillement et JP Goullé

Editorial : la disparition d’un ami le 3 novembre 2014

C’est avec émotion et une grande tristesse que nous avons appris la disparition du Professeur Claude Adolphe  à Paris le 3 Novembre dernier des suites d’une longue maladie qu’il avait maîtrisé avec courage jusqu’à ces derniers jours.  Abonné au blog, il a été  de nos premiers et plus fidèles soutiens  dans le combat que nous menons, n’hésitant pas  à nous apporter  ses conseils et de ses compétences.

Professeur  de Physique et de Mathématiques à la faculté de Pharmacie de Paris, il a donné une impulsion remarquée au développement de sa discipline. Beaucoup se souviennent de la qualité de son enseignement, clair, précis et toujours intéressant.

Biologiste, conférencier d’internat, chef du laboratoire de Biochimie de l’Hotel-Dieu  de Paris, il a formé de nombreux internes qui,  grâce à son dynamisme et à son enthousiasme, ont pu accéder à des fonctions de premier plan à l’université et à l’hôpital.

Avec  Claude, nous perdons non seulement un maitre mais un ami fidèle ; Je pense qu’il souhaitait vivement que notre action perdure, croyait qu’il fallait par la Lettre et le blog du CNPERT, avertir, mettre en garde et répéter sans cesse la gravité des méfaits des drogues en particulier chez les plus jeunes.

Nous présentons à son épouse Monique, à ses enfants et à toute sa famille nos sentiments de compassion et de vive sympathie. Une messe du souvenir  sera célébrée le vendredi 21 novembre à Paris en l’Eglise Saint-Etienne du Mont à 10heures 30 à laquelle sont conviés tous ses amis

Jean-Paul Tillement.

Canada : Les médecins reçoivent des conseils pour prescrire du cannabis

Le Collège des médecins de famille du Canada émet ses recommandations aux médecins qui pourront dorénavant donner des ordonnances à des patients pour leur permettre de se procurer du cannabis à des fins médicales.

« L’autorisation de cannabis séché doit être envisagée exclusivement pour les patients souffrant de douleur neuropathique (qui touche les nerfs, la moelle épinière ou le cerveau) réfractaire aux traitements classiques », écrit le Collège des médecins de famille (CMFC) sur son site Internet.

Le CMFC spécifie que les médecins doivent d’abord tenter de soulager le patient à l’aide d’autres traitements et il stipule que « le cannabis séché n’est pas un traitement approprié de l’anxiété ni de l’insomnie ».

Le cannabis séché n’est pas non plus approprié pour les patients :

  • âgés de moins de 25 ans
  • qui présentent des antécédents de psychose
  • qui présentent un trouble de consommation de cannabis actuel ou antérieur
  • qui présentent un trouble de consommation de substances actives
  • qui sont atteints d’une maladie cardiovasculaire
  • qui sont atteints d’une maladie respiratoire
  • qui sont enceintes, prévoient le devenir ou allaitent

En outre, l’accès au cannabis séché doit être autorisé avec prudence aux patients qui présentent un trouble actif concomitant anxieux ou de l’humeur, qui fument du tabac, qui présentent des facteurs de risque de maladie cardiovasculaire ou font une grande consommation d’alcool, notamment.

Les médecins avaient demandé au CMFC de leur fournir des lignes directrices après un changement à la réglementation fédérale, « qui demande aux médecins de famille de traiter les demandes des patients pour la marijuana médicale malgré un manque relatif d’information ou de données probantes », écrit le Collège des médecins de famille du Canada sur son site web.

Le règlement fédéral entré en vigueur en avril implique davantage le médecin dans le processus d’accès du malade au cannabis médical. Au lieu de passer par Santé Canada, les utilisateurs auront dorénavant besoin d’une ordonnance d’un médecin.

Le Collège des médecins avait déjà exprimé ses réticences à prescrire de la marijuana médicale.

————————————-

Commentaire de Jean-Paul Tillement

et Jean-Pierre Goullé

Le collège des médecins de famille du Canada (CMFC) a exprimé « ses réticences à prescrire de la marijuana médicale » mais respecte les décisions fédérales. Il réaffirme que «  l’usage du cannabis à des fins médicales n’est pas un traitement reconnu par la profession… » mais a jugé de son devoir de se conformer aux décisions fédérales et donc  de prévoir les conditions d’accès des patients au cannabis puisque c’est au médecin que revient la responsabilité  de sa prescription. Celle-ci est   assortie d’un protocole de recherche incluant entre autres, consentement du patient, évaluation du traitement, vérification des contre-indications  et de la compatibilité avec les médicaments coprescrits.

Il ne nous appartient pas de critiquer les choix qui sont faits dans un pays étranger et de surcroit ami, mais il nous a semblé intéressant d’en observer les modalités et en conséquence la faisabilité. Cette prescription est conditionnée par de multiples restrictions (voir ci-dessous : Les médecins reçoivent des conseils pour prescrire du cannabis, ici radio-canada du 29/9/2014). Nous en extrayons quelques unes :

  • l’indication est limitée à une douleur neuropathique, nerfs, moelle épinière, cerveau, réfractaire aux traitements classiques
  • c’est à la demande du patient et non au choix du prescripteur que le cannabis est prescrit ; Le patient décide et consent (par écrit)
  • toute forme de toxicomanie, passée ou présente, est un motif d’exclusion qui  inclut évidemment  le cannabis mais aussi toute autre substance psychoactive
  • elle n’utilisera que de la marijuana « médicale » commercialisée par des laboratoires agréés et de titre en THC connu et vérifié (quelques mesures transitoires pour des cultures individuelles sont prévues)

Des consignes plus complètes aux médecins sur la marijuana médicale sont données ci-dessous (voir radio-canada, 1er Avril 2014)

Notre position est claire, nous n’avons pas changé d’avis et nous refusons le principe de l’utilisation médicale du cannabis pour de multiples raisons médicales que nous avons déjà développées. Il nous semble que la modification de la législation canadienne va soulever des difficultés de mise en œuvre. L’observation de son application sera suivie avec intérêt car il n’échappe à personne que seule la  fréquence des douleurs neuropathiques pourrait justifier  l’emploi du cannabis.

Alors que la libéralisation de la vente de cannabis pour usage médical et/ou récréatif s’élargit, les équipes du National Institute on Drug Abuse (NIDA) aux Etats-Unis insistent notamment sur les risques de dépendance liés à cet usage.

Ainsi, 9 % des consommateurs développeraient une addiction au cannabis, un pourcentage pouvant atteindre 17 % parmi ceux qui ont commencé à fumer de la marijuana à l’adolescence et 50 % chez les utilisateurs quotidiens. Le cannabis serait, par ailleurs, une porte d’entrée « possible » vers l’abus d’alcool, le tabagisme et l’usage des drogues en général.

Cet éditorial a utilisé les déclarations du CMFC et le reportage de Denis-Martin Chabot

Editorial : Cannabinoïdes mortels, ça vous étonne ?  Une catastrophe peut -elle en  prévenir une autre ?

Le dernier message du blog (voir ci dessous) :   « Russie, Plus de 700 intoxications au cannabis synthétique« , est terrifiant, instructif et confirme ce que beaucoup d’entre nous répètent  à longueur de messages. Les apprentis sorciers à la recherche de drogues de plus en plus actives (et chères) font des ravages : le cannabis synthétique, en fait les cannabis synthétiques, les  cannabinoïdes, ont tué en Russie et la Douma va légiférer, certainement par un niet définitif.

Le message sera-t-il entendu chez nous, n’est-il pas temps de prendre la mesure de ce danger des cannabinoïdes  de synthèse, de plus en plus puissants, demande exige, mais aussi de plus en plus toxiques, et avec eux des autres drogues de synthèse pour en faire la chasse et les interdire définitivement et sans tergiverser.

Nous ne cessons de les dénoncer (voir les messages de Jean-Pierre Goullé dans les lettres N° 29 et 31 du CNPERT), elles inondent l’Europe, leur marché prospère dans une relative indifférence .

Ne peut-on prendre en compte la malheureuse expérience russe pour anticiper le risque de les voir déferler sur notre territoire.

Le législateur serait bien avisé d’accepter que sous le vocable de « cannabis », il y a beaucoup d’autres substances toxiques autres que le THC qui s’engouffreront dans la brèche qu’il veut créer et qu’il ne contrôlera pas.  Une modification réglementaire de la liste visant leur interdiction est nécessaire .

Jean-Paul Tillement

Editorial : triste été

Ces deux lettres du CNPERT (Lettre 31 et Lettre 32) apportent ou confirment de bien mauvaises nouvelles, les décès de trois de nos membres : les Professeurs Pierre Amboise-Thomas, Georges Mahuzier et Pierre Delaveau. (cliquez sur les mots soulignés)

Compagnons de la première heure dans le combat que nous menons, d’une fidélité de tous les instants, ils ont apporté au CNPERT leur compétence, leur dynamisme et leur foi en l’avenir.

Leurs conseils pertinents nous ont été fort utiles, leur disparition nous peine.

A leurs familles, à leurs élèves, à tous leurs amis nous adressons un message de vive sympathie.

Qu’ils soient certains que les engagements et les travaux de nos trois amis disparus auront tôt ou tard le résultat qu’ils espéraient, le rejet de toute sorte de drogue, licite ou non, présente et à venir.

Leur disparition crée un vide qu’il nous faut combler car la tâche est rude, nos moyens limités et l’avenir immédiat n’est pas réjouissant. Puisse donc leur profonde conviction susciter de nouveaux engagements à nos côtés et de nouvelles adhésions, c’est ce qu’ils auraient souhaité.

Jean-Paul Tillement

PS : Toutes les lettres du CNPERT sont accessibles en cliquant en haut de cette page sur Lettres du CNPERT

Editorial : Eloge du Professeur Pierre Georges Delaveau

DELAVEAU-P (1)Un hommage solennel a été rendu au Professeur Pierre G. Delaveau le 17 Septembre 2014 à l’Académie nationale de Pharmacie .

Enseignant de grande valeur, sachant traduire en termes simples, accessibles à tous, les secrets du monde végétal, ses médicaments potentiels, mais aussi les dangers de ses poisons, il a participé depuis sa création à l’activité du blog.

Son message, une mise en garde contre la multiplication des drogues, est d’actualité.

Il peut être résumé ainsi : Fort de la connaissance de l’herbier mondial et du nombre élevé de substances hallucinogènes qu’il contient, potentiellement utilisables, il anticipait une multiplication de  l’offre de nouvelles substances. Manifestement, l’évolution actuelle lui donne raison.

Sa conclusion, logique et de bon sens  est que puisqu’on ne peut pas à notre niveau, limiter le déferlement de nouvelles drogues, il faut sans cesse alerter, enseigner, mettre en garde les plus jeunes et les plus fragiles contre ce danger et évidemment n’en tolérer aucune.

Le texte complet de son éloge est disponible en remplissant le formulaire ci dessous