Alcool: un mois pour lever le pied au lieu de lever le coude

Par AFP ,
Le "Défi de janvier" propose en janvier d'arrêter ou de réduire sa consommation de vin

Le « Défi de janvier » propose en janvier d’arrêter ou de réduire sa consommation de vin  afp.com/JEAN-PIERRE MULLER

Paris – Êtes-vous capable d’arrêter l’alcool, ou au moins de réduire votre consommation, pendant un mois? C’est le « Défi de janvier » que propose à partir de mercredi une trentaine d’associations sur le modèle d’une opération anglaise, au grand dam du lobby du vin.

« C’est une campagne mobilisatrice, ludique, pour s’essayer individuellement et collectivement à une pause pendant un mois, après la période des fêtes« , explique à l’AFP Nathalie Latour, déléguée générale de la Fédération addiction, l’une des associations organisatrices.

« Etape après étape, (il s’agit) d’arriver à l’interdiction de consommation, c’est ça qui est derrière« , juge de son côté Bernard Farges, président de la CNAOC, confédération qui regroupe les 17 principales régions viticoles françaises à appellation, soit 70% des viticulteurs du pays.

Adaptation de l’opération « Dry january » (littéralement « Janvier sec« ) lancée en 2013 en Angleterre, le « Défi de janvier » est depuis des mois dans le collimateur du secteur de l’alcool, et en particulier du monde du vin.

Selon les associations organisatrices, le projet, inédit en France, aurait initialement dû être porté par l’Etat. Mais elles l’accusent d’avoir renoncé mi-novembre après une rencontre entre Emmanuel Macron et les producteurs de champagne.

Le 16 décembre, le conseil municipal d’Epernay, haut lieu du prestigieux vin pétillant, a même adopté un vœu pour marquer son opposition au « Défi de janvier« , assimilé à de la « prohibition« . 

« Il n’y a aucune volonté de prohibition ni d’abstinence totale, ce n’est pas du tout une campagne moralisatrice ni hygiéniste« , se défend Nathalie Latour.

« Ces produits ont une place importante dans la culture française. Mais il faut équilibrer les enjeux économiques, sociaux et de santé« , assure-t-elle.

« Contrairement au Mois sans tabac (organisé par les pouvoirs publics en novembre, ndlr), l’objectif n’est pas l’arrêt total: il s’agit de faire une pause, de regarder les moments où on ne consomme pas par plaisir mais par incitation« , poursuit-elle. « C’est le verre automatique, quand on sort et qu’on nous dit +Pourquoi tu bois pas ce soir? T’es malade? T’es pas drôle+. »

– Dépendance – 

Le « Défi de janvier » s’appuie sur un site internet (http://dryjanuary.fr) où l’on peut s’inscrire et trouver des dépliants et des posters. « Les restaurants, les collectivités qui le souhaitent peuvent les imprimer et les afficher« , selon Nathalie Latour.

On peut également y télécharger une application en anglais baptisée Try Dry. Créée par l’association Alcohol Change, à l’origine du « Dry january » anglais, elle permet d’aider à atteindre ses objectifs lorsqu’on diminue ou arrête sa consommation d’alcool.

Pour cette première édition, Mme Latour espère « atteindre les mêmes chiffres qu’en Angleterre en 2013« , soit 4.000 inscrits sur le site (en sachant qu’on peut participer au défi même sans être inscrit).

Selon elle, ce type de campagne existe dans 14 pays, dont la Belgique (où elle s’appelle « Tournée minérale« ).

« Les résultats sont intéressants, à court et moyen/long terme: les personnes qui ont participé arrivent ensuite à mieux réguler leur consommation d’alcool« , assure Mme Latour.

Parmi les organisateurs du « Défi de janvier« , on trouve des associations d’addictologues ou dédiées à la santé (comme la Ligue contre le cancer), mais aussi des mutuelles et des groupements de jeunesse.

La consommation d’alcool est à l’origine de nombreuses maladies (cancers, maladies vasculaires, etc.) et est responsable de 41.000 morts par an, ce qui en fait la deuxième cause de mortalité évitable après le tabac (75.000), selon l’agence sanitaire Santé publique France.

En outre, selon les addictologues, 80% de l’alcool vendu en France est consommé par seulement 20% de la population.

« Le +Défi de janvier+ s’adresse à la population générale et pas aux personnes dépendantes, qui ne peuvent pas s’arrêter comme ça« , souligne Nathalie Latour.

Source L’Express

Canada : un après sa légalisation, le cannabis fait des dégâts

Publié le  par Ludovic Hirtzmann, à Montréal.
Canada : un après sa légalisation, le cannabis fait des dégâts
Le 17 octobre 2018, les Canadiens se pressaient devant les boutiques, ici à Québec, pour acheter de la marijuana fraîchement légalisée.

ARCHIVES ALICE CHICHE/AFP

Plus d’un an après sa légalisation, la marijuana cause des ravages chez les jeunes. Les autorités sanitaires font face à une vague d’hospitalisations, dues à sa consommation

« Entre deux joints tu pourrais faire quelque chose », chantait Robert Charlebois en 1973. Près de 50 ans plus tard, « Le Journal de Montréal » a choisi de faire récemment sa une avec un titre étonnant : « L’ex chef de la police produira du pot (du cannabis en québécois, NDLR) ». Si l’ancien patron de la police de Montréal, Yvan Delorme, devient le PDG d’une entreprise productrice de marijuana, les effets de la consommation…

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La toxicomanie n’est plus ce qu’elle était

Paris, le mardi 24 décembre 2019 – L’Observatoire français des drogues et des toxicomanies (OFDT) a publié les derniers chiffres de son dispositif TREND qui analyse les dernières tendances dans le milieu de la drogue. Il conclut à une dégradation des conditions de vie des toxicomanes.
Ceux qui passent par les stations de métro du nord-est parisien le savent bien : il est aujourd’hui fréquent, dans les grandes villes françaises, d’assister à des scènes de consommation de crack ou d’héroïne en public. Les toxicomanes se cachent de moins en moins pour consommer leurs produits, signe d’une dégradation de leur condition de vie, observés par l’OFDT. Grâce à son dispositif Tendances récentes et nouvelles drogues (TREND), l’organisme observe chaque année l’évolution de la consommation de drogue dans les principales villes de métropole.
Selon son dernier rapport, les dernières années ont été marquées par une dégradation des conditions de vie des toxicomanes urbains, qui vivent dans une situation de plus en plus précaire, notamment d’un point de vue sanitaire. L’augmentation des interventions policières à leur encontre, y compris près des centres d’accueil spécialisés (CAARUD) et la fermeture des squats en centre-ville, a conduit les toxicomanes à se réfugier dans des habitats précaires ou dans des abris de fortune insalubres. Les centres d’hébergement d’urgence et notamment ceux adaptés aux usagers de drogue sont saturés.

Des toxicomanes venus du Maghreb et d’Europe de l’Est

Outre celle d’alcool et de cannabis, la consommation des toxicomanes dépend de la disponibilité des produits sur le marché : on consomme du Skenan à Lyon, du crack à Paris, de l’héroïne à Lille. Phénomène nouveau, l’usage récréatif de prégabaline, médicament prescrit notamment contre les douleurs neuropathiques obtenu grâce à des ordonnances falsifiés, est en forte hausse depuis 2017.
Parmi ces toxicomanes urbains, on trouve de nombreux jeunes précaires (entre 15 et 25 ans) marqués par des ruptures familiales, des mineurs isolés (MNA) originaires du Maghreb ainsi que de nombreux hommes originaires d’Europe de l’Est. Chez ces derniers, on observe une grande prévalence de l’hépatite C, une méfiance vis-à-vis des structures de soins et une méconnaissance totale des pratiques de réduction des risques (RdRD). Pour ces usagers de drogue, la précarité est à la fois la cause et la conséquence de leur addiction, la drogue étant pour beaucoup le moyen de supporter leurs conditions de vie et de créer de nouvelles sociabilités.

Vente à domicile et call center

L’OFDT s’est également intéressé à l’évolution de la consommation de drogues dans le milieu de la fête. Le développement d’une scène festive alternative a bouleversé les repaires. Au nom d’une certaines idéologie libertaire, la consommation de drogues (cocaïne, MDMA/ectasy et kétamine essentiellement) est en effet tolérée par les organisateurs de ces soirées d’un genre nouveau, contrairement à ce qu’il en est dans les établissements festifs commerciaux. L’OFDT observe cependant que, grâce à une bonne connaissance en matière de RdRD de la part des fêtards, les incidents liés à des surdoses y sont rares.
L’OFDT observe également que l’évolution de la toxicomanie conduit à une diversification du trafic, qui tente de s’adapter à la demande. Si la classique vente de produits au coin de la rue est encore très présente dans les cités, on observe, notamment auprès des usagers les plus aisés, une augmentation de la vente à domicile. En 2018, la police a ainsi démantelé plusieurs « call-centers » de drogue en Seine-Saint-Denis. Le « darknet » est également devenu un haut lieu d’approvisionnement, notamment pour la MDMA.

Hausse de la consommation de crack

Enfin, l’OFDT tire la sonnette d’alarme sur la hausse de la consommation de crack (cocaïne base) chez les consommateurs de cocaïne, qui concerne autant les personnes en situation précaire que des usagers bien insérés socialement. La part de décès par overdose dans lequel la cocaïne est impliqué est ainsi passé de 10 % en 2010 à 26 % en 2017, soit 109 décès par surdose de cocaïne. On observe également une augmentation de la consommation de kétamine, de GHB/GBL et de protoxyde d’azote.

Une hypertrophie du cœur chez les fumeurs de cannabis

Les personnes qui fument régulièrement du cannabis auraient un ventricule gauche plus volumineux.

Les chercheurs de l’université Queen Mary de Londres (Grande-Bretagne) ont fait passer un IRM du cœur à 3400 patients parmi lesquels ils ont répertorié 150 fumeurs ou ex-fumeurs réguliers de cannabis. Ils ont ainsi découvert que les fumeurs avaient un cœur plus gros que la normale et montraient une altération précoce de la fonction cardiaque.

« L’Organisation mondiale de la santé a mis en garde contre les effets nocifs potentiels sur la santé de la consommation de cannabis à des fins non médicales et a appelé à davantage de recherches spécifiquement sur l’impact cardiaque » souligne le Dr Mohammed Kanjhi, principal auteur de l’étude.

Les fumeurs de cannabis souffrent d’une altération du ventricule gauche. En revanche, le cœur semble pomper la même quantité de sang et les autres parties du muscle cardiaque ne semblent pas affectées, expliquent les chercheurs. Ces derniers ont également constaté que le cœur reprenait sa taille normale dès que les fumeurs cessent de consommer du cannabis.

Cette étude a été publiée dans la revue Cardiovascular Imaging.

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Conduite automobile : l’effet très longue durée du cannabis

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Fumer un joint de cannabis et prendre ensuite le volant expose à des risques réels d’accident : la drogue altère la capacité de conduire et ses effets persistent de longues heures.

Des statistiques françaises récentes révèlent que l’usage du cannabis est impliqué dans 14% des accidents de la route mortels, alors que cinq millions de Français indiquent avoir fumé du cannabis au moins une fois durant l’année écoulée. Dans ce contexte, une équipe du CHU de Garches a réalisé une expérience dont les conclusions ne manquent pas d’interpeller.

Elle a recruté des fumeurs – très – réguliers de cannabis (un ou deux joints par jour) et des consommateurs occasionnels (un ou deux joints par semaine), âgés de 18 à 34 ans, afin de réaliser des tests en conditions réelles, puisqu’ils ont fumé un « vrai » joint avant de se mettre au volant (dans un environnement sécurisé, bien entendu). Les chercheurs ont mesuré leur taux de THC (le cannabinoïde aux effets psychotropes) par prélèvement salivaire et sanguin, jusqu’à ce qu’il disparaisse de l’organisme. Que constate-t-on ?

• Lors des tests de conduite, le temps de réaction est allongé de 17 à 20% après avoir fumé du cannabis. Cette augmentation est considérable, sachant que la drogue affecte aussi la capacité à maintenir une trajectoire rectiligne, et d’autres paramètres de conduite.

• L’effet du cannabis sur la conduite automobile dure plus longtemps chez le fumeur occasionnel (jusqu’à 13 heures !) que chez le fumeur régulier (8 heures en moyenne).

• Les tests salivaires utilisés par la police lors des contrôles donnent des résultats assez fiables, mais pendant un temps limité (beaucoup moins long que la durée des effets réels du cannabis).

Alors que de plus en plus d’automobilistes ont pris conscience des dangers de l’alcool au volant, les consommateurs de cannabis doivent considérer que cette drogue dite récréative expose à des risques considérables, et ceci pendant de longues heures. Fumer un joint ou conduire, ici aussi, il faut choisir.

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Meurtre de Sarah Halimi : le cannabis n’atténue pas la barbarie

L’usage massif du cannabis devient une circonstance atténuante

Hier, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a tranché en faveur de l’abolition du discernement de Kobili Traoré, le meurtrier de Sarah Halimi. Pour Oudy Bloch, avocat des parties civiles dans cette affaire, c’est une nouvelle ère du droit qui s’ouvre à nous. L’usage massif du cannabis devient une circonstance atténuante, une cause d’irresponsabilité pénale. Décryptage.


Le meurtrier de Sarah Halimi Kobili Traoré ne pouvait pas savoir. Il ne pouvait pas savoir que fumer du cannabis pouvait avoir des effets imprévisibles sur le cerveau. Impossible pour lui d’imaginer que la surconsommation de cannabis pourrait impacter son discernement. Pourquoi ? Parce que Kobili Traoré est un jeune à l’éducation défaillante à qui personne n’a pris soin d’expliquer que fumer du haschich est non seulement illégal mais dangereux pour la santé. Mieux encore, comme une immense majorité de consommateurs confronté à la banalisation de ce produit, il avait peu conscience de sa dangerosité. Il ne pouvait donc pas raisonnablement s’attendre, en dépit des 10 à 15 joints fumés par jour, à subir une bouffée délirante aigüe. Véridique. Il en résulte bien sûr une abolition de son discernement et une irresponsabilité pénale. M. Traoré ne saurait, dans ces conditions, être jugé aux assises pour le meurtre qu’il a commis.

Raisonnement stupéfiant

On aurait bien voulu qualifier cette défense de caricaturale, déresponsabilisante ou de farce sauf qu’il ne s’agit pas tant d’une stratégie de défense que d’un rapport d’expertise psychiatrique versé à la procédure.

Et comme les miracles n’arrivent pas qu’à Lourdes, le Parquet général, garant de l’ordre public et des intérêts de la société, avait requis de concert avec la défense que soit retenue l’abolition du discernement de Kobili Traoré.

La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris ayant adopté ce raisonnement stupéfiant, c’est le cas de le dire, et l’éducation étant devenue un critère de constitution des infractions, il faudra désormais faire passer un test de QI dès le début de leur garde à vue pour savoir si le mis en cause est en mesure de comprendre qu’il ne faut pas conduire quand on est ivre mort ou s’il peut anticiper que mélanger de l’extasy et de la cocaïne peut déclencher une bouffée délirante aigüe.

A ce rythme, la politique judiciaire de la France va vite changer. Parce que s’il faut attendre des consommateurs de drogues qu’ils aient un diplôme de pharmacotoxicologie et connaissent l’intégralité des effets des toxiques sur leur psychisme, aucun délinquant ayant volontairement consommé de l’alcool, des stupéfiants ou des médicaments ne sera jamais tenu pour responsable. Que les chauffards, les criminels et les terroristes se rassurent, aujourd’hui en France, une prise trop importante de psychotropes pourrait bien les absoudre de leurs crimes et délits pourvu qu’elle déclenche un délire.

Sans compter que cela permettra de résoudre le problème de la surpopulation carcérale puisqu’il faudra bientôt remettre en liberté tous ceux qui n’avaient pas appris par cœur le dictionnaire Vidal avant de passer à l’acte.

Vingt condamnations

Exit donc les treize années de consommation régulière et massive de cannabis de Kobili Traoré, exit son irritabilité grandissante, sa paranoïa, ses crises de rage incontrôlées, oubliées ses vingt condamnations notamment pour violences et consommation de stupéfiants. Effacés aussi les éléments de conscience avant, pendant et après le crime puisque certains experts expliquent, pontifiants, que le discernement pendant une bouffée délirante aigüe peut être en dents de scie et qu’au final ce n’est pas de chance si Kobili Traoré ne contrôlait plus ses actes uniquement au moment de battre à mort Sarah Halimi et de la jeter par-dessus le balcon. Traoré sera donc hospitalisé en psychiatrie.

Une question toute de même : pendant combien de temps ? En effet, les experts s’accordent tous sur l’absence de pathologie psychotique chronique de Kobili Traoré. Il n’a donc pas sa place en hôpital psychiatrique. Il était, du reste, apparu tout à fait lucide lors de l’audience et ce, en dépit d’un traitement thérapeutique extrêmement allégé depuis plusieurs mois.

Se pose alors la question de ce que l’on va faire de lui car si on n’emprisonne pas les « fous », on ne psychiatrise pas non plus les personnes saines d’esprit.

Mais s’il est remis en liberté, qui s’assurera que Kobili Traoré ne refume pas de cannabis risquant de déclencher une nouvelle bouffée délirante aiguë ? Qui assumera le risque de la récidive ? Qui ira l’expliquer aux familles des victimes ?

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Avec tous mes vœux pour le CNPERT

Monsieur Costentin,

Je ne vois pas pourquoi je me mettrai à présenter mes vœux à mon carnet d’adresses… Mais à l’écoute, d’une radio ce matin, de certaines nouvelles, j’ai fait un bond…
Savez-vous qu’aux USA il existe des “Terres platistes“ pour lesquels la terre est plate comme une pizza… Ce sont les platistes, mais ne riez pas, un sondage en France, a paraît-il découvert 9% de français qui pensent que la terre est plate….
Autre chose… En France un sapin coûte de 50 à 100 €, aux USA un sapin peut coûter jusqu’à 1000 $, car les agriculteurs de l’Oregon préfèrent planter du cannabis bien plus rentable…
Nous voici rendu sur notre chantier… Je tenais à vous envoyer un mot dans ce sens car j’ai une réelle admiration pour votre travail à vous et vos amis du CNPERT.
A vous et à vos amis tous mes vœux pour 2020, deux fois vingt ou deux fois vin on devrait en entendre parler…
Michel H

Que se passe t-il quand vous fumez du cannabis ?

Par  Marie Desange

fumer du cannabis

La consommation élevée de cannabis peut entraîner des pertes de mémoire à court et à long terme. Des travaux récents permettent de penser que cet effet serait dû à une perturbation des mitochondries présentes au niveau de l’hippocampe du cerveau.

Les effets psychoactifs du cannabis sont dus au delta-9-tetrahy-drocannabinol (THC), le principal cannabinoïde présent dans cette plante. Cette molécule possède une structure similaire aux cannabinoïdes produits naturellement dans le corps (l’anandamide, par exemple) et peut donc interagir avec leurs récepteurs qui sont présents dans plusieurs régions du cerveau. Puisque ces cannabinoïdes naturels sont des neurotransmetteurs impliqués dans plusieurs processus mentaux (émotions, perception sensorielle, mémoire), le THC peut altérer artificiellement ces processus et modifier le fonctionnement normal du cerveau.

Certains de ces effets sont considérés comme positifs : amélioration de l’humeur, relaxation, augmentation de l’appétit, tandis que d’autres sont négatifs : difficultés de concentration, mauvaise coordination et perte de motivation, entre autres.

Les problèmes de mémoire sont un autre effet secondaire indésirable fréquemment observé chez les consommateurs réguliers de cannabis, car le THC agit directement au niveau de l’hippocampe, une région du cerveau indispensable à la mémoire.

Selon des travaux réalisés par une équipe de scientifiques français, cet impact négatif du THC serait dû à son interaction avec un récepteur localisé dans les mitochondries, les centrales énergétiques des cellules. Ils ont découvert que cette interaction déclenchait une cascade d’événements qui vont ultimement réduire l’activité de la chaîne respiratoire localisée dans la mitochondrie et du même coup l’énergie produite dans la cellule. Cette perte d’énergie abaisse les performances des neurones, ce qui expliquerait le mauvais fonctionnement de la mémoire associé à la consommation de cannabis.

C’est la première fois que l’on montre clairement que les mitochondries jouent un rôle important dans des fonctions cognitives avancées comme l’apprentissage et la mémoire.
Ce qui n’est d’ailleurs pas si étonnant quand on y pense: même si le cerveau ne représente que 2 % du poids corporel, il consomme à lui seul jusqu’à 25 % de l’énergie dépensée par le corps. Puisque les mitochondries sont responsables de cette production d’énergie (sous forme d’ATP), il va de soi que ces «centrales énergétiques» jouent un rôle extrêmement important dans le fonctionnement du cerveau. Il est d’ailleurs intéressant de noter que les personnes atteintes de maladies causées par un dysfonctionnement des mitochondries présentent de graves atteintes neurologiques.

Au cours des dernières années, notre société est devenue de plus en plus tolérante face au cannabis. L’usage récréatif de cette drogue s’est largement répandue depuis plusieurs décennies et on parle même de plus en plus d’en légaliser la vente. Ce changement d’attitude est normal, car le cannabis est sur le marché depuis plus de 50 ans et on sait maintenant que sa consommation occasionnelle ne provoque pas d’effets négatifs majeurs sur la santé. Mais comme l’illustrent bien les résultats de l’étude publiée dans Nature, l’abus de cannabis entraîne des déséquilibres majeurs dans le fonctionnement des neurones et peut donc causer plusieurs troubles mentaux, notamment au niveau du processus de mémoire.

Comme pour l’alcool, la frontière entre les effets positifs et négatifs du cannabis est très mince et il faut faire preuve de modération. Ce n’est pas parce qu’une substance se banalise qu’elle est sans danger.

Source Hebert-Chatelain E et coll. A cannabinoid link between mitochondria and memory. Nature, 2016; 539: 555-59.

Une mutation liée au métabolisme de l’alcool pourrait contribuer à la maladie d’Alzheimer

Bien qu’étudiée depuis des années, la maladie d’Alzheimer demeure une pathologie complexe et n’est toujours pas entièrement comprise par les chercheurs. Au fil du temps, les biologistes ont mis en évidence de nombreux facteurs jouant un rôle dans l’évolution de la maladie. Récemment, un autre de ces facteurs a été découvert : une mutation d’une enzyme impliquée dans le métabolisme de l’alcool. La présence de cette mutation entraîne l’accumulation de produits toxiques augmentant le taux de dégénérescence cellulaire.

Une mutation courante dans une enzyme clé impliquée dans le métabolisme de l’alcool augmente les dommages aux cellules des patients atteints de la maladie d’Alzheimer, selon une étude menée par des chercheurs de la Stanford University School of Medicine. Cette mutation de l’aldéhyde déshydrogénase 2, ou ALDH2, est associée à une rougeur du visage suite à la consommation d’alcool. Elle réduit considérablement l’activité de l’enzyme, ce qui entraîne l’accumulation d’acétaldéhyde, un produit toxique du métabolisme de l’alcool.

Le corps réagit à la présence de la toxine par des rougeurs cutanées et une inflammation. La mutation est surtout répandue dans la population de l’Asie de l’Est. Elle se produit chez environ 560 millions de personnes, soit 8% de la population mondiale, selon Daria Mochly-Rosen. Comprendre la relation entre l’alcool et les gènes liés à la maladie d’Alzheimer aura de vastes conséquences, car de nombreuses personnes peuvent, sans le savoir, nuire à leur santé en consommant régulièrement de l’alcool.

« Nos données suggèrent que l’alcool et les gènes prédisposés à la maladie d’Alzheimer peuvent exposer les humains à un risque accru d’apparition et de progression d’Alzheimer. Ceci est basé sur nos études cellulaires dérivées de patients et nos études animales, donc une étude épidémiologique chez l’Homme devrait être réalisée à l’avenir » explique Mochly-Rosen.

Mutation d’ALDH2 : elle provoque l’accumulation de radicaux libres

Des études épidémiologiques dans des populations d’Asie de l’Est ont précédemment suggéré une association entre la mutation dans ALDH2, qui provoque des bouffées vasomotrices, et la maladie d’Alzheimer. Cependant, il y a également eu d’autres études qui n’ont pas trouvé d’association. Pour explorer davantage un rôle possible d’ALDH2, les auteurs ont examiné des cultures cellulaires faites à partir de cellules de 20 patients atteints de la maladie d’Alzheimer.

Lors d’un test en laboratoire, une culture présentait la mutation ALDH2 (également connue sous le nom de ALDH2*2). Alors que la quantité de protéine ALDH2*2 dans cet échantillon correspondait au niveau de protéine ALDH2 dans les cellules normales, la protéine mutante n’avait qu’une fraction de la capacité à décomposer l’acétaldéhyde. Par rapport aux cellules normales, les cellules ALDH2*2 avaient plus de radicaux libres et plus de 4-HNE, un autre produit chimique toxique qui est normalement traité par ALDH2.

« Les radicaux libres se forment lorsque nous avons de la fièvre, lors de maladies chroniques, ou lorsque nous sommes stressés ; les radicaux libres se forment sous de nombreux types de stimuli pathologiques. Ces radicaux libres forment des aldéhydes toxiques, et le travail d’ALDH2 est d’éliminer ces produits chimiques toxiques. Une fois que ces aldéhydes s’accumulent, les premiers organites qu’ils endommagent sont les organites qui contiennent l’enzyme censée s’en débarrasser : les mitochondries ».

Sur le même sujet : Quel est le lien entre pollution et maladie d’Alzheimer ?

Restaurer l’activité de l’enzyme ALDH2 grâce à l’Alda-1

Ce cercle vicieux conduit finalement à une réduction de l’activité mitochondriale, une augmentation de la formation de radicaux libres par les mitochondries endommagées et, dans le cas de la maladie d’Alzheimer, à la mort des neurones. Le niveau de radicaux libres a été restauré à la normale après l’ajout d’Alda-1, une petite molécule qui fixe ALDH2*2 en se liant au site catalytique et en restaurant l’enzyme à une structure fonctionnelle.

Mochly-Rosen et ses collègues ont découvert Alda-1 en tant qu’activateur d’ALDH2*2 en 2008. Alda-1 active également l’ALDH2 non mutant et pourrait donc bénéficier à plus de personnes. Des essais cliniques sont en cours pour tester l’utilité des molécules de type Alda-1 comme traitement.

ethanol alzheimer

L’éthanol augmente la formation de radicaux libres chez les personnes atteintes de la mutation ALDH2*2 et de la maladie d’Alzheimer (AD). Crédits : Amit U. Joshi et al.

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