GROSSESSE et CANNABIS : Prudence, les effets sont sévères sur la santé du bébé

La légalisation croissante du cannabis, en particulier aux Etats-Unis, en élargit l’utilisation globale, thérapeutique ou récréative, y compris par les femmes enceintes. Ainsi, aux Etats-Unis, environ 16% des femmes enceintes en consomment quotidiennement. De premières études ont associé l’exposition in utero au cannabis à des résultats neurodéveloppementaux défavorables chez le fœtus. Cette nouvelle étude d’une équipe de l’Université du Nevada (Las Vegas) menée par échographie révèle de nouveaux effets néfastes sur le développement du fœtus : retard de croissance, insuffisance pondérale à la naissance, vulnérabilité aux infections, réduction du taux d’oxygène in utero… Dans le Journal of Maternal-Fetal & Neonatal Medicine, ces auteurs médecins mettent en garde les femmes en âge de concevoir : 0 cannabis durant la grossesse.

Le résultat n’est pas surprenant car c’est pendant son développement in utero que le « bébé » est probablement le plus vulnérable aux expositions néfastes. C’est confirmé par cette étude de cohorte rétrospective menée auprès de 450 femmes enceintes qui se sont auto-identifiées comme des utilisatrices régulières de cannabis. 450 femmes non consommatrices de canabis ont été appariées en tant que témoins. Les chercheurs ont comparé les données démographiques, les mesures de biométrie fœtale, la translucidité nucale et les données des dopplers de l’artère ombilicale chez les utilisatrices vs témoins. Le retard de croissance intra-utérin a été défini comme une réduction du poids fœtal de 10%, par rapport au poids normal.

De nouveaux effets multiples et néfastes du cannabis identifiés sur la santé du fœtus

La consommation quotidienne de cannabis pendant la grossesse apparaît ici liée à un risque accru d’insuffisance pondérale à la naissance,

  • de retard de croissance : au troisième trimestre, 26 des 192 fœtus exposés au cannabis présentent un retard de croissance (vs 6 des 192 témoins),
  • de vulnérabilité aux infections,
  • de diminution du taux d’oxygène ou d’apoxie (liée à une augmentation de la résistance vasculaire placentaire aux deuxième et troisième trimestres qui peut perturber le flux nécessaire de sang riche en oxygène à travers le placenta),
  • l’hypoglycémie,
  • de faibles scores d’Apgar,
  • la mortinaissance.

Ainsi, la consommation maternelle quotidienne de cannabis est associée à de nombreux problèmes de santé pour le bébé pendant la grossesse, mais aussi après la naissance et plus tard dans la vie. Ces données viennent confirmer les résultats de précédentes recherches : « Des données récentes publiées dans le JAMA indiquent que la consommation de cannabis durant la grossesse a doublé au cours des 15 dernières années et que 70% des femmes estiment que le risque associé est minime, voire nul », alerte l’auteur principal, le Bobby Brar, médecin à l’UNLV School of Medicine.

Ces conclusions qui contribuent à la preuve des dangers de l’exposition in utero du fœtus au cannabis, doivent alerter les jeunes femmes en âge de concevoir. Les médecins notent également que l’exposition à certains composés chimiques présents à la fois dans le tabac et le cannabis pourrait expliquer les anomalies de croissance observées : les hydrocarbures aromatiques polycycliques, présents à la fois dans le tabac et la fumée de cannabis seraient clairement en cause.

Des études supplémentaires seront nécessaires pour mieux comprendre les effets négatifs de la consommation quotidienne de cannabis de la mère, sur la croissance du fœtus, mais les auteurs mettent sérieusement en garde sur les dangers la consommation de cannabis pendant la grossesse.

Les femmes enceintes devraient être soumises à un dépistage tout au long de leur grossesse et être informées des effets possibles, ainsi que des interventions pouvant leur permettre d’arrêter de fumer.

Café, tabac, alcool : qu’y a-t-il de pire pour le sommeil ?

Très courants au quotidien, le tabac, le café et l’alcool ont été étudiés pour leurs effets sur notre sommeil. Et les résultats sont assez surprenants.

Café, tabac ou alcool avant de dormir : une étude sur ce qui provoque l’insomnie a examiné en détail certaines routines que nous pratiquons de manière parfois assidue (vous savez, la dernière clope avant d’aller au lit) pour étudier l’importance d’un sommeil réparateur. Les chercheurs voulaient voir si la nicotine, la caféine et l’alcool avaient vraiment un effet néfaste sur notre sommeil. Et la conclusion est surprenante.

Les résultats de cette étude ont été publiés dans la revue américaine Sleep de la Sleep Research Society. Des scientifiques de la Harvard Medical School et de la Florida Atlantic University ont examiné les habitudes de sommeil de 785 personnes. Tous étaient relativement âgés (63,7 ans en moyenne) et surtout des femmes (67,9% du total), avaient des journaux de sommeil et des appareils de mesure des signes vitaux sur leurs poignets. La question posée : la durée et la profondeur du sommeil nocturne peuvent-elles être affectées par la consommation de café, tabac ou alcool au cours des quatre heures précédant le coucher ?

Les cigarettes perturbent le plus le sommeil

La nicotine s’est avérée être de loin le plus grand tueur de sommeil. Non seulement celui-ci a été moins réparateur, mais les fumeurs ont aussi eu un sommeil beaucoup plus interrompu, ce qui n’a pas été le cas pour les autres stimulants testés. Pour les patients qui souffraient déjà d’insomnie antérieure, la nicotine a eu un effet particulièrement négatif : ils ont dormi en moyenne 42 minutes de moins par nuit, selon le journal The Independent.

La consommation d’alcool a également entraîné un sommeil moins réparateur. L’alcool n’endommage pas autant le sommeil que la nicotine : la durée du repos nocturne n’a pas été grandement affectée. Toutefois, la plus grande surprise au sujet de quelle substance cause plus d’insomnie n’est pas celle-là.

Et si le café ne réveillait pas ?

« La consommation nocturne de caféine n’a eu aucun effet sur les paramètres du sommeil », ont déclaré les chercheurs. Selon The Independent, c’est la plus grande surprise de l’étude, car la caféine et le café sont considérés comme des stimulants depuis plusieurs générations. Cependant, des études antérieures ont montré que l’effet de la caféine sur le sommeil ne peut être scientifiquement prouvé.

Selon Christine Spadola, cette étude est l’une des plus grandes et des plus importantes de sa catégorie. Bien que d’autres études sur le sujet aient été publiées à grande échelle, telles que la Jackson Heart Sleep Study, dans de nombreux cas il n’est pas clair qu’une distinction est faite entre la consommation occasionnelle et la consommation continue (par exemple, en comparant les fumeurs endurcis avec des personnes qui ne boivent qu’un verre de vin rouge la nuit de façon occasionnelle).

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Alcool : le défi du « janvier sec » lancé « malgré les efforts du lobby alcoolier et la pression de l’Elysée »

Les associations de promotion de la santé font valoir les bienfaits d’initiatives similaires au Royaume-Uni et en Belgique.

Emmanuel Macron, accompagné du président de la Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (à gauche), goûte des produits locaux, à Anglet, le 24 août.
Emmanuel Macron, accompagné du président de la Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset (à gauche), goûte des produits locaux, à Anglet, le 24 août. IAN LANGSDON / AFP

Les associations d’addictologie et de promotion de la santé, dont notamment la Fédération Addiction, Aides, la Ligue contre le cancer… ne baissent pas les bras, loin de là.

Elles ont annoncé dans un communiqué commun, mardi 3 décembre, qu’« il y aura bien » une campagne de « Dry January » en France, « malgré les efforts du lobby alcoolier, malgré l’annulation, sous pression de l’Elysée, de l’opération “Mois sans alcool” initialement prévue par Santé publique France ».

France Assos Santé, qui regroupe 85 associations de patients et usagers, veut encore y croire. Dans un communiqué, lundi 2 décembre, intitulé « Monsieur le Président, clarifiez votre position », elle appelle Emmanuel Macron à dissiper cet « affreux malentendu » et demande que « ce soit bien à l’agenda de janvier 2020 ». En attendant, France Assos Santé soutient le Dry January à la française.

Source : Le Monde

L’ecstasy à Paris : 10 morts depuis Janvier 2019

La MDMA, la « drogue de l’amour », fait son retour en Europe

Plus connue quand elle se trouve sous la forme d’ecstasy, cette drogue ne détrône pas le cannabis en termes de consommation en Europe, mais elle talonne la cocaïne.

Comprimés d’ecstasy.
Comprimés d’ecstasy. DOMINIQUE FAGET / AFP

La « drogue de l’amour », la « D », la « MD »… Autant de petits noms pour désigner la MDMA (3,4-méthylènedioxyméthamphétamine), un stupéfiant plus connu quand il se trouve sous la forme d’ecstasy, qui signe son retour en Europe. La substance, qui s’est fait connaître dans les années 1990, ne détrône pas le cannabis en termes de consommation, loin de là, mais elle talonne la cocaïne depuis quelques années. C’est ce que montre le rapport 2016 de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT), publié mardi 31 mai, et qui porte sur les données des années 2013 et 2014.

Ce rapport estime que 13 millions des 15-64 ans ont déjà consommé de la MDMA, soit près de 4 % de cette population (5,1 % a déjà testé la cocaïne et 24,8 % le cannabis). La MDMA séduit majoritairement des jeunes adultes : sur les 2,5 millions de personnes en ayant consommé au cours de l’année, 2,1 millions ont moins de 35 ans.

Substance présente dans les raves à ses débuts, « la MDMA/ecstasy n’est plus une drogue de niche ou liée à une sous-culture » et se trouve dans les bars ou les fêtes à domicile, indique par ailleurs le rapport.

« Peu chère, facile d’accès, de bonne qualité », la MDMA remplit tous les avantages d’une consommation « festive » de drogue, reconnaît Muriel Grégoire, psychiatre à l’hôpital Marmottan, spécialisé dans la prise en charge des addictions. « Elle a vraiment bonne réputation », ajoute la soignante, soulignant qu’il y a peu de risque de devenir accro : « C’est une drogue qui n’accroche pas. »

« En addictologie, ce n’est pas le problème principal, explique-t-elle. La MDMA stimule d’abord la sérotonine, et non la dopamine, comme le fait la cocaïne. Et si la cocaïne peut être discrète socialement, les effets de la MDMA sont visibles, si bien que les gens n’ont pas envie d’être dans cet état tout le temps. »

La MDMA est aussi « empathogène », c’est-à-dire qu’elle génère de l’empathie, d’où son surnom de « drogue de l’amour ». Les personnes qui en consomment décrivent un sentiment d’amour universel, l’envie de câliner son voisin, ils ressentent de l’énergie pour danser tout en restant « tranquille, sans devenir irritable », rapporte le docteur Muriel Grégoire.

« Bad trip » et attaques de panique

Pourtant, cette drogue a aussi des effets indésirables. Muriel Grégoire reçoit ainsi en consultation une poignée de consommateurs de MDMA qui ont l’impression de « ne pas redescendre » :

« Souvent, ce sont des patients qui en ont pris de manière abusive, de fortes doses ou tous les week-ends pendant plusieurs semaines. Ils ont fait un “bad trip” et ils gardent des signes résiduels quelques jours voire quelques semaines après. Ils peuvent souffrir de troubles anxieux ou dépressifs (attaque de panique, anxiété du matin au soir), ou, plus rarement, de troubles psychotiques comme un sentiment de persécution, de déréalisation ou de dépersonnalisation, c’est-à-dire qu’ils ne reconnaissent plus où ils sont ou qui ils sont. »

Les personnes fragiles ou alcoolisées sont plus sujettes à ces « mauvais voyages » mais « ces effets indésirables peuvent arriver à n’importe qui », souligne Muriel Grégoire. Le risque de surdose, pouvant entraîner la mort, n’est pas exclu non plus. « La situation est d’autant plus préoccupante que la MDMA […] est de plus en plus disponible via les marchés en ligne », précise Alexis Goosdeel, directeur de l’OEDT.

Le rapport de l’OEDT rappelle que la MDMA, après une phase de grande popularité dans les années 1990, a connu « une longue période pendant laquelle sa piètre qualité et son adultération [frelatage] se sont traduites par une diminution de sa consommation ».

Mais, aujourd’hui, « un marketing sophistiqué et ciblé » serait en œuvre, selon les auteurs de l’étude, afin de relancer cette drogue. Ils décrivent ainsi des « poudres, cristaux et comprimés fortement dosés, avec toute une série de logos, de couleurs et de formes ». « Il pourrait s’agir d’une stratégie délibérément mise en œuvre par les producteurs afin d’améliorer la réputation de cette drogue », suggère l’observatoire.

Substituts « légaux »

Par ailleurs, sur Internet, on voit apparaître des produits de synthèse vendus comme des substituts « légaux », indique l’étude. Ces nouvelles substances psychotiques jouent sur une zone grise juridique, éphémère : le temps que la « nouvelle » molécule soit officiellement reconnue comme illicite, elle peut être considérée comme légale par défaut.

Or la cathinone, par exemple, un substitut de stimulants tels que les amphétamines, la MDMA et la cocaïne, « a causé près de 200 intoxications aiguës et une centaine de décès depuis 2011 » en Europe, souligne le rapport. Plus risquées, ces substances sont aussi « clairement addictives », constate Muriel Grégoire.

Source 1

Source 2

Le Monde annonce la victoire de la Russie sur l’alcoolisme

Avec un récent rapport de l’OMS à l’appui, Le Monde a mis en valeur la baisse de la consommation d’alcool en Russie au cours de ces dernières années. Une hausse de l’espérance de vie en a résulté.

La Russie «a fait chuter l’alcoolisme», a indiqué Le Monde en se référant à un rapport ad hoc publié en octobre dernier par l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

Selon ce rapport, la consommation d’alcool par individu a reculé de 43% entre 2003 et 2016, résultat notamment d’une politique de restrictions appliquée depuis le début des années 2000, note le journal.L’OMS «va jusqu’à présenter les progrès réalisés par Moscou en matière de lutte contre l’alcoolisme comme « une success story »  à même de « donner des leçons » à d’autres pays», s’étonne le journaliste du Monde.

La diminution de la consommation des alcools forts entre 2003 et 2016 se monte à 67%, principalement au profit de la bière et du vin, note le journal. En 2017, chaque Russe de plus de 15 ans avait consommé en moyenne 11,1 litres d’alcool pur, soit moins que les Français (11,7 litres), pour une moyenne européenne à 9,8 litres.

Espérance de vie en hausse

La baisse massive de la consommation d’alcool a également contribué à accroître l’espérance de vie, qui s’est établie à 78 ans pour les femmes et 68 ans pour les hommes en 2018. Un niveau record, selon les auteurs du rapport de l’OMS. Au début des années 1990, l’espérance de vie masculine n’était que de 57 ans, contre 71 ans pour les femmes.Pour l’OMS, il y a «une corrélation forte» entre cette amélioration des indicateurs démographiques et la baisse de la consommation d’alcool, même si d’autres facteurs sont à prendre en compte. Par exemple, le stress des sauvages années 90, la mauvaise alimentation, le tabagisme et la détérioration drastique des services sociaux et de santé à cette époque.