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Propositions du CNPERT : Prologue et Synopsis

            IPrologue

Notre Nation est minée de longue date par les ravages physiques du tabac (75.000 décès annuels avec souvent, au préalable, de nombreux handicaps affectant la qualité de vie des tabagiques) et par les ravages physiques et psychiques de l’alcool (41.000 décès annuels, avec de nombreux handicaps et de grandes détresses psychiques et sociales, dont nombre d’actes de violence, sur les femmes et dans les familles). Tous ces drames sont la rançon du caractère licite de ces drogues et l’expression d’appétits capitalistes insatiables qui tirent de ces intoxications de masse, de somptueux bénéfices, que sans cesse  ils s’appliquent à faire croître.

L’attrait commun des humains pour les drogues est redoublé par d’éventuelles perturbations familiales, environnementales, relationnelles, éducatives… Cet ensemble est exacerbé par un appât du gain qui s’exprime à toutes les étapes du parcours des drogues. En regard de ces différents facteurs les considérations humanistes, morales et sanitaires ne pèsent pas lourd. C’est ainsi que l’on aboutit au désastre des toxicomanies, qui affecte particulièrement notre Nation ; puisqu’elle apparait en Europe aux premiers rangs des consommateurs de nombreuses drogues.

Le CNPERT affiche dans son intitulé les objectifs qu’il s’assigne : réunir les informations épidémiologiques et toxicologiques les plus pertinentes sur les drogues en circulation ; analyser l’importance de leur consommation et de leurs méfaits ; suggérer les moyens à mettre en œuvre pour contenir et mieux encore faire reculer leurs consommations.

            Pour les lecteurs pressés, sont synthétisées  en  trois pages les actions de prévention que nous suggérons,  et pour tous les autres lecteurs sont présentés  sur une vingtaine de pages les attendus et les modalités de mise en œuvre de ces suggestions.

Ces propositions s’adressent à tous les citoyens français, avec l’espoir qu’ils insuffleront à leurs élus leurs préoccupations et leurs requêtes. Le CNPERT vous prie donc d’en assurer la plus large diffusion et vous en remercie.

II – Synopsis des propositions du CNPERT

       visant à faire régresser les drogues et toxicomanies

            Tabac – Alcool

-Enseigner dès l’école primaire les méfaits de ces deux drogues.

-Mettre en œuvre dès maintenant toutes les dispositions permettant d’atteindre en 2030 l’ambition d’une génération sans tabac, exprimée par le Président de la République.

-Accroître les prix du tabac et de l’alcool.

-Faire respecter l’interdiction de leurs ventes aux mineurs.

-Généraliser les facultés et les hôpitaux « sans tabac ».

-Multiplier les messages de prévention.

-Interdire toutes les formes de leur publicité.

-Utiliser le nouveau service national pour faire des jeunes appelés des éducateurs dénonçant les méfaits de toutes les drogues.

-Réduire la production d’alcool, le degré alcoolique des vins, le volume des flacons de bière.

-Multiplier les contrôles routiers et professionnels de l’alcoolémie.

-Interdire les « happy hours » ; interdire les dons d’alcool par les alcooliers aux soirées festives comme incitation à la consommation.

-Lier la restitution d’un permis suspendu après constat d’une alcoolisation routière à une  vérification de l’abstinence attestée par la mesure dans les cheveux de l’éthylglucuronide.

-Encourager le développement d’une gastronomie pouvant se marier avec des boissons non alcooliques. 

-Supprimer les boissons alcooliques dans les « pots » d’entreprises et les réunions professionnelles.

-Interdire la vente et la consommation d’alcool lors des manifestations sportives.

-Responsabiliser les personnels des bars dans la prévention des ivresses.

-Rappeler que le fœtus ne supporte pas l’alcool ; qu’il est menacé par le syndrome d’alcoolisation fœtale ; les pictogrammes apposés sur les boissons alcooliques doivent être parfaitement lisibles.

Cannabis

-Enseigner dès l’école primaire les méfaits de cette drogue.

-Lutter contre les lobbies au service de la diffusion du cannabis ; dénoncer les médias qui sont leurs relais.

-Empêcher le détournement des e-cigarettes par des recharges « d’huile de cannabis » et des divers produits à base de cannabis ou de cannabinoïdes de synthèse.

-Interdire la vente aux mineurs des pipes à eau.

-Interdire la vente des feuilles de papier à cigarette « grand format », qui ne servent qu’à la confection de « pétards ».

-Signaler publiquement et au conseil de l’ordre, les comportements de certains addictologues qui banalisent cette drogue, en font l’apologie et militent pour sa légalisation.  

-Appliquer, en l’aménageant, la prohibition du cannabis édictée par la loi de 1970. L’amende de 200 € infligée au possesseur et/ou au consommateur de cannabis devrait être inscrite sur un fichier informatisé, permettant de multiplier son niveau au prorata du nombre de récidives ; avec au delà de 3 récidives, l’obligation de suivre un stage payant d’information sur les méfaits de la drogue ; stage comportant à son issue un contrôle des connaissances acquises (le stage étant réitéré si le niveau est insuffisant), avec mise en place d’un suivi médical comportant des contrôles urinaires périodiques.

-Faire évoluer la loi afin de pouvoir s’assurer que les urines sont exemptes de cannabinoïdes chez les candidats à l’inscription dans les facultés de Santé, aux épreuves du permis de conduire, à l’admission dans la police, la gendarmerie, l’armée, les professions de Santé, la magistrature, l’enseignement, ainsi qu’à des postes de responsabilité (surveillants des centrales nucléaires, conducteurs d’engins, chauffeurs des transports en commun…) ; des contrôles devront également pouvoir être effectués au cours de leurs carrières professionnelles.

-Dans le processus d’accréditation des hôpitaux psychiatriques, une large place doit être accordée à l’appréciation des mesures prises pour  y empêcher l’intrusion des drogues.

-Traquer les dealers et mettre à profit leur incarcération pour les former à des activités professionnelles, dont ils devront ultérieurement justifier de l’exercice.

-Appliquer des contrôles fiscaux pour faire justifier de ressources honnêtes ceux ayant un haut train de vie inexpliqué.

Opioïdes- morphiniques

-Ces analgésiques majeurs, opioïdes ou apparentés (tramadol), ne devront pas être prescrits sans raisons impérieuses ;

-Ne pas être prescrits trop tôt, à de trop fortes doses et trop longtemps.

-Mettre fin au détournement de la buprénorphine à haut dosage, destinée à faire rompre l’héroïnomane avec son comportement injecteur ; cette buprénorphine que s’injectent désormais près de 100.000 de ses « bénéficiaires » ;  son détournement étant facilité par la forme Lyoc récemment commercialisée. Ne devrait être autorisée que la prescription de Suboxone®, qui prévient un détournement par la voie intraveineuse.

-Renforcer la surveillance de la délivrance de la buprénorphine à haut dosage (BHD) commercialisé sous le nom de Subutex®, pour empêcher les multi prescriptions  et multi délivrances qui,  par revente du produit, recrutent aux morphiniques de jeunes toxicophiles, qui vont plonger dans la morphinomanie (mode d’initiation estimé à 30%) .

-Inscrire l’usage des traitements de substitution aux opioïdes, dans un schéma de décroissance visant l’abstinence à plus ou moins long terme.

-Renforcer la prohibition du cannabis qui, par un effet épigénétique, accroit l’appétence pour les morphiniques.

Cocaïne et crack

-Accroître les dispositifs de surveillance et les saisies pour que la rareté des produits en accroisse le prix.

-Traquer les dealers autour des regroupements de crackers.

-Renvoyer dans leurs pays d’origine les crackers dealers en situation irrégulière.

-Traiter en clinique les crackers schizophrènes.

-Traiter en des centres spéciaux (à créer), fermés à tout apport de drogues, ceux dont la dépendance ne résulte pas d’un processus psychotique.

-Renforcer la prohibition du cannabis qui, par un effet épigénétique, accroit l’appétence pour la cocaïne.

Autres propositions

-Remplacer autant que possible les allocations en espèces par des allocations en nature dédiées au logement, à l’habillement, à l’alimentation par des bons ne permettant pas l’achat de boissons alcooliques ou de toute autre drogue.

-Instaurer une éducation civique sanitaire, de l’école à l’université et dans les filières professionnelles, accordant une très large place aux toxicomanies et au dopage.

-Arrêter le versement de subventions à des associations complaisantes avec les drogues et toxicomanies.

-Enseigner à tous ceux qui interviennent auprès des toxicomanes, de ne pas confondre une indispensable empathie avec la moindre collusion.

-Contrôler de façon régulière le fonctionnement qualitatif et quantitatif des structures d’accueil et d’aide pour les personnes malades de la drogue (CAARUD, CSAPA…)

-Former de façon spécifique aux dangers des toxicomanies tous les professionnels qui exercent au contact des jeunes.

-Empêcher l’entrée dans les « rave parties » (pour autant qu’elles soient autorisées) de toutes les drogues illicites, par la fouille à l’entrée des véhicules et des participants ;

-Suppression des comptoirs où certaines associations se livrent à une analyse très sommaire des drogues qui leur sont soumises ; cette pseudo «réduction des risques» faisant croire au caractère légal de l’intoxication et donnant une fausse sécurité sur les produits consommés.

-Appeler « drogues » les drogues, et « toxicomanes » ceux qui en abusent, sans recourir à des circonvolutions langagières qui en dissimulent la nature et les dangers (telles  « substances », « substances psychoactives », « substances d’abus »..).

-S’attaquer au Cyber marché noir des drogues avec les techniques modernes permettant de l’entraver.

 -Traçage des paiements (dont « dark web ») des substances illicites, suppression des commerces déguisés de drogues sous formes de « sels de bain », « étalons pour laboratoire de chimie » ; effectuer la saisie des flux financiers générés par ces trafics internationaux.

Prochain Article : III -Développements des suggestions  précédentes : A – Introduction le 19 juin

Merci de signer cette pétition !

Un de nos collègues nous demande de diffuser cette information; Nous le faisons bien volontiers en demandant à tous ceux qui le peuvent de signer la pétition  et de participer à la manifestation,

le vendredi 17 Juin à 18 h devant le 1 Rue Chardon Lagache Paris 16ème

un centre de crack à côté d’une école!

cliquez sur https://chng.it/D7RSMJd5qM

Alcool, cannabis, drogues dures… Comment aider un proche à sortir de l’addiction ?

Il s’agit souvent d’un problème que l’on minimise ou que l’on cache sous le tapis, mais les addictions sont un fléau en France, et chacun d’entre nous peut y être confronté un jour. Elles ne touchent pas que les personnes addictes mais aussi leurs proches, alors comment tendre la main ? Pour y répondre, Jean-Pierre Couteron et Jérôme Adam étaient les invités de « Bienfait pour vous » sur Europe 1.

Taboue, difficilement diagnosticable, longue rémission, l’addiction est un mal dont on aimerait vraiment se passer et qui affecte tout notre entourage. Au micro de Julia Vignali et Mélanie Gomez, Jean-Pierre Couteron, addictologue, psychologue clinicien et porte-parole de la Fédération addiction et Jérôme Adam, producteur du film Tout pour être heureux ? traitant de l’addiction, sont venus partager leur expertise. Et pour aider, il faut d’abord reconnaître. Qu’est-ce qu’une addiction ? Qui peut être susceptible d’en développer une ? Et surtout, que faire ?

Qu’est-ce que c’est concrètement l’addiction ?

« L’addiction, c’est la perte de contrôle d’une substance psychoactive ou désormais d’un appareil, d’un comportement, qui nous permet d’avoir des effets psychoactifs. C’est la perte de contrôle. Avant, c’est de l’usage. Si je me sers de mon téléphone portable, c’est de l’usage. Si, je n’arrive pas à doser le temps que je passe sur mon téléphone portable, je rentre dans des comportements addictifs », explique Jean-Pierre Couteron.

Selon le spécialiste, l’addiction est un trouble complexe, car elle possède deux versants : un versant maladie et un versant « comportement social », à savoir comment l’addict interagit avec le monde et avec ses proches.

Est-on tous égaux face à l’addiction ?

Certains milieux sociaux, certaines tranches d’âge semblent être plus exposés aux risques addictifs, mais pour le clinicien, il n’y a pas forcément de prédispositions, plutôt des vulnérabilités. « Il y a effectivement des vulnérabilités sociales qui font que, selon les milieux sociaux, selon les conditions de vie, on peut avoir des paramètres. Mais il y a aussi des vulnérabilités psychiques. Selon les histoires de vie, si on a vécu un traumatisme, qu’on a des difficultés familiales », détaille-t-il.

>> À RÉÉCOUTER – Drogue et alcool : la clé des addictions serait dans notre ventre

« Et puis il y a des vulnérabilités physiologiques, génétiques. Il n’y a pas un gène de l’addiction, mais il y a des paramètres qui font qu’on n’a pas le même physique et qu’on n’aura pas la même réaction à la substance. Donc tout ça se mélange, peut s’équilibrer. L’effet positif de l’un peut rencontrer l’effet négatif de l’autre. Mais effectivement, le principe de base à savoir, c’est qu’on n’est pas égaux et que ce qui marche pour l’un ne marche pas forcément pour l’autre. »

Une constante semble pourtant se dessiner : c’est à l’adolescence que majoritairement les risques addictifs se présentent.

Comment reconnaître une personne addicte ?

Selon Jean-Pierre Couteron et Jérôme Adam, qui a perdu son frère à cause de l’addiction et a motivé la création de son film, en cas de doute, il faut surveiller le comportement du proche et notamment s’il perd le contrôle. « Donc les signes qui montrent que la personne n’arrive pas à être à la hauteur du contrôle, qu’elle dit encore vouloir avoir. Qu’elle s’engage à faire telle chose à telle heure et qu’elle ne le fait pas. Qu’elle s’engage à ne pas reboire le soir même alors qu’elle va le faire… Ce sont ces signes-là« , précise l’addictologue.

« J’ai compris très vite que [mon frère] consommait, qu’il avait des problèmes de consommation parce qu’il y a eu des attitudes avec des épisodes délirants pendant la nuit, des épisodes où il avait piqué des médicaments de ma mère pour compenser et trouver certains effets », raconte Jérôme Adam.

>> À RÉÉCOUTER – Souffrant de différentes addictions, Christine a réussi à reprendre sa vie en main

Il y a également des signes physiques pour certaines addictions : l’ivresse alcoolique, l’euphorie avec un produit comme le cannabis, des états d’excitation avec des produits stimulants comme la cocaïne. Et si ces deux types de signes persistent et qu’on les a repérés, c’est à ce moment-là que le sujet peut être abordé.

Comment ne pas la braquer ?

« Souvent, le piège dans lequel on va tomber, c’est de lui en parler pour lui dire tout de suite : ‘Arrête !’ Or, il n’a pas immédiatement envie qu’on lui dise d’arrêter parce que pour lui, ça fonctionne encore comme une solution. Ça vient calmer une angoisse, ça vient calmer quelque chose. La première étape, c’est de lui dire qu’on voit qu’il consomme, qu’on imagine que ça lui sert à quelque chose et que c’est de ça dont on aimerait parler. C’est de voir à quoi ça lui sert », explique le clinicien. 

Pour Jérôme Adam, la question de l’amour est très importante. « Il y a tout un travail de déculpabilisation à effectuer vis-à-vis de la personne addicte. Maintenant, l’amour, ce que j’essaye de dire dans le film, c’est qu’il doit être présent et donc qu’il faut rester présent, tendre la main. Mais ça ne suffit pas forcément et surtout, on ne peut pas faire à la place de l’autre. Donc c’est tout ce dosage entre accepter son impuissance et être présent malgré tout qui est fondamental », confie le réalisateur. À l’inverse, la séparation ou la menace d’un éloignement peut aussi agir comme un déclic, mais il faut faire très attention et l’effet n’est pas systématique.

Où l’emmener et que faire ?

Si la personne addicte reconnaît sa maladie et accepte d’en discuter, plusieurs choses sont possibles. « La majorité des addicts s’en sort sans aller consulter les professionnels », indique Jean-Pierre Couteron. Pour certaines addictions, comme la cigarette ou le téléphone portable, il est possible de « réaménager son environnement, son entourage. C’est la fameuse histoire : j’ai rencontré quelqu’un, j’ai un boulot », ajoute le psychologue.

Avec un peu de différence en intensité, on n’est pas obligé d’aller consulter. Cependant, plus on rentre dans des problématiques complexes où il y a des problèmes psychopathologie, des histoires de vie, des vulnérabilités, plus cela est difficile d’en sortir seul. Dans ces cas-là, il est préférable d’être suivi par un médecin. « Il y a beaucoup d’endroits pour aller consulter. Il y a des médecins en ville qui sont intéressés par les questions d’addiction, des centres spécialisés, médico-sociaux, des centres de soins, d’accompagnement et de prévention », détaille le professionnel. Enfin, des médicaments, prescrits par le médecin, peuvent aider à réduire les effets de l’addiction.

Source Europe 1

Crack et cocaïne

Regard sur ces drogues qui défraient la chronique

Que faire pour en réduire l’emprise ?

par le Professeur Jean Costentin

Le crack est la forme base de la cocaïne, insoluble dans l’eau, qui se volatilise sans altération à une température de 90°C ce qui permet de le fumer

Ceci le distingue du chlorhydrate de cocaïne (la « neige ») soluble dans l’eau qui peut être snifé/prisé, ingéré ou injecté, mais ne peut être fumé car se volatilisant à 180°C, il subit une importante détérioration

Etant fumée, la cocaïne du crack arrive très rapidement au cerveau, où elle induit des modifications neurobiologiques soudaines, à l’origine du flash, du shoot, que recherchent ses consommateurs et qui majorent leur appétence pour la cocaïne.

-Le crack se fait très abondant en raison d’une production Andine croissante et d’une meilleure étanchéité de la frontière entre le Mexique et les U.S.A. ; aussi, il reflux sur les Caraïbes, l’Afrique, le Maroc et, de l’Espagne, il diffuse sur l’Europe.

-Son prix est nettement moindre que celui du chlorhydrate de cocaïne. Alors que le prix de ce dernier est devenu assez abordable pour n’être plus cantonné au monde du show bizz, ou à de riches personnalités. Le prix des deux formes de cette même drogue est inversement proportionnel à leur abondance et à leur accessibilité ; plus les saisies sont importantes plus le prix devrait s’accroitre ; or il continue de diminuer…

-Les consommateurs de crack s’assemblent sur les lieux de deal (à Paris le Staline crack, ou les jardins d’Eole) ; où ils pourrissent l’atmosphère du quartier et suscitent l’ire des riverains. Outre, en amont, une chasse résolue aux trafiquants, à l’origine de l’approvisionnement, une traque intense par la police en civile doit s’exercer sur les dealers rassemblés sur ces lieux.

-Les allocations « en espèces » versées aux toxicomanes, devraient être remplacées par des aides en nature, dédiées au logement, aux vêtements, aux bons de nourriture (utilisables dans les seuls magasins ne vendant ni vins ni spiritueux). Des foyers et restaurants associatifs doivent devenir les champs d’action de psychologues, de médecins, d’addictologues, qui leur dispenseront des soins (somatiques, psychologiques, psychiatriques) et les aiguilleront vers d’autres structures.

-La détention et la consommation de drogues, parce qu’elles sont illicites, devraient déclencher une procédure judiciaire conduisant à une injonction de soins en milieu fermé. Seraient alors distingués : les psychotiques (dont le crack aggrave l’état) qui seront pris en charge dans des hôpitaux psychiatriques ; et les autres consommateurs, accidentés de la vie, qui seraient accueillis dans des structures spécifiques, en milieu fermé, imperméables aux arrivées extérieures de drogues. Leur sevrage y serait instauré ainsi que les prémices de leur réinsertion sociale. Cette ambition est authentiquement médicale et humaniste ; elle est à l’opposé de la démission prônée par certains médecins qui, excipant de ce titre, militent pour la légalisation de toutes les drogues et la généralisation des salles de shoots.

-Les « crackers » entrés en France par effraction, en suivant le chemin de la drogue qu’ils consomment et qu’ils diffusent, devraient être reconduits dans leurs pays d’origine, surtout s’ils sont arrivés étant déjà dépendants. Notre nation démunie pour la prise en charge de ses propres citoyens toxicomanes n’a aucune latitude pour accueillir des sujets dépendants étrangers, qui contribuent à l’aggravation de cette toxicomanie en France.

-Sur un mode Pavlovien, le toxicomane établit une association entre drogue et plaisir, qui devient bientôt : drogue et soulagement du besoin tyrannique que cette drogue a instauré. L’adoucissement du contexte de la consommation, but avoué des « salles de shoots », renforce l’ancrage du crackophile dans sa crackophilie. A l’opposé, le sevrage « sec », injustement décrié, a donné un nombre significatif de bons résultats.

-Des vulnérabilités d’origine génétique, ainsi qu’épigénétiques, expliquent l’accrochage très rapide au crack de certains de ses consommateurs.

En France, les consommations importantes de cannabis et de cocaïne semblent corrélées. En effet, la consommation parentale de cannabis induit chez l’enfant, via des mécanismes épigénétiques, une raréfaction des récepteurs D2 de la dopamine (dans son noyau accumbens, sorte de centre du plaisir). Elle induit à l’adolescence une vulnérabilité aux toxicomanies, que les parents aient consommé du cannabis avant de procréer ou que les mamans aient consommé cette drogue pendant la grossesse.

– Des expériences récentes, réalisées chez le Rat, montrent que l’administration de cannabis (THC), par un effet épigénétique, accroît leur appétence ultérieure pour la cocaïne et, dans d’autres expériences, pour l’héroïne. Les effets que font éprouver ces drogues étant plus intenses, leur pouvoir d’accrochage l’est également. Ces effets épigénétiques du THC mettent à mal les derniers arguments de ceux qui contestent encore l’escalade des toxicomanies.

Pour lutter contre l’invasion du crack et des autres drogues qui minent notre jeunesse et notre société, il importe de ne légaliser ni le cannabis, ni aucune autre drogue et de faire régresser, autant qu’il est possible, l’addiction au tabac et à l’alcool, premières marches de cette funeste escalade qui mène à la cocaïne et à l’héroïne.

Drogue en Corse : « la toxicomanie, c’est une maladie, ce n’est pas un vice »

Écrit par Axelle Bouschon
Au centre Addictologies France de Bastia, la prise en charge des patients se décline ainsi en trois volets : social, médical, et psychologique.
Au centre Addictologies France de Bastia, la prise en charge des patients se décline ainsi en trois volets : social, médical, et psychologique. • © Axelle Bouschon / FTV

C’est un fléau chaque année plus présent sur l’île. Mais dont on parle peu. Nous vous proposons toute cette semaine une série d’enquêtes, à la rencontre de ceux qui luttent contre ce phénomène, de ceux qui consomment, mais aussi de ceux qui en vivent. 2ème épisode, aux côtés d’une association.

Il est 8h30, passants et voitures affluent à un rythme régulier, le long de la rue royale, à Bastia. Au rond-point de la résidence A Tramunta, en face du chemin menant à l’hôpital de Falconaja, le centre d’Addictions France ouvre ses portes, et se remplit au gré des arrivées des employés. Ce lundi 25, ils sont cinq et une stagiaire à travailler.

Une pile de documents sous le bras, Déborah Baron se…. CLIQUEZ POUR LIRE LA SUITE

Crack à Paris : l’impasse malgré l’urgence

Par Hippolyte Radisson, le 9/12/2021
Alors que la Cour des comptes publie jeudi 9 décembre un rapport sur la mise en œuvre du « plan crack » à Paris, la situation s’enlise dans la capitale. Depuis 76 jours, 150 à 200 usagers de cette drogue dure s’entassent sur un lopin de terre dans le nord de la ville, sans que se dégagent de solutions à court terme.

Le train serpente dans l’obscurité des tunnels de la ligne 7 du métro parisien. Stalingrad, Riquet, Corentin-
Cariou, Porte de la Villette. C’est ce même parcours qu’ont emprunté, à la surface, les consommateurs de crack, repoussés toujours plus dans le nord de la capitale. Ballottés de la « colline du crack » au jardin d’Éole, puis dans le square Forceval à la Villette, où ils sont désormais implantés. Un lopin de terre bordé par le périphérique, où le sol s’est mué en boue.


REPORTAGE. Crack à Paris : un mur et peut-être la fin d’une impasse


On estime qu’il y a là 150 à 200 consommateurs de cette « drogue du pauvre », un dérivé de la cocaïne dont Crack à Paris : l’impasse malgré l’urgence une dose à fumer, un « caillou », se vend sur place pour 5 à 10 €. À l’euphorie, immédiate et éphémère, succède la redescente, anxiogène, qui pousse à reconsommer sans cesse. La solution devait être temporaire, les « crackers » sont là depuis 76 jours.


L’exaspération des riverains de Forceval
Pourquoi là ? Parce que c’est un « secteur sans riverains aux abords immédiats », expliquait la préfecture de police de Paris le 24 septembre, jour de l’évacuation vers Forceval. Cette phrase, Raphaël et Dominique la ruminent encore. Ils habitent dans le quartier des Quatre Chemins, à cheval entre Pantin et Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Comme 35 000 personnes environ.


À Paris, l’épineuse gestion de la crise du crack


« Ils disent qu’il n’y a pas de riverains mais nous, on subit. Ça nous est tombé dessus comme la misère sur le pauvre monde, s’exaspère Dominique, 68 ans, autour d’un thé à la menthe. Ces pauvres êtres malades sont dans la boue et les rats, moi je ne dors pas tranquille. » Elle habite à 300 mètres du mur construit à la hâte par la préfecture de police sous le passage Forceval, qui n’empêche pas les usagers de rejoindre les villes voisines, en quête d’argent ou de nourriture.
On croise des personnes hagardes qui titubent sur les trottoirs, d’autres, recroquevillées au sol, qui allument leur pipe. « Il y a quelques agressions, une mendicité insistante, plusieurs voisins ont retrouvé des gens dans leur voiture, leur immeuble, leur palier », énumère Raphaël, 65 ans. Il a rejoint avec Dominique le collectif « 93 anti crack », en faveur d’une prise en charge des toxicomanes et de solutions pour contrer l’insécurité.

L’amertume des élus locaux
Ces riverains ont envoyé une lettre au premier ministre Jean Castex le 3 novembre pour réitérer une demande d’entretien. Réponse le 3 décembre : Jean Castex ne va pas les recevoir, il renvoie au ministre de l’intérieur. L’entourage de Gérald Darmanin indique à La Croix qu’il faut se tourner vers la préfecture de police de Paris pour obtenir des réponses. Et la réaction de celle-ci est lapidaire : elle renvoie à des communiqués de presse… vieux de trois mois.

« Plan crack » à Paris : la Cour des comptes pointe des efforts insuffisants

L’amertume et la colère, on la retrouve chez les politiques locaux. Bertrand Kern, maire socialiste de Pantin, a entamé un combat sans relâche, manifestant régulièrement avec des collectifs d’habitants. Il se rappelle avoir appris l’évacuation des toxicomanes par la presse, le 24 septembre : « A 11 h 30, le chef du cabinet du préfet de police m’appelle pour me tenir au courant, me mettant devant le fait accompli. Je lui ai dit “vous vous moquez du monde”, puis j’ai raccroché. »
« Berlin-Pantin » : Véronique Olmi s’indigne de la construction d’un mur dans le nord-est de Paris Bertrand Kern et la maire d’Aubervilliers Karine Franclet (UDI) ont tenté en vain de faire annuler la décision du préfet avec un recours en urgence devant le tribunal administratif, en octobre. Ils attendent désormais un jugement sur le fond, qui ne devrait pas intervenir avant quelques mois. « C’est un mépris de nos territoires. Les habitants ont le sentiment d’être la poubelle de Paris, de n’avoir pas le droit à un cadre de vie apaisé. On rajoute de la fragilité à la fragilité », déplore Karine Franclet.


Des structures d’accueil pour sortir de l’impasse
Comment sortir de l’enlisement ? « Il faudrait créer des petites structures d’accueil qui leur permettent de consommer hors de la rue et de suivre un parcours de réinsertion médico-social », plaide Bertrand Kern. La loi permet depuis fin novembre la création de « haltes soins addictions » (HSA) pour que les usagers puissent consommer à moindre risque. Mais la ville de Paris avance avec prudence sur le sujet, tant elle sait que l’ouverture de ce qui est parfois appelé des « salles de shoot », dont l’une existe déjà depuis 2016, peut susciter des tensions.

« Le projet, à moyen et long terme, est d’avoir des lieux qui permettent à la fois le soin et un espace de
consommation, décrit l’adjointe à la santé de la maire de Paris, Anne Souyris. À court terme, c’est d’avoir
beaucoup plus de lieux de repos et d’élargir les horaires des lieux existants ». « Mais tout est bloqué dans la discussion avec l’ARS et la préfecture », reprend-elle. Pour faire face à l’urgence, 40 places d’hébergement ont été débloquées ces trois derniers mois, et un bus de soin est désormais présent tous les après-midi sur le camp, ajoute-t-elle. Plusieurs observateurs craignent que la situation continue à s’enliser jusqu’à la présidentielle.

Le bilan en demi-teinte du « plan crack »
En mai 2019, les services de l’État, le parquet, la ville de Paris et les associations concluaient un protocole sur trois ans pour tenter d’extraire les usagers du crack de la rue. La Cour des comptes en dresse le bilan ce jeudi.
Au lieu des 9 millions d’euros prévus, 25 millions ont été investis dans ce « plan crack ». Mais la mise en œuvre est inégale. Seuls 19 des 33 actions programmées avaient été effectuées en juin 2021. La Cour souligne des résultats « réels mais partiels », sans effets sur la « tranquillité publique ». La coordination entre les différents acteurs s’est progressivement essoufflée.
Les places d’hébergements d’urgence à l’hôtel ont significativement augmenté, passant de 60 à plus de 400.
Les maraudes assurées par les associations ont aussi été renforcées. Mais les salles de repos et salles de consommation n’ont pas assez été développées, par manque de personnel soignant et de lieux pour implanter de nouvelles structures.


Article sélectionné par Xavier de Beaurepaire

Source

La consommation de drogues des 18-24 ans ?

La consommation de drogues des 18-24 ans ? Métro, boulot, bédo …Enquête sur la place du cannabis dans la vie quotidienne des jeunes.

L’usage de drogue est aujourd’hui une réalité pour plusieurs millions de jeunes Français. C’est ce que confirme l’étude* confiée par High Society à l’Ifop, qui a interrogé mi-novembre, 1 205 jeunes âgés de 15 à 24 ans sur leur consommation et leurs habitudes.

Il ressort notamment une réelle banalisation du cannabis dans cette génération : 47% des personnes interrogées en ont déjà fumé au moins une fois, soit plus de 3,5 millions de jeunes concernés ces dernières années. Largement utilisé à titre festif, le cannabis accompagne également certains consommateurs dans divers moments de la vie quotidienne, au travail, en cours, au volant ou encore avant une relation sexuelle.

S’ils disent avant tout rechercher un effet décontractant, les jeunes subissent aussi les effets nocifs des drogues : plus de la moitié des consommateurs ont déjà déploré d’en avoir pris et plus d’une jeune femme sur trois a regretté d’avoir eu un rapport sexuel après avoir usé de stupéfiants.

Face à cette hausse de la consommation, les campagnes de prévention et de sensibilisation se succèdent. Si elles ne convainquent pas l’ensemble des consommateurs, elles obtiennent toutefois des résultats concrets pour une partie d’entre eux : 29% des jeunes interrogés indiquent avoir stoppé ou diminué leur consommation après avoir eu connaissance de campagnes de cette nature.

Enfin, et à rebours de récentes études montrant que près d’un Français sur deux serait favorable à la légalisation du cannabis (notamment celle menée par l’Observatoire des drogues et toxicomanies -OFDT – fin 2018), les 15-24 ans sont seulement 35% à souhaiter que le prochain président de la République s’engage dans cette voie, y compris parmi les sympathisants de partis politiques favorables à une telle légalisation.

Cannabis : presque deux fois plus de jeunes concernés en 20 ans

Le cannabis arrive très largement en tête des stupéfiants consommés régulièrement ou pas par les jeunes âgés de 15 à 24 ans. La proportion de celles et ceux qui en ont déjà consommé a considérablement augmenté en 20 ans.

  • 47% des jeunes interrogés par l’Ifop ont déjà consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie (ils étaient 25% en 2001)
  • Les jeunes femmes sont plus nombreuses (50%) à avoir déjà consommé du cannabis que les jeunes hommes (44%)
  • 5% des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont déjà pris quelques fois ou plusieurs fois de la cocaïne, du LSD, de l’héroïne ou de l’ecstasy.
  • Plus d’un jeune sur 10 (11%) a déjà inhalé du protoxyde d’azote, autrement appelé gaz hilarant

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Shoot et crack, un remède existe

Drogues. Consommateurs, trafiquants : qui sont les 220 000 personnes mises en cause chaque année ?

Selon les chiffres publiés ce mardi 30 novembre par le ministère de l’Intérieur, plus de 220 000 personnes sont mises en cause dans des histoires de drogues chaque année depuis 2016. Mais la majorité sont des consommateurs.

Environ 208 000 personnes ont été mises en cause en moyenne chaque année depuis 2016 pour usage et/ou trafic de stupéfiants par les services de police et de gendarmerie, selon les chiffres publiés ce mardi 30 novembre 2021 par le ministère de l’Intérieur.

Sur les 220 000 mis en cause, 179 000 sont des consommateurs

En moyenne, 44 000 personnes ont été interpellées pour trafic, 179 000 pour consommation et 2 000 pour d’autres infractions. Dans ce total, 17 000 contrevenants ont été arrêtés pour trafic et usage, souligne dans un rapport le service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI).

Entre 2016 et 2020, la consommation et la vente de drogue concernent près d’une interpellation sur cinq (18 %) par les forces de l’ordre, soit le troisième motif derrière les atteintes aux personnes (35 %) et aux biens sans violence ni menace (27 %).

Plus d’arrestations pour trafic

Si le nombre de mis en cause pour usage de stupéfiants a légèrement baissé entre 2016 et 2019 (-3 %), les arrestations pour trafic ont bondi de 15 % sur la même période.

Les infractions constatées pour consommation et trafic ont logiquement baissé sur les neuf premiers mois de 2020, en raison du premier confinement dû à la pandémie de Covid-19, avant de rebondir au dernier trimestre (+22 % d’usagers mis en cause par rapport au dernier trimestre 2019) dans le contexte de l’expérimentation puis la généralisation des amendes forfaitaires délictuelles (AFD). Celles-ci permettent aux forces de l’ordre de sanctionner sur place sans passer par une procédure chronophage.

Des hommes de moins de 30 ans

Les données permettent également de dessiner le profil du consommateur et du trafiquant : à une écrasante majorité, il s’agit d’hommes (91 %), Français neuf fois sur dix, et âgés de moins de 30 ans (74 %). Selon que l’on détient de la drogue pour sa seule consommation personnelle ou pour en faire commerce, la réponse pénale diffère.

Plus de la moitié des personnes mises en cause pour usage (55 %) font l’objet d’une alternative aux poursuites ou d’une composition pénale – mesure qui permet d’éviter un procès lorsque des faits d’une faible gravité sont reconnus par l’auteur – avec une amende à payer sept fois sur 10. En revanche, près d’un mis en cause sur six pour trafic (59 %) passe par la case jugement et 80 % environ sont condamnés à la prison.

La France, grande consommatrice de stupéfiants

La France est le pays de l’Union européenne qui compte en proportion le plus de consommateurs de stupéfiants, avec 45 % des 15-64 ans qui ont déjà consommé du cannabis au cours de leur vie, contre 27 % dans l’ensemble de l’UE, selon les derniers chiffres de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

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