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Drogue en Corse : « la toxicomanie, c’est une maladie, ce n’est pas un vice »

Écrit par Axelle Bouschon
Au centre Addictologies France de Bastia, la prise en charge des patients se décline ainsi en trois volets : social, médical, et psychologique.
Au centre Addictologies France de Bastia, la prise en charge des patients se décline ainsi en trois volets : social, médical, et psychologique. • © Axelle Bouschon / FTV

C’est un fléau chaque année plus présent sur l’île. Mais dont on parle peu. Nous vous proposons toute cette semaine une série d’enquêtes, à la rencontre de ceux qui luttent contre ce phénomène, de ceux qui consomment, mais aussi de ceux qui en vivent. 2ème épisode, aux côtés d’une association.

Il est 8h30, passants et voitures affluent à un rythme régulier, le long de la rue royale, à Bastia. Au rond-point de la résidence A Tramunta, en face du chemin menant à l’hôpital de Falconaja, le centre d’Addictions France ouvre ses portes, et se remplit au gré des arrivées des employés. Ce lundi 25, ils sont cinq et une stagiaire à travailler.

Une pile de documents sous le bras, Déborah Baron se…. CLIQUEZ POUR LIRE LA SUITE

Crack à Paris : l’impasse malgré l’urgence

Par Hippolyte Radisson, le 9/12/2021
Alors que la Cour des comptes publie jeudi 9 décembre un rapport sur la mise en œuvre du « plan crack » à Paris, la situation s’enlise dans la capitale. Depuis 76 jours, 150 à 200 usagers de cette drogue dure s’entassent sur un lopin de terre dans le nord de la ville, sans que se dégagent de solutions à court terme.

Le train serpente dans l’obscurité des tunnels de la ligne 7 du métro parisien. Stalingrad, Riquet, Corentin-
Cariou, Porte de la Villette. C’est ce même parcours qu’ont emprunté, à la surface, les consommateurs de crack, repoussés toujours plus dans le nord de la capitale. Ballottés de la « colline du crack » au jardin d’Éole, puis dans le square Forceval à la Villette, où ils sont désormais implantés. Un lopin de terre bordé par le périphérique, où le sol s’est mué en boue.


REPORTAGE. Crack à Paris : un mur et peut-être la fin d’une impasse


On estime qu’il y a là 150 à 200 consommateurs de cette « drogue du pauvre », un dérivé de la cocaïne dont Crack à Paris : l’impasse malgré l’urgence une dose à fumer, un « caillou », se vend sur place pour 5 à 10 €. À l’euphorie, immédiate et éphémère, succède la redescente, anxiogène, qui pousse à reconsommer sans cesse. La solution devait être temporaire, les « crackers » sont là depuis 76 jours.


L’exaspération des riverains de Forceval
Pourquoi là ? Parce que c’est un « secteur sans riverains aux abords immédiats », expliquait la préfecture de police de Paris le 24 septembre, jour de l’évacuation vers Forceval. Cette phrase, Raphaël et Dominique la ruminent encore. Ils habitent dans le quartier des Quatre Chemins, à cheval entre Pantin et Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis. Comme 35 000 personnes environ.


À Paris, l’épineuse gestion de la crise du crack


« Ils disent qu’il n’y a pas de riverains mais nous, on subit. Ça nous est tombé dessus comme la misère sur le pauvre monde, s’exaspère Dominique, 68 ans, autour d’un thé à la menthe. Ces pauvres êtres malades sont dans la boue et les rats, moi je ne dors pas tranquille. » Elle habite à 300 mètres du mur construit à la hâte par la préfecture de police sous le passage Forceval, qui n’empêche pas les usagers de rejoindre les villes voisines, en quête d’argent ou de nourriture.
On croise des personnes hagardes qui titubent sur les trottoirs, d’autres, recroquevillées au sol, qui allument leur pipe. « Il y a quelques agressions, une mendicité insistante, plusieurs voisins ont retrouvé des gens dans leur voiture, leur immeuble, leur palier », énumère Raphaël, 65 ans. Il a rejoint avec Dominique le collectif « 93 anti crack », en faveur d’une prise en charge des toxicomanes et de solutions pour contrer l’insécurité.

L’amertume des élus locaux
Ces riverains ont envoyé une lettre au premier ministre Jean Castex le 3 novembre pour réitérer une demande d’entretien. Réponse le 3 décembre : Jean Castex ne va pas les recevoir, il renvoie au ministre de l’intérieur. L’entourage de Gérald Darmanin indique à La Croix qu’il faut se tourner vers la préfecture de police de Paris pour obtenir des réponses. Et la réaction de celle-ci est lapidaire : elle renvoie à des communiqués de presse… vieux de trois mois.

« Plan crack » à Paris : la Cour des comptes pointe des efforts insuffisants

L’amertume et la colère, on la retrouve chez les politiques locaux. Bertrand Kern, maire socialiste de Pantin, a entamé un combat sans relâche, manifestant régulièrement avec des collectifs d’habitants. Il se rappelle avoir appris l’évacuation des toxicomanes par la presse, le 24 septembre : « A 11 h 30, le chef du cabinet du préfet de police m’appelle pour me tenir au courant, me mettant devant le fait accompli. Je lui ai dit “vous vous moquez du monde”, puis j’ai raccroché. »
« Berlin-Pantin » : Véronique Olmi s’indigne de la construction d’un mur dans le nord-est de Paris Bertrand Kern et la maire d’Aubervilliers Karine Franclet (UDI) ont tenté en vain de faire annuler la décision du préfet avec un recours en urgence devant le tribunal administratif, en octobre. Ils attendent désormais un jugement sur le fond, qui ne devrait pas intervenir avant quelques mois. « C’est un mépris de nos territoires. Les habitants ont le sentiment d’être la poubelle de Paris, de n’avoir pas le droit à un cadre de vie apaisé. On rajoute de la fragilité à la fragilité », déplore Karine Franclet.


Des structures d’accueil pour sortir de l’impasse
Comment sortir de l’enlisement ? « Il faudrait créer des petites structures d’accueil qui leur permettent de consommer hors de la rue et de suivre un parcours de réinsertion médico-social », plaide Bertrand Kern. La loi permet depuis fin novembre la création de « haltes soins addictions » (HSA) pour que les usagers puissent consommer à moindre risque. Mais la ville de Paris avance avec prudence sur le sujet, tant elle sait que l’ouverture de ce qui est parfois appelé des « salles de shoot », dont l’une existe déjà depuis 2016, peut susciter des tensions.

« Le projet, à moyen et long terme, est d’avoir des lieux qui permettent à la fois le soin et un espace de
consommation, décrit l’adjointe à la santé de la maire de Paris, Anne Souyris. À court terme, c’est d’avoir
beaucoup plus de lieux de repos et d’élargir les horaires des lieux existants ». « Mais tout est bloqué dans la discussion avec l’ARS et la préfecture », reprend-elle. Pour faire face à l’urgence, 40 places d’hébergement ont été débloquées ces trois derniers mois, et un bus de soin est désormais présent tous les après-midi sur le camp, ajoute-t-elle. Plusieurs observateurs craignent que la situation continue à s’enliser jusqu’à la présidentielle.

Le bilan en demi-teinte du « plan crack »
En mai 2019, les services de l’État, le parquet, la ville de Paris et les associations concluaient un protocole sur trois ans pour tenter d’extraire les usagers du crack de la rue. La Cour des comptes en dresse le bilan ce jeudi.
Au lieu des 9 millions d’euros prévus, 25 millions ont été investis dans ce « plan crack ». Mais la mise en œuvre est inégale. Seuls 19 des 33 actions programmées avaient été effectuées en juin 2021. La Cour souligne des résultats « réels mais partiels », sans effets sur la « tranquillité publique ». La coordination entre les différents acteurs s’est progressivement essoufflée.
Les places d’hébergements d’urgence à l’hôtel ont significativement augmenté, passant de 60 à plus de 400.
Les maraudes assurées par les associations ont aussi été renforcées. Mais les salles de repos et salles de consommation n’ont pas assez été développées, par manque de personnel soignant et de lieux pour implanter de nouvelles structures.


Article sélectionné par Xavier de Beaurepaire

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La consommation de drogues des 18-24 ans ?

La consommation de drogues des 18-24 ans ? Métro, boulot, bédo …Enquête sur la place du cannabis dans la vie quotidienne des jeunes.

L’usage de drogue est aujourd’hui une réalité pour plusieurs millions de jeunes Français. C’est ce que confirme l’étude* confiée par High Society à l’Ifop, qui a interrogé mi-novembre, 1 205 jeunes âgés de 15 à 24 ans sur leur consommation et leurs habitudes.

Il ressort notamment une réelle banalisation du cannabis dans cette génération : 47% des personnes interrogées en ont déjà fumé au moins une fois, soit plus de 3,5 millions de jeunes concernés ces dernières années. Largement utilisé à titre festif, le cannabis accompagne également certains consommateurs dans divers moments de la vie quotidienne, au travail, en cours, au volant ou encore avant une relation sexuelle.

S’ils disent avant tout rechercher un effet décontractant, les jeunes subissent aussi les effets nocifs des drogues : plus de la moitié des consommateurs ont déjà déploré d’en avoir pris et plus d’une jeune femme sur trois a regretté d’avoir eu un rapport sexuel après avoir usé de stupéfiants.

Face à cette hausse de la consommation, les campagnes de prévention et de sensibilisation se succèdent. Si elles ne convainquent pas l’ensemble des consommateurs, elles obtiennent toutefois des résultats concrets pour une partie d’entre eux : 29% des jeunes interrogés indiquent avoir stoppé ou diminué leur consommation après avoir eu connaissance de campagnes de cette nature.

Enfin, et à rebours de récentes études montrant que près d’un Français sur deux serait favorable à la légalisation du cannabis (notamment celle menée par l’Observatoire des drogues et toxicomanies -OFDT – fin 2018), les 15-24 ans sont seulement 35% à souhaiter que le prochain président de la République s’engage dans cette voie, y compris parmi les sympathisants de partis politiques favorables à une telle légalisation.

Cannabis : presque deux fois plus de jeunes concernés en 20 ans

Le cannabis arrive très largement en tête des stupéfiants consommés régulièrement ou pas par les jeunes âgés de 15 à 24 ans. La proportion de celles et ceux qui en ont déjà consommé a considérablement augmenté en 20 ans.

  • 47% des jeunes interrogés par l’Ifop ont déjà consommé du cannabis au moins une fois dans leur vie (ils étaient 25% en 2001)
  • Les jeunes femmes sont plus nombreuses (50%) à avoir déjà consommé du cannabis que les jeunes hommes (44%)
  • 5% des jeunes âgés de 15 à 24 ans ont déjà pris quelques fois ou plusieurs fois de la cocaïne, du LSD, de l’héroïne ou de l’ecstasy.
  • Plus d’un jeune sur 10 (11%) a déjà inhalé du protoxyde d’azote, autrement appelé gaz hilarant

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Shoot et crack, un remède existe

Drogues. Consommateurs, trafiquants : qui sont les 220 000 personnes mises en cause chaque année ?

Selon les chiffres publiés ce mardi 30 novembre par le ministère de l’Intérieur, plus de 220 000 personnes sont mises en cause dans des histoires de drogues chaque année depuis 2016. Mais la majorité sont des consommateurs.

Environ 208 000 personnes ont été mises en cause en moyenne chaque année depuis 2016 pour usage et/ou trafic de stupéfiants par les services de police et de gendarmerie, selon les chiffres publiés ce mardi 30 novembre 2021 par le ministère de l’Intérieur.

Sur les 220 000 mis en cause, 179 000 sont des consommateurs

En moyenne, 44 000 personnes ont été interpellées pour trafic, 179 000 pour consommation et 2 000 pour d’autres infractions. Dans ce total, 17 000 contrevenants ont été arrêtés pour trafic et usage, souligne dans un rapport le service statistique du ministère de l’Intérieur (SSMSI).

Entre 2016 et 2020, la consommation et la vente de drogue concernent près d’une interpellation sur cinq (18 %) par les forces de l’ordre, soit le troisième motif derrière les atteintes aux personnes (35 %) et aux biens sans violence ni menace (27 %).

Plus d’arrestations pour trafic

Si le nombre de mis en cause pour usage de stupéfiants a légèrement baissé entre 2016 et 2019 (-3 %), les arrestations pour trafic ont bondi de 15 % sur la même période.

Les infractions constatées pour consommation et trafic ont logiquement baissé sur les neuf premiers mois de 2020, en raison du premier confinement dû à la pandémie de Covid-19, avant de rebondir au dernier trimestre (+22 % d’usagers mis en cause par rapport au dernier trimestre 2019) dans le contexte de l’expérimentation puis la généralisation des amendes forfaitaires délictuelles (AFD). Celles-ci permettent aux forces de l’ordre de sanctionner sur place sans passer par une procédure chronophage.

Des hommes de moins de 30 ans

Les données permettent également de dessiner le profil du consommateur et du trafiquant : à une écrasante majorité, il s’agit d’hommes (91 %), Français neuf fois sur dix, et âgés de moins de 30 ans (74 %). Selon que l’on détient de la drogue pour sa seule consommation personnelle ou pour en faire commerce, la réponse pénale diffère.

Plus de la moitié des personnes mises en cause pour usage (55 %) font l’objet d’une alternative aux poursuites ou d’une composition pénale – mesure qui permet d’éviter un procès lorsque des faits d’une faible gravité sont reconnus par l’auteur – avec une amende à payer sept fois sur 10. En revanche, près d’un mis en cause sur six pour trafic (59 %) passe par la case jugement et 80 % environ sont condamnés à la prison.

La France, grande consommatrice de stupéfiants

La France est le pays de l’Union européenne qui compte en proportion le plus de consommateurs de stupéfiants, avec 45 % des 15-64 ans qui ont déjà consommé du cannabis au cours de leur vie, contre 27 % dans l’ensemble de l’UE, selon les derniers chiffres de l’Observatoire européen des drogues et des toxicomanies (OEDT).

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Philadelphie : les trottoirs de l’enfer

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Le crack, une drogue au redoutable potentiel addictif

DÉCRYPTAGE – Une fois l’euphorie passée, les effets et les conséquences sont dévastateurs.

Son potentiel addictif surpuissant fait du crack l’une des drogues les plus redoutées qui soient. «Il suffit souvent de quelques prises pour que le consommateur se trouve pris au piège», explique le Dr Jean-Michel Delille, psychiatre à Bordeaux et président de la Fédération addiction. Cette propension à «accrocher» rapidement son utilisateur s’explique par la manière dont sa substance active, la cocaïne, est ingérée. Le crack est inhalé le plus souvent grâce à une petite pipe ; la cocaïne qu’il contient est ainsi absorbée quasi instantanément par l’organisme. L’effet est aussi immédiat qu’intense, mais il est très bref car la quantité absorbée est faible. La montée est violente, la descente est un «crash», selon le DDelille, qui pousse le consommateur vers une autre prise de façon de plus en plus rapprochée.À découvrir

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«Dans un premier temps, l’usager va ressentir un sentiment d’euphorie, de toute-puissance et d’énergie, souligne le psychiatre. Mais cet effet positif s’atténue assez vite quand les prises deviennent répétées en raison du mécanisme de la tolérance. Parallèlement, les symptômes de sevrage deviennent plus intenses. Le consommateur est plongé dans un état très pénible : il se sent épuisé, malheureux, angoissé.» Le malade passe ainsi de la recherche du plaisir au soulagement d’un besoin, et ce dernier devient de plus en plus irrépressible.

La cocaïne ne peut être fumée directement sous sa forme poudreuse, car la combustion dégrade ses propriétés psychoactives. Elle est donc transformée avec une base («basée») comme le bicarbonate de soude ou l’ammoniaque, ce qui la fait passer à l’état de petits cristaux solides : le crack. Cette opération chimique est réalisée par des dealers (appelés «cuisineurs» dans le milieu, indique l’Observatoire français des drogues et de la toxicomanie), qui vendent ensuite le crack, ou «free base», sous forme de petits cailloux blanchâtres ou de «galettes».

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«Dégringolade sociale»

«Les consommateurs ont souvent des trajectoires chaotiques avant même leur rencontre avec le crack, des vies douloureuses, d’exil, de violences ou de maltraitances, et ils cherchent un produit qui les aide à tenir le coup, à faire face à l’adversité du quotidien , à survivre», observe Marie Jauffret-Roustide, sociologue à l’Inserm et spécialiste des politiques de réduction des risques. Mais le crack fait aussi basculer des personnes plus insérées dans une «dégringolade sociale» selon la chercheuse : «Initiés dans un cadre festif, ils sont rapidement amenés à organiser leurs journées autour de la recherche du stupéfiant.»

Dans des entretiens menés par la sociologue avec des usagers, ces derniers évoquent d’ailleurs «le renfermement sur soi»«la perte de contrôle» et «l’obnubilation pour le produit». La cocaïne peut aussi déclencher des troubles psychiatriques qui se manifestent par de l’irascibilité, de la paranoïa, des violences. Elle est aussi à l’origine de crises d’épilepsie et d’accidents vasculaires coronariens ou cérébraux. Quant aux produits utilisés pour couper la poudre blanche, ils sont notamment associés à des risques de troubles cardiaques.

«S’il n’existe pas de traitement spécifique contre l’addiction à la cocaïne, il est heureusement possible de soulager certains symptômes», note le Dr Delille. Les médicaments les plus utilisés sont les régulateurs de l’humeur car ils améliorent le sommeil, réduisent l’angoisse, l’impulsivité, les idées de persécution fréquemment induites par la cocaïne mais aussi les prises de risques, les troubles du comportement et les violences. Des traitements visant à favoriser le sevrage sont actuellement expérimentés, mais «le cœur du traitement reste donc l’accompagnement global, médical, psychologique et social», selon le Dr Delille.

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Dans ce contexte, les salles de consommation à moindre risque peuvent constituer une porte d’entrée vers les soins, selon un rapport rendu par l’Inserm en mai dernier. Ces lieux, où exercent des soignants et des travailleurs sociaux, offrent «l’occasion de recréer un lien de confiance propice à la resocialisation», souligne Marie Jauffret-Roustide. Ils ont par ailleurs des effets positifs en termes de santé individuelle des usagers. L’enquête de l’Inserm montrait que 22% des usagers des salles de shoot étaient des consommateurs de crack.

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Mais au fait, c’est quoi le crack, la drogue qui gangrène Paris ?

Mais au fait, c'est quoi le crack, la drogue qui gangrène Paris ?
© Robin Tutenges / Hans Lucas / AFP

Le crack est une drogue dure et extrêmement addictive. A Paris, les autorités sont confrontées depuis plusieurs années à ce fléau dérivé de la cocaïne. Mais c’est quoi exactement le crack ? France Live a interrogé une chercheuse spécialisée en neurobiologie de l’addiction aux drogues.

Paris, sa Tour Eiffel, les quais de Seine, ses boulevards haussmanniens et ses « crackers »… On est loin de l’image de carte postale, mais depuis plusieurs années maintenant la capitale est confrontée aux ravages du crack. Les toxicomanes accros à cette substance errent dans les rues de certains quartiers. La cohabitation avec les riverains est problèmatique, certaines situations deviennent explosives.

Récemment délogé de la rue Riquet, dans le 19e arrondissement, un groupe de toxicomanes a par exemple reconstitué un campement porte de La Villette.

La mairie de Paris a créé la polémique en érigeant dans l’urgence un mur.  Baptisé « Le mur de la honte » par ses opposants, il a été construit sous un pont qui permettait de passer de la rue du Chemin-de-Fer (19e arrondissement), à Pantin (Seine-Saint-Denis).

Depuis plusieurs années, la ville de Paris est confrontée à ces consommateurs dont la présence irrite les riverains. La « colline du crack », Porte de la Chapelle, a ainsi été évacuée plus d’une quinzaine de fois.

France Live a interrogé Stéphanie Caillé-Garnier, chercheuse en neurosciences au CNRS, spécialisée dans la recherche préclinique sur les comportements et la neurobiologie de l’addiction aux drogues, afin d’expliquer ce qu’est exactement cette drogue.

Qu’est ce que le crack ?

C’est la transformation de la pâte de coca, ou de la poudre de cocaïne par ajout de bicarbonate et d’eau. On fait évaporer l’eau par chauffage, ce qui donne un résidu huileux qui prend l’aspect d’un caillou, solide et cristallin, en refroidissant.

Comment se consomme-t-il ?

Le crack peut être fumé pur dans une pipe, ou mélangé à du tabac, ou à de la marijuana. La dose moyenne, lors d’une prise, est d’environ 85 mg.

Quels sont ses effets ?

Comme la cocaïne, le crack a un impact direct sur le cerveau, notamment au niveau de la voie mésocorticolimbique, l’un des systèmes qui agit sur la dopamine. A court terme, les effets sont donc plutôt agréables pour le consommateur, avec un flash et une sensation d’euphorie.

Et à long terme ?

Ces effets euphorisants ne durent pas longtemps, ce qui pousse le consommateur à rapidement reprendre de la drogue. Il en arrive très vite à une prise compulsive, c’est-à-dire avec une perte de contrôle.

Pourquoi est-il très addictif ?

Les effets physiologiques du crack sont plus puissants que ceux de la cocaïne. En étant fumé, le crack atteint directement les capillaires au niveau des poumons, ce qui permet une absorption quasiment instantanée du produit qui rejoint très vite la circulation artérielle. L’impact de la drogue au cerveau se fait en 6/8 secondes. Ce sont ces caractéristiques pharmacodynamiques qui accroissent le pouvoir addictif du crack : plus c’est rapide et intense, plus c’est addictif

Comment s’en sort-on ?

La prise en charge par psychothérapie est l’outil le plus efficace, souvent associé à un médicament anti-craving, c’est-à-dire qui diminue l’envie urgente de drogue. Il n’y a pas de médicament spécifique à l’addiction au crack. Ensuite, il peut y avoir des adaptations en fonction des troubles comorbides, s’il y a la présence d’autres troubles psychiatriques que l’addiction par exemple.

Une campagne de sensibilisation contre la drogue lancée « avant la fin de l’été »

Une semaine après la proposition d’Emmanuel Macron d’ouvrir un « grand débat » sur le sujet, le gouvernement lancera une nouvelle campagne de sensibilisation contre la drogue « avant la fin de l’été ».

Le gouvernement va lancer « avant la fin de l’été » une compagne de sensibilisation contre la drogue, a annoncé Gérald Darmanin dans un entretien au Journal du dimanche.

« La dernière campagne de sensibilisation contre la drogue date de 30 ans ! Le gouvernement en lancera une nouvelle avant la fin de l’été sous l’autorité du Premier ministre », a déclaré au JDD le ministre de l’Intérieur, qui a fait de la lutte contre les trafics de stupéfiants sa priorité.

70 000 amendes pénales

Sur le volet répressif, Gérald Darmanin a affirmé que les services de police avaient mené depuis janvier « plus de 1 300 opérations de démantèlement des points de deal », avec « des saisies importantes et régulières » à la clef.

Par ailleurs, « plus de 70 000 amendes pénales » ont été délivrées à des consommateurs depuis le 1er septembre, date de leur généralisation.

Dans une interview fleuve au Figaro lundi dernier, Emmanuel Macron avait souhaité le lancement d’« un grand débat national sur la consommation de drogue et ses effets délétères » sans détailler comment cette consultation pourrait être menée.

« La France est devenue un pays de consommation et donc, il faut briser ce tabou », avait estimé le chef de l’État. La France est le premier pays d’Europe en nombre de consommateurs de cannabis avec 1,5 million d’usagers réguliers

« Le cannabis est devenu une drogue dure », a déclaré Gérald Darmanin au JDD, rappelant la hausse « considérable » du niveau de THC, la molécule psychotrope du cannabis.

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